CHAPITRE 3 : Don't Lose Your Heart

Appuyée de mes deux mains sur les carrelages recouvrant le mur de la salle de douche, je laissais l'eau chaude ruisselé sur mon corps endolorit. Jusqu'à présent, je n'avais pas remarquer à quel point chaque muscle de mon corps en avaient prit pour son grade, à quel point mon corps avait souffert.

Ma première douche depuis des semaines. J'en aurais presque pleurer de joie, nom d'un chien.

Voila comment signer un pacte avec le Diable ! Et là, j'avais signer ce pacte avec mon sang dés que Maggie avait mit entre mes mains un semblant de trousse de toilette, se composant d'un mini savon, un petit bidon de shampooing, une brosse à dent en plastique, un petit tube de dentifrice, comme ceux que l'on trouve dans les hôtels, ceux à usage unique, et enfin, une serviette propre. Certes elle ne sentait pas bon l'adoucissant et elle n'était pas douce et molletonnée, mais franchement, j'en avais strictement rien à foutre.

Je m'étais décrassée du mieux possible, frottant et frottant à plusieurs reprises sur ma peau qui à force avait virer au rouge écarlate, non pas à cause de l'eau chaude, mais de l'acharnement dont j'avais fais preuve afin d'essayer d'enlever toute trace d'une vie en extérieur de plusieurs semaines, mêlée à plusieurs couches d'hémoglobine, de poussière et de je-ne-sais quoi d'autre encore.

Mes cheveux avaient considérablement pousser depuis le début de l'épidémie, à tel point qu'ils arrivaient maintenant à cacher ma poitrine. Cela ne m'avait pas déranger outre-mesure, bien que les couper aurait certainement été une bonne idée. Je rangeais cela dans un coin de ma tête et continuais l'inspection de mon corps.

J'avais remarquer ici et là, des écorchures, des hématomes, mais rien qui ne disparaîtrait pas dans quelques jours. Je me rendais compte de la chance que j'avais eu. Depuis le début du chaos mondial, j'avais réussi à m'en sortir sans trop de blessures, j'en remerciais silencieusement le ciel, même si mon corps était très douloureux à certains endroits.

Maggie avait insister sur le fait de prendre tout le temps dont j'avais besoin et je ne m'en fit pas prier d'avantage. C'était si bon !

Pour l'instant, je n'avais vraiment eu de contact qu'avec Maggie, ayant seulement échanger quelques mots avec Glenn, à peut près avec Daryl et enfin avec un petit bout de bonne femme du nom de Carol.

J'avais aperçu brièvement des gens au moment où Maggie m'avait fait entrée dans la prison. J'avais été surprise de constater que tout un petit univers avait été sommairement créer, et que l'endroit était légèrement plus chaleureux que je ne l'aurait cru.

La petite brune, Carol, nous avait accueillit dés mon entrée, s'était présenter et avait donner des directives à Maggie tandis que je tentais vainement de réaliser la chose. J'étais restée là, serrant la corde de mon arc de mes deux mains, attendant de savoir quoi faire, telle une potiche perdue dans un environnement totalement inconnu. J'avais purement détester ce moment. Ensuite, Carole, s'était tourner vers moi

« Maggie va t'accompagner, ensuite, nous ferons les présentations et on t'expliquera comment ça fonctionne dans notre communauté.» avait elle dit sur un ton qui m'avait paru un peu trop maternel à mon goût.

Ce n'était ni une demande, ni un ordre, mais j'avais tout de même eu la vague impression de me retrouver coincée et ça me mettait mal à l'aise. Nom de Dieu, je n'avais vraiment plus l'habitude de tout ça, et encore moins d'être traitée comme une enfant. C'était très déstabilisant pour moi. Mais j'avais, néanmoins, un bon feeling avec l'endroit et ce qu'on avait tenter d'en faire.

Ça n'avait rien d'un Paradis, mais au moins, j'avais la profonde sensation, comme un pressentiment, que la promesse d'un « endroit sur » avait été maintenue.

« Pas de problème » avais-je simplement répondu, tandis que ma « nouvelle amie », Maggie, me tirais déjà à sa suite.

