Bonsoir à tous! :). Voici le chapitre 2!

Désolée d'avoir tant tarder pour la suite. Je croise les doigts pour que ce chapitre attire le plus de curieux et manifeste des réactions. De nouveaux personnages font leur entrée dans le récit. Surprise garantie!

De plus, je remercie les gens qui ont créé Google maps pour noter en temps réel la distance entre les villes mentionnées. Je ne voulais pas mettre n'importe quoi lol. Certaines zones d'ombre finiront par être dévoiler. Bonne lecture!


« -Promettez-moi que vous protègerez ma famille, décréta un homme brun d'une quarantaine d'années vêtu d'un costume anthracite.
-Je ne les lâcherais pas des yeux, je vous le promets, assura Neal.
-Nous les protègerons, Mr le député, et ce, au péril de nos vies », assura Robin avec sérieux.

Des bribes de souvenirs apparurent soudain… une maison en feu, des cris retentissant dans celle-ci, des pleurs, des coups de feu, une attaque…

Neal bougea dans son sommeil face à cet évènement cauchemardesque.

Il y avait de la fumée partout dans la maison. Neal était coincé avec Robin et Will à l'intérieur, tentant de protéger la famille, mais les assaillants fort entraînés avaient une longueur d'avance sur eux. Les confrontations et les fuites s'enchainèrent… La famille du député n'avait pu échapper à l'attaque. Neal se rappela de l'appel au secours du gamin qui réclamait son père. Pendant un bref instant, il crut voir à la place son propre fils, Henry. Il courut vers lui, mais c'était trop tard. Le coup était parti d'on ne sait où et l'enfant s'écroula à terre. Neal chargea l'homme armé tapi dans l'ombre, le tua avant de se ruer vers le gamin et de le faire sortir de cet endroit. Il se souvint de la fraîcheur de la nuit et de l'herbe mouillée sur ces genoux. Il avait plu ce soir-là… Neal était à terre et appuyait sa main contre la plaie à l'abdomen de l'enfant. Il regarda autour de lui, d'un air affolé. August lui cria quelque chose, mais il ne réagit pas et reporta son intention sur l'adolescent. Henry le fixait avec souffrance, les larmes aux yeux. Son cœur cessa de battre et sa gorge se noua. Sa vision se troubla… Non, impossible. Impossible.

Une alarme retentit alors sur ce sentiment d'angoisse et d'incertitude et réveilla Neal en sursaut. Il parcourut des yeux la pièce qui l'entourait et reconnut alors sa chambre. Il tendit la main vers son portable posé sur une table de chevet et désactiva la sonnerie. L'homme brun le reposa puis fourragea ses deux mains dans ses cheveux. Il sentait la transpiration et était seulement vêtu d'un bas de pyjama noir, les jambes enchevêtrées dans la couette. Neal inspira longuement et finit par remarquer qu'une note avait été posée sur l'oreiller d'à côté. Il la prit et lut le message qui lui était destiné :

« Je suis contente qu'on est pu parler. Désolée de te faire faux bond, mais je n'avais pas le cœur à te réveiller. Tu dormais si bien. À un de ces jours ! Clo »

« -Bien dormi ? Si seulement c'était vrai », murmura-t-il en songeant au cauchemar.

La porte d'entrée était sécurisée et par conséquent elle se verrouillait automatiquement dès qu'on la fermait. C'était l'un des avantages de ce logement. C'est pourquoi Neal ne s'inquiétait pas au sujet du départ de son amie dans la matinée. Clo avait de la route à faire, elle était donc sûrement repartie tôt. Neal avait programmé l'alarme à 7h30 donc il ne s'attarda pas. Il prit une douche et se pré minutes plus tard, il prit son petit déjeuner dans le salon et vers 8h, muni de son portable, il chercha le numéro d'Emma dans ses contacts. Il appuya sur "appeler" et au bout de la deuxième sonnerie, elle répondit :

« -Hey, salut Neal, lâcha une voix féminine si familière à son oreille.
-Hey… Comment vas-tu, Emma ? Je ne te dérange pas ? demanda-t-il d'une voix chaleureuse.
-Ça va, écoute. Non, du tout. Je suis en stationnement actuellement. Je viens de déposer Charley au lycée. Henry ne commence qu'à 9h mercredi.
-Bien… »

Neal passa une main nerveuse dans ses cheveux, réfléchissant à comment venir dans le vif du sujet. Par chance, Emma fut plus rapide que lui.

« -Donc… Henry m'a dit que tu serais là à son anniversaire. C'est une bonne nouvelle. Il est tellement heureux si tu savais.
-Je sais…
-Tu viens en fin de semaine si j'ai bien compris les enfants ? Tu as trois semaines de vacances ? questionna Emma.
-J'arriverai à Portland vendredi. Le temps de m'installer dans un motel, tout ça… et je peux passer en fin d'après-midi. Oui, trois semaines. Incroyable, non ? Je n'en avais pas autant avant », informa Neal avant de se murer au silence, réalisant sa maladresse.

