Bonjour à toutes et à tous!

Grosse coupure pour les vacances! Désolée des délais! Mais me revoilà avec un troisième volet pour cette aventure! Vous avez été tellement nombreux et nombreuses à me réclamer une suite que la voici! Et je sais que vous ne serez pas contents de la fin, donc oui il y aura une suite à cette troisième partie!

Et désolée pour le retard des autres fics, mais promis les suites arrivent!

Comme d'habitude, les reviews anonymes gagnent leur réponse à la fin du texte! (Les reviews du chapitre 2 sont à la fin du chapitre 2, désolée encore d'avoir répondu si tardivement! )

Bonne lecture!


Hermione déglutit difficilement et le cœur de Drago manqua trois battements. Ils restèrent immobiles un moment, figés dans l'horreur la plus totale, incapables d'émettre le moindre son. Jusqu'à ce qu'un raclement de gorge ne les fasse sursauter tous les deux. La prophétie les narguait tous les deux. Pourquoi ? Quelle était encore cette mauvaise blague ? Le nom de leur fille écrit en lettres penchées sur cette sphère… Tout était confus dans leurs esprits.

Ils se retournèrent d'un même mouvement vers Owen Cauldwell qui essayait tant bien que mal de s'extraire du maléfice du saucisson. Drago abandonna soudainement les bras d'Hermione. Il empoigna sa baguette et tint en joue l'ancien Poufsouffle.

- Dis-moi la vérité. Que sais-tu de cette prophétie ? Comment as-tu pu prendre cette prophétie alors qu'elle était destinée à une autre personne ?

L'interpelé sua à grosses gouttes en blêmissant à vue d'œil.

- Je… Je ne sais pas. Il fallait donner un nom de code.

- Un nom de code ? répéta Drago, interloqué.

Owen Cauldwell hocha nerveusement la tête.

- Oui, il fallait dire dix-huit avril.

Les deux anciens amants se figèrent et une traînée de sueur froide glissa lentement de leurs dos respectifs. Ils n'osaient comprendre ce que ça signifiait : dix-huit avril. C'était la date de naissance de leur fille. Ils échangèrent un regard horrifié tandis qu'Owen Cauldwell farfouilla dans ses poches décousues.

- Et utiliser des gants spéciaux.

Il agita une paire de gants en velours d'un vert émeraude élégamment remontés de nœuds rouges. Hermione poussa un cri de stupeur et écarquilla les yeux.

- Mais ce sont ceux de Rose ! Elle avait dit les avoir perdus l'hiver dernier ! Voleur ! Comment avez-vous eu ces gants ?! s'insurgea-t-elle, la voix tremblant de rage et d'incompréhension.

La peur se lut sur son visage. Depuis quand Rose était-elle surveillée ? Que signifiait tout ça ?

- Réponds, espèce de… ! hurla Hermione, hors d'elle en se ruant sur Owen Cauldwell.

- Attends !

Drago arrêta la jeune femme d'un bras autoritaire. Elle lui jeta un œil affolé.

- Mais enfin, D… !

- Calme-toi, coupa-t-il. Tu fais peur.

Elle lança un regard fou à Cauldwell qui se recroquevillait sur lui-même, aussi apeuré qu'elle.

- Je… Je ne sais pas, bégaya-t-il. On m'a simplement demandé de les porter pour prendre cette prophétie. Je ne sais rien de plus.

A l'évidence, l'ancien Poufsouffle était un simple outil qu'on n'avait pas jugé nécessaire d'informer. Et ça énervait fichtrement Hermione qui se sentait dépassée totalement par les événements. Elle se dégagea de l'étreinte de Drago sans ménagement et fit quelques pas vers la mallette posée à terre. Mais son ancien amant fut plus rapide et il agita sa baguette magique. La sphère opaque tomba directement dans sa main. Il la contempla, incrédule. Puis il fronça les sourcils en relevant la tête vers Hermione qui le fixait sans ciller. Ils se toisèrent longuement, muets. A côté d'eux, Cauldwell respirait bruyamment en s'essuyant le visage avec un mouchoir douteux.

- Je dois savoir. Nous devons savoir, finit par dire Hermione d'une voix blanche.

Un long silence suivit cet ordre. Drago semblait peser le pour et le contre, dans une réflexion intense et soutenue. Après un long moment, il secoua la tête en signe de négation.

- Non.

Hermione tapa du poing sur la table, incrédule.

- Je suis sa mère ! s'exclama-t-elle avec véhémence. J'ai le droit de savoir ! Si Rose… Si Rose est en danger…

- … alors je m'en occuperai personnellement, coupa-t-il.

Ils se toisèrent longuement, face à face. Owen Cauldwell était tétanisé par ce duel silencieux, il n'osa même pas s'échapper. Hermione eut un rictus dégoûté.

- Tu n'as aucune envie de chercher qui a voulu voler cette prophétie ? demanda-t-elle en pointant un doigt accusateur vers la sphère que l'homme brun tenait dans sa main.

Ce dernier baissa le regard. Il sembla hésiter un instant.

- Si, bien sûr…

Mais il se reprit tout aussitôt. Son regard se durcit et il plongea ses yeux dans les siens avec détermination.

- Mais on ne peut pas. Pour l'instant, c'est un secret professionnel.

