Disclaimer : Rien n'est à moi, et heureusement.

Cette histoire est une réponse au Chiche de Neechu, posté sur le Forum de Tous les Périls : GRISE, moi je veux l'UA où Perona essaye de séduire son papa Mihawk avec l'aide involontaire de son esclave frère Zoro. Cela devra inclure des jeux de mots sur des sabres et leurs fourreaux (dans des moments particulièrement inopportuns si possible) ainsi que de la petite dentelle.

Normalement, elle aurait dû être publiée sur Défi(nitivement) fou, mais elle est tellement longue que j'ai décidé de la fractionner en plusieurs parties et d'en faire une histoire à part entière. En espérant qu'elle vous plaise !

Merci à Akilie, Phoenix penna, Aurore et Neechu pour leurs reviews ! J'espère que la suite vous plaira. :)

Avertissements :

Cette histoire traite d'un amour incestueux. Certains considéreront que non car Mihawk et Perona ne sont pas unis par le sang, mais voilà…

Mention d'un réseau de prostitution infantile. C'est très léger, c'est en passant, mais c'est là tout de même.


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Tous les chemins mènent quelque part

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Partie 3 :

« Zoro, je suis obligé de partir dans trois jours pour une semaine à Bangkok.

— D'accord.

— Je ne veux pas que tu restes tout seul.

— Mais qu'est-ce que ça peut faire ? J'ai pas besoin de baby-sitter à mon âge !

— J'estime que si. Comme madame Ba refuse de s'occuper de toi à plein temps, j'ai contacté Zeff. Il accepte de t'héberger.

— Zeff ? Comme le Zeff de… ?

— Le père de ton ami Sanji, oui.

— Ce type n'est pas mon ami.

— Tu traînes souvent avec lui, pourtant.

— Je traîne souvent avec Luffy qui lui traîne avec ce nullos, nuance.

— Bon et bien, tu tâcheras de te comporter poliment, parce que désormais tu iras chez Zeff chaque fois que je m'absenterai.

— QUOI ? Mais pourquoi ? Ce n'est non plus comme si Perona s'occupait tellement de moi quand elle était là.

— Zoro, c'est un ordre. Il n'y a pas à discuter.

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Luffy était mort de jalousie. Il faisait les gros yeux à Zoro, et se collait à Losercook en disant : « Et moi, je ne peux pas venir dormir chez toi ?

— Nan. T'es banni à vie, tu te rappelles ? Tu as vidé le frigo la dernière fois.

— Je le ferai plus.

— Personne ne te croit. Surtout pas moi.

— Zoro a trooop de chance. »

Le concerné émit un reniflement peu convaincu. C'était très clairement une question de point de vue.

« Quoi, tête d'algue, tu vas me dire que tu n'as pas de chance qu'on t'héberge généreusement alors que tu n'as nulle part où aller ?

— Fais baisser la cocotte minute, cuistot de mes deux, j'ai toujours une maison je te rappelle.

— Mais comme tes manières de brute ont fait fuir ton exquise sœur, tu te retrouves tout seul. Et quand gentiment, j'accepte de te baby-sitter… »

Zoro saisit le blond au collet.

« Et tu crois que tu pourras me baby-sitter, depuis une chambre d'hôpital, sourcil en vrille ?

— Tu seras sûrement moins pénible à surveiller si t'as les deux jambes dans le plâtre. »

Seulement, comme ils étaient au beau milieu de la cantine, ils furent arrêtés par les pions avant que leur combat ne puisse aller plus loin et durent se contenter de se jeter des regards haineux pendant l'heure de colle qu'ils se prirent pour le soir-même.

Zeff ne se montra pas plus aimable que d'habitude, c'est-à-dire qu'il colla son fils et son invité à la plonge, leur tirant au passage les oreilles pour avoir été en retenue.

Zoro aurait bien tabassé le vieux, mais il savait qu'il était encore plus fort que Sanji et qu'il n'hésitait pas à avoir recours à des coups en traître avec son pilon. Il souffrit donc l'outrage et commença à faire la vaisselle.

Perona lui paierait ça. D'une manière ou d'une autre.

