Chapitre 3 : Squib & Fighting Spirit

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Mimi Geignarde était de loin le pire fantôme de l'établissement, même devant le Baron Sanglant et Peeves. Avec son air de petite fille modèle elle cachait bien son jeu de véritable garce. Et pour sûr c'était une garce ! Même les Serpentard arrêtèrent de discuter entre eux pour la regarder.

– Oh, les vilains garçons..., se pâma-t-elle exagérément en se posant sur un conduit de la tuyauterie.

Son corps translucide laissait passer les objets à travers, comme s'il s'agissait d'un voile. Malheureusement si son corps n'était plus là, son esprit par contre était encore bien présent, pour le plus grand malheur des étudiants.

– Que-ce que vous me cachez cette fois-ci ? Aller, avouez vos péchés mignons mes petits. Maman ne vous fera pas de mal.

– Que-ce que tu veux ?! S'écria Dean, ulcéré par son attitude.

Le fantôme le regarda avec ses lunettes d'un autre âge qui lui glissaient sur le nez. Puis il éclata d'un rire hystérique qui ne présageait rien de bon.

– Mais je veux faire comme vous, moi. Je veux simplement m'éclater !

– Chut ! Tu vas la fermer, oui ? S'énerva-t-il en faisant des gestes menaçants dans sa direction. Tu veux nous faire repérer ou quoi ?

– Pourquoi pas ? Ce serait tellement drôle. Mais les histoires mélodramatiques ça n'a jamais été mon truc, moi je veux juste m'amuser avec vous.

Dean se renfrogna dans son coin, tout en protégeant son sac. Ron qui était toujours défoncé à l'herbe blanche émit un flot de paroles inintelligibles (sauf pour lui peut-être).

– Oh, voilà le beau Drago Malefoy ! S'exclama Mimi Geignarde après un bref examen des garçons se trouvant dans la salle. Elle descendit en piqué vers lui, ce qui déclencha une hostilité immédiate chez ses sbires.

– Restez où vous êtes, ordonna le beau blond en mettant une main pour contenir Crabbe et Goyle.

Il haussa un sourcil moqueur en examinant la tenue du fantôme qui s'approchait de lui, retenant un éclat de rire.

– Donne-moi un peu de cette poudre blanche, déclara Mimi en lui arrachant presque des mains un sachet à moitié vide qu'il tenait à bout de bras.

– Bon, maintenant on va jouer à un petit jeu tous ensemble, OK ? Dit-elle d'un air mi- joueur et mi-menaçant.

– Il faudrait déjà que tu commences par dire les règles, rétorqua Drago. Ton petit jeu tu sais où tu peux te le mettre sinon.

Elle le regarda avec amusement avant de reporter son attention sur le reste du groupe. Elle agita le sachet au-dessus de sa tête.

– Si vous ne voulez pas que j'aille tout dire à Dumbledore, vous n'avez qu'à suivre les règles et tout ira bien. Alors maintenant voici les règles : prenez chacun un sachet de drogue et suivez-moi !

Chacun obéit sans trop réfléchir, laissant planter là Seamus toujours inconscient et Ron qui était en train de planer.

Mimi Geignarde les conduisit jusqu'aux toilettes des filles toutes proches. Après être passé à travers la porte sans aucune gêne, elle les invita à la suivre. Drago et sa clique ne se firent pas prier pour casser la serrure d'un coup de baguette et rentrer en coup de vent dans l'antre des femmes.

Dès le départ, Goyle se retrouva hors course : il glissa sur le sol humide et imprégné de champagne, et partit dans le décor, se prenant un mur de plein fouet. Neville se retrouva avec Astoria sous une douche de champagne pendant que Craig Montague plongeait par terre et bu la tasse. Cette scène irréelle se déroula sous les cris hystériques des filles et les rires de Mimi.

Bientôt une quantité impressionnante de poudre blanche tomba des sachets que le fantôme tenait entre les mains, pour atterrir sur la tête des différents protagonistes.

