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Chapitre Trois
Je venais de quitter le studio d'enregistrement. Mon boulot pour la journée était fini. J'avouais être soulagée. J'étais fatiguée et tout ce que je voulais, c'était une douche bien chaude et un bol de glace au chocolat. Rien de bien compliqué. Je venais d'arriver à mon appartement. Je lâchais mon sac dans l'entré et allais directement dans la salle de bain. Je larguais mes vêtements dans le panier à linge et me glissais sous la douche. Comme chaque jour depuis deux semaines, je repensais à Edward. Je n'avais pas la moindre nouvelle et pour tout dire, je ne savais pas comment faire. Je n'avais pas encore dit à qui que ce soit que j'avais vu Edward. En fait, je préférais ne rien dire. Entre Emmet et Jasper qui faisait la gueule ou encore Alice qui se rongeait les ongles pour un rien, ça ne pouvait pas m'aider le moins du monde. De toute façon, je savais parfaitement que ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'il ne remarque que ce n'était pas une vie, que ce n'était pas lui tout ça. Il fallait attendre. J'ignorais comment, mais ces dernier temps, j'étais parvenue à cultiver une patience indestructible. Allez savoir… Peut-être était-ce dû à tous ces chanteurs que je côtoyais chaque jour. Il fallait savoir qu'ils étaient tous capricieux et parvenir à passer une journée entière sans disjoncter, relevait du miracle. Croyez-moi, le travail de producteur et auteur/compositeur n'était pas aussi évident. Mais on finissait toujours par s'y faire. Quand je sortis de la douche, je me sentais mieux. J'enfilais un pyjama quand la sonnette retentit. Intrigué, je décidais d'aller voir. Tandis que j'approchais de la porte, on se mit à tambouriner comme un fou et j'entendis qu'on hurlait mon nom. Je regardais par le judas pour voir qui était l'intrus. Merde. J'ouvris la porte sur un Edward émécher avec du sang sur le visage. Dans quel pétrin c'était-il encore fourré ?
« Edward ?
-Bella… Je suis tellement désoler. Je ne savais qui aller voir. Est-ce que je peux entrer, s'il te plait ?
Je me suis effacée pour le laisser entrer sans mot dire. Edward s'assit dans le canapé. En le voyant tripoter son arcade sourcilière, je partis chercher de quoi nettoyer son visage. Je m'assis sur la table basse, face à lui et entrepris d'enlever le sang séché.
-Alors, Commençais-je, qu'est-ce qui t'es arrivé ? T'as emprunté de l'argent à la mafia et ils t'ont tabassé parce que tu ne les avais pas encore remboursé ?
Il fit la grimace. Je crois qu'il n'appréciait pas trop ma blague.
-Je me suis battu avec le mec d'une fille que j'avais dragué. Qu'est-ce que j'en savais qu'elle avait un mec et qu'en plus il était là !
J'ai levé les yeux non surprise de l'apprendre. Il n'y avait finalement pas que moi qui n'avais pas de chance. J'avouais que c'était un peu comique mais disons que la situation ne me permettait pas que je fasse de l'humour. Je voyais clairement à quoi pensais Edward. Et pendant que j'appliquais du désinfectant sur son arcade fendu, Edward m'observa tout en grimace à cause de la douleur. Et c'est ainsi, qu'il me dit ce que j'attendais de lui depuis un moment.
-Je suis tombé bien bas. Tu avais raison, je suis une loque.
Je ne dis rien sachant qu'il ne valait mieux pas en rajouter. Il se sentait déjà suffisamment mal comme ça. Je déposais alors un sparadrap sur son arcade et soupirais contente d'avoir fini de jouer à l'infirmière pour ce soir. Je remarquais alors qu'Edward avait les larmes aux yeux. Une chose que je n'avais jamais vue chez lui. Non, Jamais. Du coup, je me sentais un peu dépassé parce que je savais qu'il finirait par s'en rendre compte mais je ne m'attendais pas le voir comme ça.
-Je suis désolé, Bella. Vraiment. Je ne sais pas ce qui m'a pris.
-Tu as simplement souffert. Ce qu'elle t'a fait, c'est horrible.