« Hé Baylee ? » m'avait alors interpeller Carol. Maggie se stoppa et je pu alors faire volte-face.

« Ouaip, c'est moi ! » avais-je répondu du tac-o-tac de manière très naturelle, sur un ton très familier, - trop à mon goût - ce qui n'était pas tellement dans mes habitudes d'ordinaire, même « avant ».

« Bienvenue parmi nous » me lança Carol avec un sourire aux lèvres juste avant de partir à son tour.

Après un moment qui me parut trop court, je coupais le jet d'eau, un bruit atroce de vieille plomberie bouchée sortit du mur et la pièce devint soudain silencieuse. Tellement silencieuse qu'une angoisse vint pointer le bout de son nez. Enroulée dans mon linge, transie de froid et tremblante, je rejoignis mes affaires dans la partie vestiaire en titubant presque et m'assis sur un banc, tentant en vain de réguler ma respiration.

« Allez ma grande, respire » me dis-je à moi-même. « Tu va pas flancher maintenant quand même ?!»

Les points serrer, coller à mon front, mon buste commença à faire des vas-et-vient. J'avais acquis cette saloperie de TOC après la mort de Brody, et j'avais remarquer à quel point cela était efficace dans des moments comme celui-ci, alors je ne combattit pas mon corps, qui apparemment avait décider de me lâcher sans me demander mon avis.

Jusqu'à présent, l'adrénaline avait fait son travail. Je ne m'étais jamais relâcher, jamais je n'avais baisser ma garde, j'avais été shooter à la peur durant des semaines, voir des mois. Le fait de me rendre soudainement compte que je ne savais absolument pas quel jour nous étions et depuis combien de temps j'avais été seule, avait fini par me faire craquer.

Les larmes envahirent alors mes yeux et je ne pu rien y faire. Les spasmes me prirent d'assaut pendant que des sons quittaient la barrière de mes lèvres sans mon autorisation. Ce n'était pas le moment, ni l'endroit pour ça.

J'avais pourtant vu à quel point l'endroit était sécuriser, j'avais vu tout un monde s'activer dans l'enceinte de la prison, et bien que cela ne faisait que très peu de temps que j'avais mis les pieds sur « la terre promise », le fait de ne plus être seule et d'un coup ne plus entendre un seul son, était plus que flippant.

Pleurer c'était pour les faibles et les faibles, dans ce monde pourri, finissaient morts ou transformés en monstres putrides, à bouffer des corps humains telles les charognes qu'ils étaient devenus, après un aller-retour dans l'au-delà.

Pleurer c'était pour les faibles, et je n'étais pas faible ! Mais rien n'y faisait, au plus je luttais, au plus la crise s'intensifiait. Ça faisait un mal de chien à mon corps et encore plus à mon amour propre, que j'avais jusqu'ici réussi à garder intacte.

Dans un état second, je me laissais glissée sur le sol glacé et humide, recouverte seulement par le tissus solidement attacher autour de ma poitrine.

Je n'eus plus aucun contrôle, ni sur mon corps, ni sur mon esprit, et le contrôle c'est ce qui m'avait gardée en vie jusqu'à présent.

Respirer devint de plus en plus difficile, les larmes ne faisant que s'intensifier et embrumer ma vue, à telle point que garder les yeux fermés était la meilleure solution. Mon esprit tentait en vain de garder le contrôle, mais un vide total avait envahit mes pensées, comme si on y avait lancer une bombe lacrymogène. Tout était brumeux, vide, sans bruit...

Complètement détachée de tout, je ne réagis pas lorsque des bras me soulevèrent doucement du sol glacial et que je fus installée sur le banc, ma tête posée sur des cuisses inconnues.

Je n'entendais rien, ne voyais rien, je n'étais soudainement plus là. Je sentais seulement la caresse d'une main frottant mon dos nu, une grande main, solide et rugueuse qui par moment grattait ma peau plus qu'elle ne la caressait.

Je ne m'arrêtais pas de pleurer, aussi bien que la fatigue me frappa d'un coup. Tout doucement, les cercles que traçaient les caresses sur mon dos finir par apaiser mon angoisse et ma respiration se calmait. Je restais prostrée là, n'ayant plus la force de me mouvoir ou même de parler.

