HELLO ! De retour avec ce chapitre. Merci à vous toutes, comme tjs vous êtes super !
Pas de blabla, bonne lecture !
CHAPITRE 3
POV EDWARD
Mon réveil sonna et je grimaçai en ronchonnant, avant de tendre le bras et de presser sur le bouton qui mettrait fin à cette putain d'alarme stridente.
Cela faisait une semaine que je cohabitais avec ma nouvelle kiné et on pouvait dire que l'ambiance était électrique entre nous.
Elle avait instauré une nouvelle règle, et j'avais eu beau tempêter, hurler, et me débattre avec mes pauvres petits moyens, je n'avais pas eu le dessus, et j'étais sacrément furax contre ce nouveau régime barbare.
Elle avait décidé de mettre ce qu'elle appelait « un train de vie sain » en place contre ma pauvre personne et cela ne se limitait pas aux repas équilibrés. Je devais me lever tous les jours entre huit heure et huit heure trente, afin d'avoir pris mon petit déj, et de revêtir un jogging en prévision de ma séance de rééducation qui se déroulait de neuf heure à onze heure.
J'avais essayé de négocier après n'avoir plus eu de voix à force de hurler mais elle n'avait pas voulu repousser d'une toute petite heure, prétextant qu'elle n'aurait pas le temps de cuisiner sinon pour le repas de midi, et il était bien sûr hors de question que nous nous fassions livrer.
Bref je commençai à en avoir ras le bol de ce régime militaire bien que, je devais l'avouer, j'aimais particulièrement la dernière partie de la séance de rééduc, le massage, mais je l'aurais certainement aimé encore plus, une heure plus tard.
Je me mis assis dans mon lit en soupirant puis regardais mon fauteuil en grognant.
Je détestais toujours autant cet engin, et le fait qu'il m'aidait à me déplacer, ne le rendait pas plus important à mes yeux. Je ne m'y ferais sans doute jamais.
Je m'extirpai du lit et mis tant bien que mal mon cul sur ce machin de l'enfer avant de me diriger lentement vers la sortie de ma chambre.
Une question s'imposa tout à coup dans mon esprit alors que j'avançais doucement vers la cuisine : Comment faire chier Bella aujourd'hui ?
J'adorais plus que tout la faire chier, râler, sortir de ses gongs et me prendre la tête avec elle. Elle avait une adorable façon de devenir rouge de colère, elle fronçait son petit nez et serrait les poings avant d'exploser et de me gueuler dessus, et franchement, j'adorais ça.
Elle était vraiment belle et encore plus lorsqu'elle était rouge de colère contre moi. J'essayai de ne pas m'y intéresser de trop près, de ne pas la regarder, mais c'était plus fort que moi, j'adorai la mater lorsque je savais qu'elle ne me regardait pas. Elle avait de touchantes petites manies, comme se passer la main dans les cheveux, frotter son nez lorsqu'elle réfléchissait, lever les yeux au ciel lorsqu'elle trouvait que je racontais des conneries.
Je la trouvais de plus en plus attirante, malgré nos disputes, et j'étais certain que si j'avais fait un effort, nous nous serions entendus à merveille.
Elle aimait la musique, plus particulièrement le classique et le rock, exactement comme moi. Elle aimait aussi beaucoup lire, et elle avait pioché dans ma bibliothèque cette semaine me piquant "De l'eau pour les éléphants" de Sara Gruen* et j'étais impatient de savoir ce qu'elle en penserait, une fois fini, mais je n'étais pas sûr de lui poser la question.
J 'étais encore bien loin du mec charmant et agréable que j'étais il y a encore un an, et je n'étais pas certain de pouvoir un jour, redevenir cette personne.
Je pénétrai dans la cuisine et Bella était déjà là, occupée à préparer des pancakes. Elle se retourna à mon arrivée et me fit un petit sourire avant de se concentrer à nouveau sur sa poêle.
-Bonjour Edward.
Je soupirai un peu pour la forme.
-Bonjour Bella.
Je m'installai à table et me servis du café et du jus de fruit. Bella avait pris pour habitude de tout installer sur la table, ainsi, je pouvais me servir seul, même si elle préparait elle-même le tout. C'était un bon compromis pour moi, je n'avais pas l'impression d'être trop assisté, et au moins Bella respectait cela.
Elle se retourna et déposa cinq pancakes dans mon assiette, avant de faire de même pour elle et elle vint s'installer en face de moi.
-Tu as bien dormi ?
Elle avait pris pour habitude d'essayer de me faire la conversation, et j'avais pris pour habitude, de ne l'attaquer qu'après le petit déj. La cuisine faisait office de terrain neutre entre nous.
