CHAPITRE III : APPEL A L'AIDE

De retour à Brocéliande, Yannig devait préparer sa future action qui viserait la prison d'Azkaban. Il lui était insupportable que des innocents soient enfermés juste pour faire croire au peuple que le Ministère et son Rufus Scrimgeour faisait quelque chose. Pour cela, il savait qu'il aurait besoin d'aide. Et puis cette guerre n'était pas la sienne mais celle de tous ceux qui avait la volonté de ne pas laisser les Ténèbres et l'obscurantisme se répandre sur le monde. Voldemort représentait le mal, le règne des Ténèbres. Mais Scrimgeour n'était pas tellement mieux, un ordre aveugle et implacable, préférant mentir que de reconnaître devant son peuple qu'il était incapable de contenir les mangemorts ne valait pas mieux.

Yannig passait des heures à méditer sur la pierre de Merlin. Il ne pouvait agir sans les autres membres du clan Teñval. Il les avait appelés. En temps que patriarche du clan, il se devait de mener les druides bretons au combat.

Un claquement de fouet résonna près de lui. Yannig n'ouvrit pas les yeux mais un léger sourire se dessina discrètement sur ses lèvres.

« Tu t'arrêtes de méditer pour manger parfois j'espère, dit une voix féminine amusée.

-Ça m'arrive, répondit Yannig. Et toi, il t'arrive de ne pas déranger quelqu'un dans sa méditation ?

-Tu sais bien que non. Je n'ai jamais aimé ce genre d'exercice. Bon, tu te lèves, j'ai faim.

-Morfale. »

Yannig ouvrit les yeux et vit devant lui une jeune fille à peu près du même âge que lui, de longs cheveux noirs ondulés et des yeux sombres.

« Demat Morgane, salua Yannig.

-Demat kenderv[1] ! Alors quoi de neuf depuis le temps ?

-C'est la guerre.

-Ça j'étais au courant. Je voulais dire du côté personnel.

-Pas grand-chose.

-Tu es sûr ?

-Pourquoi ?

-Ton âme a quelque chose de changé. Et ce n'est pas seulement dû aux épreuves des Diskibien.

-Je croyais que tu avais faim.

-Toujours aussi secret ! Très bien, ne dis rien. De toute façon j'ai toujours tout su. Au fait, les autres ne sont pas arrivés ? demanda t-elle en emboîtant le pas à son cousin.

-Je savais que tu serais la première. Les autres ont plus d'affaire à régler que toi. Mais ça devrait n'être qu'une question de jours. Comment vont tes parents ?

-Mon père ne voulait pas me laisser partir. Je le comprends mais j'ai réussi à le convaincre que ma place était au combat. Il voulait venir mais qu'est-ce qu'un moldu peut faire dans cette guerre ? Ma mère aurait voulu m'accompagner mais il fallait que quelqu'un reste avec mon père sinon il aurait pété un câble ! Quand à ma sœur, elle va bien. Elle était triste de me voir partir et pour la consoler, ma mère a dû lui promettre de l'entraîner tous les jours. C'est fou ce qu'elle est sérieuse quand il s'agit d'étudier et de s'entraîner.

-T'es sûre que c'est ta sœur ?

-Voila que tu fais de l'humour ! Y a vraiment quelque chose de nouveau. »

Quand ils arrivèrent à la maison, Alan se leva pour accueillir Morgane. Katel sortit de la cuisine pour en faire autant.

« Yannig, il y a une lettre pour toi, c'est Luna, dit Alan en lui tendant le rouleau de parchemin sur lequel il reconnut l'écriture de l'adolescente.

-Ça fait longtemps que je n'ai pas vu Luna ! s'exclama Morgane. Qu'est-ce qu'elle raconte ?

-Elle veut que je vienne tout de suite, dit Yannig en montrant la lettre. »

Le parchemin ne comportait qu'une phrase écrite visiblement rapidement :

Yannig,

Viens vite c'est important.

Luna

Yannig aimait Luna comme sa sœur. Elle fut longtemps sa seule amie –avec Cédric – lors de ses années d'étude à Poudlard. Déjà par le passé il avait montré ce qu'il en coutait de s'en prendre à elle. Si c'était encore le cas, le ou les fautifs allaient souffrir.

« J'y vais, dit-il.

-Je viens avec toi, fit Morgane. J'adore Luna et personne ne lui fera de mal devant moi.

