Hey !

Si vous saviez comme je suis fière de moi ! Pour une fois je n'ai pas mis des mois à écrire ce chapitre !
Je pense qu'après celui là il n'en restera qu'un. :)

Merci pour vos review vraiment adorables !

J'espère que la suite va vous plaire =3

Bonne lecture !


« Holmes, l'enfant n'était pas chez Queensberry. » susurra Lestrade, jubilant intérieurement.

Sherlock grogna.

« Dans ce cas là, chez qui ? »

« C'est à vous de me le dire monsieur le détective consultant. »

« Laissez-moi quelques jours. »

« N'oubliez pas que vous avez la vie d'un enfant entre les mains, Holmes. Je vous en prie, faites-nous part au plus vite des résultats de votre enquête. »

Holmes hocha la tête et le poussa doucement dehors en lui lâchant un « Je vous tiens au courant. » pratiquement imperceptible, avant de refermer la porte. Alors comme ça il s'était trompé ? Il remonta les escaliers et tomba sur son Watson toujours immobile dans son fauteuil.

« Holmes, il me semble que j'ai le droit à des explications. » bredouilla-t-il.

« Lestrade. Il est venu m'annoncer que le petit n'est pas chez le père de Wilde. »

« Ce n'est pas à ce propos que je veux des explications... » soupira le blond.

« Plus tard Watson. Nous devons d'abord retrouver le gamin, qui sait ce qu'un psychopathe est peut-être entrain de lui faire subir. Il doit manquer quelque-chose. Quelque-chose que l'on aurait oublié de me dire. Ça ne peut pas être autrement. »

« Bien sûr ! Le grand Sherlock Holmes ne peut pas s'être trompé, c'est tout bonnement impossible ! » ironisa le docteur Watson.

« Exact. » le taquina le brun. « Aidez-moi plutôt au lieu de raconter des âneries. »

Il força Watson à se tasser d'un côté de son fauteuil de façon à lui laisser de la place. Encore une fois leur proximité dérangeait Watson, mais il prit sur lui, et ne fuit pas. Il passèrent la journée à retracer les événements tels qu'on les leur avait racontés. Holmes parlait tandis que son fidèle Watson prenait des notes.

Le médecin ne s'arrêta que pour manger lorsque Miss Hudson leur avait apporté le déjeuner sous le regard noir du détective qui n'avait pas stoppé ses recherches.

« Vous allez finir par dépérir. » lui avait-elle lancé comme à chaque fois qu'il se tuait à la tâche.

Mais comme à son habitude il n'avait pas répondu, préférant à cela une signe de la main, lui indiquant de bien fermer la porte en sortant.

Une fois son déjeuner engloutit, Watson était retourné s'asseoir, mais sur le fauteuil de Holmes cette fois-ci puisque le détective avait décidé d'occuper le sien. Sherlock l'avait regardé faire sans broncher. Il n'y pouvait pas grand chose.

C'est après plusieurs heures de recherche en vain dans les journaux que Watson brisa finalement le silence.

« Peut-être pourrions nous rappeler Oscar Wilde ? Pour lui demander s'il n'aurait par hasard pas oublié de nous dire quelque-chose. »

« Inutile. » répondit simplement Holmes d'un air dédaigneux avant de se replonger dans ses pensées.

John écarquilla les yeux. C'était bien la première fois que son colocataire refusait de nouvelles preuves. Il soupira avant de se lever, s'appuyant difficilement sur les accoudoirs de son fauteuil.

« Je suis épuisé Holmes, je vais me coucher. »

Le brun se leva à son tour, et se rapprocha du plus jeune, lentement.

« Bonne nuit. » murmura-t-il, tout près.

Trop près pour Watson, qui recula d'un pas.

« Merci. A vous... A vous aussi. » marmonna-t-il.

Dieu que c'était dur pour notre cher Watson de résister à un tel homme. Une fois de plus, il se retrouvait à monter les marches qui le menaient vers une solitude certaine. Mais qu'aurait-il pu espérer ? Qu'un jour Holmes puisse les monter avec lui ? Ou bien qu'il n'ai plus jamais à les monter ? Tout, ces derniers temps, lui laissait penser que cela aurait facilement pu se produire. Il en arriva d'ailleurs cette nuit là, à se demander pourquoi il résistait toujours. Il y avait Wilde. Et puis il avait peur. Peur de n'être qu'une expérience. Une expérience qui allait finir par tout faire exploser, tout comme la plus part des autres expériences du détective.

