Roswell.

Épisode 3: Pouvoirs.

(Losing control.)

Ce fut un réveil douloureux pour Liz Parker. Elle n'avait pas beaucoup dormi et même si elle avait passé la nuit auprès de Max, elle n'était plus du tout rassurée. Depuis quelques temps, elle rêvait sans cesse de son frère Kévin, décédé il y a trois ans. Le jour précédent, elle l'avait même vu et sentit. Que lui arrivait-il ? Cette nuit, son frère lui avait répété « Si tu ne pars pas, je vais te tuer ». Les mots résonnaient encore dans sa tête. Rien que d'y repenser, elle en frissonnait. Que se passait-il ? Sa vie avait soudain prit une tournure étrange.

-Hey, dit Max alors qu'elle se levait. Nuit agitée…

-Hum… j'ai besoin d'une aspirine.

-Je vais te la chercher proposa-t-il en se dirigeant vers la porte.

-NON.

Dans un mouvement de réflexe, elle tendit le bras vers Max pour l'empêcher d'y aller. La réaction fut surprenante puis ce geste projeta l'hybride à travers la chambre de la jeune fille. Il heurta le mur de plein fouet. Le jeune homme gisait à présent inconscient sur le sol. Liz fut paniquée. Elle se rua rapidement sur lui. son cœur battait la chamade.

-Max ? Répond moi. Tu vas bien ? Max ?

-Je… je crois que oui, reprit-il doucement ses esprits.

Il grimaça plaçant sa main sur ses tempes douloureuse. Sa chute avait été spectaculaire. Il se releva péniblement. Il regarda ensuite Liz. Une lueur de frayeur passa dans ses yeux.

-Comment as-tu fait ça ?

-Je l'ignore, dit-elle en se regardant les mains. Je… oh Max ?

Elle leva les mains à la hauteur de son visage dont le teint avait pâlit. Il affichait une grimace effrayée. Les yeux de Max s'écarquillèrent. Les mains de Liz étaient traversées d'éclairs multicolores.

-Liz ? bafouilla Max surpris. Tu as des pouvoirs…

La jeune fille était assise sur son lit. Elle n'en revenaient pas d'avoir fait ça à Max. elle aurait pu le tuer. Elle se sentait comme un monstre. Max avait beau la rassura, elle ne s'en sentait pas moins coupable.

-C'est impossible, nia-t-elle. Je ne peux pas avoir de pouvoirs.

-Peut-être qu'en te sauvant, je t'ai donné une partie des miens voire même des pouvoirs différents. Je ne sais pas.

Elle soupira. Il en fit de même, se sentant dans l'incapacité d'expliquer ce qui lui arrivait. Liz gardait ses mains en poche. Elle avait peur de les sortir. Elle ne voulait pas passer le reste de sa vie dans la crainte de tuer Max à chaque geste un peu plus brusque.

-Je connais quelqu'un qui pourra t'aider pour tes rêves et pour tes pouvoirs, lui confia-t-il.

Assis à ses cotés, il posa une main sur son épaule tandis que de l'autre, il s'appliquait sur sa nuque la poche de glace qu'il avait été cherché. Il grimaça à nouveau sous l'effet d'une nouvelle douleur qui lui traversait le cou.

-J'aurais pu te tuer, sanglota-t-elle. Tu te rends compte ?

-Ca n'aurait pas été ta faute. Et puis, je serais mort dans tes bras…

Il sourit. Mais Liz n'était pas en état d'apprécier la plaisanterie. Elle se sentait en train de changer et n'était en rien réconfortée. Max la regarda intensément, gardant toujours sa main sur ses épaules.

-Il faut juste que tu apprennes à les maîtriser.

-Et si je n'y arrive pas ? Je pourrais faire du mal à tous mes amis. Je pourrais te faire du mal.

Elle se leva d'un bond et se plaça face à Max. Ne comprenait-il pas l'importance qu'il avait à ses yeux ? L'idée de pouvoir le blesser lui était insupportable. Il comptait bien trop pour elle.

-Tu y arriveras et je t'aiderai. Prépare-toi. Nous partons.

-Qui est cette personne, Max ?

-Il s'appelle River Dog.

La confiance de l'alien se lisait dans son regard serein. Elle le savait. Il ferait tout pour qu'elle aille mieux et qu'elle s'en sorte toujours. Avec où sans lui, il veillerait à jamais sur elle.

Maria ouvrit un œil. Elle se sentait si bien, incroyablement bien, et reposée. Elle avait bien dormi et rêvé de Michael. Dans son rêve, il était chez elle et s'endormait à ses cotés. Et le matin, il lui frôlait les cheveux et lui caressait la joue. Alors qu'elle rêvassait, ne laissant pas à ses yeux l'opportunité de s'ouvrir de peur que ce rêve ne disparaisse, quelque chose bougea à l'autre extrémité du lit. Maria sursauta et hurla presque. De dessous de la couverture surgit alors Michael !

-Mais qu'est ce que tu fais là ? lui demanda-t-elle.

-Bonne question, dit-il en se grattant le front.

Il se débrouilla du mieux qu'il pu pour se débarrasser de toutes les couvertures qui lui tombaient sur la tête. L'esprit de Maria fonctionnait à une allure accélérée. Michael était là à son réveil, comme dans son songe.

-Tu es resté après le film hier soir ?

-J'ai du m'assoupir. Tu t'es endormie sur mon bras et je n'ai pas voulu te réveiller.

-Oh…

Maria détourna le regard sentant se joues rougir. Michael la toisa un instant. Elle semblait si simple. Rien à voir avec toutes les autres filles qui lui courraient éternellement après. Maria était tout ce qui a de plus simple. Elle ne cherchait pas à être quelqu'un d'autre quand elle était en sa présence.

-Tu as la joue très douce, lui avoua-t-il.

Maria était à présent pivoine. Michael s'en aperçut. Il se racla le fond de la gorge et embraya sur un autre sujet, afin d'éviter ce silence inconfortable qui était en train de s'installer.

-Je veux dire… c'était un bon film.

-Effrayant surtout.

Michael ne pu s'empêcher de rire. Il était loin d'avoir considéré le film comme effrayant. Il l'aurait plutôt qualifié de 'distrayant'. Mais maria avait eu l'air paniquée.

-Petit nature, va !

-Moi ?

-Oui, toi !

-N'importe quoi !

-« Oh mon Dieu, il ne va quand même pas lui fracasser la tête. Oh, je ne veux pas voir ça… » la singea Michael.

Maria ouvrit la bouche pour rétorquer mais se résigna. Elle fut forcée d'admettre qu'il avait raison. Mais elle était comme ça. Un moindre petit rien l'émouvait. Elle détourna le regard de Michael tout en rougissant.

-Tu veux petit déjeuner ici ? sourit-elle.

-Ce n'est pas de refus, répondit-il en hâte. Je meurs de faim.

Le sourire de Maria s'élargit et Michael sourit en coin. Ils se regardèrent un moment sans rien dire, les yeux dans les yeux. Il avait été adorable de ne pas l'avoir réveillée. Tomberait-elle amoureuse ? Ou bien n'était-ce pas déjà fait ?

Liz s'était rapidement habillé et avait évité max au possible. Elle ne tenait pas à le blesser d'avantage. Il avait bien fallut qu'elle se tienne à proximité lorsque le moment vint de sortir. En passant la porte Max aperçu une silhouette familière qu'il ne connaissait que trop bien. C'était Tess. Elle et son petit ami, avaient planifiés de passer la journée ensemble. Pourtant, celui-ci était bien plus préoccupé par Liz. Il n'avait plus du tout envie de passer du temps avec celle qui était, officiellement encore, sa petite amie. Max demanda à Liz de l'attendre dans la voiture. Elle s'exécuta. Le jeune homme approcha de la blonde.

