- Tu as acheté de la poudre rouge au moins ?
Je fronçai les sourcils et baissai mon regard vers le sac que je tenais à la main. Il était rempli de gadjets, de bonbons et d'objets pour faire des blagues du magasin où nous venions d'aller : Farces & Attrapes. J'avais l'impression de revenir une gamine là dedans. Mes yeux pétillaient devant toutes ces merveilles et mon cerveau se mettait à tournerà plein régime pour penser aux nouvelles farces que je pourrais inventer. C'était un peu ma caverne d'Ali Baba à moi.
- Pourquoi est-ce que j'aurais acheté de la poudre rouge ?
- Parce que tu m'en dois une.
J'allais riposter lorsqu'il plaqua son bras sur le mur auquel je m'appuyais. D'extérieur, ça ressemblait à une technique de drague. Pourtant, je savais que Sirius faisait juste ça pour m'empêcher de filer. Malgré moi, ça me rendait mal à l'aise.
- Ne fais pas l'innocente avec moi, j'ai mes sources.
- Sources ou pas, je ne t'achèterai pas de la poudre rouge. Je n'ai plus de sous.
- Ça coûte juste deux noises !, grogna-t-il.
- Mes poches sont vides, dis je en lui sortant celles ci pour lui prouver.
Il leva les yeux au ciel et enleva son bras. Libération. J'en profitai pour me dégager du mur, qui n'avait rien de confortable. Je jetai un coup d'oeil aux alentours. Nous étions allés dans presque tous les magasins. Où pouvions nous aller à présent ? Il nous restait encore une bonne heure avant de devoir partir de Pré-au-Lard.
- Au Chaudron Baveur, pardi !, s'exclama Sirius lorsque je lui posai la question.
Ah, le Chaudron Baveur, pensai je tandis que Sirius me guidait vers celui ci. Mon lieu préféré à Pré-au-Lard, sans hésitation. On y rencontrait toujours d'anciens amis qu'on ne croisait plus trop, étant donné que la moitié de Poudlard s'y rendait lors des sorties à Pré-au-Lard. Je me souvenais y être allée de nombreuses fois : avec Lily, Pratus, des petits amis et encore d'autres amis, que je ne voyais plus trop ces temps ci. Mais jamais toute seule avec un type sans que ce soit mon petit ami, excepté avec Pratus.
Mais c'était différent.
Là, il s'agissait de Sirius Blck. Un type tout à fait odieux et que je détestais. Et voilà que je me retrouvais à commander une bièraubeurre avec lui. Si on m'avait dit ça il y a quelques mois, j'aurais rigolé. Encore aujourd'hui, ça me faisait rire. Mais un peu moins. Oui, parce que le souci c'était que durant cette sortie à Pré-au-Lard ou même durant ces deux derniers mois, je m'étais rendue compte qu'il n'était peut être pas si détestable que ça. Et aujoud'hui, j'avais même rigolé à ses blagues. Pas de doute, je devais être atteinte du syndrôme que Lily. Version plus bénigne quand même, de là à dire que j'étais tombée amoureuse de Sirius Black, il ne fallait pas exagérer. Juste qu'il me semblait à présent possible de l'imaginer comme un ami.
- A quoi tu penses ?, me demanda-t-il.
- A rien du tout, répondis je, un peu trop vite.
Il leva un sourcil, pas dupe. Puis son sourire narquois se forma sur son visage. Oh. Mon. Dieu.
- Arrête de sourire comme ça, tu ressembles à un macaque défiguré.
- C'est la première fois qu'on me dit ça, me dit il, étonné, tout en enlevant ce stupide sourire de son visage. D'habitude, toutes les filles craquent avec ce sourire.
Tu m'étonnes.
Mais je me contentai de lever les yeux au ciel et il s'adossa nonchalement sur le siège. Il passa ses bras derrière sa tête, faisant ressortir ses bras musclés.
- Alors, qu'est-ce que tu as pensé de cette journée ?
Question piège.
- Ça va, dis je en haussant les épaules.
- Allez, tu peux tout simplement dire que tu as adoré !
