3- … SE PARLER…

Bonsoir,

merci pour votre temps et les commentaires laissés... Il va falloir que je continue à corriger les chapitres de cette fic et... que je 'active sur le nano. J'ai délaissé ce projet, je l'avoue avec honte. Un petit élément perturbateur est arrivé et... Mon cerveau peine parfois à se focaliser sur le nano. Mais.. je vais continuer, même si je pense ne pas atteindre mon objectif de 50 000 mots. Cependant, je continuerai le projet, après le mois de novembre et... vous pourrez le découvrir. Plus tard !

En attendant... Merci pour celles qui ont laissé un mot :

- Chou05 : merci pour ce commentaire si "chou" !

- Canardsac : merciiii ! Je suis vraiment heureuse que cela te plaise...

- Neko : oui, c'est étrange de se replonger dans e passé, moi-même quand je me relis, ça me destabilise... Et je vais "devoir" continuer cette fic... ! en restant sur ces prérequis du passé !

- Alexandra : LOL ! merci ! J'espère que la suite va continuer à te plaire...

Bon... Vous allez découvrir la suite et commencer à saisir certaines choses... N'oubliez pas, ce n'est qu'une fic, et... basée sur la fin de la saison 3... Avec ce que nous savions de la personnalité des personnages à cette époque-là... Le tout saupoudré de la folie de mon imagination... Après cette fin de saison, bien des choses ont changé mais je n'ai pas souhaiter modifier la trame établie alors.

Bonne lecture

Je sors mon casque et file me réfugier dans l'abri anti-atomique.

Korrigane.


Candice soupirait tout en fouillant, encore une fois, son sac, espérant trouver rapidement ses fichues ses clés de voiture… Amusé, Antoine finit par juger bon de lui rappeler qu'ils étaient venus en moto jusqu'au commissariat… Il lui proposa donc de la raccompagner jusqu'à à la salle de danse, afin qu'elle puisse s'excuser auprès de son amant. Sa collègue semblait hésitante. Lui, de son côté, espérait juste grappiller quelques minutes supplémentaires en sa compagnie. Il argua donc que, par ce moyen de transport, elle gagnerait du temps. Ce qui était vrai…

Attia était partie et, désormais, ils étaient seuls sur le parking. Dumas tendit le casque à sa supérieure puis enfila le sien avant de s'installer sur la cylindrée. Des mains se posèrent sur lui pendant que la blonde enfourchait à son tour l'engin. Puis ce fut un corps de femme qui vint se presser contre lui et Antoine dû se mordre les lèvres pour ne pas réagir… Quand les bras de Candice l'enlacèrent, il ferma les yeux, savourant ces sensations. Les vagues de frissons qui montaient à l'assaut de sa colonne… Il releva les paupières et regarda droit devant lui, mâchoires contractées. Il se maudissait… Putain, si Canovas la voit s'installer derrière moi, je vais me prendre une balle… Doucement, la moto vrombit et le capitaine accéléra.

...

Antoine immobilisa le véhicule devant la salle du concours. Dans le hall, la silhouette de Canovas fit son apparition et se campa derrière la baie vitrée. La jeune femme quitta vivement de la moto, se libéra du casque pour se diriger vers celui qui l'attendait, à quelques mètres de là. Le capitaine ne put s'empêcher de la suivre. Légèrement en recul. Il salua cordialement le commandant de la B.R.I., qui avait bien failli devenir son supérieur… Les yeux de l'homme brillaient d'une colère mal contenue. Antoine entendit vaguement Candice s'excuser, expliquer le départ en catastrophe, les résultats du labo… Sans grande surprise, il remarqua qu'elle passait sous silence leur longue discussion dans l'escalier, l'intervention de Jennifer et la rupture… Canovas était tendu. Jaloux… Préférant jouer l'apaisement, Dumas s'écarta du couple. Il sentait sur sa nuque les fréquents regards de David.

- C'est pour lui, que tu m'as planté ?!

- Je venais de recevoir les résultats, David, je ne pouvais pas le laisser… Il fallait que je m'excuse… Et tu vois, j'ai eu raison, il avait laissé sa démission à Attia !

- Donc c'est à cause de lui, gronda l'homme.

- Enfin, David ! Tu voulais l'avoir dans ton équipe, toi aussi ! Tu connais sa valeur… c'est un excellent flic, je ne pouvais pas le laisser partir… Surtout à cause d'une de mes conneries !