Je haussai simplement les épaules à sa question et tâchai de mettre de la confiture de fraise sur mon premier pancake.
Je pus l'entendre soupirer et je lui jetai un bref regard alors qu'elle-même me fixait.
-Mais encore ?
Je mordis avec délice dans la confiture fondante avant de relever les yeux, et d'ancrer mon regard dans le sien.
-Tu veux que je te dise quoi au juste ?
-La question était pourtant simple, tu as bien dormi, oui ou non ?
-Non.
Elle hocha la tête.
-Tu vois c'était simple, même pour toi.
Je roulai des yeux. J'aurais voulu l'envoyer chier, mais la dernière fois que je l'avais fait elle m'avait privé de pancake le jour suivant, et j'étais bien trop accroc à sa cuisine pour me faire punir comme ça.
-Tu as fais un cauchemar ?
Sa question me prit au dépourvu et je cessai de mastiquer un instant pour la regarder avant de replonger dans mon assiette.
-Non.
-Ne mens pas Edward, je sais que tu fais des cauchemars la nuit.
-Je ne mens pas.
-Tu as crié cette nuit. Je suis venue voir, mais tu t'étais rendormi.
Je fronçai un instant les sourcils et tentai de me remémorer mon rêve, mais ce n'était pas vraiment compliqué, je rêvais de la même chose depuis un an.
-Est-ce que tu rêves…de ce qu'il s'est passé il y a un an ?
Je reposai brutalement ma fourchette et la fusillai du regard.
-Je ne veux pas parler de ça.
-Ca pourrait te soulager d'en parler à quelqu'un.
-Pourquoi ?
-Pour te libérer d'un poids.
-J'ai pas besoin d'une analyse ok ? Lâche-moi la grappe !
-Je ne parle pas forcement d'un psy Edward.
Je lui fis un petit sourire sans joie.
-Alors qui ? Toi ?
-Pas nécessairement, mais quelqu'un de neutre, en dehors de ta famille.
-Merci, mais non merci.
Elle soupira un peu et passa sa main dans ses cheveux.
-Comme tu veux, mais je suis là, si tu as besoin.
-Je tâcherai de m'en souvenir.
Ma voix avait claqué sèchement mais Bella ne releva pas et continua son petit déjeuné.
C'est le ventre bien rempli que je retournai dans ma chambre enfiler un short puis je rejoignis Bella pour mes mouvements quotidiens. Je n'aimais pas le fait qu'elle sache que j'étais encore plus vulnérable que je ne le laissais voir, et qu'elle sache que je faisais des cauchemars me stressais. Je lui avait déjà dit de se foutre sa pitié au cul, et il n'était pas question pour moi, qu'elle trouve une raison en plus pour me plaindre.
Je fis donc ma mauvaise tronche pour les mouvements mais comme à son habitude, elle ne se laissa pas démonter par mon mauvais caractère.
Je détestais qu'elle ne réagisse pas, qu'elle ne se foute pas en rogne contre moi, j'avais l'impression d'échouer dans ma tâche et je détestais qu'elle fasse preuve d'indifférence envers moi, j'avais l'impression de ne plus exister.
Je me mis en place pour le massage du dos et Bella soupira en posant ses mains sur moi.
-Relaxe-toi un peu, tu es tendu comme un arc.
-C'est toi qui…
-Qui te stresse oui, je sais Edward, je suis la vilaine méchante dans cette maison.
Il y avait comme de la lassitude dans sa voix, et je fronçai les sourcils.
-Je n'ai pas dit ça.
-Parce que je t'ai coupé la parole.
-Parfaitement , et tu sais que c'est malpoli de faire ça ?
-Y a pas de politesse entre nous mon cœur, juste des cris et des insultes, enfin surtout de ta part les insultes.
Mon cœur ? Depuis quand j'avais le droit à un petit surnom gentil ?
Elle pressa plus fort ses mains sur l'un de mes muscles et je grognai un peu de douleur.
-Bon sang, va doucement !
Elle soupira et je pus presque voir ses yeux rouler dans leurs orbites.
-Tu n'es qu'un gros bébé, Cullen.
-Tu as des ongles la tigresse, tu n'es pas censée me les rentrer dans la peau.
-Allons bon ! Je suis sûre que des filles ont déjà fait leurs griffes sur toi !
-Peut-être mais ça fait pas le même effet quand tu prends ton pied.
- Je ne savais pas que tu étais adepte de la douleur. C 'est quoi ton truc ? Les menottes ? Le fouet ?
- Quoi ? N'importe quoi, ni l'un ni l'autre !
-Allez dis moi, je le répéterai, pas je le jure!
-Tu peux aller te faire foutre ! Et pourquoi on vient à parler de ça d'abord ? Ma vie sexuelle est inexistante et c'est pas près de changer.
