Bonjour à tous ! C'est avec une jolie gueule de bois que je poste la première partie du chapitre 2 des Racines de la Colère.

Big up à ma bêta Clhook ! Et un big up à tout-e-s ceux-celles qui m'ont envoyé des reviews (auxquels je n'ai pas répondu, honte à moi !), qui follow cette histoire, ou qui la favorite (cette phrase n'a aucun sens).

C'est partit pour une nouvelle année, on l'espère, moins pourrie que 2015 ! Je vous souhaite que du bonheur pour les 365 jours prochains, et ceux d'après aussi !


Chapitre 2 : Le Premier Jour du Reste de ta Vie

Un matin comme tous les autres

Un nouveau pari

Rechercher un peu de magie

Dans cette inertie morose

Clopin clopan sous la pluie

Jouer le rôle de sa vie

Puis un soir le rideau tombe

C'est pareil pour tout l'monde

Rester debout mais à quel prix

Sacrifier son instinct et ses envies

Les plus essentielles

Mais tout peut changer aujourd'hui

Et le premier jour du reste de ta vie

Plus confidentiel

Étienne Daho – Le Premier Jour du Reste de ta Vie

Blaise et Harry couraient comme des dératés dans les couloirs. Ils s'étaient perdus et maintenant, ils allaient arriver en retard en Sortilèges.

Daphné avait été plus maligne qu'eux en déclarant qu'elle ne les attendrait pas et en suivant le groupe pour la Grande Salle.

Harry avait attendu Blaise qui avait attendu Harry, qui était en train d'attendre Blaise, si bien que maintenant ils étaient en retard et qu'ils couraient dans les couloirs, ce qui était, évidemment, défendu.

Ils arrivèrent pile au moment où le Professeur Flitwick entrait dans la salle de classe. Ils s'assirent où ils purent sous le regard noir du Professeur, qui pourtant ne dit rien.

Harry trouva le cours de Sortilèges passionnant. Le Professeur Flitwick était un minuscule bonhomme avec une autorité d'enfer quand il le fallait, et pourtant bienveillant la plupart du temps. Ses cours étaient intéressants, ludiques et instructifs. Le premier cours fut consacré à la théorie de base et à des démonstrations qui firent impression sur les élèves de Serpentard.

Le mardi, ils eurent Métamorphose avec le Professeur McGonagall. La première impression de Harry était correcte. Le Professeur McGonagall était une femme stricte, sévère, mais juste. Si elle avantageait sa Maison (Gryffondor), ce n'était pas flagrant. Elle distribuait les bons et les mauvais points, mais c'était difficile de comparer avec les autres maisons, ce cours n'étant pas double.

Ils eurent également un cours de botanique, dirigé par une femme rondelette, entre deux âges, le Professeur Chourave. C'était une femme joviale et sympathique et ses cours étaient salissants mais plaisants.

Un soir par semaine, après le dîner, les élèves de Serpentard devaient se rendre dans la Tour d'Astronomie pour observer les étoiles et apprendre les constellations avec le Professeur Sinistra.

Leur premier cours de potion ne devait se tenir que le vendredi, et en compagnie des Gryffondors, ce qui fit craindre le pire à Harry. Par la suite, ils auraient un autre double cours le mercredi matin. Apparemment, la première semaine était une semaine 'allégée' pour permettre aux nouveaux élèves de découvrir leur nouvel environnement. Leur emploi du temps se retrouvait donc provisoirement tronqué de la moitié de leurs heures de cours(1).

Les première années de Serpentard apprirent le premier jours de cours (un lundi) par voie d'affichage que le premier cours de vol sur balai n'aurait pas lieu cette semaine-là, faute d'équipement suffisant. Une rumeur disait que Peeves, l'esprit frappeur de Poudlard avait voulu faire une farce, qui avait mal tourné et qui avait mis le feu aux balais de l'école. Apparemment, Madame Bibine, leur professeur de Vol, était furieuse. Et il y avait de quoi. Pour rattraper le retard, leur cours de vol serait pris en commun avec les Gryffondors, ce qui en fit grimacer plus d'un. Dont Harry.

Harry s'était vite rendu compte que la Maison de Serpentard n'était pas populaire du tout à Poudlard. Il n'était pas rare que des élèves de Gryffondor et des élèves de Serpentard en viennent à la baguette, et se battent dans les couloirs. Cela était bien évidemment interdit, et quand les élèves en question étaient pris, ils écopaient souvent d'une retenue.

Il était clair pour Harry qu'aucun Serpentard ne faisait cependant d'efforts pour améliorer l'image de leur Maison auprès des autres élèves. Plus fiers que des coqs, les élèves de Serpentard étaient déterminés à faire croire qu'ils n'avaient pas besoin de l'estime des autres Maisons. Et ils finissaient par y croire eux-mêmes.

Les directives du Professeur Snape étaient tenues à la lettre. A l'extérieur de la Salle Commune, Serpentard était une Maison soudée. Elle faisait bloc contre les trois autres. Mais à l'intérieur de la Salle Commune, en privé, les rivalités et les désaccords prenaient une toute autre envergure du fait de ne pouvoir s'exprimer par d'autres moyens.

Les tensions déjà existantes entre Drago Malfoy et Blaise atteignirent des sommets dès le mercredi soir. Ils furent séparés par les deux préfets de 5ème année quand leurs cris devinrent insupportables pour le reste de la Salle Commune.

Quand Blaise et Drago commençaient à se disputer, Daphné trouvait toujours un moyen pour que Harry et elle ne restent pas dans les parages, ce en quoi Harry lui était reconnaissant.

Le jeudi ils eurent un cours de Défense Contre les Forces du Mal. Ce cours étaient attendu, mais il tourna vite à la farce. Le Professeur Quirrell était encore plus peureux que ce que Harry avait cru. Il avait même peur de ses élèves. Il bégayait sans cesse et sa classe avait constamment une odeur d'ail. Apparemment, Quirrell aurait rencontré des Vampires pendant ses voyages en Europe de l'Est, et depuis, il vivait avec la peur que l'un d'entre eux le retrouve. Il protégeait donc sa classe en accrochant de grosses gousses d'ail au plafond. Les cours auraient pu être intéressants si le Professeur n'était pas aussi ridicule avec son turban parfumé à l'ail sur la tête et son bégaiement incessant.

Enfin, le vendredi, après le cours le plus ennuyeux du monde (Histoire de la Magie), les élèves de Serpentard se présentèrent en Potion. Tout le monde prit place et chacun attendit l'arrivée du Professeur Snape. Celui-ci arriva dans son habituel tournoiement de robes, qui intimidait même le plus aguerri des Gryffondors.

- Rangez vos baguettes ! Ordonna-t-il sèchement.

Les élèves obtempérèrent et le Professeur commença l'appel. Il s'attarda une demi seconde de plus sur le nom de Harry, mais continua l'appel sans commentaire. Se rappelant de sa rencontre avec Snape sur le Chemin de Traverse, Harry se demanda ce qu'il avait bien pu faire pour mériter un tel mépris.

- Vous êtes ici pour apprendre la science subtile et l'art rigoureux de la préparation des potions, commença le Professeur d'une voix très basse, mais on entendait chaque mot comme s'ils étaient hurlés. Ici, on ne s'amuse pas à agiter des baguettes magiques, je m'attends donc à ce que vous ne compreniez pas grand-chose à la beauté d'un chaudron qui bouillonne doucement en laissant échapper des volutes scintillantes, ni à la délicatesse d'un liquide qui s'insinue dans les veines d'un homme pour ensorceler peu à peu son esprit et lui emprisonner les sens… Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, à distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon si vous étiez autre chose qu'une de ces bandes de cornichons à qui je dispense habituellement mes cours.

Le monologue du Professeur fut suivi d'un grand silence, que Snape rompit en apostrophant un élève de Gryffondor.

- Weasley !

Ledit Weasley sursauta.

- Qu'est-ce que j'obtiens quand j'ajoute de la racine d'Asphodèle en poudre à une infusion d'Armoise ?