- Et moi, tu préfères me planter, là, comme un con ?!

- Mais non… J'ai réagi sans réfléchir, comme souvent, tu le sais bien… C'est pour ça qu'Antoine m'a ramenée ici au plus vite… Je suis désolée David, je me faisais une joie d'assister au concours, avec toi…

Antoine perçut le léger cri de protestation de sa collègue lorsque le commandant la saisit brutalement par le bras, l'entrainant plus loin, à l'abri des oreilles indiscrètes. Il la vit grimacer, tenter de se libérer tandis que la discussion semblait tendue. La blonde devint soudain livide et le capitaine n'hésita pas davantage. Il traversa le hall, rejoignant les deux chefs de groupe.

- Dumas, barre-toi, gronda Canovas tandis que le capitaine s'approchait de sa supérieure

- Candice… Commença Antoine, avant d'être brutalement interrompu.

- Dumas, je t'ai dit de te casser. T'as pas à interférer dans nos discussions de couple.

Ce dernier mot, prononcé avec insistance par l'amant de sa collègue, lui fit l'effet d'un coup de poignard en plein cœur. Pourtant il se contint et s'adressa calmement à sa chef de groupe.

- Candice, est-ce que ça va ?

- T'as 5 secondes pour dégager, Dumas, ou je vais t'éclater, menaça le commandant

- Lâche-la, bordel ! Tu ne vois pas que tu lui fais mal ?!

Cette fois, il n'avait pas pu contrôler son irritation. Dans le hall, le silence se fit brutalement et Canovas se figea. La blonde était immobile, le visage aussi pâle que crispé. Lorsque l'étreinte se relâcha sur son bras, Candice recula d'un pas, venant heurter l'épaule de son capitaine. Le chef de la Brigade de Recherche et d'Investigation mit quelques instants avant de réagir et faire face à Antoine, agressif :

- Toi, pour la dernière fois, je t'…

- STOP ! Trancha Renoir, posant une main sur le torse de chacun des deux hommes, les obligeant à reculer. Antoine, je t'en prie… Tu peux m'attendre à la moto ?

Son second opina du chef, silencieux, et retourna à son engin où il s'installa, gardant un œil vigilant sur le couple.

- J'ai cru qu'il n'allait pas dégager, ce con… Fulmina Canovas

- Ecoute David, je… Non, soupira-t-elle. Je suis épuisée. Je vais rentrer. On en reparlera plus tard, d'accord ?

- Je passe chez toi, ce soir ? On pourra se réconcilier avec un câlin…

- Ce… Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Je préfère me reposer, tu comprends ? Mais on se revoit demain, ou après… Ok ?

- Mouais…

David ne paraissait pas particulièrement enchanté par cette proposition. La blonde, quant à elle, se sentait mal à l'aise, devinant les regards posés sur elle… Sans un mot, elle quitta le bâtiment pour rejoindre son second et prit le casque qu'il lui tendait. Presque sans le toucher, elle se glissa derrière Dumas, s'accrochant sagement à sa veste en cuir. Antoine était rassuré que, devant le commandant de la B.R.I., elle se soit aussi « chastement » installée. Il ne parvenait cependant pas à s'empêcher de regretter leurs deux précédents trajets, au cours desquels ils avaient été beaucoup plus proches. Sur tous les plans…

Après quelques kilomètres, il sentit sa collègue se rapprocher, deux mains glissèrent sur ses flans et vinrent l'enlacer. Tout son corps se pelotonnait contre lui tandis qu'elle appuyait le casque contre son blouson. Antoine se focalisa sur sa respiration. Il avait besoin de ralentir son rythme cardiaque devenu effréné. Lentement, il décéléra... Leur parcours pouvait bien être prolongé de quelques minutes, après tout !

...

La moto s'arrêta en bas de l'immeuble du jeune policier. Candice en fut surprise… Elle n'avait pas vu le temps passer, plongée dans le tumulte de ses pensées. Elle se sentait perdue et seule. Fatiguée par cette journée… Rapidement, elle quitta la cylindrée de son second et se débarrassa du casque, évitant soigneusement de se retourner.

- Candice ?

La voix résonna dans son dos mais elle resta silencieuse, fouillant son sac dans l'espoir de trouver rapidement ses clés de voiture. Mais, comme toujours, ces dernières semblaient prendre plaisir à se dissimuler dans un recoin incongru…

- Candice. Regarde-moi.

