Note de l'auteur : Bonjour tout le monde ! Désolée pour le chapitre de cette semaine qui arrive un peu tardivement, j'ai été honteusement traînée de force au restaurant à l'encontre de mon plein gré... Puis faire du shopping, menottée et bâillonnée à la Loki... pour essayer une magnifique robe en dentelle, mais bien sûr ils n'avaient pas la couleur que je voulais dans ma taille... Bref.
Ce chapitre est passé par la bêta-lecture, mais je dois avouer qu'ensuite je n'ai fais que le survoler avant de le poster ( histoire de ne pas le poster en soirée quoi, parce que ce soir j'ai des projets épiques impliquant une tasse de thé, mes cours de philo et mon humble personne ), alors normalement toutes les notes de bêta ont du êtres appliquées et dûment supprimées du texte, mais si vous y trouvez quelques incohérences ça doit venir de ça ! ( ou alors juste de moi. Désolée. )
J'espère que ce chapitre va vous plaire, merci beaucoup pour les reviews, les favoris, etc... ( j'ai chaud au cœur à chaque fois que je vois un nouveau mail arriver dans ma boîte grâce à vous ! )
On se retrouve en bas pour parler du chapitre de la semaine prochaine !
Chapitre III – Les Aveugles
Loki accepta avec plaisir, avide de connaître la réaction des autres compagnons de Thor. Ceux ci ne tardèrent pas, une fois le couple assis sur l'un des banc des jardins royaux. Tout en respirant à plein poumon l'odeur piquante des arbres de citron main qui entouraient le chemin pavé, installé sur l'un des bancs le bordant, Loki se permit quelques instants de jubilation lorsqu'il vit que Sif n'était pas avec les autres compagnons de Thor – cela lui facilitait la tâche pour le moment. Fandral, Hogun et Volstagg s'agenouillèrent devant leur prince et sa promise, avant d'assaillir Thor de questions. Loki resta sagement à ses côtés, comme toute bonne future reine devait savoir le faire, et ne manqua pas de relever les fréquents coups d'œil que Thor et Fandral lui jetaient. Amusant – un jour, il testerait les effets de la rivalité amoureuses entre guerriers. Très vite, la discussion aborda le sujet du mariage, et Janna se trouva mêlée à la conversation. Hogun avait entendu Frigga et Odin en discuter : il se ferait le plus vite possible, Frigga y tenait absolument, mais en grandes pompes, comme se le devait un mariage princier – cela, c'était Odin qui y tenait, malgré l'identité de la future mariée. Loki ne pu s'empêcher de ressasser l'idée qu'Odin n'avait organisé de fêtes pour aucun de ses deux mariages. Les trois guerriers annoncèrent ensuite qu'ils se rendaient à la salle d'entraînement, et Loki insista pour les y suivre, afin que Thor puisse lui aussi s'entraîner.
La salle d'entraînement était une grande pièce carrée, très lumineuse, grâce à une grande baie vitrée qui constituait l'intégralité d'un mur, et au mur opposé orné d'un immense miroir. A l'extérieur se trouvaient des bancs, où les demoiselles nobles pouvaient s'asseoir pour observer les guerriers à l'œuvre – Janna s'y installa tandis que Thor rejoignait ses amis à l'intérieur. Pendant trois heures consécutives, Loki resta là, à feindre d'observer son prince pour en réalité pouvoir écouter ce que disaient les commères de la cour au sujet de Janna. La plupart s'extasiaient sur sa beauté, d'autres la traitaient d'intrigante et la soupçonnait d'avoir envoûté Thor, mais en aucun cas l'une d'entre elles ne vint lui parler. Puis Loki se lassa, et se décida plutôt de s'assurer que personne ne réussirait à convaincre Thor de lui rendre son habit; il connaissait Odin, et que celui ci ai accepté le mariage aussi vite, sans même avoir rencontré la promise de son fils, était très étrange. Après avoir vérifié qu'aucun des guerriers ne regardaient dans sa direction, Loki se leva et se dirigea vers les écuries, où il trouva son double en train de parler avec Sleipnir. Sans lui adresser la moindre parole, la brune souleva les tapis de selle où Thor avait dissimulé le manteau de plumes, et l'extirpa de sa cachette. Sleipnir hennit, et Loki-Janna lui tendit le plumage, qu'il attrapa aussitôt et mâchonna distraitement, avant de l'enfouir sous la paille de son box. Puis son double lui adressa un sourire victorieux.
« Nous n'avons pas encore été présentés. Tout se passe bien ? »
« Parfaitement bien, merci. »
« Janna ! Loki ! » S'écria Thor, arrivant en courant. « Ma dame, vous ne pouvez pas disparaître ainsi ! »
« Je m'en excuse, mais j'étais intriguée par ce frère dont vous m'avez parlé, et une de vos courtisanes m'a indiqué qu'il se trouvait ici... » S'expliqua la brune avec une moue désolée.
« Ne t'inquiètes pas, Thor, je n'envisage pas de te voler ta promise, si c'est ce que tu crains... Elle n'est pas vraiment mon genre. » Ricana Loki en continuant de flatter l'encolure de son fils.
Thor tentait désespérément de jeter un coup d'œil à la pile de tapis de selle, mais Loki l'attrapa par les épaules pour l'éloigner un peu de Janna.
« Mon frère, tu n'as pas tardé avant d'écouter mes recommandations ! Puisque mes suggestions te prennent tant à cœur, pourquoi ne pas me nommer conseiller une fois sur le trône ? » Suggéra-t-il sur un ton badin.
