Chapitre 3 : Premiers rapprochements


Au lycée des Olympiens, les jours se suivent et se ressemblent. Castiel, Melody et Aëlys avaient retrouvé leur routine, levé, petit-déjeuner, cours, pause-déjeuner, cours, bus, devoirs, un peu de détente et coucher. Celle-ci dépendait des gens. Si Aëlys adorait bouquiner n'importe lequel des nombreux livres de sa bibliothèque, Castiel préférait composer dans sa chambre. Quant à Melody, elle adorait passer du temps sur son ordinateur, à regarder des vidéos sur YouTube ou jouer à des jeux en ligne comme le Loup-Garou en ligne ou League of Legend, sans oublier le dernier Final Fantasy dont elle était tombée amoureuse.

En ce matin de décembre, alors qu'elle prenait place dans le bus à 6h50, Melody enfourna ses écouteurs dans ses oreilles. Alors que les jumeaux ne le prenaient que le soir, elle devait le prendre le matin aussi puisque ses parents étaient souvent absents. Elle vivait seule, pour ainsi dire. Sa mère prenait le train le lundi matin très tôt pour aller travailler à Manhattan et elle ne revenait qu'à 10h du soir. Quant à son père, il passait son temps à boire. Elle avait appris à l'éviter. Il avait l'alcool mauvais, et il refusait de voir qu'il avait un problème. Sa mère, toujours absente, le fuyait également et faisait tout pour ne pas voir la vérité en face, tandis qu'au quotidien sa fille risquait les coups de son père. Pourtant, elle n'osait pas aller le dénoncer. Pas parce qu'il la menaçait, mais parce qu'elle n'était pas sûre que cela change quelque chose. Ce serait sa parole contre la sienne. Mais aujourd'hui, elle ne savait pas à quel point sa journée allait définitivement être une journée de merde.

Elle avait bien essayé de cacher son bleu, mais même le fond de teint n'avait pas réussi à faire disparaître la marque violacée qui courait le long de sa mâchoire. Elle pouvait toujours dire qu'elle était tombée dans les escaliers chez elle. Elle s'endormit bientôt et, lorsqu'elle se réveilla, elle vit qu'elle avait manqué son arrêt.

- Dammit ! Jackson va être fou de rage.

Elle courut dans le sens inverse, et à 8h30 elle franchit la grille de l'établissement. Malgré le caractère plutôt tolérant du prof de grec, elle savait parfaitement qu'il pouvait être bipolaire, un instant normal et l'autre s'énervant pour un rien. Enfin, ça elle le supposait, mais elle l'avait bien vu à certains moments se refermer et ses yeux s'assombrir. Dans ces circonstances, la classe ne pipait mots et se contentait de faire ce que M. Jackson attendait d'elle. Il avait cet aura de danger autour de lui qui prévenait quiconque de jouer avec ses nerfs. Et, une chose qu'il ne supportait pas, c'était l'absence de ponctualité. Une demi-heure de retard…

- Je suis tellement dead bordel…

Haletante, elle prit son courage à deux mains et frappa à la porte.

- Entrez !

La voix du prof retentit et elle poussa le panneau de bois, grimaçant lorsqu'il grinça. Il prit la parole d'une voix sarcastique.

- Tiens, Mademoiselle Argens, que me vaut l'honneur de votre présence ?

- Bonjour monsieur, je suis désolée du retard. J'ai loupé mon arrêt de bus et…

- Cela m'est complètement égal. Veuillez vous assoir et ne pas perturber mon cours plus que vous ne l'avez déjà f…

Il se tut soudain, les yeux fixés sur sa mâchoire, avant de reprendre d'une voix calme et posée, contrastant fortement avec le sarcasme et le profond agacement perceptibles à peine cinq secondes avant. Bipolaire quoi.

- Votre mâchoire ?

- Je suis tombée dans les escaliers hier soir monsieur.

- … Soyez plus prudente la prochaine fois.

Avec inquiétude, Melody se dit qu'il ne semblait pas dupe du tout à son excuse. Malgré tout, il reprit son cours comme si rien ne s'était passé. Melody sortit ses affaires et commença à prendre des notes, tâchant de se faire oublier. Elle accueillit la sonnerie avec un soulagement. Alors qu'elle s'apprêtait à sortir, la voix du professeur la retint.

