Le sanctuaire où reposait le Survivant était sombre et en ruine. Des ossements polluaient les lieux. Des créatures venues à des fins malveillantes selon Galadriel. En tous les cas, on pouvait difficilement imaginer qu'un être aussi illustre puisse reposer en ces lieux. Mais Galadriel faisait son chemin à travers le dédale de couloirs sans hésitation, prouvant qu'elle savait où elle allait. Les elfes de la Lothlórien cherchaient conseil auprès de l'être mystique depuis le commencement du monde d'après elle. Ils voulaient le bien croire, la femme elfe ne montrait aucune inquiétude en ces lieux sombres et chargés d'histoires. Contrairement au reste de la troupe qui se tenait sur le qui vive.

Finalement, Galadriel s'arrêta à quelques mètres de deux colonnes de pierres sculptées qui encadraient une porte. Il y eut un étrange frémissement dans l'air puis, soudain, une silhouette fantomatique apparut devant l'entrée. Tous levèrent immédiatement leur arme dans sa direction mais la femme ne donna aucun signe de reconnaissance. Elle commença à parler en regardant droit devant elle.

« Bienvenu visiteur. Entrer si vous vous croyez digne. Mais seuls les êtres aux bonnes motivations pourront rencontrer le Sauveur. »

Il y eut une pause alors que l'inquiétude montait chez chacun des membres de la communauté. Leurs motivations, à chacun, étaient-elles assez pures pour ce lieu magique. Tous, en dehors de Galadriel, s'interrogeaient.

Puis, l'apparition étrange reprit.

« Visiteurs, chassez ceci, après que le Sauveur fut endormi, une prophétie fut faite.

« Le passeur des mondes, d'un sommeil sans rêve, attend.

Le magicien sans âge s'éveillera en son temps.

Il dispensera fortune et conseil à ceux qui le trouveront.

Avec le sorcier émeraude l'espoir se lèvera.

C'est avec ces temps sombres que son Ame Sœur surviendra.

Car sans son destiné, jamais la magie ne se lèvera.

Sans le mage des mondes, dans les ténèbres, le monde disparaitra. »

L'apparition disparue sur ces mots. Galadriel passa la porte et fit, ensuite, un geste pour la désignée de sa totalité.

« C'est le test ultime. Cette entrée juge votre être profond. Les secrets les plus profonds de votre âme ne peuvent lui être cachés. Si votre âme est trop sombre vous ne survivrez pas. Les dépouilles que vous avez vues sont celles des êtres qui se sont montrés indignes. Prendrez-vous le risque d'un tel jugement ? »

Encore une fois, les hobbits montrèrent quels êtres courageux ils étaient. Sam s'avança, un peu hésitant, mais ne faillit pas. Lorsqu'il franchit le pas de la porte, il fut entouré d'une lumière dorée et scintillante mais cela ne l'arrêta pas. Il franchit la porte, sans encombre, et se posta près d'une Galadriel, souriante.

Le succès donna le courage à Merry et Pippin de l'imiter. Ils passèrent, à leur tour, l'épreuve avec succès.

Galadriel offrit un doux sourire à Frodon qui planait devant l'entrée. Pas par crainte d'être jugé pour sa personne mais par celle que l'anneau interfère… Comme le dévoilait la main sur sa poitrine. A l'emplacement même où était l'anneau.

« La magie en ces lieux est puissante, Frodon Sacquet. Elle saura faire la différence entre votre âme et l'anneau maudit. »

Il n'en fallait pas davantage pour encourager Frodon apparemment puisqu'il la franchit aussitôt. Il fut entouré par la même aura que ses amis. Il rencontra une résistance de quelques secondes mais il se dit que c'était en raison de l'anneau. Toutefois, il put rejoindre ses amis et la Dame Galadriel.

Le prochain fut Legolas. L'aura qui l'entoura une brève seconde sembla plus brillante que les autres. La magie sembla alors chanter, ce qui fit hausser les sourcils à la dame elfe. Mais bientôt, Legolas se tint près du groupe, surtout formé de hobbits.

Gimli fut le prochain. Il se déplaça surtout par orgueil. En raison de la rivalité elfe-nain. Il passa sans encombre, ne laissant que les deux hommes derrière lui.

