Chapitre 3: I feel like a stranger

- Alors, comment tu te sens?

Peyton et Lucas venait d'entrer chez Peyton. Tout était calme et en ordre.

- Je sais pas, bizarre... Il ne reste rien, c'est comme s'il ne s'était rien passé! Murmura Peyton.

- Je suis venu mettre un peu d'ordre ce matin pendant que tu dormais.

- Alors c'est là que t'étais passé! Dit-elle en souriant.

- Eh oui! Pourquoi? Tu t'es inquiété pour moi? Demanda-il en plaisantant.

- Ben... Ouais un peu. J'ai tendance à m'inquiéter pour tout et n'importe quoi depuis ce qui s'est passé.

- Je vois. Donc ce que tu es en train de dire, c'est que je suis "tout et n'importe quoi"?! La taquina Lucas.

- Pff... Non en fait t'es rien pour moi Lucas, mais ça tu le sais déjà! Riposta Peyton.

Ils rigolèrent tous les deux puis se décidèrent à monter à l'étage. Lorsqu'ils atteignirent l'embrasure de la porte qui ouvrait sur la chambre de Peyton, celle-ci s'arrêta net.

- Tu peux me rappeler pourquoi on est là déjà? Questionna-t-elle.

- Parce que ton père rentre ce soir et que, par conséquent, tu reviens habiter ici.

- Hum... Bon allez, vas y, ouvre je suis prête. Annonça Peyton.

Ils pénétrèrent dans la chambre, là aussi tout était calme et normal.

- Où sont passées toutes les... Photos?

- La police les a décrochées et emportées au poste. C'est des sortes de "pièces à conviction" ou un truc du genre tu vois...

- Mouais, je vois.

Elle s'assit sur son lit puis poussa un long soupir. Lucas la rejoint et voyant soudain les larmes perler dans les yeux de Peyton, il la prit dans ses bras.

- Peyton... Je sais que c'est dur mais il va bien falloir que tu regardes la réalité en face un jour ou l'autre. Okay, cette pièce a été la scène d'un moment... Je sais même pas comment on pourrait qualifier ce qu'il s'est passé... Mais c'est TA chambre et TA maison. Personne ne peut t'enlever ça.

- Si justement! On peut m'enlever tout ça! Tu le sais, depuis que tu me connais, cette maison et tout particulièrement cette chambre, c'est MON monde, MON espace vital. C'est à moi... Mais aujourd'hui après ce qui s'est passé, ça sera plus jamais pareil. Derek a tout sali... Sanglota-t-elle de colère.

- Peut être que tu peux ré apprivoiser tout ça... Proposa timidement Lucas.

- T'aurais envie d'apprivoiser quelque chose qui te parait inhospitalier et ennemi toi?! Je me sens plus chez moi ici...

- Ca reviendra, je te le promets. Avec ton père à la maison, ça ira vite beaucoup mieux tu verras.

- Non Lucas! Ecoute, ça n'a rien à voir avec le fait que je sois toute seule ou pas dans cette grande maison. Imagine, je fais des cauchemars quand je suis à des centaines de mètres d'elle alors essaye un peu de t'imaginer ce que ça sera lorsque je serai dans cette chambre! Je pourrai même pas fermer l'oeil. Tant qu'IL sera en liberté, je ne pourrai jamais me sentir en sécurité ici...

Elle fondit de nouveau en larmes et enfouit sa tête dans l'épaule de Lucas. Il resserra son étreinte. Qu'est-ce qu'il pouvait faire d'autre! Bien sûr qu'il était trop tôt, bien sûr que faire comme si rien ne s'était passé ne l'aiderait en rien! La renvoyer vivre chez elle équivalait à aménager un studio à un claustrophobe dans un bunker. Elle allait paniquer continuellement.

- Lucas?

- Oui?

- Je sais que c'est une charge pour Karen et toi de devoir continuellement vous occuper de moi depuis ma sortie de l'hôpital...

- Non! Qu'est ce que tu racontes! S'emporta Lucas. C'est ni une charge ni une corvée. Je veux juste m'assurer que tu vas bien, c'est pour ça que sont fait les amis, non?

- Justement, j'ai l'impression que c'est que dans un sens... Tu es tout le temps là pour venir à mon secours et moi qu'est ce que je fais pour toi en retour? Rien.

- Tu es sur cette planète. Moi je trouve que c'est pas mal comme manière d'être quittes.

- Ah oui tu parles de la fille qui à chaque fois que tu lui permet de rester un peu plus longtemps sur cette même planète, se débrouille pour se mettre dans une situation imprévisible et te mettre en danger par la même occasion?!

Il lui donna un coup sur la cuisse et ils se sourirent. Quelques minutes passèrent sans que aucun des deux ne prononce un mot. Puis Peyton se leva et se dirigea vers son étagère remplie des vieux vinyles de Ellie.

- Je crois que je vais demander à Nathan et Haley s'ils ne veulent pas me louer leur canapé. Lança-t-elle d'un ton dégagé.

- Quoi? Qu'est ce que tu racontes?

- Je vous ai assez dérangé toi et ta mère mais je suis désolée... Je peux vraiment pas rester... Ici. Je pense qu'il n'y aura pas de problème pour que Haley m'héberge quelques jours.

- Bien sûr! Quelques jours. Et après, tu feras quoi? Tu dormiras dans la rue? Arrête de dire n'importe quoi, tu sais que ne nous dérange pas su tout ma mère et moi. Tu peux rester chez moi tant que tu voudras.

- Tu es sûr? Parles-en à ta mère avant au moins... suggéra Peyton.

- C'est elle-même qui me l'a proposé tout à l'heure avant qu'on parte. A croire qu'elle avait mieux sentie que moi ta réticence à revivre chez toi.

- Instinct féminin qu'est-ce que tu veux!

- La seule chose qui me dérange, c'est vis à vis de ton père... Il rentre pour toi et tu restes chez moi.

- Il comprendra, j'en suis sûre. Et puis, il a une entière confiance en toi. Il me l'a assez répété... Ca en devenait presque lassant! Il t'adore!

- Sois pas jalouse, c'est pas mal faute si je suis génial... Okay okay, je rigole ça va!

- Bon alors c'est d'accord? Demanda Peyton.

- C'est d'accord. Tu veux qu'on s'en aille d'ici? Tu trembles...

- Oui s'il te plait. Dit-elle d'un ton suppliant.

Ils se levèrent et sortirent bras dessus bras dessous de la chambre de Peyton.

- Soulagée? Demanda Lucas.

- Oui beaucoup. Merci encore Lucas, je pourrai jamais assez te remercier.

- Ouais en plus je t'évite de dormir sur un canapé, tu vas profiter de mon confortable lit deux places pendant que je dormirai sur un vieux lit déglingué au grenier... Eh oui, ma mère nous laissera pas longtemps continuer à partager la même chambre! Dommage j'aimais bien t'entendre parler dans ton sommeil... "On Pete, tu veux bien me rejouer cette chanson, s'il te plait, s'il te plait?!" Dit Lucas avec une voix qui se voulait semblable à celle de Peyton mais qui était en fait plus ridicule que ressemblante.

- Oh ferme la tu veux! Je suis sûre que t'as tout inventé, j'ai jamais dit ça! Maintenant tais-toi, faut que je laisse un message sur le répondeur de mon père.

Ils sortirent enfin de la maison, Lucas continuant à se moquer de Peyton et celle-ci lui donnant de nombreux coups un peu partout.