-Max, que se passe-t-il ? On devait…

-Oui je sais, mais Liz a besoin de moi.

-Bien sur, s'énerva Tess. La petite Liz Parker passe avant moi… comme toujours…

-Elle développe des pouvoirs semblables aux nôtres, expliqua Max.

Il tentait de se justifier mais n'en voyait pas la raison. Que devait-il à Tess ? Absolument rien. L'adolescente sembla irritée de voir qu'il donnait la priorité à cette 'pimbêche'. Elle ricana.

-Alors Nasedo avait raison, fit-elle, dégoûtée. Il l'avait vu. Il avait vu que cette garce t'éloignerait de nous. Il m'avait aussi prévenue que cette peste avait des pouvoirs.

-Ne traite pas Liz comme ça ! s'emporta Max.

-Tu vois, tu prends sa défense.

Tess rit sans joie. Elle se mit à lever les bras dans tous les sens et à faire de grands mouvements comme si cela pouvait impressionner Liz, qui les observait toujours de loin.

-Pourquoi tu n'es pas comme ça avec moi Max ? C'est avec moi que tu sors. Et je suis ta femme aussi !

-Plus maintenant, conclut Max.

-Quoi ? dit Tess complètement déboussolée, comme si on venait de la poignarder dans le dos.

Et comme Liz l'avait fait le jour d'avant Max rompit. Au fond, s'il s'était mit avec elle ce n'était que pour accomplir un destinée qui lui paraissait aujourd'hui, bien dérisoire.

-On ne sort plus ensemble. C'est fini ! persista-t-il.

Max n'avait pas eu l'intention d'être aussi ferme, aussi méchant. Ce n'était pas du tout son genre. Pourtant ces mots étaient sortis de sa bouche si vite. Ils avaient été comme une libération.

-Non, gémit Tess. C'est avec moi que tu dois être. Nasedo nous l'a dit.

-Nasedo semble savoir beaucoup de chose.

-Il… il a plus de pouvoirs qu'il ne veut bien le montrer.

Le regard de Max se durcit. Alors ainsi leur protecteur était plus puissant qu'il ne l'avait toujours prétendu. Et à quelles fins ? Pourquoi leur avait-il caché ses pouvoirs ?

-Quels sont-ils, ses pouvoirs ? demanda Max sans laisser paraître son étonnement.

-Il fait tout ce que nous faisons en mille fois plus fort. C'est ainsi qu'il tue les gens. Il lui suffit de poser sa main sur leur poitrine et de faire brûler l'intérieur de leur corps.

Max eut une grimace de dégoût à l'écoute du récit de Tess. C'était tellement horrible. Comment pouvait-il faire de telles choses ? Il crut qu'elle en avait fini, mais la blondinette enchaîna.

-Il peut également voir une partie de l'avenir, comment les choses évolueront si rien ne change. Ainsi il peut modifier les évènements pour que ça n'arrive pas.

Cette révélation intrigua Max. C'était sans doute ainsi que Nasedo les avait manipulé ces dernières années pour qu'il se conforme toujours à leur destinée. Il les avait tous dupé.

-Mais ce pouvoir possède certaine faille, précisa-t-elle.

Elle tentait de rassurer son interlocuteur. Mais sans succès. Max se sentait trahi. Tess décida de passer à autre chose, voyant le regard de son 'ami' l'incitant à poursuivre.

-Il ressent les peurs des gens et, comme tu le sais déjà, il change d'apparence. Il peut être n'importe qui.

-Pourquoi nous avoir caché des choses ?

-Ils ne voulaient pas que vous sachiez. Il avait peur que tu réagisse mal comme tu viens de le faire.

-Très habile comme manœuvre pour nous manipuler.

Tess nia d'un mouvement de la tête. Elle voulut à nouveau se justifier, mais max passa à côté d'elle ne la considérant même plus. Elle alla à sa suite et lui agrippa le bras.

-Tu ne peux pas me laisser tomber comme ça. On doit être ensemble.

Il détourna le regard. Quand il y pensait, il se trouvait ridicule de s'être ainsi fait dirigé par leur protecteur. Il écarta Tess de lui et reprit ensuite sur un ton un brin plus agressif.

-J'ai plus important que de t'écouter gémir

Tess faillit s'étouffer. Elle resta dans voix. Max la laissa définitivement en plan et alla rapidement rejoindre Liz dans la voiture. La brunette lui sourit directement et Max se sentit mieux.

-Où vas-tu ? lui hurla Tess.

-Chez River Dog.

-Non ! cria-elle se raccrochant de la voiture. Tu ne peux pas. Il est fou, il divague.

-Tous ses conseils ont toujours été utiles ; alors, laisse moi.

Il mit le moteur en route, forçant Tess à s'écarter du chemin. Nasedo savait faire vraiment beaucoup de chose. L'idée qu'il puisse s'en servir à de mauvaises fins effrayait Max. Son protecteur n'avait jamais beaucoup aimé les humains, spécialement Liz qu'il détestait plus que les autres. Pour lui, les humains étaient des cafards qu'il fallait exterminer. Nasedo avait assassiné beaucoup de terrien avant que Max et les autres ne sortent des incubateurs. John Atherton faisait partie de ses victimes. Il l'avait tué en 1959 alors que celui-ci avait dévoilé l'existence des extra-terrestres dans son livre « parmis nous». La photo de son cadavre se trouvait toujours au bureau du shérif.

Le shérif Valenti entra dans le commissariat. Encore une journée de travail de laquelle il rentrerait sans doute épuisé et sans aucune preuve contre Max Evans. Kyle lui avait parlé de sa rupture avec Liz. Il était si énervé et plein de haine envers le jeune alien. Valenti s'était trouvé une raison de plus de se focaliser sur Max Evans.

-Hanson, dit-il, apportez-moi une tasse de café. Je suis dans mon bureau.

-Monsieur, l'interpella l'adjoint. Cet homme là-bas prétend être l'agent Burns du FBI et quand je lui ai demandé ce qu'il faisait ici, il m'a dit qu'il observait et que je devais vaquer à mes occupations.

-Burns, vous dites ?

-Oui monsieur.

-Bien.

Hanson se recula et laissa son patron faire. Valenti s'approcha de l'agent Burns. L'homme était de corpulence moyenne, noir de peau, il devait avoir la trentaine. Il portait un costume noir et était propre sur lui. Il était assis sur sa petite chaise pliante et regardait sans cesse tout ce qu'il se passait autour de lui. Le shérif l'accosta sans détour.

-Agent Burns, je présume, lui dit Valenti.

-C'est cela oui, répondit l'homme.

-Puis-je voir votre insigne, lui demanda le shérif.

L'agent sortit minutieusement sa carte et la montra à Jim Valenti. Il était bien du FBI. Il fit d'ailleurs un grand sourire satisfait au shérif une fois que celui-ci ait vu sa carte.

-Je ne fais qu'observer, l'informa l'agent Burns. Vous devriez continuer à vaquer…

-À mes occupations, oui je sais. Mais ici, le FBI n'a aucun droit. Je vous prierai donc de bien vouloir sortir.

L'agent Burns ne savait pas très bien où se mettre. Il se racla le fond de la gorge en frottant nerveusement ses mains sur son pantalon. Il se rapprocha de Valenti et lui affirma au creux de l'oreille :

-J'ai ordre de rester ici jusqu'à ce que je sois relevé.

-Le FBI n'a aucun ordre à donner dans ces locaux, répéta la shérif. Je vous redemande donc de quitter cet endroit avant que ça ne dégénère.

Surpris du ton qu'avait pris la voix de Valenti, L'agent Burns s'exécuta sans demander son reste, comptant bien faire rapport à ses supérieurs de l'attitude méprisable de la petite police de Roswell, Nouveau Mexique. Il emporta sa chaise pliante et sortit.

