Voyons de quoi tu es capable...
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Ils avaient enfin réussi à aborder le Pays Merveilleux et, miraculeusement après la nuit terrible qui venait de s'écouler, en un seul morceau. Emma ne savait plus où elle en était. Elle était soulagée d'avoir rejoint l'île où Henry était prisonnier mais inquiète de ce qui pourrait lui arriver avant qu'ils ne le délivrent. Elle était en rage contre Regina qui avait, une fois de plus, failli les faire tuer durant la traversée et, dans un même temps, sentait bien que le désir irrépressible qu'elle ressentait dès que la brune l'approchait un tant soit peu commençait à se mâtiner de sentiments. Et cela la troublait plus qu'autre chose. Bon sang, sa vie était déjà bien assez compliquée comme ça, sans qu'elle aille s'amouracher d'une magicienne inconsciente, anciennement complètement psychopathe, et désirable à s'en liquéfier au moindre regard…
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Alors, une fois la troupe installée sommairement pour la nuit autour d'un feu de bois, Emma attrapa Regina par un bras.
« Viens, il faut que je te parle, » dit-elle avec un ton qui fit bien sentir à Regina qu'elle n'avait d'autre choix que d'obtempérer si elle ne voulait pas créer un esclandre public. Elle la suivit donc à contrecœur. Bon sang, elle avait été la Méchante Reine, on ne la convoquait pas ainsi comme un vulgaire manant. D'autant plus que, vu l'état de la blonde, la confrontation promettait de ne pas être de tout repos. Regina marqua un temps d'arrêt avant de suivre Emma avec beaucoup plus d'entrain au souvenir de leurs dernières rencontres un peu vives… Elle avait grand besoin d'évacuer tout le stress lié à l'enlèvement d'Henry et à la nuit catastrophique à bord du Jolly Rogers et les colères d'Emma envers elle se finissaient d'une façon qui lui conviendrait à merveille ce soir. Et plus elles s'enfonçaient dans la forêt, plus elles s'éloignaient du camp, plus Regina sentait l'excitation grandir en elle, au point de finir par en avoir du mal à suivre le rythme.
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Emma s'arrêta enfin, si brusquement que Regina, toutes à ses pensées brûlantes, faillit buter contre elle. Elle sursauta quand la blonde se retourna comme une furie et attaqua sans attendre :
« Mais ça va pas, putain, t'es cinglée ?!
- Et nous voilà reparties dans les jurons… marmonna Regina en levant les yeux au ciel.
- Parce que tu crois franchement que j'en ai quelque chose à foutre de châtier mon langage pour épargner les délicates oreilles de sa majesté, là ? Tu as encore failli nous faire tuer sur le bateau avec ta sale manie de te précipiter sur la magie dès qu'il y a un souci ! Bon sang, j'avais espéré que la catastrophe du Diamant t'aurait servi de leçon ! Mais pourquoi, pourquoi as-tu été pétrifier cette putain de sirène ?
- Tu peux toujours me faire la leçon ! Qu'est-ce qu'il t'a pris, à toi, de plonger ? Ce n'était pas parfaitement stupide et inconscient comme geste ça ?
- Vous étiez en train de vous entretuer, bordel, je devais faire quoi ? Attendre que l'un d'entre vous réussisse son coup ? Que tu pétrifies Mary-Margaret comme la sirène ?
- Tu sais que je ne l'aurais jamais fait. Elle m'horripile mais c'est ta mère, bon sang !
- Tiens, sa majesté perd son sang froid ? Attention, à trop me fréquenter, tu vas finir par jurer comme un charretier toi aussi.
- Arrête de m'appeler comme ça ! Je ne suis plus la Méchante Reine et certainement pas la tienne ! hurla Regina en précipitant Emma contre un arbre d'un geste de la main.
- Ben voyons, sois violente, ça va me convaincre, en effet, ironisa la blonde.
- Puisque tu le demandes…
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Et, sur ces mots, Regina coinça Emma contre l'arbre, ouvrit son pantalon et glissa trois doigts en elle sans aucun préliminaire. Emma cria et la mordit violemment à la base du cou, la faisant crier à son tour, de douleur et d'anticipation. Pour la blonde, cela avait été du plaisir immédiat de la sentir à nouveau en elle. Elle était totalement prêtre à l'accueillir, elle l'était toujours quand elles se disputaient et Regina commençait à bien le savoir. Emma la soupçonnait même très fortement d'être exactement dans le même état qu'elle. Mais, pour l'instant, elle allait laisser la brune s'occuper d'elle. Elle aurait bien le temps de lui rendre la pareille avant la fin de la nuit, et peut-être plus tôt que Regina ne se plaisait à l'imaginer. Et ça aussi, commençait à devenir une habitude. Elles brûlaient d'un désir commun insatiable qu'elles pouvaient passer des heures à explorer.
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Mais Emma abandonna rapidement toutes ses réflexions pour mieux se délecter des doigts experts de Regina en elle. Comme celle-ci l'avait très justement soupçonné, la blonde était non seulement prête pour elle mais proche de la fin, brûlante et agitée de contractions déjà très intenses. Alors la brune fit en sorte de retarder autant que possible cet instant. Elle adorait avoir la Sauveuse réduite à l'humilité la plus totale, suppliant pour qu'elle lui apporte une délivrance plus rapide. Elle se contentait donc, pour l'instant, de caresser les parois délicates de son intimité avec toute la retenue dont elle avait auparavant appris à user pour prolonger les souffrances de ceux qu'elle torturait. De son pouce, elle effleurait, de temps à autre, le petit bourgeon de nerfs gorgé à l'extrême mais jamais assez fort, jamais assez longtemps.