Drago agita encore une fois sa baguette magique et la mallette vola tranquillement vers lui. Il replaça la sphère dans la valise et referma le tout. Hermione, atterrée, resta muette. Puis, elle fut prise d'un rire nerveux.

- Tu te rends compte de ce que tu dis ? hoqueta-t-elle.

Drago se redressa, le visage plus fermé que jamais.

- Parfaitement, je…

- C'est ma fille ! tempêta Hermione en s'approchant de lui. Et c'est la tienne aussi ! Cette histoire nous concerne tous !

Il crut sentir le danger et pointa la jeune femme avec sa baguette, comme pour lui intimer de garder ses distances.

- Je le sais ! siffla-t-il.

Hermione déglutit difficilement. Elle ne comprenait pas la situation. Ils avaient une prophétie sous la main qui portait le nom de leur fille et son propre père ne voulait pas savoir de quoi il retournait. Elle leva les yeux au ciel et se prit la tête dans les mains.

- Et tu te moques de savoir si un danger s'annonce ?

- Evidemment que non…, commença Drago d'une voix mal assurée.

Il s'impatientait. Pourquoi Granger ne voulait pas comprendre ? Il ne pouvait tout simplement pas ! Il n'avait pas le moyen de le faire. Ses gestes étaient surveillés. S'il dérogeait aux ordres, ses supérieurs le sauraient et il n'aurait plus de raison d'être. Car un pion qui désobéit n'a plus d'intérêt d'être un pion. On les écrase, on les sacrifie. Et s'ils se rebellent, alors on les élimine. Owen Cauldwell derrière eux s'était relevé et esquissait quelques pas pour s'esquiver.

- Enfin, Hermione…, essaya-t-il maladroitement de la raisonner. Toi, tu restes là ! hurla-t-il en se retournant vivement.

Une corde s'enroula autour des membres de l'ancien Poufsouffle qui tomba lourdement sur le sol. Hermione étouffa un sanglot. Une fois sûr qu'il ne s'échapperait plus, Drago se tourna lentement vers elle. Son cœur se serra. Elle tentait de retenir ses larmes, mais ses prunelles scintillaient bien trop pour aussi peu de lumière. Il eut envie de la serrer contre lui, de sécher ses larmes, de démentir tout ce qu'il venait de dire. Oui, il en crevait d'envie. Mais il ne le fit pas. Il s'était déjà laissé aller un plus tôt. Il ne voulait pas retenter l'expérience. Sinon, il sait clairement qu'il se perdrait. Et avec lui, tous les choix qu'il avait fait auparavant. Il détourna le regard.

- Tu te fiches de la protéger ? cria-t-elle soudain.

Elle avait relevé la tête soudainement, illuminée d'une lueur nouvelle. Son regard devenait de plus en plus fou et de plus en plus vague.

- Te rends-tu compte de ce que tu es en train de dire ? cracha-t-il d'un ton amer.

Il déglutit, de plus en plus pâle : quand Granger avait ce regard, ça n'annonçait jamais rien de bon. Quel raisonnement avait-elle conclu ? Il cligna des yeux. Merlin qu'il l'aimait et Merlin qu'il aimait sa fille. Pourquoi Granger ne comprenait pas ça ? Il ne pouvait tout simplement pas ! Mais Hermione eut un rire démentiel et s'appuya légèrement sur le rebord de la table.

- De toute façon, ce n'est pas ta fille, après tout, déclara-t-elle d'une voix grave, presque neutre.

Un silence mortel s'installa entre les deux anciens amants qui s'affrontèrent du regard. L'un bouillonnant sur place, l'autre désabusée. Un léger sourire lassé passa sur les lèvres d'Hermione. Elle qui avait cru qu'il serait revenu dès qu'il aurait appris qu'il était devenu père. Dire qu'elle avait émis cet espoir fou. Foutaises.

- Dîtes…, commença d'une petite voix Owen Cauldwell.

- Tu ne l'as jamais connue, continua-t-elle d'un ton monocorde.

Drago serra le poing sur sa baguette abaissée, tremblant de fureur. Granger était-elle aussi stupide ou faisait-elle exprès de le titiller pour voir jusqu'où elle pouvait aller ?

- Comment peux-tu…, articula-t-il d'une voix blanche.

- Je ne veux pas vous interrompre, mais…

- La ferme, Cauldwell ! hurla Drago.

L'homme brun n'avait d'yeux que pour la jeune femme devant lui. Ses pupilles lançaient des éclairs meurtriers. Mais Hermione n'en fut pas impressionnée pour deux mornilles. Ou si elle l'était, elle se montrait bien impassible. Toute la rancœur se déversait entre ses lèvres et elle poursuivit :

- Tu as fui avant.

- Ne mets pas ça sur le tapis, s'écria Drago, perdant son sang-froid.

Il releva sa baguette magique, prêt à l'affronter en duel si c'était nécessaire.

- Tu n'en as pas le droit ! Je n'avais aucune idée de son existence avant…

Hermione étouffa un sanglot en secouant la tête, complètement déboussolée. Alors que Drago se tendait de tout son corps, elle s'écroula en pleurs.

- Mais Ron t'a donné cette photo ! Tu le savais depuis au moins le premier anniversaire de Rose !

