Aimes-tu le hockey autant que moi ?

Chapitre 3 : Mauvais départ


J'ai à peine le temps de me rhabiller que j'entends la sonnette au rez-de-chaussée. C'est vraiment la galère ! Je viens tout juste d'ouvrir mon armoire, ma présentation nécessite des heures de préparation et là, j'ai le temps qu'il faut pour passer du vestibule au salon. En plus, quoiqu'il arrive, Sirius va se foutre de ma gueule. Si je me dépêche, il va dire que j'ai des goûts de chiottes et que je suis l'adolescent raté d'une génération trop bien pour lui. Si je prends le temps qu'il faut, il va me traiter de collégienne. M'énerve ! Pourquoi mon parrain est un attardé pré-pubère dans l'enveloppe extérieure d'un gars de trente ans qui en a presque quarante en vrai ?

Finalement, je me jette sur quelques pièces de vêtement pas trop mal que j'avais déjà portées, mais jamais devant Sirius. Il va se rouler à mes pieds en voyant ça !

Je redescends pas longtemps après, Remus est assis dans le salon avec mon père et Nymph'. Ils parlent tranquillement, c'est bizarre. Je me demande ou peut être Sirius.

—Harry ! s'écrie Nymph' en se levant d'un bond – elle s'éclate au passage le genou sur la table basse.

Elle court jusqu'à moi et me prend dans ses bras en m'embrassant les joues.

—Tonks ! Dans ton état c'est déconseillé de t'agiter comme ça !

Sirius la pousse du coude et me fait craquer toutes les vertèbres de la colonne, ses deux bras autour de mes épaules. Sans rire, ne me dîtes pas qu'après les années ce vieux déchet ne sait pas que je suis douillet. Je veux ma maman !

—Sirius, lâche-le, tu lui fais mal !

Oui, mon Remus c'est bien aussi.

Sirius grogne un peu en me laissant filer et, juste pour le faire chier, je me précipite sur le seul vrai confrère que j'ai dans cette maison.

—'Mus ! Faire ça devant Tonky, maintenant ! Je vous jure, quel sans cœur !

—Tonky qui ? s'écrie Nymph' en rouant de coups Sirius.

—C'est quoi cette histoire avec l'état de Nymph' et ce gros délire ?

Remus lève les yeux au ciel – je suis encore tout contre lui – et donne un coup de tête en direction de Sirius. Ah ouais, je vois, c'est encore lui qui a tiré une pseudo déduction logique…

—Tonky…

Elle lui met un coup de poings droit dans l'épaule.

—…est enceinte !

Je recule d'un pas.

Il plaisante ce grand couillon ? Pourquoi il raconte un truc pareil ? Je coule un regard interrogateur à Nymph', elle a un peu rougi, mais elle est vraisemblablement trop vexée pour que ce soit ça.

—Qu'est-ce qui se passe ? je fais, suspicieux.

—Moi et Remus allons nous marier.

Je fige totalement sur le coup.

QUOI !

Oh mon Dieu ! C'est tellement génialissime ! J'arrive à peine à y croire.

Ils sont tous là à épier ma réaction, ils n'ont pas idée à quel point je peux être soufflé. Puis n'y tenant plus, je saute au cou de Nymph' qui pousse une exclamation de surprise et tout le monde éclate de rire. Remus se joint à nous et je me retourne pour lui souhaiter tous mes vœux et le serrer aussi.

—Quand ? je couine dès que j'arrive à parler à nouveau.

—Allez vous asseoir, ordonne ma mère en revenant dans le salon avec des coupes de champagne – et de mimosa.

Tous les adultes s'installent en rond autour de la table et de leurs verres. Nymph' et Remus roucoulent presque de bonheur. Sirius, seul dans son fauteuil, fantasme sur le fait devenir parrain de leur bébé aussi – certainement pas, je suis son seul filleul un point c'est tout. Il s'est mis dans la tête que s'ils décidaient soudainement de se marier, c'était parce que Nymph' était enceinte. J'avoue que c'est ce qu'on est porté à croire, elle n'a que vingt-six ans et Remus en a trente-neuf, c'est pas tout jeune pour se fiancer…

La discussion tourne autour d'eux pendant un bon moment jusqu'à ce que Remus commence à trouver que l'on parle trop de lui et qu'il devienne tout intimidé. Pour venir en aide à son futur-mari – ça sonne bien – Nymph' se met à parler de son travail, elle est gendarme et avec Sirius qui se passionne toujours à ce sujet, la conversation dévie attendre. Sirius est intervenant en délinquance juvénile. Quand on le connaît comme je le connais, on se demande comment lui, peut travailler avec des jeunes qui ont des troubles du comportement, mais étonnement, il semblerait qu'il soit bon.

—Comment c'est passé ta rentrée ? me demande Remus.

Il est prof et moi élèves – ça crée des liens quand même – donc c'est un des sujets que l'on aborde le plus souvent tous les deux. Puis bon, j'aime bien quand il me parle de trucs croustillants sur ses collègues – ce qui est rare, mais qui s'est vu !

—L'enfer. Toi ?

—Bien, sourit-il Que s'est-il passé ?

—J'ai math avec ton successeur, et avec Malefoy, anglais avec McGonagall, et Malefoy, et Physique avec Rogue, et Malefoy… Et aussi français avec Flitwick, dis-je en mimant me faire vomir.

Sirius éclate de rire en jappant comme un vieux Saint-bernard.

—Servilo te donne des cours ? Encore !

—Arrête de l'appeler comme ça, Sirius, c'était un de mes collègues de travail.

Mon père et Sirius échangent un regard éclatant de malice et se remettent à rire alors que Remus se vautre dans son divan, boudeur, passant son bras sur les épaules de Nymph'.

Pendant les quelques années durant lesquelles Remus et le Connard graisseux ont travaillé ensemble, Remus n'arrêtait pas de vanter son intelligence et «sa compagnie agréable » —on y croit…. Mon père n'a jamais fait d'effort pendant les rencontres des parents d'élèves et Sirius n'arrête pas de l'insulter une seconde, surtout quand il le croise au magasin général. Manque de chance, ils habitent tous les deux dans le même coin. Je pense que c'est pour ça qu'il me déteste toujours avec autant de vivacité.

—Allez Remy, pleurniche Sirius comme un idiot. Te fâche pas, on va tous aller voir Servilo chez lui pour s'excuser. On va aussi lui signer une attestation pour qu'il puisse mettre 'Ry en retenue autant de fois qu'il veut et on se donnera rendez-vous au marché pour faire nos courses ensemble.

Remus gronde. Moi et mon père essayons de ne pas rire trop fort.

—Oh ! James, il faudrait que tu me donnes ta recette de coq au vin, je pourrais nous organiser des après-midi cuisine et ensuite on se retrouverait tous dans sa charmante et accueillante demeure pour un souper en famille. Puis on irait au parc, faire des passes avec le ballon de rugby pour rattraper le temps perdu.

Ma mère se lève, exaspéré, et retourne dans la cuisine.

Sirius a l'air si convaincu et enthousiaste que moi et mon père hurlons de rire. Nymph' s'est levé pour aller aider ma mère, mais c'est évident qu'elle se retient pour ne pas rire. Normal, elle connaît aussi le Connard graisseux. Elle s'empêche de se moquer de lui seulement pour soutenir Remus.