Watson ne le voyait pas comme quelqu'un de très tolérant, plus peut-être par incompréhension que par réel mépris ou dégoût. Jusque là, Holmes s'était plu à croire que son cher ami n'avait d'attirance que pour le « sexe faible », comme il aimait l'appeler, mais Oscar Wilde, en entrant dans la vie de Watson, avait bouleversé toutes ses convictions. Pourtant il n'en disait rien, il ne faisait qu'agir sous l'emprise de ce que tout médecin appellerait des pulsions.

Cela faisait trois jours. Trois jours que Sherlock Holmes cherchait un petit détail qui lui aurait échappé. Trois jours bien entendu qu'il ne voulait définitivement plus entendre parler de cet Oscar Wilde. Et pour finir, trois jours que son comportement envers le pauvre Watson empirait. Les murmures se faisaient plus doux, les regards plus insistants, les effleurements de plus en plus présents lorsqu'un objet passait d'une main à l'autre. Holmes refusait pourtant d'expliquer son comportement, prétextant inlassablement un surplus de travail, ou bien une fatigue trop importante.

Ce matin là, Watson, comme à son habitude était descendu petit déjeuner, mais cette fois-ci bien décidé à éclaircir cette affaire personnelle.

« Bonjour Holmes. » lança-t-il.

Le brun ne répondit pas. Alors c'était ça ? Aujourd'hui il avait décidé de l'ignorer ? Non. Aujourd'hui, c'était à lui, le docteur Watson, de décider de ce qui allait se passer. Il jubila d'avance en pensant à la réaction qu'aurait son ami devant la nouvelle qui allait lui être annoncée.

« J'ai décidé d'aller voir Oscar Wilde aujourd'hui. »

Le détective toussota puis leva les yeux au ciel.

« Parfait. Quand à moi je serais absent cette nuit. Mais je suppose qu'il en sera de même pour vous ? »

Son regard perçant brûlait le front de Watson.

« Je... non. Je rentrerai dans la soirée. »

« Bien. » répondit simplement le plus vieux, satisfait.

Lors de sa première visite, Oscar Wilde leur avait laissé la carte de son l'hôtel, au cas où de nouveaux éléments auraient pu lui apporter une once de bonheur. Ce fut donc sans difficulté qu'il retrouva le petit hôtel miteux dans lequel l'écrivain logeait dans l'attente de retrouver une situation plus stable. A la réception, on lui indiqua le numéro de la chambre. Qu'allait-il lui dire ? Il lui devait encore des explications. Hésitant, il frappa à la porte. Oscar ouvrit sans un mot. Il avait les cheveux gras, le teint cireux, et portait quelque-chose qui ressemblait vaguement à une robe de chambre. Watson n'avait pas vraiment d'idée sur l'objet de sa visite. Voulait-il lui demander des précisions sur la disparition de son fils ? Ou peut-être voulait-il simplement échapper quelques instants au bourreau qui vivait avec lui à Baker Street. Il se racla la gorge.

« Holmes voulait se débarrasser de vous. Il est têtu. »

L'écrivain hocha la tête tristement.

« Il semble tenir à vous beaucoup plus que vous ne le croyez. »

« Il est égoïste et ne veut juste pas se retrouver seul. » le corrigea le médecin.

« C'est ce que vous pensez ? Mais vous, » poursuivit le brun « vous tenez pourtant à lui ? »

« Vous devriez sortir d'ici. » lança maladroitement Watson dans l'espoir de changer de sujet. « Les meubles sont couverts de poussière. Et ce n'est pas bon de rester dans l'obscurité comme ça.. Habillez vous et venez au parc avec moi. »

Sans gêne ni pudeur, Oscar Wilde laissa glisser sa robe de chambre au sol, sous le regard effaré de Watson.

« Ou alors préféreriez-vous que nous restions bavarder ici ? »

« Non, dehors. Il faut... Vous devez reprendre des couleurs. »

« Pourquoi êtes-vous venu, docteur ? » les dernier mots furent prononcés avec froideur, mettant volontairement le plus jeune encore plus mal à l'aise qu'il ne l'était déjà.