-Tu n'en sais rien.
Je ricanai.
-Bien sûr ! Une fille va venir frapper à ma porte pour me demander de la prendre sauvagement sur mon fauteuil roulant, c'est bien connu, les filles adorent les infirmes !
-Tu m'énerves à croire ce genre de conneries, pourquoi tu ne pourrais pas avoir quelqu'un dans ta vie ? Tu es encore tout à fait baisable, je t'assure !
Est-ce qu'elle venait de dire que j'étais baisable ? Je n'avais rien fait depuis si longtemps que je n'étais pas certain de savoir encore comment on faisait. Je me sentir rougir et je poussai un gémissement.
-Pitié parlons d'autre chose !
-Comme tu veux.
Elle donna une petite tape sur le haut de mes fesses et je sursautais.
-Détends-toi maintenant.
Je tâchai d'obéir et je me sentis partir dans les limbes du sommeil au bout de seulement quelques minutes. Je fus réveillé par de tendres caresses dans mes cheveux alors qu'on murmurait doucement mon prénom à mon oreille.
-Réveille toi la belle au bois dormant ! il est l'heure de se nourrir.
Je poussai un petit gémissement, je ne voulais pas me réveiller. Les caresses dérivèrent sur ma nuque et je soupirai de bonheur avant d'ouvrir un œil et de voir Bella penchée sur moi.
Je pus voir quelque chose comme de la tendresse dans son regard avant qu'elle ne se détourne et m'assène une petite tape sur l'épaule.
- Mets-toi assis, je vais t'aider à grimper dans le fauteuil.
-Pas envie
Elle fronça les sourcils puis fis claquer sa mâchoire.
-J'ai pas envie de jouer Edward, le repas est prêt donc tu te bouges, et tout de suite, ou je t'envoie au lit comme les gosses sans bouffer.
Je me redressai sur mes coudes et la fusillai du regard, trop content de voir que sa colère prenait petit à petit le dessus, chose qui n'était pas encore arrivée aujourd'hui.
-Tu te prends pour ma mère ?
-Si j'étais ta mère, je t'aurais déjà mis une raclée. Fais un minimum d'effort ou bien je te jure que je te laisse par terre et tu te démerderas pour te rasseoir seul, t'as compris !
J'avais gagné, elle était rouge et elle serrait les poings. La voir dans cet état, réveilla instinctivement une envie naissante dans mon corps et je me crispai. Je ne voulais pas ressentir de désir pour elle, j'avais assez de problèmes comme ça dans la vie, sans m'enticher en plus d'une fille autoritaire et cinglée.
-T'as raison laisse moi comme ça ! Ma famille se rendra compte que tu es une sadique et tu seras enfin virée ce qui me comblera de joie !
Nous nous défiâmes un instant en silence puis elle s'approcha de moi et je grimaçai. Je savais qu'elle avait de la force et je n'aurais pas dû jouer comme ça avec ses nerfs.
-Assis Cullen !
-Va te faire foutre je suis pas ton chien !
Le ton commençait à monter et je me demandais si nous allions en venir aux mains.
Elle passa ses pieds de chaque cotés de mon corps et je tournais la tête pour la regarder. Ma position n'étais pas super confortable étant donné que j'étais encore à moitié couché sur le ventre, relevé légèrement sur mes coudes, et je pouvais sentir que mes bras commençaient à faiblir.
Elle se pencha une dernière fois sur moi en posant ses mains sur ses genoux. Je la vis inspirer profondément puis elle reprit la parole.
-Edward , est-ce que tu veux bien t'asseoir s'il te plait ?
Je plongeai mon regard dans le sien et j'y lus autant de détermination que dans le mien. Putain de merde, je ne voulais pas céder ! Je savais que j'avais l'air d'un gamin qui faisait un caprice mais c'était plus fort que moi, je n'avais plus que ça.
Je continuai donc à la regarder sans répondre et elle se releva légèrement;
-Très bien.
Elle se baissa si rapidement que je la vis à peine venir et elle passa ses avant-bras sous mes aisselles avant de me retourner et de me mettre en position assise.
-HEY !
-La manière douce, chéri ? Ou la manière forte ? A toi de voir.
Je n'aimais pas du tout ça manière de dire chéri, ça me troublait, comme le « mon cœur » de tout à l'heure. Je ne voulais pas qu'elle voie quoi que ce soit cependant et je grognai un peu pour la forme.
-Fais le et qu'on en finisse !
J'avais sifflé méchamment mais elle ne releva pas, après tout, elle venait de gagner cette manche. J'avais besoin d'elle, elle le savait, et je n'allais pas passer ma journée couché sur le sol de mon salon, car même si j'avais un caractère de merde, je n'étais pas con à ce point.
