Une nouvelle page blanche, vaguement noircie de caractères d'imprimerie à intervalles plus ou moins réguliers, vient d'apparaître sur votre écran ?

C'est normal : c'est l'arrivée du 3ème chapitre de "Mon fantôme bien aimé" !

Félicitations, c'est un garçon ! (ben oui, un chapitre, c'est masculin !) Je voulais vous envoyer un faire-part de naissance, avec une petite carte bleue, avec de jolis dessins comme un berceau, une cigogne, un chou (trop chou ! hum, désolé)... bref tout plein de trucs tout mimi, mais quand j'ai demandé au vendeur de p'tites cartes il m'a dit qu'il n'avait plus de modèle en stock pour les naissances des nouveaux chapitres de fic slash classées R, alors bon...

C'est pas grave, ça change pas grand chose au fond, c'est toujours le même chapitre (heureusement ! vous imaginez si les mômes changeaient en fonction du faire-part envoyé par les parents ?! si vous avez une fille et que vous auriez préféré un garçon : hop ! un faire-part bleu avec "c'est un garçon" et Léa devient brusquement Léo ! ... mais je m'égare encore dans des conneries).

Cela dit, l'avantage c'est que ça me laisse encore toute la place que je veux pour faire mes RAR :

- andadrielle : t'inquiète pas, pupuce, je m'occupe du slash ! Dans ce chapitre on retrouve Pevees, les zautres fantômes, Blaise, et pis Harry bien sûr ! Tu as raison, la réaction de Blaise était un pe étrange, mais l'explication se trouve ici, alors je vais te laisser lire. merci pour ta review, bisous.

- ornaluca : salut, artémis ! héhéhé, embêtons les serpentards ! yyyaaaah ! j'espère que tu as passé de bonnes fêtes. gros bisous à toi.

- celine.s/Line/C-Line : je suis contente que tu ait aimé le précédent chapitre. Harry et Pevees reviennent en force. Bisous (mais pas trop non plus, paske t'as raison : ma Saael', elle est super possessive !)

- Saael' : bonjour mon amour ! mdr ! oui, mais c'est vrai, on dit tjs que le père noël apporte des cadeaux aux enfants sages... bon d'accord, je suis plus une enfant, mais quand même ! Je suis pas sage et j'ai bien le droit d'avoir des cadeaux aussi ?! C'est du favoritisme primaire, que je rejette totalement ! Enfin bref... Moi côté crédit je suis complètement vidée. Les vacances, ça pardonne pas ! Je suis contente que tu ait aimé les différentes morts de mes p'tits fantômes de la Salle Sans Portes. Je te fait de très très gros bisous partout où tu veux.

- Lee NC Kass : Mdr ! Ouais, c'est vrai que Ron n'est pas qu'un peu stupide ! Nan, t'inquiète pas, je n'aurais jamais laissé qui que ce soit défigurer Draco ! Il est toujours aussi sexy, promis ! Je me suis bien amusée à écrire la Salle Sans Portes, je suis contentes que vous ayiez apprécié vous aussi. Merci pour votre review. kisses à toutes deux.

- Lovely A : merci pour ta review. j'espère que ce chapitre te plaira autant que le précédent. gros bisous à touâ.

- alinemcb54 : ok, alors juste merci. Et bisous.

- Lulu-Cyfair : Mdr ! Ron avec Pansy... c'est une idée, je vais y réfléchir ! lol. Un Lucius pour Noël ? Ah... j'espère que tu as eut la chance de le recevoir au pied de ton sapin, avec un joli petit ruban, moi j'ai pas eut mon Draco... boude. merci pour ta review. Kiss à touâ aussi.

- Shiefa Li : ben ouais, moi j'ai fait de l'espagnol, alors forcément l'italien... je connais pas ! mais maintenant je peut aller me la péter en chantonnant partout que je connais un mot en italien ! lol. bacione à toi aussi !

- Vif d'or : ben Harry va plutôt essayer d'éviter Sev et Dray pour l'instant (vaut mieux pour sa sécurité personnelle !) bonne année à toi aussi. gros bisous.

