III.

Shatterdome de Hong-Kong, Mars 2027

Quand Hill lui dit, il n'y croit pas vraiment – pour tout un tas de raisons, mais surtout parce que les russes gardent jalousement leurs Jaegers amarrés dans un coin du monde aussi inhospitalier que l'Alaska : Vladivostok, et c'est toujours la voix de Rogers qui le prononce dans sa tête, comme l'évidence d'un El Dorado pour pilotes.

Qui n'existe plus.

Parce que les russes ont aussi cette fâcheuse tendance à vite amputer quand ça commence à pourrir; la perte de leur meilleur Jaeger avait dû les pousser à rage quit, même si les Kaijus sont plus qu'un jeu qu'on peut tout simplement éteindre.

- Max, lui souffle la voix éraillée de Rogers.

Un hématome énorme lui mange la moitié du visage, tournant déjà vers le violacé et le jaune; son œil gauche est bouffi et gonflé, et une rangée de fils s'aligne comme des barbelés le long de son front, jusqu'à sa tempe.

C'est comme ça que Steve Rogers est réapparu dans sa vie.

Tony devine que sa langue est pâteuse et son esprit embrumé par les restes de la jonction neuronale – il a entendu dire que c'est un vieil homme et son neveu qui l'ont trouvé, en état de choc, titubant hors de la carcasse brisée de son Jaeger, seul, sa combinaison bleue tellement tâchée de sang qu'elle en était devenue brune.

- Hey, pilote, souffle-t-il en lui présentant la paille rose d'un verre d'eau en plastique.
Steve boit peut-être trois, quatre gorgées avant de lâcher sa paille; il irradie de douleur et les sursauts qui tordent son visage boursouflé rendent Tony plus que mal à l'aise – voir des gens souffrir, c'est plus que pas son truc –

Sa montre sonne.

8 : 00 PM

Les yeux de Steve la cherchent et il arrive à lui faire un semblant de sourire. Il n'ose pas le toucher, parce que le drap couvre tout et que Rogers lui-même n'a pas osé tendre un bras ou délier ses doigts pour attraper le verre d'eau; le cathéter disparaît sous le col de sa blouse d'hôpital et l'intraveineuse goutte d'un liquide transparent à côté des poches de sang suspendues, tout comme un millier d'autres capteurs glacés qui se glissent sous les draps.

Les mots lui manquent un peu – il aurait voulu le féliciter, mais les circonstances ne s'y prêtent pas vraiment.

- Hey toi-même, lui répond Steve, et on dirait qu'il a avalé deux mille litres d'eau de mer ou de poussière, tant sa voix est cassée et basse.

C'est la main de Steve qui trouve la sienne hors des draps; il a le bout des doigts gelé, comme cette autre fois il y a longtemps sur le porte-avion, après la tempête – ses lèvres sont gercées mais s'étirent malgré tout dans un sourire douloureux.

Son dernier co-pilote est encore en vie. Si la Russie refusait de leur offrir un Jaeger pour trois comme pour ces triplés du Shatterdome d'Alaska, ce n'est pas parce qu'ils sont snobs ou juste cons, c'est parce que s'ils sont deux dans un Jaeger et que l'autre est à terre, il y a la moitié d'un équipage en vie. C'est ingénieux mais souvent dénigré par le reste du monde, comme si la dualité sacrée des pilotes de Jaeger se devait d'être immuable pour bien fonctionner.

Le monde est franchement trop con, des fois.

S'il réussit à sauver November Sierra de la ruine et du sel, Romanoff et Steve pourront à nouveau piloter, en espérant que le syndrome de la dérive fantôme ne les emmerde pas comme un vieux chewing-gum collé sous une chaussure.

- T'as réussi, alors ? Ose Steve avec lenteur, se redressant un peu; il a l'impression que sa gorge va se déchirer à chaque mot, mais comme la petite sirène il s'en fiche et voudrait crier, chanter; il n'y a plus que Max, ses joues mangées par une barbe sombre et presque trop bien taillée, des petites rides au coin de ses yeux bruns et une trainée bleue dans ses cheveux.

Tony relève la tête, son menton haut et son sourire flamboyant; oh, oui, il a réussi et personne ne lui enlèvera jamais.