O

On finit tous dans la cuisine. Sirius et moi, coude à coude, surveillons la corbeille comme des charognards, l'œil qui part sur le côté pour prévenir le moindre geste. Quand j'étais plus jeune, il était le salaud qui poussait tout hors de ma portée pour que je ne puisse pas me servir – à moins de le lui demander, ce que, déjà à six ans, je refusais de faire par fierté. De ce fait, aujourd'hui, je passe mon temps à compter les tranches de pain que les gens prennent quand je suis à table, particulièrement lui parce qu'il s'en sert par poignée entière et n'en laisse jamais à personne.

Il lance son bras vers le panier dans le milieu de la table et j'en fais autant, nos regards se croisant mortellement.

—C'est quoi la date du mariage ? il demande tout sourire.

Le traite !

Remus se racle la gorge, mal à l'aise, et je lui fais un beau sourire. C'est vrai qu'il n'avait pas pu me répondre plus tôt.

—L'été prochain, en juillet, pour qu'on puisse partir en lune de miel pendant mes vacances d'août.

—Pourquoi ? Tu pourrais avoir des congés supplémentaires, non ? je demande.

—Oui, mais Remus aime trop ses élèves pour manquer la rentrée et je n'ai pas envie d'attendre les vacances d'hiver ou la semaine de relâche.

Mumus s'excuse auprès de sa fiancée – c'est une phrase mentale vraiment classe. Il est attendrissant, ce grand homme mou. Dur de croire que c'est lui l'hétéro et que mon animal de parrain est gay, la vie est mal faite quand on pense que c'est mon modèle de l'homosexuel type.

J'avale une grosse bouchée de pâte rosée et m'apprête à prendre du pain pour ramasser les légumes en sauce dans le fond de mon assiette…Il reste trois morceaux.

Je me retourne vers Sirius qui m'observe depuis, j'en suis sûre, un bon cinq minutes et il éclate de rire, la bouche pleine de mie de pain – ses croûtes sont toutes étalées autour de son assiette parce que Môsieur n'aime pas ça.

S'en suit un semblant d'engueulade où je l'incendie et où il s'en fout.

La soirée passe finalement un peu trop vite à mon goût. Je n'ai pas eu le temps de parler de mon travail chez les Malefoy, Sirius ne m'a même pas demandé comment se passait ma vie amoureuse et Nymph' n'a pas eu le privilège de me faire la morale sur les valeurs et les principes, ainsi que toutes les choses qui devaient me pousser à ne pas entrer dans un gang de rue.

Décidément, ça a été plutôt chouette. Pour une fois, tous les sujets de la soirée ont été vraiment intéressants et j'ai pu profiter de tout le monde.

Quand les trois autres s'en vont – Sirius est passablement trop éméché pour conduire donc il rentre avec Remus et Nymph' – je monte me coucher. J'enlève mes vêtements et viens m'allonger sur mon lit. Sur l'afficheur du téléphone, je vois que j'ai manqué deux appels de Ron. J'espère qu'il ne m'en voudra pas, mais il est passé minuit de toute façon et je n'appellerai pas chez lui. Je tends le bras pour rapprocher le téléphone du plancher et le lâche s'en m'en faire – il en a vu de pire – il doit être tombé sur à peine l'épaisseur du matelas et du sommier. Je m'endors très vite. C'est fou ce que je suis bien dans mon lit après une journée comme celle-là.

O

O

Il est…euh ! Huit heures vingt-cinq environ, sur ma montre. Je me trouve en ce moment même dans le plus fucking grand magasin d'entretien d'extérieur de toute l'Angleterre. Connerie de Charleston Home&Garden.

Ma mère m'a réveillé ce matin en urgence parce qu'elle avait besoin de «bras forts » pour l'aider à transporter ses gros blocs de pavé uni et ses flamants roses décoratifs hideux. Enfin non. Elle n'achète pas vraiment de flamants roses kitch – sinon je ne serais pas venu – mais le fait d'être debout si tôt me bousille totalement le cerveau.

—Harry ! Regarde ce joli banc ! Il est joli, n'est-ce pas ?

Oh oui ! Harry la tapette à un goût indéniable en ce qui concerne les bancs ! Gnian-gnian… J'veux rentrer chez moi !

Je pivote sur mes talons avec lenteur, je ne peux pas y aller plus vite, je risquerais de me casser la gueule en lâchant mon beau caddie. C'est donc un banc. En fer forgé noir. Et il y a deux horreurs de petits marmots en fringues de grands-mères assis dessus qui se tiennent par la main. Pitié c'est une abomination de mauvais goût. Même un hétéro type vieux et macho s'en rendrait compte !

—C'est laid. On rentre ?

—Oh Harry ! geint ma mère en s'avançant devant une tablette de statuette. Attend, il y a plein de belles choses.

Tu m'en diras tant ! Que de magnifiques saloperies !

Elle furète entre les pots de terre cuite et les nains de jardin – elle a au moins la décence de grimacer – pendant que je m'assoupis sur mon carrosse qui risque de foutre le camp d'une seconde à l'autre. Je fantasme de m'asseoir dans le panier et laisser ma mère me pousser partout dans le magasin, mais je crains trop pour mon amour-propre.

Au bout d'une heure de promenade dans les allées à comparer les prix et la joliesse des pavés en granite et en brique, on finit par se remplir un caddie de carré de granite. Ma mère est ravie en s'en allant vers la caisse – dur de croire que trois secondes plus tôt, elle frôlait la crise de nerf tant le choix était déchirant.

Dans le stationnement, je traîne derrière mon esclavagiste deux gros sacs pleins de briques à bout de bras. Parce qu'on n'est pas parqué loin.

J'en ai plein le…

—Harry ?

Je me retourne en entendant la voix. Pas possible !

—Mrs Malefoy ?

C'est Narcissa ! L'humiliation ultime. Pourquoi c'est dans ces moments-là – pas coiffé, mal habillé, l'air jeté et pas réveillé – qu'on rencontre des gens beaux ? Elle est encore plus jolie qu'hier, il me semble. Et puis c'est quoi l'idée de m'interpeller ? Elle pourrait au moins faire semblant de ne pas m'avoir vu, m'éviter de me rendre compte que je suis un minable à côté d'elle.

Elle vient vers moi, son sourire charmant – ou charmeur c'est au choix – pendu aux lèvres. En plus elle est à tomber dans son jeans, c'est différent de ce dans quoi je l'aurais imaginé, mais cette antithèse à elle-même donne quelque chose de bien, sur elle. En trois mots, elle est sexy, mais dans ma bouche, ça sonne faux, je trouve.

Ma mère me cogne pendant que Narcissa s'en vient. Dans ce milieu, on fait les présentations…

—Bonjour, Madame.

—Bonjour.

—Ma mère, je fais en l'attirant vers nous par l'épaule, Lily Potter. Maman, c'est Narcissa Malefoy.

Elles se sourient, se serrent la main et leurs deux regards pétillants se portent sur moi. Malaise.

—Qu'est-ce que vous faîtes là ? je demande pour trancher dans ce silence de mort.

—C'est pour le jardin, ce dont nous parlions hier, je suis venue acheter des cônes pour protéger les arbustes et des bâches, des pierres et des planches en bois.

