Tout d'abords, merci à toi Kssidralisk pour tes reviews ! Tu es un peu comme la voix qui me motive à continuer à poster, parce que ma conscience me souffle : eh oh, y'a Kssi qui attend bouge toi le postérieur et poste la suite ! Du coup sans plus tarder, en espérant que ça te plaise toujours !
D'autre renaissance et d'autre mort se produisirent au fil des années s'écoulant, le monde continuait de changer, d'avancer, et Echo restait la même. Elle n'avait plus jamais croisé la route de Loki, y avait pris grand soin à vrai dire, mais ne pouvait s'empêcher de parfois se questionner sur ce dieu païen atypique. Elle avait du lui sembler folle, décapitant un dieu à coup de hache avant de se planter un couteau dans le cœur, complètement hystérique. Mais il n'avait aucun moyen de se douter qu'elle était encore en vie, malgré son charabia qui avait manqué de la trahir. Quoiqu'il en soit, ça n'avait plus d'importance, les cultes polythéistes disparaissaient lentement mais sûrement, sérieusement entaillé par le christianisme, et les dieux païen n'était plus vénérer en plein jour comme jadis. Ils finiraient oubliés de tous.
Fait nouveau, depuis trois siècle , elle avait entrepris d'apprendre à se battre, à se défendre. Si elle voulait cesser se jeu tordue, il fallait qu'elle règle son compte à Pan, et pour cela elle devait devenir forte. Mais mourir tous les cinq six ans ne l'aidait pas réellement à se former correctement. Elle avait le temps d'apprendre les bases, de les mettre en œuvres, puis elle devait recommencer à zero ailleurs avec un instructeur différent, et un style de combat différent. Ce qui faisait qu'elle avait une façon de se battre tout à fait hétéroclite, pouvait utiliser une épée comme un bâtons, ou un arc, ou une hache (même si cette dernière lui rappelait de mauvais souvenir), elle savait user d'un fouet, de ses poings, d'une lance, d'une machette, tout dépendait des couleurs locales. Une seule chose ne changeait jamais : il fallait être un homme.
La première fois qu'Echo se travestit, elle eut le sentiment de se débarrasser d'un poids. Sa longue chevelure blonde fut réduite à une tignasse courte qui sembla lui éclaircir les esprit, le bandeau lui oppressant la poitrine la fit se tenir plus droite, elle apprit à parler différemment, sur un ton plus grave. Être un homme, réalisa-t-elle, était une telle liberté ! D'une certaine façon, ces années furent les première qu'elle vécut réellement, où elle parvint à s'épanouir et trouver de l'assurance. Si bien que quand quelques trois siècles plus tard elle se réveilla après une nouvelle mort non loin de son village natale en Grèce, elle s'arma, repris son habillement d'homme, et s'empressa de s'y rendre, persuadée qu'elle pourrait enfin en découdre.
Elle gravit le chemin de roche menant aux pâturages après s'être recueillit sur les ruines disparut de ce qui avait été sa vie. Tout avait changé avec le temps, les arbres avaient envahi les champs, comme une lente invasion, et le ruisseau qui glissait autrefois le long du chemin était devenue un rivière papillonnement sinueusement entre les arbres en carillonnement gaîment. Mais elle n'eut aucun mal à retourner sur les lieux du crime, là où tout avait basculé. Elle pouvait encore voir le sang de son premier amour sur l'herbe verte, et en tendant l'oreille, les aboiements des chiens et ses propres hurlements faisait écho au drame du passé.
Elle serra le poing sur la hache qu'elle avait apportée. Elle avait déjà tué un dieu de cette façon, et Pan n'étant rien d'autre qu'une vieille branche couverte de moisissure, elle ne doutait pas que ce fut efficace.
« Je sais que tu es là, Pan ! Sort de ta cachette et viens te battre ! Viens confronter celle que tu tourmentes depuis plus d'un millénaire ! »
Le bruissement du vent dans les arbres lui répondit.
« Des siècles que tes chiens me réduisent en charpie, n'en as-tu donc pas eut assez ?! Finissons-en un bonne fois pour toute ! »
Et s'il ne se montrait pas ? Pensa-t-elle soudain avec angoisse. S'il était déjà mort et que ça n'avait pas rompu la malédiction ? S'il se régalait de la voir craquer ainsi ? Il n'avait aucune raison de venir, réalisa-t-elle. Aucune. Il voulait la voir souffrir jusqu'à la fin des temps, c'était stupide que croire qu'il viendrait parce qu'elle l'exigeait.
Elle sentit ses genoux trembler, mais repris fermement les reines de ses sentiments, et mura ses doutes.
