Voilà la dernière partie du prologue, en espérant que cela n'a pas été trop répétitif. Au prochain update, l'histoire commencera vraiment et il y aura le point de vue d'au moins deux des trois sœurs mais de scène différente (je sais pas si vous voyez ce que je veux dire, mais au pire, vous verrez x). En attendant, bonne lecture et encore merci pour les reviews qui motivent vraiment :)


POV Jules

Je balance mon sac dans le coffre sans ménagement avant de faire le tour de la voiture. Je m'installe au volant et pousse un long soupir alors que Charlie prend place à côté de moi et que Quinn monte à l'arrière. Putain de rentrée. Lorsque je démarre le moteur, le CD de 30 Seconds To Mars se met en marche et je me sens un peu mieux.

« Baisse ta fichue musique, Jules »

Il faut forcément que cette petite conne de Quinn la ramène. N'étant pas d'humeur à la laisser gagner, mes doigts glissent sur le bouton de volume et immédiatement, la chanson résonne plus fort dans l'habitacle. Je n'ai même pas besoin de regarder au travers du rétroviseur pour savoir que j'ai réussi à la foutre en rogne. Et cela me met étrangement de bonne humeur. J'en profite pour en rajouter une couche lorsqu'elle se penche pour éteindre l'autoradio.

« Bah alors Quinnie d'amour, on n'aime pas la bonne musique ? »

A côté de moi, je vois Charlie se retenir de sourire et je sais que je viens de pousser mon autre sœur à bout. Je sens sa respiration sifflante et sa réponse ne tarde pas à venir.

« Désolée de ne pas aimer ta musique de barbare, Juliette »

Je vais la tuer, littéralement. Mon pied se pose sur le frein et je suis à deux doigts de piler et de la sortir afin de lui enlever cet horrible petit sourire satisfait du visage. Un œil au beurre noir irait parfaitement avec son uniforme.

« Ne m'appelle pas comme ça ... »

Je hais mon prénom depuis que je sais que c'est lui qui l'a choisit. Depuis l'année dernière, après mon changement d'apparence, il a décidé de renier mon existence et je n'ose même pas repenser à toutes les horreurs qu'il m'a sortit. Petite trainée. Je ne considère même plus cet homme comme mon père. Quinn ne sait rien de la dispute qui nous a animé un soir, au point que je le haïsse de tout mon être, mais elle sait que je ne veux plus que l'on utilise mon prénom. J'essaye tout de même de me calmer, elle ne vaut pas le coup que je perde mon sang froid. Je sers donc le volant de toute mes force, jusqu'à faire blanchir mes articulations, afin de faire redescendre ma colère. Mais un flot d'insultes m'échappe et Quinn n'attend pas pour y répondre. Le chemin jusqu'à McKinley se fait dans la dispute. Je jette de temps en temps un coup d'oeil à Charlie qui semble encore dans son monde.

Je me gare sur le parking face au bâtiment et sors du véhicule en lançant un dernier nom rabaissant à madame la reine, juste pour la forme avant d'aller chercher mon sac. Je tourne les yeux lorsque son immonde petit copain la rejoint afin de m'épargner une vision d'horreur. Je m'adosse contre le capot de la voiture et sors mon paquet de tabac afin de rouler une cigarette. Alors que j'humidifie la feuille, mon regard capte un nouveau couple. Je fronce les sourcils lorsque je crois reconnaître les deux têtes blondes. Charlie est dans les bras de Sam, en pleine discussion. J'allume ma cigarette, observant toujours l'étrange spectacle et je manque de m'étouffer lorsqu'elle se penche pour l'embrasser longuement. J'avoue l'imaginer plutôt avec Mike qui a un QI un peu plus élevé, mais après tout, il forme un couple pas trop moche, même si elle ne semble pas très à l'aise.

« Eh bien Quinn, tu nous avais pas dis que ta sœur se tapait Trouty Mouth ! »

Je tourne la tête afin de regarder sans aucune retenue les longues jambes musclées et finement dessinées des deux cheerleaders qui viennent de rejoindre Quinn. J'ai une haine profonde pour les Cheerios mais je dois reconnaître que si je pouvais, je m'en taperais bien une. Mais plus hétéros qu'elles, on ne fait pas. Quoique, j'ai toujours eu des doutes sur ces deux là. Mes yeux continuent de glisser sur leurs corps quand un poing dans mon épaule me sort de ma contemplation.

« Je sais pas qui est le pervers qui a inventé ses jupes, mais je pense qu'on devrait aller le remercier, tu crois pas ? »

Je lance un sourire carnassier au jeune homme qui vient de faire son apparition près de moi, lui aussi assis sur le capot. Il sort une cigarette qu'il glisse entre ses lèvres et cherche quelque chose dans ses poches.