Elle me remit facilement en place puis commença à me pousser en direction de la table de la salle à manger.
-Bas les pattes, retourne en cuisine surveiller ta marmite, j'ai pas besoin de toi pour avancer.
-Tu n'es qu'un sale con Cullen !
-Et toi une putain de sadique complètement cinglée !
Elle relâcha mon fauteuil et fit un pas de côté afin que je puisse la voir.
-Faudra t'en contenter ! Car aucune personne censée ne veut plus s'occuper de toi !
-J'ai pas besoin d'aide !
Elle roula des yeux et je plissai les miens.
-Va à table casse-couilles, et sers moi à boire, ces joutes verbales me dessèchent le gosier!.
Je la regardai un instant ahuri avant de me reprendre.
-Rappelle-moi qui est la personne sous contrat ici ? Je suis pas ta bonniche, c'est moi l'infirme dans cette pièce !
-Crétin !
-Pétasse !
Elle inspira profondément avant de se retourner et de partir d'un pas furieux vers la cuisine.
Elle était en boule.
Je jubilai.
Ma sœur avait débarqué sans crier gare cet après midi. Je ne l'avais pas revue depuis le jour où Bella avait emménagé ici alors qu'elle passait me voir minimum tous les deux jours et je m'étais inquiété. Je l'avais appelé et elle m'avait dit qu'elle ne viendrait pas me voir avant que Bella et moi ayons pris nos marques ensembles et que je ne me sois habitué à sa présence. J'avais fais mon sale mioche, j'avais hurlé puis supplié puis pleurniché mais elle n'avait rien voulu entendre. J'avais été désespéré, puis en colère, puis désespéré à nouveau, elle me manquait.
Aujourd'hui, je lui en voulais à nouveau, elle m'avait lâchement abandonné aux mains de la folle qui vivait sous mon toit et je n'étais pas près de l'oublier. Sale traîtresse !
D'ailleurs aucun membre de ma famille n'était venu me voir de la semaine et je commençais à sérieusement leur en vouloir, et à déprimer.
Lorsqu'elle passa la porte de mon appartement, je ne pus faire autrement que de lui jeter un regard noir et de lui demander des comptes.
-Tiens une revenante ! Ca fait plaisir de voir à quel point j'ai pu te manquer cette semaine !
Elle leva les yeux au ciel avant de s'approcher de moi et de déposer un baiser sur ma joue.
-Je vais bien moi aussi, merci de me le demander mon frère adoré !
Je reniflai de dédain.
-Si tu m'adorais tant que ça, tu serais venu me voir avant !
-J'ai été pas mal occupée, et je voulais que tu t'habitues à Bella.
-M'habituer ? Tu parles cette fille est folle à liée et autoritaire, je veux qu'elle foute le camp de chez moi !
La dite folle furieuse fit son entrée au même moment et se dirigea vers ma sœur avec un grand sourire.
-On parle de moi ? Salut Alice comment vas-tu ?
Ma sœur me jeta un regard appuyé avant de se tourner vers Bella et de la serrer dans ses bras.
-Bien merci, toi tu es polie au moins !
Bella reporta son attention sur moi avant de froncer les sourcils.
-Serais-tu méchant avec ta sœur Edward ?
-Il grogne, comme toujours !
-Je ne grogne pas Alice, tu vas pas t'y mettre toi aussi !
Ma sœur s'installa dans le canapé à côté de moi et Bella prit le fauteuil. J'aurais voulu qu'elle me laisse seule avec ma sœur, afin de pouvoir me plaindre autant que j'en avais envie, mais elle n'avait pas l'air de vouloir bouger de là.
- Racontez-moi votre semaine, comment ça se passe entre vous ?
-Mal !
-Bien !
Nous avons parlé en même temps et ma sœur fronça les sourcils avant de nous jeter un coup d'œil.
-Ok, je vois. Je constate que vous êtes relativement bien portants et en vie je dirais donc que ça à l'air d'aller.
Je me renfrognai, elle avait tort, ça n'allait pas du tout et je voulais qu'elle se range à mon avis !
-T'es folle ou quoi ! Ca ne va pas du tout, cette cinglée me persécute !
Bella ricana et je lui jetai un regard noir.
-Elle me force à me lever le matin et elle est brutale et autoritaire avec moi !
-Je ne me laisse pas marcher sur les pieds chéri, c'est tout.
-Arrête de m'appeler chéri, tu me tapes sur le système espèce de nympho !
Elle respira fortement avant de darder un regard mauvais sur ma pauvre personne.
-Je ne suis pas une nympho, et toi tu n'es qu'un sale merdeux qui croit dur comme fer que je lui doit obéissance ! Tu peux te foutre tes idées au cul t'as compris ! La personne qui va plier mon gars, c'est toi !
