En réponse à une review anonyme : Je ne suis pas l'auteur, donc ne crains pas de me vexer ! :p Il est vrai que leur rapprochement est très rapide, cependant, ça reste plus quelque chose de calculé et stratégique plutôt qu'une véritable romance pour le moment.

Ce chapitre a été beaucoup plus long à traduire, mais le prochain est vraiment court, vous devriez l'avoir dès demain dans la journée.

J'aimerais avoir votre avis, vous qui suivez l'histoire sans vous manifester ! :D Ça m'encourage à traduire, vraiment ! Comment trouvez vous ce chapitre? Ça s'accélère, n'est ce pas? Personnellement, j'adore voir leur plan machiavélique se mettre en place. Ils sont brillants, tous les deux.


Chapitre 3 : Le premier rendez-vous


J'ai obtenu le poste. Félicite moi.

Je vais venir te chercher et t'emmener célébrer ça. N'oublie pas ce que j'ai dit à propos des vêtements.

Tu es un imbécile. Je sais comment m'habiller.

. . . . . . . . . .

Apparemment, elle le savait, en effet. Quand il arriva à son appartement, il prit mentalement en note de partir le plus rapidement possible afin qu'il n'ait plus jamais à revenir dans son quartier. Elle était habillée et l'attendait, debout dans ses talons hauts.

- As-tu la moindre idée, lui dit-elle en guise de bienvenue, à quel point il est difficile de marcher sur des pavés avec des talons ? Si je ne me tords pas la cheville, ce sera un sacré miracle.

La robe qu'elle avait dénichée était ajustée et lui allait parfaitement. C'était sombre, subtil et élégant. Le tissu épuré épousait toutes ses courbes à partir du cou, et s'arrêtait en dessous de ses genoux. Elle avait relevé ses cheveux en séries de tresses serrées qui traversaient sa chevelure, comme des serpents qui se réchauffaient au soleil. Il fit un petit geste rotatif avec son doigt et elle tourna devant lui.

- Bien, lâcha-t-il finalement.

C'était un euphémisme. Elle était plus que bien. Elle n'aimait peut-être pas les talons, mais elle savait comme se déplacer avec.

- Tu es sûr de toi ?

Il la fixa avec incrédulité, mais elle était sérieuse.

- Molly porte toujours des habits avec des volants et plusieurs épaisseurs. Elle dit que c'est la plus belle façon de s'habiller, et ma propre mère était plutôt du genre à porter des chandails et des chaussures confortables. Tu es sûr que ça va ? Ron dit toujours...

Il la coupa.

- La seule chose que Ron Weasley sache à propos des femmes, c'est comment trouver la salope la moins coûteuse dans les bars. Fais moi une faveur en n'utilisant jamais son opinion comme guide pour t'habiller, te comporter ou quoi que ce soit d'autre. Et sa mère était -est- une vieille et grosse chauve souris qui a besoin de mettre des épaisseurs pour cacher ce que la naissance de sept mioches trop gâtés en pain et pommes de terre inflige à un corps. Non, je t'assure, tu n'as aucun problème.

Il marcha autour d'elle en l'observant.

- Vraiment aucun.

Revenu face à elle, il mit un doigt sous son menton et souleva légèrement sa tête.

- Que suis-je autorisé à te faire, à propos ?

- Qu'est ce que tu ferais si notre petite comédie romantique était réelle ?

Il recula et la regarda. T'embrasser, pensa-t-il. Te prendre jusqu'à ce que tes cheveux attachés retombent sur ton visage et que tu gémisses mon nom. Soient damnées ces réservations au restaurant. Pas fou, cependant, il dit seulement :

- Je n'aurais sûrement pas à t'inspecter pour être certain que tu sois présentable. Les filles qui portent des chandails et des chaussures confortables ne sont vraiment pas mon genre.

Il lui lança un petit paquet.

- Et je t'aurais donné ça avec un peu plus de mise en scène.

Elle fixa ce qu'elle avait dans les mains.

- Il ne va pas s'ouvrir tout seul, Granger.

- On sort ensemble. Nous devrions sûrement nous appeler par nos prénoms.

Mais elle déchira tout de même le papier autour de la boîte et sortit le présent.

- Je me suis dit que tu n'avais probablement pas d'accessoires sombres qui traînaient chez toi. Hermione.