-Que voulait-il à votre avis ? demanda Hanson.

-La même chose que moi, répondit Valenti.

-Les extra-terrestres ? Soyez sérieux shérif.

Il se tourna vers son adjoint le plus sérieusement du monde. Celui-ci riait déjà de tout ce qu'on son chef pensait. C'était un peu son boulot de lui remettre de temps en temps les pendules à l'heure. Mais Jim Valenti était persuadé de leurs existences à ces petits hommes verts. Il le savait, et il arriverait à le prouver.

-J'ai fait analyser le robe de la serveuse du crashdown –Vous savez, Liz Parker- dans leur laboratoire. Les résultats n'indiquent aucune trace de sang. Alors pourquoi envoyer un de leur agent ici ?

-Vous croyez que ça a un rapport ?

-J'en suis persuadé.

D'un pas lent, Valenti rejoint son bureau afin d'y classer de nouveaux dossiers. Hanson le suivit un instant. Il resta quelques instants à la porte sans rien dire. Ce n'est que quand le shérif releva la tête qu'il se décida.

-Soyez discret, conseilla Hanson. Ils sont nombreux ceux qui aimeraient vous faire virer. Ne leur fournissez pas une bonne raison de le faire.

-Je sais Hanson, soupira le shérif, je sais. Vous me l'apportez ce café ?

Hanson acquiesça sans même relever. Il sortit du bureau dans lequel le shérif s'enferma, songeant à la présence étrange de cet agent du FBI. Pourquoi le FBI enverrait-il un agent si il n'avait pas des soupçons sur une éventuelle présence aliénoïde.

La jeep de Max franchit le sol de la réserve indienne. River Dog avait toujours vécu là, sur la terre de ses ancêtres. Quand Liz et Max arrivèrent sur les lieux, il les attendait déjà. Le vieil homme s'attendait toujours à la visite de Max. Comment faisait-il pour savoir ?

-Vous saviez que nous arrivions ? lui demanda Max.

-J'ai vu votre venue, répondit River Dog. Mais j'en ignore la cause.

-Mon amie a besoin de vos conseils, lui explique Max.

-Et qui est cette amie ?

-Liz Parker…

-Parker ? S'étonna River Dog.

Liz apparut de derrière Max et remarqua l'air surpris du vieil indien. Il la dévisageait littéralement. Il semblait détailler chacune des parties de son corps comme pour es analyser. Liz se blottit contre Max. Ce vieil indien lui donnait la chair de poule.

-C'est incroyable. C'est même plus que surprenant, chuchota pensivement River Dog.

-Que se passe-t-il ? demanda Liz un rien apeurée.

-C'en est même troublant, continua-t-il. Les mêmes traits, le même regard plein de détermination.

Il s'approcha de Liz et la contourna. Il détermina attentivement les traits de son visage à l'aide sa main. La jeune fille prit peur et se recula spontanément. Max l'apaisa en la prenant contre lui.

-De quoi parlez-vous ? tenta de savoir Max.

-Sachez, mademoiselle que j'ai connu votre frère. Et autant vous dire que vous lui ressemblez beaucoup.

-Vous connaissiez Kévin ? s'étonna Liz.

-Oui, je le connaissais même très bien.

De savoir qu'il avait connu son frère, rendait River Dog beaucoup moins menaçant à présent. Malgré tout, les questions avaient déjà commencé à envahir son esprit tourmenté.

-Il venait souvent me voir. Au début, il venait plus par obligation que pour autre chose. Et ensuite il a apprécié ses visites. Nous discutions beaucoup. C'était un garçon bien. Il nous a tragiquement quitté, trop tôt hélas…

Liz fut surprise par cette révélation. Son esprit tournait. Elle ferma les yeux un instant pour faire le tris des informations qu'elle recevait. Elle sentit alors une main se glisser dans la sienne. Max lui sourit. Elle referma ses doigts sur les siens.

-Pourquoi venait-il vous voir ? demanda Liz.

-Il venait parce qu'il en avait envie bien qu'il n'en fut pas toujours ainsi. Quand je l'ai rencontré, il accompagnait sa petite amie.

-Qui était sa petite amie ? continua à demander Liz.

-Alors vous ignorez tout, constata River Dog. Ils ne vous ont jamais dit ? Ils ne vous ont jamais expliqué ?

River Dog parut étonné devant leur ignorance. Le secret devait être d'une grande importance pour avoir été caché avec autant de soin. Son regard devint grave. Il leur tourna le dos.

-Qui ça ? Que devrions nous savoir ? demanda Max.

-Il voudrait mieux que je vous raconte l'histoire depuis le début.

Le vieil indien se posta en position assise sur un pierre. Max et Liz en firent de même. Ils le dévisagèrent un moment. Il semblait impassible. River Dog reprit son souffle et commença.

-Il y a trois ans de cela, j'aidais une jeune fille comme vous à maîtriser ses pouvoirs. Elle se nommait Tess. C'est ainsi que j'ai rencontré Kévin. Il accompagnait… sa petite amie.

-Oh Mon Dieu, murmura Liz.

Non. Oh non. Pour Liz, ce qu'elle venait d'entendre était impossible. Cela sonnait même absolument faux. Le vieil indien ne tint pas compte de la surprise de la jeune fille et poursuivit son discours.

-Elle lui avait révélé son secret car elle l'aimait plus que tout. Cela n'avait pas du tout plu à son père et protecteur. Lui aussi venait d'ailleurs. C'est pour cela que nous l'avons nommé «l'étranger ». Dans ma langue, cela se dit : Nasedo.

Le regard de max se voila. Au fur et à mesure du discours de River Dog, Max en apprenait plus. C'était sans doute parce qu'elle était la sœur de Kévin que Nasedo vouait une haine sans pareille à Liz.

-Celui-ci voulait tuer Kévin, mais je l'en ai dissuadé. Il lui a ainsi laissé la vie sauve. La jeune fille aimait votre frère. Elle pensait qu'il était l'home de sa vie.

Il se retourna alors vers Liz. Son ton était devenu sérieux. Ce qu'il allait dire ne devait pas être facile à révéler. Elle sentit alors la main de Max se faire plus présente dans la sienne.

-Mais Nasedo ne croyait qu'à une passade. Kévin venait souvent le soir, pour me parler de sa relation. Pour lui aussi, c'était sérieux. Quand Nasedo l'a appris, ils se sont mesurés l'un à l'autre. Tess a pris la défense de Kévin et a utilisé ses pouvoirs contre son père. Mais il était plus puissant qu'elle. Il a dévié l'attaque qui a frappé Kévin de plein fouet. Il est mort sur le coup.

Liz avait les yeux embués à présent. Elle ne voulait pas croire ce qu'on lui disait. C'était impossible. Son frère ne savait rien des aliens. Son frère était normal. Son frère était mort sans qu'aucun extra-terrestre n'y soit mêlé. Elle nia vivement de la tête.

-Non, cria Liz. Je l'ai vu faire une crise à la maison. J'ai vu mes parents l'emmener à l'hôpital.

-Vous avez vu vos parents emmener Nasedo à l'hôpital. Il avait besoin de faire croire à une mort réelle.

Alors tout était un coup monté. Liz n'avait rien à voir dans la mort de son frère. C'était Nasedo qui l'avait tué. Mais devait-elle être soulagé ou au contraire s'en inquiéter d'avantage ?

-Comment a-t-il fait à l'hôpital ? demanda Max.

-Je l'ignore, réfléchit l'indien. Mais son plan a marché. Il a probablement pris l'apparence d'un médecin pour annoncer la nouvelle à vos parents. Il a sans doute aussi menti et triché.

Un éclair de haine traversa les yeux de River Dog. La colère l'avait envahi si profondément que Max pu le capter. Il s'en étonna d'ailleurs fortement. Il hésita à en parler.

