Et voici la suite ! Bonne lecture.
Chapitre 3
Renouveau
Nasséra galopa le plus vite possible pour s'éloigner comme on lui avait ordonné, cependant, son cheval fût vite à bout de souffle, et elle dût ralentir l'allure. Sa monture passa au trot, pour se permettre de récupérer sans perdre trop de temps au pas, car la montagne était encore loin, et la jeune femme ne savait absolument pas pour combien de jours de trajet elle en avait. Masyaf se trouvait au nord de Jérusalem, à au moins une centaine de kilomètre, ce qui lui prendrait environs 5 jours si elle parvenait à ménager sa monture.
Malheureusement, elle n'arriva pas à oublier durant au moins quelques instants l'Assassin; et se demanda si il était encore vivant, et si oui, où était il. Nasséra ignorai si il fallait l'attendre sur le chemin dans la montagne ou si au contraire, leurs routes s'étaient séparées à l'instant où il avait fait diversion. Il était vrai qu'il n'avait jamais été dit de voix forte que la jeune femme se rendait à Masyaf aussi; il n'en savait donc rien.
Elle ignora pourquoi elle se souciait tant de son sort; il était amplement capable de se débrouiller seul, et pourtant, elle ne mit pas sa capacité de survie en doute; mais Nasséra avait l'impression d'avoir été un fardeau, de plus, il ne lui avait pas plus expliqué pourquoi il l'avait sauvé. Le mystère restait totalement entier, et la jeune femme désespéra en se demandant comment faire pour manger durant 5 jours de route, en priant pour que la plaie ne se rouvrira pas non plus. Décidément, les épreuves étaient loin d'être finie.
La nuit tomba rapidement, tout comme la fatigue, et elle dût se résoudre à mettre pied à terre pour reposer son cheval et trouver un coin suffisamment discret et à l'abris pour pouvoir fermer l'œil durant quelques heures. Elle trouva une petit crevasse à l'écarts de la route; une fois le coin trouvé, elle ne tarda pas à se rouler en boule pour se tenir chaud, avant de fermer les yeux; mais elle ne s'endormis pas pour autant: elle somnola, assez pour que son corps se repose, mais pas suffisamment pour que son cerveau soit toujours actif en cas de danger. Altaïr lui avait d'ailleurs donné plus tôt un poignard semblable au sien, mais plus long, plus tranchant, et surtout, de meilleur facture, qu 'elle sera dans sa main, tel un serpent prés à mordre.
Nasséra fut alors surprise durant la nuit, par des bruits de pas, s'approchant discrètement, elle feignit le sommeil pendant que l'étranger s'approcha de sa potentielle victime; au moment où elle sentit une main sur son épaule, elle tendit le bras le plus vivement possible, pour atteindre la gorge de l'individu. L'homme cependant, para le coup aisément, et ne parut pas surprit.
« -C'est moi, Nasséra, c'est Altaïr.
-Vous voulez qu'un de nous deux meurt ? A me surprendre ainsi de la sorte, soit mon cœur lâchera, soit se sera le votre…
-Je crains que ça soit vous en première. Allez, en selle, vous dormirez à cheval si il le faut, mais nous devons atteindre la cité le plus vite possible. Vous chercher m'a pris déjà trop de temps.
-Je vous accompagne ?
-Cela vous surprend ?
-Bien sûr…Je ne pensais pas que vous vouliez m'accueillir dans votre ville.
-Hé bien, cessez de pensez, et suivez moi. A moins qui vous ayez un autre endroit où aller ?
-Non…en effet… »
Sur ces mots, Nasséra monta en selle, et suivit le cheval d'Altaïr, cependant, l'animal de robe foncée lui donna du mal à suivre et dût plisser les yeux pour le distinguer, la tenue blanche de l'Assassin l'aidant à se repérer. Le distinguer dans le noir était une épreuve, heureusement, la lune était présente et éclairait d'un léger éclat bleuté la route de pierre. Elle ne savait pas combien de temps s'écoula, mais l'aube commença à teinter le ciel de lumières roses, et certains oiseaux se mirent à chanter. Le spectacle était apaisant, et elle se réveilla aussi vite que le soleil qui se levait, et lorsque le chemin fut assez visible, l'Assassin talonna sa monture, et parti au petit galop, suivit de prés par l'équidé de la jeune femme, qui ne semblait pas fatigué de sa course de la veille.
