Titre :

Love me tonight

Pairing : SB/OC

Note de l'auteur :

Bonjour à tous. Voilà le troisième chapitre, qui j'espère vous plaira.

J'ai aussi une nouvelle à vous annoncer : je pense arrêter de publier sur ce site. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que la mise en page est chaotique depuis quelques semaines. Les commandes ne répondent pas comme il le faudrait (genre je veux dé-souligner une phrase, il me souligne toute ma page, et impossible de revenir en arrière sans effacer la moitié de mon texte, bref, une vraie galère). Donc, si je vois qu'au prochain chapitre, j'ai autant de problèmes, je vous dirigerai vers un autre site où vous pourrez continuer à lire. Pour cela, il vous faudra me laisser une adresse où vous joindre (pour ceux qui ne sont pas inscrit sur ffnet) au cas où l'adresse ne passera pas quand je l'intégrerai à ma note d'auteur.

En attendant, veuillez m'excuser pour les apostrophes, les "oe" et les quelques espaces ou lettres qui manquent par endroits et que je n'ai pas le courage de mettre une troisième fois. Si mon agacement s'est dissipé d'ici là, je reviendrai les mettre dans la semaine.

Bonne lecture à tous (enfin presque) !


Chapitre 3 : Une nouvelle alimentation 

- Cest . . . Euh . . .

- Vas-y, dis-le. Je ne mords pas.

- Ah bon ? Ce nest pourtant pas ce que javais compris.

Jassassine Camille du regard. Nous sommes dans notre dortoir, seules. Les cours de la journée sont terminés et je nai pas bougé de cette pièce depuis mon retour. Camille my a rejointe directement après ses quatre heures de potions, passant à lorigine au dortoir pour poser son sac, et ne sattendant pas à me trouver, debout, sur la pointe des pieds, marchant sur mon pied de lit avec une souplesse et une agilité surhumaine. Le cri de surprise quelle avait poussé mavait désarçonné et jtais tombé au sol, me rattrapant du bout des doigts avant de me projeter plus loin dune simple pression et de retomber sur mes pieds. Sa bouche grande ouverte, ses yeux exorbités, et son sac quelle avait laissé tomber par terre bruyamment mavait alors fait prendre conscience que, non, les humains ne font pas des trucs comme ça.

- Alors ? Insistai-je.

- Eh bien, cest assez surprenant, tu en conviens, mais . . . En fait, puisque tu ne te nourris pas de sang humain, il ny a pas de danger ! Nest-ce pas ?

Jy ai pensé toute laprès-midi. Dans les faits que lon mavait rapportés, les vampires de la Caste ne sont pas censés mordre les humains. Et pourtant, cest bien à cause de lun dentre eux que je me suis retrouvé transformé. Alors . . . Que sest-il passé, avec ce vampire-là ? Pourquoi ma-t-il mordu, puis transformé en lun de siens avant de mabandonner ?

- Non, aucun danger, certifié-je. Linfirmière et le directeur me lont promis et je ne pense pas quils prendraient le risque de mettre les élèves en danger.

Camille affiche alors un sourire rassurant et me tend les bras. Je ne bouge pas. Elle fait la moue.

- Je nai pas le droit à un câlin ? Fait-elle semblant de bouder.

- Ce nest pas parce que je nai pas envie de te mordre que ça ne peut pas arriver. Loin de moi lidée de me risquer à une telle tentation.

Camille, attristée, laisse retomber ses bras.

- Tu nas pas envie de me mordre ? Pourquoi ?

Je perçois des accents de vexation dans sa voix et un froncement de ses sourcils.

- Camille, ne me dis pas que tu es vexée de penser que ton sang ne mattire pas ?

Elle grimace et se trémousse, gênée. Lodeur de son sang sintensifie, emplissant mes narines. Son effluve est doux et réconfortant, comme un chocolat chaud. Mais, comme pour les autres, cela nait pas assez fort pour me donner envie de my abreuver. Qua donc de plus le sang animal pour être si délectable à mon odorat ?

- Bah, si un peu en fait.

Je lève les yeux au ciel.

- Je te lai expliqué, la Caste est comme ça, je ny peux rien. Nous sommes des vampires différents de ceux dont nous avons entendus parler jusque là.

- Nous sommes ? Relève-t-elle avec étonnement.

