En bref : Ce qu'il y a de bien dans une fic c'est qu'on peut faire ce qu'on veut. Le discours d'Alberto Del Rio, alias Monsieur Mauvaise Foi, lors du Smackdown du 17 juin 2011 me dérange un peu pour la fic donc je m'en accommode comme je peux. Je voudrais traiter cette fiction sur Ricardo et Alberto comme si elle faisait partie d'une storyline. Je peux peut-être m'inspirer un peu de leur vraie vie (par ex : le chat de Ricardo) mais je veux les traiter comme des personnages fictifs à part entière. Donc Alberto est vraiment un millionnaire et son annonceur est né au Mexique.
Chapitre 2 :
La tornade rousse avait donc pris possession de son canapé. Ce n'était pas la première fois qu'elle se servait dans son frigo, et certainement pas la dernière. Ricardo avait quelques amis à Tampa mais pour la plupart de ses proches ils étaient toujours au Mexique. Il avait rencontré Ruth à un buffet organisé par la communauté catholique de la ville. Il avait bien vite remarqué qu'elle n'était là que pour manger en douce... puis qu'elle était juive. Qu'elle aimait les femmes il ne s'en était aperçu que tardivement. Qu'après lui avoir fait une cour maladroite de quelques semaines. Le déclic avait été une réaction de la jeune fille sur une publicité dans un magazine.
-C'est drôle, mon ex portait le même genre de fringues !, avait-elle soudain sorti.
-Un homme qui porte des habits féminins ?
-Ricardo... c'était une fille !
La révélation l'avait tellement foudroyé qu'il était resté immobile pendant quelques secondes.
-Je pensais que t'avais compris que j'étais gay enfin... Bon je vois bien que t'es choqué, allez on va boire un verre.
Une fois le choc passé il avait été déçu, puis un peu mal à l'aise. Cependant il avait fait fi de ses préjugés et était resté ami avec elle. Ils étaient tous les deux du même âge et s'entendaient plutôt bien.
-Tu fais quoi là ?
Mi-amusé Ricardo avait encore rouspété après elle car Ruth avait décidé de donner la peau du poulet au chat. La jeune fille se recroquevilla un peu plus dans le canapé.
-J'aime pas la peau...
-Quand je t'invite chez moi tu sautes sur le réfrigérateur comme si tu avais pas mangé depuis trois jours. Tes parents t'envoient régulièrement de l'argent non ?
-Je ne sais pas pourquoi, la bouffe est toujours meilleure chez les autres... Bon, tu m'avais appelée parce que ça allait pas. C'est ton patron qui te casse les pieds ?
-Je ne sais pas qu'est-ce qui est le pire, quand il est en compétition ou quand il est en mode business.
Le jeune homme se garda de parler des actions peu recommandables de son employeur. Actions auxquelles il avait l'habitude de prendre part. Ruth n'était pas au courant des petites manigances qu'ils complotaient ensemble lors des matchs de catch. Il était intimement persuadé qu'elle lui en voudrait d'agir de la sorte. Heureusement pour lui, son amie n'avait pas l'air d'apprécier le catch.
-J'ai l'impression qu'El Patron se moque de moi.
-Il avait pas dit que t'étais son meilleur ami ? Je l'avais entendu dire ça à la télé.
Ricardo la regarda surpris.
-Je croyais que t'aimais pas le catch.
-J'étais tombée dessus l'année dernière. J'avais laissé l'émission en fond sonore pendant que je faisais ma vaisselle. J'ai pas entendu tout ce qu'il racontait, par contre il m'a tuée avec le coup de ta femme et ton bébé Consuelo. Qu'est-ce que j'ai rigolé !
L'annonceur avait été blessé par The Big Show à ce moment. Il avait entendu le discours de son patron depuis sa chambre d'hôpital et avait offert à l'infirmière le plus beau 'facepalm' de sa triste vie. S'il avait eu la larme à l'œil en entendant Alberto dire qu'il était son meilleur ami, il avait ravalé sa joie quand celui-ci l'avait ensuite comparé à un chien. La cerise sur le gâteau fut la fin de son discours quand Alberto évoqua la femme de Ricardo et son enfant. L'aristocrate mexicain avait-il inséré ce beau mensonge pour apitoyer son auditoire ? Ou alors il n'écoutait qu'à moitié quand Ricardo lui parlait de sa vie personnelle, notamment quand il lui avait montré la photo de lui avec sa sœur et sa filleule lors du baptême de celle-ci. S'en était suivie toute une série d'appels de la part de ses amis qui regardaient le show où il avait dû répondre qu'il était toujours célibataire et sans enfant.
