- Mais vous ne savez pas quand il se réveillera ?
Ginny accompagnait Luna voir Théo, et posait les questions habituelles à un des médicomage qui venait changer la perfusion du brun. Il secoua la tête avant de répondre d'un ton plat.
- On pense que son coma ne sera pas très long, mais la médecine n'est jamais certaine pour ces choses là. Normalement, les comas causés par des Doloris ne durent jamais très longtemps, mais encore une fois, cela dépend de la personne qui les a reçus.
La jeune rousse tourna la tête vers Luna, qui était assise auprès de Théo et lui caressait les cheveux d'un geste mou. Elle ouvrit la bouche, la referma, et se décida finalement à parler.
- Ils sont sensés se marier dans trois mois..
- Ne t'inquiète pas, Gin'. Cette pièce est pleine d'ondes positives, sourit Luna. Je suis certaine qu'il se réveillera à temps pour m'épouser.
Même si Ginny pensait que Luna était peut être un peu trop optimiste, elle lui sourit amicalement, puis lui pressa l'épaule avant de sortir de la pièce.
- QUOI ?
Hermione se tenait debout dans le bureau d'Harry, les main crispées sur le dossier du fauteuil devant elle. Elle fulminait.
- Hermione.. Tu ne pourras pas résoudre l'affaire seule, et tout le monde est déjà occupé autre part. Il rentre tout juste de sa semaine de vacances, et il n'a pas encore eu d'enquête. Il sera aussi compétent que Théo, tu le sais très bien.
Harry venait de parler avec sa voix de écoutez-moi-très-attentivement-je-suis-votre-directeur, ce que la jeune femme détestait. Elle serra les dents, pris une profonde inspiration, et ouvrit la bouche.
- Harry. Tu ne peux pas me mettre en équipe avec lui, siffla-t-elle. Tu le fait exprès ? Tu sais très bien qu'on va s'entre tuer !
- Pour une fois, j'approuve Granger, déclara Drago qui venait de rentrer dans le bureau. Ne me donne pas une occasion de la tuer Harry, tu sais très bien que je la saisirais.
- ASSEZ! rugit le jeune brun. Vous travaillez ensemble, un point c'est tout !
Hermione ouvrit la bouche, stupéfiée, un air outré sur le visage. Elle jeta un regard furieux à l'Élu, tourna les talons, et sortit le plus dignement possible, prenant bien soin de claquer la porte derrière elle.
Assise à son bureau, le menton dans la main, Hermione était pensive. La frustration et la déception se mélangeait toujours plus en elle. La boule au ventre à l'idée de travailler à Malefoy, elle poussa un profond soupir.
Décidément, tout allait de travers.
Elle releva la tête, pose un regard sur son horloge et vit qu'il était déjà 11h50. Elle posa sa tête dans le creux de son coude, essayant de penser à autre chose que ce blond délavé, lorsque la porte s'ouvrit.
- On ne t'as jamais appris à frapper aux portes ? Moi qui pensait que les Malefoy avait l'éducation dans le sang..
Drago lança un regard noir sur son ennemie, puis ouvrit la bouche.
- C'est mon bureau le temps que Théo revienne, j'y rentre comme je veux, déclara-t'il avec la voix la plus calme qu'il avait en secours lorsqu'il était face à l'ancienne gryffondor, ce qui n'était pas glorieux..
- Pardon ?, fit Hermione, la voix frémissante de colère.
- Ça ne m'enchante pas plus que toi, mais Harry veut que l'affaire se résolve le plus vite possible. Fais avec.
Hermione lui décocha un regard noir au possible.
- Et toi tu vas devoir faire sans. Ce bureau est celui de Théo, personne ne s'y assiéra avant qu'il ne revienne. Compris ?
La jeune femme avait parler calmement, et Drago s'apprêtait à lui sortir une réplique cinglante quand un immense hiboux noir frappa à la fenêtre.
Drago regarda la jeune femme poser un regard triste sur l'animal, se lever lentement, ouvrir la fenêtre d'une main tremblante, et laisser entrer le hiboux en soupirant.
- Salut Joker.., murmura-t'elle.
Elle attrapa le parchemin et décrocha le minuscule bouquet de roses rouges qui l'accompagnait.
"Accepte ce ridicule bouquet de fleurs pour pardonner mes mots..
Je t'aimerais toujours,
Ton Julien, ton amour."
Elle essuya rageusement la larme qui avait coulé sur sa joue droite.
Comme d'habitude.
Comme tout les jours.
Comme toutes les fois.
Elle remplaça le bouquet de la veille, qui avait la même taille, par celui du jour, et déposa calmement le bout de parchemin à côté. Elle attrapa son sac, marcha jusqu'à la porte, et se tourna vers Drago en posant la main sur la poignée.
- Je sais que je n'arriverais pas à faire changer d'avis Harry, alors soit. Tu travailles ici. Mais tu n'es pas chez toi, et si je te surprend à regarder dans mes affaires, je te castre.
Puis elle descendit déjeuner.
Drago, qui avait suivi tous ses gestes depuis que le hiboux avait frapper du bec à la fenêtre, vérifia qu'elle était bien descendu, et fit le tour de son nouveau bureau pour s'arrêter devant celui d'Hermione.
En passant devant la poubelle, il remarqua une demi-douzaine de bouquet semblables à celui que la jeune femme venait de recevoir. Le plus vieux devait dater d'environ une semaine. Il prit rapidement le parchemin, lut les quelques mots, le reposa.