-Vous semblez… risqua Max.

-En colère, le coupa l'indien.

Il releva vers Max un regard haineux. Ses relations avec l'extra-terrestre n'avaient pas dû être des meilleures. Il lui semblait avoir en lui un sentiment de… de rancœur. Max en était sûr à présent. River Dog en voulait à Nasedo.

-J'ai rencontré Nasedo étant très jeune. À cette époque, il m'a sauvé la vie. Nous étions des amis. Il m'a révélé son secret et je n'ai jamais rien dit. Je lui ai appris comment développer ses pouvoirs…

L'indien se leva et se dirigea vers un mur. Il fit une courte pause. Surprenant tout l monde, son poing s'écrasa sur la paroi de la grotte.

-Et il s'en est servi pour faire du mal. J'ai eu tort de lui apprendre à contrôler ses dons.

-Le referiez-vous ? tenta Max. Je veux dire, apprendre à quelqu'un à maîtriser ses pouvoirs.

-Jamais, protesta River Dog. Je ne referai pas deux fois la même erreur.

Liz se leva et s'avança vers lui. Elle posa ensuite une main sur son bras. Elle le regarda avec des yeux désemparés.

-S'il vous plait, supplia Liz. J'ai besoin de votre aide.

-Vous avez…

-Des pouvoirs que je ne contrôle pas du tout. Je fais des rêves à propos de Kévin. Ce matin, j'ai même faillit tuer Max.

River Dog bafouilla, étonné. Son regard ne cessait de bouger, de passer de l'un à l'autre de ses interlocuteurs. C'était impossible. Elle ne pouvait pas avoir de pouvoirs. À moins que…

-Avez-vous été ramenée ? demanda-t-il nerveusement. Un des leurs vous a-t-il sauvé ?

-Max m'a sauvé, sourit Liz.

-Vous avez pris un grand risque, l'informa River Dog.

-Je sais, affirma Max. Je n'aurais pas supporté de la perdre.

Il se tourna vers Liz et lui sourit. Il lui attrapa la main et la pressa tout contre son cœur. Liz sentit les battements de son cœur s'accélérer. Et le cœur de Max ne battait en rien plus lentement.

-Vous faites des rêves, vous dites. Les rêves sont là pour nous montrer d'où vient le danger. Sans doute un effet d'un pouvoir de prémonition. Je m'étonne que vous soyez là et je m'étonne moi-même d'être encore en vie. Si Nasedo a appris que vous aviez des pouvoirs il aurait du venir pour m'empêcher de vous avertir.

« Que cherche-t-il à faire ? » se demanda River Dog en lui-même. Il baissa la tête un instant en signe de réflexion.Tout cela n'était pas logique. Il manigançait sans doute quelque. Oui mais quoi ?

-Quoi qu'il en soit, reprit-il, soyez prudente. Nasedo ne vous laissera aucune chance, tout comme il n'en a laissé aucune à Kévin. Écoutez vos rêves et tentez de les comprendre. Les rêves nous guident. Sachez que vos pouvoirs sont liés à vos émotions. Ne les laissez pas prendre le contrôle.

Il ferma un moment les yeux laissant les deux adolescents dans le doute et la confusion. Mais Max reconnaissait bien là River Dog. Celui-ci soudain les fixa à nouveau.

-Allez vous en maintenant. Je vous ferai savoir quand revenir et nous commencerons à travailler vos dons.

-Merci beaucoup, lui sourit Max.

Il s'éloigna en direction de la sortie. Il voulut entraîner Liz avec lui, sa main étant toujours glissée dans la sienne. Mais la jeune fille émit une résistance. Elle toisa quelques instants River Dog avant de dire :

-C'est parce que Nasedo vous a ramené que vous saviez que nous arrivions. C'est un don qu'il vous a transmis.

L'indien acquiesça. Il n'était pas très fier de posséder un don provenant d'un meurtrier. Liz baissa la tête et couru rejoindre son compagnon. Ensemble, reprirent la jeep et rentrèrent chez eux. Liz semblait absente. Elle paraissait tout de même tenir le coup vis-à-vis de ce qu'elle venait d'apprendre.

Michael était là, devant chez Maria. Il ne savait pas pourquoi. Il l'avait laissé moins de deux heures auparavant. Il hésitait. Serait-elle heureuse de le voir ? N'était-elle pas occupée ? Peut-être était-elle avec quelqu'un d'autre ?

-Oh Michael, l'interpella Alex.

Le jeune homme ne l'avait pas vu arrivé. Il était tellement pris dans ses réflexions au sujet de Maria qu'il ne s'était même pas avisé de sa présence. Il sursauta légèrement. Il soupira.

-Tu allais voir Maria ? lui demanda l'arrivant.

-Heu… ouais.

-Tu es plutôt proche d'elle non ? demanda Alex sur ton suspect.

-Depuis qu'on s'est découvert on s'entend bien.

« S'il n'y avait que ça ! », pensa silencieusement MichaelPensée qu'il s'empressa de refouler au fond de lui-même. Il ne devait pas y songer. Il était né soldat et se devait de le rester.

-Tu ne sais pas si elle a quelqu'un en vue ?

Alex se mit à sourire bêtement et à tortiller ses doigts. « Maria aussi fait tout le temps ça » pensa à nouveau Michael. Il s'était amusé à détailler chaque mouvement nerveux de la jeune fille –et Dieu sait qu'ils étaient nombreux. Il les connaissait à présent tous par cœur.

-Alors ? insista Alex.

-Pourquoi tu… Oh NON ! Je n'y crois pas. Tu es amoureux d'elle.

-Et bien il se pourrait bien que peut-être, oui. Et je pense que je l'intéresse aussi.

-Ha oui ? demanda ironiquement Michael.

Alex ? Maria s'intéresserait-elle à quelqu'un comme Alex ? Ils étaient amis depuis longtemps, tout le monde le savait. Il était stable et loyal. Mais pourrait-elle réellement l'aimer ? Michael sentit alors ce sentiment monter en lui. Un émotion qu'il avait très rarement eu l'occasion de ressentir : la jalousie

-Oui. Tu n'y vas ou pas ? Sinon, tu peux toujours me laisser seul avec elle.

-Je dois y aller, soupira Michael en s'effaçant.

-Merci Mickey.

-Ne m'appelle pas comme ça, le prévint-il.

-Comment dois-je t'appeler à l'avenir ?

« Maria m'appellerait Space Boy ! » Songea Michael. À nouveau il se réprima intérieurement de l'avoir pensé. Il secoua la tête pour sortir ce genre d'idée de son subconscient.

-Appelle moi Michael !

Il rebroussa chemin laissant Alex seul devant chez Maria. L'humain était sans doute mieux pour elle. Cette nuit n'était sans doute rien de plus que de la pitié, ou peut-être un envie de ne pas être seule. Alex frappa.

-Salut Alex, l'accueilla Maria. Qu'est ce que tu fais là ?

-Je crois que tu le sais, lui rétorqua-t-il sérieusement.

-Tu veux entrer ? lui proposa-t-elle.

Il entra et referma la porte derrière lui. Il se concentra. Maria le regarda bizarrement. Alex lui parut bien bizarre. Il se mit à tourner en rond dans la pièce ce qui amusa la jeune fille.

-Maria, commença-t-il, j'ai longuement réfléchi et je ne sais même pas pourquoi. C'est tellement évident. J'en suis arriver à la seule conclusion possible : je dois tout te dire. Je pense que tu sais de quoi il s'agit.

Un silence gênant s'en suivit. Maria fit une grimace d'incompréhension. De quoi diable Alex était-il donc en train de parler ? Elle hésita un moment fouillant dans sa mémoire une éventuelle trace de ce dont il parlait… en vain.

