Me revoilààààà avec un chapitre un chouilla plus court, qui va très certainement vous laisser sur votre faim... comme à peu près tous mes chapitres en fin de compte/ M'enfin voilà.JE vous laisse le découvrir, on se retrouve en bas!
Le Hippie s'assit devant le Patron. Il semblait inquiet de ce soudain mutisme.
-Hey gros, ça va ?
Le Patron sembla remonter un peu à la surface. Secouant la tête il lui fit signe que oui, et le Hippie fit semblant de le croire. Le Geek était partit avec la petite, et les autres le fixaient, incrédules. Ils semblaient aussi choqués que lui. Et c'était compréhensible. Lui-même ne comprenait rien à ce qu'il venait de se passer.
-Je…
Le Patron secoua la tête. Il fallait qu'il se reprenne, voyons. Le Panda lui tendit la lettre qui venait de faire le tour de la famille. Il manquait des bouts. Il manquait des mots. Tout ça n'avait pas de sens. Qui est-ce qu'il devait trouver ? Pourquoi ? Où ? Une clé ? Quelle clé ? Clé de quoi ? Elen disait que la petite était la clé, mais non bordel, c'était une petite fille. Et la Nokto cherchait quoi chez elle ? Elen, malgré son fort caractère n'avait jamais eu de problème avec personne, jamais. Et maintenant là elle lui envoyait une gamine… sa gamine… ouais la pilule passait difficilement. Une gamine dont il devait s'occuper, mais… il avait tellement d'autres choses à penser…
-Prof ? Dis-leur que je serais là.
Il avait besoin de défoncer du crâne ce soir. Ça l'aiderait à réfléchir, assurément. Il entendit l'eau couler dans la pièce adjacente. Il posa ses yeux sur le pull noir qui trônait toujours sur le canapé et tendit la main pour s'en saisir. La laine humide crissa sous ses doigts et la boue qui commençait à sécher partit en une poussière fine. Elle avait passé une semaine là dedans. Comment avait-elle mangé ? Où avait-elle dormit ? Que faisait une enfant de 9 ans livrée à elle-même ? Surtout, elle semblait venir de loin. Ce fut Mathieu qui posa la question qui leur brûlait les lèvres à tous :
-Comment elle a fait pour venir jusqu'ici ?
Seul le silence lui répondit. Le Geek fini par revenir avec une fillette transformée. Il lui avait donné un de ses tee-shirts qui lui faisait une robe. La crasse de ses joues était partie, découvrant une peau hâlée et des joues roses. Ses cheveux mouillés étaient collés à son crâne. Elle avait un grand sourire et semblait beaucoup plus à l'aise. Le Patron ne put retenir un léger sourire avant de se ressaisir. Le gamer saisit le pull des mains de l'homme en noir et déclara qu'il devait laver le peu d'affaires que la petite avait avant d'aller en acheter. Le Prof protesta.
-Mathieu ! Premièrement on ne peut pas la garder ici, c'est trop dangereux ! Ensuite, si on achète des vêtements pour petite fille on va se faire repérer encore plus vite !
-Justement, intervint le Panda, si sa mère lui a coupé les cheveux, c'est pour qu'elle ne ressemble pas à une fille, d'ailleurs on s'est tous fait avoir ici. On a qu'à la transformer en petit garçon.
-Il reste cependant un problème.
C'était la voix du Patron qui avait jeté un froid dans le salon.
-Il va falloir la déclarer. On ne peut pas garder un enfant qui débarque de nulle part. Ils vont le repérer.
Il avait raison. Elen avait eut une bonne idée en lui coupant les cheveux mais ça ne suffisait pas. Elle les avait vraiment foutu dans une merde pas possible.