Bien que distrait, le dieu du tonnerre releva aussitôt les paroles fourbes de son frère.
« Non, Loki. » Asséna-t-il d'une voix ferme. « Tu es un criminel aux yeux de la justice, tu ne peux pas me conseiller, ni maintenant, ni plus tard. Remercie déjà père pour sa mansuétude lors de ton procès. »
Le visage du dieu de la malice se ferma, et il s'éloigna rapidement. Janna, stupéfaite par l'idiotie de Thor – il n'avait réellement pas compris ce qu'impliquait l'errance éternelle sur Asgard ? - s'accrocha à son bras et posa à contre cœur la tête contre son épaule.
« Alors voilà donc le petit frère adoptif très intelligent et mère d'un cheval. Vos rapports me semblent assez tendus. »
« Il a récemment... été condamné, et il ne parvient pas à l'accepter. » Soupira Thor comme à regret. « Pour quel crime ? »
« Il a tenté de conquérir Midgard. »
« C'est un crime ? Je veux dire, » Rectifia Loki après avoir perçu le regard étonné et réprobateur du blond, « Midgard, Midgard... Si vous n'étiez pas amoureux d'une de leur femelles, auriez-vous ne serait-ce que porté attention à cette tentative de prise de pouvoir ? C'est ce que font les rois, non ? Ils se reproduisent et conquèrrent de nouveaux territoires. »
Les deux asgardiens restèrent un moment silencieux, avançant le long des allées entourant le palais et observant les gens se presser vers leurs foyers, où le repas allait bientôt avoir lieu. Loki se sentait mal à l'aise dans sa longue robe d'or qui entravait ses pas, et porta plusieurs fois une main nerveuse aux émeraudes qui ornaient sa poitrine – il n'avait pas remarqué lors de sa confection qu'une longue ligne d'émeraudes se détachait du col pour plonger entre les deux seins, comme pour les soutenir – avant de sursauter quand Thor reprit la parole.
« Il est vrai qu'à ces abords Loki ferai un meilleur roi que moi. Mais il lui manque une qualité indispensable pour prendre place sur le trône. »
« Laquelle ? »
« Le respect. »
Loki s'apprêtait à riposter, mais fronça les sourcils, avant d'acquiescer. Certes, il n'y avait qu'une poignée de personnes envers qui il ressentait du respect, et ce dernier se présentait sous de nombreuses formes tordues chez le dieu de la malice. Anthony Stark, par exemple – bien plus intelligent qu'une majorité des connaissances asgardiennes de Loki, mais ça ne l'avait pas empêché d'essayer de, chronologiquement, le tromper, le manipuler ( ces parties là avec succès ceci dit ), l'envoûter, détruire la ville où il vivait et plus précisément cette ridicule tour qui portait son nom, et enfin le tuer. Tout ça avec le plus grand respect, bien entendu.
« J'aimerai manger. » Marmonna Loki pour se soustraire aux souvenirs de son plan raté.
« Maintenant ? »
« Si possible. »
« Qu'est ce que... enfin... bien sûr, nous pourrions aller aux cuisines... Avez vous un régime alimentaire particulier ? » Marmonna Thor en se grattant l'arrière du crâne.
« Oh, oui, nous mangeons exclusivement des cœurs de nouveaux-nés et des algues d'eau douce. »
Thor la regarda un instant, les yeux écarquillés, avant de ciller face au sourire indulgent que lui adressait Janna.
« Vous plaisantez. »
« Effectivement. Je n'ai pas particulièrement le poisson et les crustacés, mais je suis omnivore sous cette forme. »
« Parfait. » Annonça le blond en lui tendant galamment un bras pour qu'elle s'appuie. « Allons manger, alors. »
Thor les guida jusqu'aux cuisines, où il s'attablèrent devant une immense table en bois recouverte de plats en argent. Après s'être vaguement interrogé sur les raisons qui avaient poussé Thor à ne pas exposer directement Janna au regard du peuple via un repas dans la salle de banquet - il devait sûrement craindre la réaction d'Odin - Loki commença à déguster ce que les cuisiniers posait devant lui, avec force de révérences et de minauderies.
C'était la première fois depuis un long moment qu'il pouvait paraître dans une salle du palais sans être couvert de regards réprobateurs, aussi apprécia-t-il vraiment ce repas. Thor lui comptait les charmes d'Asgard, supposant qu'une demoiselle cygne ne devait pas beaucoup profiter des vallées baignées du soleil couchant et des nuits claires au dessus du Bifrost, et Loki se contentait de manger du bout des lèvres en contemplant le blond lui dépeindre ces paysages magiques. Il dévora comme ça trois brioches au miel blond, une assiette de potage de tuberculeuses et des tranches de viande rôtie finement coupées, les oreilles bercées par la voix basse du prince d'Asgard. L'hydromel était moelleux et parfumé, et Loki se surprit à se sentir apaisé. Sa robe moulante ne le gênait même plus, malgré les écailles d'or qui continuaient à s'enfoncer dans ses côtes quand il faisait des mouvements trop amples.
Il sentait le regard de Thor qui, face à lui, détaillait du coin de l'œil la demoiselle cygne qu'il était, en passant de ses descriptions amoureuses de la faune et la flore de son pays à des anecdotes plus personnelles, sur des souvenirs de guerre, ou même d'enfance. Loki, repu et bercé par la voix du dieu du tonnerre, l'écouta lui conter sa rencontre avec Sif et Hogun, puis avec ses autres compagnons, sans vraiment jamais mentionner son frère adoptif. Loki le remarqua sans plus d'émoi - à l'époque dont Thor faisait l'éloge, il passait la plus grande partie de son temps dans la salle de lecture de Frigga.