Il posa une main sur son front, prit un air désolé et se fustigea intérieurement de sa bêtise.

« - En effet… Euh de 18h à 20h, nous ne serons pas à la maison. Depuis quelques semaines, je nous ai inscrits à un club de sport. On y va donc tous les vendredis soirs, annonça-t-elle quelque peu embarrassée.
-Tu penses que nos enfants n'ont pas assez d'activités extrascolaires ? Entre Henry qui fait de l'escrime et Charley qui fait du tir à l'arc. Les pauvres ! lâcha-t-il avec une moue désabusée et un ton plein de pitié.
-Ah ah ! Ça ne leur ferait pas de mal, crois-moi ! Ils ne sont pas toujours tendres, répliqua-t-elle amusée, reconnaissant l'humour légendaire et les taquineries de Neal Cassidy.
-Bien, je passerai en coup vent à ce club de sport. Tu m'enverras l'adresse ? 20h c'est ça ? décréta-t-il après réflexion.
- Ça marche. C'est bien ça, assura son interlocutrice blonde.
-Eh bien, à vendredi…
-À vendredi, Neal… »

Il eut un silence, personne ne raccrocha.

« -À bientôt Emma… »

Et Neal raccrocha avant même d'entendre la réponse d'Emma. La peur d'en faire trop à chaque fois… Avait-il seulement le droit de réessayer ? D'oser séduire à nouveau cette femme qu'il n'avait jamais oubliée, mais qui avait souffert par sa faute ? Pouvait-il seulement avoir une infime chance de se rattraper, de se faire pardonner ? D'avoir une deuxième chance avec elle ? Son cœur battit à tout rompre à ces pensées. Avec tout ce par quoi il était passé, il ne pouvait plus continuer à garder cette distance, cette réserve. Il avait besoin de ses gosses à ses côtés. Et d'elle. D'elle surtout. Qui ne tente rien n'a rien, non ?

« -On n'a qu'une vie. Je veux la vivre pleinement. Je ne veux plus vivre dans les regrets », pensa-t-il tout en posant le téléphone sur la table et le contemplant d'un air ailleurs.

Neal ne prendrait plus la fuite, il ferait face à ses peurs, tenterait l'impossible et protègerait sa famille. Ce métier, il ne durerait pas toute la vie… Il l'espérait du plus profond de son cœur. Sur ces songes, il quitta sa chaise et se prépara pour le grand départ.


Dix minutes plus tard…

Neal quitta son appartement avec une valise, sa mallette métallique qui le suivait partout, une veste sous un bras et ses lunettes de soleil sur le nez. Le soleil était de nouveau au rendez-vous. Il se dirigea vers le parking où était garée sa voiture grise. Il ne prêta pas attention au sans-abri noir et barbu assis sur un banc face à son immeuble. Ce dernier était un habitué de ce secteur. Le SDF portait des vêtements usés et donnait des graines aux pigeons. Il scruta discrètement le passant puis le vit quitter avec sa voiture le parking pour prendre la route principale. Dès qu'il fut parti, l'homme d'une quarante d'années sortit de sa poche un portable neuf et composa un numéro. Une voix féminine à l'accent russe se fit entendre :

« -Oui ? lança-t-elle, abruptement.
-Le fils Gold a quitté son repaire. Il est en route pour Portland, déclara-t-il d'un ton neutre.
-Bien, je transmets l'information. Tu peux quitter ton poste à Seattle, Sidney. Rejoins-moi à Portland, je suis déjà sur place, avertit la femme autoritaire.
-Mais…
-C'est un ordre ! »

Sur ce, elle raccrocha sèchement et le pseudo sans-abri scruta son portable avec ahurissement avant de soupirer. Il ne pouvait pas aller contre les ordres de son supérieur. Le dénommé Sidney se leva et quitta le banc, abandonnant sur le banc son sac de graines.


Portland, Oregon – deux heures et quarante-cinq minutes plus tard…

Neal n'avait fait aucune pause et un sourire s'étira sur son visage qu'en, enfin, il franchit la frontière de la ville où vivait sa famille. Il était aux alentours de 11h30. Sur le chemin, il ne croisa ni une jolie blonde vadrouillant dans la rue ni une coccinelle jaune. Emma devait être à son bureau en ce moment même. Elle avait loué un local pour son travail de détective privée et dès que son frère eut l'âge d'exercer à son tour, il devint son associé. Daniel partageait avec sa sœur une passion pour les enquêtes. Au bout de quelques minutes, un peu à l'écart du centre-ville, Neal s'arrêta à un parking face à un motel dans lequel il avait l'habitude de s'installer, soit en déplacement soit quand il venait récupérer Charley et Henry. Son appartement à Seattle comportait trois chambres, soit deux pour eux. Il coupa le moteur, enleva les clés sur le contact et sortit de la voiture. Il récupéra ses effets et se dirigea à l'accueil du motel pour prendre une chambre pour quelques semaines. La transaction administrative fut réglée en quelques minutes et le gérant lui donna la chambre 7. Neal s'installa alors dans ce qui lui servirait de "maison", une chambre à coucher avec douche et sanitaire. Le père d'Henry et Charley posa ses affaires et se chargea du rangement. Pour le déjeuner, il commanda chinois puis passa le temps à remplir de la paperasse et à surfer sur le net.