-Je ne vois vraiment pas, lui répondit-elle un peu perdue.

-Approche intelligente, lui fit-il remarquer. Je l'ai toujours su, que tu avais quelque chose dans la tête.

Il balança sa tête dans tout les sens. Il devint de plus en plus rouge au fur et à mesure que le temps passait. Maria commença à s'inquiéter. Alex n'était jamais comme ça.

-Alex, arrête ça, ordonna-t-elle. Je ne comprends pas vraiment pas !

-Bien, reprit-il. Je vais donc te le dire si tu y tiens.

-Ce serait gentil.

Maria croisa les bras et s'assit sur une chaise. Il se mit à le toiser curieusement. Il tournait toujours en rond dans la pièce. Maria commença à avoir la tête qui tournait. Soudain il se posa. Il se concentra et finit par déclarer.

-Je suis amoureux de toi !

-Pardon ?

C'est tout ce qu'elle avait pu répondre devant un tel élan d'amour. Était-ce bien le même Alex ? Celui qu'elle avait toujours connu ? Son ami d'enfance avec lequel elle et Liz avaient fait les quatre cent coups ?

-Je suis amoureux de toi. Je ne pense qu'à toi. Je t'aime.

-Tu plaisantes ? dit Maria retenant son fou rire.

Elle vit son regard désespéré.

-Non tu ne plaisantes pas.

-Pas du tout. Affirma-t-il. Je pourrais même…

Dans un élan il fit quelques pas vers elle. Elle était toujours assise sur sa chaise. Elle ne comprit pas tout de suite ce qu'il se passait. Alex s'approcha d'elle pour l'embrasser.

-Tu fais quoi là ? demanda-t-elle en s'éloignant.

-J'allais t'embrasser.

-Alex, dit Maria à moitié écroulée de rire. Je suis désolée de te l'annoncer ainsi mais, tu es assez nul avec les filles. Et ensuite, toi et moi, on est les meilleurs amis du monde, avec Liz bien sur. Tu es un peu comme mon frère.

Alex recula et se frotta le nez. Maria se leva et se planta devant lui. Elle ne savait pas quoi dire.

-Bien, c'est parfait, affirma-t-il. J'ai compris.

-Je suis désolée, s'excusa-t-elle.

-Non, ne te justifie, supplia-t-il. J'ai bien compris. Ça va aller.

-Tu restes toujours mon meilleur ami ? risqua-t-elle.

-Bien sur. Quelle question.

Maria s'approcha de lui et le serra dans ses bras. Il tenta malgré tout de sourire. Il se dirigea ensuite vers la porte et sortit presque en pleurs. Maria s'en voulait d'avoir fait de la peine à Alex. Heureusement que Liz était là pour la soutenir…

Elles avaient pris leur service au crashdown il y avait à peine quinze minutes et Maria lui avait déjà tout raconté : le film, la nuit auprès de Michael ainsi que la déclaration d'Alex, le tout avec les détails.

-Et toi ? demanda-t-elle ensuite à son amie. Je ne t'ai pas vu beaucoup ces derniers temps. Tu fais encore tes rêves sur Kévin ?

-Oui, mais ce n'est pas le pire.

-Que se passe-t-il, demanda Maria intriguée.

Elle déposa un tas d'assiette sur le comptoir. Elle cessa dès lors toute autre activité. Elle s'accouda au comptoir pour écouter son amie. Liz quant à elle, nettoyait vivement un verre sale.

-Pour faire court, Max m'a sauvé donc j'ai des pouvoirs. Ceux-ci provoquent mes rêves qui sont un moyen de me prévenir d'un danger. J'ai failli me faire tuer par mon frère qui, lui-même, il y a deux ans, quand il sortait avec Tess, s'est fait tué par Nasedo.

Maria la fixa quelques secondes sans rien dire. Visiblement, elle tentait d'assimiler tout ce que sa meilleure amie venait de lui dire. Elle cligna des yeux puis hocha un moment la tête.

-Tu peux la faire longue parce que là, j'ai pas tout compris.

Liz sourit. Elle s'immobilisa et cessa de laver les verres sales qui gisaient sur le comptoir. Elle se tourna vers Maria et prit une grande inspiration.

-Quand Max m'a sauvé, expliqua Liz, il m'a transmis des pouvoirs. Quand je les ai découvert hier, nous sommes allés voir un vieil indien nommé River Dog pour qu'il nous aide à comprendre. Figure toi que cet indien connaissait Kévin. Ils se voyaient régulièrement. À l'époque, la petite amie de Kévin, c'était Tess. Pour protéger leur amour, Kévin s'est battu contre Nasedo et il est mort.

-Il n'est pas mort d'une overdose ?

-Apparemment non.

Liz se retourna vers le comptoir et reprit un verre –celui-ci, propre- qu'elle se mit à essuyer. Maria sentait ses tempes battre à tout rompre. Elle essayait tant bien que mal de suivre tout ce que Liz lui racontait.

-Tu as dit qu'il avait essayé de te tuer hier, réfléchit Maria.

-Oui. Je ne sais pas comment, mais il était bien réel. Je l'ai senti. Il a levé la main vers moi et j'ai traversé le salon dans les airs. C'est Max qui m'a trouvé, inconsciente.

-Tout ça fait si… extra-terrestre !

-Crois moi, lui confia Liz. Je serai heureuse de pouvoir contrôler mes pouvoirs.

Elle se défit de tout ce qu'elle avait en main, retira son tablier te fit mine de se diriger vers la cuisine mais Maria la rattrapa par le bras. Elle avait les yeux qui brillaient.

-Tu te rends compte, réalisa Maria. Tu imagines tout ce qu'on pourra faire si tu as les mêmes dons qu'eux ? On pourra, quand bon nous semblera, se promener dans les rêves…

-Être poursuivies par Valenti et le FBI. C'est passionnant.

-Ne le prend pas mal, je rêve un peu.

Elle sourit en songeant déjà à ces nouvelles possibilités. Trop passionnée par leur discussion, elles ne virent pas arriver Isabel.

-Salut les filles, les interrompit-elle. Vous avez vu Alex ?

Elles cessèrent alors de rire et leurs joues reprirent instantanément une couleur normale. Ou tout du moins pour un moment…

-Pas depuis tout à l'heure, dit Maria en rougissant légèrement.

-Il doit être chez lui, l'informa Liz.

-Merci, répondit-elle en tournant déjà les talons.

Elle sortit du crashdown aussi promptement qu'elle y était précédemment entrée. À peine fut-elle sortie que Liz comprit.

-Ha… je crois que…

-Ne me dis pas que…

-Si !

-Oh… je n'y crois pas ! Les humains et les extra-terrestres sont définitivement destinés à s'accoupler.

Liz tourna vivement la tête vers Maria lui lançant son regard interrogateur. Elle plissa un rien les yeux.

-Maria ? Tu te sens bien.

-Parfaitement bien, sourit-elle en pensant à Michael.

Isabel Evans courait vers la maison des Whitman. Elle espérait y trouver Alex. Elle comptait lui proposer de faire quelque chose avec elle, n'importe quoi, juste pour passer du temps avec lui. Il l'avait ignoré plus d'une fois, mais Isabel était une fille pleine d'atouts. Elle possédait des formes plaisantes, un sourire magnifique et une opulente chevelure blonde. S'il le fallait, elle userait de ses charmes. Au lycée, elle pouvait avoir le garçon qu'elle voulait. Ils lui mangeaient tous dans la main. Mais celui qui l'intéressait, c'était Alex. Elle ne l'avait pas séduit tout de suite et c'était précisément ce qu'elle aimait chez lui. Elle se trouvait maintenant devant sa porte et d'une main décidée, elle frappa. Le père d'Alex lui ouvrit.

-Bonjour, dit monsieur Whitman.