- Et toi ? Se moque Max à peine quelques secondes plus tard, plein d'une admiration enfantine. Neuf en même pas trois ans – ils n'avaient personne d'autre à envoyer que vous, à Vladivostok ?

Rire lui brûle les bronches, et il se met à tousser; Max lui présente immédiatement la paille rose du verre d'eau, un timide sourire d'excuse aux lèvres, et ça rappelle à Steve son attitude perdue et désinvolte dans ce porte-avion, la petite merde qui lui a laissé un carré de chocolat avec une noisette grosse comme son ongle dedans.

Il est heureux au-delà des mots, et c'est une euphorie qu'il refuse de laisser se perdre – le silence terrifiant de ses rêves peut attendre encore un peu.

- Faut croire, grince-t-il en cherchant de nouveau à se redresser.
Max rajuste un des oreillers pour qu'il n'ait pas à mettre trop de pression sur sa nuque et la ligne de ses épaules; il lui murmure un merci et se laisse glisser dans le confort moelleux de la literie.

Ses doigts retiennent toujours ceux de Max, et pendant un moment, il n'a plus aussi peur du silence qui l'attend, songe que ce n'est qu'une étape de son deuil, accepter le silence, mais ça, ce n'est pas une éventualité pour laquelle la Jaeger Academy l'a préparé, tout comme les images qui se rejouent en boucle dans sa tête depuis Knifehead.

Ses pensées sont interrompues par la montre de Max qui sonne – même après toutes ces années, c'est toujours la même.

- J'reviens plus tard, c'est l'heure de – enfin, je t'appelle le Doc, s'expliqua-t-il précipitamment, se rappelant le meeting programmé avec le Marshall et une partie des chefs des Nations Unies et du PPDC.

- Max –
- Tony, le corrige-t-il avec le même sourire d'excuse un peu gêné, et son air de gamin pris en faute. Tony Stark, enchaîne-t-il avec un naturel désarmant, secouant doucement leurs doigts entremêlés comme s'il s'agissait d'une poignée de main.
- Stark, répète Steve, ses lèvres craquelées par son sourire.
- Ouais, ça claque tout de suite moins que Rockatansky, fit-il en haussant les épaules, aussi désinvolte que dans les souvenirs de Steve. Mais qui suis-je pour questionner les choix douteux de ma mère…

Il se rappelle leur conversation, le fait qu'elle était décédée dès la première attaque, Trespasser, et s'il avait été curieux jadis du jeune homme brun dans la file d'à côté, l'homme qu'il avait retrouvé l'intriguait tout autant.

- Reste, ose-t-il, sa gorge soudain sèche.
Ses yeux cherchent ceux de Max – Tony, se force-t-il, un peu amusé par la situation, et ses doigts se referment un petit plus fort sur les siens, espérant que ça suffise à le convaincre.

- Tu peux ? Se rattrape-t-il, n'ayant pas vraiment envie d'avoir l'air trop désespéré (mais suffisamment égoïste pour oser réclamer un peu de compagnie).
- Nan, t'inquiète, répond immédiatement Stark en délaçant une de ses chaussures. J'vais juste m'installer un peu, pardon, voilà – Darcy peut bien m'attendre une petite heure de plus…

Et, assis en tailleur face à quelqu'un qu'il ne s'imaginait jamais revoir, Tony n'arrive qu'à penser que le destin a vraiment une façon bizarre de les réunir.

- Alors, la Russie. Je veux tes impressions, exigea-t-il avec l'infernale curiosité qui lui valait souvent d'être engueulé par le Marshal Fury.
- Froid ? Essaya Steve, pas sûr de la bonne réponse à donner. Mais moins austère que ce que j'aurai cru, ajouta-t-il en retenant un petit rire douloureux.
- Et c'est là que tu as retrouvé Barnes ?

Steve acquiesce, son regard plus vif qu'à son réveil; son histoire est un sac de nœuds qu'ils s'évertuent à démêler entre les passages furtifs des équipes du labo et ceux, bien moins discrets, des recrues de l'Académie qui s'entraînent entre ces murs.