Elle pointa un doigt menaçant sur moi et je me tournai vers ma sœur, une mine triomphante sur le visage.
-Tu vois ! J'ai raison cette nana est timbrée je veux que tu la vires Alice !
Ma sœur était bouche bée et nous fixait tour à tour d'un air ahuri. Puis elle fronça les sourcils avant de lâcher un truc qui m'aurait fait tomber sur le cul si j'avais pu me lever.
-Vous êtes fais l'un pour l'autre !
Je la dévisageai comme si elle était devenue folle et je pus voir que Bella faisait de même.
-Alice, on va certainement finir par s'entretuer, alors être faits l'un pour l'autre…dans une autre vie peut-être et encore !
Ma frangine se tourna vers ma kiné.
-Je suis infaillible pour ce genre de truc, tu peux me faire confiance vous êtes faits pour être ensemble.
J'attrapai mon téléphone portable qui se trouvait sur la table basse près de moi et commençai à pianoter dessus.
-Qu'est-ce que tu fais.
Je ne relevai pas la tête et continuai de faire défiler mes contacts.
-J'appelle papa et maman pour qu'ils te fassent interner dans l'hôpital psychiatrique le plus proche.
Elle roula des yeux avant de m'arracher mon portable des mains.
-Arrête de faire le con Eddy.
-Alors arrête de divaguer !
Elle haussa les épaules.
-Très bien, vous n'avez qu'à pas me croire mais je suis sûre de moi.
Je soupirai d'agacement. Ma sœur pouvait avoir des idées vraiment tordues parfois et qu'elle se mette martel en tête n'était pas bon du tout pour moi. J'étais entouré par des cinglées.
Elle se désintéressa de moi pour se tourner vers Bella et parler chiffon avec elle et je laissai mon esprit vagabonder un moment.
Bella et moi en couple ? Ca ne pourrait pas marcher, ça non alors…pas vrai ? Et puis fallait pas se leurrer, elle avait sûrement des tas de prétendants. Une fille aussi jolie qu'elle devait crouler sous les demandes de rendez vous, et que ferait-elle avec moi, un infirme ? Je ne devais pas me faire de fausse joie, Bella Swan, n'était pas pour moi. Elle méritait quelqu'un de bien. Un gars honnête qui gagnerait bien sa vie, un mec stable qui serait à même de pouvoir la protéger, un mec capable de se déplacer sur ses deux pieds.
Je n'étais rien de tout ça. Certes j'avais de l'argent, j'avais suffisamment gagné ma vie pour être à l'abri du besoin jusqu'aux restant de mes jours, mais c'était tout ce que j'avais à offrir, le reste n'était plus en mon pouvoir, et elle méritait mieux qu'un mec détruit psychologiquement, paraplégique et incapable de ne serait-ce que de se promener main dans la main avec elle. Elle méritait mieux que moi.
Ce constant me laissa un goût amer dans la bouche et je lui jetai un petit regard alors qu'elle riait avec ma sœur et je ne l'en trouvais que plus belle.
Je détournai simplement les yeux, fixant mon regard sur un point imaginaire au-delà de ma baie vitrée, alors que mon cœur saignait, et que j'aurais voulu hurler ma détresse, au monde entier.
POV BELLA
Cette semaine avait été…éprouvante. Edward était plutôt un dur à cuir dans le genre casse couille et il m'avait fais sortir de mes gongs à plusieurs reprises. Il était pourtant difficile de m'agacer, mais il y arrivait sans trop de mal et je démarrais au quart de tour, hurlant sur les lui à m'en casser la voix et avec une envie folle furieuse de lui aplatir sa petite gueule d'ange de l'enfer.
J'avais l'impression qu'il prenait un malin plaisir à me faire chier. J'aimais aussi l'enmerder, il était facilement irritable et il fallait un tout petit rien pour que ça dégénère entre nous. Si il croyait que c'était comme ça qu'il allait me faire fuir, il se trompait lourdement. Ca me donnait encore plus envie de rester, et de le dompter, enfin je veux dire, faire en sorte qu'il redevienne une personne normal, sans colère et gentil, comme il était autre fois.
J'aurais voulus le connaître à cette époque. Rencontrer l'homme gentil et aimable qui charmait son monde, aussi bien les femmes que les hommes d'ailleurs. J'avais beaucoup parlé au téléphone avec sa sœur cette semaine, sans qu'il le sache, et j'avais pu me rendre compte à quel point elle s'inquiétait pour lui, de la façon dont il s'était coupé du monde extérieur, de son air maussade et triste au quotidien.