-Bonjour, répondit-elle poliment. Pourrais-je parler à Alex, s'il vous plait.

Voyant le regard inquisiteur de l'homme, Isabel trouva qu'il était peut-être sage de se présenter.

-Je suis Isabel Evans, une amie d'Alex.

-Ha Evans, oui bien sur. Vous êtes la fille de Philip et Diane. J'appelle Alex tout de suite. Alex ! Isabel Evans est là pour toi !

Le père d'Alex s'écarta. Il laissa Isabel seule un instant. Quelques secondes plus tard, le jeune homme apparu à la porte.

-Salut, dit-il.

-Salut.

Isabel sourit, découvrant son large et magnifique sourire qui en aurait faire faillir plus d'un.

-Heu, tu viens pour une raison précise ? demanda-t-il.

-Et bien, je me suis dit qu'on pourrait sortir, aller quelque part, juste toi et moi. Non ?

-Je ne suis pas en forme. Je n'ai pas trop le moral, alors sortir…

-Tu peux m'en parler si tu veux.

Isabel n'avait pas cessé de sourire. Elle voulait passer la journée avec Alex et elle n'en démordrait pas. Il cèderait tôt pu tard. Et il valait mieux que ce soit tôt…

-Je ne vais pas t'ennuyer avec mes problèmes.

-Tu ne m'ennuie pas du tout, continua-t-elle.

-Bien si tu insistes. Entre.

Ils s'installèrent au salon et Alex commença à se confier à Isabel. D'habitude, il n'allait pas si vite ne confession. Mais ce qui s'était passé le matin même l'y obligeait. Il avait réellement besoin d'en parler.

-Bon voilà, si tu veux tout savoir, je suis fou amoureux d'une fille.

-Il faut que tu lui dises, lui conseilla Isabel pensant qu'il s'agissait d'elle. Peut-être ressent-elle la même chose pour toi ?

-Je lui ai dit ce matin même, et non, ce n'est pas réciproque.

-Tu lui as dit, s'étonna Isabel.

Alors qu'elle s'était penchée vers lui pour être plus proche, elle eut un mouvement de recul.

-Oui, mais elle m'a répondu que je n'étais qu'un ami pour elle.

-Et… qui est-ce ? demanda curieusement Isabel.

-C'est Maria, Maria De Luca, la fille de mes rêves.

-Maria ? s'exaspéra Isabel.

Elle eut un mouvement d'épaule dédaigneux. Il l'aimait elle, Maria De Luca. C'est sans doute à ce moment qu'Isabel réalisa que tous les garçons n'étaient pas forcément attirés par la beauté extérieure.

-Tu sais Alex, je suis sure, qu'il y a plein d'autres filles qui seraient ravies de sortir avec toi.

-Je ne veux pas de toutes ces filles, s'énerva-t-il.

Voyant qu'il était vraiment amoureux d'elle et que visiblement, ce n'était pas réciproque, Isabel se décida à lui donner un conseil honnête.

-Alex, il faut oublier, lui suggéra-t-elle.

-Elle m'obsède. Je ne pense qu'à elle. Je suis sure qu'elle aime quelqu'un d'autre. Je dois découvrir qui c'est.

-Alex, ce n'est pas facile de savoir que la personne qu'on aime, est amoureuse d'une autre. Mais tu dois avancer et ne plus y penser.

-J'essaierai, assura-t-il.

Elle plaça un main sur son épaule ce qui réconforta le jeune homme. Il avait bien besoin d'une amie comme Isabel.

Tess était assise dans le salon des Evans. Max lui avait demandé de venir pour de plus amples explications. Depuis qu'elle était arrivée, il n'avait pas dit un mot. Il faisait les cents pas comme si ça le détendait. Tess restait convaincue que max voulait lui parler de leur relation.

-Qu'est ce qu'on attend au juste ? soupira Tess

-Liz, répondit-il sèchement.

-Bien sur, murmura-t-elle. Qui cela pouvait-il être d'autre ?

-Ça la concerne personnellement, précisa Max.

Tess haussa les épaules, incommodée par cette attente prolongée de celle qui lui avait volé son petit ami. Le bruit de la clé dans la serrure se fit entendre. Liz rentra essoufflée.

-Désolée, souffla-t-elle. Ta mère m'a retenue au crashdown.

-Je peux savoir de quoi il s'agit, pouffa Tess.

Liz la regarda. Elle s'approcha doucement d'elle. On eut dit un félin tant sa démarche était prétentieuse.

-Tu aurais pu me dire que tu étais sortie avec mon frère.

Le teint de Tess pâlit. Comment savait-il ? River Dog avait dû parler, bien sur. À présent, elle ne pouvait éluder l'interrogatoire.

-Je… je ne devais le dire à personne, pleurnicha-t-elle. Non à personne ! Pas après ce que j'avais fait.

-Qu'as-tu fait ? lui demanda doucement Max.

-Je l'ai tué !

Tess baissa honteusement la tête. Cela devait être le seul geste réprimandable qu'elle eut un jour regretté.

-Quoi ? s'étonnèrent Max et Liz.

-Je ne voyais plus clair. J'ai voulu le protéger mais je l'ai tué ! Je me suis évanouie juste après. Je m'en veux encore aujourd'hui de l'avoir laissé mourir.

Ces mots résonnèrent dans la tête de Liz. « Je l'ai laissé mourir ». Kévin lui disait dans son rêve. Si elle s'en tenait à ce qu'avait dit River Dog, elle était sur la bonne voie pour trouver une solution à ses rêves.

-Tess, la rassura Liz sur un ton incroyablement doux. River Dog a vu toute la scène. Tu as attaqué Nasedo et c'est lui qui a dévié l'attaque sur Kévin. Ce n'était pas ta faute.

-Non, protesta Tess. Il m'a dit que je l'avais tué. C'est pourquoi il a changé d'apparence et a pris la place de ton frère : pour me protéger.

-Tu n'es pas responsable. Nasedo t'as menti.

Tess, qui était maintenant totalement en pleurs releva la tête vers Liz. Elle s'essuya les yeux tentant de se calmer.

-Pourquoi me défends-tu ? demanda Tess.

-Je n'aime ni le mensonge, ni l'injustice. J'ai été comme toi pendant trois ans aussi. Je me sentais aussi responsable de la mort de Kévin.

-J'aimais Kévin. Je vous jure que je l'aimais, autant qu'il m'aimait. Quand il est mort, Nasedo a commencé à me parler de Max. Il disait quand nous t'aurions trouvé, tu me comprendrais. Ce serait comme avec Kévin, peut-être même mieux. C'est pourquoi j'ai continué à vivre.

Elle respira. Jamais elle n'aurait cru devoir un jour raconter tout ce qui s'était passé et certainement pas à quelqu'un comme Liz, une humaine, ou même à Max.

-Quand tu es apparu dans ma vie, continua-t-elle en se tournant vers Max, j'ai repris confiance ; mais plus je t'aimais, plus tu t'éloignais.

-J'ai compris que j'attendais quelqu'un d'autre, expliqua Max.

« Tu ne peux que m'attendre moi ! » pensa rageusement la blonde alors que les yeux de la jeune fille lançaient des regards assassins dans sa direction.

-Je t'aime toujours, autant, même plus que Kévin. Je ne te laisserai pas partir. C'est notre destin Max.

-C'est pourtant bien fini, lança le jeune homme.

-Alors je laisserai Nasedo continuer, je n'ai pas d'autre choix si je veux te récupérer.

-Continuer quoi ? l'agressa Max

Elle se tu. Elle se renfrogna au fond du canapé. Encore une fois, ces mots avaient dépassé sa pensée. Et l'envie de raconter toute l'histoire ne lui paraissait absolument pas folichonne.

-Dis moi, dit-il en lui agrippant le bras. Parle, ou tu le regretteras.