Les larmes dévalaient ses joues pâles. Elles brouillaient sa vue, mais elle se garda bien d'essuyer ses yeux : stupide fierté. Drago se détendit légèrement. Il baissa les yeux. Oui. Il savait depuis le premier anniversaire de Rose. Et pourtant, il n'était pas revenu. Il était mort, pourquoi serait-il revenu ? Alors que tout avait été organisé pour le tuer et que ça avait été réussi ? Est-ce qu'il aurait pu trahir la promesse qu'il avait faite au ministère ? Non, certes, non. Une mort certaine l'aurait attendu au tournant.

- J'ai dû quitter mon ancienne vie, finit par dire Drago, en baissant la voix. Si j'avais appris l'existence de Rose avant, je…

- Tu quoi ? coupa Hermione avec amertume. Tu n'as pas hésité à me quitter ! Tu es parti ! Tu as fait croire à ta mort !

Un silence de mort s'abattit sur les lieux. Hermione respira longuement, essoufflée d'avoir balancé ce qu'elle avait sur le cœur. La rancœur se distillait dans son sang comme un poison dilué. Elle renifla bruyamment et baissa le regard. Drago inspira de son côté, les yeux fermés, stoïque. Il fit tout son possible pour garder son sang-froid, malgré la tension planant autour d'eux. Non, il n'avait pas cillé quand il avait pris sa décision. Mais il avait hésité, oh oui, par Merlin, qu'il avait hésité ! A l'époque, s'il avait appris qu'il était père… Est-ce qu'il aurait envisagé cette situation ? Il secoua la tête. On ne refait pas le passé. Il n'avait pas su. Il avait fait son choix en fonction. Et il avait cru que laver l'honneur de sa famille était un sacrifice plus justifié que rester égoïstement avec son aimée. Pauvre fou, il avait cru qu'elle comprendrait un jour ce qu'il avait fait. Apparemment, ce jour n'était pas encore arrivé.

Il s'avança prudemment vers elle. Elle était encore plus jolie en pleurs. Des milieux de diamants scintillaient dans ses yeux noisette. Il approcha une main tremblante vers sa joue et essuya une traînée humide. Elle releva enfin son regard vers lui et le toisa, le plus impassible possible. Il esquissa un sourire en coin. Il voulait lui montrer à quel point il tenait à elle, à quel point il l'aimait. Il les aimait, elle et Rose. Il voulait qu'elle puisse comprendre tout ça dans un regard et un sourire. Après tout, Miss Je-sais-tout n'avait-elle pas un bac +5 en psychologie ? Il soupira, pesa ses mots et replongea son regard dans le sien.

- Ecoute… Nous reparlerons de cette histoire plus tard. Pour l'instant, nous n'étions pas censés ouvrir cette mallette. Je dois juste la récupérer et ramener ce traître au ministère. Tu penses que tu peux m'aider ?

La jeune femme ouvrit la bouche, mais la referma, soufflée. La raison et le professionnalisme étaient leur mode de vie, à une époque. Pour ça, elle reconnaissait le Drago d'autrefois, celui qu'elle aimait désespérément. Un voile du passé assombrit son regard quand elle se rappela que tout ça avait été balayé le jour où on lui avait annoncé la mort de celui qu'elle aimait plus que tout sur terre. Elle baissa les yeux, inspira longuement, comme résignée.

- Je suppose que tu as raison. Oui… Je veux bien t'aider. Mais j'exige de savoir quand même ce qu'il en retourne.

Drago soupira devant une Hermione plus que déterminée. Ils restèrent un moment, perdus dans le regard de l'autre, jusqu'à ce que :

- Je ne veux vraiment pas vous perturber, mais il y a un problème ! s'exclama soudain Owen Cauldwell.

Drago faillit répliquer, mais au moment où il se retournait, l'ancien Poufsouffle pointait du menton quelque chose qui semblait l'effrayer au plus haut point. Il suivit son regard, et écarquilla les yeux. Une petite boule noire et lisse gisait à côté d'un des hommes immobiles. Ce n'était pas tant ça qui les horrifiait : c'était le décompte juste à côté qui émettait dans le silence régnant un tic-tac des plus déplaisants. Il indiquait moins d'une minute.

- C'est une bombe ! hurla Hermione, paniquée.

- Je l'avais bien remarqué, merci ! rétorqua Drago sur le même ton.

- Mais pourquoi ?

Ça n'avait aucun sens. Pourquoi une bombe ? Drago ne répondit pas. Il attrapa le bras de Cauldwell et la mallette dans l'autre. Il se retourna vivement vers Hermione qui restait tétanisée.

- Alors, tu viens ? s'impatienta-t-il.

Hermione lui jeta un regard incrédule en secouant la tête. Elle trembla de tout son être.