Aragorn n'était pas un lâche. Alors, malgré ses doutes sur son âme, il franchit le pas. Rien de particulier se passa et Aragorn rejoignit ses compagnons, enfin rassuré sur son âme. Elle était assez pure pour qu'il puisse rencontrer le protégé des Valars.

Boromir prit une profonde inspiration. Il n'était pas fou. Il était beaucoup plus tenté par l'anneau que ses camarades. Ce qui devait signifier que son âme était faible et, peut-être, impure. Sans doute trop pour avoir l'honneur d'être en présence du Survivant. Malgré tout, il s'avança… Et bientôt (pour son soulagement), il se tint au côté du reste de la communauté.

La dame elfe sourit, contente du résultat du jugement. Elle les guida, ensuite, vers la dernière demeure du Sauveur. Passé les portes du jugement, les lieux étaient magnifiques. En parfaite état. Sur les murs, il y avait des tapisseries avec un étrange félin et des tableaux faisaient froids dans le dos. On avait l'impression qu'ils les suivaient des yeux.

Puis, ils arrivèrent à destination. Il y avait un lit de pierres au milieu de l'immense salle. L'ensemble de la communauté leva les yeux. Ils étaient subjugués par le plafond qui donnait l'impression d'être à ciel ouvert. Les nuages sur le plafond se dispersèrent laissant paraitre les étoiles et la pleine lune.

La communauté suivit le rayon de lumière que dégageait la lune… et le virent.

« Voici le Sauveur, le protégé des Valars » Déclara, alors, Galadriel.

Elle se posta devant un cercle de lumière sur le sol, fait de magie. Comme le reste de cette salle.

« Entrez dans le cercle de lumière et vous recevrez des conseils du Survivant. »

Comme personne ne bougeait ne bougeait, ce fut Merry qui avança le premier, d'un bond dans le cercle. Il eut un bref aperçu de l'être mythique avant que le monde autour de lui ne s'évanouisse. Il arborait l'impression d'être de la race des hommes. Mais il dégageait quelque chose de plus. De la magie si Merry devait se risquer à une supposition. Le Sauveur ne semblait pas avoir plus de vingt ans. La dernière chose que vit Merry fut l'étrange dessin sur son poignet intérieur droit. Un cercle dans un triangle et transpercé par un trait.

Mais, quelques secondes après qu'il eut pénétré dans le cercle, la salle au ciel magique disparut pour laisser place à une étendue d'herbes vertes et un lac.

Et là, devant le lac, il y avait un jeune garçon d'environ treize ans. Merry le reconnut facilement comme étant le Survivant. Il s'avança, intimidé, sachant que la jeunesse de celui-ci n'était qu'apparente. Le Sauveur cessa ses ricochets et se tourna vers Merry avec un sourire insouciant et le regard curieux.

« Tu es un hobbit, n'est-ce pas ? Galadriel m'a parlé de votre race. Comment tu t'appelles ? »

Merry déglutit. Il avait eu raison sur l'apparence du Sauveur. Sa voix et son regard prouvait que interlocuteur était beaucoup plus âgé.

« Je m'appelle Merry… Pourquoi avez-vous pris cette apparence ? »

Le Sauveur eut un large sourire.

« J'ignore comment je t'apparais, Merry. Mon apparence mentale n'est jamais la même pour mes visiteurs. Et elle n'est jamais la même que celle de mon corps. Mon apparence ici dépend de la personne, de ce qu'elle a besoin de voir ou entendre ou encore de sa propre personnalité. »

« Tu as l'air d'un enfant de treize ans de la race des hommes. »

« Ah… Je comprends. Tu me fais penser à certains de mes premiers amis. Des jumeaux. Toujours à plaisanter. On les a toujours sous estimés. Mais, ils étaient vaillants et justes. Tout comme tu l'es Merry. Tu es quelqu'un d'accompli déjà. Je n'ai qu'un conseil. Suis ton cœur. Il te mènera sur le droit chemin. »

« Merci, Sauveur. »

« Je n'ai donné qu'un simple conseil dont tu n'avais pas vraiment besoin. Je préfère Harry. C'est mon nom, après tout… J'aimerais voir ton ami Pippin, à présent. Il a besoin qu'on lui parle rapidement. »

Merry hocha la tête et, soudain, réintégra la réalité. Son regard se porta sur la communauté et, face à leur curiosité, il reporta sa rencontre dans les moindres détails. Son regard se posait de temps à autre sur Harry dont l'immobilité l'effrayait et l'attristait à présent qu'il l'avait rencontré, si enthousiaste et énergique.