-Accroche-toi à mon bras. »

Les deux bretons disparurent et réapparurent devant la porte d'une maison ressemblant à un grand cylindre noir. Yannig frappa à la porte en s'attendant à devoir frapper à tout va. Mais il n'eut pas à le faire, un homme arborant des cheveux blancs ressemblant à de la barbe à papa.

« Bonjour Xenophilius, fit Yannig.

-Bonjour Yannig, tu viens voir Luna ? Elle m'a dit que tu allais venir. Entrez. Luna ! »

Des pas précipité indiquèrent que l'adolescente courait dans l'escalier. La jeune fille avait de long cheveux blond et des yeux proéminant.

« Morgane ! s'exclama t-elle. Ça faisant longtemps ! Contente de te voir.

-Moi aussi Luna, dit Morgane. Contente de te voir en bonne santé. On a eut peur en voyant ta lettre.

-Qu'est-ce qui se passe ? questionna Yannig.

-Montons, je vais vous expliquer. »

Ils montèrent tous les trois dans la chambre de la jeune fille. Sitôt la porte fermée, Luna tendit à Yannig une lettre.

« J'ai reçu cette lettre de Cho, dit-elle. »

Yannig se saisit de la lettre.

Chère Loufoca,

J'espère que tu passes de bonnes vacances. Je m'ennui un peu loin de tous mes amis. Mais heureusement je vais bientôt partir voir ma famille en Chine. Je suis pressé d'y être. Je ne sais pas quand je rentrerai mais j'espère te voir ainsi que Marietta à mon retour. Comme tu retournes à Poudlard à la rentrée prochaine, je pense qu'on pourrait se retrouver au Chemin de Traverse le jour où tu iras y faire tes achats.

En te souhaitant encore de bonnes vacances, au revoir.

Cho.

Yannig n'y vit rien de spécial à part qu'il n'était pas cité une seule fois. Il leva vers Luna un regard interrogateur.

« Elle a des problèmes, dit la jeune fille.

-Je ne vois pas lesquels, dit Yannig.

-Déjà, elle ne parle pas de toi une seule fois.

-Cette Cho serait-elle ta petite amie mon grand ? fit Morgane en souriant.

-Il ne t'a pas dit ? fit Luna. Ils sont ensemble depuis trois mois et c'est l'amour fou.

-Luna, interrompit Yannig pour lui rappeler l'important. Je ne vois toujours rien de spécial.

-Elle ne t'a pas écrit, n'est-ce pas ? Tu as vu l'en-tête ?

-Elle t'appelle Loufoca, c'est bizarre.

-Elle craignait d'avoir des problèmes chez elle.

-Quel problème ?

-Son père est assez strict avec les traditions chinoises. Elle nous a dit, à Marietta, Ginny et moi, que son père comptait la fiancer de force avec quelqu'un en Chine. Elle voulait s'opposer à son père en lui parlant de toi. Et comme il parait que ton père a eut quelques démêlés avec celui de Cho, ça ne s'annonçait pas facile. On a donc décidé d'un code, si elle ne pouvait te prévenir directement, et en pensant que son père vérifierait son courrier. Si elle nous envoyait des lettres en nous appelant par autre chose que nos prénoms, c'est qu'elle avait un problème avec son père et qu'il fallait te prévenir.

-Je vois. Pourquoi ne m'en a-t-elle pas parlé ?

-Peut-être qu'elle te connait, fit Morgane.

-C'est pas le moment de plaisanter Morgane.

-Elle a raison, acquiesça Luna. Si tu avais su, tu aurais raccompagné Cho chez elle en t'attaquant à son père directement. Elle voulait essayer d'abord de le raisonner. Mais elle n'a pas réussi. »

Yannig resta silencieux quelques instants. Il ne laisserait pas le père de Cho le séparer de celle qu'il aime. Il se leva avec les yeux sombres que Luna connaissait si bien.

« Tu y vas ? fit Morgane.

-Elle appelle à l'aide, j'y vais, dit-il.

-Tu dois vraiment l'aimer. Très bien, je t'accompagne.

-Ce n'est pas ton combat. Je t'ai appelé pour la guerre, pas pour une histoire personnelle.

-Qu'est-ce que tu vas faire ? Entrer et frapper dans toutes les directions ? C'est quand même son père. Je pense qu'on devrait y aller plus en souplesse.

-Qu'est-ce que tu proposes ?

-Laisse-moi faire. Et si ça ne marche pas, ce sera à toi de jouer.

-D'accord. Allons-y. »


[1] Bonjour cousin.