Bonsoir tout le monde !

Voilà la suite, ça reste encore un peu sombre pour le moment mais ne vous inquietez pas ça va évoluer

J'espère que ça vous plaira, en tout cas je prends plaisir à écrire, ça change de ma thèse

Je suis aussi agréablement surprise de vos réactions positives et apprécie vos commentaires et following !

Voilà je trouve ça super d'intéragir avec vous et d'avoir vos avis !

Bonne lecture et à très vite je pense :)


La nuit fut rude. Felicity dormit très mal, se retournant sans cesse dans son lit mais lorsque le sommeil et la fatigue du voyage l'emportèrent, son esprit fut hanté par des cauchemars familiers. La plupart des nuits, elle revivait la mort de leurs amis, que ce soit Sara ou Roy et dans chacun de ses rêves elle revoyait Oliver lui tourner le dos et disparaître.

Oliver ne faisait pas mieux de son côté, à la différence que lui ne ferma pas l'œil de la nuit et comme la majorité de ces nuits ici, il alla vagabonder dans les couloirs, s'imprégnant du silence et la quiétude qui régnait au sein de la forteresse, une fois la nuit tombée. Ces lieux semblaient si différents lorsque le soleil désertait. Malgré l'obscurité, une fois que la lune avait pris place dans le ciel, les activités sombres et dures que la ligue impose, cessaient et il pouvait enfin s'éloigner de toute cette brutalité. Il pouvait souffler et redevenir Oliver Queen quelques heures, s'éloignant de l'image froide et implacable qu'il devait donner.

Il se rappelait encore le jour où il avait accepté l'offre de Ra's. Ce jour-là, il avait définitivement vendu son âme. Ne plus tuer de ses mains ne signifie pas pour autant que l'on n'est pas un meurtrier. Le sang de Roy tâchait ses mains et chaque jour, des gens mouraient de celles de ses hommes. La souffrance qu'il avait endurée durant son initiation n'était rien en comparaison du malheur que représentait la ligue des assassins. Ils avaient beau préserver le monde tel qu'il était connu, cela n'en rendait pas moins leurs activités immorales.

Ce soir-là, la balade fut plus longue, les minutes s'égrenant sans qu'Oliver ne trouve la paix. Il marcha si longtemps qu'il fit pratiquement le tour de la cité et atterrit dans l'aile où se trouvait Felicity. Curieux de savoir si elle aussi avait du mal à dormir, il prit le chemin de sa chambre et y toqua. Le manque de réponse allait le dissuader d'entrer et il comptait repartir lorsqu'il entendit un gémissement de l'autre côté de la porte. S'aventurant dans la chambre, s'apprêtant à trouver Felicity debout, il fut surpris de la voir au beau milieu du lit, les coussins tous projetés au sol, les draps en désordre et la jeune femme en position fœtale, marmonnant dans son sommeil.

Il s'approcha doucement de peur de la réveiller mais il constata qu'elle ne devait pas avoir une nuit des plus agréables. Le visage tiré et les sourcils froncés, son amie gémissait où bafouillait des mots incompréhensibles. Toujours avec précaution, il s'assit au bord du lit à côté d'elle et replaça une mèche venant barrer son front.

Oliver

Il se figea, la main toujours à quelques centimètres de son visage, pensant l'avoir réveillée mais elle gardait les yeux fermés. Il attendit quelques secondes mais en vint à la conclusion qu'elle venait de prononcer son nom dans son sommeil.

Attends… attends moi.

Il eut du mal à comprendre ce qu'elle disait, c'est peu audible, à peine un murmure. Il approcha donc son visage mais ce fut une cruelle erreur. L'odeur de Felicity, douce et fruitée, lui parvint et il sentit sa résolution, de la tenir éloignée de lui, vaciller. Il ne put s'empêcher de caresser doucement sa joue, veillant bien à ne pas la perturber. Le moment qui faillit l'achever fut lorsqu'elle entrouvrit la bouche, offrant à ses yeux la vision de ses lèvres pleines et délicates.

Il resta là un moment, à la regarder, à caresser ses cheveux lorsqu'elle s'agitait de nouveau, il prit même place à côté d'elle, souriant lorsqu'elle parlait de manière incompréhensible, s'inquiétant lorsqu'il l'entendait gémir de peur, s'émerveillant lorsqu'elle vint se lover contre lui. Il finit même par s'endormir lorsque la respiration régulière de Felicity le berça.

Ce fut les premiers rayons de soleil qui filtraient à travers les rideaux qui tirèrent Oliver de son sommeil, en sursaut lorsque celui-ci se rappela où il se trouvait. Paniqué il regarda autour de lui mais fut rassuré de voir la silhouette de Felicity à ses côtés, toujours profondément endormie. Le voyage l'avait épuisé plus qu'elle n'avait voulu l'admettre.