- Melody ? Je voudrais vous parler un instant.

Ses camarades lui jetèrent un regard compatissant. Bon Dieu, elle allait mourir, c'était certain. Il avait juste attendu qu'elle soit seule avant de la démonter. Il allait sûrement lui donner trois tonnes de rédac, des heures de colles et …

- J'ai juste une question.

Bizarrement, sa voix était plus douce qu'à l'ordinaire.

- Etes-vous sûre d'être tombée dans un escalier ? Aux dernières nouvelles, vous vous vantiez auprès de vos amis, Castiel et Aëlys il me semble, que vous, vous n'aviez pas à monter 3 étages lorsque vous étiez fatiguée et que vous vouliez vous coucher.

- …

- Je vous le demande une dernière fois, que s'est-il passé ?

- Je vous l'ai déjà dit, monsieur.

Sa voix était hésitante, et elle ragea face à son manque de crédibilité.

- J'ai loupé mon bus.

- Melody…

- Quoi ?

- Je ne sais pas si vous savez, mais je suis un ancien soldat de la … Navy.

Sa voix avait flanché, mais elle s'était rapidement raffermie.

- Je sais reconnaître une marque de coup.

- …

- Si vous ne voulez rien dire, c'est votre droit. Sachez que, si vous voulez en parler, j'ai eu un beau-père alcoolique qui se servait de ma mère et moi comme punching ball. Maintenant, dit-il en montrant la porte, je ne voudrais pas vous mettre en retard.

Melody resta silencieuse tandis qu'elle se dirigeait presque en courant vers son prochain cours.


Une fois Melody partie, Percy se précipita vers la classe de Jason. Lorsqu'il l'aperçut, ce dernier vint à sa rencontre, une moue inquiète sur le visage.

- Perce, ça va ?

- Moi, oui. Melody, un peu moins.

- Melody ?

- Plutôt petite, rousse, yeux aciers, toujours collée à Castiel et Aëlys.

- Oui je vois. Pourquoi ça ne va pas ?

- Jaz', elle a une trace de coup sur la mâchoire.

A ces mots, Jason s'assombrit à son tour.

- Tu lui as dit quoi ?

- Pourquoi cet air inquiet ? Tu ne crois quand même pas que je vais la traumatiser ?

Le silence du blond était éloquent.

- Jason, je sais très bien que je ne suis pas le plus stable des hommes, mais je vais mieux. Tu le sais. J'arrive à plaisanter, j'ai même réussi à lui parler un peu de la Navy. Je lui ai juste dis que, si elle voulait parler, elle pouvait penser à moi. Tu sais, avec Gabe…

Jason examina son ami. Durant les derniers mois, ils s'étaient encore rapprochés. Jason, parce qu'il trouvait en Percy l'ami parfait. Percy, parce que Jason avait toujours été là pour lui, le soutenant lors de ses flash-back. Ils avaient même finit par emménager ensemble, lorsqu'ils avaient compris que seul l'autre pouvait calmer les cauchemars que tous deux faisaient, séquelles des jours passés sur le champ de bataille. Même si aucun d'entre eux ne l'admettait encore, leur relation était allée bien plus loin qu'une simple amitié, et chacun se reposait entièrement sur l'autre. A présent, Percy était plus calme, et les souvenirs ne revenaient plus aussi souvent. Le dernier était arrivé il y avait un mois de cela, et Jason espérait fermement que cela continuerai ainsi. Cependant, il sentait son ami encore fragile, et un simple choc pourrait le faire replonger. Inquiet, il se demanda si soutenir cette fille, qui avait apparemment une histoire semblable à la sienne, n'allait pas être cette goutte d'eau prête à faire déborder le vase, déjà plein à ras bord. Sa voix le sortit de ses pensées.

- Tu comptes faire quoi Jaz' ?

- Pour l'instant, je ne sais pas. Si elle n'en a pas parlé, c'est qu'elle doit avoir une raison non ? J'ai des copies à corriger. Si tu veux, j'ai entendu dire qu'il y avait un entraînement de natation. Son petit ami y sera sûrement, si tu comptes t'impliquer un peu plus que tu ne le devrais dans cette histoire.

Un sourire éclaira le visage du brun, toutefois tinté de nostalgie, et il partit en direction de la piscine.

