Hey, tout le monde. Comment va ? De retour avec un nouveau chapitre, comme promis, deux semaines après. Bon, je vais pas vous mentir, originellement je devais faire quelque chose sur Mon Petit doigt m'a Dit.
Et puis là, j'ai regardé ma bibliothèque et j'ai vu Le Diable s'Habille en Prada. Donc, je pense que vous savez ce que j'ai fait... 8D
Merci à tous pour les reviews, la reconnaissance, votre âm...our que vous m'envoyez ? Bref.
Bonne lecture !
Ps: vous pourrez trouver ici un personnage sorti d'Homestuck, Karkat Vantas, dont je n'ai pas modifié un seul trait de caractère.
On va dire que c'est un hommage. Désolée pour les injures, insultes et... Tout ce qui va avec. Et les majuscules.


Méfiez vous de toute entreprise qui requiert de nouveaux habits.
Henry David Thoreau

Surtout les boîtes qui vous font venir à l'entretien cosplayé en super-héros.
Dean Winchester

Devil Wears Cosplay
1.

J'étais arrêté en plein milieu de la rue, au feu rouge piéton, à l'intersection de la 17e et de Broadway, les bras tendus de chaque côté de mon corps et ma cape flottant gracieusement dans le vent. Oui. Vous avez bien lu. Ma cape flottait gracieusement dans le vent, et j'en vint très rapidement à la conclusion que si je ne bougeais pas mon cul rapidement le seul truc qui allait encore flotter par ici, c'était mon sang.
Mets un pied devant l'autre et avance vers le trottoir, monte la bordure et reprend ta route comme si de rien n'était. Je psalmodiai ce truc en boucle, comme si ça allait me sauver. Mes pieds ne voulaient pas bouger, ils ne voulaient pas bouger. Au milieu des coups de klaxon furieux et des voitures qui tentèrent de me foncer dessus, mes semelles se retrouvèrent miraculeusement décollées du sol et je pus m'envoler vers d'autres cieux…
Ou juste rejoindre le trottoir, laissant derrière moi une chaussure. Merde ! Encore une paire de pompes inestimables bousillées sur un passage piéton new-yorkais.
« Eh, Batman, t'as oublié ta chaussure ! »

Je vous vois déjà venir. Non, je ne suis pas le vrai Batman, bien que la carrure et la classe porte à confusion – classe sérieusement mise à mal par le port de mon slip par-dessus mon collant (déjà que d'origine je ne portais pas de slip. C'est pour les gosses de neuf ans, quoi, bordel.) – mais bel et bien un citoyen lambda sur les nerfs avec une chaussure en moins et un portable qui chantait « Heeeey, Macarena » dans la poche.
La Poche.
Je vais pas vous faire un dessin, vous savez pas où Batman range son téléphone ?

Je pris le temps de m'appuyer contre un mur qui passait là, de sortir mon Bat-cellulaire de la poche et de le coller à mon oreille. Aucun besoin de regarder qui était le correspondant, puisqu'une seule personne avait ce numéro. Gabriel au nom imprononçable. Mon patron.
« Sam, dis, concernant la chantilly et le caramel, tu sais… Celui que tu devais acheter pour ce soir… Tu m'entends ? »
Je poussai un léger soupir, relevant mon masque – toute façon, pour l'heure, j'étais pas le vrai Batman, qui se foutait pas un peu de mon identité ? – pour pouvoir parler intelligiblement.
« Non, Monsieur, c'est pas Sam. Son frère, Dean.
- Oh, Denver. »
J'eus le temps de compter les tâches sur la robe de la petite fille d'en face – zéro, elle était unie – avant qu'il ne réponde :

« Alors, Denver, est-ce que tu as récupéré ma voiture ? Tu l'as déjà ramenée chez moi ? »
Dieu merci, je me trouvais à deux minutes à pied du concessionnaire le plus proche. Et je voyais presque le mec en face agiter ses clés pour me les lancer.
La joie d'être Batman.
« Oui, je suis dedans.
- Je l'entends pas ronronner. Est-ce que tu maltraites ma voiture ? »

Est-ce que vous aviez déjà vu Batman en pleine rue, le micro d'un téléphone collé contre sa bouche pendant qu'il faisait 'vroumvroum' comme une authentique voiture ?
Bah maintenant, la moitié de la population de ce quartier, ouais.