- Ne m'oblige pas à mentir.
Il éclata de rire et je sursautai. Quoi ? Qu'est-ce qu'il y avait de drôle ? J'avais un truc collé sur le visage ? Oh, je sais : je devais avoir la moustache dessinée à cause de la bièraubeurre. Je me passai la main sur la bouche discrètement mais son rire ne fit que redoubler.
- T'es un vrai phénomène toi !, s'exclama-t-il.
J'haussai un sourcil. Comment est-ce que je devais le prendre ?
Heureusement pour moi, il s'arrêta peu à peu de rire et nous pûmes retrouver une conversation normale. Enfin, "normale".
- Alors comme ça, Lily m'a dit que vous aviez été attaquées par des Mangemorts ?
- Je ne pense pas que ça te regarde, répondis je en me tendant. Et puis, même si ça te regardait, je me vois mal me confier à un Black.
Oups. C'était peut être la chose à éviter de dire. Ses yeux s'assombrirent et il me jeta un regard noir.
- On ne choisit pas sa famille, siffla-t-il. Je croyais que tu allais au delà des préjugés. Après tout, tu es une sang pur aussi.
- Sang pur peut être, mais mes parents ne croient pas vraiment à la supériorité d'un sang et moi non plus. C'est pour cela que la plupart des autres familles nous considèrent comme des traîtres à leur sang. La dernière fois que j'ai rencontré ta mère, j'en ai gardé un mauvais souvenir. Tu pourrais très bien être en train de jouer à un jeu pour mieux pouvoir me tuer lorsque tu aurais ma confiance.
- C'est fou ça, je croyais pourtant que tout Poudlard était au courant que j'avais déménagé chez James il ya deux ans.
- Tu vis chez lui ?, demandai je, surprise.
- J'y ai vécu un an. J'ai ma propre maison maintenant.
- Et comment tes parents ont réagi ?
- Ils m'ont déshérité.
- Pourtant, tu as ta propre maison maintenant. Comment est-ce que tu fais pour subvenir à tes besoins ?
- Mon oncle, Alphard Black, m'a tout donné. Il pensait pareil que moi. C'est bon, l'interrogatoire est fini ? J'ai ta confiance maintenant ?
Je soupirai. Maintenant qu'il m'avait tout dit, il fallait que je fasse de même. Je m'apprêtai à ouvrir la bouche pour tout lui raconter lorsque je m'arrêtai net.
- Ecoute, dis je, ce n'est pas contre toi mais je ne suis pas sûre que le dire au milieu d'un lieu noyé de monde où traînent des oreilles attentives soit une bonne idée.
- Est-ce que tu serais en train de me fixer un autre rendez-vous, Delâtre ?
Je rigolai. C'était grotesque ! Moi, fixer un autre rendez-vous à Black ? Il allait un peu trop loin, là ! Sauf que mon rire ne résonna pas comme un rire normal dont j'avais l'habitude. On aurait plutôt dit un gloussement de dinde, comme le font toutes ces filles avec Black. Je faillis m'étouffer sur place en me rendant compte de cela. Heureusement, il ne sembla bien remarquer et il rigola à son tour, comprenant son erreur. Et j'entendis pour la première fois le rire de Black - grave, semblable à un aboiement - destiné à ma personne tout entière. Et je ne pus m'empêcher de lui sourire.
- Bon, le match est samedi. On va intensifier nos entraînements : ils seront à présent tous les soirs. Et pas d'excuses pour ne pas venir !
- Dis donc Potter, sifflai je, j'espère que ça vaut aussi pour toi et Sirius : vous passez votre temps à être collés et on loupe pas mal d'entraînements à cause de ça.
- Bien sûr. Cette semaine, nous ferons notre possible pour être tranquiles.
J'hochai la tête, satisfaite et Potter me sourit. Je grimaçai. Il ne faisait que faire ça depuis samedi, jour de la sortie à Pré-au-Lard. J'en étais rapidement venue à la conclusion qu'il s'était passé quelque chose avec Lily et qu'il essayait de s'attirer les bonnes grâces de sa meilleure amie. Sauf que Lily restait muette à ce sujet. Elle se contentait de l'esquiver, chose assez frustrante.