Elle me fait un signe vers l'entrée principale où sont entreposés tous ses achats. Il y en a beaucoup trop pour qu'elle les porte tous…Où sont les commis ?

—Harry, tu devrais aider Mrs Malefoy.

Je dévisage ouvertement ma mère avec aberration. J'arrive pas à croire qu'elle ait dit ça à voix haute !

—Oh non ! Ne vous dérangez pas.

Narcissa rougit en se détournant de ma mère, elle doit l'intimider un peu, ce ne sont pas deux femmes du même genre, c'est vrai. Elle rejette ses longs cheveux blonds derrière ses épaules et nous signe un salut de la tête. En passant à côté de moi, ses doigts caressent mon épaule de façon aérienne et ça me fait des frissons.

Moi et ma mère reprenons notre marche entre les voitures. J'ai les bras totalement morts, on ne m'y reprendra plus à faire le gentil fiston à sa môman – après tout je n'ai pas de frère qui me piquerais l'héritage sous le nez.

Je jette les sacs dans le coffre en tirant sur les poignées comme un fou parce que je sens mes tendons qui vibrent sous ma peau, prêts à se déchirer. Ma mère lâche un grognement faible, elle doit craindre que j'éclate tous ses beaux galets.

—Tu aurais pu l'aider.

Lily s'installe derrière le volant et j'avoue que là je bloque. Pourquoi elle me dit ça d'un ton boudeur alors que je suis à un doigt de retrouver ma paix bien mériter ?

—Il y avait beaucoup trop de matériel pour elle et c'est une femme. Ça ne t'aurait pas tué.

—C'est bon, j'ai compris !

Je claque la porte en levant les yeux au ciel – je sais que ça fait fille, mais c'est plus fort que moi – maman jubile et je refais tout le chemin en sens inverse. La voiture démarre.

Je ne vois pas Narcissa, mais toutes ses affaires sont encore là. Je suis maudit, elle doit sûrement ce faire livrer tout ça, qu'est-ce qu'on est con !

—Harry ?

Bon d'accord, peut-être pas et peut-être aussi que je ne suis pas si maudit que ça.

La belle grande blonde descend de son énorme voiture – je ne sais pas d'où elle la sort, ça ne fait pas très Malefoy – et vient directement vers moi.

—Je suis venu vous aider. Ça ira plus vite et puis il y a des choses lourdes…

Et là, je vois sa sale tête blonde qui pointe derrière une vitre fumée et la porte arrière s'ouvre.

Malefoy nous rejoint devant la porte. On dirait une saleté de décor de court métrage cinématographique sans budget…c'est vraiment l'horreur. Il a son petit air d'égocentrique suspicieux ; c'est vraiment trop joyeux de le voir ici, en ce beau dimanche matin.

—C'est vraiment très gentil de ta part, Harry. Drago me faisait des misères…

—Non c'est bon, je vais le faire.

Aïe, aïe, aïe ! Maman, tu me le paieras. Où elle est déjà ? Ah oui, d'accord, dans le trafic pour sortir de sa place de parque… Une femme au volant ! Une !

Narcissa commence à embarquer quelques cônes en styromousse – ce qu'il y a d'assez léger pour elle au fond. Malefoy, lui, pendant ce temps me pourri l'existence avec ses regards de tueur. Au moins quand il se penche j'ai une vue délicieuse sur ses fesses…exactement le genre de compensation qu'il me faut pour me convaincre que je ne suis pas qu'un grand con un peu naïf.

Je prends un pot à fleur en terre – il doit être fourré au béton ou au titane pour peser comme ça – et file le mettre dans le 4X4. En revenant vers le matériel, je surprends Malefoy qui traîne ses cinq planches attachées les une aux autres sur l'asphalte du trottoir. Qu'est-ce qu'il à l'air débile !

Je pouffe de rire.

—Drago, chéri, c'est trop lourd pour toi tout seul, tu vas les abîmer. Demande à Harry de t'aider.

J'arrête de rire – les mères ne savent pas vivre et laisser vivre – et je m'avance pour aider la Fouine – quelle femmelette !

—J'ai pas besoin d'aide, fait Malefoy on montant le ton.

—Oh non ! Bien sûr, mon cher Hulk, déchire ta chemise, deviens vert et montre à Harry comme tu es puissant.

Il me foudroie du regard, j'avoue que pour une fois ça me fait bien rigoler. Je lui pointe son côté du fardeau et il se penche pour le soulever. Des fois je me dis que ça serait bien d'être attiré par les filles et que Malefoy en soit une ; j'aurais une vue plongeante sur son décolleté. Mais je suis homo et les fesses de ce petit con sont de l'autre côté.

Ho ! Hisse !

Putain ! Il pèse son poids leur machin. Il y a intérêt à ce qu'il l'utilise parce que je n'aurais pas fait tout cela pour rien.

Malefoy fait le crabe et se pousse vers la voiture en me tirant avec. J'ai peur d'égratigner leur auto ou de faire tomber les planches comme un sombre crétin.

Enfin bon ! nous finissons par y parvenir et je soupir intérieurement d'avoir pu faire mon gros macho plein de muscle et très à l'aise avec un tas de planche en bois d'une tonne qui lui écorche les mains. C'est triste de se dire que personne ne verra jamais ce côté méprisant de ma personnalité.

Ma mère klaxonne deux fois. Il n'y a plus que de petites choses à transporter alors je crois que c'est bon.

—Je vais y aller, je lance tout à coup.

—Déjà ?

Malefoy a lâché ça un peu malgré lui, je crois.

Il se retourne, crispé, et se remet à l'ouvrage sous mon regard moqueur. Il a déjà du mal à se défaire de moi.

—Merci, tu es très serviable, Harry. Je voudrais me racheter, si tu veux…

—Tu as convaincu Père de ne pas porter plainte c'est amplement suffisant, coupe Malefoy.

Il me jette une œillade fin-finaude et disparaît à l'angle de l'automobile. Je l'emmerde !

Je me retourne vers Narcissa, elle est rouge et lisse son jeans…qui n'a pas de plis.

—C'est vrai ? Merci beaucoup ! je m'exclame.

Bien oui ! Moi ce genre de type me terrifie. Lucius Malefoy est du style à téléphoner à la police parce qu'un morveux a cueilli une fleur dans son parterre pour l'offrir à sa mère…C'est qu'un enfoiré malade mental.

—Non, c'est naturel, elle bafouille en chassant une mèche de cheveu inexistante derrière son oreille. Après avoir passé cette journée avec toi, je ne pouvais pas imaginer que tu aies fait une…chose pareille.

Et ça, ça me rend fou de joie.

—Moi je suis certain que tu l'as fait, intervient la fouine.

—C'est pour ça qu'on ne te demande pas ton avis, je rétorque en souriant. Bonne journée, madame Malefoy !

Elle opine du chef et je monte en voiture avec ma mère. Elle est super fière. Que son fiston se montre philanthrope, devant tout le monde, ça lui fait plaisir.

En partant, je croise le regard de Malefoy qui ne s'est pas attendrie. Ça fait chier ! Demain je vais avoir plein de cours avec ce connard. Tout sauf physique, par pitié !

