J'espère que ce deuxième chapitre vous plaira, n'hésitez pas à m'envoyer vos reviews ! Bonne lecture !
CHAPITRE 2
- « Harry … Harry écoute-moi … Il faut que tu dises que Dumbledore t'a manipulé, Harry. Il faut que tu insinues qu'il avait perdu les pédales, Harry … Harry s'il te plaît, fais-le. »
Harry entendait la voix de Kingsley sans le voir. Il sentait qu'on lui tapotait la joue, probablement pour essayer de le libérer. De le libérer, pas de le réveiller. Il avait l'impression – non, la certitude – d'être prisonnier de son propre corps. Il n'avait pas la force de réfléchir ou de penser, et tout ce qu'il savait, c'était ça : il était enfermé à l'intérieur de lui-même.
- « Bois-ça, Harry. Allez, bois. »
Il sentit quelque chose lui brûler la gorge, et aussitôt il trébucha, et ouvrit les yeux en prenant une grande inspiration.
- « Harry. Tu m'entends ? »
Kingsley était accroupi devant lui. Harry était assis sur une chaise, et il pensa immédiatement être ligoté alors que ce n'était pas le cas. Pourtant, il ne savait pas bouger.
- « Harry, tu dois à tout prix dire au Ministère ce qu'il veut entendre, compris ? Ne t'énerve surtout pas, c'est notre seule chance de nous en sortir indemne : sous-entendre que Dumbledore était fou. Nous avons tous du le faire. »
Il ne sut pas répondre, et replongea dans un profond sommeil, à l'intérieur de l'immense pièce glacial dans laquelle il était enfermé…
- « Veuillez décliner votre identité. »
- « Harry Potter. »
- « Plus fort s'il vous plaît. »
- « Harry Potter. », dit-il plus fort sur un ton légèrement provocateur.
Le magenmagot avait été réuni, presque au complet. Les tribunes circulaires autour d'Harry étaient presque pleines de mages. Certains étaient habillés en rouge, d'autres en noir, mais tous avaient la même tenue. La présidente sorcière était une femme noire au regard dur. Elle devait avoir trente ans, et ses cheveux coupés courts renforçaient son air sévère. Harry avait la sensation d'être un minuscule être entouré de géants, et il devait tendre le cou pour regarder la présidente. Il savait que tous les sorciers présents avaient les yeux rivés sur lui, mais ils étaient tous relégués en arrière-plan. Seul comptait le regard perçant que lui adressait la présidente. Il y avait clairement une pointe de défi dans ses yeux. Elle semblait assez imperturbable pour pouvoir être un mangemort, pensa Harry, qui douta qu'elle aurait rechigné si on lui avait ordonné de tuer un nourrisson. Enfin, elle devait plutôt être du genre à donner les ordres.
- « Savez-vous pourquoi vous-êtes ici ? »
Les paroles résonnèrent dans l'immense pièce.
Harry hésita, mais répondit qu'il ne savait pas.
La présidente se pencha au dessus de son pupitre, surélevée par rapport à la tribune, et haussa un sourcil en regardant Harry.
- « Albus Perceval Dumbledore est accusé du meurtre de Cornelius Oswald Fudge, premier ministre. Vous êtes ici en tant que témoin dans cette affaire. »
Harry allait dire que Dumbledore ne ferait jamais ça, mais il entendit la voix de Kinglsey dans sa tête lui murmurer de ne surtout pas faire ça.
- « ça ne m'étonne pas. »
Les mots étaient sortis d'eux-mêmes, contre la volonté d'Harry. Les sorciers du magenmagot murmurèrent des choses entre eux, et la présidente dut réclamer le silence.
- « Sous-entendriez-vous que Dumbledore était un meurtrier ? »
- « Non, mais il avait perdu la tête. Il était obsédé par le retour de Vous-Savez-Qui, et aurait tout fait pour qu'on le croit … »
Harry avait la sensation d'être spectateur de son propre discours.
- « Vous avez, vous aussi, prétendu au retour de Voldemort, pourtant, non ? »
Harry fut étonné que la présidente prononce le nom de Voldemort. Fudge devenait blême lorsque lui ou Dumbledore l'utilisait.
- « Dumbledore a beaucoup insisté, il me harcelait, et j'ai craqué. »
- « Qu'est-il arrivé, lors du Tournoi des Trois Sorciers, à Cedric Diggory ? »
Harry sentit son cœur s'emballer. Qu'allait-il dire ?