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P : Hey, le têtard

Z : Va mourir

P : Tu me manques aussi.

P : Comment tu vas ?

Z : Je suis chez ce connard de Zeff avec son connard de fils

P : Sanji ?

P : Qu'est-ce que tu fais là-bas ?

Z : Père estime que je ne suis pas assez grand pour être laissé tout seul

P : Il est parti ?

Z : Bangkok 1 semaine

P : OK. Je voulais passer demain à la maison. Je peux venir te chercher au lycée ? J'ai envie de te voir.

Z : Ouais c'est bon

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Perona l'attendait le lendemain à la sortie du lycée. Comme toujours, elle était le centre d'attention. Elle prétendait que sa manière de s'habiller était un reflet de sa personnalité sombre et ténébreuse, mais c'était plus parce qu'elle aimait attirer tous les regards, où qu'elle aille.

Sa sœur était plus vaniteuse qu'un paon.

Cette fois encore, elle avait sortie le grand jeu. Mais sérieusement, où est-ce qu'elle trouvait ce genre de chapeaux ?

« Hey, têtard !

— Hey, pétasse !

— Oh la la, mon petit frère a l'air fâché.

— Sans blague, tu le serais si tu avais été obligé de dormir dans la même pièce que l'autre taré. Il drague même en dormant.

— Tu pourrais apprendre quelques trucs…

— De ce gros naze ? Il est encore moins doué avec les femmes que moi, et moi j'essaie même pas.

— Peut-être qu'il pourrait t'aider à polir ton sabre. Ça au moins il doit savoir le faire.

— Va crever en enfer.

— Oui, oui. »

Elle passa son bras sous celui de son frère et l'entraina vers un café près de la gare, un truc hors de prix où ils mettaient des minuscules gâteaux dans de grandes assiettes, collaient là-dessus du sirop de chocolat et une fraise et appelait ça de la pâtisserie de luxe.

« C'est toi qui paie, prévint-il.

— Oui, ne t'en fais pas, je ne voudrais pas que la galanterie t'étouffe. »

Ils rejoignirent en silence le salon de thé et s'installèrent, Zoro détonnant clairement dans l'atmosphère feutrée, avec ses cheveux verts et son air rien moins qu'aimable.

« Alors, tu veux quoi ?

— Prendre de tes nouvelles. Je m'ennuie. Je pense retourner à la fac.

— Et quand est-ce que tu vas rentrer à la maison ?

— Pas encore. Je ne suis pas… prête.

— C'est-à-dire ?

— Tu as si peu de délicatesse. J'essaie de m'habituer… à ce qu'un sentiment que j'ai chéri pendant des années ne soit jamais réciproque. Ce n'est pas facile. »

Zoro se sentit un peu péteux pendant dix secondes avant de se rappeler qu'à cause de toute cette histoire, il en avait encore pour six jours à passer chez Losercook. Heureusement que la connexion internet était potable, et qu'ils avaient au moins pu faire un raid la veille sinon ça aurait été vraiment l'enfer.

« Tu fais chier.

— Oui, » confirma-t-elle, la voix pleine de regret, et elle soupira. « Si ça peut te consoler, je sais que je suis une horrible grande sœur.

— Tu l'as toujours été, de toutes façons, » marmonna Zoro.

Elle l'interrogea sur le lycée, et même s'il la suspecta de ne pas vraiment écouter ses réponses, il devait avouer qu'il était heureux de discuter avec elle. Ça faisait du bien.

Ils ne parlèrent pas de Mihawk, et quand ils se séparèrent, elle posa sur sa joue un baiser léger qu'il lui rendit machinalement.

« Amuse-toi bien avec ton ami.

— Ce gros con n'est pas mon ami ! »

Mais elle était déjà partie et elle ne se retourna pas, se contentant de lui faire un petit signe de main.

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Zoro n'était pas perdu. Sans blague, personne ne se perdait plus depuis l'invention des smartphones et des tarifs Internet mobile. Disposant de ces deux atouts, ainsi que de Google Maps, Zoro était donc très sûr de lui.