- Je cherche… Marmotta-t-elle en retournant une poche pour la cinquième fois.

- Oui, tes clés de voiture. Comme d'habitude…

- …

- Retourne-toi, s'il te plait. Je n'aime pas parler à des cheveux…

- Je suis fatiguée, Antoine.

- Candice. Insista son adjoint.

- QUOI ?! Rugit la jeune femme, excédée, en faisant volte-face.

Le capitaine remarqua les trainées luisantes sur ses joues et regretta immédiatement la conversation qu'il s'apprêtait à engager… La saisissant doucement par le coude, il commença :

- Merde, Candice, depuis quand tu laisses un mec se comporter comme ça avec toi ?

- S'il te plait, Antoine… Arrête. Tout de suite.

- Je ne te reconnais pas, Candice… Y'a un an, tu t'acharnais contre ce type, le mari de la vétérinaire, parce qu'il la frappait, et là… Là, tu laisses Canovas te malmener, sans réaction…

Elle ne répondit pas, sachant qu'il avait raison. Elle essayait de s'échapper à la prise ferme de son second, qui accompagnait chacun de ses gestes afin d'éviter qu'elle ne se blesse. Quand la commandant cessa enfin de s'agiter, il hésita puis remonta sa manche, révélant des marbrures rouges.

- Il t'a serrée tellement fort qu'il y a encore les marques sur ta peau. Tu attends quoi ?

- …

- Et si c'était ta fille, Candice ? Ou quelqu'un de ta famille ?

- Non, ce n'est pas du tout ça, se révolta-t-elle. Ca n'a… Non… Mais là, ce n'était pas ça… Il faut qu'on discute…

Le policier resta quelques instants silencieux. La phrase de sa collègue l'interpelait… Il céda à a curiosité et l'interrogea à mi-voix :

- Qui doit discuter ? Toi et moi, ou toi et Canovas ?

- … les deux, je crois…

- Ce soir… ? Proposa-t-il sur un coup de tête.

- Non, Antoine, je suis épuisée… Et je n'ai pas envie, ce soir…

- Candice… Les relations humaines, c'est pas mon fort. Et ce genre de discussion, c'est encore pire. Plus le temps va passer, plus ça sera difficile. Demain, dans trois jours ou une semaine, je ferai le maximum pour éviter. Je le sais…

- Oui… Tu as un peu de mal à te livrer, hein… Lança-t-elle avec douceur.

Il sourit tristement puis reprit :

- Ce soir tu n'as pas les enfants… Et moi j'ai besoin tout mettre sur une table. Seul ou… ou avec toi.

- Je… OK, soupira-t-elle. David va…

- Il va quoi ? Te frapper ? Faire une scène de jalousie ?

- … pas supporter que je lui ai dit non pour ce soir, et que je te voie à la place… Acheva la blonde, tentant de ne pas entendre les mots de son second.

- C'est si dramatique que ça, pour lui ? Et puis, il n'a peut-être pas besoin le savoir…

- Il est jaloux de toi, Antoine… Lâcha la blonde.

- QUOI ?! S'étrangla Dumas. Mais il ne va pas bien lui… De quoi il est jaloux ? C'est lui, ton mec. Nous on ne se voit qu'au boulot. Même nos soirées en équipe sont moins fréquentes… Justement parce que tu les passes avec lui !

- Tu veux en discuter ici, sur le trottoir, ou on le fait dans ma voiture pour que tes voisins en profitent moins ?

A ces mots, le capitaine leva les yeux, croisant le regard curieux d'un couple occupé à balader un adorable chiot. Effectivement, un peu de discrétion leur serait bénéfique. Surtout s'il souhaitait s'aventurer sur certains sujets dangereux… Plus calmement, il reprit :

- En fait, je pensais plutôt… Il y a un an, je t'avais promis un resto, suite à un pari… Bon, ça… Ca n'a pas pu se faire, mais… Je remplace par ce soir, si tu veux…On discutera avant le repas, ou après. Ou pendant… comme tu veux…

Il ne savait comment interpréter le silence de sa supérieure. Refus ? Hésitation ? Réflexion ?

- Candice… ? Sinon je commande une pizza… Si tu préfères…

- Non. Non… On sort, trancha-t-ele avant de se justifier : Discuter après le repas, c'est le meilleur moyen pour pourrir une soirée agréable…Pendant, c'est pas mieux, surtout vu nos caractères…

- Donc on prend le temps de discuter avant de manger… Histoire de se réconcilier avant le dessert ?!

