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Instinct Animal

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, mais à J.K. Rowling.

Pairing : HPDM….Rating : M

Genre : Aventure/Fantastique/Romance

Nda : Merci à tous pour vos reviews, elles m'ont fait super plaisir ! Je suppose qu'on est un peu tous pareils, et que ce qu'on veut avant tout c'est que notre histoire plaise ! ^^
Par contre, je suppose que certains vont être déçus. Tuer personne, c'est un peu dur ! Pour les couples, je vous laisse découvrir vous-mêmes !

IMPORTANT : SUITE A PLUSIEURS REVIEWS ME FAISANT PART DE LA DIFFICULTÉ DE SUIVRE MES TROP NOMBREUX FLASHBACKS, J'AI REVU CERTAINS CHAPITRES DE CETTE FIC.
L'ORDRE DES CHAPITRES A DONC ÉTÉ CHANGÉ A PARTIR DU CHAPITRE PRÉCÉDENT. LE CONTENU DE LA FIC RESTE NÉANMOINS LE MÊME.

Évolution : 9 chapitres écrits pour l'instant sur 15 au total, mais j'avancerai sans doute moins vite dans les jours à venir !
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Chapitre 2 : Prophétie

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(Début Flashback)

(7 ans plus tôt)

(Mars 206)
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Voilà déjà cinq ans que Walden Macnair exécutait, dévoué, les ordres de Lucius Malfoy ; et, pour tous remerciements, il devait subir en silence les multiples humiliations du Serpentard. Celui-ci ne manquait pas de matière pour accabler son Second. De sa basse naissance à sa taille « peu » développée en passant par son statut d'orphelin, nulle moquerie ne lui était épargnée !
Et aujourd'hui, le jeune loup-garou demeurait au bord de la rupture. Lucius Malfoy avait beau être l'Alpha de Serpentard, cela ne lui donnait pas le droit de le traiter tel un chien ! Il restait le Second de Durmstrang et de Serpentard, tout de même !

Oui, aujourd'hui, le blond allait payer pour tout ce qu'il lui avait fait endurer !

Fort de cette résolution, Walden se dirigea silencieusement vers les appartements de l'Alpha. Sa compagne et son fils étaient partis rendre visite au parrain du jeune garçon, à Grimmauld ; c'était l'occasion parfaite !

Avançant sur la pointe des pieds, le lycanthrope poussa doucement le battant de la porte de la chambre du blond. Pénétrant tout aussi silencieusement dans la pièce, la silhouette de son supérieur assoupi sous ses couvertures l'accueillit. Voilà, il y était. Il lui suffisait de s'approcher un peu plus et d'égorger l'homme dans son sommeil. Le plus grand n'aurait pas le temps de réagir...
Oui…juste un peu plus, et il serait débarrassé du loup-garou gênant ! Soulagé de l'Alpha !
Il pourrait alors prendre sa place. Il la méritait bien après tout. Il n'avait cessé d'œuvrer pour la prospérité de Serpentard pendant ces cinq dernières années. Ce poste lui revenait de droit !

Pendant que ses pensées suivaient leur cours, le lycanthrope avait mis en action son plan, quittant sa forme humaine pour sa forme lupine. En effet, sous son apparence de loup, ses mâchoires possédaient une force bien huit fois supérieure.
Désormais au pied du lit de sa future victime, il la dévisagea quelques instants les babines retroussées dans un sourire cruel, avant de finalement se pencher en avant, la gueule grande ouverte.

Adieu Lucius Malfoy !

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Mais l'odeur du sang de l'Alpha n'emplit jamais ses narines...

Qui avait osé l'interrompre ? Se redressant sur ses quatre pattes, le Second fit face à l'importun, se retenant difficilement de laisser échapper un grognement.

De l'autre côté du lit, Bellatrix Lestrange le jaugeait, le regard moqueur, son sourcil gauche arqué. Comment cette foutue sorcière avait-elle pu l'arrêter ? Et surtout, comment cela se faisait-il que l'Alpha ne se soit pas réveillé avec tout le boucan qu'avait provoqué sa chute ?

« Tu sembles bien surpris, Second ! », s'exclama la brune d'un ton traînant.

Le loup gris, lui, continuait de l'observer, aux aguets. On n'était jamais trop méfiant ! Elle avait comme même réussi à le propulser loin du lit, elle, une docile, alors qu'il demeurait sous forme lupine.

« N'as-tu pas trouvé que ton plan se déroulait un peu trop…facilement, Macnair ? », poursuivit-elle.