- Mais… Mais si on ne la désamorce pas… Il y aura de nombreux morts… C'est une boîte de nuit, ici… Pleine de moldus et d'innocents…

Elle avait dit ces derniers mots des sanglots dans la voix. Drago ferma les yeux, inspirant longuement. Il savait pertinemment que cette situation lui rappelait sa propre expérience, quand elle avait dû modifier la mémoire de ses parents et qu'elle n'avait pu quand même les sauver : un attentat en Australie avait eu raison d'eux. Elle s'en voulait toujours. Il souffla doucement, plongea ses yeux sombres dans les siens et ouvrit la bouche :

- Ecoute, Granger, si on ne s'en va pas tout de suite, on va y rester. Et tu ne pourras jamais élucider le mystère de cette prophétie. Tu laisserais ta fille toute seule, avec ce qui se trame derrière elle ? On ne peut rien faire pour désamorcer cette bombe. Elle tuera des moldus, c'est malheureux, mais on n'y peut rien. On n'est obligés de sauver notre peau. Allez, viens !

Hermione tremblait encore. Pourtant, elle savait pertinemment que Drago avait raison. Elle soupira lourdement, avant d'hocher la tête d'un air coupable. Pourquoi, à chaque fois qu'il y avait des soucis dans la communauté sorcière, les dommages collatéraux tombaient sur les moldus ? Elle prit le bras que Drago lui tendait et ils transplanèrent en un clin d'œil, juste quelques secondes avant l'explosion de la bombe.


Le sol se fit dur sous leurs pieds. La nuit était tombée et la lumière pâle des réverbères éclairait à peine les visages des sorciers. Le silence leur permettait une transition singulière et radicale.

- Pourquoi ? Qu'est-ce que c'était que ça ? s'exclama la jeune femme.

Elle ne comprenait plus rien. Une bombe… Et une bombe qui a sûrement tué des centaines de gens… Elle frémit.

- N'y pense pas. Allons-y, intima Drago.

Hermione épousseta sa robe et regarda autour d'elle en réajustant son sac en bandoulière. Apparemment, ils se trouvaient dans une allée peu passante. Tant mieux. Elle s'arrêta dans ses réflexions, et fronça les sourcils : elle connaissait ce lieu. Elle sursauta quand Drago s'activa pour transporter le corps de Cauldwell et se diriger vers une porte bien connue.

- Pourquoi ? demanda-t-elle d'une voix faible.

Pourquoi étaient-ils devant chez elle ? Elle se hâta de les rejoindre, alors que Drago sonnait à la porte. Il ne fallut pas longtemps avant que quelqu'un ouvre. Quelqu'un de très roux et de très surpris.

- Oui, vous désirez ? s'enquit-il poliment.

Drago soupira avec exaspération.

- C'est moi, Martins, idiot, répondit-il avec impatience.

- Mart… Oh, Martins ! s'exclama le rouquin en s'effaçant. Désolé, mais tu changes tellement d'apparences que… Entre donc. Mais qu'est-ce que tu fais là, je… Hermione ?!

Il écarquilla ses yeux bleus et son regard passa de Drago à Hermione, sans comprendre.

- C'est une longue histoire, je t'expliquerai, dit simplement l'homme brun.

Hermione, encore choquée, commença à assembler lentement les morceaux du puzzle de sa vie.

- Ron… Tu… Tu le connais ? Tu sais qui c'est ?

Sa voix était blanche, presque inaudible. Ron tenta de sourire, mais les coins de ses lèvres ne s'étirèrent qu'en un rictus maladroit. Il se sentit soudain très bête, ne sachant trop que répondre.

- Oui, c'est…

- Plus tard, coupa Drago d'un ton autoritaire. Nous avons un criminel avec nous.

- Oh, fit Ron.

Il s'empressa de délester l'homme brun de son fardeau et il attacha à une chaise le criminel en question. Hermione, toujours debout, restait sonnée par ces nouvelles. L'homme qui était mort réapparaissait devant elle et sonnait à la porte de chez eux, et son mari en toute simplicité lui ouvrait et l'aidait à attacher sa victime. Et tout ça semblait parfaitement normal. Non, vraiment.

- Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer ? J'avoue que je ne comprends plus rien !

Elle cligna des yeux et Drago agita sa baguette magique en direction de Cauldwell.

- Assurdiato !

Hermione agrandit ses yeux : le maléfice du bourdon ? Le sortilège préféré d'Harry en cours ? Alors, Harry était réellement dans le coup, lui aussi ? Elle frémit rien qu'à cette simple pensée. Donc tout le monde était au courant sauf elle ? Etait-ce une plaisanterie ? Depuis quand ?

- Bon, maintenant on peut parler, dit simplement Drago.

- Arrêtez de me snober ! Pourquoi on est là ? Pourquoi tu ramènes un mec pareil chez moi ? Comment connais-tu chez moi, d'ailleurs ? Et pourquoi Ron trouve tout naturel de te laisser rentrer ? J'exige des explications ! s'emporta-t-elle.

Mais ils ne semblaient pas vouloir lui répondre.

- Elle est en haut ? s'enquit Drago. Elle dort ?

Le rouquin hocha la tête brièvement. Drago leva sa baguette et lança le même sort. Hermione tressaillit. De qui il parlait ? De Rose ? Et comment pouvait-il savoir qu'elle était en haut ? Ron se tourna vers la jeune fille, les bras ballants.

- Hermione… Je te présente Martins, un collègue de travail…

- Inutile, Weasley. Elle m'a déjà démasqué.

Les joues du rouquin s'enflammèrent pour devenir de la même couleur que ses cheveux et il commença à bégayer.