Ce n'était pas le cas de tout être vivant cependant; Nasséra n'avait pas l'habitude de chevaucher aussi longtemps, et en plus de la fatigue, elle avait faim. Altaïr sembla le remarquer, repassa au pas, et sortit de sa sacoche un petit pain. Nasséra le dévora, et lui le sien, avant de reprendre la route au galop. Ce fut le seul repas de la journée, et ce chaque jours durant 3 jours.
Fort heureusement, le trajet fut bien moins long que ce qu'avait prévu la jeune femme; une fois encore, elle avait mal pensé; ce qui l'enjoua. Plus vite ils seraient arrivés, plus vite elle pourra peut être manger et se laver un peu, ainsi qu'obtenir un repos bien mérité. A moins qu'Altaïr ne lui prépare un autre programme.
oOo
La citée n'étais pas entièrement fortifiés, mais plusieurs barrages barraient la route avant d'atteindre le village, ce qui permettait une bonne défense des ses habitants, car, malgré l'absence de fortifications solides et en pierre, le village était encadré par des pics rocheux de la montagne, et les passages étaient solidement consolidés par des palissades en bois. Ils laissèrent leurs chevaux juste devant la porte principale, qui était ouverte, un écuyer vint de suite les desseller et leurs donner à manger avant de les ramener à l'écurie, alors que Altaïr et Nasséra avancèrent dans la cité.
Le village n'avait pas l'air très riche, mais la vie battait son plein. Les vieux et les vielles observaient attentivement le marché se dérouler sous leurs yeux, alors que les enfants jouaient et riaient. Elle aperçut cependant très vite les Assassins vêtu de blanc, discrets. Ils surveillaient la population, et surtout, intervenaient en cas d'attaques. Personne ne semblait s'en soucier, et ils continuèrent leur chemin; certaine personne la regardèrent d'un air curieux, et d'autre observèrent Altaïr avec admiration; de jeunes femmes discrètes tentaient même de l'approcher, mais l'Assassin restai stoïque aux éléments qui l'entouraient, froid comme la pierre, ce qui ne fut pas le cas de Nasséra, à son grand étonnement; une pointe de jalousie, même faible, lui traversa l'estomac. Elle tenta alors de l'effacer, car il n'y avait pas lieux d'avoir un faible pour lui.
Passé la place principale-si l'on peut la nommer ainsi-le chemin commença à grimper, comme pour aller à un étage supérieur, avant de redevenir à peut prêt plat, cependant, ils prirent le chemin qui continuait de monter. La jeune femme observa les maisons avec curiosité; elles étaient simples, mais élégantes tout de même, et la taille n'était pas excessive comme dans les grandes villes; autant dire que dans ce village il n'y avait pas de classes sociales, et tout le monde avait sa petite maison. Les grandes familles avaient l'air d'avoir le droit à un étage, mais sinon, personnes n'était plus riche que la majorité. Même pas les Assassins.
Alors qu'elle pensa avoir finit l'ascension, ils s'arrêtèrent devant un chemin, dans un endroit plat qui surplombait le tout le reste de la cité, donnant une vue d'ensemble.
« -Ici, vous ne serez pas la bienvenue, ne parlez pas, et baissez les yeux. Je vais vous amener à l'infirmerie, alors ne vous faîtes pas de fausses idées; nous savons tout deux, qu'elles sont mauvaises, et même si j'ai un grade important, la cité est dans une situation délicate, il ne faut pas faire de bruit. »
Le ton d'Altaïr avait complètement changé: il ne voulait pas s'attirer la fureur des autres assassins, même si ils avaient tous une dette envers celui-ci et Nasséra se retrouva face à un homme qui la dépassait hiérarchiquement, mentalement et physiquement; elle avait l'impression d'avoir été totalement rabaissé, et d'être redevenue un fardeau. Elle se demanda pourquoi, et si il ne voulait pas qu'ils la voit, elle hésita à le suivre; elle aurait finit par trouver un métier au champs, et il ne l'aurait pas revu; la jeune femme ne put s'empêcher de lui en faire part, avec un timbre acide et déçu à la fois.