Comment ça, facile ? Il avait réfléchi pendant des semaines, avant de mettre ce foutu plan en action, attendant le moment propice. Et aujourd'hui, l'occasion s'était enfin présentée…

« La famille de l'Alpha qui décide soudainement de partir en voyage…les gardes trop saouls pour assurer leurs postes…l'Alpha dormant à poings fermés… Quelle incroyable coïncidence, hum ? », railla-elle.

Le lycanthrope l'observait désormais, indécis. L'inquiétude s'insinuait peu à peu dans son esprit. De quoi parlait cette fichue bonne femme ?

« Tout cela est loin d'être une coïncidence, Macnair. Si tu as pu arriver aussi loin, c'est grâce à moi. Parce que Je l'ai permis ! », goguenarda-t-elle. Une lueur sournoise brillait dans ses orbes sombres. « Croyais-tu réellement pouvoir accomplir un tel plan de ton propre chef, Toi, un simple orphelin au sang mêlé ? », ricana-t-elle. « Mais tu n'es rien sans moi, petit loup ! »

S'approchant soudainement à la vitesse de l'éclair, la Grande Prêtresse se saisit d'une main ferme de la tête du canidé, la retournant face à elle.

« Tu es bien trop pressé et trop imprudent, mon garçon. », persiffla-t-elle en enfonçant vicieusement ses ongles dans la chair tendre des joues du loup. Des gouttes écarlates s'échappèrent aussitôt des entailles pour venir maculer la fourrure de la bête.

Elle accola alors ses lèvres contre l'oreille de l'animal, provoquant le raidissement incontrôlé de l'organe.

« Un Alpha, cela ne se tue pas comme cela…la nuit, dans le coin d'une chambre. Un Alpha, cela se tue en pleine lumière. Face à un public pouvant observer chaque petit détail de sa chute ! », susurra-t-elle mutinement.

La femme relâcha alors brutalement sa prise sur le loup-garou, se relevant pour marcher lentement vers la fenêtre.

« Si tu as pu mener ton plan si loin ce soir, c'est grâce à moi. », répéta-t-elle. « J'ai subtilement glissé à Narcissa que passer du temps avec son parrain Sirius et observer le fonctionnement d'une autre meute, feraient le plus grand bien au jeune Draco. J'ai habilement proposé aux gardes de boire plus d'alcool que de raison. Et enfin, J'ai discrètement placé un puissant somnifère dans la nourriture de l'Alpha ! » cracha-t-elle, venimeuse.

Elle poussa un petit soupir fataliste, avant de s'enorgueillir soudainement d'un ton étrangement doux.

« Ne suis-je pas fabuleuse ? »

Un court silence suivit les paroles de la Serpentarde, rapidement brisé par la curiosité du dominant.

« Alors pourquoi ne pas m'avoir laissé le tuer ? » demanda-t-il après avoir repris forme humaine.

« Ne viens-je pas de te l'expliquer ? » soupira d'elle, agacée. « Un Alpha doit mourir en pleine lumière, là où la foule pourra assister à sa chute. »

« En pleine lumière …? Me demandez-vous de défier l'Alpha ? » s'épouvanta le Second.

La brune ricana aussitôt, avant de reprendre brusquement son sérieux. Ces sautes d'humeur demeuraient réellement impressionnantes !

« Bien ! Tu sembles avoir retrouvé le moyen de faire fonctionner ton cerveau finalement ! C'est exactement ce que je veux que tu fasses. », déclara-t-elle avec aplomb.

« Mais Lucius Malfoy n'a pas perdu un seul duel en quinze ans ! » s'écria le loup-garou, ne prêtant plus aucune attention à la figure endormie de l'Alpha.

« Et c'est bien pour cela qu'il va perdre ! » Commenta la femme. « Il a bien trop confiance en ses capacités ! »

« Mais il reste bien plus puissant que moi ! » s'entêta le plus jeune.

« Sottises ! » renifla-t-elle. « Le résultat d'un combat ne dépend pas de la seule force physique ! »

Le lycanthrope allait à nouveau répliquer, quand un élément fit soudainement surface dans son esprit.

« S'il est si facile de se débarrasser de l'Alpha, pourquoi ne demandez-vous pas à votre mari de s'en occuper ? » attaqua-t-il avec assurance.

« Cela me paraît évident. Il est bien trop faible. », répondit la Prêtresse sans une once d'émotion dans la voix.

L'homme ne sut que rétorquer à cette déclaration. Exaspérée face à son mutisme, Bellatrix se retourna brusquement face à lui, le regard dangereux.