« Un lâche, comme toujours... » S'exclama-t-elle en serrant les dents avec une grimace de rage et de frustration. « Tu n'as jamais pu affronter qui que ce soit de face hein ? Mais avec une tête pareil, pourquoi s'étonner ?! Même à l'époque tu n'as pas eus les tripes de m'affronter directement ! Tu n'es qu'un lâche Pan ! Un lâche ! »
Elle avait l'air maline, à monologuer ainsi. Seul le vent pouvait l'entendre mais ça ne changeait rien. Elle était venue pour rien. Elle sentit l'amertume lui serrer la gorge, perdant ses mots.
Était-elle condamnée à vivre ainsi pour l'éternité ? Devait elle se résigner ? Rien n'avait de sens, sa vie encore moins que le reste. En réponse à ce trop plein d'émotion qu'elle était incapable d'exprimer, les larmes lui montèrent aux yeux, et elle se laissa tomber par terre pour leur laisser libre cours. A quoi bon ?
Tout son courage et sa confiance s'était envolé dans les airs, comme la poussière accumulé par le temps disparaît au premier coup de vent. Tout ça pour rien. A quoi bon ? Un violent besoin de frapper quelque chose la saisit, et elle serra les poings à s'enfoncer les ongles dans la paume de la main. Elle en avait mare. Mare, mare, mare! Déterminée à extérioriser cette rage qui lui paralysait le cerveau elle dégaina sa dague et allait pour se la planter proprement dans la main quand elle disparut.
Purement et simplement. Pouf. Plus de dague.
Elle n'avait pas vécu suffisamment longtemps pour oublier ce que ça pouvait signifier et se releva vivement, aux aguets. Elle avisa alors quelqu'un appuyé négligemment contre un arbre, se curant les ongles avec sa dague l'air pas le moins coupable.
Loki.
Génial, il venait encore d'assister à une de ses crises de nerfs. Ça commençait à devenir une habitude !
« Ma dague. » Exigea-t-elle en tendant la main vers lui pour qu'il la lui rende.
« Armer une demoiselle avec un penchant pour l'automutilation ? J'crois pas non. » Répliqua-t-il avec un sourire arrogant et haussement de sourcil.
A peine arrivé qu'il lui cassait déjà les pieds, typique. Elle croisa les bras sur sa poitrine en filtrant toute émotion de son visage. Elle ne voulait pas savoir ce qu'il fichait ici. Non. Pas du tout. Et pourquoi n'avait-il pas l'air surpris de la voir en vie trois siècle après s'être planté un couteau dans le cœur ? La curiosité lui fit légèrement oublié son amère déception. Douleur, dieu de pacotille, au finale toute les distractions étaient bien venue non ?
« Qu'est-ce que tu fiches seulement ici ? » Demanda-t-elle finalement.
« Ne fronce pas les sourcils comme ça, méli, ça te donne un petit air méchant très intimidant ! »
Son ton tout sauf sérieux l'énerva encore plus et elle dut lutter pour ne pas lui jeter sa hache à la figure. Elle était en plein drame existentiel que diable ! Quel besoin avait-il de transformer ça en une comédie d'Aristophane ?!
« Tu n'es pas vraiment le dieu païen que j'attendais. » Répliqua-t-elle sèchement.
« Désolé de te l'apprendre, erastès, mais ça belle lurette que Pan a quitté la région. La dernière fois qu'on en a entendu parlé – il y a quatre ou cinq siècle – il tentait sa chance chez les incas. »
Ses yeux vert s'arrondir sous le choc de la révélation, et son visage perdit tout expression et palis au point que Loki se senti presque mal de ne pas avoir été plus délicat. Mais ce n'était rien comparé à la suite : au lieu de s'énerver comme il s'y attendait – il gardait un très net souvenir de la décapitation de Thor – toute énergie sembla la quitté et elle soupira tandis que son regard se chargeait d'auto dépréciation.
« Alors depuis tout ce temps, je me fais maltraiter pour rien ? Quoi, il s'est lassé de sa vengeance ? Mes souffrances n'ont pas le moindre sens, même pas celui là ? » Elle passa une main dans sa crinière courte, et un sourire moqueur tordit ses lèvres. « C'est embrassant. »
« Hey, le prend pas personnellement, c'est pas la fin du monde non plus. »
« Oh non, c'est sur. Je viens seulement d'apprendre que depuis plus de 1 500 ans je meurs régulièrement pour rien. »
Quelle humiliation. Toute ces années de souffrance pour rien. Toutes ces morts atroce, ce désespoir, dans quel but ? C'était Pan qui l'avait maudite, Pan qui la détestait et voulait la voir souffrir, et même lui s'était lassé ? Alors quoi ? Elle continuait à mourir sans que ça ne réponde au moindre dessein ? Toute ses peines étaient vaines ? Elle voulait se rouler en boule et disparaître. Cesser d'exister. Mais elle ne pouvait pas à cause de cette malédiction qu'elle ne pouvait pas lever. Le poids de la réalisation détruisit les dernières maigres défense la faisant encore maintenir les apparences, et elle fondit en larmes.