Je baisse les yeux. Je me suis rapidement adapté à lidée de ce que jtais à présent, un vampire. Il le fallait de toute manière. Qui sait ce que le déni pourrait causer comme incidents.

- Et, le changement est vraiment voyant ? Demandé-je, soucieuse de ne pas la laisser me porter sur le terrain de mon acclimatation rapide à ma nouvelle condition.

Camille fronce des sourcils et me scrute.

- Oui . . . Et non. Tu es toujours pareil, la même, seulement tu as cette espèce de . . . De truc en plus qui fait quon te remarque. Surtout si tu tamuses à faire des cabrioles dignes dun chat sur le mobilier !

Je soupire.

- Je suis désolée, mexcusai-je au moins pour la quinzième fois, je ne savais pas que tu rentrerais à ce moment-là. Et je ne faisais quapprivoiser mon nouveau corps. Je te signale que ce nest plus pareil pour moi !

Je mets mes mains en avant et mamuse à serrer et desserrer les poings. Je sens que mes muscles sont plus robustes, ma force est tout autre. Jai limpression que je pourrais faire voler un mur en éclat dun simple coup de poing.

- Comment tu vas faire pour les repas ? Sinquiète alors Camille. Tabreuver de sang le matin, cest bien beau, mais si tu te souviens, les humains ont trois repas par jour et tu te dois dtre présente à notre table autrement les autres vont sinterroger.

- Je . . .

Je nen sais rien, en fait. Je ny ai pas pensé et on ne men a pas parlé.

- En parlant de repas, cest lheure du dîner ! Sexclame Camille en sautant à bas de mon lit. Allons casser la croûte !

- Cam.

Mon amie sarrête au milieu de la chambre, se retourne, interrogative. Ce nest pas tous les jours que je lappelle par son surnom.

- Je comprendrais que ce ne soit pas facile daccepter ma transformation, dis-je. Nais pas à cacher ce que tu ressens pour me ménager. Après tout, je ne suis plus la petite Amandine Dawn que tu as connue, humaine maladroite et timide. Je suis un vampire, et jignore encore les changements que cela a fait en moi, en dehors de mon régime alimentaire et de ma souplesse.

Une ombre passe dans le regard de Camille. Elle soupire, ferme les yeux et se pince larrête du nez.

- Ecoute, je . . . Pour linstant, je préfère continuer à te considérer comme la Mandy que je connais, daccord ? Je vais me faire à lidée du changement, mais laisse moi le temps.

- Ok. Ainsi, ça mobligera à contenir mes instincts de vampire.

Elle rouvre les yeux, inquiète.

- Des instincts ?

- Oui, jai lenvie perpétuelle de pousser mon corps à la limite de ses capacités. Cest assez dérangeant.

Elle me lance un regard exaspéré.

- Ne me refais jamais une peur pareille ! Sexclame-t-elle. Jai cru que tallais me dire que tu pouvais boulotter nimporte qui dans ce château selon tes humeurs.

- Camille, je viens de te dire que je me nourrissais exclusivement de sang animal. Il y a un terme que tu nas pas compris dans cette phrase ?

- Ok, ok, excuse-moi, fait-elle, apaisante, en levant les mains. Mais laisses moi le temps de . . .

- Ty habituer, je sais, terminé-je à sa place en la rejoignant. Alors, on va dîner ou pas ?

Quelques minutes plus tard, nous sommes non loin de la Grande Salle et mon ouïe mapporte déjà le bruit des couverts et des bavardages comme si jy étais. Je nose imaginer ce que cela donnera une fois que jy serais réellement. Je grimace. Jignore si je suis capable de museler mes nouveaux dons et de pouvoir récupérer des sens à volume humai. Mais si cest le cas, ce serait magnifique.

Nous y sommes. Je jette un il dans la Grande Salle et, instantanément, je vois chaque personne. Si javais aussi leurs noms, je connaitrais tous les élèves de Poudlard. Un pied dans la pièce, et ce sont les odeurs mélangés des sangs de tous qui me parviennent en un maelstrom malodorant. Cest donc, le nez froncé par le mélange des odeurs et le front plissé par le bruit assourdissant qui règne, que je suis Camille et minstalle à la table. Immédiatement, elle se sert en nourriture. Je fais de même, sans grand entrain. Lodeur de la nourriture est masquée par celle de lhémoglobine, mais je sais déjà que je ne pourrais rien avaler.