« Alors, vas-tu le faire ou non ? »

« Qui gagnerais-je ? Un aller simple pour les Cieux ? », railla Macnair.

« Oh, je ne sais pas ? » chantonna-t-elle narquoise. « Le plaisir de voir ton tourmenteur plus bas que terre… la reconnaissance des quatre territoires… le poste d'Alpha… »

Le loup-garou sembla réfléchir pendant quelques secondes à ces paroles.

« Peux-tu réellement m'assurer que ce n'est pas moi qui finirait six pieds sous terre ? » demanda le jeune homme.

« Je ne peux rien t'assurer, Second. Et tu restes seul maître de tes décisions. Je peux seulement t'affirmer que tu possèdes largement tes chances. », déclara-t-elle posément.

Un long silence suivi, pendant lequel le dominant semblait peser le pour et le contre d'une telle proposition. Il poussa finalement un soupir fataliste avant de s'adresser à la femme plus âgée.

« Je vais accepter ton offre. Je vais défier l'Alpha de Serpentard en duel ! »

La détermination marquait désormais ses traits. Amusée, la brune parla à son tour.

« Et je n'ai jamais douté de ta réponse. »

Une lueur machiavélique illuminait doucement son regard. Sans même s'en rendre compte, le jeune homme effectua un pas en arrière. Cette femme était réellement complètement folle !

« Bien, tu n'auras qu'à attendre mes instructions. », commanda-t-elle. « Je te ferai signe lorsque le moment sera venu. »

« Je ne le défie pas maintenant ?! » s'étonna le Serpentard.

« Oh non ! » s'exclama-t-elle. « Il n'est pas encore venu le temps de tuer des Alphas ! »

Elle sauta alors par la fenêtre dans un grand rire maléfique.

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Le second resta quelques minutes encore, le corps pétrifié, le rire glacial de la femme résonnant en lui. Puis, il se décida à nettoyer le désordre envahissant la chambre, suite à la visite impromptue de Bellatrix Lestrange, Grande Prêtresse de Serpentard.

Une pensée vient alors traverser son esprit, un sourire cruel se dessinant sur ses lèvres.

Adieu Lucius Malfoy !
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(Deux mois plus tard)

(21 Juin 206)

Harry s'ennuyait à mourir. La chasse ne commencerait que dans trois heures, et en attendant, il devait participer à cette foutue fête ! Et ainsi, sourire hypocritement à tous ces lèche-culs qui cherchaient seulement à se faire bien voir de l'Alpha, à travers lui !

Ô Lune, qu'il détestait les cérémonies d'hommage à la Déesse !

Il était bien conscient que ces célébrations, se déroulant tous les cinq ans et justifiées par des remerciements auprès de la divinité pour leur avoir attribués la capacité de métamorphose, visaient surtout les échanges entre les quatre territoires. Au fond, ces festivités ne demeuraient qu'un rendez-vous politique ! Et en tant que fils de l'Alpha, et qui sait, futur Alpha de Griffondor, lui, Harry, se devait de faire bonne figure.

Laissant son regard traîné sur un bidon de vin se situant à quelques mètres sur une table du buffet, le jeune garçon se dirigea dans sa direction.
Il n'avait que onze ans, c'est vrai… mais l'alcool n'avait que peu d'effet sur les lycanthropes, alors…
Il lui faudrait vraiment beaucoup en boire pour être ivre. Un petit verre ne lui ferait rien de mal ! Cela n'avait jamais tué personne !

Mais une main se saisissant de son bras droit stoppa bientôt sa course.

Qui osait poser sa main sur lui ?

Furieux, l'enfant envoya un regard meurtrier au gêneur.

Cependant lorsque son esprit prit conscience de la personne se trouvant en sa présence, toute tentative de formulation de reproche mourut sur sa langue.

Draco Malfoy se trouvait face à lui. Ses cheveux blonds brillants sous la lumière de l'astre nocturne, sa peau pâle toujours aussi parfaite, ses yeux argentés toujours aussi captivants, et un sourire narquois toujours accroché à ses lèvres. Cinq ans qu'il ne l'avait vu, et il se souvenait des moindres petits détails de son visage comme si c'était hier.

Conscient de l'admiration habitant les orbes émeraude du plus jeune, le sourire du Serpentard s'agrandit.

« Comment ça va, Potter ? Toujours perdu à ce que je vois ! »

Les paroles du blond frappèrent durement Harry, provoquant chez lui un brusque retour à la réalité.
Draco Malfoy, le jeune loup qu'il avait toujours admiré et rêvé de revoir pendant ces cinq dernières années, se trouvait devant lui, et c'était un parfait imbécile ! Un stupide crétin arrogant de Serpentard !