Les cuisiniers débarrassèrent la table et apportèrent les desserts sur la table. Thor interrompit l'histoire qu'il était en train de mimer, à grand renfort de grimaces enfantines, et se tourna vers Janna.
« Ce que je vous raconte ne vous intéresse pas, n'est ce pas ? »
« Oh, si ! » Affirma Loki avec un sourire désolé. « Je suis juste lasse. »
« Désirez vous que je vous fasse préparer des appartements ? »
Sur un hochement de la tête de Loki, deux jeunes hommes sortirent aussitôt de la pièce, sûrement pour aller quémander l'aide de femmes de chambre. Loki jeta un coup d'œil d'ensemble à la table : elle était couverte de pichets de nectar de fruits et de fleurs, de plats remplis de compotes ou de fruits rôtis, et de gâteaux sous cloche de cristal. Son assiette d'or avait été lavée et replacée devant lui, et la petite panière tressée posée à coté était remplie de brioches au miel blond, au sucre candi, à la sauge ou la lavande, de petits pains aux pensées ou au pavot, de biscuits aux fleurs de nénuphar ou au miel de sapin. Loki attrapa une brioche à la sauge et appuya légèrement sur la croûte, qui se fendilla en laissant échapper une délicieuse odeur sucrée et chaude. La croûte avait du être lissée au miel, car elle était collante - Loki se lécha l'index. Mmh, miel de genévrier.
Quand il reposa son regard sur Thor, celui ci avait la bouche entre-ouverte et les yeux brillants. Le brun soupira intérieurement - qu'est-ce qu'il avait encore, à le regarder avec ces yeux plein de vénération et d'amour ? Pour cacher son agacement, il rompit une brioche au sucre candi et la recouvrit d'une généreuse couche de compote de pomme d'or. Thor laissa échapper un petit rire.
« Une princesse cygne qui se fait une tartine d'enfant ? »
Loki lui adressa un regard moqueur, avant de recouvrir l'autre moitié de sa brioche de crème de citron-main et de la tendre au blond, qui l'accepta avec un rire un peu plus rauque. Les deux asgardiens mangèrent en silence leurs tartines, puis Loki mordit dans la brioche à la sauge qu'il avait choisie plus tôt. Elle était idéalement moelleuse, et très légèrement piquante grâce au miel de genévrier. Il savoura la brioche en regardant Thor, qui mangeait un biscuit au citron rouge, dans les yeux. Après quelques minutes, Loki secoua la tête et posa résolument ses yeux sur une rainure gravée dans le bois de la table.
Ils finirent le repas en silence, avec quelques graines de cardamone glissées sous leurs langues - un silence tranquille, doux et intime.
Loki annonça ensuite qu'elle - Janna - allait se retirer dans ses appartements pour se reposer. Thor lui proposa à nouveau son bras, sur lequel il s'appuya avec plaisir jusqu'aux appartements qui lui avaient été dédiés.
Loki fut surpris quand il se retrouva dans sa chambre. Il la connaissait très bien, c'était celle qui était réservée à une éventuelle princesse dans la famille – une éventuelle future reine ; ainsi, Odin comptait vraiment marier Thor avec une femme dont il ne savait rien, pas même l'apparence. Ceci dit, le vieux dieu devait s'estimer chanceux d'avoir échappé à l'amour de Thor pour sa mortelle.
La chambre avait été parée de somptueuses tentures bleu vert, qui imitait le mouvement des vagues quand elles étaient agitées. Une fausse écume frôlait même le sol au bas des tentures - et Loki constata en les examinant qu'il s'agissait d'un léger duvet de cygne. Ironique. Le somptueux lit à baldaquin était orné du même tissu, et quand il s'y allongea, le prince des mensonges se laissa perdre un instant par le décor qui avait été peint au plafond.
Il avait été orné de façon à ressembler au ciel infini - et Loki aurait presque pu jurer que les nuages légers qui flottaient à son plafond avançaient lentement. Il resta là à contempler le vide au dessus du baldaquin, jusqu'à ce que dans le ciel ne commence à apparaître quelques étoiles. Surpris - pas par l'apparition d'étoiles sur son plafond, des sorts enfantins permettaient ça - il regarda par la fenêtre et constata que le soleil était effectivement couché. Il n'avait pas prévu de rester ainsi aussi longtemps ; le repas du soir allait sûrement bientôt avoir lieu, et dans tous les cas, il devait retrouver Thor, plus splendide encore qu'avant, pour que le dieu du tonnerre cède irrémédiablement à son charme et ne songe plus jamais à lui rendre son manteau – ceci dit, Sleipnir devait avoir fini de le réduire en charpie. Ha.
Loki passa dans une salle d'habillage attenante à sa nouvelle chambre, et fut émerveillé par les dizaines de robes qu'il trouva là, toutes assorties d'une parure, d'une paire de pantoufles, d'une ombrelle et parfois d'une coiffe. Il y avait là des robes de cérémonies somptueuses, outrageusement ornées de pierreries et aux draperies soigneusement travaillées; des robes d'appartement classiques, à peine travaillées, mais alors sublimes précisément par leur simplicité; des tenues adaptées à toutes les occasions, des corsets de toutes les formes inimaginables, des émeraudes déclinées sous toutes les formes, des poudre d'apparat brillantes et des fards de toutes les teintes seyant à une princesse possibles.