Il avait fait la tête pendant des jours et Alberto n'avait même pas cherché à savoir pourquoi.
Les semaines avaient passé. La blessure du catcheur allait mieux mais il n'était pas encore prévu de retourner sur le ring. Alberto Del Rio avait donné son soutien à John Laurinaitis contre Teddy Long et Wrestlemania arrivait à grand pas. Ricardo avait dû loger quelques jours dans la demeure du patron pour s'occuper des préparations pour le Wrestlemania Axxess.
Ce matin-là l'annonceur revenait de son footing. Il longea le couloir sans regarder autour de lui, trempé de sueur et son mp3 sur les oreilles. Il traversa rapidement la salle à manger où Alberto Del Rio prenait son petit déjeuner pour le prévenir du planning prévu.
-Patron, je prends une douche et j'arrive pour parler de l'organisation de votre séance de dédi...
Il avait fallu quelques secondes pour qu'il s'aperçoive que le millionnaire ne prenait pas son petit déjeuner seul. Une femme en peignoir de satin se tenait en face de lui. Ricardo reconnut Diane Balsey, qui avait apparemment passé la nuit ici. Parmi les conquêtes d'Alberto Del Rio, il y avait les 'amantes regulares', les maîtresses régulières. Il s'agissait souvent de 'desperate housewives' fortunées qui trouvaient la vie monotone. Elles étaient des femmes d'une trentaine d'années avec qui l'aristocrate pouvait entretenir de vraies conversations.
Diane Balsey était une brune pétillante aux cheveux courts de trente-trois ans. Son mari est un homme d'affaires redoutable dans l'immobilier. Elle venait voir Alberto de temps en temps. Ricardo ignore comment son patron a pu la rencontrer, sans doute à une festivité mondaine. L'annonceur avait un petit coup de cœur pour cette femme agréable qui était connue pour s'occuper d'associations caritatives. Elle était également une mère attentive pour son petit garçon de sept ans, Darren. Il s'était toujours demandé ce qu'elle pouvait trouver à Del Rio. Son charme machiste ne devrait pas opérer sur une telle femme...
-Bonjour Ricardo, comment allez-vous ? demanda Diane Balsey avant de boire son verre de jus d'orange.
-Euh... Bie-bien !, bafouilla l'annonceur comme un gamin intimidé.
Alberto était en face d'elle le journal dans une main et son café dans l'autre. Autant elle était souriante autant il était sérieux à ce moment-là.
-Je t'appellerai quand j'aurais besoin de toi Ricardo !, ordonna le patron qui ne quittait pas son papier des yeux.
Le manager hocha positivement la tête et quitta la pièce tandis que le téléphone portable si mit soudain à sonner.
Le téléphone peut apporter d'éléments sur la personnalité de son propriétaire. Celui de Diane Balsey contenait de nombreuses photos de son fils. Pendant ses longs trajets en voiture ou en avion elle aimait les faire défiler une à une sur l'écran de la plus ancienne à la plus récente pour ainsi constater combien son garçon avait grandi. Son répertoire était aussi soigneusement rangé en ordre d'importance. D'abord il y avait le numéro du téléphone d'urgence de Darren, ensuite celui de sa gouvernante attitrée, le suivant était celui du portable personnel de son mari, celui d'après du portable professionnel de celui-ci, le cinquième était celui de sa mère, le sixième était celui du psychologue de Diane soigneusement déguisé sous le nom de Tante Peg. Car oui Diane voyait un psy depuis des années et essayait d'être le plus discrète là-dessus. Difficile de se remettre de tant d'années d'anorexie et de dépression. Après quelques années dans une petite boîte de mannequinat elle avait réussi à seulement vingt et un ans à décrocher un poste de chroniqueuse de faits-divers dans une émission de télévision. Elle ne supportait déjà pas la pression quand elle était mannequin et dans les coulisses du grand écran l'ambiance était bien pire. Lorsqu'elle se maria avec Alec Balsey elle laissa tomber sa carrière à la télévision. La naissance de son fils avait résolu les problèmes d'anorexie mais pas ses angoisses. Tout était soigneusement caché derrière son visage souriant. Seul son mari était au courant et fermait les yeux sur ses abus d'antidépresseurs. Cela faisait quelques années qu'elle et lui faisaient chambre à part et vivaient leur vie chacun de leur côté.