O

Vers deux heures, je téléphone à Ron. Il a tellement appelé hier, je peux bien faire un pas dans la direction d'une réconciliation – comme si ce n'était pas dans la poche.

—Allô !

—Salut, Gin' ! Il est là ton frère ?

—Lequel ?

—Percy. Il y a longtemps que je ne lui ai pas parlé, on avait prévu d'aller se boire un petit quelque chose en bons amis, mais tu le connais, chargé comme il l'est entre le sucre et la crème du café du ministre…

—ROOOOOOOON ! elle hurle en fracassant le téléphone sur la table d'appoint. C'EST POUR TOI ! Mais reste pas trop longtemps, Luna doit m'appeler.

—C'est qui ? il demande en prenant l'appareil.

—Ronny Boy ! je lance.

—Ah.

Léger froid entre nous pendant un instant.

—Qu'est-ce qu'il y a ? je questionne. Un problème avec Hermione ?

—Non.

—Tu attendais un coup de fil de ta maîtresse ?

—Non.

—Tu t'es trouvé un amant avant moi, je fais d'un ton fâché.

Je sais que cette fois mes blagues ne le font pas rire, mais j'avoue que je suis un peu à court pour le moment. C'est quoi son problème.

—Je peux raccrocher aussi, je tranche avant qu'il ne me réponde un autre «non » débile.

—Mais non. C'est parce que hier j'ai dû appeler au moins cinq fois et tu n'as pas répondu…comme je sais que tu as un afficheur.

—T'es vraiment con, je lâche.

—Va te faire foutre !

Silence.

—Alors chez Malefoy ?

—C'était pas trop mal, j'étais avec sa mère presque tout le temps et c'est vraiment un amour, je ne sais pas comment Malefoy a pu si mal tourner. Sinon, j'ai fini tout ce que j'avais à faire là-bas, ça a été plus vite que prévu.

—C'est vrai ? Tant mieux. Tu as vu Blondie ?

—Oui, mais pas longtemps et par intermittence…sauf une fois ou il m'a poussé dans sa piscine, mais détail.

—Il a fait quoi ? Demain je lui en mets une !

—Pas la peine, il a plongé aussi, je me suis agrippé.

—Ah, il fait ravi. Sinon, tu as fait quoi hier soir ?

—Sirius, Remus et Nymph' sont venus à la maison. Et tu ne sais pas LA nouvelle !

—Non quoi ?

Je sais qu'il est curieux alors je fais durer le silence un peu symboliquement. Donc je me la ferme.

—Tu me fais penser, il reprend, tu ne sais pas pour Hermione et moi !

Enfoiré ! C'est du chantage !

—Nymph' et Remus vont se marier cet été, je dis précipitamment.

—Nooooon !

—Siiiiiiiiiiii !

—Nymph' est enceinte ?

—Mais non, c'est un mariage d'amûr !

J'ai les cils qui battent follement, dommage qu'il ne puisse pas le voir. Il rigole quand même tout bas, il doit avoir l'image mentale – note à moi-même : renouveler le stock de blague.

—Et la chose avec toi et Hermione ? je demande, sur ma faim.

—On se voit dans dix minutes.

Blanc.

C'est pas sérieux tout ça.

—Tu te fous de ma gueule ?

Il éclate de rire.

—C'est contre ça que je t'ai dit pour Nymph' et mon oncle !

Son rire redouble.

—Ron ! Sans-cœur ! Tu mérites la lapidation !

—Ça t'apprendra à te faire désirer, c'est pas au mâle de faire ça.

—Hein ?

—Tu connais pas la «loi des 24 heures ? »

Je ne pipe pas mot, pour qu'il enchaîne et que je reste vexé.

—Après un rendez-vous, si le mec veut revoir la fille, il doit la rappeler dans les 24 heures, «ce n'est pas à nous de nous faire désirer », semblerait-il que c'est une prérogative féminine.

—Dans quelle occasion Hermione a pu te sortir ça ? Tu as vu d'autres filles et tu le lui as dit ? Ron, je fais d'une voix exaspérée. Combien de fois faudra-t-il que je te le dise ? Si tu la trompes, tu me le dis à moi et pas à elle, pas l'inverse !

—Ce n'est pas à moi qu'elle le disait, mais à Seam'.

—Effectivement, il a besoin d'aide, lui.

On rigole tous les deux. C'est méchant, mais tellement vrai. Moi – homo – j'ai plus de chance de brancher une fille que lui. On dirait qu'il envoie des signaux malgré lui à tous les êtres vivants du genre «Fuyez-moi, je ne suis ABSOLUMENT pas fréquentable », c'est dur pour lui. Même les animaux le détestent. Les plantes vertes de sa chambre se suicident tant il est nul.

—Enfin ! Au moins tu le sais maintenant.

—Oui. Mais ta loi ne doit pas s'appliquer pour moi.

—Pour ?

—Il y a peu de chance que je veuille revoir une fille après un premier rendez-vous…il y a même peu de chance qu'il y ait un premier rendez-vous.

Il se racle la gorge en grognant et en affirmant. Ça veut dire qu'il est gêné parce qu'on entre dans le sujet tabou de Harry. Des fois – comme là – je me dis que j'aurais mieux fait de ne rien lui dire.

—Tu es certain ?

—Pas mal, oui.

—Tu as revu Olivier ?

—Tu frôles le sacro-saint sujet intouchable ET ma vie intime en même temps, Ronny Boy, je le gronde doucement.

—Ouais, il souffle en ricanant. J'ai envie de prendre des risques. Alors ?

—Non. Pas depuis vendredi soir.

—Il ne prend pas de tes nouvelles ?

Je peux sentir d'ici qu'il frise l'hostilité. Il y a peut de choses dans le monde qui ne changeront jamais, des espèces de loi fondamentales – du genre que Céline Dion avec les cheveux courts c'est horripilant – et l'animosité de Ron pour Olivier en fait parti. Avant je croyais qu'il était jaloux parce que – on ne se voilera pas la face – Olivier est meilleur gardien, mais il faut croire que c'est autre chose.

—Ron ! j'entends dans le récepteur. On y va.

—C'est George.

—J'aurais parié sur Fred !

—Okay. On se revoit demain.

—Tu ne rappelles pas ce soir ?

—Non. Me sens d'humeur à me coucher tôt.

—Pourquoi ?

—RON !

—On en reparle.

—Bye.

—Salut.

Je raccroche.

Ouais ! Il me semble que je suis d'humeur à me coucher tôt ! Après un week-end à me tourner les pouces je pense que même désherber le jardin semblerait une activité hautement amusante !

O

O

J'ai commencé en Philo et je ne saurais pas dire si c'est aussi mourant que de commencer en math. Non en fait ça l'est moins. Commencer dans cette matière c'est partir sa journée avec le cerveau au neutre, je vais sûrement traîner de la patte toute la journée.

En plus, Hermione commençait en éducation physique ce matin – au moins, les filles, elles, font conditionnement physique, elles courent. Et Ron, c'est FPS – Formation Professionnel et Social : Foutons-en Pas une Seule – avec Dean et Seamus. Dire que dans toutes les options qui n'entre pas dans mon programme, j'ai pris ça ! Quelle idée ! En plus ma prof est une grosse tarée de cinquante balais qui a tendance à croire sa vie plus intéressante qu'elle ne l'est. Sibylle Trelawney.