- Drôle de façon de montrer son amour.., ricana-t'il.
Il secoua la tête, remis le parchemin bien en place, tenant à ses parties génitales, et pris la suite d'Hermione pour rejoindre ses collègues à la cafétéria.
Le soir, étant un vendredi, il était prévu que la bande d'amis-collègues se retrouvent dans un bar qu'ils avaient découvert un soir par hasard, sur le chemin de Traverse, mais dans un renfoncement: Les Copains d'abord.
Au départ, le nom un peu vieux-jeu n'avait pas réellement séduit les amis, mais ils avaient été surpris en entrant: Il s'agissait en fait d'un bar pour tout public jusqu'à 22h, puis uniquement pour les personnes majeures jusqu'à 4h du matin, où tout le monde dansait jusqu'à la denrière minute .
C'était plus ou moins devenu leur repère depuis qu'ils l'avaient découvert.
Mais l'esprit n'était pas à la fête ce soir là. Il était 20h. Assis autour de la table, Harry, Ron, Hermione, Luna, Ginny, et Neville attendaient les derniers. Harry essaya comme il pouvait de meubler le silence qui régnait depuis qu'il étaient arrivés.
- Alors, Ron, des nouvelles à la boutique ?, s'enquit-il.
- Pas vraiment.., répondit Ron. Les affaires marchent vraiment très bien, mais George n'a pas fait de nouveaux projets depuis des mois..
- Ah oui ? Il retombe en dépression ?, se risqua Hermione, un air triste sur le visage.
Ron ricana, tapota des doigts sur la table, et reprit la parole.
- Oh non, je ne pense pas.. A moins que sa dépression soit grande, brune, ai de jolis yeux verts et s'appelle Karen, je ne pense pas..
Ils éclatèrent tous de rire, faisant ainsi retomber l'atmosphère lourde qui s'était installée. Il rirent jusqu'à en avoir les larmes aux yeux, puis relevèrent les yeux lorsqu'une masse s'assit lourdement sur la chaise à côté d'Hermione.
- Ben alors Parkinson, ou est passé ta classe naturelle ?
- Tu peux parler Weasmoche, je me tiens que lorsque le public en vaut la peine. Hermione, j'ai besoin de parler, supplia la brune en regardant son amie tristement. Et de boire. Oui, surtout de boire.
Hermione s'empressa s'attraper le verre que Pansy avait déjà dans la main, le reposa sur la table, et sortit à toute vitesse:
- Pansy, tu boiras après. Tu fais tout le temps ça et à chaque fois je ne suis au courant que le lendemain matin parce que tu ne te souviens même plus que j'existe!
Un ricanement suivi les paroles de la jeune femme, l'obligeant a relever la tête et à croiser, on s'en doute, deux yeux aciers. Ils commencèrent alors un défi du regard, que Pansy stoppa en faisant tourner la tête d'Hermione d'une main.
- Je t'en prie Hermione, reste un peu plus longtemps ce soir, j'ai vraiment besoin de passer une soirée entre amis, à boire, à danser, et à m'amuser.
- Tu sais bien que c'est impossible.., sourit gentiment Hermione, désolée de refuser ça à son amie. Mais il y a Ginny et Luna, je suis sûre qu'elles sont motivées !
Pansy hocha la tête mollement, portant un regard plein d'espoir sur les deux désignées. Si Ginny acquiesça vivement avec un grand sourire, Luna secoua la tête en rassemblant ses affaires.
- Désolée les amis, mais je préfère rentrer. Je dois encore corriger un article sur les Nargoles pour l'édition de demain. Et puis, je n'ai pas le coeur à faire la fête.
La blonde embrassa la bande, pressa l'épaule de Pansy et sortit d'un pas léger, qui ne laissait deviner en rien sa tristesse. Hermione se préparait à faire de même quand Harry la forca à se rassoir. Elle soupira.
- Harry..
- Hermione. Tu restes. Tu fais la fête. Ca fait combien de temps que tu n'est pas resté jusqu'à la fermeture, ou même après 21h ?
- Je..
Hermione réfléchit. Rapidement, puisqu'elle le savait déjà.
- 6 mois Hermione., declara Ginny d'une voix réprobatrice.
- Appelle Julien, dit-lui que tu dors à la maison ce soir., ordonna à moitié Harry. Albus dort chez un copain d'école, alors tu pourras dormir dans sa chambre. Tu ne trouveras pas de prétextes cette fois. Tu as besoin de te défouler, de ne plus penser à Théo jusqu'à demain, d'oublier l'enquête un instant.
Hermione soupira. Elle se dit que Julien lui en voudrait à mort, qu'il allait surement être très en colère le lendemain, mais qu'Harry avait raison. Elle avait effectivement envie de s'amuser, d'oublier le travail. Surtout qu'elle savait que demain matin, Harry lui ferait un café à la noisette, deux pancakes au nutella, et un verre de jus de citrouille.
Elle acquiesça, et dans un silence religieux ou le seul bruit était celui que Neville faisait en tapotant des doigts sur la table, impatient, elle sortit un parchemin et une plume de son sac, griffonna quelques mots, et le fit disparaître d'un coup de baguette.
Pansy tapa dans ses mains, sautillant sur sa chaise.
- Youpi! C'est ma tournée! Kevin, amène une douzaine de shots et une bouteille de whisky!