-Je sais mais j'ai emporté dans mon sillage des gens que j'aimais. C'était de l'égoïsme pur et pour ça, je m'en veux terriblement.
Je voyais son visage se déformer par la douleur. Il allait vraiment pleurer. Edward s'effondra. Je changeais de place pour me mettre près de lui et tenter de le réconforter. Il tomba contre ma poitrine. Je le serrais contre moi tandis qu'il sanglotait comme un enfant. Je me sentais mal de le voir comme ça. Je me rendais compte qu'Edward désirait avoir un enfant plus que tout mais je ne comprenais pas pourquoi c'était allé si loin… Au bout d'un certain temps, il se calma.
-Excuse-moi, marmonna-t-il en se redressant tout en essayant d'effacer toutes traces de larmes.
Je déposais une main sur sa joue et lui sourit doucement.
-Je ne vois pas pourquoi tu t'excuse. Je t'ais dis que je serais toujours là pour toi.
Il leva des yeux humides vers moi. Je me doutais parfaitement qu'il avait du mal à comprendre pourquoi, je supportais une telle situation. Il ne pouvait pas se mettre dans la tête qu'il ne me devait rien et que, pour moi, une amie devait être là. En plus, il ignorait combien il avait été bon pour moi depuis le jour de notre rencontre. Qu'en réalité, j'étais ce que j'étais grâce à lui. Et pour ça, je lui EN serais toujours reconnaissante.
-Ecoute, je vais préparer du café, tu en veux ?
Il hocha la tête doucement comme s'il était encore plongé dans ses pensées. J'entrais dans la cuisine et lançais la cafetière. Je sortis des mugs et du lait. Pendant que je m'affaire, des accords de guitares se firent entendre depuis le salon. Je reconnaissais aussitôt Don't think twice (it's alright) de Bob Dylan. Edward adorait Bob Dylan et même, à l'époque du conservatoire, lorsqu'il chantait l'une de ses chansons, cela avait toujours une signification qui n'était jamais anodine. J'avais la très nette impression que Tanya avait fait plus que lui briser le cœur. Edward était-il encore la même personne à l'intérieure de lui-même ? J'entrais dans le salon avec les tasses. Je déposais la sienne sur la table basse et reprit place sur le canapé près de lui. Je regardais par la fenêtre tout au long de la musique. Je n'osais pas regarder mon ami. Surtout dans cet état. Je savais que ce soir, Edward avait déjà franchi un pas. J'étais tellement pensive que je ne remarquais pas qu'il avait terminé de jouer. C'est sa voie qui me tira de mes pensées.
-Le jour où j'ai appris qu'elle se foutait de moi, ce n'était même pas par elle que je l'ai appris. Ce jour-là, je sortais du conservatoire après avoir fini mes cours. Je me dirigeais vers ma voiture et j'ai remarqué Alec, un de mes collègues. On était amis, sans plus. Il avait cette expression que je n'oublierais jamais. Je me rappel m'être demandé si quelqu'un n'était pas mort. Il m'a proposé d'aller boire un verre au bar du coin. J'ai accepté plus par curiosité que par réel envie. Et pour tout t'avouer, si j'avais su, j'aurais probablement refusé.
Edward plongea une main tremblante dans ses cheveux. Je voyais bien que c'était difficile pour lui de me raconter tout ça. J'ai attrapé sa main et je l'ai pressé fort. Il m'a lancé un sourire contrit puis a repris.
-Alec m'a tout avoué. Il m'a expliqué que ça lui était tombé dessus comme ça. Qu'il ne pouvait pas effacer les sentiments qu'il avait pour Tanya… Je l'ai frappé.
Je crois que j'aurais fait pareil à sa place. Edward resta silencieux un moment. Je ne parlais pas non plus, sachant parfaitement combien ça lui faisait du bien. Je sentais qu'Edward s'apaisait.
-Je sais que c'est démesuré la manière que j'ai eus de réagir. J'avais plus confiance. Je me sentais con de l'avoir cru mais il y a trois mois, j'ai appris que Tanya allait vraiment avoir un enfant avec Alec. Je les ai vus une fois après les cours. Tu aurais dû voir, elle avait ce regard… Je ne l'avais jamais vu comme ça avec moi.