Mais il était pour le moment dans un lieu qu'il n'arrivait pas bien à situer. Quelle idée avait eu ce vieux con de Zeff d'avoir son restaurant dans un lieu avec autant de rues et de croisements. Il jeta un coup d'œil mauvais à l'écran qui lui annonçait qu'il était à deux minutes de marche du Baratie et ce depuis cinq bonnes minutes.

À croire qu'il tournait en rond.

À l'instant précis où il pensait que les choses étaient superbement ridicules et ne pouvaient pas empirer, au-delà de la quête d'un restaurant fantôme au-dessus duquel il avait pourtant dormi la veille, une silhouette longiligne, aux cheveux blonds, se présenta devant lui : « On a trouvé une petite algue perdue dans les rues. Si ses parents dans un accès de mauvais goût désiraient la récupérer, merci de passer au Baratie.

— Qu'est-ce que tu fous là ?

— Je me fous de ta gueule.

— Va mourir. »

Et Zoro allait se remettre en marche, quand Losercook tendit le bras, comme pour lui barrer le passage.

« C'est dans l'autre sens.

— N'importe quoi.

— D'accord, si tu veux. Mais je te préviens que quelque soit l'heure à laquelle tu rentres, tu devras quand même faire la vaisselle pour payer le gîte et le couvert. »

Zoro grogna mais se décida à attendre tandis que l'autre adolescent finissait sa clope. Il s'éloignait toujours du restaurant pour fumer, parce que Zeff n'était pas précisément tendre envers cette habitude qu'il avait prise.

Losercook prit son temps pour finir sa cigarette, comme pour être encore plus exaspérant que d'habitude et Zoro attendit en silence en discutant avec Brook et Franky sur WhatsApp. Ces derniers temps, ses amis s'arrangeaient pour être plus disponibles pour lui. Ils ne savaient pas exactement ce qui se passait, et ils n'auraient jamais forcé des confidences, mais ils voulaient lui montrer leur soutien à leur manière. Même si cela passait par des blagues sur les petites culottes et sur des tétons lasers qui ne faisaient rire qu'eux-mêmes.

Finalement, à ses côtés, le blond prit une dernière bouffée et écrasa la cigarette contre une poubelle avant de la glisser dedans.

« Allez, bébé algue, c'est l'heure de faire trempette. »

Zoro lui balança un coup de pied, et le suivit, abandonnant les deux adultes à leur conversation de timbrés, et jetant quand même de temps en temps des petits coups d'œil à son navigateur. Il trouva extrêmement irritant d'être deux minutes plus tard en face du Baratie, mais il garda cette remarque pour lui. De toutes manières, Losercook n'aurait fait qu'en rire, et il aurait été obligé de lui éclater la gueule. Zeff l'aurait sûrement mal pris.

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La semaine s'écoula, interminable. Perona lui envoya plusieurs messages mais ne le revint pas le voir. Le meilleur moment fut incontestablement la soirée chez Luffy, le samedi soir. Tout le monde était là, même Robin, Franky et Brook, qui étant les adultes de la bande, n'avaient pas la même disponibilité qu'eux. Ils rirent beaucoup, se disputèrent au moins autant dès que Super Mario Kart 6 fut sorti, burent de l'alcool en toute irresponsabilité et finalement, finirent endormis en tas, les uns sur les autres.

C'était chouette, même si au matin, enfin, c'était relatif, il était quelque chose comme 14h, Franky l'écrasait un peu et qu'il était à peu près sûr d'avoir dormi la tête très près des seins de Nami, ce qu'elle ne manquerait pas de lui faire payer, littéralement.

Mais ça avait été une chouette soirée.

Il eut la gueule de bois tout le de la journée et un peu le lundi aussi. Robin n'eut d'ailleurs aucune pitié et leur donna à première heure un examen surprise afin de pouvoir finir de cuver en paix.

Cette femme était impitoyable.

Quand Mihawk revint, le mardi, Zoro l'attendait à la maison, après avoir fait des adieux sans regret à Zeff et à Losercook, un peu plus à la cuisine délicieuse du Baratie.