Le Patron fixait celle qui était donc sa progéniture. Il n'en revenait pas vraiment qu'une femme droite comme Elen ait pu lui faire un enfant dans le dos. Pourtant, il était physiquement indéniable qu'il y avait un lien de paternité entre lui et la petite fille. Il serra dans sa main la lettre d'Elen sans quitter des yeux la fillette qui jouait sur le tapis du salon avec un Geek totalement attendrit. Lui, le Patron le fort, l'inquiétant, celui qui buttait sans remord des types d'une botte de Nevers de calibre 9 entre les deux yeux, lui, il était désarçonné par une petite fille. Il fallait qu'il fasse quoi ? Qu'il fasse comme si de rien n'était et fasse comme si elle faisait partie de sa vie ? Elen… Il n'y avait jamais eu d'amour dans leur relation. En fait, il n'y avait même pas d'amitié, juste une relation d'un soir… ou deux… Rah, ça remontait à si loin… 9 ans, apparemment… à plus ou moins quelques mois près. Ça n'avait été que de la baise, un coup comme ça, sans y réfléchir. Il avait aimé le caractère emporté de la femme aux cheveux noirs qui lui avait tenu tête. Il était partit, l'oubliant, d'une certaine façon, dans les bras et le fondement d'une autre femme… ou d'un homme… ou d'autre chose, il s'en rappelait plus vraiment. Il lâcha un énième soupire, avant de sentir une main se poser sur son bras et un poids enfoncer le canapé près de lui. Tournant la tête il découvrit un Hippie, soucieux, qui le fixait par-dessus ses verres fumés.
-Hey, gros… tu te sens bien ? J'veux dire… T'as pas bougé depuis tout à l'heure…
Le Patron se contenta de soupirer, encore… Il avait l'impression de ne faire que ça depuis ce matin… Cette fillette était rentrée dans la vie des Sommets avec la délicatesse d'un éléphant dans un magasin de porcelaine, avait piétiné sans vergogne leur routine, les mettaient en danger… Les réflexions du Patron furent coupées par la main du Hippie qui se resserra sur son bras.
-Tu sais gros, nous aussi on se pose pas mal de questions depuis ce matin… Sur tout ça… Sur la lettre… T'es pas tout seul, faut pas que t'aies peur…
-J'ai pas peur, gamin, j'ai jamais peur, pigé ? demanda le Patron férocement.
-Si tu le dit, j'te fais confiance gros… mais bon…
L'homme de Babylone se détourna de son ami pour regarder d'un air attendrit la fillette qui tentait de piquer la casquette du Geek en riant. Elle était mignonne, et elle leur ressemblait. Sara. Il n'en revenait pas non plus. C'était une sensation étrange de se dire que le Patron avait un enfant… d'un côté il était très heureux pour lui, de l'autre… ça le rendait triste.
Depuis la chute des marchés de stupéfiants, il était totalement sobre. De toute façon, comment faire autrement ? Pour se fournir il aurait dut rejoindre le clan de Kordo, rejoindre ses rangs, rejoindre sa cause. Plutôt mourir. Son seul moyen avait été de se seuvrer. Cette dure période l'avait étrangement fait se rapprocher de l'homme sombre qu'était le Patron. Et « sombre», au fond, il ne l'était pas tant que ça. Ces quelques semaines de souffrances lui avaient révélé un homme beaucoup plus humain qu'il n'y paraissait. Il était resté avec lui, il l'avait épaulé, il l'avait aidé… Le Hippie avait fini par vraiment beaucoup l'apprécier. Le Patron passait beaucoup de temps avec lui, il faut dire que la situation actuelle et sa fragilité le rendait très craintif, très… très petit chaton. Il avait besoin de la présence du Patron… mais maintenant, le Patron était papa…
La silhouette sombre s'enfonça dans la nuit. La chasse était ouverte. Les anti-milices s'étaient attribué un permis de tuer, et chaque sortie se transformait en chasse à vue. Le sourire carnassier du Patron s'étira, et il oublia un instant sa vie, sa famille et sa fille. Il n'était plus lui, il n'était plus l'homme attentif qu'il était à l'appartement, il n'était plus celui qui avait tiré le Hippie hors de l'eau quelques mois auparavant. Non, dans cette rue sombre, il n'était plus qu'une bête sauvage, n'hésitant pas un instant à abattre froidement le moindre individu se mettant sur sa route. Il retira la sécurité de l'arme qui faisait presque partie intégrante de son bras et suivit à distance le petit groupe d'opposant auquel il s'était joint.