Elle m'avait fournis également de précieux renseignement, tel que le nom de tous les employés qui avaient gravité autour de son frère, partant des kinés virés, à la femme de ménage. Je n'écartais aucune piste, je ne pouvais pas me permettre de laisser des choses de cotés, je devais tout vérifier même si ça prenait du temps, il s'agissait de la sécurité d'Edward, je ne pouvais pas merder.
Je faisais mon rapport quotidien à mon chef tous les jours, et il me donnait les infos que je lui demandais sur les gens sur lesquels j'enquêtais.
Pour l'instant ça ne donnait rien, que dalle, nada et cela me frustrais. Nous avions reçus une nouvelle lettre, directement dans la boite aux lettres de l'immeuble et je l'avais découverte moi-même, puisque j'étais maintenant chargée de récupérer le courrier de sa seigneurie.
C'était toujours les même conneries et je n'avais rien appris de plus que nous ne savions déjà, à savoir qu'il manquait une case à ce type.
Un de mes collègues était venu la chercher et j'avais eu les résultats le soir même. Pas d'empreintes. Le mec était rusé, et il ne laissait rien au hasard, mais nous finirions par l'avoir, il le fallait.
Je savais que mon job principal était de veiller à la sécurité d'Edward, et à récolter des infos mais j'aurais voulus faire plus, et enquêter d'avantage. Je ferai tout pour que cette enquête se termine rapidement, pour Edward, mais aussi pour moi, car je n'étais pas certaine de tenir très longtemps.
Edward avait beau être un chieur finit, il était aussi craquant, et diablement sexy. Il n'en avait absolument pas conscience et cela le rendait d'autant plus attachant alors que j'aurai préféré le détester.
Ca j'adorais nos chamailleries, même si je ne l'avouerais jamais en public et surtout pas au principal intéressé. J'adorai le voir pincer l'arrête de son nez lorsque sa colère montait, j'adorai le voir serrer les poings à s'en blanchir les phalanges lorsqu'il était furax, et j'adorai la façon dont il me tenait tête dans un élan quasi désespéré, comme si il ne lui restait plus que ça pour ce sentir en vie.
Je n'échangerai ma place avec personne, mais ce qui me faisait flipper, c'était de m'attacher…non de tomber, amoureuse de lui.
Alice avait passé une partie de l'après midi avec nous et je dois dire que j'adorais cette fille. Elle était tellement pétillante, amusante et un brin déjantée qu'on ne pouvait que l'aimer. Bon ok, elle avait l'air d'avoir une passion quasi dévorante pour le shoping alors que moi je détestais ça, mais tout le monde à un vice caché n'est-ce pas ? Le mien était la lecture, et je pouvais passer des heures entières à flâner dans une bibliothèque sans me lasser, et le plus beau cadeau que l'on pouvait m'offrir était un bouquin. **
Bref en clair, la journée avait été sympathique, et même Edward d'ordinaire maussade et ronchon avait un léger sourire et regardait sa sœur avec douceur et adoration.
Il y avait définitivement quelque chose sous cette carapace de glace. Un garçon au cœur tendre et aimant que la vie avait malmené.
Est-ce qu'Alice avait raison ? Est-ce qu'Edward et moi avions des points communs ? Nous avions un caractère de merde tous les deux, nous adorions mettre l'autre en pétard et avoir raison mais cela ne suffisait assurément pas pour dire qu'on était fais l'un pour l'autre… N'est-ce pas ?
Je n'avais jamais cru à la théorie de l'âme sœur, du destin et ce genre de merde. J'aimais les romans et les films à l'eau de rose, mais je ne suis pas débile pour autant, et croire au prince charmant à mon âge, relèverait de la stupidité.
Edward n'était pas un prince charmant. Il était bien trop brisé et dépressif pour ça. J'étais pourtant certaine qu'il pourrait séduire n'importe quelle fille, le fait qu'il soit en fauteuil roulant ne changeait rien à ce qu'il était, même si il se persuadait du contraire.
Je versai un peu de café dans mon mug et laissai là ces réflexions qui finiraient certainement par me donner la migraine.
Je retournai au salon et soupirai en m'asseyant, il avait repris son poste de commère préféré.
-Je vais la tagger.
Il se tourna vers moi en fronçant les sourcils avec un air interrogateur.
-Tagger ? Quoi donc ?
-La fenêtre, ainsi tu passeras peut-être ta journée à faire autre chose qu'a regarder dehors.
Il retourna à sa contemplation d'un geste brusque et je pus entendre de l'agacement lorsqu'il me répondit.
-Je ne te dérange pas il me semble, fou moi un peu la paix ok ?
-Pourquoi on irait pas en balade dans le parc ? Tu le couve des yeux, mais ça serait surement mieux de t'y promener tu ne crois pas ?