« Ta sœur m'a envoyé un message, lui dit-il en guise de préambule. Elle rentre demain. »

Le soulagement dans sa voix était palpable, mais Zoro sentit monter en lui une vague d'inquiétude. Donc, Perona avait choisi. Mais elle avait choisi quoi, au juste ?

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Perona était à la maison. Rien ne semblait avoir changé.

Elle se comportait exactement comme d'habitude, en gamine excentrique et gâtée, considérant toute la maison comme son terrain personnel, et confondant Zoro avec un serviteur.

La seule différence, c'est qu'elle ne parlait plus de Mihawk à tort et à travers. C'était comme si le sujet de discussion avait été banni de son cerveau.

Assez curieusement, leur père dînait plus souvent avec eux, comme pour régulariser une situation qui n'avait jamais été très normal. Les dîners étaient silencieux, emprunts d'une gêne tangible.

Zoro supposa que c'était normal. Une famille normale ne passe pas par ce genre d'événements sans que s'altère l'équilibre des relations et de combien il s'en fallait que sa famille ne fût normale !

Le jeune homme se dit que les choses finiraient par se tasser, que tout reviendrait comme avant, les fatigantes avances de Perona en moins.

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Le premier indice, ce fut quand Perona se mit à sortir de plus en plus, et à rentrer de plus en plus tard, parfois encore franchement alcoolisée par une nuit de fête.

Ça ne lui ressemblait pas tellement, Perona était une écervelée évaporée, mais elle était aussi studieuse et concentrée et ne perdait jamais inutilement des heures de cours. Du moins, à ce qu'elle prétendait, parce que Zoro était sûr qu'elle avait passé une matinée à faire la queue pour une nouvelle ligne de maquillage qui était plus noire que le noir, quoique ça veuille dire.

Mais sortir tous les soirs et rentrer au petit matin, pour la voir se lever quelques heures plus tard, encore ivre, ça ne lui ressemblait pas.

Elle disait qu'elle avait besoin de faire la fête. Zoro se demandait pourquoi. Jusqu'alors, elle avait son cercle d'amis tous aussi timbrés qu'elle et ils se délectaient en cérémonie d'invocation à Satan et visite de cimetière. Qu'est-ce que Perona faisait à aller dans des clubs et des boîtes, elle qui avait en horreur tout ce comportement qu'elle qualifiait de moutonnier ?

Puis, cette phase cessa heureusement au bout de quelques semaines, et Perona s'enferma désormais dans sa chambre, comme d'habitude. Zoro se demandait si on allait enfin vers une normalisation des choses. Ça le rassurait dans un sens.

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Le second indice, ce fut Perona qui sortait les poubelles. Sans blague, Perona ne sortait jamais les poubelles.

Il y avait une femme de charge, qui venait chaque jour sauf le week-end.

Âgée de cinquante ans environ, parfaitement odieuse et estimant que Perona et Zoro étaient des inconvénients majeurs dans sa vie, madame Ba ne savait pas faire le ménage sans râler, même si elle y était d'une efficacité notoire.

Elle n'intervenait pas dans leurs chambres, qui étaient selon elle leurs responsabilités particulières, mais sinon, elle nettoyait la maison du sol au plafond, faisait les courses et cuisinait par-dessus le marché.

Dans un sens Zoro l'aimait bien, même s'il l'aurait aimé encore plus si elle avait daigné ranger sa chambre de temps en temps. Cela dit, elle estimait que ça n'entrait pas dans ses attributions. Leur avis à lui et à Perona sur la question l'indifférait au plus au point. C'était Mihawk qui la payait, pas eux. Perona s'était plaint, souvent et lourdement à leur père, mais madame Ba faisait déjà partie de la maison avant son arrivée et cela lui donnait apparemment une certaine autorité.

Comptez sur Mihawk pour se foutre ostensiblement du bien-être des autres, du moment que lui n'en pâtissait pas.

Bref, sans être en guerre ouverte, Perona n'aurait pas volontairement aidé madame Ba.

Et la voilà qui, ce matin-là, sortait les poubelles.