Rassemblant ses esprits sur ce qui s'était passé, il se dépêcha de se lever et partit le plus vite possible. Il venait de dormir avec elle. Qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête pour se laisser aller de la sorte ! Et si elle l'avait découvert ? Elle n'aurait eu aucun mal à trouver les arguments pour lui dire qu'il n'avait rien à faire ici. Elle aurait joué de son humanité, ses sentiments pour le convaincre et il était hors de question de se montrer faible. Ra's al Ghul ne doit pas avoir de sentiments, il ne doit pas agir de la sorte. Il n'y a aucune place pour l'amour dans sa vie. C'est la faiblesse de l'homme. Son prédécesseur avait été clair. Et lui à quoi jouait-il ? Il devait se montrer censé et rester à sa place, hors de question d'établir de nouveau un contact de proximité avec elle. Il fallait qu'elle parte, ou bientôt il ne répondrait plus de rien.


Felicity se réveilla avec une drôle d'impression. Sa nuit ne ressemblait en rien aux autres. Chaque fois elle se réveillait en sueur, paniquée alors que cette nuit, elle avait trouvé le moyen de trouver un peu de repos et rêver à des souvenirs agréables. Se tournant dans le lit, sa tête rencontra l'oreiller et elle respira l'odeur qui s'en dégageait. Etait-ce le parfum d'Oliver qu'elle percevait ? Impossible. Les lieux commençaient déjà à jouer sur son esprit, à la destabiliser. Il était temps de retrouver ses esprits car Oliver commençait à l'atteindre plus qu'elle ne voulait l'avouer. Il la faisait douter. L'homme qu'elle avait connu avait-il vraiment disparu ?

Attrapant des affaires dans son sac, Felicity partit à la salle de bain et en sortit une demi-heure plus tard, douchée, coiffée, maquillée. Un jean noir et un débardeur léger sur le dos, la jeune femme enfila des bottines à talons, histoire de ne pas se sentir trop démuni face à lui, et partit le retrouver dans ce labyrinthe. Ce fut finalement un garde trouvé sur le chemin qui l'escorta jusqu'à une salle encore inconnue, tout aussi impressionnante que les autres. Dépourvue de meubles et épurée au maximum, on trouvait seulement un présentoir de bois où trônaient diverses armes qui faisaient froid dans le dos.

Des bruits attirèrent l'attention de la jeune femme et celle-ci alla un peu plus pour tomber sur un spectacle impressionnant. Oliver, seulement vêtu d'un pantalon noir soulignant ses formes alléchantes et le corps ruisselant de sueur, était encerclé par six hommes dont les costumes camouflaient la moindre parcelle de peau. Les combattants se remirent à attaquer leur chef qui, un grand bâton à la main, attendant l'assaut. En voyant tous ces coups échangés, Felicity ne put s'empêcher d'éprouver de la peur pour son archer. Il avait beau les dominer largement, elle craignait qu'il ne soit blessé et on instinct protecteur la fit stresser tout le long du combat.

Il n'y avait pourtant pas de quoi se soucier, Oliver se déplaçait avec une grâce évidente, les échanges ne semblant lui demander aucun effort. Il se mouvait avec agilité, esquivant chaque attaque, restant inaccessible. Au bout d'un certain temps, las d'éviter les frappes, il commença à attaquer en chaîne, envoyant ses adversaires au sol. Ceux-ci ne cessèrent de se relever jusqu'à ce que la fatigue et la souffrance l'emportent. Lorsqu'Oliver envoya un coup de bâton à son dernier assaillant, l'envoyant valser au sol, Felicity laissa échapper un cri de surprise et de stupeur. Dans sa chute, le visage du combattant s'échappa des étoffes le recouvrant et une chevelure sombre s'échappa de la capuche, laissant apercevoir le visage angélique d'une femme au regard sombre.

Du sang coulait de la lèvre de la femme qui baissa les yeux devant son maître. Oliver tourna la tête vers Felicity, semblant remarquer sa présence seulement maintenant. Il prononça un mot en arabe et tous disposèrent. La demoiselle au sol se releva avec difficulté et lança un drôle de regard à l'informaticienne, presque déçue de son intervention. Comptait-elle continuer de se battre après le coup qu'elle venait de prendre ? Oliver les traitait-elle ainsi ? Furieuse, Felicity lança un regard choqué à l'archer.

- Est-ce ainsi que tu les traites ? Ce n'est qu'une jeune femme Oliver.

- Je ne fais rien qui pourrait les blesser. Gravement, ajouta-t-il en voyant le regard que lui lançait son amie. Et crois-moi, cette jeune femme, comme tu dis, est l'une des pires meurtrières que cette planète a connu. Contrarie-la et tu te retrouveras avec la gorge tranchée avant même que tu n'ai eu le temps de l'entendre arriver.

- Je vois. Donc c'est vraiment ça ton monde désormais.

- Serais-tu en train de te faire une raison à mon sujet ?

- Si tu crois que ça va me convaincre de partir, tu te trompes.