- florilège : euh pour l'idée de Harry en fantôme, c'est pas moi qui l'a eut : c'est un défi que Lychee a lancé sur Moi je n'ai fait que le relever pask'il m'amusait bien (j'ai écrit le contenu du défi sur la première page, comme en intro). Nan pas de perfusion sur le corps de Ryry, c'est le progrès de la magie ! J'espère que ta santé mentale est encore plus ou moins intacte (je me sentirais coupable de te voir internée par ma faute... enfin ça dépend, moi-même je suis inscrite dans un hôpital psychiatrique ! avec ma femme et ma p'tite soeur à mouâ). kiss.

Et voilà. fini. Plus de RAR, plus de place pour le bavardage. On passe au choses sérieuses !

Allez hop ! En piste ! et bonne lecture !

chapitre 3 : "Désolé, je ne fais que passer..."

Harry se racla la gorge et afficha un sourire poli et intimidé sur ses lèvres.

- Monsieur de Baron... Le moine gr... je veux dire, le fantôme de la maison Poufsouffle souhaiterait vous parler...

Le baron sanglant fronça les sourcils et dévisagea le jeune fantôme avec soupçon et mépris. Harry retira le sourire de ses lèvres et accentua un peu plus son air timide et inoffensif.

- Je ne sais pas de quoi il veut vous entretenir, mais cela me semblait assez urgent... il est dans la salle des Cordes, au sixième étage de la tour Sud...

L'effrayant fantôme de Serpentard dévisagea une nouvelle fois son interlocuteur sans un mot. Puis son visage blanchâtre s'assombrit et il grogna quelque chose comme "mais qu'est-ce qu'il me veut cet imbécile de moine... est-il donc trop gras pour se déplacer lui-même..." avant de disparaître à travers le plafond.

Resté seul dans le couloir principal menant aux quartiers des Serpentards, Harry abandonna immédiatement ses petits airs timide et un grand sourire narquois fleurit sur ses lèvres. Au revoir Môssieur le baron !

Bien sûr, le Moine Gras n'avait jamais demandé à voir le Baron Sanglant, mais le brave fantôme de Poufsouffle était assez bavard pour donner le change et retenir son homologue de Serpentard assez longtemps...

Harry se précipita à travers le mur de gauche. Il déboucha immédiatement dans une petite pièce humide aux murs en pierres nues, qui avait dût être une ancienne réserve... et que Harry et Pevees avaient justement utilisés comme réserve depuis ce midi.

Mrs Pomfresh ne donnait cours aux deuxièmes années que le lendemain matin, la disparition des plants de Mandragore ne serait donc pas remarquée avant ce soir. A cette période de l'année, les Mandragores étaient en pleine adolescence, ils avaient des boutons, rejetaient l'autorité et rêvaient de fugues. Leur voix n'avaient pas encore totalement muée et certains pouvaient même assommer quelqu'un en criant. C'était tellement parfait !

- C'est bon, la voie est libre ! annonça joyeusement Harry.

Le baron Sanglant éloigné des quartiers Serpentards, Pevees avait accepté d'aller s'y amuser un peu. Ce n'est pas comme s'il était du genre à refuser de participer à une belle pagaille ! Le problème était juste le fantôme des Serpentard, le seul que l'esprit frappeur craignait, et Harry s'était chargé de ce petit détail.

C'était également de lui que venait l'idée de kidnapper les très chers plants de Mandragores du professeur de botanique... qui courraient actuellement dans tous les sens, enfermés dans cette petite réserve. Pevees les gardaient à l'oeil quelques mètres plus haut (il avait surtout voulu éviter le baron).

A l'annonce de Harry, l'esprit frappeur ouvrit brutalement la porte de la petite pièce et s'enfuit aussitôt vers le mur de pierres qui gardait l'entrée de la salle commune des Serpentards. Les Mandragores se carapatèrent immédiatement dans le couloir. C'est que ça courrait vite, ces plantes là, une fois sorties de terre !

Harry s'était rapidement posté à un bout du couloir... le bout qui ne menait pas à la salle commune et aux dortoirs des Serpentards. Il avait remarqué que ces petites bestioles affreusement laides avaient une peur panique des fantômes. Sitôt qu'elles le virent, les Mandragores dérapèrent en hurlant et se précipitèrent dans le sens opposé... c'est à dire vers les quartiers privés des Serpentards, dont Pevees venait d'ouvrir le passage.

