Dans le dernier chapitre, Sougo découvre que son futur est étroitement lié à celui de Kagura, il se rend compte que Gin vient de la même époque que lui, Hijikata a oublié Yamazaki, un stand d'Anpan lui a ravivé la mémoire, et Kagura téléphone !
La suite... C'est maintenant !
Tout le monde fixa le téléphone. Sougo était paralysé. Etait-ce un piège ? Il avait presque peur de décrocher. Et, plus que tout, il ne voulait plus entendre cette voix paniquée. Sans savoir pourquoi, l'entendre le plongeait dans une fureur sans nom.
-Tu vas décrocher bordel ?
L'ordre de Gin le ramena à la réalité. Il appuya sur haut-parleur et répondit.
-Sougo ? Pitié, Sougo ?
-China ?
Sa voix était moins paniquée. Mais ce n'en était que plus inquiétant elle on aurait dit la voix de quelqu'un en état de choc. La voix de quelqu'un qui venait d'être témoin de quelque chose d'horrible.
-Je… S'il te plaît. C'est stupide, mais je crois que la chose dont j'ai le plus besoin en ce moment c'est que tu m'appelles par mon nom.
-Gura, qu'est-ce qu'il se passe ? Où es-tu ?
Le surnom était venu involontairement. Il se demanda pourquoi ce nom était venu.
A ses côtés, Shinpachi tremblait. Ou plutôt, il était agité de violents spasmes. Hijikata regarda Sougo et murmura 'La mémoire doit lui revenir'.
-Je ne sais pas où je suis. Je crois que je ne suis jamais venue ici avant… C'est un terrain vague et je ne vois pas la ville. Nulle part. Tout ce que je vois c'est ce bâtiment immense où j'étais, et…
-Là, là. Tout va bien, Gura. Contente-toi d'écouter ma voix. Tout va bien. A quoi ressemble le bâtiment ?
-Il est gigantesque. Trois étages, et il a tellement de fenêtres que je ne peux pas les compter… Mais elles sont toutes condamnées. Il fait noir à l'intérieur, tellement noir… Tout sentait le renfermé à l'intérieur. Tout était couvert de poussière.
Hijikata s'était saisi de son téléphone et tapait un mail à toute vitesse, transmettant la description à tous les hommes du Joui pour savoir si l'un d'eux connaissait l'endroit. Sougo reprit son ton apaisant. Les mots venaient tout seul, il avait l'impression que quelqu'un d'autre parlait à sa place. C'était déroutant, mais il la sentait s'apaiser de l'autre côté du téléphone.
-D'accord. Comment tu as réussi à sortir ? Tu es loin du bâtiment ?
-Ils ont ouvert mes chaînes à un moment, pour m'en mettre de nouvelles… J'en ai profité pour les mettre KO. Une dizaine de garde s'est jeté sur moi, mais…
Elle eut un petit rire nerveux.
-Tu sais à quoi ressemble un Yato en colère. J'ai profité de la confusion pour fuir. Je n'aurais jamais cru m'en sortir sans mon parapluie. J'ai couru pendant très longtemps, j'ai trouvé une espèce de trou dans le sol, et je me suis cachée dedans.
Sa voix faiblissait elle était proche d'un murmure.
-Gura ? Tu es blessée ? Gura ? Kagura ?!
Elle ne répondit plus. Ils entendirent tous sa respiration saccadée, comme si elle peinait à prendre de l'air.
-J'ai une réponse. A une heure d'ici en voiture, il y a un ancien hôpital, qui fut pendant un temps le plus grand hôpital d'Edo. Il a été fermé il y a une dizaine d'années parce que… Ils ont réalisé que l'hôpital maltraitait et torturait même ses patients. Récemment, des hommes du gouvernement ont été aperçus entrant et sortant de ce bâtiment.
-Dépêchons nous, alors ! S'exclama Shinpachi, qui avait du mal à se remettre d'avoir oublié une amie si précieuse. Kagura était presque une petite sœur pour lui.
-Une heure ? On n'a pas le temps pour ça. Pattsuan, tu te rappelles du temple miteux dont tu m'as parlé hier ? Tu pourrais nous y emmener ?
Tous avaient repris tout leur courage. Elle était vivante. Elle était vraiment vivante. Zaki devait l'être aussi. Et ils allaient sauver tout le monde.
Ils se pressèrent d'aller au temple. Assis devant, langue pendante, queue remuante, Sadaharu les attendait. Gin ne l'avait de toute évidence pas abandonné trois jours après l'avoir eu, contrairement aux souvenirs faussés de Shinpachi, mais il avait su que c'était là qu'il devait se rendre.
Il jappa et se précipita sur eux. Gin plongea ses mains dans la fourrure blanche et laissa l'animal lui lécher allégrement le visage. Il lança un regard radieux à Shinpachi.
-Les chiens sont des créatures fidèles. Jamais il n'oublierait sa maîtresse. Allez, direction l'hôpital, tout le monde grimpe !