L'adolescent, lui, ne semblait pas s'être rendu compte de la colère qui prenait peu à peu possession du brun.

« Toujours la même coupe de cheveux pour le moins… originale, Potter. Ne possédez-vous pas de peigne à Griffondor ? »

Le garçon ne sut ce qui le retint de frapper le Serpentard. Peut-être le fait que le jeune lycanthrope avait trois ans de plus que lui, une carrure bien plus avantageuse et un statut de dominant avéré ? Ou bien était-ce l'assemblée les entourant, et ses responsabilités en tant que fils de l'Alpha ? Il serait malvenu de créer un conflit diplomatique lors d'une cérémonie de la Lune.
Cela s'avérait d'ailleurs être un sacrilège punissable de la peine de mort. Dans certains cas, les lycanthropes ne s'embarrassaient pas de procès. Peu importe sur qui reposait la faute, il se retrouvait les cervicales brisées avant qu'il n'ait pu ouvrir la bouche !

Contenant donc son énervement, le Griffondor répondit le plus poliment possible.

« Es-tu sûr d'être un dominant, Malfoy ? Te préoccuper autant de mes cheveux, j'en suis honoré, cependant je pense que tu fais fausse route avec moi. »

Le blond émit un petit rire.

« Oh vraiment ? Je suppose que je vais devoir déposer mon dévolu sur quelqu'un d'autre, alors ? »

« Et j'en serais ravi. », déclara le Griffondor. Il fit une légère pause. « Cependant je doute que quiconque serait intéressé par toi… ». Il jeta alors un regard sur ses ongles, semblant navré.

Le Serpentard rit à nouveau, ses yeux dévoilant son amusement.

« Tu crois ? » interrogea-t-il innocemment. « Bien je finirai seul, alors… » rajouta-t-il avec emphase, effectuant une pose pour le moins théâtrale, sa moins couvrant ses yeux pour camoufler ses « larmes ».

Perdu, le Griffondor ne sut que répondre à cela.

Le blond s'écarta finalement du champ de vision du brun pour indiquer de sa main un groupe de filles se trouvant préalablement dans son dos.

« De qui crois-tu qu'elles essayent d'attirer l'attention à ton avis ? »

Humilié et rageur, le jeune garçon fit volte-face pour s'enfoncer dans la foule.
Peut-être qu'Hermione pourrait lui remonter le moral, si elle ne parlait pas trop de ses bouquins !
La jeune fille apparaissait parfois plus qu'exaspérante !
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(Un mois plus tard)

(Juillet 206)
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Immobile, accroupi dans les buissons, il pouvait entendre le bruit de sa propre respiration. Les yeux concentrés, il analysait la scène se déroulant sous son regard. Des bruissements de feuilles se faisaient entendre, se noyant dans l'immensité de la forêt. Des gémissements aussi et des bruits de succion. Il sentit soudainement une substance gluante remontée le long de son bras, et il poussa alors un cri de surprise. Les gémissements stoppèrent nets alors qu'une voix s'élevait dans l'air.

« Qui est là ? »

« Montrez-vous ! Je sais que vous êtes là !»

La voix s'agaçait.

« Est-ce que c'est toi, Goyle ? »

« Je t'ai déjà dit d'arrêter de faire ça ! N'as-tu rien d'autre à faire que de nous espionner ? »

La voix était beaucoup plus proche désormais. Paniqué, l'adolescent tenait une de ses mains contre sa bouche.
Mince ! Il ne pouvait pas se faire pincer aussi bêtement ! Higgs aurait sa peau s'il le découvrait. Tout cela pour l'avoir mâté lui et cette greluche de Bullstrode ! Une bien triste mort si vous voulez son avis !
Mais alors que la silhouette du jeune dominant se dessinait déjà à travers le feuillage du buisson, un bruit de cor retentit, effrayant les oiseaux.

« Le Cor ! » s'exclama Terrence Higgs. « Il faut rejoindre le village au plus vite ! »

Les deux gens se rhabillèrent alors brièvement, pour aussitôt quitter les lieux.

Se retrouvant finalement seul, le jeune blond poussa un soupir de soulagement avant de se redresser rapidement. Le Cor. Il venait de résonner par deux fois. Cela ne pouvait signifier qu'une seule chose…
Il se précipita ainsi à la suite de ses deux congénères.