Elle enfila le bracelet et l'enroula trois fois autour de son poignet. C'était un serpent d'argent aux grands yeux noirs étincelants .

- Ça complète la tenue.

- Merci, c'est vraiment...

Elle fit une pause.

- Reptilien.

Eh bien. Il avait espéré un peu plus d'enthousiasme de sa part. Ce n'était pas tous les jours qu'il offrait à une femme un bijou, surtout d'aussi grande qualité.

- C'est aussi un bijou qui renvoie un symbole traditionnel sans pour autant donner l'impression que je l'ai pris dans la boîte à bijoux de ma grand mère ou, pire, dans une boutique à bas prix destinée à des adolescents sans goût ni argent. Assure-toi qu'il soit visible sur la photo que le journaliste prendra ce soir.

- Je suis désolée, je ne voulais pas que ça sonne... C'est juste que...

Elle bégayait et il était heureux qu'elle se sente mal à l'aise après son vexant petit commentaire "reptilien". Elle était peut-être brillante, elle était peut-être le visage de la nouvelle ère sombre qui approchait, mais il pouvait encore la déstabiliser.

- Rappelle-toi, tu es une sorcière noire qui prévoit de recruter d'autres sorcières encore plus sombres en les persuadant que tu es une sang-pure, afin que tu puisses obtenir des alliés et fomenter un coup d'état. J'ai élaboré une soirée complexe avec un dîner et une rencontre accidentelle avec un journaliste pour que nous puissions faire la une des potins romantiques et que les gens se demandent : " Pourquoi un petit con de sang-pur aurait-il dîné avec une sang de bourbe ? ". Essaie de suivre.

La raillerie transparaissait dans chacun de ses mots.

- Ne force pas trop ta chance, Malfoy.

- Draco.

- Quoi ?

- Les prénoms, souviens-toi.

Elle reposa délicatement la boîte vide sur la table.

- Je suppose que je devrais me sentir honorée d'avoir été choisie par toi pour recevoir un bijou aussi superbe. Merci pour cet aimable présent. Je m'assurerai que les bonnes personnes le voient.

Elle esquissa une fausse révérence, quelque peu entravée par la coupe de la robe, et il lui sourit froidement. Si son sang commençait à s'affoler, il n'en fit rien paraître et la regardait simplement alors qu'elle continuait à parler.

- Je me suis habillée de la façon dont tu me l'avais demandé, de même pour ces chaussures de malheur. Je porte ton bracelet. Partons immédiatement pour notre petite mascarade avant que tu ne me fasses perdre mon sang froid.

Elle s'arrêta un instant.

- Parle moi de ce journaliste. Comment as-tu fait ?

- Ça repose plus sur la chance que sur un plan soigneusement préparé, je dois l'admettre. Après le dîner, j'avais pensé t'emmener marcher dans la rue pour aller chercher une glace quelconque. Il y a une séance de dédicace ce soir, et tes meilleurs amis seront là bas, ce qui signifie que la presse le sera également. Faire en sorte que notre petite romance soit remarquée sera vraiment facile. Avec un peu de chance, l'un d'eux me frappera et tu pourras te précipiter au dessus de moi en ayant l'air inquiète et sensible à ma douleur.

- Les faire apparaître comme violents et irrationnels ?

- Ça pose un problème ?

Elle renifla.

- Il sera assez évident de faire croire à l'un des deux que tu t'introduis dans notre trio d'or. Faire en sorte que Ron réagisse de manière excessive ne sera pas difficile. Je suis certaine que l'idée que je sorte avec toi va court-circuiter le peu de pensées rationnelles qu'il lui reste après ces dernières années d'adulation frénétique.

Il ouvrit la bouche pour parler mais elle le coupa.

- Non, je ne parlerai pas de ça, alors ne me pose pas la question.

Il ne pouvait pas s'empêcher de se demander ce qui avait causé la rupture de leur amitié. Il avait enduré leur groupe ridicule pendant des années, s'était moqué d'eux sans relâche, les avait détestés. Tout le monde avait été au courant de son coup de foudre pour cet imbécile de rouquin. Même une guerre n'avait pas réussi à les séparer, mais quelque chose par la suite l'avait fait, et assez cruellement pour qu'elle soit toujours furieuse. Peut-être que que Weasley les aimait stupides et bonnes à rien. Son malheur a fait mon bonheur, se dit Draco en son for-intérieur. Notre bonheur, se corrigea-t-il aussitôt, le bonheur de notre camp. Le bras tendu, il dit simplement :

- Ma Dame est-elle prête à aller dîner ?