Ainsi, Cho se retrouva blanche comme neige et Théodore Nott se retrouva enseveli sous une montagne de plants de cannabis encore verts (je vous laisse imaginer la scène).

Harry était le seul à ne pas prendre part au spectacle : il cherchait en fait Ginny des yeux.

La jolie rousse était en train d'aider Luna, à moitié suffocante à cause de toute la cocaïne qui était tombé sur son visage.

– Vous n'avez rien, ça va ? S'inquiéta le brun à lunettes en s'approchant d'elles.

– Euh...si tu pouvais prendre Luna en charge ça m'arrangerait bien, parce que là elle a l'air un peu ailleurs.

– Elle est tout le temps ailleurs de toute façon, alors que-ce que ça change ?

Ils éclatèrent tous les deux de rire sans se préoccuper du véritable capharnaüm qui se déroulait à quelques mètres d'eux. Après un bref signe de tête à la benjamine Weasley, Harry s'éclipsa hors des toilettes avec Luna sous le bras.

Hermione avait trouvé le moyen le plus sûr pour échapper à toute cette pagaille ambiante : une cabine, bénite en la circonstance. Elle farfouilla dans son sac pour trouver un vêtement de rechange pour remplacer sa jupe d'étudiante toute barbouillée de champagne et de mousse. D'ailleurs les vapeurs de l'alcool commençaient à lui monter à la tête, si bien qu'elle se sentait un peu engourdie et ankylosée. Ses mouvements étaient lents à cause de la fatigue, mais ses doigts ne tardèrent pas à se refermer sur le tissu en jean de son mini-short qu'elle mettait d'habitude en été.

Mais soudain, un jet de poudre blanche vient tomber sur sa chemise d'étudiante, qui se mis soudainement à empester la came. Quelle horreur ! C'était sûr et certain, le personnel de Poudlard allait débarquer sur les lieux d'un moment à l'autre. Mais au moins personne ne la verrait si elle se cachait ici.

– Hermione tu es là ? Demanda Ginny en criant pour couvrir le vacarme.

– Oui, mais je me change.

– Oh, excuse-moi. Dis-moi quand tu as fini, on ferait bien de se barrer quand il est encore temps !

Hermione ne pouvait qu'approuver. Les hurlements de Crabbe, les beuglements de Montague, les piaillements de Pansy, les rugissements de Blaise...(bienvenue au zoo de Londres mademoiselle Granger, voici vôtre ticket d'entrée, vous commencerez par la ménagerie peut-être ? Sans oublier le vivarium bien sûr) BREF.

Hermione déboutonna sa chemise et baissa sa jupe, qu'elle mit tous deux dans son sac en se jurant de les laver plus tard. Heureusement ses sous-vêtements n'étaient souillés par aucun liquide ni aucune poudre, c'était déjà ça.

Mais bien malencontreusement Mimi Geignarde profita par inadvertance du spectacle de la Gryffondor à-moitié dénudée. Hermione se sentit fondre comme neige au soleil devant le regard moqueur que lui jeta Mimi.

– Oh là, là mais que vois-je ? La miss-je-sais-tout nous offre un bien joli spectacle ! Que-ce que tu allais faire ? Tu as cru que je ne te grillerais pas ?

– Arrête de me regarder, s'étrangla la jolie brune en devenant cramoisie.

– Petite coquine ! Ça veux jouer à l'exhibitionniste ma petite ? Eh bien on va jouer, ne t'inquiète pas !

Dans un rire strident, Mimi Geignarde se saisit du sac d'Hermione et le suspendit au-dessus de la cuvette. La fureur fit rougir encore plus les joues de la brunette, qui fronça le nez de rage.

– Oh, tu as de biens belles tâches de rousseur sur le visage ! Ricana Mimi avec un semblant de compassion. Voyons si tu en a autre part, dit-elle en passant au travers de la jeune fille.