- Hey Dawn ! Tes sortie de linfirmerie ?

Je me tourne vers la personne qui minterpelle. Jessie Crow. Elle arbore un sourire méchamment amusé et je sens quelle va rajouter quelque chose qui ne va pas me plaire.

- Quest-ce quil tait arrivé ? Tu tes évanouie en tombant nez à nez avec un Véracrasse ?

Ses amies éclatent de rire. Je serre les dents. En face de moi, je vois les lèvres de Camille dessiner une grimace colérique et sa main serrer fortement sa fourchette. Je la vois ouvrir la bouche pour répliquer vertement mais je larrête avant quelle ait pu prononcer un seul mot :

- Laisse tomber, elle nen vaut pas la peine.

Camille se renfrogne, entame son repas en senfermant dans un silence boudeur. De mon côté, je trifouille du bout de la fourchette mon ragoût de buf. Je naime déjà pas ça à lorigine, mais là cest encore pire. Jessaye quand même den avaler une bouchée, histoire de. Laliment pénètre dans ma bouche et je retiens une grimace de dégoût. Cest franchement fade à côté de ce que jai bu le matin même. Et dire que je vais devoir faire semblant pendant les six mois qui me restent à passer dans cette école. Espérons quensuite, je puisse me trouver un coin pénard où je naurais pas besoin de me cacher.

- En y réfléchissant bien, cest de sa faute.

Surprise, je relève la tête et interroge Camille du regard.

- Quest-ce qui est la faute de qui ? Demandé-je.

- Crow ! Sexclame-t-elle. Cest de sa faute si tu es . . . Dans cet état. Si elle navait pas raconté ces bobards aux maraudeurs, tu ne te serais pas énervé, tu ne laurais pas envoyé dans le lac et tu naurais pas été en retenue. Donc, cest de sa faute.

Je lève les yeux au ciel.

- On peut aussi dire que cest de ma faute. Je navais qu être plus prudente dans la forêt, ou je navais pas à agresser une camarade, quelle quen soit la raison.

Camille réfléchit.

- Non, cest de sa faute, fait-elle ensuite. Et, je me suis renseigné sur le pourquoi quelle avait été dire ça aux autres, ajoute-t-elle, éveillant ma curiosité. Et cest une raison totalement débile.

- Ah bon ? Laquelle ?

- Tu te souviens, on a été à la bibliothèque lundi soir après les cours ?

Jacquiesce dun mouvement de tête.

- Eh bien figure-toi que Crow faisait partie des filles qui avait accompagné les maraudeurs et quelle était encore là quand Black est venu nous réclamer le bouquin. Cette cruche a cru que tessayais de le draguer !

Heureusement que je nai rien dans la bouche, jaurais pu le recracher.

- Draguer Black ? Moi ?

Camille hoche la tête. Et nous partons toutes deux dans un grand éclat de rire. Je nai jamais rien entendu de plus stupide !

O0o0O

Je tourne à nouveau dans mon lit. Les draps se resserrent contre mon corps et je soupire. Il est près dune heure du matin et mes colocataires son endormies depuis déjà de nombreuses heures. Jessaye de trouver le sommeil par tout les moyens, mais il ny a rien à y faire : Morphée me fuit comme la peste. Si arrivé à cette heure-là, je nai même pas un clignement de paupière fatigué, ce nest peut-être pas la peine que je mternise dans mon lit. Je repousse donc mes couvertures et descends du baldaquin, silencieusement pour ne pas réveiller les filles. Jenfile un jean sous le tee-shirt ample que je mets pour dormir, et quitte le dortoir.

La salle commune est vide. Je minstalle dans un fauteuil près dune fenêtre et laisse mon regard vagabonder sur le parc faiblement éclairé par un croissant de lune. Je pense comprendre pourquoi je narrive pas à dormir. Les vampires sont des créatures de la nuit, non ? Alors, je devrais plutôt passer ce temps là à vagabonder dans le château et dans le parc, au lieu de rester au fond de mon lit. Dois-je donc passer mes journées à dormir ? Cest incompatible avec une scolarité, et pourtant le professeur Dumbledore ma assuré quil ny aurait aucuns problèmes à ce niveau-là. Je ne comprends pas. Jespère que le cours de Défense Contre les Forces du Mal daujourdhui pourra mclairer.