« Salut Puck, du feu ? »

Il hoche la tête et prend le briquet que je lui tends avant d'allumer sa clope. Il me le redonne en expirant un nuage de fumée.

« Bon, c'est la rentrée, on fait quoi ? On rackette un nouveau ? … Ou alors on va aux toilettes et tu laisses le Puckosaure s'occuper de toi ? »

Je hausse les sourcils devant son sourire plus que suggestif. Je un rire m'échappe puis je me laisse glisser du capot de la voiture afin de me mettre debout. Je jette mon mégot par terre sans prendre la peine de l'éteindre et fait signe de la tête au garçon qui semble attendre ma réponse.

« Je pensais plutôt aller slushier un des membres du Glee Club, histoire de leur souhaiter une bonne année. »

Je commence à marcher vers le bâtiment et voyant qu'il ne me suit pas, je lance une dernière phrase par dessus mon épaule.

« Pour le reste, on verra plus tard si t'es sage »

Lorsque j'entend ses pas dans mon dos, un sourire satisfait se dessine sur mes lèvres et je me demande qui va être notre première victime de l'année.


Un gobelet glacé dans la main, Puck et moi nous dirigeons droit vers notre souffre-douleur préféré. Il est au bout du couloir mais dès qu'ils nous aperçoit, il fait péniblement demi-tour afin d'essayer de nous échapper. Seulement, nous sommes plus rapides et à peine quelques secondes plus tard, nous sommes derrière lui. Puck attrape son siège et le force à se diriger vers un coin un peu plus esseulé. Il finit par le retourner afin qu'il puisse nous faire face. Un grand sourire se dessine sur mes lèvres lorsque je vois son visage apeuré.

« Eh bien Abrahams, tu ne veux pas recevoir ton cadeau de rentrée ? »

Ma main passe passe au dessus de son crâne et doucement, tout doucement, je renverse le contenu du verre sur sa tête. Je prend mon temps afin qu'il puisse sentir chaque morceau de glace sur sa peau. Lorsque mon gobelet est vide, Puck prend le sien et en lance le liquide sans ménagement sur le visage d'Artie.

« C'est la fin des vacances, looser »

Nous lui rions méchamment au nez avant de partir dans l'autre sens pour retrouver la foule d'élève. Une paire d'yeux chocolat capte mon attention et un sourire se dessine sur mon visage. Nous la rejoignons afin de lui dire bonjour. Mis-à-part Quinn, Santana, Brittany et la Chose, c'est bien la seule membre du Glee club que nous épargnons.

« Hey Mini Berry »

Ses mains sur les hanches et ses sourcils froncés ne présagent rien de bon. Puck, comme à son habitude, préfère se défiler.

« Je vais chercher nos emplois du temps, je te rejoins plus tard. »

Il part sans se retourner, me laissant avec la diva qui n'a pas l'air très contente. Il me le payera. La jeune brune me montre Artie qui roule un peu plus loin, se dirigeant vers les toilettes.

« On est en Senior, Jules, il est vraiment temps que vous arrêtiez avec ça ! »

Je passe une main dans mes cheveux alors que j'essaye de m'empêcher de rigoler. Elle me fait vraiment rire quand elle se met en colère.

« Oh ça va Rach', on fait ça pour s'amuser un peu dans ce lycée de merde »

Elle croise les bras alors qu'une expression blessée passe sur son visage.

« Ca n'a rien d'amusant d'être slushié, crois moi ... »

Au moment où elle me dit ça, je vois ma sœur et ses deux inséparables cheerios traverser le couloir comme si elles étaient les reines du lycée. Je secoue la tête, désespérée par l'attitude de ma sœur. Cela fait deux ans qu'elle s'amuse à terroriser Rachel et que je ne comprends toujours pas pourquoi. Du moins je sais que Berry était proche de Finn en première année mais elle a vite compris qu'on ne marchait pas sur les plates bandes de Quinn. Mais quel besoin de s'acharner sur elle encore deux ans après ? Je dois avouer qu'il y a encore six mois, je n'en avais strictement rien à faire. Mais lorsque je suis tombée sur elle pendant les vacances, j'ai appris à la connaître et à l'apprécier. La première fois que je lui ai vraiment parlé, j'étais au super marché pour acheter de la bière. A vrai dire, c'est surtout elle qui m'a adressé la parole pour me demander si je savais où se trouvait les disques. Je ne sais pas vraiment pourquoi je l'ai accompagné jusqu'au rayon musique mais en parlant avec elle sur le chemin, je me suis rendue compte qu'elle n'était pas aussi chiante qu'elle en avait l'air. J'ai finit par l'inviter à passer la soirée avec Puck et moi et à la fin de l'été nous étions amis. Il est donc hors de question que Quinn continue encore ses conneries en Senior Year.

