Chapitre 3
Les heures passaient, tous les prisonniers dormaient mais Katara en était incapable. Elle sentait son pouvoir battre en elle. Elle observait le beau visage de la femme, entouré de longs cheveux noirs, qui lui était étrangement familier. Elle avait du la voir sur un avis de recherche… pourtant… La femme dut se sentir épiée, elle redressa la tête à la lumière et regarda Katara dans les yeux. Katara retint un cri. Je suis morte, c'est ça ?! ce monstre m'a étranglée et je suis morte…Et Zuko, lui aussi a été touché. Nous sommes de l'autre côté…
D'une voix très douce, la femme s'adressa à Katara
- Vous êtes le maitre de l'eau de l'Avatar ?
Katara acquiéça, un peu sonnée.
- On raconte vos exploits. Vous êtes entrée dans la légende.
- Vous… vous êtes… ?
La dame sourit. Katara se redressa et rampa jusqu'à Zuko qui dormait.
La femme la suivit des yeux sans bien comprendre. Katara le réveilla
- Zuko ! Zuko, réveille-toi, chuchota-t-elle précipitament.
La femme réagit. Katara tira Zuko qui baillait jusque dans le coin où elle se trouvait
- Ça y est, tu as fini de râler, on va pouvoir s'évader maintenant ?
Il se frotta les yeux et regarda Katara et la femme. Il fut révéillé d'un coup, comme si Katara l'avait arrosé. La femme regarda le jeune homme, le souffle coupé. Elle ne ressemblait plus du tout à Azula, submergée par l'émotion. Zuko semblait chercher quelque chose à quoi s'acrocher, pour se convaincre qu'il ne rêvait pas. Ursa tendit une main vers son fils et celui-ci plongea dans ses bras. « Ne me dis pas de me réveiller cette fois » murmura Zuko, raffermissant son étreinte. Katara pleurait de les voir tous les deux.
Ursa parvint après quelques minutes à convaincre Zuko qu'elle était réelle et qu'elle n'allait pas s'envoler. Elle serra contre elle Katara qui pleura de plus belle.
À présent, le lune brillait haut dans le ciel. Les gardes bougeaient, on entendait leurs rires gras.
- À nous la récompense ! dit l'un.
- La princesse a demandé la tête des deux derniers qu'on a pris- le gamin défiguré et la fille plutôt appêtissante. Le Seigneur du feu veut régler en personne le sort de la femme qu'on a prise hier.
- Si elles sont condamnées, on aurait tort de pas en profiter un peu… On commence par la jeune.
À l'intérieur de la cage, Zuko lança un regard inquiet à Katara. Celle-ci sècha ses larmes, respira profondément. Il se leva
- Je ne les laisserai pas te faire du mal !
Katara se leva aussi et en le regardant dans les yeux, déterminée, elle dit :
- Tu ne sais pas tout.
Puis, avec un regard terriblement triste, elle ajouta,
- C'est pour eux que j'ai peur.
Elle l'obligea à s'écarter, restant seule face à la porte de la cage. Les pas du chasseur de prime grinçaient sur le gravier, dehors. Dans quelques secondes il passerait sa grosse tête devant la lucarne et il serait à sa merci.
- Reculez bande de chiens, on va prendre du bon temps avec la demoiselle !
- C'est moi que tu veux ?
- Ooh oui ma jolie, tu fais bien de pas te montrer trop rétissante, ce n'en sera que plus agréable ! grogna-t-il, l'œil torve. Zuko trépignait derrière elle, Katara lui fit signe de ne pas s'inquiéter.
Il mit la clef dans la serrure,
- Viens me chercher! lança-t-elle.
La porte s'ouvrit et Katara, brassant l'air, réunit suffisamment d'eau pour former un long fouet avec lequel elle entoura la gorge du garde. Sautant hors de la cage, elle mit à terre les hommes qui lui faisaient face
- Sortez tous ! cria-t-elle aux prisonniers.