-Je ne sors pas.
-Tu me l'a déjà dis, et je ne comprend pas pourquoi.
Il se tourna à nouveau vers moi et je pus voir que la colère faisait flamber son regard.
-Je suis infirme et connu, je ne veux pas qu'on me dévisage comme une bête curieuse ! Ce temps là est révolu !
Je soupirai de lassitude.
-Personne ne va te dévisager Edward et si c'est le cas, cela n'a pas d'importance.
-Parle pour toi ! Si je met un pied dehors on pourra lire demain dans les tabloïds, « Edward Cullen sort de sa tanière et il a une nouvelle petite amie ». Non merci, très peu pour moi. Ils m'ont oublié ces derniers temps et ça me convient très bien comme ça.
-On va faire un tour dans le parc en face, je ne t'es jamais dis qu'on allait se rendre à une avant première ou à un shooting ! Ca te fera du bien de sortir.
-Je ne veux pas ok ! Et il est déjà six heure du soir.
-C'est quand la dernière fois que tu es sorti ?
Il plissa des yeux pour me regarder et je pus voir qu'il réfléchissait. Cela ne devait pas être hier si il devait chercher dans ses souvenirs la dernière fois qu'il était sorti.
Je savais que ce serait risqué de le mettre dehors, mais il en avait besoin. Il était trop pâle, et l'air frais ne pourrait que lui faire du bien physiquement mais aussi psychologiquement.
-Tu vois ! Tu as besoin d'air frais, de respirer autre chose que cet endroit Edward !
-Il n'en est pas question, point barre.
Je me levai et me dirigeai vers ma chambre. Je pris mon arme que j'accrochai à ma ceinture et changeai mon tee-shirt contre une tunique plus longue et plus ample, qui dissimulerait mieux mon flingue. Je sortis de ma chambre et me dirigeai vers la patère qui se trouvait dans l'entrée. J'y attrapai un casquette noir qui avait connu de jour meilleur, et je dénichai une paire de lunette de soleil dans le meuble ou trônait les clefs de l'appartement. Je revins ensuite au salon et déposai le tout sur les genoux d'Edward avant de débloquer les roues de son fauteuil et de me mettre derrière lui.
Je n'avais pas fais un pas qu'Edward posa sa main sur la roue de droite pour la stopper.
-T'es malade ou quoi ! J'ai dis que je ne voulais pas sortir !
-Et moi j'ai dis on sort.
Je parlais calmement, alors que je pouvais le voir blêmir. Il se mit à hurler.
-JE NE VEUX PAS SORTIR ! TU NE PEUX PAS ME FORCER !
-Bien sur que si Edward, et tu le sais parfaitement. Maintenant met cette casquette. Avec ça les lunettes et ta barbe de cro magnon, personne ne vas voir que Edward Cullen se cache là-dessous.
Il poussa un gémissement mais relâcha son attention et je repris les commandes, le poussant aussi vite que je pouvais vers la porte d'entrée.
-Si tu me fais ça, je jure de te faire vivre l'enfer Swan, t'as compris !
Je le fis sortir de l'appartement malgré ses pitoyables tentatives pour s'accrocher à la porte d'entrée et je stoppai devant l'ascenseur.
-Je t'en pris Bella…
Il avait pris une petite voix suppliante et je faillis me laisser attendrir.
Je fis un pas de coté et m'accroupissais près de lui afin de pouvoir le regarder. Il triturait ses lunettes avec ses mains et malgré qu'il gardait le visage baissé, je pouvais le voir au bord des larmes.
Je ne faisais pas ça pour lui faire du mal, mais je savais qu'il en avait besoin. Il était vital qu'il recommence à vivre, et quoi de mieux pour ça que de ce mêler à nouveau à la population ?
-Une petite balade Edward, de quelques minutes et après on rentrera c'est promis.
-Pourquoi tu me fais ça ? Si c'est ta façon de me punir alors je promet d'arrêter de te faire chier, mais s'il te plait…
Sa voix était rauque et je dû lutter pour ne pas céder.
-Je ne fais pas ça pour te faire du mal ou pour te punir mais parce qu'il faut que tu recommence à vivre Edward, tu dois arrêter de te morfondre dans ta grotte.
Je posai délicatement ma main sur son bras pour ne pas l'effrayer.
-Personne ne te reconnaitra.
L'ascenseur arriva et je nous fis grimper à l'intérieur. Il ne prononça plus un seul mot et je le vis essuyer discrètement une larme avant qu'il ne mette ces lunettes de soleil et qu'il visse profondément sa casquette sur sa tête, aussi bas que possible.
Nous passâmes devant le gardien de l'immeuble qui nous salua d'un air surpris puis nous sortîmes au grand air avant de prendre le chemin du parc.