- Je… Je te jure, Hermione, je…

- Je veux comprendre. Expliquez-moi. Qu'est-ce qu'il se passe ?

La voix était tremblante et le regard implorant. A l'évidence, Ron ne comprenait pas non plus de quoi il en retournait.

- Pourquoi viens-tu ici ? Et c'est qui, ça ? questionna-t-il en pointant son index sur Owen Cauldwell qui semblait terrifié, ligoté sur sa chaise.

- Peu importe, dit Drago en haussant les épaules. Un abruti qui trempait dans un truc trop grand pour lui.

Il se tourna vers Hermione et reprit d'un ton sérieux :

- Je suis venu ici pour la ramener, elle, et aussi pour te prévenir : Rose est en danger.

- Rose… Rose ? Mais comment…, balbutia Ron, effaré.

Drago secoua la tête, impuissant.

- Je ne sais pas. C'est très confus. J'étais en mission pour récupérer cette mallette. A l'intérieur, il y a une prophétie qui est marquée au nom de Rose.

- Tu sais, il y a beaucoup de personnes qui s'appellent Rose…, tenta vainement Ron. Tu es sûr que…

- Tu connais beaucoup de personnes du nom de Rose Malefoy ?

Ils s'affrontèrent du regard. Le rouquin déglutit et un filet de sueur froide glissa lentement le long de son dos.

- Je dois partir, à présent. Je récupère ce mec et je file au ministère, poursuivit Drago.

Il commença à récupérer ses affaires, et son regard croisa celui d'Hermione, complètement déboussolée.

- Veille sur elle, elle est encore en état de choc. Quant à Rose…

Il ne finit pas sa phrase. Ron avait compris. Il acquiesça en silence. Ça faisait quinze ans qu'il protégeait les deux femmes de leurs vies. Pourquoi faillirait-il à sa tâche cette fois ? Drago hocha la tête d'un air entendu et Cauldwell lévitant devant lui, il commençait à presser la poignée de la porte d'entrée, la mallette sous le bras.

- Harry est au courant aussi, n'est-ce pas ? s'enquit soudain Hermione.

Les deux hommes échangèrent un regard. Alors que Drago acquiesçait lentement, Ron baissa la tête piteusement. Hermione partit d'un fou rire nerveux.

- Depuis combien de temps je suis le dindon de la farce ? Depuis combien de temps je suis tenue à l'écart et vous me mentez ? s'exclama-t-elle, se passant une main sur les yeux.

Ni l'un ni l'autre ne répondirent. Elle secoua la tête, abasourdie, les yeux au ciel en tentant d'atterrir doucement. Drago referma lentement la porte. Cette soirée ne finirait jamais.

- Toi…, reprit-elle en toisant Ron qui essayait de se ratatiner sur place. Tu le savais depuis le début ? Et tu ne m'as rien dit ? Tu m'as menti pendant tout ce temps ?

Même les mots qu'elle formulait, les pensées qui envahissaient son esprit ne voulaient rien dire à l'heure actuelle. Tout était si confus. Ou plutôt, elle ne voulait pas comprendre. La plus grande mascarade de sa vie. Le plus grand mensonge de son histoire. Les deux hommes qu'elle aimait le plus dans la vie… Non, les trois hommes qu'elle aimait le plus dans sa vie s'étaient joués d'elle et l'avaient tenue à l'écart de tout ça pendant quinze ans. Les larmes perlèrent au coin de ses paupières. Elle se sentait tellement idiote. Elle avait cru qu'Harry et Ron avaient été sincères.

.

- Il t'aimait beaucoup, Hermione.

- Je le déteste, Harry. Il savait pourtant que c'était dangereux. Il m'avait promis qu'on irait ensemble à Paris. Il avait promis qu'on ne serait jamais séparés.

- Parfois, la vie reprend ses droits, Hermione.

.

Harry. Quand elle mettrait la main sur lui, il goûterait aussi de sa rancune. Ron se tordait les mains devant elle, très mal à l'aise. Si jamais il avait su qu'un jour, il serait confronté à une telle situation… Il ne savait comment réagir, et se sentait vraiment très bête.

- Ecoute…, commença-t-il, maladroitement.

- J'ai demandé à Weasley de te protéger après ma disparition. Apparemment, il a bien réussi.

La voix sèche et tranchante de Drago claqua dans l'air, faisant tressaillir Hermione qui releva la tête vers lui. Il s'adossa contre la porte d'entrée, Cauldwell toujours lévitant à ses côtés, et posa son regard sombre sur la jeune femme. Cette dernière ouvrit la bouche pour protester, mais les mots se bloquèrent dans sa gorge.

Un cortège de fantômes passa.

- Ecoute, Hermione, reprit courageusement Ron en rougissant de plus belle, ce n'est pas… Tu étais très faible à cette époque. Ma… Martins avait ses raisons. Et il fallait des amis pour t'épauler. Alors… Alors on a fait ce qu'on a pu.

Hermione sentit sa respiration se saccader de plus en plus fort.

- Vous avez aidé un traître à se camoufler, siffla-t-elle, dépassée. Vous avez dissimulé son existence aux yeux de tout le monde, vous avez maquillé sa mort et moi… Et moi…

L'émotion était à son comble et les larmes coulaient maintenant librement sur ses joues.