Je me dirigeai vers les vestiaires pour me changer. J'étais lessivée. Avec ma journée abominable et cet entraînement de quidditch, j'avais juste envie d'aller me blottir dans mon lit.
- Alors, cet entraînement de quidditch ?, me demandèrent Pam et Louanne lorsque je rentrai dans les vestiaires.
- Super!, leur répondis je en souriant.
- Tu n'as toujours pas reparlé à Black ?
- Non. Mais il faudrait que je le fasse, dis je en me rappelant que je devais lui parler des Mangemorts.
- Ah, enfin tu avoues ton attirance envers lui !, s'exclama Pam.
Je secouai la tête. Elles étaient pas possibles, ces filles. J'aurais mieux fait de ne pas leur parler de ma sortie à Pré-au-Lard avec lui. Elles étaient à présent convaincues que j'étais amoureuse de Black. Quelle idée.
- Ça n'a rien à voir, je vous l'ai déjà dit.
- Tu as une mine défaite, intervint Louanne. Tu es sûre que tu vas bien ?
- Oui, ça va. Je suis juste très fatiguée.
- Tu ferais mieux de te reposer un peu cette semaine alors.
- Ça va être compliqué, grimaçai je, Potter nous a collé des heures d'entraînement tous les soirs. C'est le match contre les Poufsouffles qui le stresse on dirait.
- En plus, ça sera ton premier match !, s'extasia Pam.
- Eh oui ! J'espère que je serais à la hauteur.
- Pas de doute là dessus!, s'exclamèrent elles en même temps, ce qui me fit sourire.
Je finissai de me changer et sortis des vestiaires. Nous nous dirigeâmes vers le dortoir des Gryffondor et firent signe à Pam lorsqu'elle nous quitta pour rejoindre le sien. Lorsque nous arrivèrent dans le notre, Lily était déjà partie commencer sa ronde - James avait réussi à convaincre Mc Gonagall de nous laisser le couvre feu plus tard pour les entraînements de quidditch.
- Tu ne sais toujours pas ce qu'il s'est passé entre elle et Potter samedi ?
- Non, elle refuse toujours de me le dire.
- Etrange, dit elle d'une voix bizarre.
Je me retournai vers elle et en un sourire nous nous comprîmes. Nous courrîmes hors du dortoir.
- Il ne faut pas trop faire de bruit si on veut les surprendre, chuchota Louanne.
- Et pour ne pas être surprises aussi, j'ajoutai.
Nous marchions dans les couloirs sombres de Poudlard. Le château me paraissait toujours moins accueillant la nuit que le jour : il n'y avait plus les bruits des élèves, plus les fantômes, plus de vie. C'était un tout autre lieu.
Au bout de plusieurs minutes de recherche, les deux préfets en chef étaient toujours introuvables. Je fronçai les sourcils.
- On dirait qu'ils ont disparu, soufflai je.
Soudain, nous entendîmes derrière nous. Nous nous arretâmes de bouger un instant avant de nous planquer près d'une statue. Mon coeur battait à vive allure et je ne pouvais m'empêcher de repenser aux deux Mangemorts avec une peur croissante. Derrière moi, Louanne arrêta de respirer. Je resserai ma baguette. J'étais une Gryffondor, que diable ! Je sortis de notre cachette et pointai ma baguette vers les nouveaux arrivants.
- Lumos !
Le sortilège éclaira les trois personnes en face de moi et je fronçai les sourcils.
- Par Merlin, quu'est-ce que vous foutez là ?, m'exclamai je
- Je te retourne la question, Tess, me répondit Sirius en fronçant les sourcils et en baissant sa baguette.
Les deux garçons derrière lui, que j'identifiai comme Remus Lupin et Peter Pettigrow, baissèrent eux aussi leur baguette et Louanne fit de même.
Nous nous dévisageâmes, Sirius et moi, méfiants.
Puis, nos traits se détendirent, sans que nous puissions savoir pourquoi.
