On était à la limite qu'on avait souvent atteinte, jamais dépassée.
Jamais jusqu'à ce moment-là.
Nos lèvres se sont enfin rencontrées dans un mélange de passion et de tendresse. Le temps s'est figé, la terre s'est arrêtée de tourner.
Quand ce baiser a pris fin, j'ai gardé mon visage près du sien. Ses yeux dans les miens, il a souri, et m'a murmuré
« Gibbs va nous tuer, tu le sais ? »
J'ai ri légèrement.
« Pas si il ne le sait pas . On va attendre un peu
-Ouais. On va attendre une bonne dizaine d'années qu'on soit mariés et qu'on ait six enfants pour lui dire. Il pourra pas protester. »
J'ai souri . Toujours le même.
Fin du flash-back
On a caché notre secret comme si nos vies en dépendaient. Ce qui, en y réfléchissant, pouvait s'avérer vrai. Les soirées chez lui ou chez moi , le restaurant de temps en temps, les allusions au NCIS qui avaient souvent un double sens... C'était bien mais on voulait plus.
Lors de la période des fêtes, on s'était mis d'accord avec l'équipe : on passerait Thanksgiving et le nouvel an dans nos familles, mais on fêterait Noël ensemble. Moi , je n'avais pas envie d'aller voir mon père. Il serait , de toute façon, trop occupé à diriger le Mossad pour fêter quoi que ce soit. Puis, on passe ces moments-là avec ceux qu'on aime le plus. Alors, Tony m'avait invitée pour officialiser avec sa famille. Il l'avait prévenu qu'il y aurait quelqu'un avec lui. Il n'avait pas précisé qui. On est arrivés chez le père de Tony avec 3 heures de retard il avait conduit.
Flash-back
Ding-Dong
Tony me prit la main et me sourit, l'air confiant. Quand Anthony Senior ouvrit la porte, il embrassa Tony, puis remarqua nos mains. Il sourit, amusé, puis me fit la bise.
« Ah, Ziva, c'est vous, ma belle-fille ! »
Il nous fit entrer.
Fin du flash-back
Il y avait les cousins et les cousines de Tony, ses oncles et ses grand-parents. Ses origines italiennes se sont vérifiées, vu l'accent que sa famille avait . Ils se ressemblaient tous un peu. J'étais la seule à ne pas avoir les yeux verts. Ils m'ont acceptée très rapidement et j'ai trouvé là ma troisième famille.
Quand on est revenus, deux jours après, McGee nous a demandé comment s'était passé la fête. Tony avait dit qu'il avait revu sa famille et avait même raconté quelques anecdotes le mettant en valeur, en me remplaçant par une de conquête blonde à forte poitrine avec qui, selon lui, il serait depuis au moins deux semaines. Moi , j'avais prétendu que ma tante était venue chez moi .
La vie avait repris son cours.
A Noël, on était tous allés chez Abby. On avait mangé près d'un sapin noir décoré de blanc, sur lequel trônait majestueusement Burk l'hippopotame. Elle avait préparé un abondant et succulent repas, accompagné par un peu trop de vin, on avait dû dormir chez elle. Gibbs avait pris le canapé, Tony et McGee la chambre d'amis, Ducky était rentré chez lui, il avait été plus raisonnable, il avait donc ramené Palmer chez lui, et moi, j'avais dormi dans le cercueil deux places d'Abby avec elle. C'était assez troublant, je dois l'avouer.
Le lendemain midi, on était restés manger.
Flash-back
J'étais dans la cuisine, aux alentours de dix heures du matin, douchée, coiffée, habillée et je buvais un café. Abby se douchait, Gibbs buvait son café à côté de moi. McGee et Tony sont arrivés dans la cuisine. J'ai rit : McGee portait un leggings et un T-shirt noirs pleins de têtes de morts. Tony, lui, avait un jogging ample gris, et un T-shirt moulant rayé vert et rose . Ils étaient décoiffés et Tony avait la marque de l'oreiller qui lui barrait la joue droite.
« Vous auriez au moins pu vous habiller !
-Je ne vais pas descendre petit-déjeuner en chemise et pantalon à 300 dollars pièce, même pour toi, Zeevah.
-Hé, vous deux, tenez »
C'était Abby. Elle venait de faire irruption dans la cuisine, les cheveux mouillés, avec deux jeans et deux pulls à la main.
« J'avais prévu » Dit-elle avec un grand sourire .
Tony et McGee montèrent se changer . Ce dernier est revenu dans la cuisine plus rapidement que Tony. Il avait un jean assez clair et un pull noir près du corps, il était coiffé et rasé. Tony, lui revint cinq minutes plus tard, un peu de gel dans les cheveux, pas comme d'habitude. Il était coiffé comme avant, les cheveux en bataille, rasé, dans un jean foncé et un pull beige ni ample ni moulant. Il prit un café, s'installa à côté de moi en souriant
« C'est mieux ? »
Fin du flash-back
C'était un Noël blanc, et cela ravivait dans les yeux de Tony et d'Abby une lueur encore plus enfantine que d'habitude.
