Remerciements chaleureux pour tous vos messages et à celles qui relaient cette publication pour que toutes celles qui suivaient la traduction de Lilouand de cette merveilleuse fic de JohnnyBoy7, connaissent l'aboutissement du fabuleux travail de Lilou.
Merci aussi à mes complices SBRocket et PtiteWam.
La traduction de Lilouand : s/6267403/1/Il-va-y-avoir-du-sang
La fic originale appartient à JohnnyBoy7 : s/6116028/1/There-Will-Be-Blood
The End
Fin
EDWARD POV
"The bond that links your true family is not one of blood, but of respect and joy in each other's life. Rarely do members of one family grow up under the same roof."-Richard Bach
All things Twilight Related belong to Stephanie Meyer
Il serait surprenant si vous n'étiez pas fatiguée. D'une certaine façon, enceinte, votre corps travaille plus quand vous êtes au repos que non enceinte quand vous faites de l'alpinisme; vous ne pouvez pas voir ses efforts. Pour commencer, il fabrique l'espace vital de votre bébé: le placenta, qui ne sera pas achevé avant la fin du premier trimestre. Ensuite, il s'adapte aux nombreuses autres demandes physiques et émotionnelles de la grossesse, qui sont considérables. Une fois que votre corps s'est adapté et que le placenta...
J'avais dû arrêter de lire après cela.
J'écrasai mes paumes sur mes yeux et les frottai sur mon visage. Mon cœur battait toujours un peu plus vite que d'habitude, et ma tête martelait. Pour la première fois depuis des années, je voulais faire une sieste.
Cela se pouvait-il vraiment? Comment cela avait-il pu arriver?
Je pris une longue gorgée d'eau et essayai de calmer mes nerfs en feu. J'étais en pétard; j'étais confus. Je n'en étais pas sûr mais j'étais terrifié aussi et je n'avais jamais de ma vie ressenti cette émotion.
Bella venait juste de partir pour sa promenade, et je lui étais reconnaissant pour cela parce que je ne pouvais pas respirer quand elle était là en ce moment. Il m'était même difficile de penser à ça en étant dans la même pièce qu'elle. Ne voyait-elle vraiment pas à quel point c'était une mauvaise idée? Elle était enceinte! Putain de merde, elle était enceinte! Elle était enceinte!
J'avais dû le dire au moins dix fois avant de même piger l'éventualité de cette déclaration. Un enfant avec mes yeux ou mes cheveux ou mon nez… Ça me rendait malade rien que d'y penser. Comme elle l'avait requis, j'avais appelé Benny et lui avais demandé de rester en arrière. Elle avait besoin de passer du temps seule tout comme moi.
Il y avait tellement de choses qui n'allaient pas avec ça et je ne pensais pas juste à moi.
Bella avait dix-huit ans, putain. Elle avait toute la vie devant elle pour ce genre de merde. Dans dix ans, quand elle aurait mûri et serait avec un homme quelconque qui voudrait des enfants, alors elle pourrait reconsidérer les choses. Mais cela entraînait une nouvelle série de problèmes. Je ne voulais pas d'elle avec un autre homme maintenant, et je ne voulais pas d'elle avec un autre homme dans dix ans. Bella était mienne et je comptais que ça reste comme ça. Sans parler de mariage ou du fait que je ferais un horrible mari; certaines personnes sortent juste ensemble pour toujours, non?
Hier soir, j'étais tellement impatient de revenir à la maison car j'avais fait le nécessaire pour la menace. Avec Felix et Demetri éliminés, un poids avait été levé de mes épaules, et j'avais l'impression d'enfin respirer. Bella était un peu plus en sécurité maintenant. Je n'avais pas à regarder par-dessus l'épaule toutes les cinq minutes que l'un des fils Volturi surgisse et la tue. Bien sûr, le danger n'aurait jamais véritablement disparu mais je n'avais plus ces stupides moustiques qui zonzonnaient à mes oreilles.
Mon évidente bonne humeur s'écroula quand Bella me révéla son petit secret.
Ma première réaction fut de ne pas la croire. J'avais connu ça auparavant, et en ces occasions, les filles mentaient parce qu'elles voulaient me piéger. Il n'y avait jamais rien eu de vrai dans ces cas-là et j'avais vraiment espéré que Bella était en train de prendre le même chemin. Mais ensuite le côté logique de mon cerveau était intervenu. Bella et moi étions déjà ensemble. Elle me menait par le bout du nez. Quel besoin aurait-elle d'inventer un mensonge pareil? Elle n'avait pas besoin de me mentir.
Donc, Bella était enceinte. C'était la seule conclusion à laquelle je pouvais arriver. Qu'était-il arrivé à la science moderne? Je savais que la contraception n'était pas à toute épreuve, mais c'était absurde. Pourquoi maintenant? C'était le pire moment possible pour que ça me tombe dessus. J'étais sur le point de prendre le contrôle d'un important syndicat du crime et encore en rémission d'une putain de crise cardiaque. Ma vie n'était vraiment pas propice pour un enfant, même si j'en aurais voulu un.