La vague de Mandragores déferla dans toute la salle commune et les dortoir des pauvres élèves affolés, sous les encouragements moqueurs de l'esprit frappeur.

- ...Et ils courraient partout ! racontait fièrement Harry à Naïan, Lean et Yolanda. Je les entendaient crier depuis le couloir ! Si je n'avais pas été un fantôme, je crois que je me serais déchiré les tympans !

- C'était le bordel ! renchérit Pevees d'un ton ravi. J'en ait vu trois grimper sur les tables et balancer les encriers à travers la pièce. Les pauvres serpents se cachaient sous les tables, derrière les fauteuils... y'en a même un qui s'est planqué derrière un rideau !

Et il se mit à chantonner :

- Stupides serpents, langues de vipère ; ces fils à maman sont bien moins fiers !

Harry était très satisfait de sa petite blague. Depuis le chaudron de Malefoy, il avait soigneusement évité le blond, et Rogue... mais ce coup-ci était bien trop tentant.

Et puis il s'était souvenu de la réflexion d'Hermione à propos de Pevees : il n'était pas un fantôme, mais un esprit frappeur. Il pouvait toucher et saisir certains objets, il pouvait également passer outre certains interdits... comme les charmes d'Helga Poufsouffle qui interdisaient l'accès des dortoirs aux fantômes !

Les serpentards n'avaient pas finis de se battre avec les mandragores. Et tout Poudlard allait profiter de cet 'incident'... surtout si Pevees parcourait le château avec son petit refrain. Mouahahahahah ! il était génial !

- J'aurais aimé être là, soupira Lean.

- Ouais, moi aussi. Cette cruche de Aspicïa Malefoy qui aurait piqué une crise cardiaque en voyant une mandragore plonger dans sa malle de vêtements, se moqua Yolanda avec un sourire vengeur.

- Pourquoi t'en prendre qu'aux serpentards ? interrogea Naïan en fronçant les sourcils. Tu as quelque chose contre cette maison ?!

Harry se rappela confusément que le fantôme enchaîné devant lui avait appartenu à la maison de Salazar.

- Non, pas la maison, seulement des élèves qui y appartiennent, corrigea-t-il.

- Ils se vengeront, tu sais, prévint Naïan d'un ton neutre.

Harry hocha la tête sur le côté.

- Peut-être...

Avant oui, ils se seraient vengés. Mais depuis la chute de Voldemort, depuis la fin de la guerre, les élèves de Serpentards (comme bien d'autres, il ne faut pas tout généraliser) se faisaient plus discrets. Ils s'effaçaient juste assez pour qu'on ne les remarque pas de trop, tout en restant bien présents.

Ils ne restait plus que Pansy Parkinson, qui semblait trop bête pour comprendre l'utilité d'une telle attitude ; et Draco Malefoy, trop fier et orgueilleux pour abaisser son petit nez aristocratique.

Mais Malefoy n'aura peut-être pas la chance de devoir se défaire des Mandragores : depuis qu'il avait été nommé Préfet-en-chef, le blond avait sûrement une chambre personnelle, tout comme Hermione. Ron avait semblé personnellement insulté lorsqu'il avait appris la nomination de Hermione... et encore plus par celle de Malefoy !

Mais lorsque la jeune fille leur avait annoncé à tous les deux qu'elle avait droit à une chambre personnelle, Ron avait tout de suite changé d'avis sur le sujet. Une chambre où aucun professeur ou autre élève n'aurait accès. Harry et lui y voyaient déjà installer le QG d'une nouvelle AD ou un groupe du même genre... mais Hermione avait refusé catégoriquement. Cette chambre était la sienne, pas la leur.

Ron et Harry n'avaient donc pas put y mettre le pied plus d'une fois : le premier jour, lorsque la jeune fille leur avait présenté sa chambre. Depuis rien, nada. Elle ne leur avait même pas donné le mot de passe qui permettait d'en passer la porte, située derrière une tapisserie de la salle commune de Gryffondor.