- Ne me dites pas que vous avez eu la même idée que nous ?, lançai je avec un sourire moqueur.
- Si vous êtes en train de chercher James et Lily pour savoir où ils en sont aussi, alors si, rigola Sirius.
Et c'est comme ça que nous nous retrouvâmes tous les cinq en train de chercher Lily et James. Nous essayions de faire le moins de bruit possible, lorsque nous entendîmes cette fois ci une discussion. J'identifiai immédiatement la voix de Lily et celle de James. D'un même mouvement, nous nous arretâmes avant de tourner. Nous passâmes notre tête pour pouvoir les voir. On se serait cru dans un film, à voir des têtes apparaîtrent au furet à mesure au dessus des autres. Je me retrouvai compressée entre Sirius et Louanne comme un sandwitch. Mais je ne me plaignais pas. Le dos de Sirius était musclé et il était plutôt barraqué.
Je m'intéressai alors à la scène qui se déroulait sous nos yeux. Lily et James étaient assis sur un petit muret en pierre qui donnait sur le parc de Poudlard et ils étaient éclairés par la lune. Mais je n'arrivais pas à saisir leur conversation.
- Qu'est-ce qu'ils disent ?, chuchotai je.
- Impossible d'entendre, grogna Remus.
Je poussai un juron. Si j'avais su, j'aurais apporté mes oreilles à ralonge. Soudain en face de nous, James se baissa vers Lily et l'embrassa tendrement sur la bouche et elle lui rendit son baiser. J'ouvris grand la bouche et les yeux.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?, demanda Peter derrière nous. J'arrive pas à voir, laissez moi une place !
Je ne sais pas comment nous nous débrouillâmes, mais je me sentis soudainement tomber en avant et nous atterîmes les uns sur les autres par terre, comme des crêpes dans un grand bruit. Lily et James sursautèrent et se retournèrent vers nous. Ce devait être comique.
- Qu'est-ce que vous faites là ?!, s'énerva Lily en sautant du muret. Non mais vous vous rendez compte ?! Vous enfreignez le réglement, là ! Et toi aussi Louanne tu fais partie de l'expédition ?! Ah, je ne t'aurais pas cru comme ça !
Je jetai un regard d'excuse à Louanne : à cause de moi, son déguisement était fichu. Elle me fit un clin d'oeil. Elle avait l'air de s'en contrefoutre.
- Et relevez vous !, s'exclama-t-elle.
Peter se dégagea de Remus, sur lequel il était tombé, Remus de Louanne, Louanne de moi, moi de Sirius. Lily commença son discours pour nous réprimander. J'en profitais pour l'observer. Elle était vraiment toute rouge. Je me demandais si c'était du au fait qu'elle était énervée ou si elle était embarassée que nous l'ayons surprise avec James. Derrière elle, celui ci avait d'ailleurs un petit sourire en coin. Je lui jetai un regard plein d'interrogation et il me répondit en levant le pouce. Ainsi, ils sortaient ensemble.
- Tessa ! Je vois très bien que tu ne m'écoutes pas, tu fais des signes à James ! Je peux savoir pourquoi vous êtes ici avant de vous retirer des points à chacun d'entre vous ?!
- On voulait vous espionner, expliqua Sirius en passant ses bras derrière sa tête comme à son habitude, James ne voulait pas nous dire ce qu'il s'était passé lors de votre sortie à Pré-au-Lard et apparement tu n'as rien dit à Tessa et son amie non plus.
- Eh bien j'espère que vous avez eu votre réponse !, siffla Lily.
- Oh oui, on l'a eue, lui répondis je en souriant.
Lily devint encore plus rouge et se mit à bafouiller. James passa son bras autour de ses épaules et sourit.
- Eh ouais, on est ensemble, lança-t-il.
- Pas trop tôt mec, sourit Sirius.
Le lendemain, je bassinai Lily dessus.
- Mais pourquoi est-ce que tu ne me l'a pas dit ?
- Parce que je n'étais pas sûre jusqu'à hier soir ! J'avais peur qu'il regrette son baiser.
- Lily ! Ce type t'aime depuis la fin de notre cinquième année ! Comment tu pouvais encore douter de lui ?