Je n'avais jamais pu voir quelqu'un comme moi élever un enfant. Je serais horrible; les choses n'allaient pas être plus faciles quand je serai plus âgé. Je savais que c'était mon lot dans la vie d'avoir des enfants, mais j'avais espéré pouvoir contourner ce problème. J'étais sûr qu'Emmett, Alec et Jasper pouvaient fournir plus qu'assez de gosses pour faire perdurer le nom des Cullen. Pourquoi avais-je besoin de prendre part à ça?
Quand Bella me l'avait dit, j'avais explosé. Je ne savais pas comment j'étais supposé réagir autrement. Mon cerveau allait devenir fou avec des questions que je voulais juste cracher et exiger des réponses. J'avais l'impression d'avoir besoin de frapper quelque chose alors c'est pour cela que je m'étais levé de table. J'aurais dû prendre deux ou trois inspirations et approfondir, mais je n'avais pas de mots. Quand Bella m'avait poussé à dire quelque chose, j'avais explosé avec toutes mes pensées.
J'avais honte de ma première réaction à la nouvelle, mais j'avais toujours su que "se débarrasser" du bébé était la voie que j'aurais choisie. Avortement ou adoption, je m'en foutais du moment que je n'avais pas à m'encombrer d'un putain de bébé. Traitez-moi de lâche, mais c'était ma position, et je m'y tenais. Je ne faisais pas cela juste pour Bella et moi, mais pour ce gosse aussi. Comment cela pourrait-il s'avérer bien? Il n'y avait rien de positif dans cette situation et j'avais juste besoin de convaincre Bella de ça.
Je ne savais pas à combien elle en était –nous n'avions jamais été jusque-là – mais je pensais que l'avortement restait encore une option. Elle pourrait faire passer ça en quelques minutes. Ça m'irait très bien. Nous n'en avions même pas parlé à qui que ce soit. Si Bella n'était pas d'accord avec ça, alors il y avait aussi l'adoption. Ce serait un parcours plus ardu, mais cela nous libèrerait toujours d'un enfant. C'était le but principal. Les gens sauraient évidemment que Bella était enceinte si nous allions dans cette voie, cependant, cela serait peut-être la meilleure option si elle ne voulait pas aller dans une clinique. Tout le monde me détesterait mais c'était la seule possibilité viable. N'importe laquelle m'allait très bien.
Malheureusement, Bella ne voyait pas les choses à ma façon. Je ne savais pas ce qui pouvait faire apparaître quoi que ce soit de positif à ce sujet mais il semblait que j'étais le seul dans cette relation avec les idées claires. Ce bébé allait ruiner la vie de Bella. Elle allait devoir laisser tomber l'université, interrompre ses études et n'y retournerait probablement jamais. Je ne voulais pas ça pour elle. J'avais déjà tellement pris à Bella sans rien offrir en retour et maintenant ça? J'avais détruit toute sa vie. Nous ne pouvions pas avoir ce bébé.
Je gémis et cognai ma tête contre le comptoir. "Idiot, idiot, idiot…"
On frappa à la porte et je ne bougeai même pas de ma place. Je me fichais d'aller ouvrir. Bella avait une clé alors qui que ce soit d'autre pouvait aller se faire voir. Je n'étais pas d'humeur à m'occuper de stupidités aujourd'hui.
"Salut, Edward," la voix d'Emmett retentit, "nous sommes là et nous avons faim. Tu ferais mieux de ne pas t'être goinfré de pizza ou je te casse un bras."
"Je dois me rappeler de récupérer cette clé," dis-je pour moi-même et je mis le livre sur la grossesse dans un tiroir pour qu'il ne se doute de rien. J'allais laisser à Bella le soin de le dire aux gens. Ça ne me dérangeait pas à partir du moment où dans neuf mois je ne berçais pas un bébé pour l'endormir.
"Qu'est-ce qu'il se passe?" Emmett partit vers mon réfrigérateur en quête de nourriture. Alec était avec lui et il s'assit sur un tabouret, mangeant une énorme barre de chocolat.
"N'as-tu pas ta propre maison? Je suis fatigué de t'avoir ici," grognai-je.
"Tu ne te seras jamais débarrassé de moi." Rit-il. "En outre, Rose n'a pas été faire les courses cette semaine. Je suis affamé et je sais que Bella garde cet endroit toujours garni."
"Ouais," soupirai-je.
"Pourquoi y a-t-il autant de sodas au gingembre?" Il déplaça des trucs. "Je n'arrive même pas à trouver de nourriture. C'est absurde. Il doit y avoir dix bouteilles là-dedans."
"Ça facilite l'estomac de Bella. Elle est toujours malade," mentis-je.
"Peut-être qu'elle devrait aller voir un médecin," suggéra Alec. "Ce n'est pas sain pour elle d'être malade aussi longtemps. Est-ce qu'elle va bien?"
"Elle va bien." Je fermai la porte du réfrigérateur. "Que puis-je pour vous deux?"
"Nous nous ennuyons," Emmett fit la moue. "Allons tirer sur quelque chose. On pourrait aller jouer à l'arrow roulette."
