Disclaimer : Tous les personnages de JKR sont co-pirates.
REPONSES AUX REVIEWS
Mademoiselle Poucie : Voilà les pensées de Rogue. Zeus que j'ai pein pour les écrire ! En fait je peine pour l'ensemble de cette fic car j'essaie d'attraper les personnages autrement... C'est Desproges (un Rogue à sa manière, donc un homme que j'admire) qui disait dans une de ses chroniques que seul un véritable ami pouvait vous décevoir... Je sais que t'aimes moins Harry, mais là avoue que je peux pas faire sans lui ! J'aimerais bien en dire des tonnes mais je préfère me taire pour ne pas risquer de brûler toutes mes cartouches. Place au Maître des Potions...
Mina Black : Houlala dans quoi me suis-je embarquée ? Voilà les rogophiles qui me surveillent de près ! Si ça te rassure, l'étant moi-même (et une acharnée de la pire espèce), j'ai pesé chaque mot avant de les écrire. En même temps, je lui ai fait dire ce que je voulais qu'il dise...
Csame : Ben quoi ? T'as jamais vu des grands yeux ronds qui haussent les épaules ? Je passerai sur cette petite mesquinerie (pire que la mesquinerie tout court) ! Il semble que cette fic soit assez sombre effectivement, on a vu plus hilarant. En ce qui concerne l'abnégation de Rogue... Je ne dirai rien. Juste préciser que je sors volontairement de la réalité officielle de Rowling. Je me construis... une réalité fantasmatique ! Bonne lecture et sortez votre stylo rouge très cher.
« La vérité d'un homme, c'est d'abord ce qu'il cache. »
André Malraux
Chapitre 3 : In cauda venenum
[ Dans l'antre du Seigneur des Ténèbres]
Tu pourrais au moins faire semblant Malefoy. Il faut d'abord tuer le mort avant de le mettre en terre. Sans doute t'imagines-tu déjà la tête ornée de la couronne du Maître. Tu risques d'aller de désillusion en désillusion, mon cher ami. Si tu savais tout ce que je sais...
Oui. Tu es riche. Tu es influent. Et certains pourraient même te croire intelligent et rusé... S'il n'y avait pas tous ces cuisants échecs, à commencer par la piètre démonstration de tes pâles talents avec le journal de Tom Jedusor... Un plan diabolique déjoué par un gamin de douze ans. Pettigrow est plus habile que toi... C'est ton problème Lucius, malgré tes airs d'aristocrate distingué, tu manques singulièrement de délicatesse et de finesse. Tu es trop voyant. Trop sûr de toi. Trop confiant. Oh certes, tu peux rire de ma condition de Maître des Potions, de petit professeur au Collège Poudlard. Métier dégradant, sempiternelle ritournelle qui consiste à gaver les cochons de confiture de rose avec une petite cuillère d'argent. Tu peux aussi te moquer de mon statut d'espion du bébé Potter et du sénile Dumbledore. Je ne parade pas dans la cour des grands, faisant manger les ministres dans ma main. Tu peux rire Lucius car je ne t'envie rien. Crois-tu vraiment que tes amis hauts-placés soient dupes de ton manège ? Ils finiront toujours par se tourner vers Dumbledore quand le chaudron prendra feu... Mais moi, petit veracrasse, je suis indispensable à ceux que je sers. Le directeur de Poudlard me considère comme son fils, le Seigneur des Ténèbres a trop besoin de moi pour m'écarter de l'échiquier. Tu tomberas avant moi, Malefoy. Et tu ne monteras pas sur le trône. Tu tomberas avant moi, et tu tomberas de haut. Si tu savais tout ce que je sais...
Tu peux sortir la tête haute, drapé de la dignité nonchalante des Malefoy... Les Malefoy, parlons-en justement. Sans doute crois-tu avoir réussi l'éducation de ton clone... Il s'en est fallu de peu en effet, pour que tous les espoirs que tu as mis dans ta chose aboutissent. Elevé dans le culte du Nom, du sang, de l'image et du pouvoir. Où as-tu échoué Lucius ? Où donc la belle mécanique s'est-elle enraillée ? Là où tout achoppe toujours, justement. Potter. Et oui, encore lui. Tu ne comprendrais pas je suis sûr. Moi-même j'ai eu du mal à percevoir le changement qui s'opérait peu à peu chez ton fils.