- Moi, je vous ai crus ! Moi, je vous ai fait confiance ! Vous avez abusé de ma confiance et de mon amitié !

Elle avait craché ces dernières phrases en fixant Ron avec une lueur de rancune et de déception. Ron déglutit avec difficulté. Il savait qu'un jour ou l'autre, il serait obligé de lui rendre des comptes. Intelligente comme elle l'était, il était même surprenant qu'elle n'ait rien découvert avant. Mais il ne savait que faire dans cette situation. Pardon Hermione ? Je suis désolé ? Non, il avait fait ça pour son bien. Il avait compris l'enjeu. Et même s'il n'avait pas adhéré au choix de Malefoy, il avait accepté et avait aidé Hermione à se sortir de sa douleur. Ou du moins, il avait cru l'aider.

- Comment peux-tu être aussi calme ? hurla-t-elle en dévisageant Malefoy.

Ce dernier ne répondit pas. Il soupira longuement, posa son regard profond sur elle et pencha légèrement la tête.

- Hermione… Je ne suis plus l'homme que tu as connu. D'accord ?

L'interpelée émit un rire froid et sans complaisance.

- Oh si. Tu es toujours aussi distant et aussi implacable. Tu ne penses toujours qu'à toi et tu te moques bien de pouvoir blesser les gens.

Drago serra les poings et se contenant tant bien que mal. Granger était toujours aussi bornée quand elle voulait. Il soupira silencieusement, ouvrit la bouche pour répliquer, mais Ron fut plus rapide. Il avait vu le manège entre les deux anciens amants et coupa court à la conversation.

- Ok, alors déjà, on se calme ! dit-il d'une voix qui n'admettait aucun refus. Rose est en train de dormir et nous avons un incriminé sur les bras. Donc hors de question de vous entretuer ici.

L'homme brun voulut répliquer, mais Ron lui intima le silence. Ce qui n'était pas ordinaire, Hermione le nota.

- Par contre, reprit le rouquin, si vous voulez aller discuter tranquillement seul à seule dans le parc à côté de la maison, vous êtes libres de le faire… Je m'occupe de ce type.

Il lança un clin d'œil entendu à Drago qui hocha la tête. Alors qu'Owen Cauldwell tombait lourdement sur le sol, Drago empoigna sans ménagement le bras d'Hermione, les faisant sortir tous deux de la maison.

- Non mais ça ne va pas ?! s'exclama-t-elle, outrée.

La porte se referma dans un cliquetis léger et Ron soupira bruyamment. Il agita sa baguette magique et fit léviter le corps de Cauldwell vers la chaise où il était ligoté auparavant, l'encordant une nouvelle fois.

- C'est pas gagné-gagné, dit-il pour lui-même en vérifiant les liens.

Il secoua la tête : quand deux têtes brûlées et butées se rencontraient et s'adoraient, on ne comptait plus les pots cassés derrière eux.


- Tu ne peux pas me laisser, Hermione.

- Mûris, Drago. Dans la vie, on ne vit pas que pour soi-même. Tout autour de toi, des gens vivent. Beaucoup de choses s'articulent autour de toi. Par conséquent, tu vis aussi pour les autres.

- C'est quelque chose de plus grand que nous deux, c'est ça ?

- C'est ça.

.

Drago et Hermione se retrouvèrent dehors. Il faisait frais. Il lâcha son bras et ils firent quelques pas vers le terrain de jeux pour enfants devant les maisons. Drago désigna une balançoire.

- Assis-toi.

A contrecœur, elle obéit. Devant elle, il restait debout, ne sachant par où commencer. Il semblait nerveux. Pour la première fois de la journée, elle voyait son masque s'effriter.

- Tu m'as donné envie de me battre moi aussi, commença-t-il d'une voix grave. Me battre pour quelque chose de plus grand, de plus important que moi. Me mettre au service du ministère, c'était quelque chose d'important pour moi.

Hermione ne souffla mot. Elle l'avait presque jeté dans les bras du ministère, à lui dire à quel point se donner corps et âme pour une cause juste était valorisant et appréciable. Elle tremblait, bien sûr. Elle tremblait pour sa vie quand il partait en mission. Mais jamais elle n'aurait pu l'imaginer mourir dans l'une d'elles. Avec Harry et Ron, ils avaient survécu à tellement pire ! Et puis, Drago Malefoy n'était-il pas invincible ?

- Et voilà qu'on me proposait de partir dans une mission des plus secrètes, continuait Drago, sur sa lancée. Quelque chose que moi seul pouvait faire. Quelque chose qui permettrait de sauver le monde sorcier, des millions de civils. Et des moldus. Et d'autres créatures ! Tu te rends compte ?

Ses yeux brillaient d'une lueur qu'elle ne lui avait jamais vue. Alors c'était de sa faute, finalement, s'il avait fait ce choix-là. Il avait pris goût au risque. Il avait aussi pris goût à la justice et à la défense d'une cause qu'on trouvait valoir le coup. Les larmes lui brouillèrent à nouveau la vue.

- J'avais la chance de pouvoir me mettre au service de millions de gens ! s'exclama Drago, animé d'une excitation qu'elle ne lui connaissait pas. Alors je l'ai fait. Parce que comme tu m'as dit un jour…

- On n'est pas là pour vivre pour soi, coupa-t-elle. Tout s'articule autour de toi. Tu vis aussi pour les autres. Je sais.