Pour commencer, elle nous a demandé d'écrire sur un morceau de papier tous nos idéaux : ce que l'on aime, nos rêves, comment on voit notre avenir et tout un tas de truc que demande tous les profs de morale. Comme je me voyais mal écrire : Trouver un mec pas trop mal – comprendre CANON – et me faire une belle petite vie à Londres dans une société sans discrimination, j'ai écrit : Devenir toiletteur pour chiens, inventer la voiture volante, marier un chat qui s'appelle Simba, me faire un manteau en poil de Dalmatien et devenir daltonien pour pouvoir parler avec le Tricolore.

Je rangeais mon bout de papier quand Trelawney a demandé à tout le monde de passer son «dessein d'avenir » – c'est quoi ce nom ! – à son voisin.

En deux temps trois mouvements, ma blague à moi-même était entre les mains du type à côté de moi et j'avais le billet de la boutonneuse à côté de moi qui rougissait comme une tarte. Ouais ! Moi aussi je rougirais : Me marier, déménager à Cardwell et avoir trois enfants. M'enfin ! J'aurais menti moi à sa place.

Donc ! Focalisons ! J'essayais de récupérer mon torchon d'âneries d'entre les mains du gros bonhomme, la prof, pendant ce temps, nous expliquait qu'il n'y a pas de quoi être gêné parce qu'il n'y a pas de réponses fausses ou idiotes – T'as pas lu la mienne, je me suis dit. Elle m'a alors aperçu à moitié couché sur les genoux du gars qui tendait ma réponse pour que je ne puisse pas l'atteindre.

On se doute de comment ça s'est fini, elle a voulu commencer par moi puisque j'étais «réticent »– le mot est faible.

TOUT le monde a éclaté de rire. Moi autant qu'eux – hé oui ! je ris à mes propres conneries. Et Trelawney a mis un bon cinq minutes a essayé de tous nous calmer.

Je pensais que ça en finirais là. Au pire, elle ne m'aimerait pas trop, mais là encore, ça ne m'aurait pas dérangé.

En fait – je ne vous l'avais pas dit – Sibylle Trelawney a étudié à l'Université en sexologie et se déclare donc un peu – uh uh uh – psychologue. Voilà comment je me retrouve à me faire psychanalyser par l'amie Sisi qui règle tous les problèmes des gamines pré-pubères abonnées au magazine Ado Hebdo.

—Votre façon de répondre à la question est flagrante d'un enfant déséquilibré, Mr Potter. Je lis en vous un très grand manque d'amour, aussi bien maternelle qu'amical. Vous cachez vos véritables sentiments derrière cette façade amusante, vous hurlez «AIMEZ-MOI ! » alors qu'au fond vous avez tant envie de pleurer.

—Vous blaguez, là ? je fais avec un peu de sérieux – pour qu'elle sache que je suis sur le point de la prendre pour une vraie folle.

—Ne soyez pas si renfrogné, jeune homme. Sachez que même si nous ne nous connaissons pas encore davantage, je vous aime de tout mon cœur.

!

Tout le monde pouffe alors que la prof s'approche. De peur qu'elle ne vienne me prendre dans ses bras, je coince ma chaise de telle sorte que le bureau soit entre cette maladie mentale ambulante et moi. Finalement, elle s'accroupit à ma gauche et pose sa main sur mon bras. J'ai la force de ne pas le retirer aussitôt de sa poigne fourchue, puis la ramener à la réalité à coup de claque dans la face – Respire ! Harry, on ne tape pas les filles.

Elle me regarde – au bord des larmes – à travers ses lunettes – ses loupes – et caresse mon avant-bras – harcèlement sexuel !

—Vous êtes un bon et beau garçon, je suis sûr que vous pourrez vous en rendre compte un jour.

La cloche sonne et je bondis sur mes pieds.

—Restez si vous n'avez nul part où aller, elle me propose en plantant ses griffes dans ma chemise d'uniforme.

—Non, je m'écrie en arrachant ses faux ongles du polyester. Il faut que j'aille chialer dans les toilettes sur mon triste sort.

Je me volatilise aussitôt que c'est dit.

My gosh ! J'espère que je n'ai pas trop de cours comme celui-là, elle va me tuer.

O

Je rejoins Ron et tous les autres dans la cafétéria, une fois que j'ai récupéré mes livres de math pour la seconde période.

—Tu vas bien, 'Ry ? me demande Dean. Tu es livide, non ?

—C'est vrai ! je m'inquiète. Tu blagues ?

Ma panique alerte tout le monde.

—Qu'est-ce qu'il y a ?

—Une folle ! La prof dans mon cours de philo, une VRAIE putain de folle ! Elle commence à me déballer tout un tas de truc comme quoi personne ne m'aime, mais qu'elle oui et qu'elle voudrait que je reste avec elle.

Tous mes potes se regardent en fronçant les sourcils. Bon ! Oui, dis comme ça, on dirait que c'est une espèce de Gourou et qu'elle veut me faire entrer dans une secte du genre L'Amour Éternelle pour se farcir mon p'tit cul.

Beurk ! Image mentale !

—Non, c'est pas vraiment ça, je rectifie. Mais elle est vraiment cinglée.

—C'est S. Trelawney ? me questionne Ron.

—Ouais ! Sibylle, tu la connais ?

—Je vais en philo, là.

Ron, Dean et Seamus font de drôles de grimaces mal à l'aise. Ils sont toujours ensemble partout.

—D'accord. Si elle vous demande de remplir une feuille avec vos idéaux et tout le toutim, vous écrivez exactement ce qui est dans les normes. Pas un pli de travers, pas une farce : Niet ! C'est métro, boulot, dodo.

La première cloche retentit. Il nous reste cinq minutes. On se lève tous en même temps. Juste avant de prendre les escaliers pour aller en math avec Lavande et Hermione, je retiens les gars.

—Métro, boulot, dodo, je fais solennellement. Ça devrait aller, les gars.

—Harry, me retiens Seamus d'une petite voix. Si jamais…tu sais…je voulais que tu saches que je t'aimais, si je devais ne jamais revenir.

Il éclate de rire comme un con pendant que je l'incendie et lui lance des morceaux de gomme à effacer d'un bout à l'autre du corridor.

Je m'en balance ! Il n'a qu'à faire à sa tête et il en pâtira, le gros malin.

Hermione m'appelle du haut des marches et je cours jusqu'au deuxième étage. On arrive en classe tout essoufflé et on a tout juste le temps de mettre un pied dans la classe quand la cloche sonne.

—Juste à l'heure, fais Pascal.

Il me fait un sourire gentil un zeste moqueur, mais pas bien méchant. Une chance que je suis déjà pas mal rougi par ma course parce que ça lui va bien ce sourire…à lui, je veux dire.

Merde ! Une chance qu'on ne peut pas lire dans les pensées.

Je me dépêche d'aller m'asseoir à côté de la fouine. Il ne me regarde même pas. Il est vautré dans sa chaise, ses longues jambes étendues de toutes leur long sous le pupitre, le bras allongé pour gribouiller sur son cahier. Narcissa avait raison, il commence déjà à dessiner.