Zoro, depuis sa chambre où il faisait ses exercices d'assouplissements matinaux pensa que c'était curieux et passa à autre chose, parce que bon, c'était Perona, et ça expliquait bien des choses à la bizarrerie en général.

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Le troisième indice, ce furent les rires et les cris que poussait Perona toute seule dans sa chambre. Un énième exorcisme ou une invocation de rituel vaudou ? Zoro ne voulait pas savoir, et se contentait de monter le son de ses écouteurs.

Tout ne redevenait pas normal. Quelque part, il avait peur que ce ne soit jamais le cas.

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Le quatrième indice fut une certitude et mit en relief tout ces petits éléments que Zoro n'avait pas liés entre eux. Il avait besoin d'un stylo, ayant réduit le sien en miette le midi-même en tentant de poignarder Losercook dans l'œil avec, et il savait que Perona avait toujours un tas de petites merdes du genre, certains avec des couleurs franchement extravagantes, d'autres mêmes avec des odeurs.

Sans gêne, il entra dans la chambre de sa sœur en son absence et se dirigea vers le bureau. Après tout, est-ce qu'elle ne faisait pas la même chose dix fois par jour ? Et non, à la réflexion, elle le faisait avant, mais plus tellement maintenant.

Il ouvrit le premier tiroir et resta un long moment stupide à contempler une bouteille d'alcool. Qu'est-ce que ça faisait dans un tiroir de bureau ?

Il la sortit machinalement. C'était une espèce de cocktail tout préparé, un truc pour filles, sirupeux à souhait. Pas de la très bonne qualité, même si on pouvait largement faire pire.

En tout cas, ce n'était pas un truc habituel à la maison. Dans le salon, il y avait le mini-bar, et dans le garage une cave à vin, mais on n'y trouvait rien de cette sorte. Pourquoi Perona avait-elle ce genre de truc dans son bureau ?

Il fouilla pour chercher un stylo, bleu ou noir normal, sans odeur et sans paillette, et finit finalement par trouver une boîte de BIC à peine entamée. Il en prit quelques uns et referma le tiroir, méditatif.

Et puis le soir, pris d'une espèce d'idée, il allait frapper à la porte de sa chambre.

Elle lui ouvrit, avec un air un peu maussade.

« Quoi ? Qu'est-ce que tu veux ? »

Sa diction était un peu butée, empâtée.

« Je peux entrer ? demanda-t-il en faisant un pas en avant.

— Non. »

Elle le repoussa. Zoro était beaucoup plus fort que sa sœur, mais il se laissa faire. De toutes manières, il avait vu ce qu'il voulait voir.

Sur la table, la bouteille et sa sœur, ivre.

Perona buvait toute seule dans sa chambre, et ça, c'était un problème autrement plus sérieux que lorsqu'elle sortait en boîte.

Zoro ne savait pas quoi faire. Il sentait que le problème le dépassait, et qu'il aurait peut-être fallu en avertir Mihawk mais il avait horreur de se mêler des affaires des autres.

La différence était que cette autre était sa sœur, et que si lui-même buvait en toute irresponsabilité certains week-ends avec ses amis, il n'avait jamais poussé le vice à le faire tout seul dans sa chambre, et il le supposa, sur base régulière.

Le lendemain, rentré plus tôt, il se faufila à nouveau dans la chambre de sa sœur, et là, fouilla un peu. Il ne mit pas longtemps à trouver, dans son armoire, une provision de bouteilles vides. Visiblement, le mystère des poubelles matinales était résolu.

C'était un secret, un secret qui pouvait blesser quelqu'un, Zoro s'en doutait, mais il ne savait absolument pas quoi en faire.

Confronter sa sœur sur le sujet lui semblait une mauvaise idée. Si on lui avait fait le même coup, il aurait très mal réagi, et même s'ils n'étaient pas liés par le sang, Perona et lui se ressemblaient parfois beaucoup sur certains sujets.

Zoro envisagea d'en parler à ses amis, même s'il n'avait pas envie de laver son linge sale devant eux. Pas qu'il doute de leur acceptation ou de leur sympathie, mais c'était juste pas son genre.