- Ne m'appelle pas comme ça en public.

Elle prit son bras et se coula à ses côtés. Le jeu avait commencé.

- Ne m'accuse jamais d'être si manifeste, Hermione. Ça me blesse.

. . . . . . . . . .

Le dîner était plaisant, bien qu'ordinaire. Il avait choisi un restaurant où personne ne s'opposerait à la présence d'une sang de bourbe, même sans l'exprimer à voix haute, mais où sa présence à ses côtés serait remarquée et répandrait les premiers ragots. Le choix avait été difficile, et il était heureux d'avoir choisi le lieu lui même.

- Félicitations, lui dit-il en lui portant un toast, pour ton brillant nouveau travail. Je suis certain que tu es l'assistante adjointe à la traduction des runes la plus sur-qualifiée qu'ils aient jamais eu.

- Je vais m'efforcer de ne pas m'endormir au travail. Honnêtement, dit-elle en sirotant son verre, les gens ont l'air de croire que la traduction des runes anciennes est difficile. Tu devrais les entendre se lamenter. Quels idiots paresseux. Mais j'ai trouvé quelques trucs intéressants cachés dans les archives du Ministère qui n'avaient pas vu la lumière du jour depuis des siècles. Je vais commencer à faire l'inventaire des choses que nous pourrions trouver utiles.

Il roula des yeux.

- N'arrêtes-tu jamais d'être une insupportable miss-je-sais-tout ?

- J'ai entendu dire que non.

. . . . . . . . . .

Draco devait bien l'admettre, Hermine était effroyablement douée à être de bonne compagnie. Elle se tenait à ses côtés, semblait trouver ses anecdotes amusantes, faisait écho à ses opinions tout en étant suffisamment habile pour ne pas que cela sonne comme une redite irréfléchie. Ses yeux sombres brillaient à la lumière des chandeliers, encadrés par de longs cils, un sourire envoûtant aux lèvres. Il était aisé d'oublier qu'elle feignait d'être enchantée, aisé se contenter d'admirer la femme magnifique qui riait à ses paroles et dessinait autour d'eux une bulle qui faisait des envieux parmi les autres hommes.

Quand il poussa la porte, projetant leurs jeunes corps dans la rue, des regards conciliants et indulgents les suivirent. Qui pouvait résister à la joie qu'ils répandaient autour d'eux, la joie de deux jeunes amants charmés par la présence de l'autre ? Si quelques femmes plus âgées la regardèrent avec une interrogation dans le regard, si quelques hommes plus vieux remarquèrent qui ils étaient et haussèrent un sourcil, eh bien, cela signifiait que le jeu commençait. Regarde-moi, pensa-t-il, regarde moi et demande-toi si tu penses vraiment que je serais ici avec cette femme si son statut de sang était ce que tu pensais qu'il est. Le fils de Lucius Malfoy aurait-il offert son bras à une sang de bourbe ? Aurait-il pris une fleur dans un magasin et l'aurait-il glissée derrière son oreille avec une révérence souriante ? Jamais, pour rien au monde.

Sauf que, bien évidemment, il faisait réellement toutes ces choses inimaginables. Les conspirations donnaient de bien étranges amants, en effet.

Arrivés devant la vitrine de la librairie, il la fit s'arrêter, et ils se campèrent tous deux à la lumière d'un réverbère.

Elle tournoya, les bras tendus, regardant la lumière, et, quand elle fut sur le point de trébucher sur les pavés, il la rattrapa.

- Je te tiens !, s'écria-t-il, et elle rit, laissant le son résonner dans la rue, dans le but d'attirer non pas les sourires des vieux couples qui passaient près d'eux, mais également un photographe qui faisait une pause cigarette à l'extérieur du magasin où se tenait la séance de signatures.

L'homme reconnu les cheveux blonds caractéristiques qui brillaient à la lumière du lampadaire, et sortit nonchalamment son appareil photo, au cas où cela pourrait le tirer de son ennuyeuse mission dans la librairie et ajouter un bonus juteux dans les pages mondaines.