« L'enquête n'avance pas, et Holmes refuse d'admettre qu'il a besoin de votre aide. » bredouilla-t-il. « Nous avons besoin de précisions. »

Alors qu'il prononçait ces quelques mots, Wilde enfilait trop lentement des vêtements légèrement trop serrés.

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Holmes de son côté avait tenté de trouver un peu de réconfort auprès de sa vieille amie la solution à sept pour cent, tandis qu'il épluchait tout les journaux qu'il avait réussi à réunir. Aucun résultat. Il allait devenir fou, et cette fois-ci, Watson ne serait pas là pour l'empêcher de s'autodétruire. Dix heures du matin sonnèrent lorsque Miss Hudson apporta à Sherlock Holmes la pièce manquante à toute l'énigme.

« Le journal d'aujourd'hui monsieur Holmes. »

Le détective grogna, et lui arracha des mains, lui faisant, comme à son habitude, un vague geste lui demandant de partir en vitesse. Il jeta un coup d'œil aux nouvelles puis laissa tomber le journal à terre. Il se leva brusquement et couru jusqu'à la bibliothèque. Le portrait de Dorian Gray, le roman le plus connu d'Oscar Wilde, c'est sur cette ouvrage que ses yeux s'arrêtèrent un instant. Le brun, rongé par le remord et l'inquiétude, sortit précipitamment. Il fallait qu'il retrouve Watson à tout prix. Alors que le fiacre traversait les rues de Londres, l'article que le détective venait de lire lui revenait en tête.

« Nouveau meurtre à Londres.

Frédérique Masdon, incarcéré il y a trois ans pour meurtre, et échappé il y a un mois de cela, vient de commettre un second meurtre. La police de Scotland Yard est en mesure d'affirmer qu'il s'agit bien d'un meurtre commis par l'évadé étant donné que le cadavre de la victime a été identifié comme étant une ancienne relation du célèbre écrivain Oscar Wilde, tout comme la première victime. De même que la première fois, la victime aurait d'abord été battue, puis torturée, des bleus ayant été retrouvés sur les deux corps, approximativement aux mêmes endroits, avant d'être sauvagement égorgée. Le meurtrier se trouverait selon quelques témoins encore à Londres. Des patrouilles de police sont organisées dans toute la ville.

Selon les psychologues qui le suivaient, le meurtrier semblait se prendre pour le célèbre personnage inventé de toutes pièces : Dorian Gray

Sherlock Holmes avait rarement peur. Mais cette fois-ci la vie de Watson était en jeu. En effet, il commençait à comprendre ce qui se tramait. Et si il en croyait ses déductions, ce Frédérique Masdon semblait en avoir après les « Relations » d'Oscar Wilde. Le fiacre s'arrêta devant un hôtel délabré.

« Attendez moi ici. »

Il entra et frappa violemment sur le bureau du réceptionniste, qui sursauta.

« Monsieur Wilde s'il vous plait. »

« Monsieur est sortit accompagné d'un ami. Il me semble avoir compris qu'ils se rendaient au parc, au bout de la rue, à droite en sortant. »

Sans prendre la peine de le remercier, Holmes sortit, paya le conducteur du fiacre qui s'en alla, et remonta à vive allure la rue à pieds. Il arriva dans un petit parc, qui sans l'ombre d'un doute était complètement désert. Peut être que Watson et son compagnon avaient décidé d'aller se promener ailleurs. Il jeta un coup d'oeil à sa montre. Onze heures dix... Priant pour que son ami soit hors de danger, Holmes traversa le parc, et questionna un mendiant qui avait l'air de le connaître. Merci Watson et ses récits dans le Strand.

« Oh oui m'sieur Holmes. Un moustachu, plutôt blond, pendu au bras d'un imposant bonhomme ! Quels drôles d'oiseaux ! On pouvait pas les louper ! Ils roucoulaient, puis sont partis précipitamment par là ! » lança-t-il en gesticulant, puis en pointant du doigt une ruelle.