Il choisit une robe en soie verte décorée d'organza aux reflets dorés, des chaussures apparemment faites d'émeraude lissée à bordures d'or, mais qui, bien entendu, s'avérèrent encore plus confortables que les bottines en cuir usées jusqu'à la lie que Loki utilisait depuis son adolescence, tenue qu'il compléta d'un simple cercle d'or qu'il posa comme un diadème sur ses longs cheveux noirs. Il s'appliqua ensuite à les tresser comme il avait vu les servantes le faire à sa mère - cela s'avéra particulièrement difficile à faire soi-même, aussi n'obtient-il qu'une tresse lâche, qui lui arrivait au bas des reins. Il préféra éviter de se parer ridiculement de poudres dont il ne connaissait pas l'usage, et sortit du cabinet ainsi vêtu.
Enfin, il s'estima prêt à sortir se présenter à la cour, et à affronter le regard d'Odin sur sa future-belle-fille.
Un valet, vêtu d'une livrée grise et or - les couleurs de Frigga - l'attendait devant la porte de ses appartements. D'un coup d'œil, Janna indiqua qu'elle le suivait, et ils s'enfoncèrent dans les couloirs du palais, jusqu'à l'entrée discrète qui menait à la salle du Conseil. Les yeux rivés sur ses chaussures, Loki entra dans l'immense pièce vitrée.
D'une forme ovale, les murs de la pièce étaient entièrement composés de miroirs, et le plafond étaient une immense vitre au centre de laquelle avait été fixé un chandelier en or supportant plus de cent chandelles; le sol était pavé d'un marbre sans tâches, et une table ronde encombrait le centre de la salle. Odin trônait face à la porte, Frigga à sa droite, Tyr à sa gauche. Alors que ces deux derniers lui adressaient un regard encourageant, celui d'Odin était glacial, et Loki cru un instant que le père de toutes choses l'avait percé à jour. Puis il remarqua un bol de granit orné de runes reposant au centre de la table, son contenu d'un bleu lumineux bouillonnant, et son inquiétude augmenta encore.
« Ainsi, tu es la femme que Thor a choisi de prendre pour épouse. » Déclara Odin.
« Oui, mon roi. » Répondit sagement Janna en adressant une révérence au vieil homme.
« Tu es une demoiselle cygne, l'une des compagnes de Weiland. »
« Nous ne sommes pas toutes les compagnes de Weiland !» Répliqua Loki d'un ton égal.
« Et tu as dit à ma femme que tu acceptais ton sort, puisque tu n'avais pas réussi à échapper à la ruse de mon fils. C'est bien cela ? » Interrogea Odin d'un ton où perçait le scepticisme.
« Exactement. »
« Tu cèdes donc à mon fils car il a su te posséder ? »
« En quelque sorte. » Éluda la future princesse d'une voix embarrassée.
« Es-tu capable de lui donner des enfants ? »
« Pardon ? Je veux dire, oui, j'en suis capable, mais... vous ne voulez pas d'héritiers dans l'instant, n'est ce pas ? » Balbutia Loki – il ne se sentait pas du tout prêt à faire ce genre de choses avec Thor, lui qui pour une raison inconnue était encore embarrassé en le regardant juste dans les yeux plus tôt dans la journée.
« Tout à fait. » Déclara Odin avec un regard sombre que Loki ne sut interpréter. « J'attends de toi que tu enfantes quand je te le demanderai, en temps et en heure. Es-tu capable de cela ? »
Les entrailles de Loki se glacèrent. Les femmes cygnes étaient-elles capables de maîtriser leur corps au point de choisir le moment de leur accouchement, ou était-ce l'un des innombrables délires de pouvoir du vieux ? Frigga répondit à sa place d'un petit rire à l'intention de son mari :
« Enfin, Odin, aucune femme n'est capable de ça ! »
« Je suis sur que Janna fera tout son possible pour satisfaire vos attentes, mon roi. » Ajouta Tyr avec un sourire en coin à Loki, qui n'eut qu'à hocher la tête.
L'eau qui se trouvait dans le bol de pierre s'éleva pour se transformer en une tête masculine, sa longue barbe cachant le cou encore sanguinolent – Mimir, le dieu de la sagesse, qui ne siègait au Conseil que pour les affaires les plus sérieuses. Habituellement, Thor aussi aurait eu sa place ici, mais le caractère même de la réunion l'en excluait.
Le visage aquatique sonda un long moment Loki du regard, avant d'annoncer d'un ton décidé « C'est la meilleure chose qui puisse arriver au royaume, si tant est que cette jeune personne choisit de prendre les bonnes décisions le moment venu. »
« Parfait. » Tonna le roi d'Asgard en se levant. « Je dois aller m'apprêter pour le banquet. J'espère que je vous y verrait aux côtés de mon fils. »
« Bien sur, mon roi. » Murmura Janna en adressant une autre révérence à l'homme tandis qu'il quittait la salle.
Tyr conversa un instant avec Frigga tandis que l'eau perdait son éclat et retombait calmement dans le baquet, puis le dieu de la guerre quitta la pièce à son tour, laissant les deux femmes seules. La reine s'approcha de la brune et lui attrapa doucement le bras.