Un silence. Hermione baissa les yeux, camouflant les perles salées qui dévalaient sur ses joues. Elle se sentait tellement faible, de pleurer autant en une seule journée. Drago reprit son souffle un instant.

- En contrepartie, poursuivit-il plus calmement, ça sauvait mon honneur et mon rang. La déchéance dans laquelle traînait ma famille, la honte qui souillait mon nom… Tout ça était effacé par ma mort.

La jeune femme lui lança un regard incrédule. De quoi parlait-il ?

- Maintenant, Rose s'appelle Weasley, mais elle sait que c'est une Malefoy, expliqua Drago. Et personne à Poudlard ne la juge, ni ne l'embête. Ses grands-parents étaient des mangemorts, mais son père est mort pour la nation.

Hermione secoua vivement la tête. Elle voulut parler, mais il ne lui en laissa pas le temps. Il s'approcha d'elle et s'accroupit à sa hauteur. D'une main délicate, il essuya les traînées sombres sur son visage.

- Et elle a une mère admirable qui s'est battue pour la lumière, finit-il d'une voix douce. Tu comprends à quel point mon sacrifice n'est pas vain ?

Sacrifice. Oui, on pouvait bien utiliser ce terme de sacrifice. Elle étouffa un sanglot. En plantant ses yeux noisette dans les siens, elle ouvrit ses lèvres qui tremblotaient.

- Non, tu m'as laissée… Tu m'as abandonnée avec Rose…

Sa voix était faible. Comme pour s'en convaincre. Elle comprenait bien ce qui avait poussé Drago à faire ce choix. Peut-être qu'elle-même l'aurait fait de son côté si on lui avait demandé de sauver la communauté. Mais elle voulait aussi l'accabler. Parce que c'était injuste. Détruire une famille entière. Ne plus jamais réussir à être comme avant, pour des gens ingrats, des parfaits inconnus qui ne connaîtraient jamais la vérité et qui se fichaient d'eux. Ils ne les connaîtraient même jamais. Drago se leva avec raideur.

- Ne sois pas aussi borné et aussi égoïste que moi, Hermione, je t'en supplie. Ouvre les yeux. Tu es partie seule avec Potter et Weasley à la chasse aux horcruxes. Je t'ai supplié de rester. Je t'ai fait une crise de jalousie incroyable. Tu t'en souviens ?

Elle esquissa un malheureux sourire. Oui, c'était une scène horrible. Elle en avait encore mal au cœur. Mais elle n'avait pas cédé.

- Mais maintenant, les rôles sont inversés et c'est à moi de te demander de me comprendre et d'accepter le choix que j'ai fait, poursuivit-il d'une traite. On portait les mêmes valeurs. On les porte toujours. Tu m'as appris ces valeurs. Reconnais-le et accepte-le.

Hermione secoua négativement la tête. Elle tenta d'élargir son sourire, mais ses yeux se brouillèrent à nouveau.

- Non, Drago, répondit-elle avec émotion. Non. On ne porte plus les mêmes valeurs.

Elle se leva à son tour et fit quelques pas.

- J'ai cru, quand j'étais plus jeune, qu'on pouvait sacrifier ce qu'on avait de plus cher pour une cause juste et accepter de se mettre en danger. J'ai sacrifié mes parents. J'ai sacrifié ma propre vie. On s'est mis en danger, Harry, Ron et moi pour une stupide mission que Dumbledore avait donné à Harry et dont lui-même ne savait strictement rien.

Les mots se bloquaient dans sa gorge. Ça ravivait tellement de souvenirs douloureux. Tellement de tristesse et de dégoût. Elle étouffa un hoquet et se retourna vers lui.

- Et tout ça pour quoi ? demanda-t-elle d'une voix tremblante. Harry a été fiché « indésirable numéro un », je n'ai plus de famille et on a même failli perdre Ron.

Un silence bref passa entre eux.

- Oh oui, reprit-elle en agitant la main, quand tout ça fut fini, on a été acclamés en héros. On a réussi à mettre un terme à la vie de Voldemort. Enfin. Quelle prouesse ! Des gamins de dix-sept ans !

Elle eut un rire amer. Un rire de déception, de douleur et de tristesse.

- Mais finalement, pourquoi ? continua-t-elle d'une voix brisée. Est-ce que les parents de Neville sont guéris ? Est-ce que Teddy a récupéré ses parents ? Est-ce que Sirius est revenu ?

Drago resta sans voix, ne sachant où elle voulait en venir.

- Il n'y a plus rien, Drago ! s'insurgea-t-elle en éclatant en sanglots. Le ministère n'a que faire de nos sacrifices. Il ne peut que nous donner des médailles. Mais peut-il ramener les morts ? Peut-il apporter de la chaleur dans les foyers malheureux ? Peut-il être humain ?

Il se hâta vers elle et la prit dans ses bras, essayant de stopper comme il pouvait les sursauts de son aimée. Merlin que son cœur se déchirait quand il la voyait dans un tel état.

- Drago, dit enfin Hermione, en se calmant un peu, tu es le père de ma fille. Et je t'aime. Merlin sait à quel point je t'aime.