Hermione sentit un grand courant d'air froid passer entre ses fesses et ne put retenir un frissonnement incontrôlé.

– Ah, je te fais de l'effet en plus, eh bien on aura tout vu, ma petite c'est le cas de le dire.

– Eh, Mimi ! s'écria-t-elle avec un sourire triomphant sur le visage en pointant sa baguette en direction du fantôme. Aguamenti !

Une fontaine d'eau jaillit aussitôt et aspergea Mimi, qui disparut dans la cuvette des toilettes dans un cri strident, qui se répercuta partout sur les murs.

Hermione poussa un profond soupir de soulagement et s'assit sur le couvercle des toilettes, alors qu'un grand silence s'abattait soudain sur la pièce.

– Tirons-nous ! S'exclama Cormac. On nous a peut-être repérés.

Une grande agitation s'en suivit, et la porte des toilettes s'ouvrit bruyamment.

– Hermione, ouvre la porte ! S'exclama Ginny. On sera bloquées ici sinon.

– Je ne peux pas.

– Laisse-moi rentrer alors, j'ai pas envie d'aller à Azkaban.

À contrecœur elle laissa rentrer la rousse dans sa cabine, attirant aussitôt son attention.

– Mais enfin Hermione, que-ce que tu fais dans cette tenue ?

– Je te l'ai déjà dit, je me change. Tes copines de Serpentard ont bousillé ma jupe et mon chemisier.

Alors qu'elles discutaient, la lumière s'éteignit soudainement, laissant la place à une obscurité totale. Seule la respiration légèrement saccadée des deux jeunes filles troublait le silence. Après plusieurs minutes d'attente, Ginny se décida enfin à ouvrir la porte de leur cabine pendant qu'Hermione enfilait en vitesse son mini-short en toile de jean et un débardeur. Au même instant Cho, Tracey et les deux sœurs Grengrass sortirent d'une cabine latérale. Dans la pénombre elles remarquèrent Goyle en train de reprendre ses esprits au pied des lavabos.

– Lève-toi gros bêta, le pressa Blaise en le secouant comme un sac à puces. Et efface-moi toutes ses traces de coke je t'en prie.

Goyle se releva péniblement et rejoignit le petit groupe à l'entrée des toilettes des filles. Ils furent bientôt rejoints par Théodore Nott, Neville et Dean.

Ils s'avancèrent prudemment dans le couloir principal qui permettait d'accéder aux escaliers. Mais il n'y avait personne.

– Où sont les autres ? Demanda Ginny.

– Je crois bien qu'on les a perdus, marmonna Blaise. Et merde, j'étais sûr que ça arriverait à un moment où à un autre. Bon, Théo on va chercher tes pétards en attendant. Suivez-moi.

Le petit groupe descendit calmement et lentement les escaliers pour veiller à ne pas réveiller les diaboliques tableaux de Poudlard.

Ils arrivèrent enfin dans le hall d'entrée de l'école, froid et vide à une heure aussi avancée. Après un bref signe de tête de Blaise, ils s'engagèrent dans l'escalier permettant d'arriver aux cachots. Des torches étaient accrochées aux murs de pierre, éclairant faiblement leur chemin.

– Bon, voilà les locaux du concierge, déclara Blaise en s'arrêtant devant une porte gothique en bois. Théo, tu sais ce qu'il te reste à faire.

– Quoi ? J'y vais tout seul ?

– C'est tes pétards après tout. Aller, ne me dit pas que tu as la frousse ? Regardez-moi ce sorcier fragile, ricana-t-il en pointant un doigt moqueur sur son torse.

– C'est bon j'y vais, maugréa Théo en s'approchant de la porte. Alohomora !

La porte grinça sur ses gonds lorsque le jeune homme l'ouvrit d'un coup brusque. L'obscurité empêchait de distinguer quoi que ce soit, mais ce qui était sûr c'est que ça puait vraiment là-dedans, comme dans la cage d'un fauve. Blaise s'empressa de refermer la porte, laissant le pauvre Théo seul dans la pénombre avec cette odeur de moisi pour unique compagnie.