-Lâche moi, se plaignit-elle. Je vais parler.

Elle se leva. Elle se mit à faire les cent pas dans la pièce, énervant Max au possible. Peut-être espérait-elle qu'il abandonne. Mais le jeune garçon était patient. Elle respira profondément et annonça :

-Nasedo envisage de tuer Liz en prenant l'apparence de Kévin. Il veut t'éliminer ; il n'y a rien qui puisse le faire changer d'avis.

-C'est ce qu'il a essayé de faire l'autre jour. Heureusement, je suis arrivé à temps.

Le regard de Max avait changé. Quand il s'agissait de Liz, il prenait toujours tout au sérieux. Il ne permettrait pas que quelque chose lui arrive.

-Pourquoi veut-il me tuer ? Parce que je suis un cafard humain ?

-Parce que tu es proche de Max, cria Tess. Et que Max l'est aussi de toi. Il ne veut pas que cela soit comme avec Kévin.

-Où est-il, dit Max en haussant le ton. Où est Nasedo ?

-Je l'ignore. Je ne l'ai pas vu depuis hier. Il a du s'enfuir.

Elle tourna les dos à ses interlocuteurs. Elle avait cessé de bouger sans arrêt au quatre coins du salon et fulminait à présent de se laisser si facilement marcher sur les pieds.

-Il est évident qu'il te contactera, observa Max. Dis lui qu'il n'a pas intérêt à toucher à un seul cheveu de Liz. Sinon, je lui ferai regretter d'être arriver sur terre.

-Bien, pleurnicha Tess. Je lui dirai. Je peux m'en aller maintenant ?

-Va t'en, lui lança-t-il dégoûté.

Elle se déplaça doucement, et sortit en claquant la porte derrière elle dans un bruit massacrant. Max ne perdit pas une minute pour retourner s'occuper de son amie.

-Rassurée sur votre sort Liz Parker ?demanda-t-il souriant.

-Disons que j'ai du mal à remettre tout dans l'ordre.

-Je peux éclairer tes lumière peut être.

Liz hocha la tête. Ils s'assirent sur le fauteuil. Il l'écouta patiemment et répondit à la moindre de ses questions.

-Quand s'arrêteront ces rêves ?

-Quand tu ne seras plus en danger. C'est un peu comme des prémonitions. Et tu feras ce genre de rêve à chaque fois que tu seras en danger. Ils t'indiqueront où chercher la solution.

-Intéressant… murmura-t-elle.

-N'est ce pas.

Il s'approcha doucement d'elle. Alors que sa beauté l'éblouissait, il l'amena calmement à lui. Il pouvait sentir le souffle de la jeune fille lui effleurer la nuque. Et si il en croyait son pouvoir d'empathie, l'envie de l'embrasser était partie intégrante de Liz. Il s'apprêta à lui déposer un baiser sur ses lèvres… Alors qu'ils étaient à quelques centimètres l'un de l'autre, la sonnette de la porte retentit. Il soupira.

-Je vais ouvrir.

Il se leva et prit Liz par la main. Ils se rapprochèrent alors à nouveau l'un de l'autre. Il n'avait pas du tout envie de s'aviser d'une quelconque présence en ce moment. Il voulait juste la tenir dans ses bras. Mais des coups répétés sur la porte l'obligèrent à tenir en suspens leur proximité.

-Je monte me dans ma chambre, lui répondit-elle tout simplement. Mais si tu veux continuer cette discution, tu peux toujours venir me rejoindre.

-Je n'y manquerai pas sourit-il.

Le sourire qu'elle lui lança ne pu que révéler l'excitation qui l'avait envahie. Il se dirigea vers la porte où s'énervait le visiteur. « C'est impressionnant le nombre de fois où s'ouvre cette porte en une journée. » Max ouvrit et voit un jeune homme brun, plutôt baraqué. C'était Kyle.

-Toi, Evans, grinça-t-il. Si je pouvais, je te casserais la figure.

-Kyle calme toi.

-Me calmer ? Tu m'as piqué ma copine.

-Liz a décidé seule de rompre.

-Tu l'as légèrement incité à le faire.

Il commença à se ronger les ongles évitant ainsi d'être pris par l'envie soudaine et impromptue de frapper son rival.

-Qu'est ce que tu lui veux Max ? C'est pour le sexe c'est ça ?

-Kyle tu es ridicule. Écoute, tenta-t-il d'expliquer. Je ne l'ai pas forcé. Liz est une grande fille.

-Elle est à moi. Tu comprends ça Max ? pas à toi, à moi !

Il se retourna, les poings serrés. Il s'apprêta à partir lorsque Max ajouta d'un ton déterminé :

-Liz n'appartient à personne.

D'un seul coup, fou de rage, Kyle se jeta sur Max et tenta de le frapper. Ameutée par les cris, Liz descendit et vit les deux garçons en train de se battre. Elle leur cria d'arrêter mais Kyle n'en fit rien. Il réattaqua de plus belle. Dans un réflexe, Max utilisa ses pouvoirs. Kyle valsa alors trois mètre plus loin.

-Comment… ? dit Kyle ne se relevant. Mon père avait raison. Tu… Tu n'es qu'un monstre.

Il s'enfuit de la maison des Evans le plus vite possible. Liz regarda Max qui avait l'air complètement déboussolé.

-Je ne voulais pas…, bafouilla Max. Je ne voulais pas.

-Je sais, murmura Liz en lui caressant l'épaule. Ce n'est pas grave. Il n'a rien de tout façon.

-Il va le dire à son père, s'inquiéta Max.

-Lui dire quoi ? « Papa, Max et moi on se battait et je me suis retrouvé à terre » ? Je ne crois pas… et puis il ne peut rien prouver.

-Tu as raison, admit Max, il n'a aucune preuve.

-Exactement.

Liz lui fit un sourire charmeur auquel le jeune homme répondit avec un plaisir non dissimulé. Il passa sa main sur sa joue, geste qu'il réitérait énormément ces derniers temps.

-On n'avait pas une discution à terminer ? rappela-t-il. Dans ta chambre si je me souviens bien.

-Dans ce cas, allons-y.

La jeune fille passa devant suivit de son compagnon. Ils entendirent Diane et Philip Evans rentrer. Ils s'enfermèrent dans la chambre de Liz. Que ce serait-il passé s'ils s'étaient embrassés ?

« Que ce serait-il passé si Max et moi on s'était embrassé ? Et puis, quel effet ça fait, pour une humaine, d'embrasser un extra-terrestre ? Même si mes rêves me prédisent de manière difforme l'avenir, je ne sais pas ce qui m'attend. Suis-je vraiment faite pour être avec Max ? Ce qui est sûr, c'est que je ne regarderai plus jamais le ciel de la même manière… je ne regarderai plus rien de la même manière ».

Bien loin de la conversation qu'avaient les deux amis, dans une rue sombre, cette nuit-là, deux ombres se rejoignent en silence. Tess et Nasedo semblaient de disputer.

-Tu leur as tout dit, criait-il.

-Je n'avais pas le choix, se défendit-elle. Max a dit que tu n'avais pas intérêt à toucher à Liz.

-Il croit me faire peur ?

Il croisa les bras. Et comme quelques jours auparavant, il se mit à tourner en rond. Mais son attitude n'avait plus rien de calme, au contraire. Il avait l'air tourmenté.

-Il donnerait sa vie pour elle. N'oublie pas qu'il est la clé. Sans lui on ne peut pas rentrer chez nous.

-Je sais, soupira le protecteur.

-Tu ferais bien de disparaître quelques temps, lui suggéra Tess.

-Quoi ? Et toi, que feras-tu sans moi ?

-Je me débrouillerai. Max ne doit absolument pas tomber sur toi. Même si tu changes d'apparence, nous savons toujours nous reconnaître. Qu'il ne te trouve pas, sinon…

-Sinon quoi ?