Les oreilles de Weasley devinrent rouges, ce qui jurait avec la couleur de ses cheveux. Il finit par hausser les épaules. Il y eut quelques rires du côté de Serpentard. La fille aux cheveux broussailleux derrière le roux leva la main à la vitesse d'un boulet de canon.

- Vous ne savez pas ? Demanda Snape d'un ton dangereux. Une autre chance peut-être ? Où iriez-vous si je vous demandais de me rapporter un Bézoard ?

De nouveau, la fille (Granger, pensa Harry) leva la main très vite, tandis que Weasley bredouillait qu'il ne savait pas.

- Décevant, déclara Snape d'une voix de plus en plus basse. Quelle est la différence entre le Napel et le Tue-Loup ?

- Je ne sais pas Monsieur, répondit Weasley en essayant de reprendre courage. Mais je crois que Hermione le sait, vous aurez sûrement plus de chance avec elle.

Quelques Gryffondors pouffèrent, mais les rires moururent au fond des gorges quand Snape les foudroya du regard.

- Pitoyable, déclara-t-il. J'imagine que vous n'avez même pas daigné ouvrir vos livres avant de venir en cours. Pour votre information, Weasley, sachez que le mélange d'Asphodèle et d'Armoise donne un somnifère si puissant qu'on l'appelle la Goutte du Mort vivant. Un Bézoard est une pierre qu'on trouve dans l'estomac des chèvres et qui constitue un antidote à la plupart des poisons. Quant au Napel et au Tue-Loup, il s'agit de la même plante que l'on connaît aussi sous le nom d'Aconit. Alors ? Qu'est-ce que vous attendez pour prendre note ?

Harry sursauta et se dépêcha de gribouiller sur un parchemin vierge ce qui venait d'être dit (ou ce qu'il s'en rappelait), tandis que la classe entière se hâtait de faire de même.

- Et votre impertinence coûtera un point à Gryffondor, Weasley, conclut Snape.

Weasley devint rouge pivoine sous le coup de l'injustice.

La première partie de l'heure fut consacrée à l'étude des ingrédients qui composaient la potion contre les furoncles, où chacun dut prendre des notes consciencieuses sous la dictée du Professeur. Puis après une heure de grattage, les élèves passèrent à la pratique.

Snape passait dans les rang, ôtant des points aux Gryffondors, en ajoutant aux Serpentards. Tous les Serpentards eurent le droit à quelques points, sauf Harry, à qui Snape jeta un bref regard méprisant.

Le cours prit fin, et en sortant Blaise souffla.

- Eh, bien ! Je ne sais pas ce que tu lui as fait au prof, mais apparemment il ne t'aime pas.

Harry invita Blaise et Daphné à l'accompagner prendre le thé chez Hagrid (il avait reçu l'invitation le matin même).

Quand Hagrid leur demanda comment s'était déroulée cette première semaine de cours, Harry raconta l'épisode du cours de Potions, et il informa ses deux amis de l'étrange rencontre entre Hagrid et lui, et le Professeur Snape sur le Chemin de Traverse.

- Oh, ne t'en fais pas, dit Hagrid d'un ton bourru. Ça lui passera j'en suis sûr. Il devait être persuadé que tu irais à Gryffondor, comme beaucoup de Professeurs.

- Pourquoi tout le monde pensait que j'irai à Gryffondor ? S'étonna Harry

- Parce que tes parents étaient tous les deux à Gryffondor. Et puis la famille Potter est une famille où traditionnellement les enfants vont à Gryffondor.

- La famille Potter était une famille de Sang-Purs ? Demanda Harry.

- Ils ne s'en vantaient pas comme les Malfoy, et il y avait quelques Né-Moldus dans l'arbre généalogique, il me semble, mais oui, c'était une famille de sorciers.

Les deux amis de Harry se regardèrent, étonnés que Harry ne sache pas ce genre de chose sur sa famille.

A ce moment un énorme chien noir fit irruption dans la cabane.

- Ah, Crockdur ! S'exclama Hagrid ! Où étais-tu encore passé ?

Le chien tira une tête si triste que cela amadoua immédiatement Hagrid. Pendant que le chien se couchait dans son panier, Hagrid servit le thé à ses invités. Alors qu'ils se cassaient les dents sur des biscuits faits maison, tout en prétendant les trouver délicieux, Harry remarqua un article de la Gazette du Sorcier, posé sur la table.

LE CAMBRIOLAGE DE GRINGOTTS

L'enquête sur le cambriolage qui s'est produit le 31 juillet dans les locaux de la banque Gringotts se poursuit. La piste suivie par les enquêteurs devrait les mener dans les milieux de la magie noire.

Les gobelins de Gringotts ont répété que rien n'avait été volé. La chambre forte fracturée avait en effet été vidée le même jour.

« Mais nous ne vous révélerons pas ce qu'elle contenait et, dans votre propre intérêt, nous vous conseillons vivement de ne pas vous mêler de cette affaire », a déclaré le porte-parole des gobelins.

- Hagrid, fit Harry, ce cambriolage à Gringotts s'est passé le jour de mon anniversaire ! Ça aurait pu arriver quand on y était.

Hagrid eut l'air gêné et évita le regard des trois enfants.

Quand ils eurent fini leur thé, et qu'ils furent sur le chemin de retour vers Poudlard, Harry raconta à ses deux amis tout ce qu'il savait sur le cambriolage de Gringotts. Ce fameux paquet que Hagrid avait récupéré, était-ce cela que les voleurs voulaient prendre ? Et qu'est-ce que ce paquet de papier kraft pouvait bien contenir ?

C'était une véritable énigme. Cela tombait bien, les Serpentards adoraient les énigmes.

ooOOOoo

Severus Snape pestait. Il se doutait que Dumbledore aurait voulu lui parler pour la fin de cette semaine de cours, il le faisait toujours, d'autant que son petit protégé avait atterri, Merlin savait comment, dans sa Maison. Mais pas le samedi matin. Severus avait des quantités de choses plus utiles à faire le samedi matin, plutôt que d'aller répondre à des questions sur la santé et le bien-être d'un élève dont il n'avait rien à faire.

Il passait donc dans les couloir, plus effrayant que jamais, convaincu que cette discussion allait être une perte de temps pour lui. Il se souciait autant de l'occupation du temps du Directeur que de son premier chaudron. Pour aujourd'hui en tout cas. Severus savait qu'il y avait des jours où l'occupation du Directeur devait être extrêmement passionnante. Après tout, on ne devient pas le plus grand Mage Blanc du siècle en se tournant les pouces.

Tout à sa colère, Severus jeta le mot de passe à la gargouille qui gardait l'entrée du bureau Directorial (Chamallow, quel mot de passe ridicule!) et monta les marches qui menaient à l'étage. Il frappa trois coups secs, et la voix du vieil homme lui permit d'entrer.

- Ah, Severus. Asseyez-vous. Vous désirez quelque chose ? Une tasse de thé ?

- Non merci, répondit sèchement Severus Snape en restant ostensiblement debout. Vous vouliez me voir, Albus.

- Oui, oui. Comme d'habitude. Comment s'est déroulé cette première semaine ? Vous avez pu voir toutes vos classes.

- En effet. A part le fait que j'enseigne toujours à des idiots qui ne comprennent rien à l'art des potions, je dirais que cette semaine était plutôt normale. Mais je préfère que vous en veniez au fait, Albus.

- Comment vous semble le jeune Harry Potter ?

Severus soupira de frustration. Il avait eu beau s'en douter, savoir que Harry Potter était important, il ne comprenait pas la quasi obsession de Dumbledore pour ce gamin.

- Il semble être un garçon tout à fait normal. Il s'est lié d'amitié avec Daphné Greengrass et Blaise Zabini.

- Le fils de la fameuse veuve noire ? Demanda Dumbledore intéressé.

- Présumée, la veuve noire présumée Albus, rétorqua Severus légèrement amusé. Mais vous saviez déjà cela, n'est-ce pas.