Les locaux du concierge se limitaient en fait à une salle de stockage avec un placard à balais et à une chambre (si on pouvait parler de chambre pour la chose immonde qu'était Rusard).

Théo s'avança prudemment, le « parfum » écœurant d'eau de javel ne masquant pas une odeur plus abominable encore d'urine et de fromage moisi.

En dépit de tous ces obstacles odorants, il parvint à arriver jusqu'au placard à balais et à fouiller dedans. C'était là en effet que le concierge rangeait les objets confisqués.

– Ah, c'est bon je les ais ! S'exclama-t-il avec un sourire de triomphe.

Soudain il sentit quelque chose de chaud et poilu se frotter contre sa jambe, et entendit un miaulement.

Théo se retourna brusquement pour se retrouver face à Miss Teigne, le chat du concierge.

– Fiche le camp sale bête, s'énerva-t-il avec des gestes menaçants dans sa direction.

Le chat évita facilement ses mouvements brusques avant de se remettre à miauler. Théo tenta de la frapper avec son pied, mais ne rencontra que du vide. Le chat était bien trop rapide pour lui.

De l'autre côté de la porte, le petit groupe se cacha à l'angle du couloir principal des cachots.

– Mais il est con ou quoi ? Grogna Blaise. Il ne sait toujours pas que Miss Teigne appelle son maître quand elle miaule ?

– Je crois que c'est fini pour lui, murmura Cho en entendant des bruits de pas dans le couloir.

Dans la pénombre ils distinguèrent Rusard, une bougie à la main, ses jambes arquées avançant rapidement. Il respirait bruyamment, visiblement essoufflée.

– Doucement ma belle, doucement. Pourquoi tu miaules comme ça ? Dit-il tout en cherchant sa clé parmi l'immense trousseau qu'il avait à la ceinture.

Après quelques secondes de recherches, il trouva enfin la bonne clé et l'inséra dans la serrure avant de rentrer dans ses appartements.

Théo sursauta brusquement lorsqu'il entendit des bruits de pas, suivit d'une respiration rauque de l'autre côté de la porte. Dans la panique, il se réfugia dans le bouge ou Rusard dormait, et se cacha derrière la porte, baguette en main avec ses pétards dans l'autre.

– Et bah alors ma belle ? Marmonna le concierge. Que-ce qu'il y a ? Dit à papa ce qu'il y a.

Pour toute réponse le chat se dirigea vers la chambre de son maître, qui la suivit d'un air méfiant.

– Mais qu'est-ce que...

Rusard n'eût pas le temps de dire un mot de plus, que Théo pointait sa baguette sur sa gorge et le plaquait contre le mur peint à la chaux de cet endroit malodorant.

Le Serpentard se bouchait le nez d'une main tout en continuant de tenir en joue le concierge effrayé. Celui-ci fit un petit signe de tête, et sans que Théo ne le vienne venir Miss Teigne lui bondit dessus, plantant ses griffes dans son dos et dans sa nuque.

Le Serpentard poussa un hurlement en se tordant de douleur sur le sol, tandis qu'une boule de poils le harcelait en feulant.

– Je ne suis peut-être qu'un cracmol mais je sais encore m'y prendre avec des petits délinquants dans ton genre. Et tu sais ce qu'on leur fait aux petits délinquants ? Non, tu ne sais pas ? Eh bien je vais te montrer, dit-il de sa voix chevrotante.

Avec un sourire carnassier, il sortit d'une armoire défoncée de multiples objets que Théo ne pouvait que distinguer vaguement dans la lueur diffuse que renvoyait la bougie. Rusard l'attacha au mur avec des chaînes reliées à un boulet, avant de lui bâillonner la bouche avec un énorme rouleau de scotch.