Tous ses sens étaient à l'affut, il percevait le moindre son, le moindre déplacement d'air, la moindre odeur qui témoignait d'une présence étrangère. Il fallait être vigilant. A part leurs véhicules, rien ne différenciait les agents de la Nokto des autres citoyens… Tout se jouait au feeling. Quelques fois, ils tombaient sur un rapt et ils fonçaient dans le tas, mais la plupart du temps, il fallait scruter les gens qu'ils croisaient, dans les rues mal éclairées où ils patrouillaient.
-Patron ?
Il reporta son attention sur l'homme qui l'avait appelé. Ils travaillaient souvent ensemble. Le Patron se souvint en frissonnant qu'il était là le soir où Victor était…
-Patron, on va scinder le groupe en deux. Tu les gèrent ?
-J'préfèrerais partir seul.
-Même pas en rêve, rétorqua l'homme, on ne doit pas être seul. Et si tu tombais sur un groupe ? Ils te buteraient sans sommation.
-M'en fous. Tu sais que je peux me les faire sans personne.
-Discutes pas Patron.
L'homme serra les dents. Il n'avait pas l'habitude de s'écraser, mais de toute façon, il savait qu'il pouvait les semer en un claquement de doigts. Sans répondre à son vis-à-vis il s'éloigna, entrainant d'un signe de la main quelques-uns de ses acolytes et remonta l'avenue sur laquelle ils avaient atterris. Tout était calme. Les sens aux aguets, il ne faisait même plus attention à la bande d'emplâtrés qui le suivait. La lumière cuivrée des lampadaires éclairait à peine devant lui. Pas un son, pas un mouvement ne venait troubler la nuit. Soudain, tout alla très vite. Au tournant de la rue, là haut, loin d'eux, un gros quatre-quatre arriva à tout vitesse, et de son toit ouvrant dépassait des têtes. Par-dessus le bruit du moteur, on pouvait entendre leurs rires gras. La Patron sourit, la fête allait commencer.
Levant un bras calme, il pointa le véhicule qui leur fonçait dessus et tira. Il ne sut pas exactement qui il avait touché, mais apparemment il en avait eu un. Dans un dérapage digne d'un mauvais film d'action, la voiture dérapa et s'arrêta devant le groupe du Patron. On entendait les clenches de sécurités des flingues sauter. Mais le Patron lui n'entendait rien. Il vit à peine les agents sauter hors du véhicule et venir à leur rencontre. Qu'est-ce qu'ils étaient cons… Kordo tiendrait pas longtemps, entouré de pareils bras-cassés. Avant qu'ils n'aient eut le temps de faire un geste, le Patron avait vidé son chargeur dans le tas. Il regarda quelques corps s'effondrer au sol, des marres de sangs se formant sous eux. Le reste du groupe finit le travail tandis que lui restait là, immobile, fixant les corps sans vie avec une lueur étrange dans les yeux.
Le tout n'avait duré que quelques minutes, mais la scène était habituelle. La Nokto était vraiment stupide. Au fond, il y avait à cela une certaine logique : seul les faibles d'esprits, les trouillards ou les profiteurs rejoignait l'autre camp. Forcément, tous les rebuts de la société trouvaient refuge du côté de la facilité. Il y avait même certains hommes qui vendaient leurs épouses ou leurs filles pour sauver leur peau. C'en était écœurant. L'image de la sienne s'imposa à son esprit, ainsi que les réflexions du Prof, qui avait passé la matinée à sous-entendre qu'ils devraient la livrer au lieu de se mettre inutilement en danger. Quel con.