- Oui, oui, c'est vrai. En fait, je voulais en savoir plus sur la vie du jeune Harry, en dehors de Poudlard.

- Et bien, s'il s'est ouvert à ses deux camarades, ceux-ci n'ont rien dit à personne. Aucune rumeur ne circule sur Harry Potter. Pour le moment j'entends.

- Bien, bien, fit Dumbledore visiblement un peu déçu. Si jamais vous entendiez certaines choses, ou que l'enfant vienne se confier à vous.

- Si l'enfant vient se confier à moi, je garderai ses confidences pour moi Albus, gronda Severus. Sauf si ce qu'il partage est suffisamment grave pour que je vous prévienne.

- Oui, bien sûr, je ne voulais pas dire autre chose, se rétracta Dumbledore. Je vais être plus clair. Si vous entendez quoi que ce soit qui puisse tendre à penser que Harry a été … moins bien traité que les autres enfants …

- Vous soupçonnez que sa famille ait pu le maltraiter ? Le coupa Severus

- J'ai quelques doutes, finit par admettre le Directeur en perdant le pétillement de ses yeux.

- Pourquoi ne pas lui poser directement la question alors ?

- Vous êtes bien placé pour savoir que les Serpentards n'ont pas pour habitude de s'épancher sur leurs problèmes. Vous-même …

- Je connais parfaitement ma propre histoire, Albus, dit sèchement Severus mécontent que cette partie de sa vie soit insinuée.

Dumbledore resta silencieux, se contentant de fixer Severus par dessus ses lunettes en demi-lune. Cela faisait longtemps qu'Albus Dumbledore avait cessé d'essayer de passer les barrières mentales de l'enseignant, mais l'Occlumens se méfiait toujours.

- Je vais essayer de mener l'enquête, finit-il par dire.

Décidant que l'entretien était terminé, Severus tourna les talons, sans s'apercevoir que le pétillement était revenu dans les yeux de Dumbledore.

ooOOOoo

Les élèves de première année, toutes Maisons confondues, attendaient leur premier cours de vol avec impatience. Et au détour d'un couloir on pouvait entendre l'un d'entre eux se vanter qu'il était le meilleur sur un balai.

Drago Malfoy et Blaise passaient leurs soirées dans la Salle Commune à 'comparer' leurs exploits. Cela finissait inévitablement en pugilat, où les deux belligérants se traitaient mutuellement de menteurs.

Les Gryffondors n'étaient pas en reste. Harry avait entendu Weasley se vanter auprès d'un autre Gryffondor (Londubat, il croyait), qu'un jour il avait été pris dans une course poursuite avec un hélicoptère Moldu. Weasley avait dit Héclioptère, mais Granger l'avait repris.

Harry était un peu anxieux. Jamais il n'avait touché un balai de sa vie, sauf pour faire le ménage chez sa tante. Quoique, la tante Pétunia préférait l'aspirateur.

- Tu ne vas pas te ridiculiser, Harry, le rassurait Daphné quand il émettait des doutes sur ses capacités. Il y a beaucoup d'enfants nés moldus qui n'ont jamais volé. Et puis, je suis sûre qu'il n'y a pas la moitié des histoires de Blaise qui soient vraies.

Blaise avait paru outré que son amie mette en doute ses exploits, et tout cela avait fini en fou rire.

Madame Rolanda Bibine n'était pas une enseignante au sens propre du terme. D'ailleurs, elle ne portait pas le titre de Professeur. Et cela lui allait très bien. Sa fonction principale était d'aider les équipes à s'entraîner et d'arbitrer les matchs. Elle donnait aussi des cours de vol aux premières années. Ces cours ne duraient qu'un trimestre et étaient surtout destinés à donner envie aux jeunes élèves de se lancer dans le Quidditch. Madame Bibine n'aimait pas vraiment ces cours. Souvent les enfants nés-moldus étaient terrorisés à l'idée de voler sur un simple balai et elle devait faire face à des crises d'angoisse parfois impressionnantes.

Et cette année, son premier cours était un cours double entre Serpentards et Gryffondors. Elle en avait déjà la migraine. En tant qu'ancienne Serpentarde(2), elle savait que les relations entre les deux Maisons pouvaient parfois conduire à des situations dangereuses. Surtout sur des balais à plusieurs mètres du sol. Elle se promit de faire preuve d'une discipline à toute épreuve, quitte à être pire que le Professeur Snape.

Les deux troupeaux d'élèves s'avançaient vers elle. La tension était palpable. Mais avant que l'un d'entre eux eut pu ouvrir la bouche, elle déclara d'une voix sèche :

- Je m'appelle Madame Bibine. Je suis votre professeur de vol pour ce trimestre. Je veux voir chacun d'entre vous à côté d'un balai. Tendez la main au-dessus et dites 'Debout'.

Les élèves obtempérèrent immédiatement, ce dont Rolanda se félicita. De là où elle était placée, elle avait une vue d'ensemble sur les élèves. Elle pu constater avec fierté que trois des Serpentards avaient déjà leur balai en main, contre une seule Gryffondor. Sans surprise deux des Serpentards étaient Drago Malfoy et Blaise Zabini, et le troisième Harry Potter. Ce dernier avait l'air étonné d'avoir réussi du premier coup.

Chez les Gryffondors, seule Parvati Patil avait déjà son balai en main.

Un seul ne réussit jamais à faire lever son balai, Neville Londubat.

Le premier exercice, qui consistait à taper le pied droit au sol pour faire décoller le balai, s'élever de deux mètres et redescendre, se passa sans accroc. Certains avaient l'air très à l'aise, d'autres, comme Hermione Granger, étaient si crispés qu'ils n'arrivaient à pas grand chose.

Enfin, arriva le dernier exercice qu'avait prévu Madame Bibine. Il était facultatif, et seuls les élèves se sentant suffisamment à l'aise sur un balai y participaient. Madame Bibine leur montrait une figure de Quidditch, et les élèves, un par un, devaient essayer de la reproduire.

Drago Malfoy passa en premier. Il avait une fâcheuse tendance à ne pas se pencher assez en avant, ce qui le freinait, mais sinon il ne s'en sortit pas trop mal.

Ronald Weasley était assez bon.

Blaise Zabini était meilleur que Weasley, indubitablement.

D'autres passèrent, et, enfin, ce fut le tour du dernier d'entre eux, Harry Potter.

Madame Bibine lui montra une figure à l'aide de sa baguette, que Potter reproduisit parfaitement. Il y eut des murmures ravis chez les Serpentards.

La figure était rendue avec souplesse et précision. Le cœur de Rolanda manqua un battement.

Elle lui montra une autre figure, puis une autre, et encore une autre. Chacune d'elle était quasiment parfaite. Elle lui lança différents objets qu'elle métamorphosa avec sa baguette. Ils furent systématiquement rattrapés.

Elle finit avec la Feinte de Wronsky, culpabilisant à peine de mettre un élève en danger.

La Feinte fut exécutée avec brio.

La voix un peu chancelante, elle congédia ses élèves et se précipita dès qu'elle le put dans la Salle des Professeurs, espérant y trouver le Professeur Snape.

La chance était avec elle ce jour-là.

- Severus ! L'apostropha-t-elle, essoufflée.

Celui-ci se contenta de la regarder en haussant un sourcil. Sur son visage on pouvait lire la désapprobation à propos de la course effrénée de sa collègue.

- Severus ! J'ai trouvé un Attrapeur pour Serpentard !

Le regard de Snape passa de la désapprobation à la curiosité.

- Qui ? Demanda simplement le Professeur.

- Harry Potter.

Snape fit une grimace éloquente.

- Je me fiche de ce que vous pensez de lui, asséna Rolanda. Sur un balai c'est un véritable génie !

- Un véritable génie, en première année, fit Snape sèchement.