Elle attira à elle l'eau d'un sapin proche qui se dégonfla comme une baudruche. Elle envoyait des lames et des vagues de tous côtés. Zuko tirait sa mère hors de la cage et la défendait, malgré la faiblesse de sa maitrise la nuit. Katara était éblouissante. Il ne restait que trois soldats face à elle, elle les envoya au tapis d'un mouvement. Elle sourit à Zuko qui lui rendit ce sourire. Un nouveau « tchak ! » retentit. Katara interrompit le vol de la flèche en la coupant en deux dans la longueur, et givra l'archer. Elle se retourna à temps pour voir l'homme de muscles lever le poing sur Ursa et Zuko se précipiter sur lui. Le chasseur de prime jeta à terre la mère et brandit les sabres du fils, à la surprise de celui-ci. Non ! Il ralentit sa course mais sut qu'il ne pourrait éviter les lames. Pourtant la douleur ne se fit pas ressentir, pas de morsure ardente, pas de sang.
L'homme était comme pétrifié dans son mouvement. Il lacha les armes, se redressa ridiculement, comme un pantin, et se projeta lui-même contre un arbre. Non, pas lui-même. Katara le tenait. Elle le gela contre l'arbre puis baissa les bras, tremblante. Zuko ramassa ses sabres, empoigna la main de la jeune fille et celle de sa mère et les tira vers la forêt.
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Quand ils atteignirent une clairière suffisemment éloignée, il s'arrêta de courir et lâcha les mains d'Ursa et Katara.
- On sera en sécurité ici, dit-il, essoufflé.
Il alluma un feu de camp puis regarda Katara qui reprenait haleine, et Ursa qui s'installait au pied d'un arbre.
Sa mère était plus belle que dans son souvenir. Moins grande mais plus belle ; sa mémoire d'enfant lui avait joué un tour. De même qu'il avait vu à quel point son père viellissait quand il l'avait affronté pendant l'éclipse, alors que jusque là il le voyait si grand, si intouchable. Sa mère assise, vivante, reprennait forme dans son esprit, effaçant l'ombre paniquée et fuyante d'une nuit ce que j'ai fait, je l'ai fait uniquement dans le but de te protéger.
Et Katara… Elle regardait ses mains avec dégout, elle frottait ses paumes, tirait sur ses doigts comme pour les laver.
- Qu'est-ce que c'était, ça ? demanda-t-il tout bas en s'accroupissant près d'elle.
Elle ne réagit pas. Elle restait prostrée. Il lui prit les mains et la força à le regarder.
- Comment tu as fait ça ?
Les yeux bleus s'emplirent de larmes. Elle répondit dans un souffle :
- Bloodbending.
- Quoi ?
Il allait ajouter « Tu te moques de moi ? Comment est-ce possible ?... » mais il savait qu'elle ne se moquait pas et que c'était la pleine lune qui rendait ça possible. Une seule question lui apparut sans réponse :
- Où as-tu été chercher ça ?
- C'est une vielle femme de ma tribu que j'ai rencontrée qui a voulu me faire cadeau de tous ses secrets.
La maitrise du sang. C'était logique. Horrible, mais logique.
- Je déteste ce que cette technique dégoutante fait de moi !
C'était un de ces moments où Zuko regrettait de n'avoir pas la sagesse de son oncle. Il aurait su quoi dire, lui !
- Tu ne dois pas t'en vouloir, tu ne l'as utilisée que pour me protéger.
Ursa s'était redressée et approchée de Katara.
- Jeune maitre de l'eau, vous connaissez l'angoisse des maitres du feu : ils vivent avec le pouvoir de créer ou de détruire, et chaque jour ils savent que la moindre erreur peut les faire basculer. Mais ça fait partie de leur maitrise, ça fait partie d'eux-mêmes. Cette technique est un aspect de la maitrise de l'eau et vous devez l'accepter- le refuser vous empêcherait d'agir.
Ces paroles et la voix douce firent écho en Katara. Elle repensa aux doutes de Aang après qu'il l'a blessée, à Jeong-Jeong qui connaissait cette part d'ombre en toute maitrise. L'eau pouvait être aussi mortelle que le feu. Les opposés semblaient s'attirer irrésistiblement et se ressembler de plus en plus. Elle sourit, reconnaissante. Ursa tendit les bras et Katara s'y blottit. Une étreinte maternelle, sure et chaude, elle n'en avait plus reçues depuis qu'elle avait quitté le pôle sud, depuis que Sokka et elle avaient laissé Gran-gran pour accompagner l'Avatar. Elle chercha la main de Zuko et la serra fort.
- Merci beaucoup, dit-elle en se redressant, avec un sourire timide.