Le cours débute et j'ouvre mon cahier de note.

—Je sais que je débute un peu fort, mais comme le premier examen porte sur l'algèbre de quatrième, les lois des exposants, et des fonctions polynomiales, surtout la quadratique, je voudrais vérifier vos bases. Sortez une feuille blanche pour écrire vos réponses ; Mini-test !

—Oooooooooooh nooooooooooooon ! s'écrie toute la classe – dont moi.

Il fait un sourire contrit et commence à distribuer les examens dans la colonne d'Hermione. Intelligente comme elle l'est, elle se met à gratter le papier dès qu'elle a la feuille sous les yeux.

Je suis fichu. Il va se demander comment un abruti comme moi a pu se ramasser dans cette classe. En un été, j'ai largement eu le temps de tout oublier ce que j'avais mis tant de temps à apprendre en une année. J'ai même du mal avec mon écriture, un dirait un cochon borgne et illettré.

Ça y est, je commence à transpirer !

—Tu as une feuille ? je demande à Malefoy.

Il me dévisage méchamment, puis une sorte de sourire bizarre lui déforme le visage – j'aimerais que tous les visages se déforment comme ça, moi !

Il me donne une feuille en fin de compte et ma main moite ne tarde pas à l'humidifier jusqu'à ce qu'elle ramollisse. Le résultat donne un espèce de torchon pas propre du tout.

Je reçois mon examen et tout s'embrouille. C'est du chinois que j'ai devant les yeux. A à l'exposant moins M…euh ! Comme ça, je dirais moins A à l'exposant M ? Puis merde ! Pour combien ça vaut dans mon bulletin ? La formule quadratique…Kezako ? C'est français, ça, quadratique ? La seule formule que je connaisse c'est Abracadabra… voilà ! Abracadabra. Est-ce qu'il y a des points pour l'humour ?

Au bout d'un bon trente minutes, mes yeux ont fini par cesser de saigner et je n'ai plus que des moignons à la place des doigts à force de me ronger les ongles, Pascal met fin à l'examen. A ce moment-là, il y a un gros soupir fatigué de tous et ça se met à jacasser.

—Passez votre copie à votre voisin, on va corriger tous ensemble.

Non !

C'est hors de question.

Malefoy me tend sa belle feuille proprement remplie – TOUT, je tiens à le préciser – et je revois à mon bon ami, son sourire qui était sadique, maintenant que je le vois mieux.

—Tu peux te faire sécher les dents, Malefoy ! Je ne te donnerai pas ma feuille.

—Monsieur ! s'écrie Malefoy. Potter ne veut pas coopérer.

—Harry ? Donnez votre feuille à Mr Malefoy, s'il vous plait.

Non mais on n'a pas élevé les cochons ensemble, moi aussi c'est Mr Potter.

Malefoy m'arrache m'a feuille des mains et flanque la sienne sur mon bureau sous les yeux de tous. Je vire au rouge cramoisi et sort mon crayon feutre rouge. S'il veut la guerre, il va l'avoir ! Les voitures vont s'arrêter à trois kilomètres tellement elles vont être voyantes mes corrections.

—Vous encerclez les fautes et suivez exactement ma méthode de correction. S'il y a une démarche spéciale, levez la main pour me l'expliquer. Il n'y a que mes réponses qui sont bonnes, est-ce clair ?

J'ai du mal à l'aimer de façon continue, ce prof-là. Au début du cours je flashais et là, c'est le Krach de 1929.

Je jette un œil à ma gauche. Mince ! Il en fait une tête Malefoy. Il y a plein de vaguelettes sur ma feuille, des énormes encerclés, des crochets et des points d'interrogations. Je me demande comment il fait pour ne pas éclater de rire…

La correction commence.

Ce type n'est PAS humain !

Pas une seule faute. Pas une. Sans la moindre erreur. Malefoy est un gros cerveau ambulant du genre de Will dans Good Will Hunting. Il erre de classe en classe avec comme but de répondre au plus d'équation possible.

En tout cas, il peut se brosser pour que je lui foute un Bravo ! sur sa feuille !

—Mettez le résultat en pourcentage et donnez-le-moi, le nom de l'élève puis la note. L'examen est sur trente.

Je vais devoir dire «Drago Malefoy, 100 pourcent. »

La vie est une salope !

—Pour calculer le pourcentage, tu fais trente moins le nombre de fautes, diviser par trente, multiplié par cent, m'explique Malefoy en souriant.

—Merci, Picasso.

Son visage se rembrunit.

—Tu avais dit que tu te fermerais là-dessus.

Je grimace affreusement.

—…merci. Suivant !

—Harry Potter, vingt-trois pourcent.

Aïe ! Si pire que ça ?

Tout le monde me dévisage et je flamboie. Vraiment ! Les jeunes de nos jours ne respectent plus rien. On ne regarde pas les gens comme ça pour un oui ou pour un non, voyons. Enfin ! Pascal ramasse tous les examens en dessous de soixante et Malefoy doit aller le lui porter. Quand il se lève, une forte odeur de…je ne sais pas trop, du produit de douche ou du déodorant de luxe… Enfin ! Il y a un bon parfum qui se dégage.

—Tu reviens de sport ? je lui demande quand il revient.

—Non, du bureau du prof.

Je glousse.

Ah ! Oups ! Pas rire avec Malefoy. J'avais oublié.

Je me ressaisis.

—Tu avais sport en première, non ?

—Éducation physique, oui, pourquoi ?

—Rien, je fais innocemment en regardant…l'air.

Il suit mes yeux et les siens s'étrécissent.

—Tu essayes d'insinuer que je sens la transpiration ?

Il voit toujours tout dans le mauvais sens.

—Non, je fais en soupirant. C'est juste que quand tu t'es levé j'ai senti ton déodorant…

—Mon parfum.

—C'est ton savon ?

—Non, il répète lentement, mon parfum. C'est dur à comprendre ?

Je lui fais un doigt d'honneur et me retourne pour donner sa note au prof.

—Drago Malefoy, cent pourcent.

Petit grognement de jalousie de tout le monde dans la classe et je rends sa feuille à mon voisin.

—Qu'est-ce que j'ai eu bon, au fait ?

Bien oui, c'est curieux. J'étais sûr d'avoir tout mal.

—Ton nom, il marmonne en lisant ses réponses. Où il est mon Bravo ?

—Tu as besoin d'être rassuré ?

Il me fait un air supérieur qui signifie très explicitement «Tu es jaloux-euh. Tra-la-la-la-la-euh ! » Du moins c'est ce que j'y comprends.

—C'est dans les lois des exposants, hein ?

—Certainement pas, il se moque.

—Quoi alors ?

—Disons que ce n'est pas non plus dans la quadratique. Abracadabra, hein ?

—Oui, ç'aurait pu !

—Dans la trigonométrie, cher génie.

Ah oui ! Les triangles. C'est vrai que j'étais pas mal là-dedans l'année passée. Je souris. Au moins ça me fera ça en moins à réviser pour l'examen à venir.

O

Cours de français avec les gars. Ron est au septième ciel, il n'en pouvait plus d'Hermione qui pleurnichait de sa note médiocre – quatre-vingt-quinze pourcent – qui est beaucoup trop en dessous de Malefoy. J'ai bien tenté de détendre l'atmosphère en lançant mon vingt-trois – ça a marché, les gars en pleuraient de rire – mais ça n'a pas fait lâcher le morceau à notre très chère future prof.