- Vous savez aussi bien que moi que cette année, Serpentard n'a aucune chance si l'équipe ne trouve pas un bon Attrapeur ! Si Gryffondor est hors-course depuis quelques années, j'ai peur qu'ils finissent par trouver un Attrapeur digne de ce nom. Le reste de l'équipe est très bon. Et puis Serdaigle, ce n'est pas une partie de plaisir.

- Je sais très bien tout cela Rolanda, coupa Snape. Mais ce n'est pas moi qui fais le règlement.

- Allons voir Dumbledore alors.

Severus ne sut jamais vraiment comment il avait fini par céder à la femme. Mais, après un court débat, il fut embarqué manu-militari avec elle pour défendre la cause de Potter auprès du Directeur. Ce qui amusa intensément Albus, qui après un plaidoyer passionné de sa collègue, finit par céder de bonne grâce. Le lendemain, Madame Bibine et Severus Snape présentait Harry Potter au reste de l'équipe de Quidditch de Serpentard.

Quand Harry apprit qu'il intégrait l'équipe de Serpentard, il crut d'abord à une blague. Après avoir compris que ce n'en était pas une, il fut tenté de refuser. Mais Blaise, Daphné, et le reste des Serpentards de première année qui l'avaient vu sur un balai, le convainquirent. Harry se rendit à son premier entraînement avec seulement Marcus Flint, qui était chargé de lui expliquer les bases.

Harry se montra particulièrement réceptif aux explications de Flint, et il réussit tous les exercices que lui imposa le Capitaine. Après une heure et demi d'entraînement, le cinquième année s'annonça très satisfait.

Harry était devenu l'arme secrète de l'équipe de Quidditch. Les joueurs l'avaient conseillé sur quel balai acheter, mais avant que Harry ait pu faire un choix, il en recevait un, un matin, au petit déjeuner. Et pas n'importe quel balai ! Un Nimbus 2000 ! Le dernier cri en matière de balai volant. Blaise était extatique dès qu'il pouvait juste effleurer le balai de Harry. Malfoy était visiblement jaloux, mais il lui souhaita quand même bonne chance. Et Daphné était très contente pour son ami. Mais, comme elle disait, elle ne comprenait pas l'engouement des garçons pour ce sport. Certes, elle aimait le Quidditch (qui n'aimait pas le Quidditch?), mais pas autant que ses deux amis.

ooOOOoo

Ni Harry, ni Daphné, ni aucune personne présente ce jour-là ne surent qui avait lancé le premier sort. A moins que les deux sorts furent lancés simultanément. En tout cas, cela marqua un tournant dans la rivalité entre Blaise et Drago.

Le lendemain se tenait le festin d'Halloween. Mais Blaise ne pensait qu'à une chose : comment se venger de Drago Malfoy. Il finit par trouver un plan, qu'il partagea avec Harry et Daphné.

- Il n'est pas question que je sois impliquée là-dedans, s'insurgea Daphné. Tu fais ce que tu veux du moment que tu nous laisses Harry et moi.

Harry lança un regard désolé à Blaise, qui n'en prit pas ombrage.

- D'accord, dit-il, je le ferai tout seul.

Le plan de Blaise était simple. Il avait réussi à convaincre Peeves de lancer une Bombabouse sur Drago Malfoy. Mais, avait expliqué Blaise à ses amis, il avait 'amélioré' la Bombabouse, sans en dire plus.

- Vous verrez, dit-il.

Harry savait que Blaise avait promis quelque chose en échange à Peeves, mais il ne savait pas quoi. Et franchement, il ne voulait pas le savoir.

Le plan de Blaise se déroula comme prévu. Alors que les Serpentards se dirigeaient vers la Grande Salle pour le festin d'Halloween, Peeves jaillit de nul par, transportant ostensiblement une Bombabouse. Les élèves s'écartèrent le plus vite possible, mais Peeves était un excellent tireur: la Bombabouse atteignit Drago en pleine poitrine et explosa. Le liquide répugnant et odorant qu'elle contenait maculait désormais le visage, les cheveux et une bonne partie du corps de Malfoy, lui donnant une teinte violette. Il avait la peau du visage et des mains, ainsi que les cheveux, violets.

Et Blaise ne pouvait s'empêcher de sourire comme un demeuré.

- Je sais que c'est toi ! Cracha Drago en colère. Je ne sais pas comment tu t'y es pris, mais je sais que c'est toi !

- Bien sûr que non, se défendit Blaise faussement outré. Je n'aurais jamais fait une chose pareille en dehors de la Salle Commune. Snape aurait eu ma peau sinon !

Daphné leva les yeux au ciel et continua son chemin.

Drago congédia ses deux gorilles, et se dirigea vers les toilettes les plus proches.

Le festin commença dans la bonne humeur. Daphné fit la morale à Blaise pour sa blague de très mauvais goût selon elle. Harry était partagé. Il connaissait les motivations de Blaise (combien de fois avait-il entendu Malfoy prendre de haut son ami parce qu'il était un Sang-Mêlé ?), mais la méthode le laissait perplexe. Ce n'était que de l'humiliation, et ça n'en valait pas le coup.

Mais Blaise semblait très content de lui, et son sourire ne le quittait pas. Ce qui énervait encore plus Daphné.

Au beau milieu de l'entrée, alors que les enfants n'avaient même pas fini leur première assiette, les portes de la Grande Salle s'ouvrirent avec fracas, laissant passer le Professeur Quirrell. Il se mit à hurler, terrorisé.

- UN TROLL ! Un Troll dans les cachots !

Et il s'évanouit.

Il y eut un silence de mort, très vite remplacé par une panique générale.

Mais la voix du Professeur Dumbledore tonna

- SILENCE !

Ce qui ramena immédiatement le calme. Et ce qui impressionna Harry. Dumbledore ordonna à tous de rester calme, et aux Préfets de rassembler les élèves et de les conduire dans leurs Salles Communes. Tandis que les Professeurs étaient enjoints à le suivre à la recherche du Troll.

Tous obéirent. Tous, sauf Serpentard. Le Troll était dans les cachots, et leur Salle Commune aussi. Se rendant compte de la situation, le Professeur Sinistra se porta volontaire pour les escorter. Personne ne vit leur Directeur de Maison.

Alors qu'ils se dirigeaient vers les cachots, Harry donna un coup de coude à Blaise.

- Malfoy, chuchota-t-il précipitamment. Il n'est pas au courant.

- Pour ce que ça peut me faire, répliqua le garçon qui se reçut immédiatement un autre coup de coude de la part de Daphné.

- Les toilettes ne sont pas loin. On va le chercher rapidement, et on rejoint les rangs. Ni vu ni connu, proposa Harry.

Daphné approuva et Blaise les suivit de mauvaise grâce. Mais à peine avaient-ils fait quelques mètres, se détachant du groupe, qu'une odeur de putréfaction les prit à la gorge.

- Le Troll n'est pas loin, en déduisit aussitôt Daphné.

Ils se collèrent contre un mur quand ils entendirent un pas lourd passer à proximité. Le Troll passa sans les voir, et entra … dans les toilettes pour garçon où était réfugié Drago.

Harry se précipita à la suite du Troll, baguette en main. Drago était au milieu des toilettes, tétanisé. Le Troll semblait encore indécis de la marche à suivre, sa lourde massue pendant inutilement au bout de son bras.

- Essaye de venir vers nous, très lentement, chuchota Harry.

Malheureusement pour lui, non seulement Drago resta pétrifié de terreur, mais en plus le Troll l'entendit. Il se retourna, et voyant qu'il n'y avait pas une mais trois personne de plus, il se mit en colère.

Ce n'était pas tout à fait ce qu'il avait prévu de faire pour Halloween, pensa stupidement Harry en voyant la massue arriver à toute vitesse vers lui. Dans un réflexe de survie, il se jeta en avant pour éviter l'arme. A la place, la massue fracassa les lavabos à sa gauche, créant une fuite gigantesque. Il y avait de l'eau partout, et les morceaux de faïence volaient dangereusement proche des enfants.

Harry tenta de se rapprocher de Drago, qui était tombé contre le mur du fond. Daphné et Blaise étaient dans un coin, terrifiés.