Harry songea qu'il faudrait qu'il retourne faire un petit tour dans la tour de gryffondor prochainement. Pour voir ce que Ron avait pensé de sa petite blague aux serpentards. Hermione, ce n'était même pas la peine de s'interroger sur son avis : elle serait scandalisée. D'une part, il avait volé des plants à Mrs Chourave ; et d'autre part, c'était totalement stupide et immature de sa part, blablabla... et vue la situation actuelle, blablabla... on devait favoriser le rapprochement des maisons, blablabla... et franchement c'était pas la peine d'en être fier, blablabla... c'était pas drôle !

Hermione Granger prenait son rôle de préfète-en-chef très à coeur. Mais il avait bien le droit de profiter un peu de sa situation de fantôme pour embêter Malefoy, nan ? juste Malefoy...

Harry fit la moue. Mouais, ce n'était pas certain que son amie comprenne l'humour du "lâché de mandragores" dans la salle commune et les dortoirs des serpentards... mais Ron, Seamus, Dean et Neville avaient dût apprécier. Et beaucoup d'autres aussi. Oui, il faudrait qu'il aille faire un petit tour dans la tour des gryffondor...

- ... il faut toujours que tu fasse des généralités, râla Lean.

- Stupides serpents, langues de vipères ; qui fuient en sifflant votre repère ! entonna de nouveau Pevees.

- Mais non, je... commença Naïan. Pevees, ta gueule !

- Arrête de le prendre comme une attaque personnelle, marmonna Yolanda à l'adresse de son compagnon enchaîné.

Harry regarda les trois fantômes autour de lui et l'esprit frappeur. Et pourquoi ne rejoindrait-il pas la tour de gryffondor maintenant ?! Bon, la nuit était tombée depuis quelques heures, mais ses amis ne devaient pas déjà dormir... Brusquement décidé, Harry se tourna vers les autres.

- Euh, je vais... commença-t-il.

- C'était juste pour rire ! le coupa Lean. Tu ne vas pas nous en faire une tragédie ! Est-ce que moi je râle dès que Pevees emmerde un poufsouffle ?!

- Et moi un gryffondor ?! renchérit Yolanda avec les poings sur ses hanches.

Harry fronça les sourcils, vexé d'être ainsi ignoré, et leva un doigt pour attirer l'attention de ses compagnons fantomatiques.

- Je vais partir, lança-t-il. Je vais voir des amis...

- Ok, ok, pas de problème, lança rapidement Lean avant de se retourner aussitôt vers Naïan qui protestait :

- Ca n'a rien à voir ! ...

Harry les laissa donc à leur petite dispute, rythmée par les différents refrains que Pevees sortait selon son humeur. Il traversa le long couloir de la Salle Sans Portes et rejoignit le monde des vivants en chair et en os. Il pris soin de remonter les étages un à un, prenant garde de ne pas débouler dans une pièce qui serait occupée par Rogue, Rusard, ou un quelconque professeur.

Il devait être rendu au quatrième étage, lorsque des bruits de pas descendant un escalier lui parvinrent. Harry se figea dans l'air. Il y avait deux personnes.

- Mais c'est pas moi, c'est Deenan qui a tout organisé... gégnit la première.

C'était sans doute un deuxième ou un troisième année.

- Peut importe Mr Heelgins, c'est vous que j'ai attrapé, trancha une voix glaciale beaucoup plus grave et menaçante.

Merde. Rogue.

Harry n'hésita même pas une seconde et plongea vers l'étage en dessous. Il dût y mettre un peu trop d'enthousiasme puisque c'est deux planchers qu'il traversa au lieu d'un. Nick-Casi-Sans-Tête avait beau dire que ce n'était pas siii compliqué, il avait encore du mal à doser sa vitesse et manquait de précision.

Bref, Harry se trouvait un étage plus bas qu'il n'avait voulu. Il était sur le point de traverser, plus lentement cette fois-ci, le plafond qui se trouvait juste au dessus de lui, lorsqu'il remarqua une présence familière dans la pièce où il se trouvait : Draco Malefoy.

Décidément, il semblait que le sort s'acharnait à lui faire rencontrer des serpentards, ce soir !

Monsieur le préfet-en-chef était assis au bureau de sa chambre personnelle, suffisamment occupé pour ne pas avoir remarqué son "entrée" fantomatique.