« Je suis vraiment désolée pour ça … Je ferais en sorte que ça n'arrive pas cette année … »

Je me tourne de nouveau vers elle mais elle ne me regarde pas. Ses yeux fixés sur un couple qui s'embrasse, une expression indéchiffrable sur le visage. J'observe à mon tour et lorsque je les reconnais, j'hausse les sourcils puis fixe Rachel avec de grands yeux.

« Oh attend Berry, ne me dit pas que tu craques encore sur Frankenfinn ! »

Elle sursaute soudainement quand elle se rend compte que je l'ai prise sur le fait et évite mon regard. Son visage entier vire au rouge tomate et elle rit nerveusement avant de balbutier.

« Ah ah ah ! N...Non, ne t'inquiète pas pour ça. J-Je dois y aller, on se voit plus tard ! »

Elle remet son sac sur son épaule et part sans un mot de plus. Je la regarde s'en aller alors que la sonnerie retentit, essayant de comprendre ce qu'il vient de se passer. Quelque chose m'échappe. Un coup dans mon épaule me faire perdre le fil de ma pensée.

« Bon, j'ai été chercher nos emplois du temps, j'ai le droit à ma 'récompense' maintenant ? »

Je lève les yeux au ciel et frappe Puck en retour alors qu'il se met à rire. Nous commençons alors à marcher vers notre premier cours de l'année, en retard, comme à notre habitude.


Les cours de Shuester sont sans doutes les plus chiants de toute l'Amérique et je me demande comment il a pu créer un club où même Quinn s'est inscrite. Enfin je pense surtout qu'elle y est pour montrer à Rachel que Finn est son petit toutou. Je soupire fortement, ne comprenant même pas comment l'une ou l'autre puisse trouver un quelconque intérêt à ce mec. Je veux dire, même Jewfro à plus de charme … Bon, peut être pas jusque là mais enfin, même moi j'ai assez de dignité pour ne pas m'intéresser à un garçon comme Finnocence. Et dire qu'il a déjà posé ses mains sur ma propre sœur … Beurk. Même à elle je ne lui aurait jamais souhaité ça. Je fais une grimace de dégout et sort mon paquet de tabac afin d'essayer de me concentrer sur autre chose que Quinn en train d'étouffer sous le poids de Finn. Alors que je roule ma cigarette, je sens un regard sur moi. Je relève la tête et aperçois le visage de Charlie tourné vers moi. Je la regarde, étonnée puis finit par lui sourire. Elle et moi avons toujours eu une relation plus spéciale qu'avec notre sœur. Dès toutes petites, Quinn aimait jouer à la reine, nous donnant des ordres que nous suivions à la lettre. Puis, un jour, nous avons fait notre petite révolution et Son Altesse fût destituée. Mais au fil des années, elle a continué à avoir un certain pouvoir sur Charlie, qui a un caractère plus docile que le mien et ce besoin apparemment irrépréhensible de bien se faire voir d'elle, même si j'essayais souvent de prendre sa défense ou de la réveiller. Je l'emmenais dans ma chambre avec moi plutôt que de la laisser seule avec Quinn et me rendre compte qu'elle devenait sa bonne à tout faire. Ces soirées passés ensemble sans notre sœur, parfois à comploter contre elle, nous ont permis d'être beaucoup plus proches.

« Mlle Fabray ? ¿ puede repetir la pregunta y la respuesta? »

Eh merde, je n'ai pas du tout envie de participer à son cours. Mais ce n'est pas de moi qu'il est question puisqu'il prononce le nom de Charlie. Cela fait très étrange de l'entendre en entier de la bouche d'une autre personne que de notre mère. Je la vois d'ailleurs grimacer sous l'appellation avant de commencer à paniquer parce qu'elle ne connait pas la réponse. A mon très grand étonnement, Mademoiselle j'ai-des-jambes-de-rêve se penche vers elle, sans doute pour lui souffler la réponse. Elle est vite stoppée par Quinn qui lui chuchote quelque chose. Je fronce les sourcils lorsqu'elle hoche la tête puis approche son visage de Charlie avant d'afficher un sourire satisfait.

« ¿Dónde está Brian? Brian está en la cocina »

Quelle petite conne, elle n'a pas pu s'empêcher ! Il faut toujours qu'elle trouve le moyen de prouver à notre sœur qu'elle est la plus grande, la plus forte, comme lorsque nous étions gamines. Je suis à deux doigts de me lever pour effacer ce sale petit supérieur qu'elle a sur le visage quand Charlie se retourne pour la remercier. Mais ce n'est absolument pas le moment de se donner en spectacle, je trouverais un autre moyen pour m'occuper d'elle.