Soudain, Daphné leva sa baguette, et elle lança un sort. Harry n'entendit pas les mots qu'elle prononça, mais la minute d'après, la massue s'abattait avec fracas sur la tête du Troll. Celui-ci s'effondra détruisant au passage, les derniers lavabos encore intacts.

Harry se précipita sur Drago, et entreprit de l'aider à se relever. Le jeune Serpentard resta appuyé sur lui, les jambes flageolantes, se remettant mal de sa frayeur.

- Vous croyez qu'il est mort ? Demanda stupidement Blaise.

- Bien sûr que non, répondit Daphné qui peinait à se relever. Il est juste assommé. Et si vous ne voulez pas être ici quand il se réveillera, on a intérêt à déguerpir vite.

Son conseil plein de bon sens ne put être mis en pratique. La quasi totalité des professeurs de Poudlard arrivaient en courant vers les toilettes pour garçon. Le dernier à entrer dans la pièce fut le Professeur Snape. Harry remarqua qu'il boitait.

Quand elle vit le spectacle du Troll assommé et des élèves un peu mal en point, McGonagall mit une main sur son cœur.

- Que s'est-il passé ici ? Demanda-t-elle d'une voix blanche.

Les quatre enfants regardèrent le bout de leurs chaussures. Ce fut Drago, à la surprise générale qui prit la parole.

- C'est de ma faute, Professeur McGonagall. Je ne me sentais pas bien pendant le festin, alors je suis allé aux toilettes. Quand Harry, Blaise et Daphné sont passés près d'ici, les Préfets et les Professeurs étaient déjà loin, alors ils ont voulu me prévenir. C'est là que le Troll est entré. Sans l'intervention de Daphné, nous serions tous morts.

Harry n'en revenait pas. Drago Malfoy laissait s'échapper une occasion en or de faire punir Blaise pour le reste de l'année !

McGonagall pinça les lèvres, ce qui n'était en général pas bon signe.

- Je ne suis pas votre Directrice de Maison, je vais donc laisser le Professeur Snape décider quoi faire de vous. Mais sachez que vous avez une chance insolente !

Le Professeur Snape s'avança, et dévisagea les quatre Serpentards.

- Je suis d'accord avec le Professeur McGonagall, dit-il d'une voix glaciale. Vous avez eu de la chance. Peu d'élèves peuvent se vanter d'avoir combattu un Troll des Montagnes adultes et d'en être sortis vivants. Pour cela je vous accorde 5 points chacun.

Les quatre enfants se regardèrent, contents.

- Mais, ajouta Snape d'une voix coupante qui effaça leurs sourires immédiatement, vous aurez chacun une retenue. Pour n'avoir pas su en référer à plus compétents que vous au moment où cela s'imposait.

La sanction parut satisfaire le Professeur McGonagall, et le reste de l'équipe pédagogique de Poudlard, Dumbledore inclus.

Les quatre enfants furent raccompagnés à leur Salle Commune par le Professeur Snape, mais ils firent étape dans son bureau.

- Bien, je vous écoute, fit-il en fermant la porte. Que s'est-il véritablement passé ? Et ce n'est pas la peine de mentir.

Ce fut Blaise qui répondit cette fois.

- C'est de ma faute, Professeur. J'ai fait une mauvaise blague à Mal... à Drago, et il a dû passer par les toilettes pour se nettoyer. Il n'a pas entendu l'avertissement du Professeur Quirrell, et il s'est retrouvé prisonnier dans les toilettes quand le Troll est entré.

- Et puis-je savoir pourquoi vous avez trouvé pertinent de vous lancer à son secours, alors que vous n'en aviez pas les compétences ? Siffla Snape. Cette question vaut pour tous les trois.

- C'est moi qui ai dit aux deux autres qu'il fallait aller l'aider, se dénonça Harry. Les Professeurs étaient déjà loin, et il n'y avait plus personne dans les couloirs pour nous aider.

- Crier à l'aide, ou alerter un portrait ne vous a pas effleuré l'esprit, à ce que je vois, siffla Snape à son encontre.

Harry ouvrit la bouche pour répliquer, mais la referma aussitôt. En effet, il n'y avait pas pensé. Pour lui, les portraits n'auraient été d'aucune utilité, mais à bien y réfléchir, ils pouvaient se déplacer très vite dans le château et auraient été un moyen de communication parfait. Et puis le regard assassin que lui jetait Snape ne l'encourageait pas à débattre sur ce sujet. Ni aucun autre d'ailleurs.

Le regard furieux de Snape passa des uns aux autres, puis il déclara

- Vous écopez déjà d'une retenue, et il n'est pas dans mes habitudes d'enlever des points à Serpentard. Mais je vous préviens, tous les quatre. A la moindre incartade, vous serez en retenue tous les jours pendant un mois, au moins.

Il congédia les enfants qui s'enfuirent presque de son bureau en courant.

Arrivés à leur Salle Commune, ils éclatèrent d'un rire nerveux. Quand le fou-rire leur fut passé, Drago tendit la main à Blaise.

- Merci, dit-il simplement.

- De rien, fit Blaise en lui serrant la main.

- Amis ?

- Amis.

Daphné eut un sourire éblouissant, et Harry se dit que ce jour serait le début de quelque chose de nouveau.

Après tout, un Malfoy ami avec des Sang-Mêlés, ça méritait d'entrer dans les annales.

ooOOOoo

La morsure lui faisait un mal de chien. Severus Snape sourit au jeu de mots involontaire, mais son sourire se transforma vite en grimace. Il découpa précautionneusement son pantalon et enleva doucement le tissu de la blessure pour ne pas abîmer la chair déjà meurtrie. Le sang se remit à couler.

Severus étouffa un juron et d'un Episkey stoppa l'écoulement de sang qui tâchait le sol et salissait ses chaussures. Il s'était dit un nombre incalculable de fois au cours de ses dix dernières années qu'il ne servait plus à rien d'avoir toujours dans ses robes des potions et des baumes de secours, il était bien content aujourd'hui que sa paranoïa l'en ait empêché. Il ne se sentait pas la force de faire des potions de soin ce soir.

Alors qu'il appliquait consciencieusement un baume cicatrisant sur la morsure par petits mouvements circulaires, le Directeur entra dans son bureau. Sans frapper.

Severus s'était attendu à ce que Albus vienne s'enquérir de ses trouvailles, mais il grogna tout de même.

- Je vois que Touffu ne vous a pas loupé, mon ami, nota Albus d'un ton peiné.

- Je vais survivre, grommela Severus. Ne vous faîtes pas de soucis.

- Qu'avez-vous découvert ? S'enquit Dumbledore.

- Les protections n'ont pas été forcées. Je ne les ai pas toutes testées, la Chose prêtée par Hagrid avait déjà commencé à me trouver appétissant avant que je n'atteigne les protections mises en place par Quirinus. Mais celles que j'ai testé n'avaient pas bougé, et étaient toujours opérationnelles.

- Une idée de la provenance du Troll ?

- Je suis sûr que vous avez vous-même quelques soupçons, répliqua vertement Severus.

- Je ne demande que votre avis, dit Albus d'une voix calme pas du tout surpris par le ton véhément de son Professeur de Potions.

- Pourquoi ne pas le renvoyer directement ? Questionna Severus. Comme cela, la Pierre serait en sécurité, et les élèves aussi. Ce qu'il s'est passé dans les toilettes …

- A prouvé que les élèves, même de Première Année, sont capables de se défendre.

Severus renifla avec dédain.

- Un coup de chance, certainement. Je ne doute pas que Potter va se vanter de cette victoire dès son retour dans le dortoir de Serpentard. Mais vous n'avez pas répondu à ma question.

- Le renvoi nous empêcherait de savoir pour qui il travaille, s'il travaille pour quelqu'un, et à quel usage il compte profiter de la Pierre.

- Quel usage, c'est assez évident. Les propriétés de la Pierre ne sont pas infinies.