Toujours est-il que Ron, pour se remettre de ce dur repas avec sa copine, est tombé dans un profond coma dès que Flitwick a ouvert la bouche. Pour le camoufler un peu, Seamus, Dean et moi, on s'est mis en équipe avec lui et on différentie à peine ses ronflements avec la langue française. Il faut dire qu'on parle très mal français aussi. Il y a bien Seamus qui n'est pas trop mal – il est capable d'écouter tout un film sans en perdre une miette – et je pense qu'il doit nous sauver la mise. J'aurais dû prendre allemand ou espagnole seconde langue.

Et...euh...Que ferez-vous cette fin de la semaine ? (1)

Eh bien ! Dean n'a pas encore lâché le flambeau ! Il ne se débrouille pas mal au fond, son père est français, je pense, ou en tout cas, il vient d'un pays francophone. Je sais qu'on serait porter à croire qu'il aurait eu de la facilité grâce à cela…C'est qu'on se trompe foutrement bien.

—Heureusement qu'on s'en va en anglais après ça, marmonne Seamus en arrachant un page de son cahier.

—Parle pour toi, je suis avec McGo et Malefoy.

—Ah ouais ! M&M ?

On éclate de rire suite à la remarque de l'Irlandais. Je n'ai pas de mal à m'imaginer McGo dans un costume de rond et rouge avec l'acolyte Malefoy dans son déguisement jaune et ovale – celui qui a une cacahuète !

Seamus pli sa feuille dans une forme de bec – depuis quand il fait de l'origami, lui ? Pas très viril – et la rouvre ensuite en fleur pour écrire sur chacune des languettes. De son sourire imbécile, je peux deviner qu'il est en train de faire une autre de ses si célèbres débilités.

Il me fout son bec de je-sais-pas-quoi sous le nez en bramant :

—Choisis une couleur !

—C'est pas vrai, on fait, moi et Dean, incrédules.

—C'est pas une couleur.

—Seam', tu es un con fini. C'est stupide ce jeu, c'est bébé et c'est pour les filles, lui explique – avec raison – Dean.

—Tu es jaloux parce que je demande à Harry de le faire avant toi.

Dean roule des yeux et s'appuie confortablement dans son dossier de chaise en croisant les bras. C'est assez clair, il me semble, qu'il est mille fois supérieur à ce poireau de dix-sept ans qui agite son bec devant moi.

—Harryyyyy, fait-il d'une voix aiguë. Choisiiiiiiiiiiiis !

—Orange.

—O.r.a.n.g.e., il épelle en comptant sur son nouveau jouet. Choisis un chiffre !

—Sept.

—Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept. Choisis un chiffre encore !

—Quatre.

Il ouvre la petite case du chiffre quatre et siffle d'appréciation.

Tu vas rencontrer le grand amour ! (1)

Je le dévisage gravement un instant.

—Quoi ? je demande, perdu dans un néant d'incompréhension.

—Tu vas rencontrer le grand Amour, traduit Dean. Tu es stupide ou quoi ? Pourquoi tu écris un truc pareil ?

—C'est pas tout ce que j'ai écrit, se rembrunit Seamus. Mais après «tu pus du bec », «tu as un gros nez », «tu en as une toute petite » et «tu ronfles », j'avais largement fait le tour de mes insultes.

—Et donc tu prônes un peu de douceur dans ce monde plein de haine, rétorque avec sarcasme Dean.

Seamus acquiesce avec un large sourire.

—Choisis une couleur, s'exclame-t-il en pointant le bec coloré vers Dean.

Au bout d'un moment, ulcéré, Dean arrache des mains à Seamus la construction de papier et me la jette au visage en grognant que si quelqu'un osait encore lui pointer ce machin dessus, il lui arrachait la tête. Son sermon eut au moins le mérite de nous ramener Ron.

—Qu'est-ce qui se passe ? il demande.

—Rien, bougonne Seam'. C'est Dean, alias Sunshine Boy !

Ron me coule un regard complice et je souris pour le rassurer un peu. Il tombe tout à coup sur l'origami un peu froissé qui repose toujours à un pouce de mon coude et que je n'ose toucher.

—Oh ! C'est cool. C'est toi qui l'as fait?

Moi et mon Irlandais partons dans un fou rire pendant que Dean s'écrase le visage sur le bureau de frustration et que Ronny rigole sommairement, ne comprenant visiblement pas.

O

Quand on quitte notre salle, c'est dans l'hilarité la plus totale. Ron s'est écrié «Comment ça toute petite » devant tout le monde. Dans la classe, il n'y en a peut-être qu'un ou deux à l'esprit carrément tordu qui ont compris le sens de la phrase – c'est étonnant de voir à quel point les adolescents sont moins hormoneux à seize ans qu'à treize. Quoiqu'il en soit, moi, Dean – qui a fait des prouesses pour tenter de masquer vainement son fou rire – et Seamus, nous avons très bien compris ce qu'il en était et n'avons pas pu nous retenir. En chemin, Ron a bien tenté de refaire le jeu – c'est un têtu – mais par je ne sais quel miracle, il est tombé à nouveau sur «Tu en as une toute petite ».

Il roule le bec de canard en boulette et le jette dans une benne de recyclage. Quand il nous quitte, boudeur, Seamus nous avoue qu'ayant manqué d'inspiration, il a rempli quatre case avec «Tu en as une toute petit ».

Ils s'en vont dans leur rangée – ils sont dans le même casier – et je continu vers l'avant du bâtiment. Le vestiaire n'est pas trop rempli, les autres élèves doivent être chez les filles ou dans la cafet'. Je range mes affaires de français sur la tablette et sort mon classeur d'anglais. Je m'apprête à refermer le casier quand Indy rapplique en courant.

—Ferme pas !

—Ah ! Salut. Tu étais à un cheveu.

—Toujours chanceux dans mon genre.

Il me fait un sourire vainqueur et un clin d'œil avant de se pencher pour ramasser son agenda.

—Tu étais en Art Com ?

—Non, pourquoi ?

—Je ne sais pas. Tu viens de dehors et tu n'as pas tes affaires.

La petite lumière s'allume.

—T'AS SÈCHÉ ! je m'écrie, outré.

—Chut !

Je regarde autour, au moins il n'y avait pas de surveillant à défaut de tout plein d'étudiants. J'espère qu'il n'y a pas ces enfoirés de préfets…

—C'est con de sécher ta première journée.

—Autant le faire maintenant comme il fait relativement beau et pas encore froid. D'autant que les E.P.S. avaient cette période qui tombait.

Les E.P.S., ce sont des Etudiants de Programmes Spécialisés. Dans l'école, nous sommes tous divisés dans différentes branches, je suis en cinquième année en profile science, Hermione en profile science option humaine et Ron, Seamus et Dean sont en réguliers. Il y a aussi le profil humain et humain option science. Comme parfois, à cause d'options choisies dans les années précédentes, d'un excellent niveau en français ou d'un retard dans le programme qui empêcherait de recevoir son diplôme, on fait des E.P.S. Dans le fond, il y a beaucoup de retardataires et de gens brillants dans ce programme, mais les intellos ont toujours des périodes qui tombe dans la semaine, ce qui nous fait chier – nous le bas peuple normal – alors les E.P.S. sont nos bêtes noires.