- Je sais pas. Je... j'avais peur. Et puis, c'est la première fois que je suis vraiment amoureuse.
- Si ça se trouve c'est le bon !, s'exclama Julia derrière nous, notre quatrième camarade et amie de dortoir. Vous allez vous marier, avoir des enfants et vieillir ensemble !
Enfin, Julia était l'amie de Lily, pas la mienne. Je n'avais jamais trop aimé cette fille et je prenais un malin plaisir à lui lancer des pics. Elle était trop superficiel et naïve pour que je puisse bien m'entendre avec elle ! A côté de nous, Louanne leva les yeux au ciel.
- Tu crois encore au prince charmant toi, lança-t-elle en plissant les yeux. Arrête de te faire des films, on est pas au pays des boursouflets.
Tiens, Louanne aussi semblait ne pas l'apprécier. Je ne pus m'empêcher de sourire. Décidémment, j'aimais vraiment bien cette fille.
- Elle a raison, approuvai je. C'est trop tôt pour dire cela, il ne faut pas trop s'emballer.
- Un peu d'espoir c'est pas mal quand même, s'énerva Julia. Vous êtes bien du même sac toutes les deux.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?, intervint Lily en fronçant les sourcils.
- Je veux dire par là, Lily, qu'on ferait mieux de traîner ensemble sans ces deux là. Je ne les ai jamais aimé et j'ai toujours su que Louanne cachait bien son jeu. Elles nous font perdre pleins de points et elles enchaînent les mecs. Ce sont des traînées. En plus Tessa, tu as dragué Sirius alors qu'il était avec Louise. T'es vraiment pourrie jusqu'à la moelle.
Un silence s'abbatit sur la salle commune de Gryffondor. Je me sentis bouilloner de l'intérieur et m'apprêtais à me jeter sur elle en même temps de Louanne lorsque Lily nous retint toutes les deux.
- Tu ferais mieux de retirer ce que tu as dit Julia, déclara Lily d'une voix extrêmement calme.
- C'est hors de question, je le pense et je...
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que Lily lui assenaistune claque magistrale. Julia se mit la main sur la joue et regarda Lily, horrifiée.
- Julia !, s'exclama deux voix féminine en accourant vers nous.
J'identifiai immédiatement Louise, l'ancienne petite amie de Sirius et une fille, blonde aux yeux marrons, qui, si je me souvenais bie, s'appelait Mona Joueb.
- Non mais tu es folle ?, s'exclama Louise à l'adresse de Lily. Tu vas voir !
Elle n'eut même pas le temps d'essayer de lever la main sur Lily que je lui donnai un coup de poing dans le ventre. Louanne s'occupa de Mona. Une bataille entre nous six éclata alors et il fallut pas moins de dix élèves de Gryffondor pour nous stopper.
- On va venger, vous allez voir !, nous jura Louise en partant, suivie de Julia et Pam.
Nous mîmes quelques secondes à bouger après leur départ de la salle. Finalement, je me retournai vers mes deux amis. Nous nous regardèrent un instant avant d'exploser de rire. Je les pris toutes les deux dans mes bras.
- Nous trois, on va former un trio de choc !, m'exclamai je.
- Ouais, rigola Louanne. Avec la gifle que tu as collé à Louise, je te considère déjà comme une amie, Lily !
- Je n'ai pas supporté qu'on vous insulte !, pouffa-t-elle.
Je serrai le manche de balai dans ma main tandis que la foule criait. Le rouge et le or contre le jaune et le noir. Gryffondor contre Poufsouffle. Le match. Et j'étais stressée comme pas possible. J'avais terriblement peur de tout louper et de faire perdre mon équipe. Mon aversaire, John Juilent, était, m'avait on dit, très fort. Et moi, j'étais juste la petite nouvelle. Je devais encore faire mes preuves. J'inspirai bon coup.
- A vos balais !, s'exclama la voix dans l'interphone.