- Il pourrait la vendre au plus offrant, et alors, elle pourrait tomber entre des mains plus redoutables encore.

- Vous pensez à …

- Je n'ai aucune certitude. C'est pour cela que j'ai besoin de l'avoir à l'œil, ici, au Château.

Severus hocha la tête. Il comprenait les motivations du Directeur. Mais il comprenait aussi que ce serait à lui de garder un œil sur la sécurité des élèves.

- Minerva connaît-elle vos doutes ? Demanda-t-il.

- Non, pas encore. Et je ne compte pas la mettre au courant. Je voudrais limiter le nombre de personne dans la confidence. Quand elle apprendra la vérité elle me passera certainement le savon de ma vie. Mais j'ai besoin qu'elle interagisse avec lui sans le moindre a priori pour qu'il ne se doute de rien.

Severus hocha de nouveau la tête, concentré à présent sur l'application d'une bande autour de son mollet. Le baume faisait effet, et la plaie commençait à se refermer, mais mieux valait isoler la blessure.

- J'imagine que vous avez soigneusement tancé les enfants avant de les renvoyer dans leur Salle Commune, dit Dumbledore.

Sans attendre de réponse il continua.

- Avez-vous des informations sur ce dont nous avons parlé dernièrement ?

- A propos de Potter ? Non, je n'en ai pas. Mais l'incident de ce soir a quelque chose à voir avec une blague qui a mal tourné. Il marche droit dans les pas de son père.

- Une blague ? Demanda Dumbledore. Pourriez-vous me donner des précisions ?

- Et bien, Zabini s'est dénoncé pour la blague, et Potter pour avoir eu l'idée de rejoindre Drago, mais je suis sûr que le rejeton Potter n'est pas non plus étranger à la blague de Zabini contre Drago.

- Vous en êtes sûr ? Ou vous voulez en être sûr Severus ?

- J'ai côtoyé son père pendant 7 ans, dit Severus avec exaspération. Sept longues années d'humiliations. Je sais comment fonctionne un Potter.

- Certes, vous savez comment fonctionnait James Potter. Mais Harry n'est pas James. Il n'a pas eu la même vie.

- Laissez-moi en douter, ricana amèrement le Maître des Potions.

- Ce que Hagrid m'a rapporté...

- Enfin, Albus, il n'y a pas de trace de quoique ce soit. Potter ne porte pas de trace de coup, ni de cicatrices, à part son foutu éclair, et je sais de quoi je parle.

- Il n'y a pas que la maltraitance physique qui peut faire du mal à un enfant.

- J'en suis bien conscient Albus. Mais Potter ne semble pas déprimé et jusqu'à présent, rien n'a fuité dans la Salle Commune de Serpentard. Et vous savez aussi bien que moi que s'il y avait eu le moindre doute, les élèves en auraient fait leurs gorges chaudes pendant des semaines et cela se serait su jusque dans la Forêt Interdite.

Visiblement peu convaincu par la diatribe de son professeur, Albus prit congé et repartit dans ses quartiers, au grand soulagement de Severus.

ooOOOoo

La retenue des quatre enfants eut lieu le lendemain soir. Daphné dut assister le Professeur Chourave, ce qui était de loin la retenue la plus agréable. Drago et Blaise était enfermés ensemble dans la Salle des Trophées à faire reluire chaque médaille et chaque coupe (et il y en avait des centaines au regard des deux élèves). Harry se retrouva en retenue à récurer des chaudrons sales sous la surveillance du Professeur Snape.

Harry ne s'était pas attendu à un traitement de faveur, c'était vrai, mais pas non plus à la montagne de mépris qui l'accueillit. Il regretta presque de ne pas astiquer lui aussi des trophées sous la vigilance malsaine de Rusard et de sa chatte Miss Teigne. Rien ne semblait convenir au Professeur de Potions et une avalanche de sarcasmes et de répliques bien senties dégringolait sur le pauvre enfant dès qu'il croyait avoir fini de nettoyer un chaudron.

Severus devait admettre que Potter était assez efficace. Bon, jamais un seul élève ne le serait suffisamment à ses yeux de perfectionniste pathologique, mais Potter semblait dur à la tâche. Severus était presque obligé d'inventer des tâches pour le faire travailler plus durement.

S'il était honnête avec lui-même, Severus devait aussi admettre qu'habituellement il était moins sévère avec ses Serpentards, leur donnant des lignes à copier ou des bocaux à ranger. Mais il s'était persuadé que Potter avait besoin d'apprendre la discipline et la rigueur. Après trois récurage intensif du même chaudron, il consentit à ce que Potter passe au suivant. Alors que son élève se redressait, Severus remarqua le regard de colère et de haine que lui lançait le gamin. Il lui fallu toute sa concentration, et toute son expérience d'espion pour ne pas se laisser submerger par les émotions qui l'assaillirent. Ses yeux, à elle. Mais jamais Elle ne l'aurait regardé comme ça. Ou peut-être que si, finalement, si elle avait su tout ce qu'il avait fait. S'arrachant à ses souvenirs, il lança :

- Si vous continuez à me regarder comme cela, Potter, j'allonge votre retenue d'une semaine, dit-il de sa voix la plus menaçante et la plus basse.

L'enfant baissa aussitôt les yeux, dans une attitude soumise qui satisfît parfaitement son professeur.

Il avait été imprudent. Harry se morigéna en silence. Quand il avait senti la colère gonfler, la tête dans le chaudron, il n'avait pu l'endiguer. Les remarques incessantes de son professeur ne faisaient qu'empirer les choses. Et quand il avait pu enfin passer à un autre chaudron, il n'avait pu s'empêcher de fixer son professeur avec haine. Il avait des yeux revolvers... mais son professeur l'avait vu et maintenant il allait savoir que quelque chose clochait avec son élève, qu'il était mauvais, qu'il méritait plus de discipline.

Alors pour éviter cela, Harry fit ce qu'il savait le mieux faire, prendre une attitude contrite, soumise, faire semblant de ne pas exister, et satisfaire au mieux les exigences des adultes.

Quand la retenue prit fin, Harry se précipita hors de la Salle de Classe pour rejoindre ses amis.

- Il t'a retenu longtemps, remarqua Drago quand le jeune garçon passa la porte de la Salle Commune. Comment ça s'est passé ?

- Bien, dit Harry sèchement. Je suis fatigué, je vais me coucher.

Et sans un mot de plus, il descendit les marches jusqu'aux dortoirs, s'allongea sur son lit sans se déshabiller et s'endormit presque aussitôt.

Dans la Salle Commune, ses trois amis n'en revenaient pas.

- C'est la première fois que je le vois d'aussi mauvaise humeur, fit Blaise.

- Il n'a même pas dit bonne nuit, renchérit Daphné. La retenue a vraiment dû mal se passer.

- Il nous en parlera peut-être demain tempéra Drago. Après tout il est plus de Minuit, il est sûrement véritablement fatigué. Et moi aussi d'ailleurs.

D'un commun accord, les trois élèves partirent se coucher.

ooOOOoo

Le lendemain, Harry, de meilleure humeur, consentit à raconter sa retenue à ses camarades. Si Daphné et Blaise semblèrent outrés par le comportement du Professeur Snape, Drago avait lui l'air perplexe.

- C'est rare que le Professeur Snape prenne comme tête de turc un Serpentard, finit-il par dire. Il préfère s'en prendre aux Gryffondors habituellement. D'ailleurs, il ne laisse rien deviner en cours.

- C'est vrai, admit Harry. En cours il m'ignore. Il s'en prend plutôt à Weasley et Londubat.

- Si vous voulez, dit lentement Drago, je peux essayer d'en savoir plus.

- Comment cela ? S'étonna Blaise

- Eh bien, fit Drago gêné. Severus Snape est mon parrain.

Blaise s'empourpra violemment, tandis que les accusations se bousculaient sur le bout de sa langue, mais il se contint. Les deux garçons se jaugèrent du regard pendant de longues secondes. Après tout, cela ne faisait à peine deux jours qu'ils avaient décrété être amis, et les mauvaises habitudes avaient la vie dure.