Oliver s'avança vers elle, confiant, un air implacable sur le visage et Felicity vit en lui le chef qu'il était. Il ne s'arrêta que lorsque son visage fut tout proche du sien, son souffle caressant ses joues, faisant virevolter ses cheveux.

- J'ai toujours aimé votre courage et votre détermination miss Smoak.

- J'ai toujours détesté votre obstination et votre caractère, Queen.

Le beau brun sembla surpris de trouver devant lui une Felicity si outrageusement joueuse. Cela lui plaisait de retrouver un adversaire à sa taille, sa partenaire dont le tempérament la poussait toujours à lui répondre. Cela lui avait manqué. Se retrouver du jour au lendemain avec des gens obéissant, ne discutant jamais ses ordres et assouvis, fut étrangement décevant. Tout le côté aventureux et excitant avait disparu. En se chamaillant de nouveau avec sa partenaire, il retrouvait le goût du risque et l'envie de se donner.

Felicity observait son compagnon droit dans les yeux et sa gorge s'assécha. Son désir pour lui, si longtemps refoulé, refaisait surface et elle s'humecta les lèvres, ayant soudain trop chaud avec le peu de vêtements qu'elle portait. Le corps à moitié nu d'Oliver, à quelques centimètres du sien, à porté de moi, irradiait de chaleur et elle avait en face d'elle, son torse musclé et brillant, se soulevant et se rabaissant au rythme de sa respiration. Elle passa une main hésitante sur sa poitrine, barrée par des cicatrices et le tatouage de la Bratva, à l'emplacement de son cœur. Relevant les yeux vers lui, elle chercha une interdiction dans son regard mais il ne bougeait pas. De son autre main elle vint caresser les caractères chinois tatoués sur son ventre, non loin de ses abdominaux rutilants et dessinés.

Oliver ferma les yeux, la fraicheur des doigts de Felicity lui fit du bien et pourtant à mesure que ses doigts défilaient contre sa peau, celle-ci s'enflammait à son contact. Il sentit son souffle devenir erratique et il pria intérieurement pour que la jeune femme ne voit pas à quel point elle le troublait.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, l'informaticienne fut troublée par le regard animé qu'il posait sur elle. A croire que ses yeux parlaient pour eux, exprimant les sentiments refoulés, ceux qu'ils s'évertuaient à ignorer. Relevant le bras, Felicity crocheta sa nuque alors qu'elle sentait le bras d'Oliver encercler sa taille pour la rapprocher de lui. Il baissa davantage son visage vers elle, réduisant la distance séparant leurs lèvres. Cette attente était insupportable, elle voulait qu'il l'embrasse, désespérément. Son corps le réclamait autant que son esprit qui bouillonnait d'impatience.

Pendant une seconde, elle crut qu'il cèderait à la tentation mais une expression triste voila le regard de son archer, il baissa les yeux, rompant leur contact visuel et laissa retomber son bras avant de s'éloigner d'elle. Sans un mot, il la contourna et sortit mais cette fois, la jeune femme ne se laissa pas semer.

- Oliver, attends !

Elle courut pour le rattraper et lorsqu'elle arriva à sa hauteur, elle se posta devant lui, blessée et en colère.

- Je t'en prie, parle moi.

- Il n'y a rien à dire. Je sais ce que tu essayes de faire Felicity. Et je ne reviendrai pas.

- Pourquoi ? Dis-moi au moins pourquoi. Donne une raison valable de rester ici. Je sais que tu n'es pas heureux. Rester ici revient à revivre ton second enfer. Tout ça ne te ressemble en rien, tu n'éprouves aucun plaisir à faire ce que tu fais car tu es un homme bon Oliver, tu détestes l'idée de faire du mal autour de toi. Tu ne supportes pas l'idée de tuer davantage. Que ce soit de ta main ou celle d'un autre. Tout cette violence…

- Et qu'est-ce qui te dit que je n'aime pas ça ?

La jeune femme posa un regard sur lui qui semblait le sonder et cela lui fut étrangement désagréable, de peur d'être percé à jour.

- Je te connais Oliver, mieux que n'importe qui.

- Tu devrais peut-être te demander si l'homme que tu connais est encore là. Je ne suis plus celui que tu as connu, je te l'ai dit. Je n'ai plus aucun état d'âme.

- Si c'était le cas tu pourrais me tuer sans hésitation.

S'approchant doucement, il planta son regard d'acier dans le sien et un léger sourire en coin apparut sur le visage du chef de guerre. Felicity frissonna, il n'y avait rien d'amical dans son expression. Au contraire l'air glacial et hostile qui s'en dégageait lui faisait penser à un prédateur jaugeant sa proie. Lorsqu'il ouvrit la bouche pour lui répondre, la jeune femme prit enfin conscience qu'elle avait affaire à Ra's al Ghul et qu'Oliver Queen était perdu, quelque part au fond de lui, enfermé avec son cœur. Elle se liquéfia sur place, accablé par la réalité qui s'imposait à elle.

- Qu'est-ce qui te fais croire que je n'y ai pas déjà songé ?