Je distinguais, de loin, bien qu'elles furent tout près, deux voix - une voix féminine et une masculine – mais mon esprit tout autant fatigué que mon corps ne désirait pas en savoir davantage. Au bout d'un moment, ce fut littéralement le trou noir.

Mon esprit reprit conscience tout doucement. La peur m'envahit soudainement, tellement bien que je n'osais pas ouvrir les yeux. J'étais vraisemblablement dans un lit. Ma tête posé sur un oreiller, le poids de plusieurs couvertures reposant sur mon corps courbaturer. Je n'osais bouger.

Je sentis une présence près de moi et une pression au niveau de mon biceps droit, puis un son La compression de la pompe du tensiomètre résonna presque dans la pièce. Et je me rendu compte que les deux voix chuchotaient toujours non loin de moi. Je tendis l'oreille, à défaut d'ouvrir les yeux, tandis que je sentis le ballon autour de mon bras se gonfler de plus en plus et une sensation glacial glisser entre celui-ci et le plastique froid.

« Va-t-en je te dis. Quelqu'un à certainement besoin de toi quelque part. T'a autre chose à faire que d'rester planter là ! » chuchota Maggie, apparemment agacée.

« Oh ça va, lâche-moi » répondit la voix masculine, d'un ton agacée.

J'eus envie de m' étouffée au son de cette voix. Mes yeux s'ouvrirent grands et comme si une guêpe m'avait piquer, mon corps réagit tout seul, comme si il n'avait pas besoin du consentement de mon esprit.

En mode défense, je me redressais, me cognais la tête au lit du dessus et retombais sur le matelas légèrement sonnée en grognant et en tenant ma tête entre mes paumes de mains. Mon regard tomba sur un vieille homme à la barbe et aux cheveux blancs qui me souris, visiblement amusé par la scène.

« Chuut, du calme » me conseilla t il en approchant sa main de mon bras afin de repositionner son instrument qui s'était évader de mon bras. « Tout va bien » dit-il ensuite sur un ton qui se voulut rassurant.

Je vis Maggie faire un pas vers moi et se pencher dans ma direction avec un sourire. Ce sourire me rassura et je lâchais mon souffle qui s'était bloquer au niveau de ma gorge.

« Je m'appelle Hershel, je suis le père de Maggie, et le médecin du groupe. Apparemment, ta tension est bonne » dit-il en relâchant le ballon du tensiomètre. « Tu as juste besoin de beaucoup de repos. » ajouta il avec un petit sourire rassurant, n'attendant apparemment pas de réponse de ma part.

Maggie déposa une main sur l'épaule de son père en signe de gratitude et celui-ci se leva du tabouret où il était jusqu'ici installé. Il récupéra des béquilles posées contre le mur et je remarquais seulement que le vieillard était estropier. Je me demandais alors ce qui avait bien pu lui arriver.

« On va te laisser te reposer » me dit Maggie. « Tes affaires sont posées là dans le coin, je t'ai mis des vêtements propres sur la table, un plateau avec de quoi manger juste à coté. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à demander, on verra ce qu'on peut faire. »

Je cru qu'elle ne finirait jamais de parler, mais Maggie fini par se taire. Elle m'observa intensément durant quelque secondes et se redressa enfin.

« Merci » soufflais-je.

Je me raclais la gorge et c'est à ce moment là que la question apparu dans mon esprit.

« Maggie ? Comment suis-je arrivée jusqu'ici ? »

Maggie prit place sur la tabouret où Hershel était installé juste avant. Elle se tourna à moitié vers la porte et répondit ;

« C'est Daryl qui ta porter jusqu'ici. »

Mon regard suivit le sien. Il n'y avait personne à la porte de la cellule, juste un morceau d'arbalète dépassait et mon cœur rata un battement.

« Tu m'a filer une de ces frousse. » continua t elle alors que je la fixais à nouveau, tentant de faire abstraction de la présence du biker.

