P.O.V de David, à la naissance de Badr
Depuis la pierre de magoi, David regardait le roi et la reine s'émerveiller devant leur nouveau-né d'un coté et son fils, sa belle-fille et son petit-fils faire enfin connaissance de l'autre. C'était une première pour chacun des deux couples. Et ça lui rappelait sa première rencontre avec Salomon.
Bethsabée avait mis tellement d'espoir dans leur future vie de famille qu'il n'avait pas eu le cœur à lui parler du destin. Savoir ce qui allait se passer n'atténua en rien la douleur de la perte de sa femme, morte en couche.
Ce ne fut que quelques heures après la naissance, quand il eut pu pleurer son épouse, qu'on lui apporta son fils avant de les laisser seuls. D'abord hésitant, il avait fini par prendre son futur adversaire dans ses bras et l'avait regardé dormir. Précautionneusement, il lui avait effleuré la joue, avait observé avec curiosité ses petites mains et ses petits pieds : ça, un adversaire ? Pas encore ! C'était un bébé. Plus particulièrement, c'était son bébé. Sans s'en rendre compte, le roi des magiciens avait souri :
« Bonjour Salomon, avait-il chuchoté, aujourd'hui ta mère a donné sa vie pour te mettre au monde mais ce n'est absolument pas ta faute. Et à son sujet, sache que tu as hérité de ses cheveux et de ses sourcils, par bonheur. Sache aussi que tout dans ce monde est soumis au destin et que le nôtre est de nous affronter pour y mettre un terme et tuer Dieu, aussi nous ne pourrons pas être très proches. Sans oublier que je n'ai aucune idée de comment on élève un bébé, donc tu ne pourras pas trop compter sur moi... Je suis désolé. »
Une pression autour de son doigt l'interrompit, il tourna son regard vers le visage de son fils : les cheveux et les sourcils de sa mère mais indéniablement les yeux de son père. Il avait craqué et l'avait embrassé sur le front, le bébé avait gazouillé :
« Je suis David, chef des magiciens d'Alma Toran et ton père. Et toi, tu es Salomon, mon fils. »
En revenant au présent, David écouta les souhaits pour Badr en se disant qu'il y avait encore des choses à faire pour que le sacrifice de sa relation avec son fils ne soit pas vain.