La seconde d'après, je me retrouvai dans les airs. Et le match commença. J'analysai rapidement la situation : James ne s'était pas trompé sur les dispositions des Poufsouffles et nous étions donc avantagés sur ce points. Ainsi, au bout d'à peine cinq minutes de jeu, James marquait notre premier point.
Le temps passait un peu trop rapidement à mon goût. Et ce foutu vif d'or n'avait toujours pas fait son apparition. Poufsouffle gagnait à présent, suivit de près par Gryffondor. John Juilent, lui, ne semblait pas trop se soucier du match mais il prenait un malin plaisir à me tourner autour et à me lancer des sourires charmeurs. Sauf que j'étais bien trop stressée pour m'en sentir flattée.
Soudain, quelque chose attira mon attention. Un petit truc couleur or qui se baladait tranquilement en dessous des gradins. John Juilent ne l'avait pas remarqué. Ni une, ni deux, je m'élançai le plus vite que je pouvais vers le vif d'or. Je frôlai ses ailes et poussai un juron. Je l'avais loupé. Pourtant, il n'était pas question que j'abandonne. Je me mis à le suivre, mais il allait diablement vite. Et je sentais John Juilent à mes arrières, qui me talônait. Le vif d'or monta subitement en haut et je fus obligée de me cramponer à mon balai pour ne pas tomber tellement j'étais à la verticale. Et il continuait de monter. Puis soudain, il se mit brutalement à descendre. Je descendis à mon tour en pic et croisai au passage John Juilent, qui montait. Je ricannai. Puis poussai un cri en me rendant compte que je fonçais droit devant un Poufsouffle. Je l'évitai de justesse - mais il eut le ton de sentir sa dernière heure arriver. Le vif d'or zigzaguait à présent parmi les poursuiveurs et les batteurs et j'étais obligée de faire très attention. Un cri derrière moi m'informa qu'un cognard fonçait droit sur moi et je l'évitai de justesse en roulant sur mon balai.
- Et c'est une magnifique roulade du Paresseux que vient de nous effectuer le tout nouveau attrapeur de Gryffondor, Tessa Delâtre !, s'extasia le commentateur.
En sentiment de fierté s'immisca en moi tandis que je poursuivais toujours le vif d'or. C'était James qui m'avait appris cette figure et j'étais contente qu'elle m'ait été utile. Mais ce sentiment fut bien vite balayé lorsque je me rendis compte que le vif d'or avait disparu. Je grognai. Bon sang, où est-ce qu'il était passé ? John l'avait apprement trouvé puisqu'il descendu en pic vers un endroit précis où j'aperçus effectivement le vif d'or. Sans réfléchir plus d'une seconde, je piquai vers le sol à mon tour. John était un poil devant moi. J'accélérai tant bien que mal. Ce n'était pas très recommandé et je risquais de me casser plusieurs os sur le sol si je n'arrivais pas à remonter mon balai à tant, mais mieux valait ça que ce crétin attrape le vif d'or. La balle était à quelques millimètres de mes doigts et j'accélérai encore. Le sol se rapprochait dangeureusment et John arrêta son balai, jugeant certainement cela trop dangeureux. A deux mètres du sol, le vif d'or tourna vers la gauche et descendis encore un peu, frôlant l'herbe. Je fis de même. Le vif d'or était un peu plus bas, mais mes pieds m'empêchaient d'être à sa hauteur à cause de leur proximité avec le sol. Je pinçai mes lèvres et me mis debout sur mon balai, avec un équilibre vraiment douteux.
Si je m'écrasais, s'en était fini pour moi.
Je me concentrai sur le vif d'or à quelques millimètres de moi, préférant ne pas trop m'attarder sur les risques que je prenais. Je le frôlai des doigts, encore une fois. Sauf que cette fois ci, il n'allait pas m'échapper. Il remonta de deux mètres et j'eus l'occasion qu'il me fallait : je sautai hors de mon balai attrapai ainsi le vif d'or, tandis que mon corps tombait et que l'arbitre sifflait la fin du match. J'attrapai le manche de mon balai avec une main au dessus de moi in extremis. Je pouvais sentir l'herbe courir sous mes pieds. J'arrêtai mon balai et fus vite rejointe par les autres membres de mon équipe qui me sautèrent dessus pour me féliciter.
