Voilà la suite. MarieCeline, je suis désolée de te décevoir mais, Gibbs n'est (déjà) plus à l'armée.
Gwenetsi : merci mille fois pour ton offre de résumé : je pense bien l'accepter^^.
Pokilo : ce chapitre est pour toi !
J'espère qu'il vous plaira et que vous ne m'en voudrez pas trop. Gros bisous à vous les filles. Et bonne lecture.
CINQ ANS PLUS TARD…
-Prenez vos affaires Burley, on a un marine mort au croisement de la 4° et de P. Street !
-Une seconde Patron, je dois apporter ces dossiers au Directeur.
-Plus tard Burley !
-D'accord Patron…
Le jeune agent leva les yeux au ciel en soupirant. C'était toujours ainsi que les choses se passaient : Gibbs appelait, et il fallait le suivre aveuglément, sans poser de question. Parfois, il en venait à se demander si Abby n'avait pas raison, et s'il n'était pas réellement question de foi. En tout cas, à ses yeux, c'était bien cela que l'Agent Gibbs recherchait : une équipe dont l'unité ne reposerait pas sur la hiérarchie, mais sur une foi indéfectible en son chef et ses membres.
-Alors Burley !
-J'arrive !
Il lança les dossiers sur son bureau, ramassa son sac et se mit à courir pour rattraper Gibbs.
Cela faisait cinq ans qu'il travaillait au NCIS. Cinq ans qu'il côtoyait le plus irascible des patrons et surtout, cinq ans qu'il se levait le matin pour aller à la pêche aux cadavres. Et, étrangement, il avait fallu cinq ans à Stan Burley pour qu'il réalisa qu'il était en train de bousiller sa jeunesse à photographier des militaires assassinés dans des circonstances diverses et variées. Aussi, à vingt deux ans, Stan Burley pensait sincèrement à rédiger sa lettre de démission.
Quand Stan avait rejoint le NCIS, il avait tout juste dix-huit ans, et était le plus jeune agent de l'histoire de l'Agence, grâce à un programme fraîchement créé. Pour enquêter, la Navy recherchait désormais de jeunes agents qui puissent passer incognito dans la foule, intégrer les écoles militaires comme élèves et, surtout, apporter un regard neuf. Pour passer le concours d'entrée, il fallait être brillant. Extrêmement brillant même. Travailleur et motivé. Obéissant. Et être pistonné. Stan ne l'avait pas été dans le sens propre du terme, mais son père étant un marine de renommé, on avait accepté l'adolescent sans trop faire de vague. Et il avait rejoint l'équipe des agents Franks et Gibbs.
Aujourd'hui, il ne le regrettait pas. Mais il commençait à vouloir autre chose. S'il aimait servir son pays, il aurait voulu des amis, une jeunesse, le droit de s'amuser. Il voulait quitter cette atmosphère de mort, et laisser sa place à un autre. Gibbs comprendrait. Abby, peut-être moins.
La jeune fille, ou plutôt, jeune femme, travaillait au NCIS depuis bientôt un an, déjà. Et tout le monde avait l'impression qu'elle était arrivée en même temps que le Big Bang. Elle avait, il fallait bien le dire, une énergie vivace pour une petite fille de presque seize ans. Et une intelligence qu'aucune structure ne pourrait jamais encadrer. Elle n'avait pas appris à l'école, mais dans les livres, à la télé, par intuition. Elle avait passé des concours. Et le NCIS l'avait repéré.
Elle avait d'abord refusé le contact, jusqu'à ce qu'un ancien sniper ne veuille exécuter sa famille. Cette affaire ayant été résolue par celui qu'elle nommait depuis « le grand manitou », elle avait accepté de rejoindre l'équipe, à condition que ses parents soient d'accord. Monsieur et madame Sciuto étant des gens sensés, ils avaient autorisé leur fille à travailler pour une agence fédérale. Elle rentrait chez elle aux vacances et certains week-ends, passant le reste du temps dans son labo, chez Gibbs, ou au bowling avec les novices du couvent du coin.
-Burley, je ne vais pas t'attendre toute la journée !
-Oui Patron.
Il monta dans la voiture et ferma soigneusement la portière derrière lui, convaincu que son temps au NCIS s'était écoulé. Il avait travaillé dur, donné de sa personne. Il méritait un retour à la vie civile. Ou du moins, quelque chose qui y ressembla.
Pour la société, Stan Burley avait vingt-neuf ans et il avait travaillé comme Aide du sénateur de l'état de Washington avant de s'engager à servir la marine et ses soldats. Il trouverait facilement un nouvel emploi avec un dossier comme le sien, et pourrait intégrer les meilleures écoles s'il en faisait la demande. Le Directeur n'hésitait pas à rendre à ses agents ce qu'ils avaient donné. Tom Morrow le lui avait dit le jour de son embauche : « Vous serez avant tout sous protection de l'Etat. Vous travaillerez temps que vous le souhaitez et, quand vous changerez d'avis, de nouvelles portes s'ouvriront à vous. » Il avait dix-huit ans à l'époque. Il pensait qu'il ne changerait jamais d'avis. Mais il avait murit.
Il ne fit aucun cas de sa nausée quand Gibbs braqua le volant à droite au lieu de tourner, ni quand le compteur dépassa les deux cents dix kilomètres heures en agglomération. Tout cela serait bientôt fini. Gibbs allait lui manquer.
-Descend Burley !
-J'arrive Patron.
Il prit son temps pour détacher sa ceinture. Il respira l'odeur de la moquette intérieure et la grava dans sa mémoire. Il aimait servir. Il aimait le NCIS. Mais plus que tout, il aimait la vie.
Il ne sursauta même pas quand il entendit la détonation. C'était toujours ainsi que cela finissait…