Elle plongea son regard noisette dans celui brillant de son ancien amant et caressa timidement sa joue d'une main froide.

- Tu es vivant ! Arrêtons tout ça, et reviens vivre avec nous ! supplia-t-elle. Partons très loin, là où on ne sera plus en mesure d'être repérés et allons-nous-en.

Drago sentit son cœur chavirer. Merlin que la proposition était alléchante. Il aurait voulu lui dire oui tout de suite, il aurait voulu aller chercher Rose et s'en aller directement loin de tous ces soucis. Oui, il aurait voulu. Mais il ne pouvait pas.

- Et Weasley ? demanda-t-il d'une voix mal assurée.

- Ron est un ami. Nous sommes très proches et je sais qu'il a toujours eu un faible pour moi. Mais il connaît mes sentiments et il ne s'opposera pas.

Les barrières de son refus s'amenuisaient. Comme s'il était sur un sol meuble qui se dérobait sous ses pieds. Il ne trouvait plus d'issue.

- Et Rose ? Elle ignore mon existence. Elle… Elle pense que je suis mort.

- Rose sait que Ron n'est pas son père biologique. Elle l'aime comme un père, mais elle saura aussi faire la part des choses. Elle a quatorze ans, Drago. Elle sait faire la part des choses.

Hermione savait se montrer persuasive et Drago aurait voulu la croire et lui faire confiance. D'ailleurs, il la croyait. Il voulait aussi lui montrer qu'elle pouvait avoir confiance en lui. Si seulement il pouvait être avec elles.

- C'est impossible, Hermione. J'aurais vraiment pouvoir accepter tout ce que tu me proposes.

Elle laissa échapper un soupir résigné. Elle en était convaincue pourtant. Il n'était pas du genre à revenir sur ses choix.

- Je… Je suis lié par un Serment Inviolable, Hermione. Je ne peux rien faire.

Elle agrandit ses yeux d'effroi. Alors c'est pour ça ? C'est pour ça qu'il ne pouvait rien faire d'autre que la mission qui lui était attribuée ? Il était pris au piège ?

- C'est… C'est le prix à payer pour devenir Langue-de-Plomb.

Ça y est, il l'avait dit. Il lui avait confié ce qu'il faisait. Hermione baissa les yeux. Alors, c'était ce qu'il était devenu ? Une ombre du département des Mystères. Elle esquissa un faible sourire entendu. Elle hocha brièvement la tête.

- Je… Je comprends.

Il se sentit se détendre.

- Mais comprends-moi, poursuivit-elle. Rose est en danger. J'ai besoin de savoir ce qu'est cette prophétie. Ce qu'elle contient.

Drago s'humecta les lèvres. Il sut qu'il n'avait plus le choix. Il ouvrit la bouche, mais un frisson lui parcourut l'échine et elle frémit.

- Rentrons à l'intérieur. Tu vas attraper froid.

Ils marchèrent côte à côte, jusqu'à ce que Drago lui prenne la taille et l'enveloppe de sa veste. Elle cligna des yeux, surprise, mais ne se déroba pas. La chaleur envoûtante de l'homme brun avait quelque chose d'enivrant et de rassurant. Elle le gratifia d'un sourire plus consistant. Le calme ambiant les enveloppait dans un cocon délicieux. Ils se retrouvèrent face à face et leurs yeux se croisèrent. Ils se noyèrent dans le regard de l'autre avec volupté. Leurs lèvres se frôlèrent timidement.

Une violente détonation brisa leur bulle fragile et ils s'écartèrent en sursaut, baguette magique levée et cherchant des yeux la source du bruit. Des grands éclats de rire et d'autres bruits assourdissants retentirent dans l'air. Machinalement ils cherchèrent la maison d'Hermione et l'horreur s'insinua dans leurs esprits : un trou béant dans la toiture, toutes les lumières allumées, et des éclats de voix fusant par-ci par-là.

- Ron ! Ron ! appela Hermione en se précipitant vers la maison. Rose !

Drago lui emboîta le pas, mais ils s'arrêtèrent net sur le seuil : parmi les débris de poutre et de plâtre, Ron gisait à terre, entouré de gravats.

- Que s'est-il passé ? s'exclama Hermione en essayant de le dégager.

- Je… Je ne sais pas. Soudain, une espèce d'alarme a bipé dans son veston.

Il désignait Owen Cauldwell, inconscient, toujours attaché à sa chaise.

- Il y a eu plusieurs détonations dans la chambre de Rose. J'ai tout de suite accouru pour voir de quoi il s'agissait. Et… Et là, je n'ai pu voir qu'une forme noire qui disparaissait avec Rose dans les bras. Et brusquement, le sol s'est effondré sur moi et je suis tombé.

Ron semblait abasourdi. Il tremblait de tous ses membres. Hermione se précipita sur lui.

- Il faut le soigner ! Il est blessé ! Et Rose… Rose…

Les larmes coulaient sans qu'elle s'en rende compte.

Drago agita sa baguette magique et un patronus en forme de loutre jaillit.

- Va chercher Harry Potter. Rose Weasley a été kidnappée.


Merci de votre lecture et de votre patience! J'espère sincèrement qu'il vous a plu...

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Au plaisir,

Kumi