« -En effet, je pourrais très bien vous laisser ici, mais depuis la fin de notre chef, il y à un mois à peine, tout ceux qui arrivent doivent en faire part. De plus, nos guérisseurs ne sortent pas de la forteresse. Ils sont débordés et ne peuvent pas se permettre de perdre du temps à descendre voir les habitants.
Ai-je été assez clair ? »
Nasséra hocha la tête en guise de réponse, et elle baissa les yeux comme un jeune chiot après avoir faire une bêtise. Le feu lui monta aux joues et elle se sentit honteuse. Il fallait qu'elle arrête de poser des questions ridicules, car la jeune femme se faisait rabaisser à chaque réponse. Altaïr continua de monter, avec derrière lui, la jeune femme, et ils prirent un chemin moins raide, encadré pas des rochers, ce qui donna un coté mystérieux à leurs marche; le chemin était agrémenté de drapeau voletant au vent, rouge et blanc, et sur la partie supérieure blanche était brodé le signe des Assassins; une sorte de losange, non refermé à sa base.
Ils continuèrent de marcher, jusqu'à l'entrée de la forteresse. Elle était impressionnante; non par sa taille, car Nasséra avait vu bien plus grand rien qu'à Jérusalem, mais, l'entrée surgissait hors de la montagne, sur un immense rocher taillé, et nous prenait par surprise. L'entrée était plus large que le chemin, et la porte était double. En face d'elle se tenait une tour de guet, haute, et trop large pour n'être qu'une simple surveillance. Elle se dressait au-dessus du vide, ce qui la rendait aussi incroyable que la forteresse en elle même. Posé sur le vide, comme sur un nuage, semblant défier la gravité.
Les drapeaux claquaient sous la brise, et Altaïr regarda vivement la jeune femme, qui baissa alors la tête, mais ne put s'empêcher de laisser ses yeux vagabonder pour observer l'enceinte de la forteresse; si quelqu'un s'en apercevait, elle se dépêcha de baisser les yeux autant que la tête.
L'intérieur ne faisait pas autant rêver que l'extérieur, et tout semblait enfermé, sûrement car c'était le principe. Au centre, un rond de sable servait de cour d'entraînement aux Assassins, qui se battaient au moment où Nasséra pénétra dans la citadelle. Ils cessèrent et saluèrent, non pas elle, mais Altaïr, qui répondit d'un léger geste de la main, d'un air officiel, superieur aux simples soldats qui le regardaient avec admiration. Les hommes fixèrent aussi la jeune femme, et semblaient perplexes de voir une femme suivre de si prés leur supérieur. Ils finirent par reprendre l'entraînement après un regard insistant d'Altaïr. Ils montèrent encore un peu pour atteindre une porte large, qui faisait ouverture dans la pièce principale. Des bibliothèques y étaient dispersées ainsi que des coussins de repos et des petites tables où l'on y posait le thé; cela semblait être un endroit de calme et de détente, pour les heures perdues des Assassins, ce qui la surprit: elle ne m'attendit pas à voir des guerriers lire et s'instruire.
En face de l'entrée, de large escaliers montaient, avant de se séparer à droite et à gauche, ce qui formait, non pas un étage, mais une sorte de mezzanine qui surplombait la grande pièce de tout le contour, jusqu'au-dessus de la porte d'entrée, où l'espace de l'étage était bien plus grand, et plus lumineux, il avait l'air de donner une vue sur la court de sable. Une grande table y était placée, ainsi qu'un large siège de bois, vieux et usé; vide. Les nombreux piliers blancs qui supportaient le poids de la pierre donnaient une impression de grandeur, et de solidité.
Altaïr et Nasséra se hissèrent en haut des escaliers, et tournèrent à gauche lors de la séparation en deux des marches. La partie au-dessus du rez-de-chaussée était plus large qu'elle s'était imaginée, et là aussi était présent de nombreuses étagères, mais cette fois ci, elles avaient l'air plus importantes que celles du bas. Des nombreux parchemins agrémentaient tous ces meubles, et des personnes voilés de blanc, avait l'air de travailler dessus. Les deux jeunes gens prirent la première porte à droite une fois en haut, et elle découvrit l'infirmerie.