Un grand sourire moqueur étira les lèvres blanches et transparente de Harry. Nick lui avait pourtant dit que les fantômes ne pouvaient accéder aux appartements privés, à cause d'une certaine incantation de cette pauvre Helga Poufsouffle (celle-là même qui s'était débrouillé pour que les garçons ne puissent entrer dans les dortoirs des filles) qui avait sûrement dût finir vieille fille prude et effarouchée...

Qu'importe, il se pencherait sur cet "accident" plus tard. Pour l'instant, il se trouvait dans la chambre personnelle du serpentard et il avait bien l'intention d'en profiter un peu. D'ailleurs pourquoi le blond était-il encore debout à cette heure de la nuit ? Et que faisait-il de si passionnant pour ne pas avoir remarqué sa présence ?

Harry se concentra pour se diriger lentement et à peu près correctement vers le serpentard qui lui tournait le dos, penché sur son bureau.

Il écrivait.

Un journal ?!

Pour le coup, Harry manqua traverser Malefoy et son bureau. Son sourire moqueur s'élargit grandement et il se pencha légèrement au dessus de la tête du blond pour pouvoir y lire ce qu'il griffonnait.

"... ou peut-être ne le ferais-je pas. Je n'ai pas encore pris de décision, je ne veux rien précipiter. Je ne ferais mon choix que lorsque je serais sûr d'avoir toutes les cartes en main. Ne jamais rien négliger. Tout le monde a quelque chose à cacher, je sais de quoi je parle. Quelque soit mon choix, ce sera le meilleur.

-

20 mars 1997.

Je ne pensais pas cela encore possible, mais Potter a réussit à devenir plus pathétique encore qu'il ne l'était déjà. Est-ce sa condition de fantôme qui le rend aussi stupide ? Je n'en suis pas vraiment convaincu, il était déjà ainsi avant la chute de Voldemort. Mais s'associer avec Pevees, c'est absolument risible ! Un esprit frappeur débile et grossier... c'est pitoyable.

Enfin peu importe. La santé mentale régressante de Potter ne m'intéresse guère. Je n'ai pas le temps de me soucier de lui. Padma avait raison : c'est toujours le soir que tes ennuis te reviennent en mémoire dans tous leur détails, mais c'est le matin que tu es capable de les analyser et de les résoudre correctement. Alors je vais noter rapidement les points et les lignes de mon problème et je m'en occuperais demain.

Si cela c'est révélé efficace jusqu'à maintenant, il n'y a aucune raison pour que cela change.

Lucius est mort le 28 août dernier. Mère s'est fait arrêtée le 19 septembre. Elle a été jugé le 23 du même mois et a été emprisonnée à Askaban deux jours plus tard. Cela fait donc presque six mois qu'elle est enfermée là bas. Et bientôt sept mois que je ne l'ai pas vu.

Aujourd'hui, Rogue m'a demandé si je voulais la voir. Il peut s'arranger avec Dumbledore pour m'obtenir un droit de "visite" à Askaban, pour que je puisse voir Narcissa. Mais ai-je envie de la voir ?

Il me semble que cela fait une éternité que je ne l'ai pas vu. Tant de choses se sont passées depuis. Mais je ne sais pas si cela m'a rapproché ou éloigné d'elle.

Askaban aura probablement assombri la beauté polaire et glaciale de ma mère. Mais elle est forte, je le sais. Elle ne sera pas détruite. Ils ne pourront pas la détruire. Elle est trop fière et trop froide pour qu'ils puissent trouver en elle des souvenirs assez horribles pour la torturer. Quand à ses souvenirs heureux, je ne sais même pas si elle en a jamais eut. Oh, elle n'a jamais manqué de rien, elle n'a jamais été malheureuse... elle n'a guère de sentiments pour quoique ce soit, voilà tout.

Pourtant c'est ma mère. Et je suis son sang. Peut-être étais-je la seule personne à compter un peu pour elle, avec mon père. Enfin c'était le cas avant... je ne sais plus ce qu'elle pense de moi...

Elle m'a jeté un tel regard lorsque la nouvelle est tombée. Elle savait, c'était évident. Elle savait que je ne voulais pas devenir mangemort. Et je suis un Malefoy. Personne n'a le droit de se soumettre à qui ou à quoi que ce soit. J'ai ma dignité, ma fierté, mon orgueil. Jamais je ne serais entré dans ses rangs, jamais je ne l'aurais servit. Elle le sait.