Draco se pencha et souffla à l'oreille de son rencard :

- Je crois que j'aime quand tu es ma petite-amie passionnée.

Il frotta son nez contre le sien et, riant, effleura ses lèvres. Elle fondit en lui et rejeta la tête en arrière, le regardant dans les yeux, et il put soudain la sentir flotter à la limite de sa conscience. Il se figea lorsqu'elle entra dans sa tête et hésita à aller plus loin. C'était comme si elle se tenait juste dans l'encadrement de la porte : elle n'était pas encore entrée parmi ses pensées.

- Tu es sûr ? Vraiment ?, murmura-t-elle, un doux et innocent sourire aux lèvres alors qu'il fermait les paupières.

Il se sentait presque malade de peur, le souvenir de couteaux se frayant un chemin dans son esprit s'emparant de lui. Il la regarda à nouveau.

- Ça ne fait pas mal, constata-t-il sans pouvoir empêcher les mots de sortir de sa bouche.

- Je ne suis pas ta tante.

Sa voix était basse, presque un murmure. Elle semblait dédaigneuse, amusée, et peut-être un peu blessée, alors que le souvenir de la cicatrice gravée dans son bras lui traversait l'esprit.

- Non... Hermione, souffla-t-il en se penchant vers elle et en prenant délicatement sa tête entre ses mains.

Elle n'essaya pas d'aller plus loin à l'intérieur de ses pensées.

- Essaye de garder en mémoire que tu m'appartiens, et pas l'inverse, murmura-t-elle seulement alors qu'ils partageaient un autre baiser public.

Leur amour feint était une représentation très au point. Je vais me noyer en elle, se dit-il sans parvenir à décider si son immersion volontaire était une mauvaise chose. C'est à ce moment que le journaliste prit sa première photo. Plus tard, en y repensant, Draco aurait aimé qu'ils réussissent à faire la première page avec cette image mais, compte tenu de ce qui arriva ensuite, cela n'arriverait jamais. Cependant, cette photo resta pendant plusieurs années sa favorite d'eux deux ; Hermione se courbant vers lui, le regardant avec l'expression non seulement d'une femme amoureuse, mais aussi détendue, en sécurité comme si elle venait de rentrer chez elle. A la voir ainsi serrée contre lui, le regardant en souriant, personne n'aurait jamais cru que leur couple n'était pas supposé être. Personne excepté lui ne pouvait deviner qu'il était envahi par un douloureux mélange de désir et de peur plutôt que par l'amour. Ce serait cette photo, imprimée en petit format, qu'il découperait dans le journal et conserverait dissimulée à la fin d'un livre.

- Hermione ?

Ron venait de sortir de la boutique, le crayon des dédicaces toujours dans sa main. Il les avait aperçus, habilement placés dans la lumière.

- Ron ?

Hermione semblait nerveuse et mal à l'aise alors qu'elle s'avançait vers son vieil ami.

- Qu'est ce que tu fais ici ? Qu'est ce que tu fais avec lui ?

Ron était furieux, comme prévu.

- Le chien vient dans la mangeoire, évidemment, glissa Draco pendant qu'Hermione murmurait, confuse :

- Je... J'ai un rencard, Ron.

- Avec Draco Malfoy ?

Le mépris qui suintait de sa voix puissante attira la foule de la boutique et celle de la rue. Hermione se plaça, hésitante, entre les deux hommes, un de ses talons accroché au bord d'un pavé particulièrement inégal. Draco aperçu Théodore Nott dans la foule qui le fixait en haussant un sourcil, et le vit articuler un « Nous avons besoin de parler ». Il acquiesça.

- Eh bien … Oui, lâcha-t-elle d'une voix plaintive, comme un chaton abandonné que personne ne voulait chez lui. Tu m'a abandonnée, Ron. Il m'a fallut du temps, mais à présent je suis heureuse à nouveau. Draco prend soin de moi. Il me fait me sentir désirée.

Elle gesticulait faiblement, agitant le bracelet devant le photographe dont les yeux s'agrandirent quand il eut la confirmation certaine de leurs identités. Il prenait photographie sur photographie. Draco se demanda un instant si l'homme serait intéressé par un scoop sur cette romance naissante, et se promit de vérifier la signature le lendemain.