Le vent sifflait à ses oreilles et des branches craquaient sous chacune de ses foulées. Il sillonnait la forêt à vive allure, zigzaguant avec agilité entre les troncs des feuillus. L'adrénaline de la course brûlait ses veines et le sang battait bruyamment à ses tempes. Prenant un peu plus son élan, l'adolescent se métamorphosa, se souciant peu de ses vêtements en train de se déchirer. Il y était presque.

Sortant du bois, le loup ivoire ralentit à peine sa course. Il longeait la rivière avec vélocité, la langue pendante sous l'effort. Quittant le cours d'eau, il franchit bientôt les portes du village. Celles-ci se composaient de deux loups en pierre de 3-4 mètres de haut hurlant à la Lune, leurs têtes se rejoignant pour former une arche.
Son trajet se fit alors un peu plus cahoteux, les maisons et les silhouettes des villageois gênant son passage. Escaladant les rues montantes de la capitale, il atteignit finalement le sommet de la colline de Durmstrang. L'ensemble de la population paraissait s'être concentré au dit lieu, et il dut faire des pieds et des mains pour gagner son chemin parmi la foule. Arrivé au premier rang, il constata alors que le spectacle n'avait pas encore commencé.

Deux hommes se faisaient néanmoins face un sourire moqueur aux lèvres. Le premier était un homme châtain plutôt grisonnant, de taille moyenne, mais à la carrure raisonnable, et aux yeux clairs qui ressortaient sur sa peau tannée par le soleil. Walden Macnair. Le second était un grand blond aux yeux métalliques et à la peau bien plus pâle, qui exposait fièrement son corps plus qu'avantageux. Lucius Malfoy. Alpha de Durmstrang et de Serpentard. Son père.

Chacun des deux hommes se dévisageait avec précaution, avant que le premier, n'esquisse finalement un pas en arrière, se tournant vers la foule.

« Peuple de Durmstrang et de Serpentard. Moi, Walden Macnair, Second de Durmstrang, défie aujourd'hui Lucius Malfoy, Alpha de Durmstrang et de Serpentard. Selon les règles établies par Fenrir Greyback, Premier des nôtres, je fais de vous tous ici présents, mes témoins. »

Le blond lui sourit, amusé.

« Et je relève ce défi, Walden. », répondit-il la voix traînante.

Le Second renifla agacé, mais ne répliqua pas.

La Grande Prêtresse de Serpentard, Bellatrix Lestrange exécuta alors une brève prière à la Lune avant de déclarer avec force :

« Que la Lune soit avec vous et que le meilleur gagne ! »
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Les deux combattants déchirèrent alors leurs vêtements restants avant de se transformer. Un immense loup blanc fit ainsi son apparition, rapidement suivi par un loup gris, plus petit. Les adversaires se jaugèrent quelques instants, agitant leurs pattes comme pour se dégourdir les jambes. Finalement, Macnair attaqua le premier, se servant de ses pattes postérieures pour s'élancer à une vitesse ahurissante. Malheureusement, l'Alpha semblait avoir anticipé ses mouvements, et esquiva l'attaque à la dernière minute, pour frapper violemment le flanc du loup gris, l'envoyant valser quelques mètres plus loin. Humilié, le Second de Durmstrang, se releva rapidement, la haine marquant ses traits. Il grogna brièvement avant d'engager une seconde attaque. Cette fois-ci, il fonça droit sur le dominant, paraissant chercher un affrontement de force brute, ce qui déconcerta quelque peu son adversaire. Le plus jeune possédait un gabarit inférieur à celui du blond, une approche de front ne pouvait amener qu'à la victoire de l'Alpha.

Des étoiles plein les yeux, l'adolescent regardait avec fierté son père faire mordre la poussière à cet imbécile de Macnair. Ce stupide Second ne savait-il pas que Lucius Malfoy était l'Alpha le plus puissant des quatre territoires ? Son parrain, Sirius, ne cessait de le répéter. Et même si, Sirius Black se comportait parfois quelque peu étrangement, il n'existait pas de lycanthrope plus intelligent à Serpentard ! A part peut-être… son père…ou Severus…ou même bien, lui ! Enfin, ce qui comptait, c'était que Sirius demeurait relativement intelligent, et que ses prédictions se déroulaient toujours ! Se réintéressant au combat, le jeune loup-garou aperçut le loup gris fondre sur son père. Le Second était-il réellement idiot ? Il était évident que Lucius gagnerait dans un combat de force brute.

Toutefois, Macnair surprit tout le monde, en se plaquant au dernier moment au sol, permettant à son cou d'éviter les mâchoires destructrices de l'Alpha. Au plus près de son adversaire, le Second reprit appui sur ses pattes avant pour plonger la gueule ouverte à la gorge du loup blanc. Celui-ci émit un gémissement de douleur lorsque les crocs de son opposant s'enfoncèrent dans sa chair, avant de repousser violemment son assaillant. Mais un liquide pourpre souillait désormais sa fourrure, autrefois immaculée, alors que le loup gris se léchait les babines, le regard victorieux.