« Vous avez fait forte impression sur Tyr, mon amie. » Dit-elle avec un rire franc. « Maintenant, venez, je vais vous aider à vous apprêter comme il sied pour un banquet de cette ampleur. »
De retour dans la pièce en bois qu'il avait déjà visitée plus tôt dans la journée - il lui semblait pourtant que des jours étaient passés, et ses jambes peinaient à le porter - Loki fut à nouveau mis à nu, et contemplé sous toutes ses coutures par Frigga elle-même. La reine agita négligemment la main, et une robe commença à se composer sur le mannequin, tandis qu'elle discutait avec Janna.
« Vos couleurs sont les même que Loki - mon second fils, dont vous avez du entendre parler - mais ce soir, nous ne pouvons pas nous permettre de vous vêtir comme si c'était lui le prince dont vous dépendiez alors que nous vous présentons à la cour. Je pense à quelque chose de très délicat sans sembler trop "royal", par délicatesse pour les simples gens du peuple qui seront là. Je songe à m'inspirer d'une des robes d'Oye, peut-être celle de la lune, pour mettre en valeur votre peau... »
« Oye ? »
« Oh, c'est un ancien conte. Une princesse dont la mère meurt et le père tombe fou amoureux. Elle refuse de se céder à lui, et sa marraine lui conseille alors d'exiger des robes impossibles à réaliser - en lui promettant de se remettre à lui quand elle les obtiendra. La première est une robe de temps, la seconde une de lune, la troisième une de soleil - bien sur, les couleurs du Soleil s'accorderaient mieux aux couleurs de Thor, mais un jaune jurerait affreusement avec votre peau. »
« Qu'arrive-t-il à la princesse, ensuite ? »
« Quand il lui cède successivement les trois robes, elle demande alors le plus impossible : l'origine des richesses de son père, la dépouille de l'oie qui dans son poulailler pond des œufs d'or. »
« Et... ? » Demanda Loki avec une once impatience - jamais Frigga ne lui avait dit ce conte, durant son enfance, et il devait avouer qu'il appréciait particulièrement l'esprit des contes parmi tous les genres de littérature qu'il avait lu jusqu'à aujourd'hui, de même que celui des mythes asgardiens.
« Et il le lui donne. » Conclut Frigga avec un sourire mystérieux. « Mais pourquoi ne pas demander plus de détails à Thor ? C'était son conte préféré quand il était enfant - tellement qu'il en a gardé le recueil. »
Ce devait être pour ça qu'il n'avait jamais entendu ce conte. Loki ne rajouta rien, laissant le soin à Frigga de lui faire la conversation, dos au mannequin. Après lui avoir raconté l'histoire attendrissante du cerf que Thor, enfant, avait ramené au château pour le garder secrètement dans sa chambre pendant deux semaines, la reine s'écarta de la brune.
« Votre robe est prête, très chère. »
Loki se retourna - et se trouva face à la plus belle robe qu'il ai jamais vue. Elle semblait composée de doux rayons de lune, d'un beige rayonnant, et était ornée à l'encolure de trois rangées de perles nacrées, tandis qu'une autre rangée de perles plus fines allaient souligner l'emplacement où se trouverait bientôt sa poitrine. Le tissu tombait légèrement jusqu'aux pieds du mannequin, puis s'étiolait jusqu'à disparaître au sol. Frigga lui adressa un sourire radieux.
« Elle vous plaît ? »
« Elle est splendide. Ma reine, je... » Loki balbutia, exceptionnellement à court de mots. « Merci. »
Sa voix n'avait pas été plus forte qu'un souffle, et la reine quitta la pièce avec un sourire satisfait. Loki secoua la tête - il fallait qu'il se reprenne, tout ça lui montait à la tête. C'était la fatigue, bien sûr ; maintenir son double actif était épuisant, et il n'avait pas dormi depuis la nuit précédente en plus de cela.
Son plan, par ailleurs, se déroulait à merveille. Chacun de ses faux pas avait vite été rattrapé, et tous au palais semblaient entendus - et même heureux - à l'idée de marier Thor à une inconnue, ce qui était à la fois gratifiant puisque tous semblaient apprécier Janna, et assez énervant car, bien entendu, jamais personne ne s'était autant intéressé à une des promises de Loki. Nul ne veillait donc vraiment aux intérêts de Thor ? A part Sif, bien sur, mais Sif était d'une intelligence redoutable, couplée à une absence de tendresse indulgente pour le dieu du tonnerre, ce qui n'était pas le cas de Frigga. Loki sentit un petit pincement se manifester dans sa poitrine alors qu'il pensait à Frigga; la tromper ne lui plaisait pas, car elle s'était toujours montrée douce et généreuse envers lui, malgré toutes ses erreurs. Leurs erreurs respectives, si il devait être franc.
Il enfila la robe qu'elle avait confectionné pour lui. Contrairement à la robe d'écailles qui l'avait meurtri, celle ci semblait taillée au cœur d'un nuage. Le tissu caressait délicieusement sa peau, et les perles soutenait sa poitrine et ses poignets avec douceur. Il se mira un instant dans le miroir de plein pied qui se trouvait là : son reflet était celui d'une nymphe aux traits de Sif, et aux parures de Frigga. Loki laissa échapper un ricanement - Janna était tout bonnement irrésistible. Aucune ne pouvait le surpasser, et bientôt Thor aurait oublié la guerrière et l'humaine au profit de celle qu'il croyait être une demoiselle cygne.
