Chapitre 2
Envy avait entendu des éclats de voix dans l'appartement, et ne fut pas étonné de voir un Edward plutôt énervé quand ce dernier claqua la porte derrière lui. Au moins il avait la télé. Tirant une bouffée sur son joint, il sourit :
- Putain mec, cette saloperie commence à fatiguer… ,dit-il en désignant le vieux poste.
- Tu fais le difficile ? répliqua le blond.
- J'en ai rien à foutre, du moment qu'on a notre pognon ,répondit Envy en haussant les épaules.
- Allez, aide-moi ! dit Edward en poussant le meuble vers l'ascenseur.
Envy et Edward étaient meilleurs amis depuis le collège, à la vie à la mort. C'est ensemble qu'ils avaient fait leurs conneries, leurs plans foireux, et ensemble qu'ils s'étaient démerder pour en sortir. Malgré les apparences, il y avait une grande complicité entre eux.
Envy était grand, avait une silhouette élancée et un corps plutôt athlétique. Il avait de longs cheveux d'un noir de jais, qui de loin ressemblaient à des dreads (ou a des feuilles de palmier?), et qu'il attachait de temps en temps. Ses yeux ressemblaient à deux améthystes, dans lesquels brillait un air malicieux. Comme Edward, il était issu d'une famille peu aisée, et avait appris à se débrouiller seul très jeune. Il n'était pas beaucoup allé en cours, passant son temps à fumer des joints, ou chercher des plans pour se faire un peu de fric. Mais au fond, ce n'était pas un mauvais gars. Il avait toujours eu comme rêve de sortir de cette galère qui lui collait aux basques. Et il espérait, encore, trouver Le coup qu'il lui permettrait d'arriver à ses fins.
Ainsi, le blond et le brun sortirent de l'immeuble, faisant rouler avec précaution leur gagne pain. Sur le trottoir de l'édifice, comme à leur habitude, étaient installées les petites vieilles du voisinage, en train de profiter des rayons de soleils, espérant rajeunir un peu. En passant devant elle, Edward leur adressa un petit signe de tête.
- Regarde-moi ça… ,murmura l'une d'entre elles.
Évidemment, en tant que concierges de la rue et de l'immeuble, elles savaient bien ce qu'il se passait chez Trisha Elric, et ce que cet ingrat de fils était en train de faire. Mais elles ne disaient rien, se contentant pour certaines de lui adresser un sourire poli derrière leurs lunettes de soleil. Edward leur lança un « bonjour » un peu gêné et accéléra le pas. Il n'aimait pas l'image qu'il donnait, malgré tout.
C'était un beau jour d'été, le soleil tapait fortement sur la tête des deux garçons. L'air environnant était lourd, surtout à cause de la pollution qui planait dans le centre ville de Central. Centre qu'Edward et Envy traversèrent sous le regard interloqué des passants, en tirant leur télé. Edward ne fut pas mécontent quand ils arrivèrent sur la côte de la ville, qui donnait sur une petite plage (bon, techniquement c'est pas possible qu'il y ait la mer à Central, mais bon on va imaginer que si ^^). Le vent frais lui fouettait le visage, ce qui le calma un peu. Il oublia vite son entrevue avec sa mère, lança un sourire complice à Envy, qui le lui rendit.
Au bout de 20 minutes, ils arrivèrent devant chez le brocanteur, appelé communément monsieur Dominique. C'était un vieil homme à l'air renfrogné qui vendait de tout et de rien, achetait les objets d'occasion pour les revendre, constamment assis sur une chaise à l'entrée de son petit magasin. Lorsqu'il vit les deux compères arriver avec le poste, il s'exclama :
- Putain, la table aussi ?
- Tu voudrais peut-être que je la trimballe sur mon dos ? répliqua Edward en s'impatientant.
- T'as un copain ,répondit le vieux, en désignant Envy.
- Je suis pas porteur moi, merde ! rigola le concerné, accoudé sur le poste.
- Un fils de voleur ! maugréa Dominique en regardant Edward, Comme si ta mère avait besoin de ça !
Cependant, il donna l'argent aux jeunes, qui le prirent et s'en allèrent. Monsieur Dominique était lui aussi au courant de la situation, qu'il désapprouvait complètement. Mais il fallait bien que le commerce marche, et donc à chaque fois il filait le fric au fils, tout en sachant que la mère viendrait lui racheter la télé peu après. Il regarda les deux silhouettes qui s'éloignaient au loin, marmonnant des « sale gosses » par ci et des « où va la jeunesse ? » par là.
Edward et Envy de leur côté étaient tout contents. Billets en poche, ils rejoignaient le centre ville d'un air détendu. Ils allaient pouvoir passer une bonne soirée, pas de galère pour ce soir.
- Attend moi à mon appart' ,dit Envy à Edward au tournant d'une rue, Si y'a pas trop de queue je devrais être là dans 30 minutes je pense…
- Ok ,répondit l'autre en lui tendant l'argent, tandis que le brun lui passait les clés.
Edward regarda Envy s'éloigner et prendre la direction des quartiers Sud.
- Et magnes toi ! lui lança-t-il.
Oui, il fallait qu'il se dépêche… Edward commençait à se sentir perdu au milieu de toute cette triste agglomération grouillante de monde, qui passait et repassait dans tous les sens. Il avait besoin de son médicament, et le plus vite possible !