« Super. Bon, je dois te laisser, Denver le dino, j'ai un double appel. N'oublie pas de récupérer Sweetie et de la déposer avec ma voiture avant de rentrer. »
Sur ce, il termina froidement :

« Et n'abîmes pas Batman. »

J'ai entendu un clic. Puis plus rien. Ce connard m'a raccroché au nez, après m'avoir bien entendu laissé ses indications vaseuses. Je ne savais pas quelle était sa voiture, où la récupérer (mais vu la tête du concessionnaire en face ça devait être là-bas, c'était le seul à pas se foutre de la gueule de Batman qui faisait vroumvroum dans le micro) mais le plus important…
Qui était Sweetie ?

~O~

A ce stade de mon épopée palpitante en temps que chevalier noir avec une seule chaussure à la recherche d'une voiture et de Sweetie, quelques précisions s'imposent. Je m'appelle Dean Winchester, j'ai 29 ans. Je bosse dans une boîte – pas une boîte en carton, même si je pourrais vu comment je suis fauché – qui chaque mois sort le magazine des fans de cosplay à la renommée internationale. Limite si la Fashion Week ne prévoit pas un défilé cosplay à cause de tout ça. Le chef, que vous avez entendu parler tout à l'heure, Gabriel, est…
Est sans doute le plus gros connard égocentrique manipulateur nain que vous ne rencontrerez jamais.
Et je dis pas ça uniquement parce que c'est mon boss.

J'aurais dû m'en douter, en même temps, lorsque j'étais venu postuler pour un boulot, que ce mec était un taré. Vous en connaissez beaucoup, des petites annonces qui commencent par « recherche blond(e) si possible sans sous-vêtements pour mannequinat » ?

Bon, j'avoue, j'avais espéré pouvoir me faire la blonde plutôt que d'être engagé. Mais c'était pas si compliqué, dans un sens comme dans l'autre.
Si le connard précédemment cité ne s'en était pas mêlé.
Lorsque j'avais poussé les portes de la rédaction, un joli badge épinglé sur ma poitrine (« noob »… Non mais.), je m'étais retrouvé plongé en pleine convention.

Entre des gamins à peine plus haut que mon nombril en dragon ball z, des dizaines de Mario et Luigi ou la superbe Catwoman, j'avais crû que mon heure était venue, ou que j'avais pris un portail pour atteindre… Au choix, le Comic Con – mais là, pas mal de personnes de Tumblr vont vouloir voler ce portail – ou une conv' paumée.
Sauf que c'était juste les bureaux du magazine.

Je m'étais avancé vers le bureau de leur chef à tous, en évitant la pâte fimo, la créamousse et le faux sang. Il était sept heures du matin, bordel, est-ce que ces gens DORMAIENT un tant soi peu ? Dans un coin, un Shiki remarquablement bien fait me donnait envie de ne pas m'approcher de lui sans une armure. De l'autre, un gugusse en uniforme jouait à Call Of.

Je venais d'atteindre la porte, sans une seule égratignure, quand j'avais senti une chose vaguement dégueulasse, froide et grise, se poser sur mon épaule.
« EH FILS DE PUTE. TU CROIS ALLER OÙ COMME CA ? »
Ok, le truc gris m'agressait. Haut… Pas très haut, la perruque de traviole laissant découvrir un crâne rose au niveau du front – avant qu'il ne remette ses cheveux en place – il avait le corps entier couvert de ce qui ressemblait à du ciment, avait le goût et la texture du ciment mais pour une raison obscure n'était pas du ciment et s'appelait peinture pour le corps. Deux petites cornes orangées toutes rondes pointaient aussi, soigneusement scotchées à un serre-tête noir.
(on avait dit plus de traduc ! )

Mais j'temmerde.