Le miroir se troubla. Loki haussa un sourcil - les miroirs ne se troublaient pas, les miroirs reflétaient ce qu'ils trouvaient face à eux. La brune quitta la pièce, une fois chaussée de pantoufles d'hermine, ignorant la nouvelle ombre qui passait sur la surface lisse. La fatigue lui faisait voir des choses qui n'étaient pas, voilà tout.
Lofn l'interpella alors qu'il traversait le couloir des Miroirs pour se rendre à la salle de banquet.
« Princesse Janna ! La reine désire que vous portiez cette bague. » Dit-elle à la brune en lui présentant un fin anneau de diamant. « Et elle m'a aussi chargée de vous prévenir que des valets ont été mis à votre disposition - leurs livrées sont grises et vertes. C'est que vous voyez, » Ajouta-t-elle sous le regard surpris de Janna ( pas d'or dans sa livrée ? ) « La livrée grise et or est réservée à la reine elle-même, et la verte et or est celle du prince Loki. »
Loki acquiesça d'une façon qu'il espérait bienveillante, puis laissa la servante lui mettre l'anneau à la main gauche. Il était ravi que sa mère cède sa propre bague de fiançailles pour bénir une union entre deux êtres qui quelques heures plutôt ne se connaissaient pas – même si, une fois de plus, il aurait mille fois plus apprécié l'attention si elle avait été cédée à l'une de ses promises aussi – et tout autant ravi que personne ne suggère ni ne songe à le priver de sa livrée pour la céder à Janna.
La jeune femme aux cheveux d'or l'accompagna ensuite jusqu'à l'entrée de la salle de banquet - Frigga l'avait visiblement désignée comme la chaperonne de Janna. Peu de monde y avait pour le moment prit place, Odin n'ayant pas encore paru à la table royale, mais Frigga et Thor trônaient déjà à leur place, la reine installée dans le fauteuil à la droite du trône du père de toutes choses, celui de Thor à sa gauche. Guidée par Lofn, elle prit place au siège qui lui revenait désormais, à la gauche de Thor. Loki en regretterai presque son ancienne place, face au dieu blond, qui lui permettait de ne pas voir le peuple lui jeter des regards de dégoût ou, comme c'était le cas sous cette forme, intrigués. Thor se pencha vers Janna dès qu'elle fut convenablement assise :
« Vous êtes splendide. »
« Vous aussi. » Répondit Loki avec un petit gloussement - car Thor s'était effectivement fait beau pour l'occasion, sa barbe soigneusement taillée, ses cheveux blonds soigneusement démêlés, son armure quotidienne remplacée par un amas de lourds tissus, duquel on parvenait à distinguer un veston coupé dans du velours rouge et épais, et une sorte de jabot de soie qui surgissait sous son menton. Janna laissa échapper un rire moqueur, avant de se pencher vers le prince pour réajuster sa chemise et natter une minuscule tresse sur la tempe gauche du bond.
« Une tresse porte-bonheur. » Lui souffla-t-elle à l'oreille, avant de déposer un baiser sur sa tempe et de se rasseoir correctement sur sa chaise.
Thor sembla troublé un instant, puis se reprit et se pencha vers Janna.
« Mon père vous a convoquée sans me prévenir. Pardonnez moi de ne pas avoir été présent. »
« Oh, ce n'est rien ! Tout s'est bien déroulé. » Affirma Loki alors que la salle se remplissait lentement.
Tyr vint s'asseoir face à lui - et Loki savait que ce n'était pas sa place habituelle, car lui même siégeait en temps normal en face de Thor, et que Tyr n'était pas l'un de ses voisins de table. Il ne fit cependant aucune remarque, puisque Janna n'était pas censée savoir cela. Elle adressa un sourire poli au dieu de la guerre, puis se plongea dans la contemplation de ses mains, posées sur ses genoux - et vite rejointes par une main bien plus large et chaude. Thor serra vivement ses mains dans la sienne, et se pencha à nouveau vers elle pour lui murmurer :
« Celui qui vient de s'asseoir en face de vous est Tyr, mon demi-frère. Mon père l'a eu avec une déesse du nom de Beyla, mais ne l'a pas reconnu comme son fils; aussi il ne peut pas prétendre au trône d'Asgard. »
Janna hocha la tête, puis demanda sur le même ton :
« Avez vous d'autres frères ? »
« Oh, plusieurs. » Annonça Thor avec un sourire fier. « Mais seul Loki et moi avons été reconnus par Odin et Frigga - et seul moi puis vraiment prétendre au trône, puisque... » Il ne finit pas sa phrase, secoua la tête d'un air dépité, et continua. « Il y a Baldr, dieu de la lumière, la beauté, la jeunesse et l'amour; Höd, qui n'a plus de pouvoir depuis qu'il a assassiné Baldr; Vidar, le dieu du silence; Vali, dieu de la vengeance; j'ai aussi deux demi-sœurs, Hnoss et Gersimi, les déesses des joailliers et des pierres précieuses. »
« Ont-ils des enfants ? »
« Baldr a Forseti, le dieu de la justice et de la réconciliation. Et bien sur, il y a les enfants de Loki : Nari, le dieu de la nuit, Fenrir, le loup géant, Jörmungandr, le serpent de l'Arbre-Monde, Hela, la déesse des morts, Sleipnir, la monture de mon père, que vous avez déjà rencontré, et Vali, le loup-garou. Et ce ne sont que ceux qu'il a reconnus. »
« Intéressant. »
« Je n'emploierais pas ce mot. » Marmonna Thor.