Et ce jour là, j'ai compris qu'elle m'avait percé à jour. Elle savait ce que j'avais fait. Je l'avait trahie. Oh non, pas vendue ! Jamais je n'aurais vendu ma mère ou mon père. Jamais je n'aurais vendu Lucius ou Narcissa Malefoy. D'ailleurs, je n'aurais jamais rejoins le petit club de Dumbledore/Potter. Je n'appartiens à personne. Je n'ai pour camp que le mien. Mais je l'ai trahie. Et elle le sait. Et elle n'a rien dit.

Pourquoi n'a-t-elle rien dit ?! Elle aurait put s'énerver, pleurer, sortir sa baguette, me frapper... ne serait-ce que me dévisager avec haine ou mépris ou même déception... Mais elle m'a seulement jeté ce regard. Ce regard pour me dire qu'elle savait. Que les autres pouvaient bien dire ou écrire ce qu'ils voulaient... Elle savait, elle avait compris.

Ai-je envie de la revoir ? D'aller à Askaban ? De voir ce qu'elle est devenue ? Me jettera-t-elle encore ce regard ? ... et si elle parlait ? oh, qu'importe si elle à parlait. A présent, il n'y a plus grand risque. Voldemort n'est plus. Je lui ait survécu. J'ai fait ce qu'il fallait faire.

Oh, bien sûr, je ne me fais pas d'illusion sur..."

Malefoy tourna la page de son journal. Harry décrocha de sa lecture et dévisagea le blond à quelques centimètres de lui. Il se sentait bizarre. En voyant que le serpentard écrivait un journal, il avait pensé y trouver des choses amusantes, compromettantes, avec lesquelles il aurait put torturer le blond. Mais maintenant qu'il en avait un morceau, il n'était pas sûr de vouloir en lire plus. Il venait de réaliser brusquement que Draco Malefoy n'était peut-être pas le petit fils à papa pourris gâté qu'il s'était imaginé...

Bien sûr, Malefoy avait un caractère de merde, il était arrogant et insupportable, hautain et fier... mais il n'était pas mangemort ; il ne l'avait jamais été. Longtemps, Harry avait pensé que le blond regrettait la mort de Voldy et qu'il en soutenait les actions. Il s'était imaginé le blond comme étant une version plus jeune de Lucius. Ce n'était pas le cas.

Et dans un sens, ça gênait Harry. Ca faisait sept ans qu'ils se méprisaient l'un l'autre, sept ans qu'ils s'opposaient dans tout et n'importe quoi, sept ans qu'ils était ennemis, et Harry pensait connaître Malefoy. Mais il s'était trompé. Il ne connaissait que ce que le blond avait bien voulu lui montrer. A savoir de la haine et du mépris. Aussi stupide que ça puisse paraître, Harry n'avait jamais songé que Draco puisse s'inquiéter pour quelqu'un d'autre que lui-même...

Pendant la guerre, son masque froid et méprisant lui avait sûrement sauvé la vie. Lucius n'était pas un homme de coeur.

Mais même après la guerre, Draco Malefoy n'avait pas quitté ce ton fier et glacial. Beaucoup s'était retournés à la mort de Voldemort et avaient jurés leur soutient à l'Ordre du Phoenix, jouant de grandes phrases bien tournées pleines d'hypocrisies. Tout le monde avait loué le grand Harry Potter, qui s'était "sacrifié" pour "sauver le monde sorcier".

Pas lui. Draco était resté tel que Harry l'avait toujours connu. Il n'avait changé en rien son comportement, gardant intacte sa suffisance et son mépris. Il n'avait rien à prouver à personne.

Dans un sens Harry avait trouvé ça un peu rassurant, Draco Malefoy avait été et resterait toujours son grand adversaire, quelque soit les circonstances ! C'était une chose que la guerre n'avait pas changé, quelque chose de stable... et pourtant c'était faux.