« T'a fais une crise d'angoisse, on t'a trouver sur le sol du vestiaire trempée, allaitante, tu tremblais comme une feuille. Tu pleurais tellement fort que j'ai cru que tu t'en remettrais jamais. » me raconta t elle soudainement sérieuse.

Son visage reflétait l'inquiétude qu'elle avait du ressentir à ce moment là. Je me sentais minable tout d'un coup.

Putain, j'ai craquer ! Merde alors !

« Bon, maintenant, repos, sur ordre du médecin ! » lança t elle sans attendre de réponse en se levant.

Elle voulu quitter la pièce, se stoppa net à l'entrée de ce qui semblait être une cellule de taulard, tourna le visage vers la droite et soupira de lassitude en levant les yeux au ciel, puis s'en alla par la gauche.

Je me laissais glissée dans le fond du lit, grimaçais suite à la douleur qui lançait dans tout mon corps, attrapais les couvertures des deux mains et les remontait presque jusque sous mon nez. Je me sentais terriblement bête après cet épisode plus que honteux.

Bordel, j'avais craquer ! Nom d'un chien, il fallait quand même que j'admette que ce pétage de plomb, cette évacuation du trop plein d'émotion, d'adrénaline et de je-ne-sais-quoi d'autre m'avait fait du bien. Je me sentais bizarrement sereine. Un calme Olympien régnait dans ma caboche. Pas encore à ma place, bête et pas vraiment à l'aise, mais j'avais la conviction que ça allait venir.

« Positive attitude ma vieille » me dis-je à moi-même.

« Quoi ? » ronchonna alors Daryl qui avait du m'entendre.

Bon sang, je l'avais oublier lui ! Je sursautais en voyant le visage de Daryl dépasser de la porte, dissimulant le reste de son corps. Ses cheveux gras cachaient toujours autant son visage, laissant à peine apercevoir ses yeux bleus.

A une époque, les fois où nos regards s'étaient croisés, il m'avait sembler qu'il ne plissait pas autant les yeux, laissant entrevoir plus de bleu qu'à l'instant.

Comme s'il hésitait à partir, ou qu'il attendait je-ne-sais-quoi, il était rester là, en dehors de la cellule, près de la porte, essayant certainement d'être le plus discret possible, il n'avait pas bouger d'un poil, et à l'instant il n'en bougeait toujours pas plus.

Je ne connaissais pas Daryl Dixon. Tout du moins pas ce Daryl là ! J'avais plus ou moins connu le Daryl d'avant, et celui qui se tenait maintenant près de ma porte était très différent de celui qui avait fait chavirer mon cœur de jeune fille prude et solitaire. Il était plus vieux, plus sombre et lui aussi avait du survivre à l'apocalypse. Je ne savais pas ce qu'il avait endurer, ce à quoi il avait survécu. Pourtant son regard parlait pour lui, ses yeux reflétaient les atrocités qu'il avait vu et son corps aussi tendu que la corde de son arbalète témoignait de la tension constante qu'avait provoquer son vécu jusqu'ici.

Je me rappelais des récits que me contait mon frère après leurs escapades et les moments que j'avais passé avec le biker, mais malgré tout, je n'avais jamais vraiment bien connu le ténébreux et taciturne Daryl.

Brody ne me parlait pas souvent de Daryl, se contentant plutôt de quelques brides des misères de Merle, son frère aîné. Peut-être n'y avait-il pas grand chose à dire sur le plus jeune de la fratrie Dixon. Il semblait, déjà à l'époque, discret et en retrait, soumit à la volonté de son enfoiré de frère. Et de mon coté, les moments passés en sa compagnie n'avaient pas été très révélateur sur sa personne. Daryl n'avait jamais beaucoup aimer parler.

Entre Brody et moi, ça n'avait jamais été comme cela. Nous avions toujours été très proche, malgré notre grande différence d'age. Nous nous racontions nos états d'âme, enfin, moi, je m'épanchais souvent sur ceux-ci, Brody, lui, étant le plus vieux se contentait souvent de m'écouter, d'être présent, de jouer son rôle. Il était mon grand frère et j'étais sa petite sœur.