Avant que Loki ne puisse l'interroger sur la signification de cette phrase, Odin entra dans la salle, et le silence se fit. Il marcha lentement jusqu'à son trône, s'assit, et balaya l'assistance du regard, avant d'annoncer d'une voix neutre d'émotions :
« Vous n'êtes pas sans ignorer que mon fils s'est aujourd'hui choisi une promise. »
Des chuchotements exaltés traversèrent aussitôt la pièce. Odin les arrêta d'une main levée.
« Pour ceux qui l'ignoreraient, c'est la demoiselle Janna, que voilà. » Précisa-t-il en indiquant d'un geste de la même main la brune, assise aux côtés de Thor. Elle inclina respectueusement la tête, pendant de le roi reprenait :
« Le mariage les unissant aura lieu dans une lune, une fois la Grande Chasse finie et d'ici là, elle bénéficiera du statut de duchesse. Il n'est bien entendu que provisoire, et il serait dans votre intérêt personnel de vous comporter dès maintenant avec le respect que vous lui devrez bientôt en tant que votre princesse. »
Sa déclaration sur Janna s'acheva aussitôt, suivie par l'annonce des dates de la prochaine Grande Chasse, qui causa presque autant d'émoi parmi les guerriers que l'idée du futur mariage de leur prince n'en avait causé sur les femmes. Loki soupira, et Thor lui adressa un regard à la fois amusé et rassurant. Son plan se déroulait parfaitement jusqu'à maintenant - peut être même trop, à vrai dire. Tout ceci était trop facile, mais peut-être que Thor n'était pas le seul nerveux face à l'éventualité de voir Fenrir monter sur le trône, tout irréaliste qu'elle soit.
Les serveurs avaient littéralement couvert les tablées de mets, tous plus appétissants les uns que les autres : volailles et gibiers à la broche, en ragoût, crus ou faisandés; poissons et crustacés encore humides de l'eau de mer, marinés dans du jus d'agrumes ou bien rôtis; légumes et fruits sous toutes leurs formes; pichets d'hydromel, de vins et d'alcools moins nobles; panières de pains encore chauds et craquants. Loki, bien plus apte à apprécier un repas maintenant que chaque regard porté sur lui était admirateur ou envieux, se servit de petites portions de chaque plats qui passaient devant lui. Thor le couvait d'un air tendre, Frigga lui adressait des sourires amicaux, et même Odin semblait poser un regard fier sur lui - c'était plus qu'il n'aurait jamais pu espérer sous sa forme aesir, et encore moins sous sa forme jotun. Gersimi, qui avait visiblement décidé que la place de Loki lui revenait lorsqu'il ne se présentait pas aux festins, devisa joyeusement avec la future princesse d'une façon amicale qu'elle n'avait jamais accordé à son demi-frère ( adoptif, certes ) même avant qu'il ne tente de prendre le trône par la ruse.
A la fin du festin, Thor prit une brioche au caramel et la rompit, avant d'en couvrir une moitié de compote de melon et de lui tendre avec un regard moqueur. Janna lui prit délicatement des mains, et croqua dedans après un coup d'œil faussement exaspéré au dieu du tonnerre. Loki s'amusait vraiment. Repu, il pencha sa tête pour la poser sur le bras de Thor, qui en profita pour poser sa main sur la cuisse de Janna. C'en était écœurant de tendresse et de sur-protection - Loki ne se leurrait pas, jamais le blond n'aurait osé faire ça si Tyr, face à lui, ne s'appliquait pas consciencieusement à sonder Janna d'un regard tenté. Vraiment, les mâles n'étaient que des stupides cœurs sur pattes, tellement aisés à manipuler que Loki se lapidait mentalement de ne pas y avoir pensé plus tôt.
Le repas s'acheva, Odin se leva et sortit, puis le peuple quitta lentement la salle, les discussions vaguement interrompues par leur gloutonnerie reprenant de plus belle. Loki était confortablement installé, et n'avait aucune envie de bouger; mais Thor secoua doucement son épaule.
"Il nous faut quitter la salle, maintenant." Il acquiesça mollement, se reposant à nouveau, une fois levé, sur le bras de Thor.
Il passa un bras autour de la fine taille de la princesse, puis la mena à ses appartement, pour un repos bien mérité. Il s'était étonnement vite entiché d'elle, songea-t-il. Bien sur, il n'était pas amoureux d'elle, et continuait à soupirer auprès de ses souvenirs de Jane et d'une Sif passée qui ne le repoussait pas encore. Mais il y avait quelque chose chez elle qu'il ne pouvait s'empêcher d'apprécier et d'admirer, sans vraiment pouvoir le définir... Sa bravoure. Ce devait être cela; celle qui au matin était une demoiselle enlevée s'était magnifiquement adaptée à la situation, de telle façon que Thor pensait qu'elle serait parfaite en reine, prenant des décisions primordiales avec aplomb. Il la connaissait depuis moins d'une journée, mais se sentait très proche d'elle, comme si il la connaissait depuis toujours. Il se sentait en confiance, alors même qu'il ne connaissait pas son vrai nom. Il songea avec satisfaction qu'il n'était au moins pas le seul à l'ignorer, puisque ni Frigga ni Odin n'avaient réussi à le lui soutirer.
Quand il s'arrêta devant la porte de la chambre de Janna, au sein de ses appartements, elle attrapa doucement sa main et entrelaça leurs doigts, avant de s'élever sur la pointe des pieds pour l'embrasser du bout des lèvres. Puis, avec un sourire fatigué, mais satisfait, elle lui adressa un petit signe de la main, avant de refermer la porte derrière elle.