Lucius Malfoy poussa alors un grognement rageur, mais n'attaqua pas tout de suite son opposant. Les deux lycanthropes se dévisagèrent ainsi, pendant quelques secondes, leurs orbes habités d'une haine jumelle. Ce fut l'Alpha de Serpentard, qui mit, cette fois-ci, fin à leur jeu de regards, en fonçant sur son adversaire. Le corps aux aguets, celui-ci l'attendait de pied ferme, prêt à esquiver à la dernière minute. Néanmoins, Lucius Malfoy semblait avoir opté pour une stratégie un peu plus poussée. Alors que le loup gris se décala à droite pour éviter la rencontre avec le loup blanc, celui-ci dévia soudainement à gauche, plongeant ses crocs dans la chair fragile de la patte antérieure droite de Macnair.

Gagné par la douleur, le challenger couina tandis que les crocs de son ennemi se retiraient de son membre, un mince filet de sang giclant sur le sol pour venir colorer l'herbe. Sa patte blessée dérapa alors soudainement sur le sol, et, perdant son équilibre, le Second s'écroula lamentablement en avant. Se relevant péniblement, grâce à ses trois appuis restants, Macnair incendia l'Alpha de Serpentard du regard. Le blond, lui, semblait jubiler.

Mais Walden Macnair n'avait pas dit son dernier mot. Jamais il ne plierait devant ce péteux de Malfoy ! L'Alpha le rabaissait depuis des années, lui faisant bien comprendre qu'il ne demeurait que le Second de Serpentard. Le plus puissant des Alphas des quatre territoires ! Cela le faisait bien rire ! Oh oui ! Lucius Malfoy allait bientôt courber l'échine devant lui, Walden Macnair. Il était enfin venu l'heure de sa revanche !
Un sourire vint à son tour se dessiner sur la gueule du loup gris. Oui, il était définitivement venu l'heure.

Intrigué, Lucius Malfoy accorda un regard méprisant à son adversaire. Macnair se croyait à même de le défier avec une patte en moins ? Très bien ! Il allait voir ce qu'il en coûte de s'attaquer à un Malfoy !

Retroussant les babines, l'Alpha se lança à nouveau sur son opposant. Cette fois-ci, celui-ci attendit tranquillement son ennemi. Le loup ivoire ne lui ferait sans doute pas la même parade deux fois de suite. Lorsque le dit loup blanc fut arrivé à son niveau, le Second de Durmstrang pivota vers la gauche, protégeant son membre blessé. Voyant là une nouvelle ouverture, son adversaire plongea sur sa patte antérieure droite, déchirant à nouveau les muscles propulseurs de ses crocs. Perdant complètement sa balance, le lycanthrope gris s'effondra avec fracas. Le choc en lui-même ne s'était pas révélé bien violent, mais la perte d'un autre appui avait mis à mal l'équilibre précaire du loup.

S'avançant avec suffisance, l'Alpha parada devant son adversaire, savourant sa victoire.

Conquise, la foule félicita son chef à grands renforts d'applaudissements, de cris et de sifflements. Une fois de plus, Lucius Malfoy venait de démontrer son juste titre d'Alpha !

L'adolescent, lui, affichait un sourire radieux alors qu'il s'élançait en courant vers son père.

Toutefois, le Second de Durmstrang en décida autrement. Prenant appui sur ses membres postérieurs, il s'insinua avec agilité entre les quatre pattes du dominant pour venir mordre férocement dans son abdomen. Un grognement de douleur vint alors s'échapper de la gorge du loup ivoire tandis qu'il bondissait abruptement en arrière, mettant le plus de distance possible entre lui et son opposant. Mais il était déjà trop tard. Une immense tâche écarlate maculait le poitrail de l'Alpha, d'où s'échappait à flots, son liquide vital. Macnair venait de perforer efficacement son estomac.

Stoppant abruptement sa course, les yeux argentés du garçon s'écarquillèrent sous l'horreur. Avisant la blessure, il voulut aller aider son père, mais deux bras forts l'attrapèrent par derrière pour le plaquer contre un torse puissant. Frustré, le jeune loup-garou releva la tête pour plonger dans un océan argenté identique au sien. L'odeur réconfortante de son parrain vint alors emplir ses narines.