« Pourquoi tu reste là » demandais-je à Daryl avant de retomber dans un de ces flash-back plus que démoralisateur.

« J'sais pas !» répondit il honnêtement.

Daryl bougea enfin. Se dressant de toute sa hauteur dans l'encadrement de la porte. Il soupira comme exaspérer de devoir m'adresser la parole et s'adossa au mur à l'opposer d'où se trouvait mon lit. Son regard tomba sur mes armes, rangées dans l'autre coin près de la petite table. Il les observa longuement. Je l'observais en silence, un silence qui ne me gênais pas.

D'ordinaire, les silences sont pesants mais je remarquais à nouveau qu'avec Daryl, le silence avait tout à fait sa place, il l'avait d'ailleurs toujours été. Il était réconfortant, agréable, presque salvateur.

Au bout d'un moment qui me parut trop court, il tourna les yeux à mi clos vers moi et me parlant à mi-voix me dit

« Désolé pour ton frère. St'était un mec bien !»

Oh non, recommence pas à pleurer ! Pas maintenant ! Stop bordel, fermer les vannes !

Je pris un grand coup de respiration et calmais le tremblement de ma lèvre inférieur. J'aurais voulu le remercier, mais je savais que parler aurait été difficile alors je préférais lui adresser un petit sourire de remerciement à la place de mots mêler à des sanglots.

Le silence revint prendre sa place. Je l'aimais bien ce silence.

Même si je ne connaissais pas le grand Daryl Dixon comme j'aurais aimer le connaître voila des années, le fait de l'avoir retrouver, de savoir qu'il avait été proche de mon frère durant un moment, fit naître un sentiment que je n'avais plus connu depuis la perte de Brody : La confiance envers quelqu'un.

J'avais fini par m'endormir dans ce silence apaisant. A mon réveil, j'étais seule dans la petite cellule. Un drap avait été placer à la porte, de sorte à, je pense, me laisser une certaine intimité. Je n'en avais plus l'habitude non plus, mais aucune angoisse ne pointa le bout du nez cette fois.

La lumière du soleil passait à travers le drap, donnant à ma cellule toute grisâtre une légère ambiance réconfortante. J'en fut heureuse.

J'entendais, au loin, des gens s'activer, des pas bien poser au sol, des discutions, des rires... le pleur d'un bébé ? Mes yeux s'écarquillèrent.

Voila des lustres que je n'avais pas entendu ce genre de sons. C'était une mélodie divine à mes oreilles. Moi qui avant détestais tout cela, mon cœur se remplit de joie malgré les vieilles habitudes.

Le monde avait changer, j'avais changer avec lui. Des millions de morts, des millions de monstres, et parmi toute cette merde, le pleur d'un bébé ! Je n'en revenais pas ! La vie était foutrement moche, mais à l'instant, tout ces bruits étaient un bonheur inqualifiable !

Doucement je me levais, tout en grimaçant à chaque mouvements douloureux de mon corps, je pris la pile de vêtements soigneusement plié qui trônait sur le petite table de la cellule. Des vêtements simples et confortables. J'enfilais mes sous-vêtements et entrepris de m'habiller. Le pantalon en lin gris me tombait parfaitement sur les hanches, je serrais les chevilles et la taille à l'aide des cordons prévu à cet effet. Le t-shirt de couleur vert kaki enfiler lui aussi, je m'affairais à me chausser.

Mes Doc Martens en avaient vu des vertes et des pas mur, mais je remerciais silencieusement le créateur de ces chaussures pour avoir créer des pompes aussi résistantes et Ô combien confortables. Je souris rien qu'à la sensation d'être enfin propre. Un corps et un esprit propre, et des vêtements tout aussi propre! Quel pied d'enfer !

Je mangeais doucement, avec joie, le maigre repas disposer sur le plateau, composer d'une bouteille d'eau, d'une barre énergétique aux céréales et au chocolat et d'une assiette de pâtes à présent froides. Ce repas était un pure bonheur ! Du grand luxe pour la période sombre que nous vivions tous depuis ce qui me semblait une éternité.