« Qui c'est que tu traites de fils de…
-TOI. BON ECOUTES, JE SAIS PAS POURQUOI TU ES LA MAIS SI C EST POUR ENTRER BAH VAS-Y ENTRE. JE PEUX PAS PUTAIN DE T'EMPECHER D'ALLER FOIRER TA BORDEL DE SALOPERIE DE VIE D'HUMAIN DANS CE TROU A RATS INFAME QU ON APPELLE AUSSI BUREAU DU CHEF. DE TOUTE FACON JE HAIS LES HUMAINS, MEME SI J'AI CREE LES ETOILES POUR VOUS. »
Je tenais la réincarnation de Lucifer faite cosplayeur.

« BON, CONNARD, C'EST BON ? »
Ou juste un enculé de première.

Il m'avait poussé dans la pièce, où la jolie blonde n'était sérieusement pas. Il y avait bien un blond, bien sûr, mais il avait plus l'air d'être un pote du gars hurleur derrière la porte – qui maintenant criait 'je vous hais tous je vous jure que je vous hais je hais cette planète je hais mon sang et non bordel de chiasse c'est pas marqué soixante-neuf sur mon tee-shirt c'est le symbole du cancer espèce d'abruti tu ressembles à John… '– que d'un véritable top-modèle.
Peut-être parce qu'il était déguisé en lémurien, je sais pas.

« Ah, vous êtes là pour le job ? Super. »
Trois tas de billets plus tard, un contrat signé et c'était dans ma poche. J'étais venu pour la meuf à poil mais je repartais avec un boulot.
Et c'était ainsi que ma descente aux Enfers avait commencé…
Mais au moins j'vivais plus dans une boîte en carton.

~O~

Et nous revoilà donc, après une courte pause, une voiture récupérée au concessionnaire et une ballade dans les rues de New-York. Oui, je vous ai volontairement passé ce passage parce qu'à part la vanne de Batman qui rentre chez un mécano et demande une bagnole pour qu'on lui donne un scooter et ma cape à moitié ruinée, bah y avait rien à raconter.
J'avais également profité de cette pause pour passer un court coup de fil à l'ami hurleur que j'ai pu vous présenter plus tôt.
Son nom est… Euh… Karkat Vantas. Je crois.
Et passé les insultes, il est plutôt sympa.
« ALLO ?
- Karkat ? C'est qui Sweetie ?
- PUTAIN MAIS OUVRE UN PEU TES YEUX TES OREILLES OU A DEFAUT TON BATWIKIPEDIA, BATMAN.

Oui, mais il fallait regarder au-delà de ce que vous voyiez. J'aurais pû avoir le cosplay du sage singe Raffiki dans Disney, mais le cul à l'air ça me branchait pas trop.

« Bref, y a pas Gabriel sur Wikipédia.
-BATWIKIPEDIA, BATENCULE. »
Il était très poétique, mon ami Karkat.
« Oui, si tu le dit. Bref.
- SWEETIE C'EST SON PUTAIN DE SAC DE BONBONS ET AUTRES CONNERIES QUI PUENT LE CANCER A PLEIN NEZ QU'IL FAIT LIVRER CHAQUE JOUR CHEZ SON GRAND AMI.
- Grand ami ?
- OUAIS. CA C'EST JUSTE QU'IL EST MINUSCULE. »

Je grimaçai un peu, avant de raccrocher.
Et de me souvenir que le grand ami de mon patron était mon frère. Cool. Donc je devais aller chercher un paquet de bonbecs chez mon frangin en dix minutes.
Ca pouvait le faire.
Si je conduisais vite.

~O~

Vous connaissez l'histoire de la cape de Batman qui se prend dans les roues d'un scooter ?
Elle fait s'étouffer de rire.