De nombreuses couches simples étaient disposés en lignes contre les murs, dix de chaque cotés, et sur ces vingts paillasses, une dizaines étaient occupés. Certains cas étaient si grave que les draps étaient entièrement rouges, et certains visages étaient si lacérés que Nasséra trouva le sien certainement en meilleur état, même si elle ne s'était pas encore vu. Elle s'assist sur la couche la plus proche et un homme vêtu de blanc, lui aussi, s'approcha d'elle, et la dévisagea:
« -Il serai préférable de vous mettre à part, suivez moi. »
La jeune femme ne fit pas attention à sa remarque, et le suivit sans broncher, accompagné d'Altaïr. elle se retrouva face à un lit encadré de voile, qui cachait la vue mais pas les ombres, puis elle alla dedans avec le médecin, et retirai sa robe, en faisant attention à ne pas dévoiler sa poitrine en gardant le tissu sur ses seins. Il titilla la plaie, et Nasséra grinça des dents, sans se plaindre ni même bouger; il l'a nettoya avec de l'eau et lui demanda de se couvrir, avant de faire de même avec son visage. Tout cela ne dura pas plus de quelques minutes, elle sortit ensuite de l'espace qui lui était réservé pour rejoindre Altaïr qui discutait avec le guérisseur. Il semblait avoir un avis positif.
« -La plaie et propre, je pourrais certainement retirer les points d'ici une semaines, durant ce temps, pas trop d'exercices et du repos. »
Le guérisseur lui tourna le dos, même si cela la concernait, et qu'elle était juste à coté. Ce dédain parvenait à la mettre en colère, et elle aurait voulu lui en faire part, mais elle se retenut, consciente des con conséquence que cela aurait pût avoir. Altaïr se retira, et elle s'apprêta à le suivre, mais un bras la retena.
« -Vous resterez ici en attendant d'être rétablie.
-Pardon, mais je vais rester ici ? Non, ce n'est pas possible, je ne peux pas rester inerte.
-Depuis quand avons-nous besoin de votre avis, femme ? Obéissez aux ordres, on ne vous demande ni de parler, ni de réfléchir. Vous avez de la chance que maître Altaïr vous autorise à pénétrer dans la forteresse. »
Elle enragea, bouillonna sur place, et elle étais prête à le gifler, mais si elle savait que cela ne se faisait pas, car elle risquait la corde; elle obéit sagement, et alla se coucher sur sa place personnelle, caché de tous, et attendit.
Nasséra n'avait jamais eu de réel contact avec les hommes, sans avoir jamais connu son père, son frère avait été élevé dans le respect des femmes, car seule sa mère s'occupait de lui, et elle savait que dans la condition social de ses enfants, il faillait mieux s'unir. Nasséra, petite fille n'avait jamais été seule punie parce qu'elle avait tapé son frère ou qu'elle s'était montrée insolente, idem de son coté. Ils étaient punis tout les deux, de la même manière. C'était pour cela, qu'elle s'étais faites une idée fausse sur les hommes dans le monde; elle les voyait tous comme son frère, et c'est en grandissant qu'elle avait vu la discrimination que l'on réservait à mon sexe. Elle avait, lors de mes 13 ans, été interdite d'accéder à une zone de la ville, et lorsque qu'elle avait demandé pourquoi, on l'avait giflé en lui disant qu'une femme n'avait pas à poser de question. Son frère l'a défendu, et il à été traité de faible.
Nasséra avait tout de même accédé par les toits à l'endroit où elle voulait aller.
Mais aujourd'hui, elle se rendit compte que beaucoup de ses libertés avaient été supprimé et elle avait du mal à s'y faire. Elle ne voulait pas qu'on la traite comme une moins que rien. Si la jeune femme avait accepté d'aller à Masyaf, c'était dans l'espoir de trouver un monde plus juste, et elle s'apercevrait peu à peu, que rien n'étais différent.
A son plus grand malheur.
oOo
Les jours passèrent sans que Nasséra s'en aperçut. Elle passait ses journées à dormir, car elle n'avait rien d'autre à faire. Altaïr lui me rendit pas visite une seule fois; elle en conclut qu'ellle n'avait pas la moindre importance, et qu'il l'avait sauvé par pur caprice, certainement dans le but d'apaiser une conscience blessée.