« Il veut rencontrer Pippin, maintenant. » Acheva-t-il.

Pippin entra donc dans le cercle. Il fut rassuré de voir que… Harry lui apparaissait comme à Merry. Mais lorsque le Sauveur se tourna vers lui, il sembla plus sérieux que l'avait décrit Merry.

« Si je semble plus sérieux, c'est que je le suis. Tu as besoin de conseils plus profond que Merry. Tu culpabilises à cause du magicien. Tu as tort. »

« Mais si je n'avais pas causé ce bruit. »

« La disparition du magicien est dû à la guerre et à ce démon uniquement. Laisse-moi te raconter une histoire. Celle d'un garçon de la même race que je suis. Il était au milieu d'une guerre. Le mage noir qui la menait l'avait choisi comme adversaire. Le garçon avait un lien avec le sorcier maléfique. Il voyait les actions du sorcier noir. Un jour, il vit celui qu'il considérait comme un père se faire torturer. Il décida d'aller à son secours. Etait-ce une mauvaise décision d'après toi ? »

« Non ! Sauver quelqu'un n'est pas une mauvaise idée ! »

« Et bien, il se révéla que c'était un piège. Le garçon entraina des amis de son âge dans un combat qu'ils ne pouvaient gagner. Ils furent blessés. Comme certains adultes qui vinrent à leur secours. Et pire que tout, celui pour qui le garçon était venu trouva la mort dans ce combat. »

« Ce n'était pas la faute du garçon ! » S'exclama, aussitôt, Pippin « C'était le choix de l'homme de venir au combat. »

« C'était le choix de l'homme… Comme c'était le choix de Gandalf de rester en arrière. »

« … Je comprends, Harry. Mais ça ne rend pas les choses plus faciles. »

« Non mais il est normal de ressentir de la tristesse et de la colère. Mais il ne faut pas se laisser dominer par ces sentiments. Tu es comme mon ami Ron. Il était naïf et maladroit. Il commettait beaucoup d'erreurs. Mais les erreurs sont utiles si on apprend d'elles. Elles font grandirent. Tu apprendras, Pippin. »

Pippin hésita et, alors qu'il commença à réintégrer la réalité, il souffla qu'il était désolé pour sa perte. Il avait compris qu'Harry était le garçon de l'histoire.

Pippin imita son ami de toujours lorsqu'il réintégra la salle magique. Au cours du récit, les guerriers accomplis échangèrent un regard. Le Survivant était un soldat, comme eux. C'était évident ! Il semblait faire forte impression à chaque visiteur.

Gimli s'avança finalement quand le hobbit le désigna. L'homme sorcier lui sembla plus jeune que l'avait décrit les deux hobbits. Onze ans, aurait dis Gimli. Le sorcier inclina la tête curieusement et tapa dans ses mains avec enthousiasme.

« Oh ! Un nain ! »

Gimli eut un sourire alors qu'il était inondé de questions. Au bout d'un instant, Harry se calma.

« Je suis désolé. Il n'y avait pas de nains dans le monde que j'ai connu. Pas plus que de hobbit… Mais les elfes qui sont venus m'ont souvent parlé de votre race. »

« Qu'en mal, j'en suis sûr ! »

« En fait, non. Pas toujours. Les ennemis ne sont pas toujours ce qu'ils semblent être. J'ai eu ma part d'ennemis. Durant mon enfance, il y en avait deux en particulier. Je n'avais pas, du tout, confiance en eux… Et, pourtant, ils m'ont tous les deux sauvés la vie avant même que j'atteigne mes dix-huit ans. Ne laissez pas les préjugés dominer vos actions, Gimli. »

Le nain hocha la tête et réintégra la réalité assez rapidement. Après avoir décrit sa rencontre avec le protéger des Valars, indiqua à Boromir que c'était son tour.