Rogers a ce côté vieille légende du rock, maintenant qu'il a ramené une carcasse de Jaeger seul sur une plage de Sibérie.

- Raconte-moi tout, insista encore Tony, une de ses paumes posées sur le genou de Steve.

.

Rogers est encore en convalescence deux bonnes semaines après son arrivée, mais le staff de l'infirmerie l'a autorisé à sortir prendre l'air une heure ou deux tous les jours, alors Tony le balade en fauteuil roulant d'un bout à l'autre du Shatterdome et jusque sur la passerelle qui fait face à la mer d'Hong-Kong.

Aujourd'hui, ils ont juste fini par échouer conjointement dans la grande pièce séparée en deux par du scotch qui leur sert de laboratoire, à lui, Lewis, et Foster.

Jane a eu la politesse de les laisser seuls.

Darcy s'applique à lui niquer le peu de chances qu'il a de faire une vraie bonne impression.

Son estimée collègue s'est décidée à fumer dans sa moitié humide et puante du laboratoire, quand elle ne lâche pas un commentaire sordide ou deux sur ce qu'ils disent ou sur la chose dans laquelle elle est enfoncée jusqu'aux coudes, sa clope pendant mollement de ses lèvres comme une invitation à la connerie.

- Il était déjà pilote, avec Natasha, poursuit Steve, debout, le fauteuil abandonné dans un coin.
- Romanoff ?

- Ouaip, acquiesça-t-il en suivant des yeux les équations que Tony rédigeait sur le tableau du fond, ses feuilles de calcul dans une main et la craie blanche dans l'autre, son équilibre un brin précaire tandis qu'il remontait sur l'échelle.

Tout était fascinant – il n'imaginait pas qu'un tel endroit soit possible, des échantillons de Darcy Lewis aux vieux meubles de bois brut que Tony s'était procuré pour son côté du laboratoire. Un large scotch jaune séparait équitablement la salle qui leur avait été allouée par le Marshal Fury; seuls les larges tableaux noirs accolés sur le mur du fond semblaient ne pas avoir été victimes du chaterton, et au-delà de certains accrocs inévitables (l'odeur du formol ou le fait que le côté de Darcy soit continuellement poisseux et que ses bottes en caoutchouc fassent un bruit réellement infernal, la mauvaise habitude de Tony de dormir de façon régulière sur le canapé défoncé de son côté de la salle installé derrière un paravent, les traces de craie qu'il laissait partout et le niveau général de poussière qui se déposait sur les bocaux trop proches du tableau, laissant à Darcy ou Tony le loisir d'y dessiner des symboles plus ou moins phalliques, quand ce n'était pas carrément des petites insultes amicales signées d'un cœur… ), disons que tout se passait très correctement.

Darcy avait également cette manie très créative d'utiliser ses chewing-gums pour coller des rapports ou des schémas sur les murs.

- Nat' doit nous rejoindre avec – avec.

Steve bute sur ses derniers mots, balbutie et finit par simplement se taire, les images plus vives que les mots dans sa tête et tout se met soudain à douloureusement tanguer autour de lui; la sueur froide qui le gagne suffit à le laisser glacé, son souffle soudain rapide et irrégulier tandis qu'il se sent dériver jusqu'à –

- ROGERS !

Il inspire comme un noyé, une longue gorgée d'air saturé de javel et d'odeurs de craie, et la douleur cinglante d'une claque sur sa joue; les néons lui bousillent les yeux pendant quelques longues secondes au bout desquelles il arrive finalement à entrevoir les visages anxieux de Darcy Lewis et Tony Stark penchés sur lui, son dos étendu sur la surface froide et humide du sol carrelé de leur laboratoire.

- De retour parmi nous, pilote ? Tente Tony en l'aidant à se redresser.

Darcy lui tend un verre d'eau en plastique, son regard inquiet scrutant sans doute chaque cicatrice de son visage, cherchant celles qu'elle ne pourrait pas voir.

Personne n'est assez maladroit pour lui demander si ça va, et il apprécie leur absence totale de commentaire, le silence confortable dans lequel ils l'aident à s'asseoir, dans le canapé verdâtre et défoncé de Tony, assis chacun d'un côté de Steve et échangeant des regards qu'ils croyaient discrets par-dessus sa tête. Ça le fait sourire, ce qui finit immanquablement par détendre tout le monde.