Le téléphone personnel d'Alberto contenait d'habitude de nombreux textos de conquêtes. Lorsqu'il s'agissait de filles de type classique il n'y répondait jamais. Cependant cela faisait quelques jours que son portable contenait énormément de messages de son répondeur et d'un grand nombre d'appels en absence.
Mamá.
C'était le fameux nom qui n'arrêtait pas de s'afficher sur son téléphone et il ne souhaitait pas le moins du monde y répondre car il savait de quoi il s'agissait. Et là il avait oublié de couper la sonnerie.
-Tu ne réponds pas ?, demanda Diane.
Alberto Del Rio posa lourdement son café et chiffonna rageusement son journal avant de prendre le portable qui était dans sa poche pour l'éteindre.
-C'est ma mère.
-Je croyais que tu l'adorais.
-Elle veut que je me marie.
La jeune femme s'arrêta net de touiller son thé et eut du mal à réprimer un fou rire.
-Et cela t'amuse ?
-Disons que ça fait tellement cliché, la mère mexicaine qui cherche à ranger son fils. Elle n'a pas parlé des petits-enfants non plus ?
Sa seule réponse fut le bruit du portable qui cogna violemment la table.
En principe ses excès de rage faisaient peur aux femmes et Diane ne fit pas exception car elle eut un mouvement de recul. Ce n'était pas la première fois qu'elle assistait à une des colères de Del Rio et elle n'aimait définitivement pas cela.
-Bon, je crois qu'il est l'heure pour moi d'y aller !, dit-elle froidement en se levant de table.
-Non !
Del Rio se tenait les tempes comme s'il avait très mal à tête.
-Comment ça, non ? Tu n'as pas d'ordre à me donner
-Je veux dire...
-'Je suis désolé, je ne veux pas que tu t'en ailles' Je suis sûre que même toi tu es capable de le dire.
La jeune femme s'approcha de lui, voyant que quelque chose n'allait pas.
-C'est cette histoire de mariage ?
-Je ne veux pas en parler...
-C'est pourtant toi qui as lancé le sujet !
Diane eut un long soupir exaspéré.
-Si quelque chose te tracasse, tu peux en discuter à quelqu'un d'autre... Tu sais, un ami !
Elle s'était d'ailleurs retenue de dire le mot 'psychologue' par réflexe.
Hélas elle ne put avoir de réponse car la crise était terminée et l'aristocrate s'était repris. Se tenait à nouveau devant elle le grand Alberto Del Rio, le fier millionnaire mexicain au sourire éclatant, l'homme qui faisait la couverture du magazine 'Hombre'.
-Oublions cette conversation ! Tu restes ?
Il allait se pencher pour l'embrasser mais il se heurta à la main de sa maîtresse qui le stoppa doucement.
-Hop une seconde, je suis pas une de ces écervelées avec qui tu t'amuses. Tu ne vas pas t'en tirer comme ça !
-Cela veut dire 'oui' ?, demanda t-il en prenant un faux air suppliant.
La jeune femme leva les yeux au ciel un air exaspéré avant de hocher positivement la tête. Aussitôt le catcheur en profita pour la prendre joyeusement dans ses bras et de couvrir son cou de baisers.
-Hé attends !, fit Diane en le tapant sur le bras. Je ne peux pas m'éterniser ici très longtemps. Darren rentre lundi de chez ses grand-parents.
-Cela nous laisse donc deux jours avant que tu retrouves ton petit trésor.
-Encore une chose. Ricardo c'est ton ami non ? Tu devrais lui parler !
-Pourquoi tu viens le mêler à ça ?
-Très bien j'abandonne.
Alberto Del Rio savait qu'à un moment ou un autre il serait obligé de répondre aux messages. Il lui faudrait trouver des bonnes excuses pour calmer un peu sa mère. Fichu téléphone !
