Titre : 687 Courges, 38 Coloquintes et 7 pâtissons
Défi : Gosses légumes
Disclaimer : JKR est l'heureuse propriétaire de Séverus et de tout l'univers auquel il appartient
Nombre de mots : 568
SS center
Spoiler : Nada
Rating : T
Note : cette histoire est la suite de 687 Gallions, 38 Mornilles et 7 Noises, et il faut s'en plaindre à Louve, c'est elle qui a pensé la première qu'il y avait matière à une suite.
Ce drabble lui est donc logiquement dédié.
687 Courges, 38 Coloquintes et 7 pâtissons
Dans les plus sombres dans montagnes écossaises, il existe une combe où le soleil ne pénètre jamais, même à son zénith. Une combe où ne pousse que des espèces aux baies empoisonnées, où seuls les choucas et les corneilles font leur nid, et que les renards, les cerfs et tous les animaux de la forêt doté d'un brin de jugeote évitent avec autant de soin que si c'était le chemin menant à un pub avec « Le joyeux chasseur » pour enseigne.
Mais il n'y a pas de pubs dans la combe, et si cela avait été le cas, on y aurait sans doute servi des breuvages empoisonnés.
Dans le fond de la combe, là où même les pins ne poussent plus et où seules des drosophiles et de la sphaigne acceptent de coloniser la tourbe inhospitalière qui constitue le sol, on trouve un manoir. Dracula a dû faire bâtir son château des Carpates un peu près sur un modèle semblable.
Cette maison n'a rien d'un doux foyer. Les gargouilles qui ornent le toit ont l'air de vouloir vous mettre les tripes à l'air, les grandes fenêtres aux vitraux verdâtres semblent les pupilles de quelque créature malsaine et rampante qui vous observe depuis l'ombre, prête à vous ajouter à son menu au moment où vous aurez baissé votre garde, ou lorsque vous serez trop faible pour la repousser. C'est dans des maisons de ce genre que des cinglés en blouse blanche assemblent des bouts de cadavre avec du fil à broder, espérant sans doute faire mieux que des millénaires d'évolution.
Dans les caves on trouve un matériel sans doute récupéré dans une vente de surplus de l'Inquisition espagnole à sa grande époque.
Il y a cependant une des cellules qui est différente des autres. Ici, pas de vierges de fer, pas de chaudrons d'huile bouillante ou d'établis couvert d'un éventail de tenailles pour lequel un dentiste vendrait son âme au diable, ou tout au moins au propriétaire des lieux.
Juste une couchette sur laquelle s'assoit un vieil homme couvert de crasses et de puces. Il a pour seul objet une cuillère émoussée, avec laquelle il creuse péniblement une courge. Son instrument est loin d'être approprié et c'est avec bien du mal qu'il arrive à lui donner le traditionnel sourire de Jack O'Lanterne.
Finalement, il sert le légume contre lui et s'en va tambouriner la porte de son cachot.
-« J'ai fini celle-là, donnez moi à manger. »
Le garde-chiourme lui échange la courge contre un bol en annonçant d'une voix rauque :
-« Cette fois, c'est purée de pâtissons. » L'autre gémit : manger des cucurbitacées pendant plus de cinq ans….
Mais le garde s'écarte pour laisser passer une sombre silhouette, qui inspecte soigneusement la lanterne grimaçante.
-« Cette fois, il me semble que cela est correcte. Je vais donc l'accepter, ce qui porte votre score à 289 Courges, 31 coloquintes et 7 pâtissons. Encore un peu de patience, et vous arriverez à réaliser toutes vos lanternes et gagner votre liberté. »
-« J'aurais fini cent fois si vous ne refusiez quasiment tous ceux que je creuse en disant qu'elles sont incorrectes. Au moins donnez-moi un instrument correct !! »
-« Je vous avais bien dit que je me vengerais cher recteur. »
Avec un rire qui ressemblait à un grincement de porte, Séverus Snape quitta la cellule. Sur le sol, Jack O'Lanterne continuait de sourire.
Fin