- Tu es une née-moldue, Hermione. Draco Malfoy ne te considérera jamais comme autre chose qu'un déchet, grinça Ron. Ne crois pas tout ce qu'il peut te raconter. C'est lui qui t'a donné ça ?

Il désigna le bracelet argenté.

- Avec ça, il te paye pratiquement pour tes services. Tu es quoi, sa putain sang de bourbe ?

C'est à ce moment qu'il la poussa violemment. Elle tomba en arrière, le talon qu'elle avait coincé dans le pavé la faisant trébucher, et Draco se précipita pour la rattraper.

Harry surgit du magasin et agrippa Ron.

- Qu'est ce qui ne va pas chez toi, bordel ?, lui lança-t-il au moment où Hermione poussa un cri de douleur.

- Ma cheville, haleta-t-elle.

Draco la fit immédiatement s'asseoir sur le sol et il s'agenouilla à ses côtés. Il lui retira tendrement sa chaussure et ausculta l'état de sa cheville.

- Ça fait mal, sanglota-t-elle en s'effondrant sur sa poitrine, tremblante, cherchant l'abri de ses bras.

Ce fut l'image qui fit la première page ; Hermione pleurant sur les pavés, Ron au dessus d'elle avec Harry qui tentait de le retenir.

" Le héros de guerre agresse sa petite-amie. "

. . . . . . . . . .

- Tu as été BRILLANT ! , s'exclama-t-elle dès que la porte de son appartement se referma sur eux.

Il la reposa à terre délicatement et elle fit une rotation complète sur elle-même en s'appuyant sur sa cheville prétendument foulée.

- Le dîner était charmant, mais cette scène ! Draco, tu es un maître absolu de la propagande. Je n'arrive pas à croire qu'il ait été assez stupide pour me pousser vraiment. Enfin, je l'espérais bien sûr, mais je pensais que j'allais devoir me faire tomber moi même.

Elle se jeta avec jubilation sur le divan en riant.

- Laisse moi un peu jouer le rôle de la Dame bienveillante qui donne des récompenses. Que désires-tu, mon chevalier le plus fidèle ? Essaye de choisir quelque chose que je peux réellement t'offrir à ce stade de notre conspiration balbutiante.

- J'apprécie le compliment et l'offre de récompense, mais j'aimerais juste clarifier quelque chose, dit-il en la regardant. Je sais que tu veux à terme détruire Ron Weasley …

- Eh bien, « détruire » sonne un peu brutal, l'interrompit-elle, toujours joyeuse, en libérant ses cheveux du chignon et ses pieds de ses chaussures, qu'elle envoya valdinguer.

- … Que suis-je autorisé à faire concernant Potter ?

Le silence dura longtemps. Finalement, elle s'assit, plus tellement détendue, et lâcha fermement d'une voix contrôlée :

- Je ne sais pas.

- Je le hais, Granger.

- Et il a été mon meilleur ami pendant des années. Nous avons survécu ensemble. Tu n'as aucune idée du temps que nous avons passés, seuls, à la recherche de … Il n'a jamais... Juste... Laisse le tranquille.

Il n'était pas d'accord, et ne le serait jamais. Ils attendirent donc dans un silence tendu, elle sur le divan et lui se tenant toujours dans l'entrée.

- Si tu le touches sans ma permission, je te tuerai, dit-elle finalement. Est ce que tu comprends ce que je dis ?

- Parfaitement, ma Dame.

Sa voix était plus basse, plus froide qu'elle ne l'avait jamais entendue.

- Tu penses que tu peux laisser les sentiments te lier les mains. Tu ne peux pas. Mais nous ne sommes pas pressés. J'attends avec impatience le jour où tu me donneras l'autorisation de blesser ce petit moralisateur, suffisant, arrogant et imbus de lui même …

- Assez, le coupa-t-elle. Je n'ai pas besoin d'une récitation de synonymes, merci. Ton opinion a été notée.

Salope, pensa-t-il.

- Bien. Je vais prendre ma récompense, dans ce cas.

Hermione sourcilla face à ce changement rapide d'attitude, mais haussa finalement les épaules en commençant à masser la plante de son pied.

- Et as-tu décidé ce que tu voulais ?

Il lui sourit, d'un petit sourire narquois.

- Un baiser.