Alors il fit ce qu'il y avait de pire, et ce qu'il devait ensuite se reprocher ensuite terriblement : il ne fit rien.

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C'est quelque chose d'ouvrir sa porte un beau matin et de se retrouver face à une paire de policiers à la mine sombre. Zoro n'avait rien à se reprocher, du moins rien de légalement répréhensible qui nécessite l'intervention de deux représentants des forces de l'ordre mais ça faisait tout de même sa petite impression.

« Bonjour petit, » dit l'homme avec une ridicule carrure de bodybuilder, parfaitement visible à travers sa chemise entrouverte. Il fumait deux cigares à la fois, ce qui était parfaitement ridicule et paraissait très convaincu de son importance. Et il l'avait appelé « petit ». Zoro l'aurait volontiers mal pris mais face à cette montagne de muscles, il fallait admettre qu'il était plutôt petit.

À ses côtés, une jeune femme le regardait avec un air plutôt navré. Zoro resta un instant à la contempler, le cerveau éteint. Elle ressemblait à Kuina. Avec des lunettes, certes, mais c'était son portrait craché. Du moins, le portrait craché de la femme qu'elle serait devenue si elle avait vécu.

« Est-ce que tes parents sont là ? » lui demanda-t-elle gentiment.

L'estomac noué, Zoro dit quelque chose qui pouvait ressembler à : « Je vais voir si Mihawk est en état » et il fila, plantant les policiers sur le pas de la porte. Ce n'était pas Kuina, sortie de sa tombe pour il ne savait quelle raison. C'était juste une ressemblance extraordinaire. Zoro sentait bien qu'il se focalisait de toutes ses forces sur le sujet pour ne pas penser à la raison de la présence policière sur le pas de la porte. En se concentrant sur Kuina, une douleur familière et reconnaissable, presque rassurante dans un sens, Zoro atteignit la salle d'armes que son père rejoignait dès l'aurore, si même il passait par la case chambre. Mihawk y avait fait dresser un lit de camp dans son bureau, contigu à la salle d'armes, et il y dormait souvent.

Zoro frappa et attendit.

Son père mit de longues secondes à répondre, et marqua du mécontentement en le voyant. Visiblement, il dormait, et s'il y avait quelque chose que Mihawk détestait, c'était qu'on le dérange pendant qu'il dormait. Zoro comprenait et partageait ses sentiments, mais il n'était pour le coup pas responsable.

« Qu'est-ce que tu veux ?

— Des policiers, dit-il. Deux, » ajouta-t-il stupidement. Puis : « Ils veulent te parler. »

Mihawk sortit de la pièce, vêtu en tout et pour tout d'un caleçon long et d'une robe de chambre ouverte. Très bien, il pourrait aller comparer ses abdos avec le tas de muscles.

Zoro s'éloigna, peu désireux de suivre la conversation, et puis il n'était pas d'un naturel curieux. Sans compter cette curieuse boule dans l'estomac. À cause de Kuina, bien sûr. Peu importait les années qui passaient, ça faisait toujours mal. Tiens, et s'il allait réveiller sa sœur, histoire qu'elle se lève pour une autre raison que d'aller planquer ses bouteilles d'alcool ?

La chambre de Perona était vide. La curieuse boule s'était muée en un poing d'acier qui se refermait sur son estomac. C'était Kuina, bien sûr que c'était Kuina.

« ZORO ! appela Mihawk depuis le bas des escaliers, et il les dévala quatre à quatre, sachant d'avance ce qui allait se dire. Il ne savait pas pourquoi il courrait. Il ne voulait pas entendre, pourtant, mais quelque chose le poussait à courir.

Son père était pâle et digne. Zoro aurait voulu le tuer. « Zoro, ta sœur a eu un accident cette nuit. » Il n'entendit pas plus loin au-delà du brouillard. Le mot morte sortit de la bouche de Mihawk.

Morte. Perona était morte.

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Voilà, voilà. Il y avait quelques petits indices sur si c'était un happy end ou pas quand même, genre l'image de l'histoire... Si vous voulez râler, vous savez comment faire, et sinon, je vous dis à la semaine prochaine !