Une fois seul, Jason sortit le paquet de copies qu'il se mit à corriger, souriant face à certaines maladresses que les élèves faisaient, notamment la confusion entre sumus et somos, qui était son équivalent espagnol. Un léger coup sur la porte le fit lever le nez. En apercevant Aëlys, il posa ses lunettes et lui fit signe d'entrer.

- Que puis-je pour toi ?

Au contraire de Percy, Jason préférait tutoyer ses élèves

- Je sors d'un entretien avec madame Criss, et elle m'a dit de venir vous voir car, selon elle, vous pourriez m'aidez concernant mon orientation.

- Ah ? C'est étonnant. D'habitude, ce n'est pas vers moi que notre chère conseillère d'orientation psychologue envoie les élèves. Peut-être que tu m'en disais plus, je pourrais voir dans quelles mesures je te serais éventuellement utile.

- J'aimerai devenir pilote de ligne, et passer par l'US Air Force, parce j'aime l'idée d'être utile aux autres par tous les moyens possibles.

Le visage du professeur s'assombrit un peu, mais il reprit la parole d'une voix légèrement rêveuse.

- Je crois que je sais pourquoi elle t'a envoyé à moi. Et toi, le sais-tu ?

- Pas vraiment, je me suis dit que vous deviez avoir suivi une formation de pilote.

- En fait, j'avais exactement le même objectif que toi, sauf que l'armée m'a plue, et j'y suis resté jusqu'i an maintenant. C'est un beau métier, qui permet de voyager et de découvrir du pays, mais on attrape rapidement le virus du vol. Ce n'est pas l'idéal pour la vie de famille, crois-moi. Mais je n'ai jamais rien ressenti d'aussi palpitant qu'un vol pour l'armée. C'est une belle voie.

- Si je peux me permettre, pourquoi avez-vous quitté l'armée si cela vous plaisait tant que ça ?

Le poing de Jason se ferma et sa mâchoire se contracta. Intriguée, Aëlys se demanda ce qu'il pouvait bien avoir vécu pour que ce souvenir ait l'air aussi douloureux. Peut-être était-ce en rapport avec le comportement pour ainsi dire étrange de Jackson ?

- En fait, c'est une mission qui a mal tournée. Pas la mienne, celle d'un ami. Il n'a plus jamais été le même depuis, et je ne voulais pas le laisser seul. Alors j'ai pris un emploi stable dans le civil, afin d'être auprès de lui.

- Puis-je vous poser quelques questions sur votre expérience ? J'aimerai savoir si c'est réellement la voie que je veux suivre.

- Pas de problème, tu peux en poser autant que tu veux.

- Dans ce cas-là, je vais commencer par vous demander : quel était votre grade ?

- J'étais Major…


Castiel attendait patiemment, au bord de l'eau. Aujourd'hui, c'était le dernier entraînement avant les sélections communales, et exceptionnellement il avait été ouvert aux autres élèves, ainsi qu'aux professeurs. Les gradins étaient déjà presque pleins et, à sa grande surprise, Jackson apparut. Il avait une lueur nostalgique dans le regard, si différente de celle qu'il avait habituellement. C'est alors qu'il aperçut Melody pour la première fois de la journée. Il remarqua immédiatement le bleu sur sa mâchoire et, sans se soucier du fait qu'il n'était vêtu que d'un caleçon de bain, il se précipita vers elle.

- Melody ! Qu'est-ce qui s'est passé ?

- …

- Melody, est-ce que c'est lui ?

- Je… oui…

Il se retourna contre le mur qu'il frappa d'un coup de poing rageur. Melody voulut poser une main apaisante sur son bras, mais il se dégagea de son emprise.

- Castiel…

- Melody, je vais te poser une question. Je veux que tu y répondes honnêtement. S'il te plait.

- …

- Il t'a laissé tranquille combien de temps cette fois ?

- Cast'…

- Réponds-moi.

- 2 semaines…

Il ne la regardait toujours pas. Lorsqu'il reprit la parole, sa voix grondait de rage à peine contenue. Ses mains posées à plat sur le mur étaient stoïques, mais on pouvait voir ses bras trembler sous le coup de la colère.

- Je ne sais pas combien de temps je vais encore pouvoir supporter ça Mel'.

- Castiel, tu ne peux rien y faire !