Ce fut Drago qui rompit le silence.

- Tu as raison. Snape me favorise.

- Je n'ai rien dit ! S'indigna son vis-à-vis.

- Mais tu le pensais tellement fort que toute la Salle Commune l'a entendu. Et même si Snape me favorise, il ne le fait pas beaucoup, pour que cela ne se remarque pas trop. Cela dit, pendant les vacances d'été, j'ai droit à deux semaine de cours de Potions intensifs. Et ce n'est pas de la tarte.

Blaise grommela, mais ne rétorqua pas.

- Tu penses pouvoir lui faire dire pourquoi il me déteste tellement ? Demanda Harry circonspect.

- J'en doute, mais il peut laisser échapper des choses.

- Cela vaut le coup d'essayer, conclut Daphné.

- En attendant, si on allait voir Hagrid ? Proposa Harry désireux de s'aérer l'esprit.

Drago fit une drôle de tête.

- Je pense que je vais aller tout de suite voir mon Parrain, dit-il précipitamment. Il doit s'attendre à ce que je vienne lui présenter mes excuses.

Et le jeune garçon quitta la Salle Commune, sans demander son reste.

- S'il arrive à serrer la main de Sang-Mêlés, il n'a pas l'air prêt à partager une tasse de thé avec les domestiques de Poudlard, fit Blaise sombrement.

- Chaque chose en son temps, tempéra Daphné. C'est déjà un énorme pas en avant pour lui.

ooOOOoo

Devant la porte du bureau de Severus Snape, Drago Malfoy n'en menait pas large. Il n'avait pas peur de son parrain, mais il n'était pas non plus à l'aise en sa présence. L'homme était d'un naturel froid et sarcastique, et petit garçon, Drago était terrifié par son Parrain, amplifié par le peu de vrais contacts qu'ils avaient pu avoir.

Il respira profondément afin de se redonner une contenance, comme son Père lui avait appris, et frappa à la porte d'une main qui se voulait assurée.

Quelques secondes plus tard, une voix lui intimait d'entrer.

ooOOOoo

Dans la cabane d'Hagrid, régnait un calme embarrassé. Quand Harry, Blaise et Daphné étaient entrés, deux autres élèves étaient déjà présents. Ronald Weasley et Neville Londubat. A présent, Hagrid faisait la discussion un peu seul sans s'en apercevoir tout en refaisant du thé. Les cinq enfants se jaugeaient mutuellement du regard pour savoir qui allait ouvrir les hostilités. Finalement, Blaise se pencha vers Daphné et dit

- Heureusement que Malfoy n'est pas venu avec nous, sinon, il y aurait eu des morts.

Daphné fusilla son ami du regard.

- Contrairement à ce que tu as l'air de penser, Drago sait se tenir. Il peut même être intéressant.

- Je n'ai jamais dit le contraire, Daphie Jolie, je dis juste qu'un Malfoy et un Weasley dans la même pièce, ça peut être … dangereux.

Daphné sourit au nouveau surnom que son ami lui donna et ne rétorqua rien. Ce fut Hagrid qui les apostropha.

- Alors, il paraît que vous avez abattu le Troll des Montagnes adulte le soir d'Halloween ? Fit-il de sa grosse voix.

Weasley et Londubat ouvrir de grands yeux, mi choqués, mi admiratifs.

- Oui, répondit Blaise d'un ton fier. Nous trois volant au secours de Malfoy et récoltant au passage, cinq points chacun.

- Ça nous a valu une retenue aussi, riposta Harry d'une voix sombre.

- Ce n'était pas la mer à boire, dit Daphné d'une voix tranquille.

- Tu n'as pas dû supporter Snape pendant des heures, rétorqua Harry sèchement. Tu étais tranquille avec Chourave.

- Je n'ai pas dit que ce n'était pas difficile, mais comparer à abattre un Troll, cela n'avait rien à voir.

- C'est vrai, admit Harry. J'aurais préféré combattre un Troll à nouveau.

- Ne soit pas dramatique Harry, tempéra Hagrid. Le Professeur Snape n'est pas si méchant.

- Oh, s'il l'est, fit Londubat en ouvrant la bouche pour la première fois.

- A ses côtés, Weasley hocha vigoureusement la tête.

- Mais je ne comprends pas, dit Weasley. Je croyais qu'il n'y avait que les Serpentards qui trouvaient grâce aux yeux de Snape.

- Le Professeur Snape, Ron, corrigea Hagrid machinalement.

- Normalement oui, confirma Blaise. Mais apparemment Harry est l'exception qui confirme la règle.

- Je m'en serais bien passé, grommela le-dit Harry.

Weasley et Londubat eurent l'air de compatir, ce qui porta un peu de baume au cœur du garçon.

- Que t'a-t-il fait faire de si terrible ? Demanda Hagrid en les resservant en thé.

- Laver des chaudrons sales, mais cela ne m'a pas dérangé, j'ai l'habitude avec … non, ce qui m'a dérangé c'est qu'il me les fasse nettoyer trois fois à cause de taches imaginaires. Sans parler du fait qu'il doive me rabaisser à chaque fois que j'ouvre la bouche.

Harry se morigéna en silence. Il avait presque parlé des Dursley. Mais personne ne devait savoir pour sa famille. C'était trop honteux.

Heureusement, personne ne sembla s'apercevoir que le jeune garçon ait l'habitude de nettoyer des chaudrons sales. Ou quoique ce soit qui puisse ressembler à des chaudrons... des casseroles par exemple.

- Le Professeur Snape n'est pas réputé pour sa gentillesse, conclut Hagrid et il dévia de sujet.

Mais les trois Serpentards ne furent pas dupes.

ooOOOoo

Severus aurait dû se douter que Drago allait venir le voir. Après tout, il était son filleul, et même si l'adulte n'avait pas été très présent dans sa vie, le garçon semblait accorder beaucoup d'importance à son avis ou à ses conseils.

Severus n'avait pas pris son rôle de parrain très au sérieux à vrai dire. C'était pour lui un moyen de s'attacher au plus riche héritier de Grande-Bretagne à long terme, et ainsi de rester dans les bonnes grâces du Seigneur des Ténèbres. Il n'avait pas du tout prévu de s'attacher au mouflet. Et il avait tout fait pour camoufler cette faiblesse. Jusqu'à la disparition du Seigneur des Ténèbres. Cette disparition avait provoqué une des périodes les plus sombres de la vie de Severus. Et Drago avait été une lueur d'espoir que rien ni personne n'avait pu lui retirer. Pas même les Détraqueurs d'Azkaban.

A sa sortie de prison, Severus avait informé Lucius de sa volonté de faire partie de la vie de son filleul. Surprenamment, Lucius avait accepté... en partie. Chaque année, Severus prenait son filleul pendant deux semaines chez lui pour lui enseigner les bases du savoir académique magique, et il était reçu régulièrement, à des dates symboliques. Les anniversaires, les solstices et les équinoxes étaient de bons prétextes pour inviter le tout jeune Maître des Potions au Manoir Malfoy.

Lucius s'était servi de Severus pour avoir un pied à Poudlard avant de se faire élire au Conseil d'Administration de l'école, et Severus avait pu profiter un peu de son filleul. Aucun miracle n'eut lieu. Severus restait un homme froid et distant, même avec Drago, mais il lui apportait de la stabilité, une présence, et des astuces pour ne pas provoquer l'ire de son père.

Alors quand Drago se présenta à la porte du professeur de potions ce jour-là, Severus ne fut pas vraiment surpris.

- Je suis venu vous présenter mes excuses, commença le garçon en entrant dans le bureau.

Severus leva le nez des copies foncièrement mauvaises qu'il corrigeait, posa sa plume et joignit ses mains.

- Je t'écoute.

- Je n'aurais pas dû laisser ma rivalité avec Zabini arriver à ce point là. Je suis le seul fautif dans cette histoire. Je vous prie de m'excuser, Parrain.