- C'était dément !, s'extasia James. Heureusement que je t'ai prise dans l'équipe, tu es super forte !
Bientôt, je fus noyée sous une foule de Gryffondors qui nous fêtaient notre victoire. J'étais tellement heureuse en cet instant que j'aurais pu mourir de bonheur.
Je me relevai le lendemain, avec un mal de tête affreux. Ça me faisait toujours ça après avoir trop bu. Mes camarades de dortoir n'étaient plus dans leur lit et je jetai uncoup d'oeil à l'heure : 13h. Tu m'étonnes qu'elles ne soient plus dans leur lit. Je soupirai et attrapai ma baguette pour faire disparaître ce mal de tête. La seconde d'après, je me sentais comme une fleur. Je fis tranquilement mon lit et me préparai. Lorsque j'eus fini, j'écrivai une lettre à mes parents pour leur donner des nouvelles et me rendis à la volière, où j'envoyais mon hibou, Grejen. Lorsque je sortis de la volière, je fus surprise de tomber nez à nez avec Pratus.
- Tessa!, s'exclama-t-il en me voyant. Bravo pour ta performance hier, c'était génial ! Tu m'as bluffé !
- Tu es venu voir le match ?, demandai je, surprise. Je croyais que tu détestais le quidditch !
- Je le déteste toujours, mais il fallait bien que je vois ma meilleure amie jouer !
Je lui sautai dans les bras en le remerciant et il rigola.
- Allez, descends maintenant petit koala !
- Un koala ?, demandai je tout en restant accrochée à lui. C'est quoi un koala ?
- C'est un animal qui fait exactement pareil que toi, sauf sur arbre ! Non sérieusement Tessa, il faut que j'envoie une lettre, descends !
- Non.
Un raclement de gorge se fit derrière nous et je me retournai pour voir qui venait ainsi nous déranger. C'était Lily et les Maraudeurs, qui nous dévisageaient. Ils semblaient avoir mieux récupéré que moi la petite fête d'hier. Je me détachai de Pratus, mal à l'aise, et il en profita pour s'éclipser.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?, leur demandai je.
- Tu es convoquée chez le directeur, soupira Lily.
- Ah bon ? Pourquoi ?
- J'en sais rien, j'espèrais que tu allais me le dire en fait.
- Et je suis convoqué tout de suite ?
- Oui. McGonagall m'a dit de t'accompagner. On se rejoint tout à l'heure, les garçons.
Le chemin jusqu'au bureau du directeur se déroula sans un mot. Lily semblait se faire bien trop de soucis pour moi, et lorsqu'elle s'arrêta devant la statue et prononça le mot de passe, elle me lança un regard soucieux.
- Arrête de t'inquiéter pour rien, Lily. Je te promets que je n'ai rien fait de mal, tout va bien se passer.
- J'en sais rien, soupira-t-elle. Tu me raconteras lorsque tu sortiras. Je vais à la bibliothèque.
J'hochai la tête et grimpai les escaliers, le coeur battant. Ce n'était certes pas la première fois que j'étais convoqué chez Dumbledore, mais les fois d'avant, j'étais consciente d'avoir fait une bourde. Or là, je ne savais pas pourquoi Dumbledore me convoquait. Je soupirai et poussai la porte. Il n'y avait personne. Elle était bien bonne celle là : il me donnait rendez vous et il n'était même pas là ! Je m'assis sur un siège, tout en observant la salle. Le bureau était décoré à l'outrance, il y avait des objets de partout. Des tableaux des anciens directeurs de l'école étaient accrochés sur les murs et l'un d'eux attira mon attention. Je m'approchais et l'observai, ce qu'il ne sembla pas trop apprécier.
- Qu'est-ce que vous avez à me regarder comme ça, vous ? me demanda l'homme, âgé d'une quarantaine d'année.
- Vous ressemblez à quelqu'un que je connais. Comment vous appelez vous ?
- On ne vous apprend pas l'histoire de Poudlard ? Je suis Phineas Black !