– Technique moldu, ricana Rusard. Ça marche à tous les coups. Pas vrai gamin ?

Théo n'entendait qu'à moitié ce qu'il disait, encore terrassé par les griffures de Miss Teigne. Une fois que le jeune homme fut correctement enchaîné, le concierge posa divers instruments devant lui avec un rictus sadique sur le visage.

L'autre partie du groupe s'était réfugié dans la salle des trophées, au deuxième étage. Le silence était pesant, et l'obscurité oppressante.

– Bon, on va essayer de sortir dehors mais je ne vous garantit rien, déclara Drago.

– Comment ça ? Soupira Cormac.

– Tu vas voir.

Le beau blond ne prit même pas la peine de dégainer sa baguette ; il donna un grand coup de talon dans une des fenêtres de la salle des trophées, et les carreaux volèrent en éclats.

– Mais t'es malade ou quoi ? S'écria Pansy en se griffant les joues jusqu'au sang avec ses ongles.

– Tu devrais me remercier au lieu de tirer la gueule, répliqua Drago. À moins que tu ne veuilles plus t'amuser ?

Elle le regarda d'un air désespéré pendant quelques instants tandis qu'il reportait son attention sur le reste de la petite troupe.

– Vous me suivez ou pas ?

– Ouais, déclara Cormac. Je vais y aller en premier.

– Essaie de ne pas te casser quelque chose en tombant, on est quand même à plus de cinq mètres du sol.

Cormac sauta dans le vide en murmurant un sort. Il atterrit en douceur sur un matelas qu'il avait fait apparaître.

– Je passe en dernier, déclara Drago. Que-ce que vous allez faire de ses deux-là ? Interrogea-t-il en désignant du menton Seamus toujours assommé et Luna qui était dans les vapes.

– On s'en occupe, répondirent Harry et Ron.

L'atterrissage se passa bien pour tout le monde et Drago fut le dernier à s'élancer du haut de la fenêtre brisée et ouverte aux quatre vents. Une brise chaude de fin de printemps fit voler leurs cheveux et leur caressa le visage. Ils avaient atterri dans le parc de Poudlard, non loin de la cabane de Hagrid, dont les lumières étaient toujours allumées au passage.

– On a enfin réussi à sortir c'était pas trop tôt, maugréa Montague en sortant un havane de sa poche et en s'allongeant dans l'herbe humide.

– Qu'est-ce que tu fais ? Questionna Tracey, les mains sur les hanches.

– Bah, ça ne se voit pas ? J'attends les autres. On ne va pas faire la fête sans Blaise, penses-tu !

Tracey soupira, tout en lui tournant le dos. Bientôt tout le monde se tourna vers Drago, qui était censé diriger le groupe. Celui-ci les regarda d'un air méprisant, les mains dans les poches de son uniforme avant de daigner prendre la parole.

– On va envoyer quelqu'un en éclaireur pour voir si la voie est libre, OK ?

Pansy, Crabbe et Montague approuvèrent mais les Gryffondor firent grise mine.

– Et je vais les désigner moi-même. Potter et Weasley, vous vous en chargez.

– Comment ? Et puis quoi encore ! On aura tout vu, s'exclama le rouquin.

– Au moins tu serviras à autre chose qu'à fumer de l'herbe à ne plus savoir quoi en faire.

Ron n'ajouta rien, mais grogna dans sa barbe. Harry n'avait pas bougé, fixant effrontément Drago.

– Tu cherches les ennuis Potter ? Ricana le roi des Serpentard en se rapprochant de lui.

– C'était nôtre soirée à la base Malefoy, dit-il en articulant chaque syllabe du nom de son pire ennemi. Et dans ma soirée je fais ce que je veux.

– Bien dit Potter. Seulement, que dirait-tu si je te disais que cette petite mission d'éclaireur comporte plus d'attrait que tu ne le crois ?

– Vas-y fait moi rêver, ironisa Harry avec un sourire sarcastique.