Tess avait soudain prit le dessus sur son protecteur. À présent, elle donnait les ordres. Il lui avait bien enseigné. L'élève semblait par moment dépasser le maître.

-Tu ne pourras jamais rentrer chez toi. Liz n'est pas Kévin. Tu ne la tueras pas aussi facilement… Tu m'as utilisé et je n'aime pas ça. Alors maintenant, je prends les commandes et tu fais ce que je dis.

-Quand dois-je revenir ?

-Dans quelques semaines, pas avant. Surtout pas avant…

Tess pointa son doigt menaçant vers son protecteur. Il tourna les talons et disparut dans cette froideur qui embaumait la ville.

La pluie commençait à tomber. De fines gouttelettes perlaient déjà sur le visage de Michael. Il accéléra le pas. Il arriva devant chez Maria. La jeune fille avait laissé la fenêtre de sa chambre ouverte. Était-ce un signe ou une simple coïncidence. Le destin ou le hasard ? Michael n'en savait rien. Il serait bine rester là à y songer si l'averse n'était pas devenue soudain si forte. Il pleuvait des cordes. Il prit donc vite une décision. Il se décida et entra par là. À l'intérieur de la petite chambre, il n'y avait personne. Il regarda tout autour de lui. Il découvrit tout ce qu'il n'avait pas remarqué la dernière fois. Le petit bureau de maria orné d'un miroir où reposaient des dizaines de petites fioles. Michael fronça d'ailleurs les sourcils à cette vue. Il détailla ensuite une penderie, puis une commode. L'idée saugrenue de fouiller ces tiroirs lui passa par la tête. Mais il se résigna rapidement. Il soupira. Michael avait loué une vidéo dans l'espoir de la regarder avec Maria mais celle-ci était visiblement absente. Que s'imaginait-il ? Qu'il suffisait d'amener une vidéo et de passer par la fenêtre pour passer du temps avec Maria. Il se trouva soudain pitoyable. Ce n'était pas du tout son genre de faire ça. Il devait être un mur de pierre. Pourtant, il ressentait bien quelque chose en présence de la jeune humaine. Il ne savait pas ce que c'était, mais ce qu'il savait c'est qu'il aimait ça. Il se trouva ensuite malhonnête envers Alex. Devait-il l'attendre ou bien partir ? La question ne se posa plus lorsque Maria ouvrit la porte.

-Qui est là, appela-t-elle en apercevant l'ombre de son ami. Allez vous en ! Oh mon dieu…

-Maria, du calme. C'est moi.

-Michael ?

Maria abaissa son bras qu'elle avait immédiatement levé dans les airs après avoir saisi ce qui s'avéra être un cintre.

-Mais qu'est ce que tu fais ici ? Tu es rentré par la fenêtre ?

-Elle était ouverte. Je suis désolé. Je repars tout de suite.

-Tu ne vas pas partir, l'arrêta-t-elle. Il pleut à verse ! Alors, pourquoi tu es venu ?

-J'ai loué une vidéo.

Elle lui sourit. Les battements de son cœur s'accélérèrent. Elle s'approcha de lui tout en murmurant :

-Tu as loué une vidéo dans l'intention de la regarder avec moi ?

-Hum… oui…

Michael se racla le fond de la gorge. Elle n'avait vraiment pas besoin de lui rappeler. Il le savait et se demandait encore ce qui lui avait prit. Mais le sourire ravi de Maria lui fournit une explication valable.

-Je… Vais… je vais mettre le film.

Il mit la vidéo et s'installa machinalement à coté d'elle. Il avait délibérément choisi un film d'horreur pour que Maria se blottisse tout contre lui. C'est ce qu'elle fit avec un plaisir non dissimulé. Ils étaient bien tous les deux, sans rien pour les séparer. Malheureusement, le film eut une fin.

-Tu… tu veux rester un peu, demanda timidement Maria.

-Oui, je veux bien, accepta Michael.

Un silence tomba durant quelques secondes. Tout le deux lancèrent plusieurs regards vers le plafond qui semblait soudain avoir acquis un quelconque attrait qui fascinait les deux adolescents.

-J'aime passer du temps avec toi, lui avoua Maria.

Michael qui se demandait quelle était exactement la couleur utilisée pour le plafond, rabaissa ses yeux vers elle. Il bafouilla un instant surpris par cette révélation.

-Moi aussi j'aime ça, lui répondit Michael. En réalité, je suis un peu mal à l'aise vis à vis d'Alex.

-Ah, tu es au courant.

La respiration de Maria se bloqua. Elle cœur palpitait en songeant à ce qu'il pouvait en penser. Michael hoca affirmativement la tête.

-Il ne faut pas que tu te sentes mal à l'aise. Alex est mon meilleur ami.

-Et moi, je suis quoi ? lui demanda-t-il en souriant.

Elle bredouilla quelque chose qu'il n'entendit pas. Il insista lourdement jusqu'à ce qu'elle craque.

-Peut-être plus qu'un simple ami, rougit-elle.

-C'est vrai, la taquina-t-il.

-Et moi ? qu'est ce que je suis pour toi ?

-Une grande trouillarde qui se blottit dans mes bras à chaque scène effrayante !

Maria rougit encore plus. Elle lui frappa alors sur l'épaule en signe de désapprobation.

-Et j'adore ça, ajouta Michael.

Maria baissa le regard se sentant devenir couleur pivoine. Elle se releva et fit quelques tours dans la pièce, ce qui fit rire Michael. Il se leva à son tour et s'approcha d'elle. Elle fixait toujours le sol. Il lui souleva le menton et posa alors délicatement ses lèvres sur les siennes pour l'embrasser tendrement. Elle répondit à son baiser mais finit par le repousser.

-Je suis désolée, s'excusa-t-elle.

-Non, dit Michael confus. C'est moi. Je n'aurais pas dû.

-C'était parfait. C'est juste que… j'ai vécu une ancienne histoire qui s'est très mal terminée.

-Tu veux me raconter ? lui proposa-t-il.

-Il n'y a pas grand-chose à dire. Il s'appelait Billy et il m'a brisé le cœur.

-Je ne te ferai jamais ça, lui dit-il dans un élan de sincérité profonde.

Il s'approcha et l'embrassa à nouveau. Maria se laissa aller. Elle aimait Michael. Il était si doux, avec elle du moins. Quand il était là, il se sentait transportée. Et le jeune homme lui donnait son amour en retour. Quoi de plus beau ? Maria était heureuse avec Michael.

La nuit était noire et glaciale. Dans son bureau dans le centre ville, le shérif Valenti planchait toujours sur un rapport qu'il se devait de rédiger.

-Shérif, l'interrompit Hanson l'adjoint. J'y vais. Vous êtes le dernier.

L'adjoint du shérif sortit de la pièce. Valenti ouvrit alors un tiroir duquel il retire un dossier intitulé : « parmis nous ». À l'intérieur se trouvait les photos du cadavre d'Atherton, le rapport sur la fusillade au crashdown ainsi que les dépositions de Larry et Jennifer, les deux touristes présents lors de l'incident. Valenti fouilla alors un autre tiroir. Il en sortit des photos de Max et les joints au dossier.

« Un jour, je saurai tout sur toi Max Evans. Et ce jour là… »

Il referma le dossier « parmis nous » et le remit dans son tiroir qu'il prit grand soin de refermer à clé. Il se laisser tomber en arrière dans son grand fauteuil et observa le ciel un long moment…

Découvrira-t-il la vérité sur Max et ses amis ? Max et Liz vont-ils finir par s'embrasser ? Tess et Nasedo arriveront-ils à les séparer ?

La suite dans « le jour de l'indépendance ».

Fin du troisième épisode.