Jetant maladroitement une pièce au vieillard, Holmes fila le long de la rue que l'homme lui avait indiqué. Plus il avançait, moins il y avait de monde. Le ciel était toujours gris, ce n'était pas vraiment le moment propice pour une promenade. Il passa devant une vieille prison désaffectée, qui devait très certainement à présent servir de squat. Inutile de s'y aventurer, pensa-t-il. Seulement des traces au sol attirèrent son regard. Il semblait qu'on avait traîné quelque-chose, ou quelqu'un. Le sang de Holmes se glaça lorsqu'il envisagea que cela pouvait être Watson que l'on avait traîné. Les traces partaient d'un vieux fiacre en très mauvais état, et se dirigeaient jusqu'à la grille de l'ancienne prison. Il hésita un instant, avant d'aller courageusement ouvrir la porte du fiacre pour y trouver un indice.

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Pendu au bras de son ami Oscar Wilde, Watson avait écouté attentivement tout ce qu'il lui avait raconté lors de leur trajet à pieds jusqu'au petit parc. Sur leur chemin, des femmes se retournaient, et ricanaient entre elles, tandis que les hommes leur jetaient des regards pleins de dégoût. Le médecin était mal à l'aise de s'exposer ainsi. Oscar, lui, ne se souciait guerre des qu'en dira-t-on. Il était habitué.

« Vous n'avez pas peur que l'on vous juge à nouveau ? » osa Watson à demi-voix.

« Nous n'avons encore rien fait de mal. » répondit-il malicieusement.

Le mot encore raisonna dans la tête de Watson un bon moment pendant lequel pas un mot ne fut dit.

« Nouveau meurtre à Londres, demandez ! Demandez ! Nouveau meurtre à Londres ! »

Watson pris un journal des mains du garçon et le paya, avant de se rapprocher à nouveau d'Oscar qui à la vue de l'article devint plus pâle qu'il ne l'était déjà.

« Vous le connaissez ? »

Wilde hocha la tête.

« C'était un garçon très gentil. Il avait une vingtaine d'années quand je l'ai connu pour la première fois. Je fut son premier amant, et lui le premier à lire Le portrait de Dorian Gray. Lorsqu'il l'eu terminé, j'ai pu remarquer qu'il commençait à se comporter comme le héros de mon roman. De plus il était extrêmement possessif et m'empêchait de voir d'autres amants comme j'avais l'habitude de le faire. Un soir je suis sortit sans le mettre au courant, voir mon amant, Robert Ross. Lorsque je rentrait il n'était plus dans notre chambre d'Hôtel. Le lendemain j'appris par la presse que Robert avait été tué, et que le meurtrier, Frédérique Masdon, avait été appréhendé à quelques pas du lieu du crime. »

Alors qu'il écoutait sagement les paroles de son ami, Watson commençait à réaliser l'ampleur de l'enlèvement du petit.

« Croyez-vous qu'il puisse avoir enlevé votre fils ? »

A ces paroles, Oscar Wilde se raidit.

« Il faut aller à Scotland Yard ! »

Watson suivait aveuglément l'écrivain qui s'était lancé dans une course effrénée jusqu'au poste de police. Alors qu'ils traversaient une ruelle plutôt isolée, un fiacre les dépassa puis s'arrêta quelques mètres devant eux. Un homme plutôt jeune, d'environ 25 ans en sortit. Il était brun, très pâle, et avait un visage juvénile. Oscar le reconnu immédiatement.

« Qu'as-tu fait de mon fils ? »

Le plus jeune tourna la tête vers Watson.

« C'est ton nouveau petit ami ? Tu as très vite remplacé Bosie dis-moi. Il va être ravis quand il l'apprendra. »

Le blond secoua vivement la tête. Pourquoi est-ce qu'il n'avait pas pris son revolver ? Comme s'il avait lu dans ses pensées, Frédérique Masdon sortit de sa poche un tout petit revolver qu'il pointa sur le médecin.

« Je suppose que tu n'es pas resté très longtemps avec lui, il est donc inutile de le torturer trop longtemps, autant en finir tout de suite, et se consacrer à ton cher Bosie. »

Wilde fit brusquement un pas en avant, mais Watson le retint. C'est le moment que choisit Masdon pour tirer. Le blond eut l'impression qu'on lui enflammait l'épaule droite. Il s'évanouit pour la première fois de sa vie, de douleur, et de peur.