- Ouais, sourit la jeune femme, le cœur plus léger.

- Tu veux rester monter et… rester chez moi… en attendant ?

- Non… Merci. Je vais rentrer… Je dois appeler Laurent, prendre une douche… Peut-être même dormir, si j'ai le temps, soupira Candice en s'appuyant contre sa voiture, les yeux clos.

Elle se sentait vidée… Tellement épuisée… Si elle avait pu, elle se serait étendue là, par terre…

- OK, comme tu veux… Sois prudente, sur la route. Si ça ne va pas, tu m'appelles… Je passe te chercher dans deux heures… ?

La commandante acquiesça distraitement avant de partir. Antoine regarda la voiture s'éloigner, se demandant s'il n'avait pas fait une énorme erreur, puis il appela quelques restaurants proches des plages. Quatre à quatre, il grimpa les escaliers et déposa les deux casques dans son entrée, puis jeta un coup d'œil circulaire à l'appartement. Ce matin, il était encore en couple avec Jennifer, l'écoutant distraitement parler d'Espagne dans la cuisine, songeant que leur histoire ne pourrait plus durer très longtemps… Qu'ils se voilaient face, jouant des rôles qui n'avaient plus e oindre sens.

Ses yeux glissèrent sur la terrasse, où elle l'avait rejoint, juste vêtue d'un drap… là où il lui avait caressé les lèvres en lui faisant croire qu'ils avaient fait l'amour, après qu'elle ait consommé les Space Cakes de Francesca… Et puis la chambre, où elle avait dormie nue cette nuit-là. Cette pièce qu'il avait fui quand elle avait commencé à se déshabiller, totalement désinhibée par le cannabis. Il se souvenait la torture de rester dos à cette porte qu'il avait lui-même fermée pendant qu'elle l'appelait… Puis la ruse, en lui disant de se coucher, qu'il allait la rejoindre dans le lit, dans le noir… Le doux bruissement des draps suivi du soupir de Candice, la lumière qui s'était éteinte et, enfin son prénom murmuré langoureusement… Et il était resté assis là, par terre, à écouter son souffle devenir plus profond et plus lent… C'est seulement à ce moment qu'il s'était relevé et avait entrouvert la porte… Elle était couchée en travers du lit, le dos dénudé et les cheveux épars sur l'oreiller, comme un soleil au milieu de la nuit. Antoine avait contourné les vêtements éparpillés sur le sol, s'arrêtant juste pour effleurer la soie du soutien-gorge, encore tiède de ses seins. Réprimant un grognement de frustration, il s'était emparé d'un pantalon de jogging dans son armoire et avait filé silencieusement dans la salle de bain pour prendre une douche glacée. Il en avait un besoin vital… Au retour, il n'avait pu s'empêcher de s'agenouiller près de la belle endormie. Ses doigts glissaient dans les mèches blondes sans qu'il ne s'en rende compte puis il l'avait tendrement embrassée sur la tempe. Il s'était accordé une caresse légère sur son épaule et lui avait soufflé tout bas « Candice Renoir… Demain matin, quand tu seras à nouveau parfaitement consciente, je vais te faire payer cette nuit… ». Puis i avait quitté la chambre. Après son départ, il n'avait pu se résoudre à changer les draps. Il y avait ensuite eu la fusillade, sa blessure… La relation entre Candice et Canovas, vite devinée. Pendant des semaines, il s'était lové dans ces draps, cherchant son odeur ou un cheveu blond sur l'oreiller. Maintenant encore, il lui arrivait parfois d'effleurer du bout des doigts le tissu désormais lavé et plié sur l'étagère pour se souvenir la douceur de sa peau, ses mèches soyeuses, le parfum de son corps… Il n'avait jamais pu se résoudre à utiliser ce linge avec Jennifer…

Antoine secoua la tête et se dirigea vers sa chambre. Il sortit quelques vêtements de l'armoire et les déposa sur le lit avant de se rendre dans la salle de bain. Le jet brûlant fut accueilli comme une délassante bénédiction. Progressivement, ses muscles contracturés par toutes les tensions de la journée se relâchèrent. Lorsqu'il coupa l'arrivée d'eau, il se sentait plus détendu. Prêt à affronter la soirée. En se séchant, il se prit pourtant à regretter d'avoir proposé la discussion… Peut-être pouvait-il encore annuler… ? Comment mettre toutes les cartes sur table, avec Candice ? Ce n'était pas possible… Pas ce soir, en tout cas… S'il lui avouait ses sentiments, elle risquait fort de croire qu'il cherchait à provoquer une crise dans son couple… et une rupture.