– Disons que dans la cabane du géant se trouve une quantité de boissons assez appréciable. Disons que pour toi et ton pote le rouquin se sera buffet à volonté.

– Mmh...bon c'est d'accord. Et vous, vous faites quoi pendant ce temps-là ?

– On attendra les autres. Et ils ont intérêt à se dépêcher.

Harry fit signe à Ron de le suivre d'un mouvement de tête. Comment cela se faisait que Hagrid ait de l'alcool chez lui ?

Les deux compères traversèrent avec difficulté le potager du garde-chasse, le sol étant embourbé à cause des récentes pluies saisonnières. Mais finalement, ils arrivèrent devant la petite cabane en bois dont l'unique fenêtre était encore éclairée.

– Que-ce qu'il fiche là-dedans ? Interrogea Ron ;

– Je n'ai pas envie de savoir, rétorqua Harry.

Tous les deux retinrent un fou rire à l'idée de Hagrid se baladant en robe de chambre avec son éternel nappe qui lui servait de mouchoir. Soudain, la porte d'entrée de la cabane s'ouvrit dans un grand fracas, et ils entendirent les aboiements de Crockdur.

– Tout doux mon grand, dit Hagrid en lui flattant la tête. Je vais chercher une pelle et après on va tous les deux au potager.

Cachés à l'angle de la cabane, les deux Gryffondor n'avaient aucun risque d'être vu et soupirèrent de soulagement lorsque le garde-chasse sortit de chez lui pour se rendre dans le potager.

– C'est bon Harry, la voie est libre.

Ils se dépêchèrent de s'introduire tous les deux dans l'antre du géant en prenant soin de refermer la porte derrière eux.

Théo ouvrit les yeux, pour se rendre compte que le vieux concierge fou n'était plus là. Mais il était toujours solidement attaché à ce foutu mur de pierre humide. Sa tête lui faisait affreusement mal et il tenta de fouiller dans ses poches avec le peu de mouvements qui lui était permis. Il avala un peu de MDMA pour faire passer son mal de crâne et oublier un peu tout ce qui venait de se passer. Pourtant lorsqu'il entendit des bruits de pas qui s'approchaient, il prit peur et se recroquevilla sur lui-même.

– Eh Théo, t'es où ? Chuchota une voix dans les ténèbres.

– Ici, gémit le jeune homme enchaîné.

– Ah, enfin on t'a retrouvé. Je vais te sortir de ce pétrin.

– Mais, t'es qui en fait ?

– T'es con ou quoi ? C'est moi, Blaise. Qui d'autre aurait bien voulu aller te chercher ?

D'un sort habile, il brisa les chaînes et Théo tomba au sol en se tenant les poignets.

– Aller relève-toi, on a réussi à accaparer l'attention du cracmol, mais ce vieux fou peut refaire surface d'un instant à l'autre alors barrons-nous d'ici et au plus vite.

Il prit les pétards de Théo tandis que celui-ci le suivait sans cesser de se masser les poignets. Mais avant qu'ils n'aient pu arriver jusqu'à la porte, un bruit de lutte se fit entendre, suivit d'un cri perçant et d'un grand coup sourd qui fit vibrer les vieilles plinthes de bois.

– Que-ce qu'ils ont fait encore ? Marmonna Blaise en ouvrant la porte.

Avec un cri de surprise, il se poussa sur le côté, entraînant Théo avec lui. Le corps sans connaissance de Rusard tomba de tout son long au milieu de la pièce.

– Est-ce que ça va là-dedans ? Interrogea Dean.

– Mais vous avez fait quoi bordel ? S'écria Blaise. Je vous avais dit de le maîtriser, pas de le massacrer ! Ont fait comment maintenant ?

– Il n'arrêtait pas de gigoter, j'étais bien obliger de l'immobiliser. Et puis il ne voulait pas fermer sa gueule alors j'ai dû le faire moi-même, déclara sans remords Gregory Goyle comme si c'était une habitude pour lui.