Une chouette hulule au loin, dans la forêt. Le feu craque dans la cheminée. Il est encore vif, malgré lheure tardive, mais il ne me réchauffe pas. Je nai même pas le souvenir depuis mon réveil à linfirmerie, davoir eu chaud ou froid. Je suis comme anesthésié. Je ne ressens plus les changements de températures. Et la douleur ? Est-ce que je la sens encore ? Curieuse, je regarde mes bras dénudés et mes ongles coupants. Pour répondre à cette question, aurais-je le courage nécessaire pour me taillader la peau ? Je serre les dents, prends une profonde inspiration. Allons, un peu de courage. Que je prenne celui qui ma fait défaut dans la Forêt Interdite et qui a permis à ce vampire de me mordre.

Japproche lentement un doigt tendu vers mon avant-bras posé sur ma cuisse. Je frôle ma peau du bout de longle. Appuie plus fortement. Plus encore. Et encore. Une légère douleur me transperce quand mon ongle déchire ma peau. Une unique goutte de sang perle. Puis la blessure se referme, comme si de rien ntait. De mes yeux exorbités, je contemple à présent la surface lisse et nette de mon bras. Jai senti que ma chair était résistante, bien plus quavant. Seul un vampire à présent, pourrait me faire du mal, jen suis intimement convaincue. Et cette expérience me pousse à vouloir essayer autre chose. Car il faut que japprivoise ma nouvelle nature avant quun incident fâcheux survienne, dû à mon ignorance.

Je jette un coup dil par la fenêtre. La forêt est sombre, personne ne sy aventure la nuit, sauf en cas de retenue. Ce qui ne doit pas être le cas, depuis ce quil mest arrivé. Mon agresseur y est peut-être encore ? Si cest le cas, je pourrais lui demander la raison de son geste . . . Electrisée par cette idée, je saute à bas du fauteuil et me rue sur la sortie de la salle commune. Dehors, je cours comme jamais dans les couloirs, attentive au moindre son qui trahirait la présence de quelquun. Il ne me faut que quelques minutes pour sortir dans le parc, bien moins de temps que dhabitude. Cest hallucinant. Au dehors, lodeur de la nature envahit mon odorat et je me sens revivre. A présent, la forêt mappelle, silencieusement. Je me dirige vers elle à pas mesuré, savourant la nuit étoilée.

Je dépasse les premiers arbres de la forêt, menfonce plus profondément entre les bosquets. Le silence règne dans les bois, aucun animal ne signale sa présence. Je devine que cest moi qui suis à lorigine de cette absence de vie nocturne. Je suis un prédateur me nourrissant de leur sang, je leur fais peur. Aucun deux naura la bêtise cette nuit de sortir de sa tanière. Je menfonce encore parmi les arbres et lobscurité me recouvre entièrement. Cela ne me dérange pas, ma vue sadapte et je vois presque comme en plein jour. Assez déstabilisant. Je circule facilement, évitant avec aisance et célérité les défauts du sol et les racines qui pourraient me faire trébucher. Lherbe crisse délicatement sous mes pas, le fond froid de ce mois de janvier ne me fait aucun effet. Le souffle léger du vent joue avec mes cheveux et les odeurs qui saturent lair envahissent mes sens. Mon estomac se tord, ma gorge se serre. Je reconnais là les effets de la faim - ou de la soif. Ma dernière - et première - ration remonte au matin-même. Mon nouveau corps réclame sa pitance.

Soudain, je me fige. Jai entendu du bruit, un animal circule non loin de moi. Lui aussi sest figé, mais de peur. Son sang est gorgé dune nouvelle odeur, celle de ladrénaline. Ca mattire, mexcite. Mon ventre me tiraille, mon être me crie de sauter sur cette proie. Je laisse libre cours à cette envie. Lanimal na pas le temps de me voir arriver. Je lui saute dessus sauvagement et plonge ma tête dans son garrot. Jouvre la bouche, mes lèvres éraflent la fourrure et mes dents transpercent la chair et la carotide. Un liquide épais et chaud envahit ma bouche, allumant un brasier dans mon corps. Je suce goulument ce nectar de vie. Dans mes mains, lanimal qui stait débattu vainement, se tend et se fige. Son sang continue à couler à flots dans ma gorge. Mais en quelques secondes, il est déjà vide. Je me redresse, passe une main sur mes lèvres. Elle est poisseuse de sang. Je jette un coup dil sur mon tee-shirt. Il est loin dtre blanc à présent. Puis, mon regard se pose sur ma victime. Cest un lièvre. Les deux billes rondes de ses yeux me fixent avec effroi, morts. Je fixe son regard. Devrais-je me sentir coupable ? Je ne pense pas. A près tout, je nai jamais culpabilisé devant une cuisse de lapin dans mon assiette.