- Merci à vous d'avoir sauvé mon fils. Je viens de le retrouver, je n'aurais pas supporté de le perdre.
Katara répondit d'un signe de tête.
- On devrait peut-être se reposer maintenant, dit Zuko, l'aube ne devrait pas tarder et nous aurons de la route à faire demain.
Katara ferma les yeux mais ne parvint pas à s'endormir. Zuko s'était allongé près du feu remuait sans cesse. Elle le vit se relever et s'approcher de sa mère, lui chuchoter quelque chose à l'oreille. Ursa se réveilla et lui sourit, puis elle murmura en désignant Katara du regard- cette dernière fit semblant de grogner dans son sommeil et se retourna. Elle les entendit discuter mais aucun son distinct ne parvint à ses oreilles. Elle finit par tomber de fatigue.
Au petit matin, elle fut réveillée par la main de Zuko sur son épaule. Ça changeait des réveils made in Toph qui faisait trembler tout le monastère en hurlant « debout bande de paresseux ! ». Elle s'assit et lui sourit. Il avait l'air épuisé. Avait-il dormi ? Katara regarda autour d'elle et se rappela leur virée de la veille. Il étaient au milieu d'une clairière, dans une forêt, quelque part dans la Nation du feu- et encore, rien n'était moins sur. Elle remarqua qu'Ursa n'était plus là.
- Où est… ?
- Partie rejoindre mon oncle. Elle a ses propres contacts avec le Lotus Blanc et elle pense que mon oncle a fait appel à eux aussi pour s'évader. Elle dit que c'est mieux qu'on voyage séparément et qu'on agisse chacun de son côté…
- Tu veux partir seul ? s'inquiéta Katara
Il regarda les grands yeux paniqués. Bien sur que non, il n'allait pas la laisser seule ! Elle était épuisée de son combat de la veille et, de jour, c'était à lui de la protéger.
- Non, on reste ensemble. Je ne t'abandonne pas, pour qui tu me prends ?
Il lui expliqua qu'il était sur qu'ils étaient sur le sol de la Nation du feu grâce à certains arbres typiques et à certaines fleurs particulières.
- Qui eût cru que mes royales leçons de géographie se révèleraient utiles un jour !
Katara rit. Il lui dit que selon ses suppositions, ils devaient être à l'ouest du village où ils avaient été arrêtés mais qu'ils ne pouvaient y retourner.
- On est repérés là-bas. Maman va marcher vers le sud, elle pense rejoindre un village qu'elle connaît et d'où elle pourra contacter mon oncle. Nous devrions marcher vers l'est jusqu'à la mer et là on devrait- logiquement- trouver un petit village de pêcheurs.
Katara approuva ce plan et ils se mirent en route.
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Il marchèrent longtemps en silence. Katara sentait à quel point Zuko était déçu que sa mère ne les ait pas accompagnés. Son apparition avait été si brève ! elle doutait de ne pas l'avoir rêvée. Et elle donnerait tout pour retrouver sa propre mère ne serait-ce qu'une heure. Tout ? en es-tu sure ?
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Il sortirent de la forêt en milieu de matinée. Ils atteignirent une route pavée bordée d'arbres qui longeait une rivière. « Retour à la civilisation » souffla Zuko mais Katara se précipitait déjà vers le cours d'eau.
- Ma propre odeur m'insupporte, dit-elle. Vérifie que personne n'arrive !
Il comprit ce qu'elle avait l'intention de faire et se retourna, rouge de confusion.
- Heu okay, je vais faire le guet ! cria-t-il. Je m'éloigne ! Ne t'en fais pas !
Il entendit le rire de Katara et des bruits de plongeon et d'éclabousssures. Il essaya de se concentrer sur l'endroit où ils pouvaient bien se trouver. À sa gauche, la route partait vers les volcans entourés de forêts « c'est de là qu'on vient » et à sa droite, les pavés traçaient une ligne blanche à travers champs. C'est de ce côté qu'ils iraient. Il regarda à nouveau à sa gauche et remarqua une caravane qui approchait.
- Katara, y a pas mal de monde qui arrive ! Qu'est-ce que je fais ?
- Retiens-les, je fais au plus vite !