– Eh bien bravo ! S'énerva Blaise. Ce fou a dû alerter tout le château en plus. Aller, on se tire.

La petite troupe regarda d'un air dégoûté le corps inerte de Rusard, avant de s'en aller à toute vitesse vers le hall.

– Et bien sûr les portes sont fermées, marmonna Dean. Comment ont fait du coup ?

– Je t'avoue que là, j'ai un trou, avoua Blaise. Quelqu'un a-t-il une idée ?

Tous les regards se tournèrent évidemment vers Hermione, qui leva les yeux au ciel devant tant de mauvaise volonté.

– Jolies cuisses Granger, déclara allégrement Goyle en se léchant les babines.

– Gregory ! C'est pas notre priorité. Moi c'est le cerveau de Granger qui m'intéresse pour l'instant. Donc, une idée miss-je-sais-tout ?

Alors que Hermione allait ouvrir la bouche, un rire strident se fit entendre dans l'obscurité. C'était un rire joyeux, mais un rire que personne ne voulait entendre.

– Oh non, c'est pas vrai. Pas lui, Merlin par pitié, gémit Neville en se prenant la tête dans les mains.

– On est dans une belle chiasse les gars, soupira Dean. Il ne manquait plus que ça : Peeves.

La voix rit de plus bel avant que Peeves n'apparaisse à leurs regards, ses grands yeux noirs et sa bouche tordue en un rictus grotesque.

– Eh oui mon petit, voilà l'esprit frappeur en personne. Ah je sens que je vais bien m'amuser ce soir !

– Que-ce que tu veux ? Demanda agressivement Ginny.

Mais Peeves ne sembla pas l'entendre et continua de déballer son speech.

– Ah oui, je vais m'amuser comme jamais. De la schnaps, de la chnouf, de l'herbe, des culs, de la bagarre...j'adore ça moi ! Oui monsieur !

– Faites-le taire ! S'époumona Neville.

Peeves leur tournait autour sans cesser de ricaner comme un gamin de six ans le jour de Noël.

– Eh trou-du-cul ! Écoute-moi ! S'écria Blaise.

– Oh, oh tu cherches à faire le malin avec moi, gamin ?

– Tais-toi et écoute ce que j'ai à te dire. Tu vas m'aider à ouvrir ses portes et en vitesse !

– Oh, il est mignon tout plein le petit métis...

Goyle et Théo durent retenir Blaise pour ne pas qu'il refasse le portrait à Peeves. L'esprit frappeur reprit ses tours de salle sans cesser de rire.

– Tu veux participer à la fête c'est ça ? Demanda Blaise.

– Exactement. Et je suis mieux placé que toi pour savoir que lorsqu'il s'agit de fête, c'est toujours Peeves qui régale.

– Et bien là, tu vas trinquer mon grand. Aguamenti !

Le jet d'eau aspergea Peeves de plein fouet et celui-ci poussa un cri de surprise en se rejetant en arrière.

– Hermione c'est quoi ton plan ? S'exclama Dean pendant que Blaise continuait de tenir Peeves en respect. Dépêche-toi, il faut qu'on se soit tirer avant que l'esprit frappeur ne rameute toute la troupe.

– Quelle troupe ?

– La troupe des fantômes pardi !

En effet, Peeves hurlait des appels au secours tandis que Blaise tentait de le maîtriser.

– Vous êtes vraiment trop bête, déclara Hermione. Vous savez très bien quel est le seul moyen d'ouvrir les portes de l'entrée.

– Ah oui ? Et c'est quoi ? Demanda Théo.

– Les clés de Rusard. C'est bien beau de l'assommer mais encore faut-il lui prendre ses clés pour ouvrir les portes.

– Oh non ! Comment on a pu oublier ça ? T'es une génie Hermione, s'exclama Dean.

– Non, je suis juste logique. Et je vais aller les chercher pendant que vous vous occupez de l'esprit frappeur.