Je me redresse. Ma faim est calmée, mais pas totalement. Je nen ai pas eu assez. Il men faut plus. Je ferme les yeux, hume lair saturé dodeurs animales. Je sais à présent à quoi je vais passer mes nuits. Lexcitation emplie mon corps rien quen y pensant. La chasse. La chasse sera dès à présent lactivité de toutes mes nuits dinsomnies. Cest un nouveau jeu que je découvre. Et déjà, il me plait.

Plus loin, une nouvelle odeur. Elle mest parvenue par un souffle dair. Lanimal est plus gros, son sang différent. Il me rappelle celui de ce matin. Cest le même. Je cours, me faufile entre les arbres, le vent sifflant à mes oreilles. Je lève une main, attrape une branche basse et my hisse dun geste fluide. Mes deux pieds atterrissent sur cette même branche, mon corps en parfaite équilibre. Je lance un regard exalté sur ma propre personne. Je commence à ne plus regretter la nouvelle personne que je suis, ma transformation en vampire. Tout ça est si excitant, plus que tout ce que jai vécu jusqu aujourdhui. Même mon cur semble plus vivant. Il bat plus vite, plus fort. Mon sang bout dans mes veines. Mais je noublie pas mon objectif. Je saute, me rattrape à une branche dun autre arbre et me jette plus loin, atterrissant à terre, accroupie. La proie nest plus très loin. Je me remets à courir, plus lentement, plus silencieusement. Ma proie ne doit pas mentendre. Pas comme moi. Les battements accélérés de son petit cur me parviennent, son odeur est plus présente. Je la vois, penchée sur une petite mare deau, sabreuvant. Cest un renard au poil éclatant. Je prends quelques secondes pour admirer lanimal puis, sa tête se redressant, la peur semparant de son corps frêle, je me jette sur lui. Une sorte de feulement mchappe, excitée comme jamais. Le renard na pas le temps de schapper, à peine celui de comprendre. Mes crocs ont déjà transpercé la chair de son cou, le sang scoule dans ma bouche. Je bois avec avidité, le vide. Puis, une fois fait, le laisse tomber à terre. Je me relève.

A présent, je suis repu, je le sais. De nouvelles odeurs me parviennent, mais plus aucune envie de my abreuver. La chasse est terminée. Je peux passer ma nuit à autre chose maintenant. Je jette un il aux arbres. Ce que jai fait tout à lheure était exceptionnel. Lenvie de recommencer me tiraille. Je souris légèrement. Pourquoi me priver ?

O0o0O

Il est sept heures du matin. Quelques élèves, des lève-tôt, sont déjà en route pour la Grande Salle où le petit-déjeuner commence tout juste à être servi. Les rares que je croise me regardent avec étonnement. Normal, je ne vais pas dans la bonne direction. Mon objectif de ce matin est linfirmerie où mattend si tout se passe bien, un bol de sang bien chaud. Nourriture dont je nai pas besoin. Je vais aussi là-bas pour informer Mme Pomfresh que je pourrais me nourrir par moi-même.

Je pousse la porte de bois. Les lits séparés par des rideaux blancs sont tous vides. Le bureau de linfirmière, placé devant larmoire vitrée est lui aussi vide. Où est donc Mme Pomfresh ? Je dilate mes narines, me concentrant sur le parfum de son sang. Et je la repère à ça. Elle est dans la petite chambre au fond de linfirmerie, là où je me suis réveillé. Javance et marrête sur le pas de la porte. Mme Pomfresh est là, en train de remplir un bol de sang épais. Lodeur de mon repas me monte au nez mais ne mattire en rien.

- Mme Pomfresh ?