Harry recula lentement dans l'air de la chambre du Préfet-en-chef. Il n'avait rien à faire ici. Il quitta la chambre par le plafond et resta quelques instants immobile dans le couloir Nord du deuxième étage, avant de se rappeler que sa destination première aurait dût être la tour de gryffondor. Il traversa donc rapidement les quelques étages et les quelques escaliers qui le séparait du portrait de la grosse dame, et pénétra dans la salle commune de sa maison, en passant à travers un mur.

A cette heure bien avancée de la nuit, la grande pièce circulaire aux teintures rouges et or était déserte, et le feu se mourrait dans la cheminée. Oh, bien sûr, ces amis ne dormaient probablement pas déjà. Neville s'était peut-être endormi au milieu d'une conversation, mais Ron, Dean et Seamus devaient encore discuter Quidditch, Gazette du sorcier, ou conneries sur les serpentards...

Le problème était que les fantômes n'avaient pas accès aux dortoirs, chambres, ou appartements privés... Pourtant Harry était bien entré dans la chambre de Malefoy, non ?! Est-ce que le charme imposé par Helga Poufsouffle aurait oublié la chambre du préfet-en-chef des serpentards ?! Ou bien ce charme n'était-il qu'une légende...

Harry se rappela soudain avoir déjà vu Pevees flotter au-dessus de son lit, en seconde ou en troisième année... oui, mais Pevees n'était pas un fantôme, c'était un esprit frappeur ! Ok, ok... alors pourquoi lui, Harry James Potter, qui était bel et bien un fantôme, avait-il put pénétrer dans la chambre personnelle de Draco Malefoy ?!

Bon, la spécialiste des questions irrésolues était encore Hermione. La jeune fille était sûrement couché mais...

Harry s'approcha de la tenture qui masquait l'entrée de la chambre de préfète-en-chef de gryffondor. Après tout, s'il avait put entrer dans la chambre de Malefoy, pourquoi ne pourrait-il pas entrer dans celle d'Hermione ?! au moins il saurait si ce phénomène était particulier à la chambre de préfet-en-chef de serpentard !

Prenant une inspiration, Harry ferma les yeux et se lança à travers la tenture qui était accrochée face à lui. Il ne rencontra pas plus de résistance que s'il traversait n'importe quel autre mur ou porte. Harry consentit donc à ouvrir les yeux.

Et il les referma aussitôt avec horreur.

- Hermione ! s'écria-t-il en plaquant brusquement ses mains sur ses yeux.

Il n'avait pas fait attention aux souffles haletants et aux gémissements étouffés sous la couette avant d'ouvrir les yeux, mais maintenant cela semblait lui transpercer les oreilles.

A son cri, les souffles se bloquèrent, et une réponse encore plus horrifiée lui parvint, aussitôt suivie d'un grand froissement de corps et de tissus.

- Harry ! s'exclama Hermione. Mais ça va pas la tête ?! Qu'est-ce que tu fais là ?! On ne t'a pas appris à frapper avant d'entrer ?! et d'abord comment tu es entré ?! Sors d'ici tout de suite !

Bon, si la jeune fille devenait hystérique, c'est que la situation venait d'être temporairement, et plus ou moins, arrangée. Harry ouvrit les yeux, d'abord timidement, puis complètement.

Hermione Granger. Son Hermione Granger. Sa meilleure amie depuis 7 ans. Avec qui il avait tout traversé, coups durs, épreuves, guerre, mort... Celle qui était préfète-en-chef de Gryffondor. Celle qui les harcelaient, Ron et lui, pour qu'ils fassent correctement chacun de leurs devoirs... Cette Hermione là, toujours à affirmer qu'il fallait être un modèle pour les premières années, était étalée dans son lit, le visage aussi rouge que sa couette, remontée jusqu'à son cou et pressée avec force autour de son corps... et avec quelqu'un !

Le regard de Harry glissa vers le nouvel 'ami' de la jeune fille, et il manqua traverser trois étages en reconnaissant de qui il s'agissait. Oui, c'était un homme. Enfin un jeune homme puisqu'il avait son âge. Mais les points positifs du jeune homme en question s'arrêtaient là.

- Hermione, tu feras attention, y'a Blaise Zabini dans ton lit ! grinça Harry avec un regard outré vers la jeune fille. Je comprends mieux pourquoi tu tiens absolument au rapprochement des quatre maisons... tu t'intéresse de trèèèès près à cette cause ! Mais ce n'est même plus un rapprochement serré, là, c'est une fusion ! franchement, je ne...