- Chewing-gum ? Lui propose Darcy, tendant déjà dans sa direction le petit paquet.

Il l'accepte sans un mot, l'eau glacée du gobelet déjà avalée et sa fraîcheur bienvenue; il inspire par le nez, expire par la bouche, lentement, plusieurs fois, la petite main de Darcy Lewis posée contre son épaule gauche, et la paume brûlante de Tony Stark sur sa jambe, pas loin de son genou droit.

- On retourne à ta suite ? Lui propose Tony au bout d'un moment.
- Non, répond-t-il un peu précipitamment. Non, je – est-ce qu'on peut aller un peu dehors, avant ?
- Jane va pas tarder de toute façon, leur souffle Darcy comme une autorisation. On se voit au mess ce soir ?

Tony hoche la tête, se relevant déjà.

- Allez, pilote, on va pas embêter madame plus longtemps, taquina-t-il Darcy en aidant Steve à se réinstaller dans le fauteuil roulant.

Le labo n'est qu'à un étage de l'héliport, alors ils y arrivent vite, et dans le silence des gouttes de pluie qui s'abattent sur les murs de métal du Shatterdome. Les embruns lui fouettent le visage avec envie, lorsque Steve passe sa tête par la fenêtre. La passerelle est fermée, il y a avis de tempête, mais rien que ça, c'est déjà bien suffisant.

.

- Bucky était déjà dans un Jaeger depuis deux ans, précise Steve en se retenant de gratter les fils sur son front.

Il s'était passé un peu plus de trois semaines depuis son réveil, et si son visage avait largement dégonflé, un regard furtif vers le miroir de la salle d'eau lui avait suffi; ces cicatrices-là partiraient facilement, encore une semaine grand max, lui avait-on assuré ce matin, mais le reste resterait sagement niché sous sa peau comme les brûlures imprimées le long de son bras gauche.

- Avec Romanoff, acquiesça Tony avant d'aspirer bruyamment son milkshake à la paille.

Banane-framboise, avec une touche de cannelle.

(Une touche de vomitif, s'était moquée Darcy en le lui apportant, son propre mélange indéfini nageant en nuances de rouges et de bleus dans son gobelet tandis qu'elle repartait vers le labo.)

(Steve était bien plus agréable qu'elle, alors Tony avait déserté son poste pour venir discuter avec lui, cet après-midi. Darcy pouvait aller se faire foutre, avec ses mélanges dignes d'un mauvais film d'horreur.)

- Oui, valide-t-il en hochant la tête, perdu dans ses souvenirs.

Tony n'ose pas en ajouter davantage, les yeux délavés de Steve se voilant soudain; personne ici n'ignore ce qui s'est passé au large de Vladivostok, le conn-pod arraché et Barnes dont le corps n'a pas été retrouvé (l'ont-ils seulement cherché, s'était demandée Hill en le laissant jeter un coup d'œil rapide au rapport vidé de toute information sensible).

- Je vais –

Dans toute son absence, Steve ne parvint qu'à lui offrir un semblant de sourire d'excuse, la peau de son visage pourtant étirée dans une grimace douloureuse qui suffisait à dire que cette journée n'était définitivement pas l'une des bonnes. Se sentant formidablement con d'avoir passé des heures à lui parler de tout et surtout de rien comme une petite merde égoïste venue visiter un vieux souvenir, Tony se leva du pied du lit où il avait pris ses habitudes, ramassa ses affaires, et disparut de la chambre en silence.

C'est normal, tenta-t-il de se convaincre. Ça s'est déjà vu.

Le fait que Steve ne soit pas dans un état semi-catatonique était déjà exceptionnel en soi, unique, lui avait dit Banner, le médecin chef du Shatterdome, l'encourageant à passer, même une heure, même juste une dizaine de minutes, pour retenir Rogers un peu plus dans la réalité et ne pas le laisser disparaître dans les méandres de la dérive, à la recherche de ce qui pouvait bien rester de Barnes.

C'est normal, se répétait-il rageusement en retournant au labo.