La rencontre de l'homme avec le sorcier aux yeux émeraude fut rapide et direct, comme l'homme l'avait souhaité. Harry avait l'apparence d'un jeune homme de dix-sept ans. Mais Boromir ne commit pas l'erreur de remettre en question ses conseils. Le Sauveur lui avait simplement parlé de ses expériences avec les objets noirs comme l'anneau. Les meilleurs hommes pouvaient se perdre dans leurs promesses, selon lui. La seule chose à faire était de garder à l'esprit que ces objets ne pouvaient faire que le mal.

Boromir avait envoyé Sam à sa suite.

Sam ouvrit les yeux et son regard heurta celui, bienveillant, du sorcier émeraude. Il se demandait pourquoi il avait voulu le voir. Il n'avait rien de particulier. Alors même que cette pensée lui traversait l'esprit, le sorcier eut un sourire indulgent.

« Tu es comme mon ami Neville. Il était peu confiant et modeste et il a grandi comme un des hommes les plus braves que j'ai connu. La fidélité est sous-estimée mais c'est la chose la plus précieuse. Reste comme tu es Sam. Frodon aura besoin d'un ami tel que toi. »

Ce n'était pas grand-chose mais c'est le cœur léger que Sam laissa sa place à Aragorn. Le rôdeur apparut face à Harry. Celui-ci avait la même apparence que dans la salle au ciel magique. Sauf qu'il avait une tenue guerrière. Une épée à sa hanche et un étrange bâton à l'autre. Le sorcier émeraude avait une expression nostalgique.

« Aragorn. Tu es un leader né. Des gens vous suivent déjà pour votre générosité, votre sagesse et votre fidélité. Vous êtes un bon leader. Vous feriez un bon roi. »

« Ne pouvez-vous pas sortir de votre sommeil et nous aider ? »

« Si je pouvais, je vous suivrais, Aragorn. Mais j'ai renoncé à ce choix lorsque la magie est intervenue pour me préserver. Seule mon âme sœur me sortira du sommeil. »

« Vos conseils ont été précieux, cependant, sorcier émeraude, et bienvenus. Je vous souhaite le meilleur. »

Le sorcier hocha la tête, un peu tristement, et lui demanda d'envoyer Frodon.

Bientôt le dernier hobbit se tint devant lui. Le sorcier émeraude soupira et souleva l'anneau du bout du doigt. Mais Frodon ne s'en inquiéta pas. Il pouvait sentir le dégoût du sorcier pour l'objet.

« J'ai porté un fardeau semblable au tien. C'est un chemin solitaire, la tâche de détruire un tel mal. Mais tu auras besoin d'un ami à tes côtés. On a toujours besoin d'un ami. Je suis sûr que tu réussiras. Tout ne redeviendra pas comme avant, Frodon, mais cela ira mieux au bout d'un moment. »

Le regard du sorcier émeraude se perdit au delà du rêve chimérique et reprit :

« L'elfe, Legolas, peut venir s'il le désire. Je n'ai jamais beaucoup de conseil à donner à ceux de sa race… Mais ils aiment parler. »

Frodon hocha la tête. Il ne voulait pas quitter le sorcier. Le sorcier semblait avoir plus besoin d'eux, qu'eux de lui. Il ne pouvait imaginer ce qu'était sa vie. Vivre dans un monde de rêves avec la conscience que le monde continuait à avancer sans vous. Avec seulement les elfes qui vous visitent ponctuellement.

Harry eut un sourire triste et Frodon disparut pour laisser sa place à Legolas.

Celui-ci fut surpris de voir le Survivant avec la même apparence que son corps physique. Legolas frémit lorsqu'il rencontra les yeux émeraude. Des yeux qui s'agrandiraient lorsqu'il le repéra. Et, soudain, la magie de cet univers de songes chanta et enveloppa Legolas… qui fut éjecté du cercle sans autre forme de procès. Tous ce précipitèrent vers lui… Mais lui n'avait de yeux que pour le sorcier émeraude qui prit une profonde inspiration et ouvrit les yeux.