- « Dumbledore l'a tué. »
L'indignation générale retentit dans les tribunes. Harry entendit un vieillard habillé en noir réclamer la clôture de l'audience. La présidente restait impassible, et réclama une nouvelle fois le silence.
- « Ce sont de graves accusations que vous portez-là, monsieur Potter. En êtes-vous sûr ? »
- « Oui, il m'a d'abord stupefixé, puis a tué Cédric en ayant l'intention d'utiliser sa mort pour faire croire au retour de Vous-Savez-Qui. Puis il a menacé de dire que je l'avais tué si je ne racontais pas la version que j'ai déjà racontée … »
Les membres du magenmagot se levèrent pour la plupart, et un brouahah s'éleva à l'intention de la présidente, qui posa sa baguette sur sa gorge pour réclamer le silence, d'une voix rendue plus forte grâce à la magie.
- « SILENCE ! La séance est levée. Maître Potter, vous êtes libre. Veuillez par ailleurs nous excuser pour la manière brutale dont les brigadiers ont procédé à votre arrestation. Votre elfe de maison est sain et sauf, et j'ai convaincu les deux agents de ne pas porter plainte. »
La présidente se leva et les sorciers suivirent, pressés de tirer toute cette histoire au clair. Depuis l'assassinat du Premier Ministre, la tension n'avait fait qu'augmenter, encore et encore, au fur et à mesure des dépositions des témoins. Harry avait livré le bouquet final, et visiblement, le magenmagot s'était régalé.
Il avait dit tout ce que ce qu'ils souhaitaient entendre. Tout ce qui leur donnait raison, à eux, à Fudge. Harry savait que c'était faux, mais cette réalité semblait tellement plus simple qu'il comprit pourquoi les gens la préféraient.
Il eut un haut-le-cœur et tapissa le sol en marbre noir avec ce que Kingsley lui avait fait boire.
- « Comment avez-vous pu lui faire ça !? »
Harry claqua la portière de la vieille Ford Anglia d'Arthur Weasley.
- « Harry… Nous n'avions pas le choix. Il a fallu prendre une décision rapidement, et celle-ci semblait la plus logique si nous voulions nous protéger, les membres de l'Ordre. » répondit monsieur Weasley, embêté, en prenant place derrière le volant.
Ron et Hermione montèrent à l'arrière, suivis de Sirius, sous la forme de son animagi : un grand chien noir qui eut du mal à se faire une place sur la banquette.
Arthur enfonça la clé de contact et la voiture émit un rugissement de machine à laver. Elle recula brutalement, puis avança et se glissa dans la circulation.
- « Vous avez trahi Dumbledore ! »
- « Non, écoute, Harry. On a reçu un courrier au Terrier, deux jours avant le meurtre du Ministre, signé de la main de Dumbledore disant que nous ne devions pas nous préoccuper de lui, qu'il « partait en voyage » et qu'il reviendrait en temps et en heure. Nous devions le faire. » Sirius avait repris forme humaine, et avait posé sa main sur l'épaule d'Harry.
Il fut projeté en arrière lorsque Arthur évita de peu un bus à impérial, qui klaxonna plusieurs fois.
- « Décidémment, je ne comprends vraiment rien au code de la route moldue… », soupira-t-il en enclenchant un levier, qui rendit la Ford Anglia invisible aux yeux des conducteurs. Il appuya ensuite sur une pédale ronde qui fit décoller la voiture dans un petit cahotement, avant qu'elle ne s'élève à une vingtaine de mètres dans le ciel de Londres, au dessus des gratte-ciels et loin du trafic de la capitale.
- « Dumbledore doit m'aider à vaincre Voldemort, pourquoi est-il parti ? Il ne me fais jamais part de ces plans, comme vous tous ici, mais c'est pourtant moi qui vais devoir tuer Voldemort, alors que je sais à peine stupefixer quelqu'un ! Pour ça aussi, vous comptez me cacher vos plans et me faire boire une potion de l'Impérium ?! » s'exclama Harry.
- « Harry, il n'y a pas d'autres alternative… Tout ce que tu peux faire, c'est attendre la rentrée et continuer ton apprentissage de la magie à Poudlard. Nous ne pouvions pas communiquer avec toi, tu le sais. Et nous devons nous tenir à carreaux, pour le moment, le Ministère est autant une menace que Voldemort l'est. »
- « Sirius a raison. Quand Voldemort reviendra et que les gens comprendront enfin, tu ne seras pas seul Harry. »
Il y avait une pointe d'amertume dans la voix d'Hermione.