Le matin du cinquième jour, un jeune guérisseur lui rendit visite, dans le simple but d'inspecter l'état de ses blessures « superficielles » comme il les appella, et il jugea bon de lui retirer les points un peu en avance, dans le but de « dégager une place ». Nasséra passa un sale quart-d'heure, et le temps paru plus lent que d'habitude, car sa plaie était longue. Elle partait du haut de son omoplate droit, et descendait en diagonale jusqu'au haut de sa hanche gauche, et il eut besoin de plus d'un quart d'heure pour retirer tout les points. La jeune femme l'entendist rechigner, les sutures avaient été de mauvaises qualités, ce qui l'embêta pour les enlever, et ce qui, pour sa plus grande peine, la fit encore plus mal. Les points se mirent à saigner, et il dût aller chercher un linge humide et propre, qui n'avait pas été rangé à sa place, il partit alors pour un petit moment, chercher son materiel, ainsi que le coupable.
Nasséra avait froid, et elle frissonna; elle n'osa pas remonter sa robe sur les épaules de peur de la tâcher avec son sang, attendant alors patiemment. Quelqu'un entra et elle crut au soigneur, qui s'était déjà absenté longtemps-à son goût-et elle se retourna pour le regarder d'un air furieux, même si elle risquait de se faire frapper pour son insolence.
Cependant, et à sa grande surprise, c'était Altaïr. Il ne s'attendit pas à ce qu'elle soit ainsi dénudée, et il se retourna vivement, mais Nasséra eut le temps de le voir s'empourprer. Cette expression sur son visage, toujours à moitié caché, la surprit également.
Elle n'avait pas vu grand chose de lui, et elle ne connaissait rien de son âme ou de son caractère.
Peu de temps après, ce fut le guérisseur qui revint, avec son linge, puis il continua à lui triturer la plaie, comme si de rien n'était. Une fois le travail fini, il ne prit pas la peine de bander la plaie, et passa à son visage, et la jeune femme prit peur. La violence avec laquelle il avait retiré les points de son dos l'inquiéta. Il risquait d'aggraver les choses; mais Altaïr finit par entrer, me voyant de nouveau entièrement vêtu, et il observa la scène; ce qui la gêna, et la rassura aussi. Le jeune soigneur fut plus attentionné en présence de son supérieur. Douceur et précision, il retira les fils avec une main certaine, et cette fois-ci, ça ne mit pas très longtemps. Une fois le travail finit, il se retira.
« -Suis moi. »
Le ton de sa voix n'avait pas changé. Quand Altaïr était dans l'enceinte de la cité, c'était comme ci il n'était pas lui même. Sa démarche était plus lente que d'habitude, et son teint plus pâle. On aurait dit qu'il avait passé les 5 jours entier enfermé, à réfléchir à un quelconque problème, obsédé par sa réponse.
Nasséra baissa toujours les yeux, et ils traversèrent la cour, avant de descendre le chemin, et une fois hors de la forteresse, la jeune femme n'hésita pas une seconde à bomber le torse et à lever tête; elle était motivée.
« -Où allons nous à présent ?
-Je vous amène à une famille qui à besoin d'aide, ils sont débordés et ont besoins de volontaires pour aider aux écuries…vous serez nourrit et logée, en échange d'un bon travail.
-J'aimerai me battre. »
Nasséra avait prononcé ces mots avec beaucoup de force, pour faire bonne impression, mais ce n'était pas concluant. Altaïr se tourna vers elle, et la regarda; pour la première fois, il ne baissait pas la tête, et elle put voir clairement son visage. Un nez légèrement cassé; des cheveux bruns coupé court, et un léger duvet sur son menton, où se traçait une légère cicatrice, du coté droit de la lèvre. Sa peau mate s'accordait parfaitement avec l'iris noir de ses yeux.
Il haussa un sourcil, l'air surprit:
« – Vous battre ? Que voulez vous dire par là ?
-Faites de moi un Assassin. Je suis douée, vous l'avez vu vous même; il ne me manque que le savoir de manier une lame. Je veux vous aider dans la lutte contre les Templiers…Je…
-Vous êtes une femme. »
Il la coupa sèchement, sans violence, mais sa voix était sèche. Pourquoi une femme voudrait t'elle se battre ? Altaïr ne comprenait pas la logique de la jeune femme qui se tenait à coté de lui, droite et fière, pourtant, elle se laissa pas impressionner, et répondit:
« -Et qu'est ce que ça change ?
-Vous êtes trop faible, vous ne tiendrez jamais la cadence.