- Je sais, et ça me tue ! Imagines ce que je ressens chaque soir, quand je te quitte à l'arrêt de bus, alors que je sais très bien ce qu'il se passe chez toi. Alors que je sais qu'il boit tous les jours jusqu'à en oublier sa famille.

- Chhh… Tu te donnes en spectacle !

Ces mots avaient été chuchotés. Regardant autour de lui, il vit qu'en effet certains élèves commençaient à les pointer du doigt.

- Je sais, et j'en ai rien à foutre. Bordel, Melody. Est-ce que tu te rends compte dans la situation dans laquelle tu es ? Tu es dans la merde jusqu'au cou et je peux rien faire. Strictement rien. Alors que je sais qu'il ne supporte pas l'alcool, et que ta mère absente se voile la face. Imagines-moi le soir, dans ma famille heureuse, avec ma sœur qui s'inquiète autant que moi. En ce moment, mes parents se demandent ce que j'ai. Je me renferme, selon eux, je deviens agressif. Ils s'inquiètent pour moi. Putain Mel', ils ont déjà parlé de m'emmener chez le psy pour voir s'il n'y avait pas quelque chose qui ne tournait pas rond dans ma tête. Je les ai même entendus dire que je devenais presque bipolaire. Mais que veux-tu que je fasse ? Comme veux-tu tu que je réagisse alors qu'un jour, il pourrait très bien aller trop loin, et oublier de te laisser vivre ? Tu dois faire quelque chose, Mel', tu ne peux pas le laisser te détruire ainsi, il va finir par nous briser aussi.

Brutalement, il lui fit face et la serra à lui en briser les os, et Melody ne put s'empêcher de laisser ses larmes couler face à l'angoisse de son petit ami.

- Je ne supporterai pas qu'il t'arrive quelque chose, lui chuchota-t-il dans l'oreille. Je t'aime trop pour ça, je ne supporterai pas de te savoir gravement blessée, alors que j'aurai pu l'empêcher en parlant.

Il la lâcha alors que l'entraîneur annonçait le début de l'entraînement. Sa performance ne fut pas à la hauteur de ses attentes, et c'est frustré et inquiet qu'il regagna les vestiaires. Lorsqu'il en sortit, ce fut pour trouver un professeur Jackson qui, sans préambule, annonça tout de go.

- Vous savez ce qu'a Melody, n'est-ce pas ?

Sa colère n'étant pas encore retombé, il faillit fusiller le professeur du regard, se rappelant jute à temps qu'il n'était qu'un élève et que, selon Melody, Jackson était un prof plutôt sévère.

- Je ne vois pas de quoi vous parlez, monsieur.

- La trace de coup sur la mâchoire. Son père en est responsable.

Castiel se figea, comment pouvait-il savoir ? Melody n'en avait parlé à personne, sauf à lui et à sa sœur.

- Je… Comment…

- Comment je le sais ? Comme je le lui ai dit, je suis un ancien de la Navy et je sais reconnaître les coups. Quant à son origine…

Il se tut alors qu'il dirigeait son regard vers le plafond. Castiel soupçonna que quoi qu'il dise, les personnes au courant pouvaient se compter sur les doigts d'une main.

- J'ai… vécu la même situation, pour ainsi dire.

- Vraiment ? une lueur d'espoir s'alluma dans le cœur de Castiel. Peut-être qu'il y avait une solution finalement.

- Oui. Lorsque j'étais ado, j'avais beaucoup de difficultés scolaires, et ma mère ne gagnait pas beaucoup d'argent. Tout ce qu'elle gagnait passait dans les bouteilles et les parties de poker de mon beau-père. Si elle avait le malheur de se plaindre, ou de ne pas lui obéir, il la battait. Elle ne disait rien, elle ne voulait pas que ça retombe sur moi. Et puis, elle disait que c'était sa parole contre la sienne, et ça pouvait ne rien changer à leur situation.

Castiel hocha la tête, reconnaissant les arguments que Melody avançaient.

- Et comment vous en êtes-vous sortis ?

- Un jour, il a fait quelque chose qu'il n'aurait pas dû. Il a menacé de s'en prendre à moi. En fait, je crois qu'il avait la ferme intention de me battre également, mais ma mère s'est interposée. Cela n'a pas bien fini…

- Que s'est-il passé ?