Il marcha donc à leur rencontre. Il y avait six roulottes couvertes de toiles colorées, tirées par des coq-ânes ou des cheveautruches harnachés de pompons et de grelots. Les hommes étaient aussi colorés et étincellants que les bêtes.
- Bien le bonjour, jeune voyageur, lança l'un d'eux.
Il portait un chapeau ridicule, complètement tordu. À côté de lui sa femme, toute de jaune vêtue, salua Zuko avec un grand sourire. Ce dernier répondit poliment et se demanda ce qu'il pourrait bien faire pour les ralentir.
- Où allez-vous ? demanda-t-il
- Nous pensons rejoindre Kand-Tyeh d'ici ce soir, répondit la femme en sécouant sa chevelure pleine de perles et de fleurs. C'est une petite ville portuaire. Et vous, vers quelle merveille cheminez-vous ?
- Nous aimerions atteindre la côte également.
- Oh ce serait merveilleux de voyager ensemble ! dit-elle en applaudissant.
- Nous sommes marchands et saltimbanques, expliqua l'homme. Nous aimons faire de nouvelles rencontres et je suis sur que votre compagnie sera des plus sympathiques.
- Heu c'est gentil mais je ne sais pas si…
À ce moment, Katara apparut, fraiche comme une rose après sa petite baignade. Elle salua le couple de marchands qui eut un sourire entendu. L'homme ôta son chapeau pour la saluer et dit
- Nous proposions à votre ami de nous accompagner jusqu'à Kand-Tyeh. C'est plus agréable de faire route avec des inconnus, on découvre de nouvelles choses.
- Oh, on ne voudrait pas vous créer d'ennui… dit Katara.
- Seriez-vous poursuivis ? demanda un troisème marchand, très gros, qui était descendu de sa roulotte.
- Non ! dirent Katara et Zuko d'une même voix.
- Ne vous en faites pas, les jeunes, on sait ce que c'est !
Et devant leur regard interrogateur, la femme ajouta, avec un clin d'œil complice :
- Vous avez décidé de vous marier sans l'accord de vos parents, n'est-ce pas ? C'est si romantique !
- Oh oui, c'est formidable !
Sautant sur l'occasion de ne pas avoir à se justifier, Katara acquiéça
- Oui, c'est ça. Mais les parents de mon fiancé sont assez riches alors ils ont payés des mercenaires pour nous trouver. On ne voudrait pas qu'ils vous agressent.
- Ces chasseurs de prime ne voient que leur profit ! Ils me dégoutent ! s'emporta le premier marchand.
- Soyez les bienvenus dans notre caravane, nous vous escorterons coûte que coûte jusqu'à la mer, ajouta le troisième, approuvé par la femme.
Sur ce il fit une pirouette pour regagner son chariot et il ressembla étrangement à une toupie.
La femme et son mari se présentèrent, ils s'appelaient Shua et Leng. Le troisième se nommait Gwandoo. Ils firent grimper Katara et Zuko à l'arrière d'une autre roulotte à la bâche orange et se remirent en route.
La roulotte bringuebalait sans arrêt sur la route pavée, et les deux adolescents rebondissaient sur le plancher, serrés entre les marchandises.
- Une idée prodigieuse, grogna Zuko.
- On va gagner du temps et on sera moins visibles, rétorqua Katara. De quoi crois-tu que nous avons l'air avec nos vêtements sales et déchirés ? Nous sommes fugitifs, on ne fait que mentir sur les causes.
- Tu avais vraiment besoin de leur raconter qu'on était fiancé ?
- Tu dis ça comme si cétait inconcevable !
Elle semblait vexée. Il se radoucit.
- Bon, c'était peut-être pas le mensonge le plus crédible mais ça a marché. Espérons que ça tienne jusqu'à Kand-Tyeh.
- Je ne vois aucun risque, ces gens sont très sympathiques et ils n'ont pas l'air d'une nature méfiante.
- Arrête, ça se voit qu'on est pas un couple ! Au prochain arrêt, il le remarqueront et ils nous planteront sur le bord de la route- si ils ne nous dénoncent pas à la milice.
- Tu t'inquiètes trop. Il ne peut rien nous arriver de mal avec ces marchands. Ils me rappèlent les musiciens avec qui nous avions traversé la grotte des Amou… Elle
s'interrompit et rougit bizarrement.
- La quoi ?
- La grotte d'Oma et Shu… Après ça, on a rencontré ta sœur et ses accolytes.