Bien qu'un peu suspicieux face à ce mode de transport, Sougo et Hijikata grimpèrent sur le chien géant, derrière Shinpachi et Gin. Shinpachi connaissant mieux les alentours, qui avaient bien changé en cinq ans, il guida Sadaharu.
Gin et Hijikata, de meilleure humeur, décidèrent d'ennuyer Sougo.
-Dis, Souichirou-kun ? Tu as l'air proche de ma petite Kagura, non ?
-C'est Sougo. Et il me semblait vous l'avoir déjà dit de toute façon, il semblerait que le moi du futur soit avec elle. Mais il n'est pas moi. Dès l'instant où on retourne dans le présent, je change le futur pour ne plus être avec cette guenon !
-Dis, Sougo ? Je ne me rappelle pas d'elle, mais j'aurais juré que tu n'étais pas le genre de mec à avoir une copine, pourtant ! Je ne t'avais pas encore entendu appeler quelqu'un par son prénom avant ! Et c'était si émouvant !
-Souichirou-kun, tu es conscient qu'il te faut la bénédiction de son père ? Mais il te tuera à l'instant même où tu débarqueras !
-C'est Sougo. Et ne rêvez pas, je n'ai pas la moindre intention de l'épouser.
-Gin-san, tout le monde ! Il semblerait qu'on arrive !
Sadaharu était épuisé après avoir couru plus d'une demi-heure à pleine vitesse sans s'arrêter. Les trois hommes à l'arrière arrêtèrent de plaisanter, et leur regard se durcit. L'heure n'était plus à la plaisanterie. Ils s'arrêtèrent à bonne distance et observèrent le bâtiment au loin. Fissuré, entouré d'un épais grillage, l'endroit était sinistre et tenait plus d'une prison que d'un hôpital. Combien de personnes étaient retenues là-dedans ?
Soudain, Sadaharu parut flairer quelque chose. Museau collé au sol, il se dirigeait droit vers un très vieil arbre. Il se mit à aboyer doucement et à geindre. Tous s'approchèrent jusqu'à voir Kagura, une Kagura aux cheveux longs, au corps d'adulte, et gravement blessée. Elle semblait avoir pris plusieurs balles, dont une à l'épaule et une dans le ventre. Ses paupières papillonnaient. Gin et Sougo se regardèrent un instant, incapables de bouger, quand Gin sourit.
-C'est toi qu'elle attend. Vas-y. Que tu ne la supportes pas, ce n'est pas mon problème si tu la fais souffrir je t'explose.
Sougo se précipita. Elle le fixait, un sourire aux lèvres.
-Sou…go. Tu ne m'as pas… Oubliée.
Il se devait de jouer son rôle, il refusait de la laisser tomber. En plus, elle lui lançait le même regard que sa sœur sur son lit de mort. Il refusait de perdre encore une fois quelqu'un qui lui était précieux, même si c'était au lui du futur qu'elle était précieuse.
-Hey. Comment je pourrais t'oublier, dis-moi ? Ta voix stridente et insupportable résonne dans ma tête à longueur de journée.
-Peut-être que si ta tête n'était pas aussi vide… Ça ne résonnerait pas ?
Elle tenta de rire, mais ce rire se transforma en une quinte de toux, qui lui fit cracher du sang. Sougo la positionna de manière à ce qu'elle soit adossée à lui il lui tenait la main fermement.
-Sougo… Je suis contente de t'avoir connu.
Ses yeux restaient fermés de plus en plus longtemps à chaque clignement.
-Oh, et rassure toi, tu seras honorée de ma présence pendant encore de longues années. Tu ne vas pas me dire que tu as galéré à sortir d'ici pour mourir là ? Accroche-toi. Ecoute ma voix, concentre-toi dessus. Je ne t'abandonnerai pas, alors s'il te plait, ne m'abandonne pas.
-Ca va… Aller. Je suis une Yato. Je… Cicatrise vite. Je ne vais pas te laisser seul. Reste avec moi, Sougo, parce que je n'ai pas envie de te lâcher.
Elle posa sa tête au niveau de son épaule. Sans trop s'en rendre compte, il se mit à se balancer doucement et à fredonner. Il avait passé son bras autour de sa taille et la serrait contre lui.
-Sougo-kun ?
Il leva les yeux vers Gin. Celui-ci, ainsi que Shinpachi et Hijikata, avaient dégainé leurs épées. Tous fixaient un même point.
-Reste là et protège-la. S'il lui arrive quoique ce soit…
Sougo sortit son épée et la dégaina, serrant toujours Kagura de son autre bras.
-Ils ne toucheront pas à un seul de ses cheveux. Je vous le promets.
Satisfait, Gin hocha la tête et observa les hommes désormais à une dizaine de mètres. Ils portaient tous grande cape grise et avaient le même regard froid. L'un d'eux prit la parole.
-Prisonnière retrouvée. Récupérez-la, éliminez les autres.
Shinpachi chargea.
La semaine prochaine, une autre personne disparue va apparaître, Shinpachi va cesser de faire de la figuration (il en fera un peu moins que d'ordinaire en tout cas xD), et nous découvrirons comment les Effaceurs fonctionnent !