Peu de temps après…

Une voiture noire rutilante se gara dans le parking déjà bien rempli près du motel. Le conducteur était une femme aux cheveux mi-longs noirs et aux lèvres rouge sang. Elle était accompagnée de l'homme nommé Sidney, habillé de façon plus classe.

« -Le traceur nous amène ici, constata la supérieure de Sidney.
-Je crois que c'est un habitué de cet endroit. Il se déplace beaucoup pour voir ses enfants. Avez-vous contacté… ? questionna son compagnon.
-Oui. Il est satisfait. Je dois d'ailleurs le rappeler pour lui confirmer qu'il est bien à Portland. Il attendait son retour », acquiesça-t-elle avant de sortir son portable de sa veste de tailleur.

Elle chercha un contact et appela. À la première sonnerie, on décrocha.

« -Il est à Portland dans un motel en dehors du centre-ville, prévint la femme en tailleur noir.
-Comment l'avez-vous suivi jusqu'à ce motel ? demanda sérieusement une voix masculine.
-Sidney a placé un traceur sous sa voiture hier soir.
-Bien. Il faudra l'enlever. Mon fils est intelligent et surtout très vigilant. S'il finit par trouver le traceur, il va savoir que quelqu'un le cherche ou qu'on est après lui. La dernière chose que je souhaiterai c'est qu'il prenne de nouveau la fuite. Cela m'a pris beaucoup d'années avant de retrouver enfin sa trace. J'ai quitté Vancouver pour venir vivre à Portland et essayer de me rapprocher de mon fils, de le protéger.
-Vous pensez sincèrement qu'il a besoin d'être protégé sachant ce qu'il fait dans la vie ?
-Il a une famille, Regina. Il n'est pas toujours présent. Il ne sait pas qu'il est recherché actuellement. On essaye de m'atteindre en me menaçant de s'en prendre à mon fils, je ne peux l'accepter. C'est pourquoi je compte sur vous pour les protéger et pour être discret. Vous savez où mes petits-enfants résident ?
-Oui, marmonna Regina, contrariée par l'attitude de sa lointaine connaissance.
-Alors faites votre boulot. Je pense que ma requête est simple en échange d'une certaine somme. Vous avez les compétences alors surtout ne me décevez pas », avertit le père de Neal Cassidy.

Sur ces mots, il raccrocha renfrognant encore plus Regina. Décidément Gold était toujours aussi agaçant, mais avec lui, elle faisait une bonne affaire. Elle devait ronger son frein.

« -Bon eh bien… je vais enlever le traceur, souffla Sidney et sans attendre une réponse de sa boss, il sortit de la voiture.

Il revint une minute plus tard et Regina redémarra. Ils quittèrent les lieux et se dirigèrent dans le centre.


Quelque part à Portland, dans une banlieue chic - Au même moment…

Un homme d'une soixante d'années aux cheveux gris argenté prenait appui contre son bureau suite à un appel. Il ferma les yeux et serra les poings.

« -Bae… », murmura-t-il tristement.

Soudain, la porte de l'accueil de l'entreprise immobilière tinta. Une jolie et jeune femme brune de la trentaine fit son apparition.

« -Eli c'est moi ! J'ai ramené un encas pour toi… »

Elle se tut en voyant son compagnon si vulnérable, si triste. Il releva la tête. Un pli soucieux lui barrait le front.

« -Belle… souffla-t-il, une lueur d'inquiétude dans le regard.
-Qu'y a-t-il ? » demanda-t-elle, soucieuse.

Elle posa les sandwichs sur le bureau et s'approcha de lui pour lui toucher le bras.

« -Mon fils… Bae… Il est enfin revenu…, confia-t-il.
-Oh, Eli ! C'est une bonne nouvelle ! Depuis que nous avons emménagé ici il y a deux mois, tu n'attendais que ça. Pourquoi es-tu inquiet ? interrogea Belle, surprise.
-J'ai peur qu'il ne veuille plus me voir ni me parler. J'ai commis des erreurs. Ce que je faisais avant…
-… Est du passé, Eli. Tu as changé. Tu es un homme bon. On fait tous des erreurs et puis malgré tout ça… tu restes son père. Je suis sûre que vous finirez par vous retrouver tous les deux », apaisa-t-elle d'une voix douce et chaleureuse.

Eli Gold acquiesça sans dire mot et la jeune femme le prit dans ses bras. Belle lui avait sauvé la vie. Elle était si importante dans sa vie à présent. Sans elle, il aurait perdu tout espoir d'être meilleur un jour. Elle lui donnait la force de continuer, de croire qu'un jour son fils pourrait lui pardonner.

À suivre…

Alors qu'avez-vous pensé du chapitre 2? :)