Se relevant tant bien que mal, Macnair traîna sa carcasse jusqu'au corps immobile de son ennemi. Celui-ci respirait difficilement, du sang s'écoulant de sa gueule. Arrivé à la hauteur des yeux de son adversaire, le loup gris ouvrit grand sa gueule avant de lui assener le coup fatal, lui rompant abruptement le cou.

Un cri d'une souffrance incommensurable résonna en haut de la colline de Durmstrang, accompagné par les sanglots d'une épouse désormais veuve.

La Grande Prêtresse s'avança lentement vers les deux combattants. Elle jeta un vif regard à la dépouille de Lucius Malfoy, avant de s'agenouiller légèrement pour se saisir du bras gauche de Walden Macnair.

« L'Alpha est mort. Ainsi la Lune en a décidé. Saluez votre nouvel Alpha ! »

Des cris de joie s'élevèrent alors dans l'audience, indifférents à la souffrance d'une femme et d'un enfant.

« Vive l'Alpha ! »

« Vive l'Alpha ! »

Les lycanthropes se métamorphosèrent alors les uns après les autres pour hurler à la Lune en cœur avec l'Alpha.

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Ainsi vivent les loups-garous, guidés par leur instinct animal.
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(Quelques jours plus tard)

(Juillet 206)
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Les profondeurs de la nuit envahissaient totalement Nurmengard, seuls les faibles éclats de l'astre nocturne éclairaient miraculeusement le chemin des rares passants. Et le ciel capricieux ne faisait que diminuer leur nombre. Des pas légers résonnaient pourtant sur le sol glissant des pavés de la rue principale de la capitale de Serdaigle, la pluie empêchant toute approche silencieuse. Longeant l'un des quatre canaux qui parcourait la ville, une silhouette encapuchonnée se dirigeait lentement vers le cœur de la cité. Bien que l'été débutait, des volutes de fumée s'échappaient de sous la cape à chacune de ses expirations.
Oh oui ! Une bien sombre nuit en somme !

Après plusieurs minutes de marche, l'individu atteignit enfin sa destination. La demeure de l'Alpha. Le visage toujours couvert, le lycanthrope salua poliment les loups-garous gardant la porte, avant d'ôter son propre pendentif pour leur présenter. Un des soldats l'inspecta attentivement, puis pénétra dans la mairie pour le montrer à son supérieur. Le dominant revint quelques minutes plus tard, et fit alors signe à l'étranger de rentrer dans la bâtisse de pierres. Remerciant les deux gardes, l'inconnu s'exécuta.

Les deux lycanthropes se retournèrent alors d'un même mouvement, l'un vers l'autre, les yeux écarquillés. Qui était donc cet étranger pour posséder une telle aura respirant la dominance ?

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À peine, le nouveau venu eut-il franchi la porte de la demeure de l'Alpha, que celui-ci l'accueillit en souriant.

« Je ne m'attendais point à ta visite, mon ami ! »

L'inconnu récupéra son pendentif en forme de triangle que lui tendait le dirigeant, avant de s'exprimer à son tour.

« Des récents évènements m'y ont contraint, Gellert. »

Une fois la porte du bureau de l'Alpha refermée, le lycanthrope ôta alors la capuche de son lourd manteau pour laisser apparaître de longs cheveux roux quelque peu clairsemés et légèrement ondulés accompagnés d'une longue barbe tout aussi rousse, un visage marqué par l'inquiétude, et des yeux bleus brillants d'intelligence.
Les dominants possédaient rarement des cheveux longs, la transformation lupine provoquant généralement un retour à des cheveux courts, pour plus de commodité. Mais cet « homme » paraissait loin d'être ordinaire

« Moui, j'en ai été informé, en effet. », confirma le Serdaigle en hochant lentement la tête dans un signe d'assentiment.

« Lucius Malfoy est mort. Et cela ne peut signifier qu'une seule chose… », reprit l'étranger, en soupirant, le poids du monde semblant soudain s'être effondré sur ses épaules. « Son pouvoir grandit. »

Grindelwald amena sa main sous son menton, pensivement.

« Cette femme a toujours démontré un potentiel extraordinaire ! Elle aurait fait un Alpha puissant ! »

« Extraordinaire, certes, mais aujourd'hui, elle s'avère surtout un danger croissant ! » répliqua l'invité, implacable.

Le Serdaigle poussa alors un soupir dramatique.

« Il est donc venu le temps… »

« J'en ai bien peur, Gellert. », appuya le roux.

« Et que comptes-tu faire, Albus ? » interrogea le blond en dévisageant attentivement son interlocuteur.