Je vous avais dit que Malefoy était un E.P.S. ?

—De toute façon, c'est éducation physique que j'ai manqué. C'est pas important.

Quoi ! Il sèche un cours de sport ! C'est un blasphème ça, merde !

—Ne fais pas les gros yeux, il me fait en riant. J'ai un camp ce soir, après l'école, autant garder mes forces pour être pris dans l'équipe et vous détrôner, toi et Ron, au tournoi.

Ah ! Bien, dit comme ça, je peux comprendre et accepter.

—Faudrait pas trop rêver non plus, Indy. Troisième sur le podium en battant Blacksquare, peut-être.

Il me défit du regard, mais cette fois, je n'ai pas l'ombre d'un doute quant à ma victoire alors je le soutiens sans difficulté. Finalement, il éclate de rire et m'ébroue les cheveux.

La première cloche sonne.

Merde ! J'ai pas vu les autres à la cafet'.

—N'arrive pas en retard à ton cours, Harry, rigole mon compagnon de casier.

—Toi non plus, il ne faudrait pas que tu manques le coup de fils du secrétariat pour justifier ton absence.

—Je ne vois pas de quoi tu parles.

On s'envoie la main et je détale parce que je suis dans le fond et que je ne doute pas que McGonagall me fera regretter ma discussion.

En déboulant dans la classe, je bouscule Parkinson qui jure après avoir faillit se casser la figure. Je ne vois pas quel est son problème, elle a enfin une bonne raison d'être dans les bras de Malefoy.

—Je remonte dans la rangée et vais rejoindre Ron et Hermione qui m'appellent depuis le fond du corridor.

—Où tu étais ? commence Hermione.

—Je t'ai manqué ?

—Terriblement, elle fait comme une éplorée.

—Hé ! s'exclame Ron. Je suis là, je vous rappelle.

Hermione sourit en lui caressant le bras – c'est érotique ça ou je me trompe ? – puis se retourne vers moi.

—Alors ? Tu as osé te faire d'autres amis ?

—Je plaide coupable. J'étais avec Indy, au casier. On a commencé à parler un peu ensemble et on n'a pas vu le temps passé.

—Comment va-t-il ? me demande Ron, un peu grinçant.

Il est jaloux. C'est flatteur.

—Il n'est pas allé en troisième et s'est tenu avec les E.P.S.

—Ils font chier, ceux-là !

Je rigole tandis qu'Hermione lui assène un regard noir. Elle était un E.P.S. pendant un temps, puis elle a fait le programme performance un an et depuis se cantonne à notre bon vieux programme.

—Mr Potter, m'appelle la prof, très sèchement. Voulez-vous bien regagner votre place ?

Je réalise seulement maintenant que les autres sont assis et qu'ils attendent.

Il suffisait de le demander, je ne suis pas du genre à m'imposer.

Je salue mes amis et longe le mur jusqu'à ma place, près de Bailey. Elle a un écouteur enfoncé dans l'oreille et me regarde avec un gros sourire. Elle me salue et je lui réponds, tout content.

—C'est pas vrai ! siffle Malefoy en levant les yeux au ciel. Tu peux arrêter de flirter qu'on commence.

—Ne sois pas si jaloux…tu n'as qu'à me le demander pour que je te salue aussi, tu sais bien.

Je lui fais un clin d'œil gourmant et il me foudroie du regard alors que la classe se met à rire de lui.

—Était-ce vraiment nécessaire, Potter, soupire McGonagall, excédée.

Oulà ! On commence mal si elle est déjà à bout de nerf. Elle doit s'être faite les quatre périodes en ligne, elle aussi.

Je hausse les épaules en signe d'excuse et me laisse glisser plus bas dans ma chaise, choisissant le profil bas. Suite à cela, elle nous demande de sortir une feuille, parce qu'elle va nous faire une dictée. L'annonce est accueillie par la classe de la même façon qu'en math ce matin, mais la sévère professeur coupe froidement cours aux jérémiades et entame la dictée.

Je m'en fiche, je suis un pur génie de l'orthographe et je suis tout à fait d'humeur à rattraper mon sale vingt-trois pourcent de ce matin.

La partie de Scrabble. – A la ligne – Aimez-vous comme moi ce jeu quelque peu snobé par l'intelligentsia ? Êtes-vous plutôt des verbicrucistes ou des mots-croisistes ? Ou…(2)

D'accord…ça commence bien.

—(…) mais le français depuis toujours – à la ligne – est fait pour les chansons d'amour.(2)

Merde ! Chanson, un «S » ou deux ? Un.

Pas facile, d'où elle l'a sortie, celle-là ?

—Bien, fait-elle pour couper court au semblant de conversations qui reprenaient. Je ramasse le brouillon, je veux y voir une quelconque méthode d'autocorrection – surlignage, flèches, absolument tout – et recopier-la au propre à double interligne. Vous avez tout le reste de la période pour corriger. Les dictionnaires sont dans l'étagère.

Long silence médusé dans les rangs. Doucement, une ou deux personnes se lèvent pour aller prendre un dictionnaire, s'en suit d'autres moutons. Je ne suis pas très chaud à l'idée d'avoir à faire de l'autocorrection…c'est une perte de temps !

Je lève ma main.

—Oui, Mr Potter, elle soupire, lasse.

—C'est vraiment indispensable la méthode ? Parce que je peux…

—Oui, Mr Potter, elle me coupe sur le même ton que précédemment. C'est obligatoire.

—C'est long pour rien, intervient Malefoy.

McGonagall promène son regard meurtrier de lui à moi, s'il y a une chose qu'elle ne laissera pas faire au courant de l'année, c'est bien une mutinerie. Plus on insiste et moins il y a de chance qu'elle ne cède.

—Messieurs, si je n'ai pas votre brouillon avec la méthode d'autocorrection, vous n'aurez rien de plus rien de moins qu'un zéro pointé. Quand bien même votre propre ne comporte pas une faute !

On se la ferme, mais ce n'est que partie remise. Je ne me taperais pas le surlignage toute l'année et y croire serait bien mal me connaître.

À côté de moi, Bailey est totalement allongée sur son bureau, les yeux mi-clos, elle souligne distraitement quelques mots qu'elle relie à d'autre par de longs traits. C'est aussi ce que je vais faire – avec un tant soi peu de propreté, quand même – mais je doute qu'elle ait écouté la moitié de ce qu'à déblatérer McGonagall. Non pas que je sois mauvaise langue ou que je la juge par son allure ; c'est le dessin qu'elle a fait dans tout le bas de sa feuille pendant que la prof lisait qui me donne ces idées.


À suivre...


(1) Ils prennent des cours de "français" étant donné qu'ils sont supposés être en Angleterre alors en italique, c'est en français dans le texte.

(2) Extrait de la "Dictée des Amériques", La partie de Scrabbles par Luc Plamondon. Je n'avais pas envie de me mettre à relire toutes mes lectures d'école pour trouver un passage dure avec des mots vraiment inimaginable digne de McGonagall alors j'ai été prendre ça sur le site officiel.

STH