Flash-back
« Je ne vois toujours pas en quoi le fait qu'un truc blanc, froid et qui fond est si important le jour de Noël.
-Tu ne vois pas pourquoi ? C'est de la neige. C'est magique, c'est comme, tiens, dans tous les films de Noël, il y a de la neige, comme Les Gremlins par exemple. T'as déjà vu les Gremlins ? Non , réponds pas, je ne veux pas savoir la réponse, ça va me faire mal aux oreilles. Donc, je disais, la neige c'est magique. T'as jamais fait de bataille de boules de neige quand tu étais petite ?
-Non , quand il neigeait, on avait en général, le double de nos heures d'entraînement. Je détestais la neige.
-Jamais ! » Abby en était presque choquée. Alors, elle monta dans sa chambre, ramena tous nos manteaux et décréta qu'un tour dehors s'imposait.
Tony et elle échangeaient un grand sourire . Ils mirent leurs manteaux plus rapidement que nous, et sortirent en courant. Quand McGee refermait la porte derrière moi, Gibbs ayant déclaré qu'il préférait nous regarder, ils nous assommèrent de boules de neige. Alors, on a joué comme des enfants dans le jardin d'Abby. McGee et moi faisions équipe , mais il faut bien reconnaître qu'on était beaucoup plus trempés que Tony et Abby. Alors, j'ai coursé Tony. Il m'a devancé, mais pas longtemps. Je lui ai sauté dessus , nous entraînant tous les deux sur le sol encore recouvert d'une bonne dizaine de centimètres de neige. On s'est roulés par terre, chacun essayant de dominer l'autre. Abby et McGee sont venus se mêler à la bagarre, si bien qu'on était tous détrempés des pieds à la tête. On avait tous de la neige dans les cheveux. On a décidé de prendre une photo . Gibbs a pris l'appareil d'Abby, et nous a immortalisés : Tony était entre Abby et moi. Elle venait de lui écraser une boule en plein visage, il avait de la neige partout. Moi, j'éclatais de rire, alors Tony avait pris une poignée de neige et me l'avait mise dans les cheveux. McGee souriait en regardant Abby.
Alors on est rentrés et on s'est séchés près du feu.
Fin du flash-back
Ce Noël, Gibbs a reçu une bouteille de whisky, un portefeuille en cuir marron avec les initiales sur la couverture : « T . Z. McG. A. D. J. » et des outils pour son bateau.
Abby a reçu une couverture pour dans son labo. Elle était brodée. « Abby, la meilleure de toutes.» , des nouvelles chaussures compensées, des chaussettes qui remontent jusqu'au genou et des élastiques pour ses couettes .
Tony a reçu quelques-un des rares films qu'il n'avait jamais vu, des lunettes de soleil et un livre «Apprendre l'Hébreu en moins d'1 an »
Moi, j'ai eu un couteau , un livre « La culture cinématographique pour les nuls », une boite de trombone de la part de McGee pour , je cite « avoir le plus de chances de tuer Tony avant la fin de l'année », et un sweat-shirt.
On était tous heureux. Mais, Tony voulait pouvoir s'afficher en public avec moi. Bon, je l'avoue, moi aussi j'en avais marre de le cacher.
J'ai passé le nouvel an en Israël, Tony en Italie avec sa famille maternelle.
Le temps passe trop vite, surtout quand on est heureux.
On se demandait quand et comment on pouvait le dire à l'équipe. Ça ferait 1 an en juin. On était au mois de mai, Abby et Ducky étaient avec McGee, Gibbs, Tony et moi dans l'open space. Tony fixait Gibbs, comme perdu dans ses pensées.
Flash-back
«Un problème DiNozzo ?
-Ziva et moi sommes ensembles. Par ensembles, j'entends en couple. Mais on savait pas quand ni comment vous le dire. Alors, voilà. »
Il y eut un moment de silence. Il avait réussi à déstabiliser Gibbs, ce qui n'était pas donné à tout le monde. Ducky prit la parole
« Et bien, on peut dire que tu nous a pris de court, Anthony. »
Abby fut la seconde à réagir : elle se dirigea vers l'ascenseur en répétant « Oh mon Dieu, oh mon Dieu, Oh mon Dieu. »
McGee rigola.
« Ah oui, et j'ai un chameau dans mon lit, aussi ! Toi et Ziva ! Ah, vous pouvez à peine rester 5 minutes dans la même pièce sans vous étriper ! »
A ma mine sérieuse, il perdit son sourire, jeta un œil à Gibbs
«Je, ah, je , toi, Tony …
-Eh ben, le bleu ? »
Il nous adressa un sourire, jeta un nouveau coup d'œil à Gibbs, puis se rassit à son bureau.
Gibbs... Il n'avait pas bougé. Son regard faisait la navette entre Tony et moi . J'étais assise à mon bureau, Tony était debout, derrière le sien.
Gibbs quitta la pièce sans dire un mot.
Fin du flash-back