Elle essayait de changer de sujet, elle ne voulait pas parler de ça, et encore moins à Zuko qu'à quiconque d'autre. Elle ne savait toujours pas quoi en penser et elle chassait cette idée de son esprit avec vigueur.
- Oui le père de Mai était gouverneur à Omashu… mais moi je veux en savoir plus sur la grotte. Je pensais que c'était une légende.
- Non elle existe réellement et c'est un véritable labirynthe à cause des taupes géantes qui creusent sans arrêt de nouvelles cavernes, dit Katara précipitamment.
- Et comment vous vous en êtes sortis ?
Pourquoi insistait-il comme ça ? Que voulait-il savoir ?
- On a laissé l'amour nous guider, murmura-t-elle.
Un peu décontenancé par l'air confu de la jeune fille, il répliqua
- Mouais, Sokka aura surement une explication plus pragmatique.
Un peu plus tard, l'un des marchand claironna
- Pause !
Et tous descendirent de leur roulotte. Certains s'assirent en cercle dans une prairie en retrait de la route, d'autres amenèrent les animaux au bord de la rivière pour qu'ils s'abreuvent.
- Allez, les amoureux, on descend ! Ce n'est pas bon de rester assis trop longtemps, venez donc prendre l'air et partager notre repas !
Ils réalisèrent qu'il étaient affamés en sentant l'odeur des plats de riz et de salade que les marchands se passaient. Ils mangèrent avec appêtit.
- Ah ça fait plaisir à voir deux jeunes gens en pleine santé fuyant les conventions sociales pour vivre leur amour ! s'extasiait Shua en secouant sa tête fleurie.
Les autres marchands les regardèrent avec une lueur d'affection dans le regard. Chacun y allait de son commentaire « c'est merveilleux ! » « quel courage » « vous êtes chamants tous les deux » « un baiser ! » « comme c'est romantiiiiique ! »
- Merci beaucoup pour votre accueil, répondit Zuko très solennel.
Certaines femme louchaient sur eux, attendant probablement qu'ils s'embrassent. Il ajouta :
- Si nous avons rejeté le choix que nos familles avaient fait pour nous, nous n'avons pas rejeté notre culture et nous désirons tout deux rester très chastes jusqu'au mariage. Je veux respecter la décision de ma fiancée.
- Hé bien mon garçon, t'es bien brave ! J'en connais qui se seraient pas privé, si tu vois c'que je veux dire ! dit un marchand édenté et apparemment ivre.
Zuko grimaça. Katara enfonça sa tête dans ses épaules.
- Vous allez vous marier ? c'est fantastique, nous proposons justement toutes sortes de robes très élégantes ! dit une femme. Zuko songea « Celle-là, elle ne perd pas le nord ! »
- Oh ce serait avec joie, répondit Katara, mais nous n'avons pas beaucoup d'argent et nous devons encore prendre la bâteau et…
- Mais si, fais-toi plaisir, mon cœur, la coupa Zuko en lui tendant une lourde bourse.
Comme elle lui lançait un regard intrigué en la prennant, il souffla « Ces idiots de chasseurs de prime ne m'ont pas fouillé à fond- l'argent était caché dans mes bottes. »
- Erk ! grimaça-t-elle en riant avant d'ajouter : Merci, mon lapingourou.
- Oh c'est si charmant ! s'exclama Shua.
Les marchands remballaient leurs affaires pour reprendre la route et Katara n'avait toujours pas réapparut. Zuko s'inquiétait. Avaient-ils eu tort de faire confiance à ces marchands ? Il la cherchait des yeux mais les autres étaient nombreux. Il y eut une rumeur joyeuse et des acclamations et Katara, radieuse, apparut dans une longue robe turquoize.
Il l'aida à grimper à l'arrière de la roulotte et l'y rejoignit. Les marchands regagnèrent les leurs et la caravane s'ébranla.
Katara se sentait comme une princesse
- Qu'est-ce que tu en penses ?
- Je m'attendais au pire, vu les couleurs de leurs vêtements…
- J'ai pris deux capes et une tunique pour toi, puisque la tienne est déchirée.
- Pas turquoize, j'espère.
- Non, jaune raton-canari.
Il grimaça et elle lui en tendit une rouge et or en riant aux éclats.