Elle sursaute, laisse échapper un petit cri et lâche sa bouteille qui vient scraser au sol. Le sang se répand, nous éclaboussant toutes les deux. Cest malin, moi qui venait de me changer. Mme Pomfresh soupire, sors sa baguette et nettoie rapidement le tout.

- Vous mavez fait peur, miss Dawn, précise-t-elle inutilement en ramassant sa bouteille, dorénavant vide. Cela vous coutera malheureusement le tiers de votre repas.

Elle pose la bouteille près du récipient. Je mapproche delle.

- Je suis navrée Mme Pomfresh, mais je naurais pas besoin de ce sang. Jai déjà bu.

Mme Pomfresh se fige. Son regard apeuré se fixe sur moi.

- Quoi ? Croasse-t-elle.

- Je nai mordu personne, mempressé-je de la rassurer. Je . . . Je . . .

Jhésite. Puis-je réellement lui dire que jai passé la nuit dans le parc ? Après tout, il est interdit de se trouver hors de son lit la nuit. Et que je sois maintenant un vampire ne doit rien changé à cela. Mais je ne me sens pas non plus la force de faire semblant de rien et de boire tout ce quelle ma préparé. Jignore si les vampires sont capables de vomir, mais je crois que je pourrais aisément y arriver dans ce cas.

- Je suis sortie, cette nuit, avoué-je. Jai chassé dans la forêt. Et je pense recommencer. Toutes les nuits.

Mme Pomfresh soupire, se pince larrête du nez.

- Les sorties nocturnes sont interdites, vous le savez ?

- Oui, mais, je narrivais pas à dormir et, passer une heure du matin, jen avais vraiment assez de tourner en rond dans mon lit. Ctait une envie que je nai pas réussi à réfréner.

La femme serre les lèvres et empoigne le bol de sang.

- Vous nen voulez pas donc ?

- Non, mais merci dy avoir pensé.

Elle hoche de la tête sèchement. Je crois que je lai vexé.

- Bien, fait-elle en quittant la pièce, mais je garderais quand même toujours ici une ration pour vous. Sait-on jamais.

Je fais une grimace daccord quelle ne voit pas et la suis dans linfirmerie. En passant devant elle, je la vois transvaser le sang dans la bouteille et lui souhaite une bonne journée. Elle ne me répond pas. Je quitte la pièce. Il me faut ensuite une dizaine de minutes, pendant lesquels je nettoie dun coup de baguette mon uniforme tâché de sang, pour rejoindre la Grande Salle, où Camille et Fred mattendent à la table des Serdaigle.

- Bonjour ! Maccueille Fred avec entrain. Comment vas-tu ce matin ?

- Bien, réponds-je en me servant un verre de jus de cerise (au moins, la couleur me rappelle-t-elle celle du sang). Je ne te renverrais pas la question, tu mas lair de péter la forme.

Fred madresse un grand sourire et passe un bras autour des épaules de Camille. Cette dernière a le nez plongé dans son bol de café. Inutile dattendre quoi que ce soit de sa part tant quil ne sera pas vide. Comme à mon habitude, je lui beurre une tartine et la lui enfourne dautorité dans la bouche.

- Mange, lui ordonné-je. Jai besoin que tu sois au poil pour le cours de Défense Contre les Forces du Mal, au cas où je narriverais pas à tout enregistrer du premier coup.

Elle redresse la tête, et marmonne, les yeux vitreux et la tartine dans la bouche :

- E foi u arches ?

Je lui enlève la tartine de la bouche.

- De quoi tu parles ? Répète-t-elle.

Je lui remets la tartine entre les lèvres.

- Je te dirais ça quand on ira en cours. Jai oublié de ten parler hier pendant notre discussion avant le dîner.

Elle acquiesce mollement et replonge dans son bol. A son côté, Fred me lance un regard scrutateur.

- Quest-ce quil y a ? Demandé-je.

- Tas quelque chose de changé, dit-il en passant une main rêveuse sur son bouc invisible. Tas lair . . . Différente.

- En quoi ? Continué-je, bien que je sache pertinemment à quoi il fait allusion.

- Je ne sais pas trop. Mais tas lair totalement . . . Waouh !

Avant que je ne puisse répliquer, une nouvelle odeur se détachant du maelstrom de la salle sapproche de nous. Celle-ci est plus fruité que les autres, légèrement acide. Je laime bien.