De son côté, la commandant avait appelé son ex-mari, continuant à organiser la gestion des enfants. Les quatre Renoir allaient donc rester avec leur père et sa compagne jusqu'au lendemain midi. Puis Laurent les raccompagnerait chez elle. Candice jeta son sac sur le canapé et monta les escaliers en soupirant à fendre l'âme. Elle avait toutes les envies du monde d'esquiver la discussion du soir… Mais elle avait promis à Antoine. Elle ne pouvait pas revenir en arrière. Trop tard, songea-t-elle. Et puis… elle se sentait responsable de la situation. L'enchaînement des événements avait été cataclysmique : la démission, le « lapin » posé à Canovas, la « possessivité » de ce denier et puis la réaction de son second, dans le hall de la salle de danse. Elle se déshabilla, laissant ses vêtements former un petit tas coloré sur le carrelage blanc. Au milieu de ce fouillis de tissus, son portable sonna, lui arrachant un juron bien senti. Son chemisier et un slip en dentelle volèrent à travers la pièce avant qu'elle ne trouve son téléphone, sagement rangé dans une poche de jeans. L'écran affichait « Antoine Dumas »…

- Allo… Répondit-elle.

- C'est moi… Je ne te dérange pas ?

- Non, j'allais juste entrer dans la douche, répondit-elle en actionnant le robinet d'eau chaude.

A l'autre bout de la ligne, Antoine pressa la main contre ses paupières, tentant de chasser l'image d'une silhouette nue à la poitrine généreuse, sous une cascade d'eau…

- Ah… désolé… Fais attention, ne va pas sous l'eau avec ton téléphone… c'est dangereux… Marmonna-t-il, mal à l'aise.

- Je ne crois pas qu'on puisse s'électrocuter avec un portable… Mais, pour le téléphone, par contre, c'est plus risqué !

- En même temps, une goutte d'eau qui tombe au mauvais endroit, et la visio s'allume…

Imaginant la situation grotesque, Candice éclata de rire, toute lassitude soudain envolée.

- Mon pauvre, là, c'est pour toi que ça serait dangereux ! Tu risquerais la cécité…

- Hum… Oui, heu… Bon, je ne te dérange pas plus longtemps. Je voulais juste te confirmer que j'ai réservé une table. Je viens te chercher vers 19h30…

- Ok. Merci Antoine…

- A tout à l'heure… Conclut Dumas avant de raccrocher.

Candice avait retrouvé le sourire son collègue devait être un peu magicien. Après ce petit échange, elle n'appréhendait plus leur discussion à venir et se réjouissait même de passer la soirée avec lui ! La commandant entra dans la cabine de douche et savoura la cascade d'eau brulante sur ses épaules et son dos. En repensant à son second, elle pouffa de rire. Comment réagirait-il, si la visio se mettait accidentellement en marche, s'interrogea-t-elle. Détournerait-il encore la tête, gêné, comme ce jour à ses débuts, quand il était entré sans frapper dans son bureau et l'avait trouvée en soutien-gorge ? Tenterait-il un trait d'humour, un commentaire, ou se tairait-il ? Comme la plupart des hommes, Antoine éprouvait un intérêt certain pour les décolletés, elle l'avait constaté à de nombreuses reprises. Mais sa réaction dans une telle situation restait un mystère…

Tandis qu'elle se shampouinait, son esprit se mit à divaguer… revenant sur cette difficile journée… son amant… David avait toujours été jaloux d'Antoine, sans qu'elle n'en saisisse la raison profonde. Peut-être le fait qu'il soit plus jeune, ou qu'ils passent leurs journées ensemble… ? Ou bien il supportait mal cette complicité entre eux, alors qu'en un an de relation amoureuse, aucun lien semblable ne s'était tissé entre Canovas et elle… ?