- Mais... Tu m'a déjà embrassée. Pourquoi t'escroquer toi-même en choisissant une récompense que tu as déjà eue, à plusieurs reprises ?

Elle avait la même nuance dans la voix qu'au début de la soirée, quand il avait complimenté son apparence : incertaine et déconcertée.

- Toute la soirée a été remplie de pantomimes romantiques, les uns à la suite des autres.

Elle secoua la tête et s'enfonça plus loin sur la banquette de façon à s'éloigner subtilement de lui.

- Choisis autre chose, ne...

Il l'interrompit d'une voix grave.

- Vais-je recevoir ma récompense pour avoir satisfait la Dame des Ténèbres, oui ou non ? C'est ce que je veux. C'est la seule chose que je veux. Et, ma chère, je n'ai aucunement l'intention de « m'escroquer moi-même », comme tu l'as si joliment exprimé.

Hermione avait réussi à s'enfoncer encore plus profondément dans le rembourrage du canapé et il se moqua d'elle.

- Ce n'est pas une romance, dit-il en s'approchant plus près d'elle, ce n'est pas de l'amour. Je vais agir en tant que tel dans la rue ou au restaurant. En public, mon cœur est exposé, et demain le monde entier va ouvrir ce journal et découvrir que nous sommes follement amoureux l'un de l'autre, et personne ne l'entendra différemment. Mais c'est un mensonge, nous le savons tous les deux. Mais je te veux quand même. Je te veux, Hermione. Après une nuit à te voir simuler, à voir tous ces regards posés sur toi, je veux te sentir m'embrasser vraiment, et il ne m'importe pas particulièrement que tu m'apprécies ou pas.

Il s'accroupit devant elle et lui releva le menton d'un doigt.

- Tu m'a proposé une récompense pour les services rendus, et c'est ce que je demande.

- Ce n'est pas raisonnable.

- Si tu veux vraiment être raisonnable, ne consulte pas un homme qui te méprise depuis l'enfance pour t'aider à renverser un gouvernement. Alors ? As-tu prévu de m'embrasser ou reviens-tu sur ta parole ?

Elle s'avança légèrement vers lui, méfiante mais jouant le jeu avec honneur. Ma foi, pensa-t-il, le temps la débarrassera de ça.

- Pas de simulation, lui lança-t-il. Rien qui ne soit pas réel, tu comprends ?

Il encadra son visage de ses mains, et commença à l'embrasser le long de sa mâchoire, en petites touches palpitantes qui avaient séduit bon nombre de femmes. Il se rapprocha de la limite de sa bouche, embrassant une commissure, puis l'autre, avant de finalement presser ses lèvres contre les siennes. Il les explora lentement, se retirant afin de promener sa langue sur elles et mordre sa lèvre inférieure.

Enfin, elle poussa un soupir et ouvrit la bouche, qu'il commença à explorer tranquillement. Elle n'était pas entièrement inexpérimentée, mais elle était néanmoins hésitante, et elle enroula ses bras autour de lui afin de le rapprocher d'elle. Sans arrêter de l'embrasser – il commençait à penser qu'il n'allait pas réussir à interrompre ce baiser – il commença à défaire ses tresses, libérant ainsi sa chevelure afin qu'il puisse y promener les mains et emmêler ces boucles parfaites. Ses mains se perdaient dans l'épaisseur de ses cheveux – comment avait-il pu seulement penser que cette chevelure était autre chose que superbe – et il s'arracha soudain à sa bouche, commençant à embrasser son cou et à y promener ses dents, laissant derrière lui un alignement de petites morsures jusqu'à son épaule.

Ce fut elle qui le ramena finalement à sa bouche. Elle le dévorait à présent avec appétit, et quand il s'écarta d'elle, elle était complètement échevelée, les lèvres gonflées et la bouche ouverte et haletante.

Il murmura d'une voix rauque :

- Une excellente récompense, ma Dame.

Puis, après une révérence courtoise et élaborée, il se détourna pour partir. Elle le stoppa alors qu'il posait sa main sur la porte.

- Draco.

Sa voix était chaude et tranquille comme une brise d'automne. S'il ne l'avait pas vue, sentie s'agripper à lui, il n'aurait jamais deviné à quel point il l'avait décoiffée.

- Je te remercie pour le bracelet. Je pense qu'il convient parfaitement.