-Qu'est ce que ça change, réellement ? »
Il se retourna et continua de marcher, ignorant sa question. Elle vint se planter devant lui, les épaules hautes et le regard décidé; elle n'hésita plus à présent, elle savait ce qu'elle voulait:
« -Dois-je en conclure que votre fuite représente bien le fait, que vous n'avez absolument aucunes réponses valables à m'apporter ?
-En duel contre un homme, vous serez perdante; votre force, aussi grande soit-elle pour une femme, ne fera jamais le poids contre le plus faible des hommes.
-Et alors ? J'ai d'autres avantages !
Altaïr leva de nouveau son sourcil gauche; et ce geste agaça profondément la jeune femme:
-Et quels sont ces…avantages ?
-Réfléchissez ! Je ne suis peut être pas aussi forte que vous, mais je suis rapide, et bien plus souple; je peux aisément éviter des coups.
-Cela reste, insuffisant.
-Je suis une femme ! Quel homme se méfierait de moi dans la rue? Vous avez dû vous en apercevoir quand j'ai dû sortir de Jérusalem ? Et pour le bourreau ? »
Il la poussa et continua sa route, ce qui n'empêcha pas Nasséra de se planter de nouveau devant lui, bien décidée à ce qu'il l'écoute.
« -Comment pouvez vous dire que ça ne marchera pas, sans même avoir essayé ? Comment pouvez vous imaginer réussir à changer les choses si vous vous basez sur de vieux principes ? Voulez vous au moins réellement changer les choses ? »
Sa dernière phrase sembla l'avoir atteint en plein coeur, car une expression de défaite s'afficha sur son visage durant une seconde; puis il continua de nouveau à avancer; et elle le suivit. La discussion fut close.
oOo
La ferme où il mena Nasséra était à l'extérieur de la cité, là où il y avait suffisamment d'espace pour élever les bêtes, mais avant même qu'ils arrivèrent, l'homme de la maison sortit, et s'inclina fortement devant Altaïr, visiblement heureux de sa visite.
« -Je vous ai apporté une bonne travailleuse, en échange de vos soins.
-Bien sûr, bien sûr ! Nous la traiterons bien ! »
La jeune femme s'inclina aussi pour le saluer, auquel il répondit. Altaïr salua, puis fit demi-tour, elle le suivit du regard:
« -N'oubliez pas mes paroles, Assassin. »
Il tourna légèrement la tête, et elle en conclut qu'il avait entendu. Nasséra se retourna, et l'homme lui fit signe de le suivre, jusqu'à l'écurie où une jeune fille nettoyait les enclos.
-Je te présente ma fille, Farah. Elle te dira quoi faire. »
La jeune fille salua, et Nasséra fit de même, en me présentant, citant mon nom. Le maître de la maison se retira, et elles commencèrent à travailler. Retirant saleté et paille souillé, nasséra travailla dur, dés le premier jour.
Ils la logèrent dans les écuries même, dans une petite paillasse présente dans la grange, derrière les tas de fois et cela me la dérangea en aucun cas; elle avait toujours vécue dans la rue, avoir un toit, aussi faible soit-il, était du luxe et trouver un travail raisonnable lui donna du courage, même elle était toujours frustrée de ne pouvoir se battre et changer les choses. Elle voulait accéder à sa vengeance.
oOo
A l'aube du troisième matin, elle se leva plus tôt que prévu pour se permettre un bain plus long et tranquille, seule. L'eau était froide, et elle se dépêcha de se rincer.
Son reflet lui apparut sur la surface lisse de l'eau, et pour la première fois depuis longtemps, elle s'observa.
Son visage était toujours le même, doté d'une peau mate et halée comme le miel, lisse et douce; elle s'apposait délicatement sur des traits doux et arrondi de ma mâchoire, ni trop ronde, ni trop carrée. Un nez droit, légèrement retroussé à la fin, et des lèvres pulpeuses, bien assorties à son nez, plutôt large. Mais ce qu'elle préférait chez elle c'était de loin ses yeux, identique à ceux de sa mère. Grands, sans cernes ni poches, ils étaient en amandes, et dorés. Une couleur clair et profonde, d'un noisette or, qui laissait aller au soleil des reflets ambrées, qui contrastaient parfaitement avec ses cheveux longs et châtain foncé.