Il serra les lèvres comme pour ne pas se remettre à pleurer.
-Je me sens comme une merde.
Je posais une main sur sa joue et plongeais mon regard dans le sien.
-Edward, est-ce que tu aimais vraiment Tanya ?
-Non.
-Justement, non, tu es sûr que tu aurais heureux d'avoir un enfant avec une femme que tu n'aimais même pas ?
Il soupira. Il semblait mieux comprendre.
-Tu as raison. Mais, tu comprends, je me suis sentis vexé et blessée à la fois. Maintenant que j'y repense, j'ai vraiment déconné.
-Ne t'inquiète pas, je comprends.
Je repensais à Emmet, Jasper, Alice ou encore Rosalie. Mais c'était surtout à ses parents que je pensais. Je ne connaissais pas vraiment les raisons qui ont poussé à la dispute. Alice était restée muette et Rosalie disait que ce n'était pas à elle de raconter ça. Rosalie était en couple depuis cinq ans avec Emmet et elle évitait toujours de se mêler de ce genre d'affaire. Elle avait toujours détesté les conflits dans les familles. Et je pouvais parfaitement comprendre cela.
-Edward, pourquoi t'es-tu disputé avec tes parents ?
Je remarquais qu'il était mal à l'aise. Il aimait énormément ses parents et j'avais du mal à concevoir qu'il put se disputer aussi longtemps avec eux.
-Ils ne pouvaient pas supporter mon train de vie qui était plutôt sordide, avouons-le. Je me suis énervé, et c'est vite devenu insupportable pour tout le monde. Emmet à participé à la fiesta et c'est ainsi que j'ai claqué la porte de la maison de mes parents. Ca fait maintenant six mois que je n'ai pas vu ni mon père ni ma mère.
Je me mordis les lèvres. Je détestais toute cette merde.
-Est-ce que tu te sens prêt à tourner la page ? Une bonne fois pour toutes.
Il hocha la tête vivement. Un éclat venait de réapparaitre dans ses yeux. Je ne l'avais plus vu depuis longtemps. Je sentais qu'on avançait.
-Je crois qu'il serait temps de reprendre contact. Six mois ça fait beaucoup.
-En effet.
-Que dirais-tu d'organiser un repas. Ici, parce que ta mère pourrait avoir une crise cardiaque en voyant ton taudis…
-Mais…
-Ah non, Cullen. T'oublie. Moi-même j'y retournais pour rien au monde.
Il comprit que je ne plaisantais pas et que pour moi, le sujet était déjà clos.
-Un diner ? Ben, je crois que c'est bien. Avec tout le monde… tes parents compris.
Je souris. C'était touchant de voir qu'il intégrait même mes parents. A priori, Edward adorait mon père qu'il avait rencontré à un réveillon passé chez les parents d'Edward. En effet, à partir du moment où ma sœur a commencé à sortir officiellement avec Emmet, les deux familles se sont fréquentés plus souvent.
-Si tu veux. A toi de choisir quand, je m'occuperais de faire venir tout le monde.
-Mais, évite peut-être de leur dire la raison. Tu sais mon frère est aussi pire que moi dans le genre tête de mule.
-Ah parce qu'il y a pire ? plaisantais-je.
Il sourit amusé. Quand Emmet Cullen avait une idée en tête, il était pratiquement impossible de la lui retirer de la tête. Je me suis levé du canapé et j'ai invité Edward à dormir dans mon appartement.
-Tu as vu l'heure ? Et en plus, Vu ta tête de déterré, j'aurais trop peur que t'effraies les gens dans la rue.
Je lui donnais des couvertures et un coussin.
-Tu t'es trompé de voie, Bella. T'aurais dû faire Psychiatre, plaisanta t'il.
-Bonne nuit Edward, Edward Cullen, fis-je.
Je ris de bon cœur tant j'étais heureuse de pouvoir rire ce soir. Je n'aimais pas trop les drames. Sur ce, je partis me couché, le cœur léger.
A suivre…