Une main le secoua un peu, alors que ses yeux volaient encore sur le tas de corps que ses compagnons avaient empilés.
-On brûle la bagnole aussi ?
-Vous avez tout récupéré ?
-Le maximum.
-Donne.
Il attrapa le briquet qu'on lui tendait en lançant un dernier regard aux corps mutilés. Apparemment, « on » leur avait donné quelques derniers coups de canif post-mortem. Hilarant. Il alluma le tee-shirt désormais imbibé d'essence d'un des cadavres et regarda un moment le brasier prendre forme. Il fallait brûler la voiture aussi. Le feu, c'était un peu une signature. Un soir, un de ses « collègues » avait même dit : « Montrons à ce fils de pute que tôt où tard on va le cramer. Il va finir par brûler sous un tas de cadavres à son tour. Il va repartir d'où il est venu : en enfer… » Et le Patron avait rétorqué « Ce sera moi qui allumerait le barbeuq' ». Il s'éloigna à regret tandis que les flammes se rapprochaient du quatre-quatre. Mieux valait ne pas trainer dans la rue, l'explosion risquait de faire du dégât. Mais bon, les immeubles alentour étaient tous vides depuis longtemps, comme à peu près la moitié de la ville. En tournant après le dernier réverbère, il rangea le flingue qu'il avait toujours en main. Que la fête continue.
L'homme se mit à courir dans les couloirs sombres. Ça, c'était vraiment une grosse tuile. Prévue, mais très dérangeante. Sa course le mena dans une immense salle sombre au fond de laquelle se trouvait un immense écran et un mur remplit d'armes en tous genres. Derrière le bureau un homme se tenait droit, mains croisées dans le dos, fixant l'écran sur lequel une carte apparaissait. Un homme imposant, avec un belle barbe noire et une carrure obligeant au respect. Un homme dont la silhouette se découpait sur la lumière émanant du mur.
-Boss ! Boss on a un problème ! haleta-il, en faisant irruption dans la pièce.
L'homme se retourna et fixa l'arrivant en levant un sourcil. D'un geste du menton, il lui fit signe de parler.
-C'est Magréaut. Elle s'est fait prendre.
-Vous êtes sûr de vous ?
Déglutissant, l'homme acquiesça.
-On a plus eu de signaux depuis quarante-huit heures.
-Et l'enfant ?
-Disparu.
-Vous pensez qu'ils l'ont trouvé aussi ?
-Non, répondit l'homme, s'ils l'avaient trouvé, ils seraient déjà ici… n'est-ce pas ?
Se détournant, le « Boss » refit face à l'écran, en acquiesçant doucement en caressant d'une main distraite sa barbe grise.
-Magréaut était intelligente. Elle aura fait le nécessaire pour mettre l'enfant en sécurité.
-On essaie de la retrouver, Boss ?
-L'enfant ?
-Non, Magréaut…
-Non, mon bon ami, nous avons des choses autrement plus importantes à traiter, il faut faire des concessions dans la vie. Pour l'instant, focalisons-nous sur l'essentiel…
-Mais on pourrait essayer… je ne sais pas… de retrouver l'enfant ? Au moins…
-Laissez, nous la retrouverons plus vite que vous ne le pensez, faites-moi donc confiance…
Recoucou donc! Vous en voulez plus? va falloir attendre bande de gens! Une question, une critique, un truc à dire? Review, twitter, ask, hésitez paaas je suis là pour vous répondre!
Un gros merci à tous ceux, anonymes ou non, qui lisent et ont reviewer ou non.
Si vous êtes en manque, vous pouvez aller lire mon os sur le recueil d'Halloween de Titipo et Kali, ainsi que tous les autres OS, tous excellents et géniaux.
Calin, Paillettes et marshmallow, j'vous aime putain *coeur*