Ensuite, j'enfilais mon arc sur mon dos, positionnais mes brassards en cuir muni de couteaux à mes avant-bras, bouclais ma ceinture où pendouillait une machette dans son fourreau, pris le plateau à présent vide et me dirigeais vers la sortie de la cellule. Je respirais un coup par le nez et expirais l'air par la bouche. C'était le moment de se présenter au groupe.

J'avais un sentiment positif qui mûrissait de plus en plus en moi. Et c'était bien plus qu'un sentiment... c'était presque comme une certitude, qu'à présent, les choses se passeraient bien pour moi.

Je descendais doucement les escaliers en métal menant dans la salle des cellules, tenant mon plateau des deux mains comme si c'était la seule chose à laquelle m'accrocher. Je respirais calmement, tout en appréhendant le moment où j'allais être confrontée à une foule de gens inconnus au bataillon.

« Allez, c'est parti mon kiki » me dis-je en voyant Maggie se lever d'une couverture étendue sur le sol et se diriger droit sur moi, suivit d'une petite blondinette qui ne devait pas être majeur avec un bébé dans les bras. Maggie avait déjà le sourire aux lèvres, tandis que moi, j'essayais d'esquisser un sourire qui n'aurait pas trahit mon inconfort, autant dire que c'était Mission Impossible à ce stade.

« Hé Bee ! Comment te sens-tu ? » m'accosta t elle.

Alors on en était déjà aux surnoms amicaux ! Songeais-je. Ça commençait bien.

« Plutôt pas mal vu les circonstances. Alors c'est donc cette petite chose qui ameute tout le voisinage ? » répliquais-je en rivant mon regard sur le nourrisson tenu par Blondie.

Ça me fit un truc bizarre dans la poitrine. Un bébé dans tout ce merdier... On y était peut-être arriver au Paradis tout compte fait !

« C'est Judith, la fille de Rick.» m'informa timidement Blondie, comme pour me présenter le bout de chou. « Et moi, c'est Beth, Maggie est ma grande sœur. »

« Ravie de faire ta connaissance Beth ! »

En retour, la jeune fille me souris timidement et retourna s'installer sur la couverture où, je le remarquais à présent, quelques jouets pour enfants traînaient.

« Viens on va rejoindre les autres. Et donne moi ce plateau, j'irais le ranger plus tard. » me dit elle en m'entraînant et en m'arrachant presque le plateau des mains, qui eurent légèrement du mal à le lâcher.

Nous passâmes une porte, puis une autre et au bout d'un moment nous nous retrouvâmes dans la cours extérieur. Cette prison était un vrai labyrinthe et malgré mon sens de l'orientation, j'avais du mal à me faire à ce dédale de salles et de couloirs lugubres. Peut-être m'y ferais-je un jour !

C'était une vrai fourmilière cet endroit ! Et une fourmilière bien approvisionnée et bien organisée par dessus le marché. Ce qui, à la vue du monde qui y séjournait, n'avait pas du être une mince affaire à gérer.

Maggie fit les présentations avec plusieurs personnes sur le chemin qui nous avaient menées jusqu'à l'extérieur. Plein de gens, plein de prénoms, plein de visages souriants et apparemment heureux. Trop de gens, trop de prénoms pour moi. Je restais, malgré tout stupéfaite devant un tel spectacle.

Mon arrivée dans les murs de la prison avait été éprouvante, et dans la nuit, j'avais à peine remarquer tout ce qui se trouvait, maintenant, à ma portée.

Des plantes, des légumes, des fruits, et même un potager avait été organiser. Stupéfiant ! Moi qui avait vécu au beau milieu de la nature, telle une femme des bois durant tout ce temps, je n'aurais jamais imaginer atterrir dans une communauté comme celle-ci. Était-ce la seule, où d'autres survivants avaient-ils eux aussi eu l'idée génial de créer des endroits comme celui-ci ?

Après mon agression, où les deux gars en chaleur avaient fini avec une balle entre les deux yeux, je m'étais coupée du monde. Cela me paraissait si lointain maintenant.

« Salut Carol! » lança Maggie alors que nous arrivions sous un grand pavillon où, à ma grande surprise, avait été installer une sorte de cuisine extérieur, des tables, des bancs et tout un tas de brols pour la cuisine.