Je te rassure, le fond de ton idéologie est bien ancré au cœur de ta progéniture. Et il hait Potter de toute son âme, de toute la force de son être. Mais il ne le hait pas parce qu'il est Potter le sauveur des moldus et des sang-de-bourbe, non, il le hait parce que ton fils n'est pas lui, parce qu'il le jalouse, l'envie. Parce qu'il est aimé, respecté, tout en étant martyr, parce qu'il est brave, parce qu'il est fort. Parce qu'il est tout ce dont il a toujours rêvé, le rêve absolu du Serpentard. La réussite, la puissance, la célébrité. Et tu veux savoir ce que je pense Lucius ? Ton fils ne sera pas mangemort. Ton fils ralliera l'Ordre. Parce que Potter le fascine. Et sa fascination dépasse sa haine. Pire qu'une drogue, il ne vit que pour l'objet qui l'obsède. Il ne peut perdre Potter, il a besoin de lui pour se dépasser lui-même. Il est devenu un idéal à atteindre, à surpasser. Te rends-tu compte Lucius du ridicule de la situation ? De l'amour à la haine le pas est vite franchi, Drago est passé de la haine à la fascination.
Pouvait-il en être autrement ? Malgré mon profond dégoût pour Potter, j'en arrive à comprendre ton fils. Car pour un jeune esprit encore malléable, quel destin étrange que celui de ce gamin qui se refuse de mourir, qui résiste inlassablement au Maître. Ce garçon est un paradoxe Lucius. Il est unique. A ses côtés le Maître n'est rien. Il est plus glorieux de mourir pour Potter.
Cela tu le sais. Le Maître n'est rien. Plus rien.
Son regard de feu se pose sur moi, me fouille. J'ignore ce qui vous arrive Seigneur, mais j'observe votre déclin depuis un petit moment. Cela m'intrigue. Vous semblez plus... humain. Vous souffrez. Pourquoi ? Vous ressentez... vous ressentez des émotions. La haine n'est plus votre seule maîtresse. Je ne me l'explique pas. Dumbledore ? Je crois que je vais devoir lui en parler...
[ Dans un cachot humide et glacial dans les profondeurs de Poudlard, le Maître des Potions nourrit ses cochons ]
Le voilà encore perdu dans ses pensées... Ou plutôt celles du Maître. C'est plus fort que lui, l'impertinent Potter ne peut s'empêcher de fouiner... Si cet enfant a un don, c'est sans nul doute celui de toujours aller là où il ne devrait pas être. Et inversement de n'être jamais là où on l'attend. Présentement, au cours de Potions. Mon cours. Tu attends sans doute une de ces remarques cinglantes dont moi seul détiens le secret... Tu peux toujours attendre, je ne te ferai pas cette joie de répondre à tes puériles provocations. Car ce ne peut être que cela, une vulgaire bravade, pour rater de cette façon une potion aussi élémentaire. Non, je ne dirai rien Potter. Je ne te vois pas.
Je t'ai trop vu. Et tu ne peux imaginer à quel point mes yeux ne supportent plus de t'avoir face à moi. Un sacerdoce. Cela t'étonnerait d'apprendre que je ne hais qu'un tout petit nombre de personnes. On peut les compter sur les doigts d'une seule main. Les autres, je les méprise, ils n'existent pas... Mais toi, je te fais l'insigne honneur, le seul que je puisse te faire, de te compter parmi ma liste noire. Ton père m'insupportait Potter, mais sans doute pas autant que d'aucun aime à le raconter. Le revoir si prégnant en toi, ses petites manies, ses airs supérieurs, son sentiment d'impunité... Je l'avoue, cela m'a quelque peu... agacé. Mais ce que je déteste profondément en toi, Potter, ce n'est pas ton père. C'est toi. Toi, le prodigieux Potter et ses petits pouvoirs. Mais tu n'es rien Potter, tu n'as jamais rien fait. Tout ce que tu as réussi dans ta pauvre vie minable, tu le dois à la chance, 'chance insolente' comme l'a dit une fois cette chère Minerva. Et à ta mère, au sang de ta mère qui te protège de tes folies. Sans elle tu serais mort depuis longtemps. Tu vois, tu n'es rien Potter. Potter le pacificateur, élu d'une prophétie. Qui s'accomplit sans toi. Le destin aussi te tourne le dos, il t'a jugé inutile finalement. Voldemort se meurt. Sans toi.
Et je vais bientôt être libéré de cette mascarade à laquelle je me plie depuis trop longtemps.