Candice entreprit de démêler et sécher grossièrement ses cheveux, puis elle s'habilla, prit quelques minutes pour se maquiller, enfiler des boucles d'oreilles et un collier. Ceci étant fait, elle s'accorda une pause bien méritée et alla s'avachir sur le canapé, laissant ses cheveux finir de sécher. Elle aurait largement le temps de se coiffer avant l'arrivée de son adjoint…

Il n'était pas encore 19h30 lorsqu'Antoine se gara devant la maison, au bout de l'allée. Il avait hâte de voir sa collègue… Il s'apprêtait à frapper à la porte vitrée quand il remarqua la silhouette blottie sur le canapé de cuir. Candice… Elle dormait, un plaid enroulé autour d'elle, le téléphone au creux de sa main. Tout doucement, il cogna sur la paroi vitrée sur l'ouvrant et observa le commandant Renoir émerger lentement, ses yeux papillonnant alors qu'elle cherchait la source de ce bruit. Leurs regards se croisèrent… et Antoine la vit jurer soudainement. Elle se leva d'un bond, dévoilant une jolie robe bleue qu'il n'avait encore jamais vue. Elle était superbe…

- Excuse-moi, je me suis endormie… Entre… Fit-elle en lui ouvrant.

- Pas de souci…

- Tu me laisses une minute, juste le temps de me donner un coup de peigne ?!

- Vas-y… Répondit-il en l'admirant, tandis qu'elle montait l'escalier.

- Merci… Installe-toi, sers-toi si tu veux quelque chose…

Il entendait sa voix résonner, sûrement était-elle dans la salle de bains… Il l'avait trouvée étonnamment vulnérable, et douce, les yeux encore embrumés de sommeil… Et puis superbe… pleine de charme… Avec un sourire attendri, il se dirigea vers le salon.

A l'étage, Candice ramassait à la hâte les vêtements épars puis mit un peu d'ordre dans sa chevelure dorée. Tant pis pour la coiffure, ils vont rester libres, ce soir… Ce n'est pas un rendez-vous galant, après tout, marmonna-t-elle. Même s'il est divinement beau... Elle silencieusement admiré sa tenue sobre. Un jeans accompagné d'une veste grise et d'une simple chemise blanche. Comme toujours, Dumas était classique mais admirable… et sexy. En redescendant, elle le trouva, assis sur le canapé. Il avait soigneusement plié son plaid. Le téléphone à coque rose était posé dessus… Elle prit une expression méfiante et taquine :

- Tu n'as pas profité de mon absence pour fouiller le contenu de mon téléphone ?!

- Fais un relevé d'empreintes, tu verras, rétorqua son collègue avec un faux sérieux. De toute façon, je n'ai pas ton code. Remarque, il ne doit pas être très compliqué… Il suffit de tester les dates de naissance des enfants, non ?

Le capitaine nota son sourire énigmatique tandis qu'elle saisissait son sac à main et pivotait vers la porte. Elle se figea en remarquant la présence de la moto.

- Antoine…

- Oui ? Euh… Oui… Je t'avais prévenue que je venais te chercher… Non ? Demanda-t-il en comprenant le problème.

- Je ne pensais pas à la moto, quand tu l'as dit…

Elle parut hésiter puis, finalement, le suivit. Le policier avait bien cru qu'elle ferait demi-tour et irait se changer… Ce ne fut pas le cas, pour son plus grand plaisir. Devant le véhicule, il saisit le casque du passager.

- Attention à tes boucles d'oreilles, murmura-t-il. Et bien… Commandant, vous allez devoir relever vos jupons… !

Sans lui laisser le temps de répondre, il enfourcha l'engin et, discrètement, s'offrit un bref et coup d'œil sur la tenue de sa collègue. La robe, bleue, joliment décolletée, s'arrêtait un peu au-dessus du genou et, par chance, n'était pas trop droite… Elle allait pouvoir s'installer derrière lui sans trop de mal. Deux mains s'accrochèrent à ses épaules et Candice s'installa. Il la sentit gigoter quelques secondes, le temps de tirer sur le tissu et couvrir au maximum ses jambes, devina-t-il, puis elle enroula les bras autour de son torse.

A une centaine de mètres de là, alors qu'ils partaient vers le centre-ville, le couple croisa une voiture sombre qui cala. Canovas, stupéfait, suivit des yeux la moto qui s'éloignait de lui. La colère gronda en lui, inattendue et dévorante. Il redémarra sa voiture et entreprit de suivre sa maîtresse il voulait savoir ce qu'elle faisait avec son adjoint, elle qui avait refusé de le voir parce qu'elle souhaitait se reposer…