Elle était, de son point de vue, belle. Du moins, bien faite…Elle tourna la tête à droite, et observa sa cicatrice, encore rose, car récente. La peau était boursouflée et tendue à l'endroit où l'on avait tranché, et elle était plutôt rassurée de voir le résultat. Les points n'avait pas parfaitement raccordé la peau, et par endroit, la cicatrice était plus large que d'autre, à la mâchoire, la marque faisait un peu moins d'un demi-centimètre de largeur, à cause du mouvement, alors que sur le coté, elle restait fine, sans excéder quelques millimètres. Une fois les constatations faites, elle retourna travailler.
La journée avait été dure, chaude et lorsque la nuit vint à se poser sur le ciel, Farah et Nasséra en furent soulagées. Elles rentrèrent les destriers; les chevaux de batailles, qui étaient les plus important et sur le chemin de la ferme, Farah s'interrogea:
« -Quand j'y pense, tu dois importante pour que ce soit lui en personne qui te guide dans la cité pour venir jusqu'à nous.
-Qui donc ?
Elle parut étonnée de la question de Nasséra, et se passa la langue sur les lèvres, signe d'agacement chez elle:
-Hé bien, Altaïr. Tu ne savais pas qu'il est l'un des plus importants et influant Assassins ?
Nasséra fut gênée. Elle ne savait même pas qui il était, alors qu'une paysanne en avait connaissance.
-Non, je l'ignorai.
-Alors sache que c'est lui qui nous a sauvé de l'ancien traître et tyran, Al'Mualim. Grâce à Altaïr, nous avons été libéré de son emprise.
-Il l'a tué ?
-Oui, il est mort; mais ce qui c'est réellement passé, on l'ignore.
Elle avait chuchoté lorsqu'elle prononça cette phrase.
-Et aujourd'hui, qui est à la tête de la cité ?
-Personne encore. Les meilleurs Assassins dirigent chacun une partie de la cité, mais c'est Altaïr qui serait le plus apte à diriger l'Ordre; cependant, beaucoup de personne ne le voit pas encore assez mature pour accéder à un tel poste; mais il pourrait devenir maître Assassin bientôt.
A ces mots, elle sourit, puis elle continua :
-Tu sais que toutes femmes de la cité cherche ses faveurs ? Alors, pourquoi t'as t'il accompagné lui même jusqu'ici, toi, une inconnue ?
-Je ne sais pas. Je n'en sais, vraiment rien. »
Farah ne semblait pas satisfaite de la réponse, mais elles arrivèrent à la ferme, la discussion cessa alors.
Une fois le repas terminé, la jeune femme partit à l'écurie pour obtenir un repos suffisamment mérité, heureuse de la solitude et du silence qui se donnait à elle et malgré la journée difficile, elle était satisfaite; satisfaite d'en avais apprit plus sur la situation de la citée, et de la position d'Altaïr.
Nasséra rentra dans l'écurie, et grimpa à l'échelle pour aller se coucher, mais à sa grande surprise, une ombre se trouvait là. Son vêtement blanc lui permit de distinguer aisément sa silhouette dans la nuit.
« -J'ai réfléchis à ce que vous avanciez il y a trois jours… »
Son ton était hésitant, ce n'était pas la voix ordinaire de l'Assassin.
« -J'en ai conclus une chose; vous n'avez pas totalement tort. »
Il affichait une mine abattue et abaissée.
« -Il faut changer les choses… »
Au moment ou il prononça cette phrase, il leva la tête, et Nasséra en déduisit qu'il la regarda.
« -Je veux bien faire un test, et vous entraîner.
-Vous avez fait le bon choix, vous ne serez pas déçu.
-Cependant, il ne faut pas que les autres le sache; car si l'expérience se résout un échec, il ne faut pas qu'ils l'apprennent.
-Bien.
-Je viendrai vous chercher à l'aube, j'ai trouvé un autre volontaire pour votre poste, il prendra votre place, sans que personne ne le sache, quant à la famille, elle pense que vous êtes repartie à Jérusalem, retrouver un oncle. Dormez bien, car la nuit sera courte. »
Il ne prit même pas la peine de descendre par l'échelle et sauta en bas, avant de disparaître dans la pénombre. Nasséra resta plantée, paralysée par ses paroles, car elle avait beau avoir tout tenté pour le faire changer d'avis, qu'elle n'y crut pas immédiatement et en quelques seconde, tout avait changé…
Nasséra allait pouvoir se battre.