Thor resta figé. Il avait déjà embrassé des femmes - beaucoup de femmes, d'ailleurs - depuis qu'il était en âge d'avoir ce genre d'envie, mais ces baisers partagés, souvent initiés par le dieu du tonnerre, ne lui avaient jamais semblé aussi... purs.
Il prit conscience de son immobilité, secoua vaguement la tête en rougissant, puis s'éloigna vers ses appartements en songeant que cette femme causerait sa perte.
Odin arpentait le boudoir des appartements de sa femme, un sourire satisfait étirant ses lèvres. Frigga, quelque peu dédaigneuse, caressait son chat, allongée sur un divan en soie noire. Elle finit par élever la voix pour demander :
« Pourquoi tant d'enthousiasme, mon ami ? »
« Mon fils - notre fils - s'est enfin trouvé une prétendante à sa hauteur ! Une fois marié, Thor nous donnera vite des enfants, et ainsi la progéniture de Loki ne sera qu'un mauvais souvenir. »
« Et le fait qu'elle ai été enlevée ne vous dérange nullement ? »
« Frigga, ma mie... » Dit plus doucement Odin en s'asseyant aux côtés de la reine et en attrapant solennellement ses fines mains blanches entre les siennes. « Je suis heureux que notre fils se montre enfin à la hauteur d'un autre des aspects du rôle qui lui sera plus tard confié, en choisissant pour l'aider dans cette tâche une femme aussi belle et intelligente à ses yeux que vous l'êtes pour moi. Et du même fait, qu'il ai abandonné les idées ridicules de mettre une guerrière, ou pire, une mortelle, sur le trône d'Asgard ! Vous savez l'affection que je porte à dame Sif, mais elle ne supporterait pas le rôle qui vous sied si bien pour le moment. Qui plus est, cette Janna m'a semblé bien heureuse de son sort, pour une femme enlevée à son monde ! »
« Vous l'appréciez parce qu'elle vous a tenu tête, avouez-le. » Dit Frigga avec un sourire en coin.
« C'est en effet une attitude que j'apprécie chez les jeunes femmes, tant qu'elle est modérée - et vous le savez mieux que tout autre. » Ajouta Odin avec tendresse.
Profitant de cet élan de nostalgie, Frigga s'enquit d'une voix inquiète :
« Et pour le futur de Loki, qu'avez vous prévu ? »
« Frigga, » Reprit Odin, soudainement sombre, « Je ne reviendrais pas sur mes décisions. Loki est cantonné à Asgard ad eternam. »
« Et vous ne lui infligerez pas plus de peines ? »
« A lui, non. » Continua Odin sur le même ton. « Mais j'ai parlé avec Heimdall, et il a vu que la fin de Nari était proche... Je le ferai enfermer directement après le mariage, afin que rien ne vienne troubler le bonheur de Thor. »
Frigga se crispa, et Odin laissa échapper les délicates mains de sa poigne, avant de se relever et de quitter le boudoir, après avoir adressé un bref salut à sa femme. Celle-ci reposa les yeux sur la prophétie, parchemin froissé posé sur ses genoux, qu'elle connaissait maintenant par cœur, dite par Heimdall le jour où Loki enfanta Nari.
« Lorsque que ses chaînes seront brisées,
Il reviendra plus fort que jamais,
Et seule une femme pourra arrêter
Dans sa conquête de ce qui vous appartenait
Le dieu des malices et des fourberies
Ses enfants la gardienne, le loup et le serpent
S'uniront pour s'emparer par la sorcellerie
Du royaume, et alors viendra le moment
De Ragnarök. »
Note de l'auteur : whoops, j'ai fais une prophétie ! Que les éventuels lecteurs-poètes me pardonnent, les rimes ce n'est vraiment pas mon domaine. Et whooooops, un chapitre avec du "suspens" à la fin ! Désoléeeee~~
Pour ce qui est de l'exactitude mythologique : nope, rien n'est exact, je me base à la fois sur les infos de Marvel et sur celles de mon fabuleux dictionnaire des mythologies et sur wikipédia aussi, je dois l'avouer, alors si vous avez des informations supplémentaires à partager avec moi au sujet des personnages/lieux/incidents mentionnés, n'hésitez pas, ça m'intéresse de croiser mes sources pour créer un univers à moi ( et un peu beaucoup à vous aussi, parce que vous êtes adorables d'accorder du temps à mes "écrits" - même lorsqu'ils sont en mauvaises rimes ).
Pour ce qui est du chapitre de la semaine prochaine : je serai dans un endroit habituellement sans internet, mais munie de ma clef 3G. J'essayerai de le poster de cet endroit en temps et heure, ou sinon je marchanderai avec ma mère pour qu'elle m'emmène au McDo avec du wi-fi le plus proche en échange d'un double cheese - mais si toutes ces techniques ne marchent pas, j'ai bien peur que le chapitre 4 ai un ( voire deux ) jours de retard. Je ferai tout mon possible, je vous le promet ! Et je suis presque sûre que mon plan de secours double cheese fonctionnera, alors ne vous inquiétez pas trop... ( enfin, c'est moi qui m'inquiète surtout xD )
En attendant, n'hésitez pas à me donner vos avis, vous réjouir ou vous plaindre de l'avancée de l'histoire, d'insulter Odin ou de dire à quel point Loki est fa-bu-leux habillée en femme ! A la semaine prochaine !