Drago baissa les yeux, dans une attitude contrite.

- Tu n'es pas le seul fautif Drago, loin s'en faut. Zabini, Potter et Daphné ont eux aussi leur part de responsabilité. Ta seule faute en vérité, est d'avoir été au mauvais endroit au mauvais moment. Mais je dois dire que cette histoire de Troll est plutôt bien tombée. Elle a permis d'arrêter nette l'escalade des hostilités entre Monsieur Zabini et toi. Cela dit, tes excuses sont acceptées.

- On s'est réconcilié. Avec Blaise, je veux dire. On n'est pas véritablement ami, mais on fait des efforts.

- C'est bien, dit simplement Severus.

Drago tritura ses doigts, mais le regard exaspéré de Severus le remit aussitôt dans une position plus digne de son rang. C'est-à-dire bien droit, le regard fier et les mains le long du corps. Même Lucius n'aurait rien trouvé à redire.

- Je peux rester un peu avec vous ? Demanda Drago d'une voix qui détrompait sa posture.

Severus soupira intérieurement. Drago était encore un enfant qui demandait juste un peu d'attention.

D'un geste, Severus acquiesça. Le sourire qui illumina le visage de l'enfant était tout sauf Malfoyen, aux termes où Lucius entendait l'éducation de son fils.

Drago s'assit sur une des chaises avec soulagement. Severus engagea la conversation sur les cours de son filleul, ses premières impressions de Poudlard. Severus espérait secrètement que parler à son filleul lui en apprendrait plus sur le Garçon-Qui-A-Survécu. Mais en réalité Drago en savait peu sur Harry Potter. Au bout d'un moment, la discussion dévia sur ce sujet jusqu'à ce que Drago dise :

- Vous vous rendez compte que si quelqu'un sait que vous traitez Harry Potter aussi mal que le pire du pire des Gryffondors, cela va faire jaser ?

Le sourire narquois qu'il arborait le faisait véritablement ressembler à son père.

- Comment je m'occupe de mes élèves en retenue ne te concerne en rien.

- Peut-être. J'espère que vous savez que les Serpentards de Première Année se sont aperçus que vous ne lui donniez jamais de points. D'ailleurs, vous ne lui adressez pas du tout la parole en cours. Cela va commencer à se voir vraiment. Et les rumeurs vont vite à Poudlard.

- Cela fait dix ans que j'enseigne ici, je sais comment se comportent les élèves de cette école.

Drago pinça les lèvres.

Super, se dit Severus, j'ai réussi à le vexer.

- Pourquoi vous le détestez ? Potter ?

Peut-être pas si vexé que ça, finalement.

- Je ne le déteste pas.

- Vous n'en donnez pas l'impression. Vous lui avez fait laver chaque chaudron trois fois de suite. Même les Gryffondors n'ont pas droit à cet acharnement.

- Je te trouve bien effronté aujourd'hui, dit sèchement Severus.

Il n'allait quand même pas se justifier devant un gamin de onze ans, tout de même !

- Pardon, répondit piteusement Drago. Je ne voulais pas vous manquer de respect, Parrain.

Ils restèrent silencieux pendant quelques minutes, Severus étant retourné à ses copies.

- Je suis sûr que vous changerez d'avis sur Potter quand il nous aura fait gagner la Coupe de Quidditch, finit par dire Drago avec un sourire espiègle.

Les lèvres de son Parrain eurent un tressautement. Mais Drago en fut soulagé. Il n'était pas véritablement en colère.

ooOOOoo

Harry ne se sentait plus du tout nerveux. Le vent froid de novembre lui rougissait les joues, et la sensation merveilleuse du vol lui fit tout oublier. L'injustice de Snape, l'angoisse de ce premier match, la peur du ridicule. Tout cela resta à terre, enraciné au sol, alors que lui s'élevait vers le ciel. Malgré tout, il ne perdait pas de vue son objectif : le Vif d'Or !

Là-bas ! Un point doré ! Harry s'élança, poussant son Nimbus 2000 au maximum. L'attrapeuse de Gryffondor, Patricia Stimpson s'élança elle aussi mais avec un temps de retard. Quand soudain, alors que Stimpson le talonnait désormais, le balai de Harry fit une embardée brutale. L'attrapeuse de Gryffondor, lancée à toute vitesse, heurta de plein fouet son prédécesseur, ce qui désarçonna Harry.

Il y eut une exclamation dans le stade. Harry Potter, l'Attrapeur de Serpentard se tenait d'une main à son balai, pendu dans le vide, à vingt mètres au dessus du sol.

Daphné hurla de terreur. Harry suspendu dans le vide, tentait de resté accroché à son balai qui faisait ruade sur ruade. L'émoi parcourut les gradins. Blaise attrapa la main de sa voisine, aussi bien pour la rassurer elle, que pour se rassurer lui-même. Bole, l'un des batteurs de Serpentard faisait des ronds sous Harry pour le rattraper en cas de chute, secondé par un Weasley (au vu de la chevelure) lui aussi batteur, mais pour Gryffondor. Le reste des deux équipes continuait à jouer.

The show must go on

- Qu'est-ce qu'il se passe à votre avis ? Demanda Daphné d'une voix terrifiée.

- Quelqu'un est en train de lancer un sort au balai de Potter, répondit Drago.

Inconsciemment, la jeune fille regarda du côté de la tribune des Professeurs, pour y voir Snape, concentré à l'extrême, marmonnant, la baguette discrètement pointée vers Harry, dans le ciel.

Drago suivit son regard, écarquilla les yeux et secoua la tête.

- Non, ce n'est pas possible.

- Mais, Drago, tenta Daphné.

- NON ! Je refuse d'y croire. Mon Parrain ne peut pas faire une chose pareille. Il... il doit être en train de jeter le contre-sort. Ce doit être ça.

Daphné hocha la tête, sans savoir quoi dire.

- Qu'est-ce qu'on peut faire ? Demanda Blaise inquiet.

- Pas grand chose, répondit Drago platement.

- Mais, on doit pouvoir faire quelque chose !

Un bruissement secoua la tribune de Serpentard. Sans cesser ses embardées, le balai descendait doucement vers le sol.

Harry tentait presque désespérément de se 'remettre en selle', mais toutes ses tentatives se soldaient par un échec, à cause d'un écart violent du Nimbus 2000.

Soudain, alors qu'il était à moins de six mètres du sol, l'Attrapeur commença un mouvement de balancier, puis, profitant d'un mouvement brusque du balai, se jeta le plus loin possible en avant. Ce mouvement imprévu arracha un cri aux spectateurs.

Le garçon se réceptionna au sol, dans un roulé-boulé impressionnant, puis, alors que tous retenaient leur souffle et que le jeu en l'air s'était figé, il se releva péniblement, s'accrochant à un poteau. Enfin, il leva le poing en l'air, un grand sourire illuminant son visage.

La tribune de Serpentard se mit à hurler, mais de joie cette fois. Harry avait attrapé le Vif d'Or !

ooOOOoo

(1)Pour information, l'emploi du temps de Harry et ses amis ressemble à cela :

Lundi : 8h-10h : Sortilèges
13h-16h:Vol
Mardi : 8h-10h : Métamorphose
10h-12h : DCFM
13h-15h : Botanique
21h-23h : Astronomie
Mercredi : 8h-10h : Potions
10h-12h : Sortilèges
13h-15h : Histoire de la Magie
Jeudi : 8h-10h : Métamorphose
14h-16h : DCFM
Vendredi : 8h-10h : Histoire de la Magie
10h-12h : Potions
13h-15h : Botanique

(2) Madame Bibine n'est pas une Serpentarde dans les livres, mais une Serdaigle. Mais bon, je fais ce que je veux.


Voilà ! La première partie de ce chapitre est terminée ! Vous pouvez me laisser votre avis en review (j'adore les critiques constructives, surtout celles qui pointent mes défauts d'écriture et de scénario) !

A dans un mois ;)