Le parc était très beau. Nous étions encore en plein été et les fleurs bordaient les allées faisant resplendir leur couleurs vives et leurs senteurs absolument délicieuses. Je marchais lentement, en poussant le fauteuil d'Edward et tachait de faire abstraction du fait que j'avais du le trainer dehors contre sa volonté. Je passerai certainement pour un tyran devant un jury de bon citoyen lorsqu'il m'attaquerait en justice pour me coller un procès au cul pour mauvais traitement.
Il n'avait pas encore dit un mot, et j'étais un peu près certaine qu'il ne le ferait pas.
Nous croisâmes beaucoup de monde. Du simple promeneur avec son chien, au mec qui faisait son jogging et pas l'un d'entre eux ne s'intéressa à nous. Malgré cela, je pouvais toujours sentir à quel point Edward était stressé, il me suffisait juste de regarder à quel point sa main gauche était agrippée au fauteuil pour voir qu'il ne semblait pas aimer la balade. Je fis encore quelques pas puis nous dirigeai vers un banc sur lequel je m'installais.
Edward me jeta un coup d'œil irrité.
-On peut juste finir le tour et mettre fin à mon supplice en rentrant s'il te plait ?
-Il fait un temps superbe, nous pouvons encore en profiter un peu.
-Tu avais dis quelques minutes.
Il regarda furtivement autour de lui et se tassa un peu plus sur lui-même.
-Arrête de stresser Edward, tout va bien ok ? Il y a un marchand de glace Italienne un peu plus loin, on pourrait aller jusque là et s'en prendre une.
Il haussa un sourcil et je pus voir un semblant de sourire naitre sur son visage.
-Une glace ? A presque sept heure du soir ? Ca m'étonne de toi Mademoiselle tu manges équilibré ou je te bute !
Sa tirade m'arracha un petit rire.
-J'aime les glaces et on peut faire parfois une exception !
Il me fixa intensément et son regard me mit mal à l'aise.
-Quoi ?
Il parut ce reprendre et détourna les yeux avant d'hausser les épaules.
-Rien. Tu m'étonnes c'est tout.
Je sentis mes joues se colorer et je baissai les yeux pour les relever ensuite doucement sur lui. Il fixait toujours un point au loin et je fus soulagée qu'il n'es pas vu l'effet qu'il pouvait avoir sur moi.
-Je suis ravie de pouvoir te surprendre.
J'avais parlé doucement mais je pouvais voir qu'il avait entendu et un sourire éclaira furtivement son visage avant de prendre un air triste.
-Une autre fois ok ? Là je voudrai juste rentrer.
-Bien sur, je pense que c'est déjà bien pour aujourd'hui.
Je me levai et un sourire radieux illumina mon visage lorsque je repensais à la phrase qu'il venait de prononcer.
Il me regarda étrangement lorsque je reprenais place derrière lui.
-Pourquoi souris-tu ?
-Tu as dis une autre fois ce qui veut dire que tu comptes bien sortir à nouveau.
Il grogna et j'éclatais de rire.
-Ne prends pas tes rêves pour des réalités faudra d'abord me passer sur le corps !
-Ce n'est pas un problème !
Les mots avaient dépassé ma pensée et je me mordis la langue furieusement. J'espérai qu'il n'avait pas compris le double sens de ma réponse et cela me perturba pendant un instant. Ce mec était bien trop dangereux pour moi, je perdais les pédales en sa présence, je devais me contenir, ou cela ne serait bon ni pour moi, ni pour lui.
Il ne releva pas ma remarque et aucun de nous deux ne prononça plus un seul mot jusqu'à ce que nous soyons rentrés.
*DE L EAU POUR LES ELEPHANS :
Durant la Grande Dépression, dans les années 30, les trains des petits cirques ambulants sillonnent l'Amérique. Jacob Jankowski, orphelin sans le sou, saute à bord de celui des frères Benzini et de leur " plus grand spectacle du monde ". Embauché comme soigneur, il va découvrir l'envers sordide du décor où tous, hommes et bêtes, sont pareillement exploités, maltraités. Sara Gruen fait revivre avec un incroyable talent cet univers de paillettes et de misère qui unit Jacob, Marlène la belle écuyère, et Rosie, l'éléphante que nul jusqu'alors n'a pu dresser, dans un improbable trio. Plus qu'un simple roman sur le cirque, De l'eau pour les Eléphants est l'histoire bouleversante de deux êtres perdus dans un monde dur et violent où l'amour est un luxe que peu peuvent s'offrir.
Le film tiré du livre sortira en avril 2011 avec entre autre Robert Pattinson dans le rôle de Jacob.
** bon ok j'avoue là c'est moi lol