« Salut Maggie, comment ça va ce matin ? Je vois que notre rescapée est enfin revenue parmi nous » répliqua Carole en m'adressant un sourire sincère.

« Euh, oui, en effet ! » lançais-je sans trop savoir comment me comporter.

Je passais nerveusement d'un pied à l'autre et Carole du s'en apercevoir car elle nous invita à prendre place sur un des bancs à proximité du « bar ».

« Qui l'eut cru ! C'est "La vie de palace" comparer à dehors». Lançais-je abasourdie.

« Maggie ? Tu prépare un petit déjeuner pour notre nouvelle arrivante ? » demanda Carol

« C'est gentil mais j'ai déjà manger » dis-je en m'asseyant.

« Tu prendra bien un café, quand même ? » lança Carol.

« Non ? Sérieusement ? Vous avez du café ? » répliquais-je comme si on m'avait appris que le Père Noël existait vraiment.

« Bienvenue chez nous ! » répliqua Maggie en m'adressant un grand sourire accompagner d'un clin d'œil.

Le gobelet fumant du doux nectar noir arriva sous mon nez. Maggie s'installa en face de moi et m'observa durant un bon moment avec une expression qui frisait le ridicule.

Avait-elle toujours cette bouille enjoué à faire peur ... ou peut-être qu'elle abusait un peu trop de plantes euphorisantes ? En tout cas, me retrouver là, à déguster du café avec une fille flippante qui ne s'arrêtait pas de sourire en face de moi était une option de survie que je n'avais pas vraiment imaginer.

« Salut Daryl » fit une voix qui me sortit de mes pensées.

Je me redressais comme si une mouche venait de me piquer et tournais la tête en direction du biker qui se dirigeait vers Carol. Je redirigeais mon regard vers mon café, qui me parut foutrement intéressant et essayais de ne pas paraître troublée par sa seule présence. Il répondit sans prendre attention à moi. Pourquoi donc m'aurait-il remarquer après tout ? Tout les gens présents le saluèrent et je fus surprise qu'il soit aussi populaire.

Après avoir échanger quelques mots avec Carol, ils s'éloignèrent ensemble et bizarrement je recommençais à respirer normalement.

« Alors comme ça, tu connaissais Daryl avant ? » me questionna soudainement Maggie, une lueur de curiosité dans le regard.

« Euh... pas vraiment ! » répondais-je timidement.

« Ha bon ? C'est pas ce qu'il nous a dit ! » me lança t elle avec un regard inquisiteur, mais jovial en même temps.

Maggie cherchait elle des ragots de bonnes femmes ?

« Comment ça ? » demandais-je alors interloquée par ce que le biker avait pu dire me concernant.

«D'après Daryl, ton frère et lui étaient amis? »

« Oui, mais c'était il y a longtemps. Et ça faisait pas mal d'années que je n'avais plus entendu parler de lui » répondis-je en haussant les épaules.

« Ha bon... Mais dis-moi... » commença t elle en se rapprochant un peu plus de moi afin de parler plus bas. « Est-ce qu'il sait passer un truc entre vous à l'époque ? »

Je recrachais presque la gorgée de café que je venais de boire et m'étouffais au passage

« Non... Non... pas du tout ! Pourquoi tu dis ça ? » lançais-je un peu trop précipitamment, ce qui allait certainement me trahir.

« Mhhh je sais pas... C'est rare qu'il soit si protecteur envers quelqu'un d'autre que Carol. Tu vois, c'est un peu comme notre maman à tous, elle s'occupe de tout le monde, tout ça, y a un truc entre elle et Daryl... je crois que ça doit être à cause de Sophia. Mais passons ! Patrick ?»

« Oui M'zelle Maggie ? » répondit le gamin à lunette qui venait de prendre la place de Carol derrière les fourneaux.

« S'il te plais, tu dira à Carol que nous sommes prêtes pour le conseil. Je vais informer les autres avec Baylee.»

« Bien m'zelle Maggie! » répondit le gosse en se redressant comme si on l'avait investi d'une mission sacrée.