- Harry, t'es pas ma mère ! coupa sèchement Hermione. Je n'ai aucun compte à te rendre, et il me semble que je suis bien assez grande pour faire des choix moi-même... surtout ce genre de choix ! Et Blaise est quelqu'un de très bien alors interrompt immédiatement la tirade que tu allais me faire ! Je te signale que c'est toi qui n'a rien à faire là !

- Je le sais bien, c'est pour ça que je venais te voir, répliqua Harry. Et lui, c'est quoi la raison de sa présence ? Il s'est perdu ?!

- Hey, Potter ! intervint brusquement le serpentard. Je vais essayer de rester poli, par respect pour Hermione, mais tu seras bien gentil de dégager de cette chambre, parce que tu n'as rien à faire là. Notre relation ne te concerne absolument pas.

Harry soutint fermement le regard vert aquatique de Zabini. S'il croyait l'intimider, assis à poil au milieu du lit, la couette recouvrant juste sa taille. Bon, c'est vrai qu'il n'était pas trop mal pour un serpentard... Mais à quoi il pensait lui ?! Ce n'était pas du tout la question ! Franchement...

- Je comprends pourquoi tu as pris Malefoy à part, l'autre jour avant le cour de potions, grinça Harry. Tu as des amis charmants, Zabini !

- Harry James Potter ! s'offusqua Hermione. Je ne te permet pas !

- Tu ne me permets pas quoi ?

- D'insulter mon petit-ami ! répliqua Hermione avec aplomb. Je ne te permet pas d'insinuer quoi que ce soit sur Blaise Zabini, avec qui je sors depuis plus de cinq mois !

Harry ouvrit de grands yeux choqués. Plus de cinq mois ?! Et elle n'avait rien dit ?! Voyons cinq mois, ça faisait, milieu novembre... Bien avant la fin de la guerre, donc... il ne pouvait même pas accuser le serpentard d'avoir voulu se servir d'elle, zut. Enfin tant mieux, pour elle ! ... cinq mois quand même... franchement, elle aurait put lui dire ! Bon, il aurait probablement été cassé la gueule à cet abruti... mais ce n'était pas une raison pour lui cacher un truc aussi important !

Son regard passa de Blaise Zabini, serpentard de septième année, dix-sept ans, ami proche de Draco Malefoy... oui, mais qui n'était pas du côté de Voldemort... A Hermione Granger, sa meilleure amie depuis sept ans, gryffondor, préfète-en-chef... toujours de bon conseil et de bon jugement...

Mouais... Bon... Le bénéfice du doute. Mais si cet andouille blessait Sa petite Hermione d'une quelconque façon, il irait hanter ses rêves et ferait de sa vie un cauchemar ! Avec un peu de chance, il aurait toute l'éternité à sa disposition !

- Ok, marmonna Harry avec mauvaise grâce. Je vais vous laisser copuler tranquillement...

Hermione rougi encore un peu plus, au point que Harry cru qu'elle allait tomber dans les pommes. Blaise ne semblait pas le moins gêné du tout, juste visiblement agacé d'avoir été interrompu. Bien fait ! S'il avait été prévenu que Hermione sortait avec quelqu'un, ça ne serait jamais arrivé ! Na !

- Je te parlerais demain, 'Mione, souffla-t-il avant de passer à nouveau le mur de la chambre.

Puis il se ravisa et repassa la tête à travers un des murs de la chambre, face au lit.

- Oh, et pensez à dormir un peu quand même, hein ?! glissa-t-il avec un sourire mi-moqueur, mi-vengeur.

Un oreiller lui traversa le visage et vint s'écraser violemment sur le mur.

à suivre... dans deux semaines si y'a pas de pb, je devrais tenir ce rythme à l'avenir. Une grosse dédicace à ma p'tite soeur qu'est plus grande que moi (Dodo qu'a jamais froid) qui a parfois de très bonnes idées !

question : est-ce que ça vous intéressera d'avoir le titre du prochain chapitre à chaque fois ? Exemple :

prochain chapitre : n°4 : "Aïe, mes yeux !"