- Quelle éloquence Fred, tu mtonneras toujours.

Nous nous retournons tous les deux vers le nouveau venu. Roux, les yeux verts, le visage en pointe et atteignant un bon mètre quatre-vingt dix, Bilius Weasley est lami de toujours de Fred. Il est de notre année mais contrairement à nous, il se trouve à Poufsouffle. Il lui arrive de se joindre à nous à loccasion pour les repas.

- Mais je dois avouer quil a raison Amandine, tu es particulièrement en beauté ce matin. As-tu enfin décidé de sortir de ton cocon douillet et de te mêler au monde cruel?

Je le fusille du regard. Autant je laime bien, autant il peut se montrer terriblement agaçant. Et puis, cest quoi cette lubie de vouloir me forcer à faire dautres connaissances ? Je suis très bien avec les quelques personnes de mon entourage. Jen ai lhabitude, pourquoi changer ?

Bill se glisse à côté de moi et se sert en ufs brouillés.

- Alors ? Insiste-t-il.

- Ce nest pas de sa faute, fait Camille distinctement, signe que son bol est vide. Elle sest réveillée comme ça. Mais ce nest pas forcément plus mal. Alors Bill, quoi de neuf dans la tribu ?

Les Weasley sont une grande famille de sorciers. Très grande famille. Certaines mauvaises langues, des Serpentard pour la plupart, vont même jusqu dire quils sont trop. Tous des boulets. Et on men veut de ne pas vouloir me mélanger aux autres.

- Tout le monde va bien. Mon frère Arthur vient dapprendre que sa femme attend des jumeaux. Ils seront bientôt cinq, je te dis pas la joie à la maison. Maman ne sait plus où donner de la tête et Septimus en est mort de rire.

Je jette un il à la table des Gryffondor. Septimus, le plus jeune des trois frères est en quatrième année dans la maison des lions. Tout comme ses frères, il est roux, sauf que lui a des yeux noisette et il est bien moins grand que Bill. Je ne le côtoie pas. Je me retourne vers les autres.

- Je ne savais pas quil était ami avec les maraudeurs, fait Fred. Cest une nouvelle lubie ?

- Il les aime bien quil dit, fait Bill avec nonchalance, ça lui arrive de trainer avec eux aux heures des repas. Ilna pas arrêter de me parler deux pendant les vacances, jai bien cru que jallais finir par lui lancer un sort de mutisme. A mon avis, il les admire.

- Cest pas un cadeau, dit Camille. Sil devient comme eux, Gryffondor finira par ne jamais avoir la coupe de Quatre Maisons.

- Ouais, cest encore Serpentard qui est en tête, grogne Fred. Il y en a marre.

Je jette un coup dil à ma montre.

- On ferait mieux dy aller Camille, je dois encore te parler.

Elle acquiesce et nous nous levons de table. Fred et Bill ne suivent pas les cours de Défense Contre les Forces du Mal, ils ont Soins aux Créatures Magiques à la place.

- A plus tard, faisons-nous en chur en les quittant.

Puis, se tournant vers moi, Camille me demande avec empressement :

- Où ttais cette nuit ?

Surprise, je me fige. Comment sait-elle ?

- Comment tu sais que je ntais pas dans mon lit ?

- Je me suis réveillé à trois heures parce que javais soif. Alors, ttais où ?

Je jette un regard autour de nous et vérifie que personne ne nous écoute, puis la prend par le bras pour la forcer à quitter la Grande Salle.

- Dans la Forêt Interdite, je réponds, une fois parvenues dans un couloir vide. Jai chassé puis je me suis entrainé à contrôler mon nouveau corps.

- Comment ça ? Sexclame-t-elle. Tu nas pas été voir Pomfresh ce matin ?

- Si, mais javais déjà . . . mangé.

- En chassant, devine-t-elle.

Jhoche de la tête.

- Ok. Est-ce déplacé de te demander si ctait bien ?

Je souris, découvrant mes dents. Le regard de Camille sy attarde et son visage perd de sa couleur.

- Non, en fait je ne tiens pas à le savoir, se rétracte-t-elle. Et cache-moi ces canines, si tu ne veux pas que quelquun se doute de quelque chose.


A la prochaine pour le quatrième chapitre, où on en apprendra plus sur la Caste grâce au cours de DCFM. ;)

Bisous !