- « Que s'est-il vraiment passé, si ce n'est pas Dumbledore qui a tué le Premier Ministre ? »
- « De ce que j'ai entendu, Dumbledore avait un rendez-vous avec Cornelius Fudge, pour une raison que l'on ne connait pas, à vingt-deux heures hier. Il s'est bien présenté à son rendez-vous, mais lorsqu'il a quitté la pièce, le Premier Ministre avait été sauvagement tué. Tout indiquait qu'il était le coupable. »
- « C'est sans doute Vous-Savez-Quiou un de ses mangemorts qui a utilisé du polynectar. », suggéra Ron à mi-voix.
- « Possible. Le polynectar basique aurait été détecté, mais la magie noire recèle bien des secrets que l'on ne connait pas… »
Quelque chose clochait. Si Dumbledore avait prévu son « voyage », c'est qu'il savait probablement qu'une embuscade lui serait tendue. Pourquoi ne l'avait-il pas déjouée, alors ? Peut-être avait-il simplement tué Cornelius Fudge. Peut-être que tout ceci faisait partie de son plan, mais Harry ne comprenait pas comment être accusé de meurtre allait pouvoir l'aider. Ce dont il était sûr, c'est que Dumbledore avait toujours un tour d'avance. Il se cala comme il put dans le siège inconfortable de la Ford, et chercha le sommeil. Il n'avait même pas pu profiter de ses retrouvailles avec Sirius, Ron et Hermione.
Parfois, la guerre rapproche les gens, avait un jour dit Dumbledore, mais parfois, elle les éloigne.
Toute la presse du monde des sorciers s'était réunie pour assister à la déclaration d'Iris Audeley, présidente du magenmagot, et directrice du département de la justice magique - succédant à Barty Croupton Sr.
Appareils photos en main prêts à mitrailler Audeley, les journalistes n'avaient aucune idée de la raison pour laquelle elle avait voulu faire une annonce publique, et tous trépignaient d'impatience à l'idée des gros titres qui seraient publiés dans quelques heures, imprimés et vendus par millions à travers l'Angleterre.
Iris entra dans la pièce, entourée de quatre mages de la brigade de protection du Premier Ministre. Elle se plaça devant la demi-douzaine de micros, derrière un pupitre, et entama son discours :
- « Hier soir aux alentours de vingt-deux heures, Albus Perceval Dumbledore, directeur du collège de sorcellerie Poudlard, a été déclaré suspect numéro 1 pour avoir tué le Premier Ministre, Cornelius Fudge. Au vu des faits, un conseil extraordinaire a été tenu en présence du Premier Ministre moldu. Comme la loi l'indique, j'ai été nommée Première Ministre de la magie suppléante. Dans une semaine, des élections seront organisées pour demander à la population si elle souhaite un autre Premier Ministre. Je tiens aussi à informer les sorciers et sorcières que tous les partisans d'Albus Dumbledore ont témoigné contre lui, en affirmant que ses divagations au sujet du retour de Voldemort étaient infondées et le fruit d'une folie chronique. J'ai par ailleurs décidé de supprimer le bureau des Aurors, devenu obsolète en ces temps de paix que nous vivons. Des négociations avec le Premier Ministre moldu sont en ce moment même en cours pour décider si oui ou non la communauté magique doit-elle être appelée à voter pour sa totale liberté au sein du Royaume-Uni. »
Les journalistes étaient déchaînés, et plus personne n'attendait d'être interrogé pour poser sa question. Les flashs des appareils éclairaient la pièce par intervalles pour immortaliser ce moment historique.
Finalement, au milieu du brouhaha, la Première Ministre parvint à entendre la question d'un jeune journaliste du Daily Mage.
- « Madame la Première Ministre, qu'entendez-vous par totale liberté ? »
- « J'entends faire savoir aux moldus que les sorciers existent, pour que nous ne vivions plus cachés, dans la peur, afin que nos communautés puissent s'unir et grandir main dans la main. Ce sera tout pour les questions. »
Triomphante, Iris Audeley quitta la pièce tandis que les journalistes restés sur leur faim s'époumonaient pour avoir des réponses à de nombreuses questions. Audeley venait d'écrire une nouvelle page de l'histoire. Bientôt, les sorciers cesseraient de vivre comme des moins-que-rien, et bientôt, ils accéderaient enfin à la place qui aurait toujours dû être la leur.