- Je me disais aussi, grognai je en me rasseyant. Vous lui ressembliez un peu trop.
- A qui donc ?
- Sirius Black. Votre arrière arrière arrière petit fils, si je ne me trompe pas.
- Vraiment ? Et en quoi est-ce que je lui ressemble ?
- Vous êtes plutôt beau, comme lui. Vous dégagez la même chose, c'est difficile à expliquer. Je crois que tout les Black ont un certain charisme. Du moins ceux que j'ai connu.
Même cette méchante femme, Wallburga Black, si je me souvenais bien. La mère de Sirius. Une femme vraiment terrible au physique pourtant très agréable qui ne laissait rien penser de sa folie pour les sangs purs. Je me souvenai encore lorsque mes parents et elle s'étaient croisés au chemin de traverse.
- Et puis je vous demander votre nom ?, me demanda Phineas.
- Tessa Delâtre.
- Oh je vois, l'illustre famille Delâtre. Quoiqu'elle ait perdu de sa renommée, m'a-t-on dit. Voyez vous, j'ai connu votre arrière arrière grand mère. Une femme tout à fait charmante, quoiqu'un peu originale quelque fois. Mais d'un charme exceptionnel. On lui aurait donné le monde. Moi du moins.
- Vous étiez son époux ?, demandai je, surprise.
- Si j'étais son époux ? Vos parents ne vous apprennent donc pas l'histoire de votre famille ? Ah les jeunes ! Mais pour répondre à votre question miss, non je ne me suis pas mariée avec elle. Mais croyez moi que j'aurais aimé. Vous lui ressemblez beaucoup d'ailleurs. Même énormément. Les même yeux gris, la même chevelure blonde, presque blanche. Mais vous êtes plus jeune tout de même !
- Je vais sur mes dix-huit ans vous savez !
- Dix huit ans ? Par la barbe de Merlin, vous êtes bientôt en âge de vous marier alors. Dîtes moi, qui vos parents ont-ils choisit pour être votre futur mari ? Si ce n'est pas trop indiscret bien sûr.
- Personne !, m'offusquai je. Mes parents ne décideront pas avec qui je vais me marier, c'est vieux jeu vous savez. La famille Delâtre a cessé de faire des mariages arrangés dans le seul but de préserver un sang soit disant pur.
- Voilà qui explique pourquoi elle a perdu de son prestige.
- Vous n'avez pas l'air étonné, lui fis je remarquer.
- Votre arrière arrière arrière grand mère pensait déjà cela à l'époque. C'est ce qui faisait tout son charme. J'aurais tout de même était ravi que vous vous mariez à Sirius, vous auriez été comme elle et moi dans notre jeunesse. Tiens, mais voilà Dumbledore qui arrive. Je vous laisse.
Il partit de son tableau, ne me laissant pas le temps de protester. Je grognai et me retournai vers Dumbledore, qui me souriait devant son bureau, les bras croisés dans le dos.
- Alors Tessa, vous venez de faire connaissance avec Phineas ?
- Oui, apparemment. Vous savez ce qu'il s'est passé entre lui et mon arrière arrière arrière grand mère ?
- Oh, c'est une longue histoire. Laissons le passé là où il est. Faire revenir les morts n'est jamais une bonne idée, surtout après si longtemps. Phineas n'aurait pas aimé que vous sachiez cette triste histoire.
- Qu'est-ce qui lui ai arrivé ?, insistai je.
Mais Dumbledore secoua la tête. De toute évidence, il ne me raconterait pas cette histoire. Je soupirai et reprenai place sur le fauteuil.
- Vous vouliez me parler, professeur ?
- Oui, oui. Je voulez vous parler de l'incident qui s'est passé il y a déjà une semaine.
Je me tendai, inévitablement.
- Tout d'abord, je voulais vous remercier. D'après ce que m'a dit votre amie, Lily Evans, Voldemort -je frissonai à ce mot- voulait s'emparer de l'épée de Gryffondor. Savez vous pourquoi ? Mademoiselle Evans m'en a déjà parlé, mais j'aimerai avoir votre version des faits.