Elle était seule, oubliée de tous, fatiguée, brisée par le poids des années de souffrance et de lutte. Elle n'avait personne sur qui compter, aucun espoir auquel se rattacher, forcée de continuer d'avancer en sachant qu'elle n'aurait jamais droit au repos. C'était trop. Tellement trop pour son petit cœur de bergère.
Le dieu de l'illusion fut sincèrement touché par son désarroi – comment ne pas l'être ? Elle avait tout de l'héroïne de tragédie grecque luttant contre son destin vaillamment, et pour avoir tenu plus d'un millénaire en ayant une vie comme la sienne ? Chapeau ! Il connaissait des types qui n'aurait pas tenu dix ans à ce rythme. Au début, il s'était intéressé à la grec parce qu'il fallait un sacré dose de courage pour s'en prendre à un dieu païen, et que les circonstances de sa mort avaient attisé sa curiosité. Qui n'aurait pas été intrigué d'apprendre que son corps s'était tout simplement volatilisé quand personne ne regardait ? Ces derniers mots avaient été plus qu'intrigant, eux aussi. Il avait donc mené sa petite enquête au rythme de ses humeurs, qui l'avaient finalement conduit à un banquet avec quelques vieux amis du panthéon grec lui ayant raconté sur le ton de la plaisanterie l'histoire de Pan, l'imbécile qui était tombé amoureux d'une mortelle et qu'il avait finit par faire déchiqueter par ses propre chiens en la condamnant à mourir encore et encore sans jamais connaître le repos.
Pas bien difficile de faire le lien.
Il soupira et passa une main dans ses cheveux en se demandant se qu'il était sensé faire maintenant. Finalement, pestant contre son faible pour les humains, il fit quelque pas pour la rejoindre et lui ébouriffa gentiment les cheveux sans rien dire en attendant que l'orage passe.
Quand elle se fit calmer, il fit apparaître un plat de baklava imbibées de miel et de sirop de fleur d'oranger et lui en proposa tout en s'en prenant une part.
« Ça. » Commenta-t-il avec admiration. « C'est une des raisons pour lesquels j'aime les humains. »
Echo esquissa un sourire en grignotant un bout. Elle était complètement vidée, et pas plus avancée mais au moins ces émotions lui laissaient quelques instants de répit.
« Qu'est-ce que je vais faire, maintenant ? » demanda-t-elle.
Ce n'était même pas rhétorique. Elle était bel et bien en train de demander conseil au dieu païen.
« Hm, et si on commençait par régler cette histoire de chiens ? » Proposa-t-il.
Elle leva un regard confus vers lui et il se contenta de sourire avec assurance en lui faisant un clin d'œil.
« Eh quoi ? Ce qu'un dieu fait, un autre peu plus ou moins le défaire ! Je ne sais pas comment il t'as rendu immortelle, mais cette histoire de mort programmée ça, je gère. »
« Pourquoi ? »
« Quoi ? »
« Pourquoi m'aider ? »
« Et pourquoi pas ? »
Elle se dégagea et lui fit face avec une expression franche, sans hostilité mais qui demandait des réponses claires. Loki roula des yeux mais accepta de donner une explication.
« Tu n'es pas la seule a trouver le temps long, erastès. Et j'ai beau apprécier mes collègues au bout d'un moment on s'ennuie avec eux. Tu vois le genre de Thor ? A peu de chose près ils sont tous comme ça, on se s'en lasse vite. Mais toi, méli, t'as du potentiel. De quoi s'amuser pour au moins un siècle, je le sens bien ! »
« Et après ? »
« Tu vois, c'est ça ton problème, trop dans l'anticipation, et pas assez dans le moment présent. Occupe toi déjà de ce qui est à ta porté, et tu verras bien dans un siècle où sa t'aura mené. »
Il lui jeta un regard entendu avec un haussement de sourcil évocateur, et malgré elle Echo pouffa. Cette expression faciale était tellement ridicule !
« Voilà ! C'est l'esprit ! »
Oh, et puis après tout,qu'avait-elle a perdre ? Songea Echo en plongeant son regard dans celui de Loki. Ils avaient une drôle de teinte à mi chemin entre le miel et l'ambre, et elle se dit qu'avec une couleur aussi clair et atypique, il ne pouvait pas être mauvais.
« Très bien. Par quoi on commence ? » lâcha-t-elle finalement en écartant les bras.
Une lueur surprise passa dans le regard du blond, puis son visage se fendit d'un sourire ravis.
« Commençons par cette histoire de chiens. »