- C'est ta couleur, dit-elle.
Il sourit et enleva sa tunique pour enfiler la nouvelle, mais réalisa qu'il ne s'était pas lavé. Il grimaça et Katara comprit. Elle lui passa sa gourde pleine d'eau et se cacha les yeux en riant. « Ne t'en fais pas ! Je regarde pas ! Je te préviens si quelqu'un arrive. » fit-elle en l'imitant.
- Hilarant… grogna-t-il
- Je trouve aussi !
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À la tombée de la nuit, la caravane s'arrêta le long du chemin. Gwandoo vint les avertir qu'ils ne reprendraient la route que le lendemain mais qu'ils voulait bien leur prêter un coq-âne s'ils tenaient absolument à avancer- ils n'auraient qu'à le confier à un dénommé Petzo, à Kand-Tyeh. Zuko interrogea Katara du regard. Elle semblait dubitative.
Le gros visage du marchand se fendit d'un sourire large et il dit :
- On veut laisser à la princesse le temps de se décider ? Venez me voir quand vous saurez ce qui vous convient le mieux. Aah ça ne doit pas être gai tous les jours d'être en fuite. Nous on vit sur les routes, c'est pas pareil, on ne cherche pas à se poser. C'est comme les oiseaux, y a des oiseaux voyageurs et d'autres qui…
Il réalisa que le jeune « couple » avait besoin d'intimité pour discuter. Il prit congé avec une révérence ridicule devant Katara.
- Tu crois qu'il m'a reconnu ? chuchota Zuko
- Bien sur que non, c'est moi qu'il saluait, Ta majesté !
- Qu'est-ce qu'on fait ?
- Si tu crois qu'on peut encore jouer les couples une demi-journée, on a tout à gagner à continuer avec la caravane. Sinon, on prend l'âne. Voilà, c'est ça, c'est l'âne ou moi.
Il réfléchit un instant
- On ne peut plus perdre de temps, finit-il par dire.
- D'accord. Vas voir Gwandoo et moi je vais voir Leng pour leur racheter des vivres pour la route.
Quelques minutes plus tard, ils quittaient la caravane, Katara assise sur le dos du coq-âne et Zuko tirant la bride. Les marchands les saluèrent chaleureusement et leur offrirent de quoi manger pour au moins une semaine, malgré leurs protestations. Shua pleurait à chaudes larmes tandis que Leng lui tapotait l'épaule en disant « Sont bien mignons ces petits jeunes… » Ils disparurent à l'horizon, comme avaient disparu les silhouettes des volcans et les cîmes des arbres. Katara sentait déjà la mer et ses embruns, droit devant…
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- Monte !
- C'est inutile, je ne suis pas fatigué.
- Si tu ne montes pas, je descends !
Katara n'aimait pas qu'il se fatigue pour deux. Elle ne voulait pas être traitée comme une poupée de porcelaine. Mais Zuko semblait vouloir se sacrifier, marcher à côté de l'âne tandis qu'elle serait assise dessus comme une reine. Elle mit pied à terre.
- Comme ça, on ne fatigue pas la bête, dit-elle.
Il leva les yeux au ciel. Cette fille avait vraiment un fichu caractère !
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La nuit était entièrement tombée. Katara trébuchait de fatigue et Zuko dut la rattraper par la manche à plusieurs reprises. Il s'arrêta.
- Tu vas encore chicaner longtemps ou tu te décides à monter sur cet âne ?!
- Pas si tu ne montes pas, bailla-t-elle.
- Ça va, t'as gagné. Mais on va l'épuiser ce coq-âne, à deux dessus…
- C'est toi qui chicane ! je ne monte pa-aah !
Il l'attrapa par la taille pour la faire monter, puis il grimpa derrière elle.
- Attention, accroche-toi à la selle, conseilla-t-il avant de faire claquer sa langue.
À ce son, l'âne s'ébroua. Zuko tenait les rennes, ses bras entourant Katara qui, à peine assise, piqua du nez et s'endormit, appuyée sur son épaule. Ils avançaient, bercé par la lente marche du coq-âne et le bruit sourd et régulier des fers sur les pavés.
- Je t'aime bien quand tu dors…
Alalaaa ils sont pas mignons? J'attends la suite! Et j'attends vos reviews!
Oh, voilà la suite! --