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Elle sentait dans son cou l'haleine brûlante et irrégulière de sa compagne la caresser à chacun de ses gémissements. Chaque ondulation de la blonde frottait les articulations de sa main contre son propre sexe. Elle avait de plus en plus de mal à se retenir de l'embrasser furieusement. Elle voulait partager sa passion, frémir au contact de ses lèvres sur les siennes, de leurs langues se mêlant, de leurs souffles se faisant courts. Elle voulait qu'Emma envahisse tous ses sens, elle voulait que son parfum lui fasse tourner la tête, que son goût le plus secret pénètre toutes ses papilles, que ses doigts rentrent en surcharge de la parcourir sans fin. Mais la blonde maintenait obstinément son visage au creux de son cou, la mordant parfois furieusement. Emma lui avait déjà fait part de son adoration pour le goût de sa peau à la fois sucré et épicé disait-elle, que son souvenir seul sur sa langue lui donnait envie d'elle à tout moment de la journée. A cette pensée, elle entendit un cri rauque difficilement retenu sortir de sa propre gorge.
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Elle perçut alors les lèvres d'Emma dessiner un sourire sur sa peau. De sa main libre, elle la força à lever les yeux pour croiser les siens. Son regard, quoique presque totalement obscurci par le désir, brillait aussi d'une lueur moqueuse. Regina se rendit compte qu'Emma savait très exactement ce qu'elle provoquait en elle et que tout retard de sa propre jouissance reculait d'autant celle de son bourreau. Alors Régina augmenta la force de ses poussées sans pour autant les accélérer. Le regard de la blonde se voila, ses gémissements se transformèrent en cris. Emma perdait pied, elle se savait sur le point de la supplier. D'autant que ce que Regina lui donnait, quoique merveilleux, était juste assez insuffisant pour la maintenir à la frontière.
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Jusque-là, Emma avait conservé ses paumes profondément enfoncées dans le tronc derrière elle, la douleur des nervures de l'écorce pénétrant sa chair lui permettait de ne pas se perdre totalement dans les sensations provoquées par Regina. Elle le lâcha pour les glisser sur le ventre de la brune, effleurant, caressant, griffant, elle se fraya un chemin des hanches au dos où elle détacha le soutien-gorge de la brune, jusqu'aux seins gonflés de jouissance anticipée. Elle se saisit des mamelons douloureusement tendus et en excita les pointes sensibilisées à l'extrême. Des décharges violentes traversèrent Régina de part en part, jetant du kérosène sur le feu terrible qui sévissait déjà entre ses jambes. Son corps se tendit sous la violence de l'embrasement qui emporta avec lui son illusion d'une victoire facile.
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Là où la brune s'évertuait à refuser la jouissance, la blonde s'amusait en fait depuis le début à la précipiter en l'autre. Elle abandonna un instant la sensuelle poitrine pour la libérer de sa prison de tissu avant de la capturer à nouveau de ses mains et de sa bouche. Elle mordilla la chair tendre, arrachant un cri rauque à la chasseuse devenue proie et sentit, à la crispation des doigts en elle, que Regina était elle aussi au bord du précipice. Elle continua donc à jouer avec le téton avec ardeur, léchant, suçant, mordant à l'envi. Quand les mouvements de la brune ralentirent en elle et que son souffle devint erratique, elle abaissa pantalon et dessous pour la pénétrer, écrasant le centre de son plaisir du même geste avec la paume de sa main. L'afflux brutal de stimulations eut raison de Regina qui cria le nom d'Emma alors que le plaisir envahissait tout son être et lui coupait les jambes.
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Son ancienne victime la serra contre elle afin de la laisser profiter jusqu'au bout du moindre frémissement avant de sortir délicatement ses doigts de leur fourreau de soie brûlante et de les nettoyer de sa bouche au sourire vainqueur. Définitivement, elle adorait toutes les saveurs de la brune. Comprenant qu'elle s'était laissée prendre au piège, Régina pensa un instant abandonner Emma à son désir inassouvi. Mais elle avait parfaitement conscience que la blonde n'hésiterait pas à se satisfaire seule, lui retirant la satisfaction de la vaincre elle-même en sus de l'avoir défaite la première. Et l'image de sa langue savourant son essence avec la plus grande attention acheva d'effacer tout calcul de ses pensées. Encore peu assurée sur ses jambes, elle se mit à genoux devant Emma, entraînant les vêtements couvrant son intimité avec elle. Ses doigts reprirent leur course tandis que sa bouche donnait le coup de grâce. Ce fut au tour d'Emma de hurler le nom de Régina avant de s'écrouler à son tour à ses côtés. Le large sourire de contentement qu'elle affichait mit la brune en rage, rage encore accentuée par son incapacité immédiate à pouvoir y faire quoi que ce soit.
"Attends que je retrouve mes forces ! Tu vas me le payer…
- C'est une promesse ? susurra Emma à son oreille. Quand tu veux, ma Reine…" ajouta-t-elle en lui mordillant le cou. La nuit est encore jeune, tu as tout le temps pour essayer…