- Il l'a… tué. J'ai appelé la police, et je me suis juré que plus personne ne serait blessé à cause de moi, plus personne ne prendrait les coups à ma place. Ne laisse pas… ta copine… s'enfermer dans le… silence…

La voix du prof s'était faite haletante. Inquiet, Castiel reprit la parole.

- Monsieur ? Tout va bien ?

- Je…

Voyant qu'il commençait à s'appuyer sur le mur, la voix de Castiel se fit plus pressante.

- Monsieur !

- Grace… Trouve… Grace…

Sans même réaliser que Jackson avait abandonné le vouvoiement, le jeune homme courut jusqu'à la salle où il trouva Jason Grace en compagnie d'Aëlys. Sans même attendre d'être prié d'entrer, il dit d'une voix où l'urgence pressait.

- Monsieur, c'est monsieur Jackson, il…

Jason n'attendit pas la fin de la phrase avant de se précipiter vers la piscine. Ne sachant pas quoi faire, les deux jeunes échangèrent un regard qui valait autant qu'une conversation et lui emboîtèrent le pas pour trouver une scène insolite. Sur le sol carrelé se trouvait monsieur Jackson agité de convulsion. Ils virent le blond se précipité sur lui et se faire brutalement repoussé contre le mur en essayant de l'attrapé. Ils y reconnurent des réflexes de l'armée.

- On ne devrait pas l'aider ? Jackson a fait partie de la Navy.

- Du calme Cast', Grace était de l'US Air Force.

Avec un grognement, le blond immobilisa l'autre au sol tandis qu'entre ses lèvres serrées s'échappait un souffle.

- Jackson, tu ne me laisses pas maintenant. Si tu pouvais arrêter de te donner en spectacle, ce serait une très bonne idée.

A la surprise des deux ados, leur professeur se calma. Jason se releva et tandis la main à Percy pour l'aider à se relever.

- Jason, ça va ?

- Moi oui, et toi ?

- Ça pourrait aller mieux.

- Rentre t'allonger, et ne discutes pas, j'assurerai tes cours à ta place.

Se frottant les poignets il s'éloigna avant de lancer.

- Grace ?

- Ouais, Jackson ?

- Merci.

Un regard entendu passa entre eux deux. Lorsque Jason se retourna, il se trouva face à deux adolescents médusés. Sa voix, bien que douce, recelait une bonne dose d'autorité, et il était facile de se rendre compte que calmer Percy Jackson n'avait pas été une partie de plaisir.

- Je sais que ça va paraître étrange, mais de quoi étiez-vous en train de parler ?

- Je… Il m'a parlé de Melody, et m'a raconté une partie de son histoire.

- Est-ce que tu te souviens de sa dernière phrase ?

- Quelque chose du style j'ai décidé de ne jamais laisser quelqu'un souffrir à ma place… Non ! il a dit qu'il ne laisserait plus personne prendre des coups pour lui.

Le visage de Jason se ferma. Il savait exactement pourquoi il avait fait son flash-back. Mais, avant de rentrer, il devait quelques explications. Du moins, il l'estimait. Après tout, ces deux élèves n'avaient pas demandé à être catapulté dans leur univers tortueux et torturé.

- Ok, alors comme vous le savez tous les deux, nous venons de l'armée. Aëlys, je t'ai déjà dit que j'avais quitté l'armée pour un ami. Cet ami, c'est lui. Il faisait des flash-back régulièrement quand la discussion abordait un certain sujet à propos de son passé.

- Je suis désolé…

- Ce n'est pas de ta faute Castiel. Il tenait vraiment à aider Melody, même si cela voulait dire révéler sa… fragilité à d'autres élèves. C'est quelque chose qui lui tient à cœur. Maintenant, j'aimerais que cela reste entre nous. Tu peux le dire à Melody, je pense que ça l'aiderait à faire confiance. Mais il ne souhaiterait pas que cela soit ébruité. Comprit ?

- Chef, oui chef !

Il sourit devant ce semblant de salut militaire avant de prendre le chemin de sa classe.


Lorsque les trois compères se réunirent dans leur bus, tous trois s'exclamèrent en même temps.

- Faut que je vous raconte un truc !

Des regards complices s'échangèrent et le voyage retour fut ponctué de « non ! » « c'est pas vrai ! », « vraiment ? » « j'y crois pas ! » « incroyable », même si l'ambiance entre Melody et Castiel fut un peu plus sombre qu'à l'accoutumée.