~O~

Sans cape, le masque rebaissé sur mon visage et trente minutes plus tard, je sonnai à la porte de mon frère. Sam Winchester, aussi connu pour être le vendeur par excellence de choses très très bonnes qui vous font voir des choses pas très très bonnes.
Non, pas de la viande de cheval.
Sonnette poussée, scooter garé, je patientai devant la porte de son immeuble, sagement habillé en péquenaud qui porte un collant par 40 degrés et un slip par-dessus, assorti d'une ceinture jaune du plus bel effet.
« Bon…Batman ?
- C'est moi, Sammy. » Je soulevai le masque pour qu'il puisse se rendre compte que je n'étais pas le mec-chauve-souris.
Enfin si.
Mais pas totalement.

« Tu t'es fait avoir toi aussi ?
- … Moi aussi ? »
Il a roulé des yeux, et m'a attiré à l'intérieur.
« Viens, faut qu'on parle, Dean.
- Batman.
- Dean, t'es pas Batman. »
Ouch.
« Eh, est-ce que je viens te briser tes rêves en arrivant chez toi, hein ? Genre 'non, Sam, tu n'es pas humain avec la serpillière que tu as sur la tête' ?' »
Bim.
« C'est sérieux, Dean, je crois que Gabriel a… »

Grands traits de stylo sur la suite. Rage, gribouillis puériles.
« Nan Nan Nan Nan ! Nanananananan ! Mauvais joueurs, tricheurs, chieurs ! Suivez le script, ne réfléchissez pas et marchez dans le rang ! Emmerdeurs de Winchester… » Grogne ledit Gabriel.
Armé de son stylo magique, d'un claquement de doigt il efface la suite et écrit :

Mais alors que Sam allait parler ( c'est drôle, j'aurais juré pourtant, grâce à ma Bat-ouïe avoir déjà entendu une phrase venant de sa bouche) un gigantesque gâteau à la fraise emballé tomba du ciel.
Suivi d'un piano. Qui écrasa le gâteau, et accessoirement fit un trou dans le sol que Batman, en bon gentleman millionnaire, se fit un plaisir de vouloir rembourser lorsque les autorités compétentes ramenèrent leur cul.

En somme, ma journée ? songeais-je alors que je rentrai, fier et héroïque, couvert de gâteau à la fraise et le sac de bonbons dans le coffre du scooter, eh bien je crois que je peux la présenter sous la forme d'une jolie ardoise.
Et en plus j'avais ruiné ma panoplie de Batman. Gabriel le Magnifique, le Grand, allait me tuer. Ou peut-être allait-il mourir avant mon retour ? Succomber à une overdose de sucettes qui nous libérerait tous de la malédiction de sa présence ?
Tout en savourant les vingt-cinq kilomètres/heure de vitesse de pointe du scooter, je me suis dit que je devais rester rationnel.
Je ne souhaitais pas vraiment sa mort. Car si il mourrait je perdais tout espoir de l'assassiner de mes mains – mais avec des gants pour pas qu'on me retrouve - .
Arrivé en bas de l'immeuble, je sentis mon téléphone vibrer, à nouveau.

« BON L'HUMAIN, CHANGEMENT DE PLAN.
- Oui ?
- TU CONNAIS LE PUTAIN DE JAPON ?

- Pas toi ?
- SI MAIS PAS MON PERSONNAGE. BREF. LE BOSS A UN NOUVEAU COSPLAY POUR TOI, VU QU'ON SAIT QUE T'AS RUINE BATMAN.
- Comment …
- ON EST AU REZ DE CHAUSSEE ENTIEREMENT VITRE, DUCON.
-… Va te faire…
- C'EST MON TAF CA. BREF. TU SAIS CE QU'EST UN YAOI ? »


Oui, je suis sympa, je vous donne un petit cadeau: le thème du prochain chapitre.
Je suis sûre qu'au moins Une personne trouvera. Des suggestions, des idées ( des remarques pour m'envoyer au bucher ?)

A dans deux semaines !