L'étranger ôta tranquillement son manteau pour le déposer sur un des fauteuils situés face à l'âtre de la cheminée, avant de finalement se laisser s'enfoncer doucement dans le confort du siège.

« Dans les temps sombres, il faut prendre de terribles décisions. Des décisions parfois quelque peu cruelles. »

« Veux-tu dire que tu vas suivre la prophétie ? » s'étonna l'Alpha.

Le roux lui fit signe de s'asseoir également, dans le fauteuil face à lui.

« Je ne crois pas plus aux prophéties que toi, Gellert. Nous savons tous les deux que notre existence ne résulte pas des bienfaits de la Déesse Lune, mais bien, de l'œuvre des humains. » Il fit une courte pause comme pour appuyer ses propos. « Je ne pense pas qu'aucune de nos Prêtresses dispose de pouvoirs divins, et que je crois bien plus au pouvoir de leur persuasion et à leurs vieilles recettes de sorcières ! Seulement, la prophétie de cette folle de Trelawney semble s'être déjà à moitié réalisée ! Il est temps pour nous de lui donner un petit coup de pouce ! »

Le blond analysait attentivement chacune des paroles de l'ancien Alpha de Griffondor. Il récita alors :

« Bientôt la souffrance viendra frapper la terre des loups… Implacable et cruelle, elle emportera nombre de ses enfants… Mais alors que le désespoir sera le plus profond, une lueur d'espoir apparaîtra… Fils de la Lune, né dans la joie et la puissance, ayant grandi dans la douleur, c'est dans le sang de sa maisonnée qu'il trouvera sa force… Il unira et guidera alors les quatre contrés vers une nouvelle destinée… Bientôt la souffrance viendra frapper la terre des loups … »

Lissant doucement ses cheveux sous la concentration, tel un faucon, le dirigeant plongea soudainement ses orbes dans ceux tout aussi bleus de son vis-à-vis.

« Tu…Tu ne penses pas… », s'écria-t-il.

Le Griffondor lui renvoya un sourire malicieux qui illumina jusqu'à ses perles bleutés.

« Il est cet enfant, Gellert. Tout correspond ! Sa naissance « royale », le sang versé de son père et la peine incommensurable qui en a résulté. Il ne fait aucun doute que cet enfant brûle déjà de rage de venger le meurtre de son père. Et ce sera sa force ! »

Tel un petit garçon, le Serdaigle mâchouilla avec application sa lèvre inférieure, sceptique.

« La haine et la colère, sa force ? Cela me paraît une piètre fondation ! »

Voulant montrer plus clairement son opinion, l'étranger se leva brusquement pour arpenter la pièce, dans de grands gestes animés appuyant chacun de ses propos.

« Le garçon est encore jeune. Il a tout juste quatorze ans. Si nous le formons consciencieusement, de telles émotions pourront devenir sa force. Nous lui apprendrons à les contrôler, Gellert. Le sang de bien des Alphas coule déjà dans ses veines, nous nous occuperons du reste ! » défendit le roux avec fougue.

Il abaissa ensuite quelque peu la voix tout en se positionnant derrière le fauteuil du blond.

« J'ai déjà rencontré cet enfant, il y a quelques temps, Gellert, et il possède un potentiel certain ! Et puis, une prophétie est faite pour se réaliser, non ? Nous accélèrerons juste un peu les choses ! »

Face au discours pour le moins passionné de son ami, Gellert Grindelwald poussa finalement un énorme soupir, rendant les armes.

« Bien ! Fais ce que tu veux, Albus. Seulement, elle ne s'arrêtera pas là ! Elle veut le contrôle des quatre territoires, et qu'importe si elle doit plonger la totalité de la population lycanthrope dans le chaos pour cela ! Elle ne cessera qu'une fois son but atteint ! »

« J'en ai bien conscience. Je vais cependant devoir patienter pour que le garçon vienne de lui-même à moi. En attendant… un petit séjour dans la forêt d'Arboris me fera le plus grand bien ! » répondit, étonnamment nonchalamment le Griffondor.

« Aux abords de la frontière de Serpentard, je suppose ? » questionna tout aussi ingénu, le Serdaigle.

« Mon ami ! Tu lis dans mes pensées ! » lui sourit joyeusement le roux.

Le blond redirigea alors la conversation vers un tout autre sujet, auquel le Griffondor s'empressa de montrer un vif intérêt. Toutefois ces prunelles délavées ne quittaient plus les flammes hypnotisantes du foyer, dénotant son trouble intérieur.
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Seras-tu vraiment notre sauveur, Draco Malfoy ?

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A suivre…