.

Pas longtemps après, il fume avec Darcy depuis les hauteurs battues par la pluie du Shatterdome, sur le rond jaune qui délimite la zone d'atterrissage des hélicoptères; ils portent les grands manteaux noirs du PPDC, avec leurs noms cousus dans la doublure et une petite plaque métallique sur le devant, à gauche. Le grand parapluie qu'ils ont emprunté est assez large pour ne pas laisser le vent éteindre leurs cigarettes et empêcher la pluie de leur battre les joues, mais pas davantage.

Darcy et lui sont Officiers. Elle au labo pour tout ce qui est K-Science, et lui pour la J-Tech.

Un truc au-dessus de consultants.

Jane, par contre, est chef de labo. C'est pour ça qu'elle met des talons, lui avait sifflé Darcy un matin où Foster s'était décidée à contester ses calculs et à revoir l'allocation de ressources destiné à l'étude des carcasses de Kaijus.

- Rogers t'as jeté aujourd'hui ? Lui demande soudain Darcy après avoir exhalé une longue vague de fumée plus vraiment blanche.
- Qui ? Fait-il, feignant l'ignorance.
- Pff, Rogers. Qui d'autre ? Tu lui colles aux bask' depuis qu'il est arrivé, siffle-t-elle, comme jalouse. Tu m'étonnes que le type finisse par en avoir marre…
- C'est pas comme ça, tente-t-il faiblement, son coude posé sur son genou replié.
- P't'être, admet-elle en haussant les épaules sous son écharpe bleue, grise et violacée. Juste. Tu crois pas qu'à force de tout voir en mode Jaeger, vous perdez pas un peu la boule ?
- Explique, lui répond Tony un peu plus sèchement qu'il aurait voulu.
- Ça va, fais pas la gueule, se moque-t-elle gentiment en lui ébouriffant les cheveux.
Elle tire sur sa cigarette, et le petit halo rouge progresse encore plus vers sa bouche, hypnotique.

- J'veux dire, souffle-t-elle en même temps que sa fumée, tout ce que tu te dis en voyant un mec bandant passer, c'est est-ce qu'il est compatible pour le drift, est-ce qu'on va pouvoir faire ce putain de pont neuronal ensemble, et franchement je suis désolée pour ta vie sexuelle que ce soit pas le nom d'une position du Kâma-Sûtra version Ranger, Stark, parce que toute cette mécanique ça vous grille la cervelle, exposa-t-elle, moins moqueuse qu'un instant auparavant et les lignes de son visage soudain trop sérieuses.
- … Donc tu trouves Rogers bandant ?
- Pas toi ?

C'est son tour d'hausser les épaules, comme s'il ne savait pas déjà la réponse évidente à cette question.

- Ah, tu vois, lui lance immédiatement Darcy, un sourire satisfait sur les lèvres.
- J'vois rien du tout –
- Si si si, insiste-t-elle en faisant tomber sa cendre dans la mer. Toi comme Steve ou… Ou… Ou Parker et Wade, tiens, vous vous planquez derrière vos Jaegers parce que la dérive c'est la dernière bonne excuse du moment pour pas s'engager dans une relation qui pourrait marcher. Ou juste baiser, ajouta-t-elle nonchalamment.

- Tout le monde n'a pas ta collection de godes Kaijus, Darcy.
- Nan, c'est vrai, admet-elle avec une certaine fierté après avoir franchement éclaté de rire. Mais tout le monde a pas mon double vagin non plus, ajouta-t-elle d'un air entendu, cette vieille blague tenace lui arrachant toujours un sourire forcé.

- T'es dégueulasse, Lewis.
- Et toi t'es qu'une couille molle, Stark.
- Je –

L'alarme retentit si bruyamment que Darcy en lâchât à demi le parapluie qui, par la force puérile d'un vent côtier, vint taper douloureusement contre l'arrière de leurs crânes encapuchonnés.

- Putain, jura-t-il en se relevant précautionneusement, tendant sa main à Darcy qui jeta son mégot encore fumant vers l'océan.
- Merci… Pas de repos pour les braves, on dirait, ricana-t-elle en rejoignant l'autre bout de la plateforme.