Je suis désolée d'avoir tant tardé pour écrire la suite. Mais je révisais pour mon concours d'aide-soignante. Donc, voici la suite . je vous souhaite une bonne lecture.

L'obscurité était dense dans l'appartement. Mais le silence était plus impressionnant encore aux yeux du docteur House.

Le médecin, prostré dans son canapé, une bière tiède à la main, fixait le vide devant lui.

Combien de temps était-il resté ainsi, devant une émission de télévision qu'il ne regardait absolument pas ? Combien de minutes, d'heures s'étaient écoulées depuis son retour de l'hôpital ?

La barbe de trois jours sur le menton du jeune homme témoignait de son total abandon moral, de son désarroi depuis le jour où son amant avait disparu de la surface de la Terre avec son enfant.

Le soutien de Wilson, de Cuddy et de son équipe s'était révélé vital pour le médecin : cela lui avait permis de ne pas perdre la tête, de ne pas devenir fou d'incertitudes et d'angoisse.

Piocher sur des cas médicaux apparemment insolubles et mystérieux l'empêchait de trop penser à Marc, au vide dans son cœur.

Maintenant que le jeune journaliste n'était plus là, Grégory réalisait à quel point il l'aimait !

Des larmes coulèrent sur les joues du médecin : une souffrance atroce lui broyait le cœur à l'idée qu'il ne pourrait probablement jamais le dire à son compagnon !

Des coups frappés à sa porte sortirent le docteur House de sa prostration.

Pestant contre celui ou celle qui osait venir le déranger à cette heure-là de la soirée, il se dirigea vers le hall, se composa une figure potable et ouvrit la porte.

Un soupir excédé et résigné lui échappa. C'était Wilson.

Ce dernier, vêtu de son pardessus marron, attendit que son ami lui proposa de rentrer.

« -Je n'ai pas besoin d'une mère poule ! Lança House, d'un ton peu engageant. »

Mais sans se laisser démonter, l'oncologue s'invita de lui-même dans l'appartement et jeta un regard dans le salon.

Comme il s'y attendait, le désordre régnait en maître dans la pièce.

« -Vas-y, fais comme chez toi ! Grogna le propriétaire des lieux. »

Wilson eut un sourire désarmant avant de s'installer sur le canapé.

« -Moi, aussi, je suis heureux de te voir ce soir. Fit-il, en éteignant la télévision. J'ai à te parler, House. On se fait du souci pour toi… »

Grégory grimaça et alla s'asseoir en face de son ami.

« -Ca va ! Lança-t-il, agacé. Je tiens le coup ! Et ce, grâce à vous ! Merci , les amis ! »

Wilson haussa un sourcil, dubitatif :

« -Permets-moi d'en douter, vu l'état de ton appartement et de ton menton ! »

House s'affala entièrement dans le canapé, évitant de regarder son ami et lui fit signe de « vider les lieux ». Mais ce dernier ne l'entendit pas de cette oreille : il se leva et secoua sans ménagement le médecin.

« -Il faut te reprendre, Grégory ! Tu ne dois pas baisser les bras ! As-tu mis tout en œuvre pour le retrouver ? As-tu pensé à faire appel à un détective privé ?! »

Mais il se tut. Le docteur s'était redressé, les yeux figés dans une expression hallucinée.

« -Stupide que je suis ! Fit-il, en quittant le canapé. Pour une fois, Wilson, je peux dire que tu m'épates ! Je vais, dès demain, engager un privé ! »

Maugréant contre sa bêtise inconcevable, il se rendit dans son bureau, alluma son ordinateur portable et chercha sur le net le meilleur des détectives. Wilson sourit, soulagé de revoir son ami aussi dynamique et optimiste qu'auparavant.

Mais bon, engager un privé ne résoudrait pas tout. Cela avait au moins le mérite de faire bouger House de son état de passivité.


House enfila son casque et enfourcha sa moto. Un sourire longtemps absent voltigeait sur ses lèvres. Agir et ne plus subir lui avaient donné un coup de fouet.

Le médecin se rendait ce matin chez un détective, déterminé à payer ce qu'il fallait pour avoir des résultats. La nuit après le départ de son ami, il avait pris une décision.

Il était prêt à faire appel à des individus trempant dans des milieux interlopes et louches.

Démarrant son bolide, il se fit la promesse d'aller jusqu'au bout. Même s'il devait y perdre son âme. Il retrouverait son amour.

Arrivant à un feu, il se rendit compte qu'une voiture noire banalisée le suivait depuis son départ de son appartement.

Discrètement, il jeta un coup d'œil vers la voiture et vit des hommes en costume cravate, les yeux dissimulés derrière des lunettes teintées qui l'observaient tranquillement.

Leur façon de le surveiller si impunément fit frissonner le docteur House malgré le chaud soleil de la matinée.

Un instinct lui souffla que ces poursuivants avaient un lien avec la disparition de son amant et de son fils.

Alors, brusquement, il gara sa moto au bas-côté d'un trottoir bordant des habitations. La voiture s'arrêta elle aussi, à quelque mètres du médecin et les deux hommes en jaillirent rapidement.

Le plus grand des deux, et surtout le plus costaud, franchit la distance qui le séparait du médecin à une vitesse ahurissante et se saisit de Grégory qui n'eut pas le temps de réagir.

Regrettant de s'être montré si imprudent, ayant cru qu'il serait en sûreté vers des lieux habités, il dut se laisser trainer vers la voiture.

Il tenta de se débattre mais une douleur vive sur la tête le fit plonger dans un monde où la conscience n'était plus.


Un gémissement de douleur, inarticulé, échappa des lèvres du médecin quant il reprit conscience.

Il ouvrit lentement les yeux, en proie à un mal de tête carabinée et s'aperçut qu'il se trouvait dans une pièce sombre.

Il examina les lieux, essayant de percer l'obscurité et ne put que percevoir des ombres floues.

Ses mains étaient liées, ainsi que des jambes.

Il entendit le bruit d'une porte qui s'ouvre et une lumière aveuglante agressa ses yeux.

Quelqu'un se tenait devant lui, braquant une lampe puissante sur son visage.

Une voix froide s'éleva dans la pièce :

« -Où est l'enfant, mon cher docteur ? »

La stupeur figea Grégory. Tout, il s'était attendu à tout sauf à ça. Maintenant que ses yeux s'étaient habitués à la lumière, il vit le visage de son kidnappeur et frissonna, la peur s'insinuant en lui :

Il venait de reconnaître le grand-père de Miky et son expression ne présageait rien de bon…