*Jeu qui consiste à se tenir dans un cercle et lancer une fléchette en l'air. Le gagnant est celui qui reste le plus longtemps dans le cercle au risque de se prendre la fléchette.
"Autant j'aimerais, mais je suis occupé et tu as besoin d'employer ton temps de manière plus saine. Je suis sûr que tu as du travail à faire."
"Je m'en fiche. Je suis en vacances."
"On vient à peine de revenir de vacances et comme je te l'ai dit, je suis occupé."
"Avec quoi?" demanda Alec.
"Des choses qui ne vous concernent pas. Partez," ordonnai-je et je croisai les bras.
"Non, je ne pense pas, non." Emmett s'assit à côté d'Alec. "Qu'est-ce qu'il s'est passé entre toi et Bella hier soir?"
"Qu'est-ce que tu veux dire?" J'expirai, devenant très agacé par mes frères.
"Jasper a dit que vous aviez eu une énorme dispute et qu'elle a dû rester chez lui et Alice. Qu'est-ce que tu as fait?"
"Rien ne peut rester privé dans cette famille?" Je fis courir une main dans mes cheveux. Il ne mentionna pas le bébé alors je présumais que Bella n'avait rien dit ni à Jasper ni à Alice. J'en aurais entendu parler à cette heure.
"Qu'est-ce qu'il s'est passé?" Alec était inquiet. Je pouvais le dire au son de sa voix. Sa curiosité innocente et son chic pour sentir les problèmes commençaient à devenir hautement dangereux pour moi dans cette situation.
"Rien, laisse tomber."
"Tu as fait quelque chose à Bella, n'est-ce pas?" Emmett plissa les yeux en me fixant. "Tu l'as fait pleurer?"
"Oui," admis-je, "nous avons juste eu une dispute."
"A propos de quoi?"
"Je ne m'en souviens pas." Je haussai les épaules.
"Tu mens," m'accusa Emmett.
"Et alors? Personne ne t'a demandé d'intervenir dans mes affaires."
"Ce sont aussi les affaires de Bella," contesta Alec. "Nous avons le droit de savoir."
"Stupides frères italiens commères..." Grommelai-je dans ma barbe et je remplis un verre d'eau. Il était temps de prendre mes médicaments et aujourd'hui, j'en avais besoin plus que jamais.
"Tu prends encore ces merdes?" Demanda Emmett.
"Oui, et je n'ai pas besoin de ta grande gueule là maintenant. Va-t'en tout simplement." J'avalai deux ou trois pilules et bus l'eau.
"Tu es de super mauvais poil aujourd'hui," dit Alec.
"Ce doit être ses règles."
"Tous les deux vous devez partir." J'attrapai sans ménagement Alec par le col de sa chemise et entrepris de le pousser dans le couloir.
"Tu sais, nous pouvons te donner des conseils fraternels, il suffit de demander." Emmett nous suivait.
"J'ai déjà eu droit au discours du grand frère de la part de Jasper hier soir."
"Il est idiot. Tu dois t'adresser à moi pour les problèmes de petite amie."
"Ça me fait me sentir beaucoup mieux." Je levai les yeux au ciel.
"Vas-tu rompre avec elle? Tu sais que M'man te tuerait si tu le faisais." Alec me repoussa.
"Non, je ne vais pas rompre avec elle. Nous avons juste... des problèmes."
"Jasper a dit qu'elle pleurait comme une perdue hier soir. Lui as-tu fait mal?"
"Bien sûr que non et je vous serais reconnaissant si vous arrêtiez d'obtenir vos informations de Jasper. Vous êtes de vieilles pies tous les trois. Gardez vos nez dans vos propres affaires."
"Très bien, nous allons descendre et nous amuser sans toi." Emmett sortit de mon appartement. "Allez, petit."
"Bye, Edward." Alec me fit signe de la main et trottina derrière lui.
Je claquai la porte et me trainai vers la cuisine. Je ne voulais pas revenir à la lecture de ce stupide livre à nouveau parce que je pouvais à peine comprendre ce que diable il disait. Il y avait tellement de mots qui m'étaient étrangers et je devenais plus stressé à chaque page que je tournais. Comment diable était-on censé élever un bébé? Il n'y avait pas moyen putain que ça puisse marcher. Je devais juste convaincre Bella que notre seule option était de traiter ça autrement.
Je n'étais pas totalement un monstre. Quelque part au fond de mon esprit, je réalisais que j'avais créé quelque chose. Une partie de moi grandissait à l'intérieur de Bella, et j'étais sûr que des gens mourrait pour être à ma place; seulement pas moi. Devrais-je vouloir un enfant? Comme avec la plupart des choses normales, mon esprit n'était pas connecté de cette façon. Je voyais seulement ça comme un inconvénient.
Outre les horreurs théoriques pour moi élevant un enfant, il y avait aussi la possibilité très réelle que je puisse vraiment mourir si j'avais à prendre soin de quelque chose qui vomissait et faisait caca et pipi excessivement la première année de sa vie.
Je frémis rien qu'à l'idée d'être où que ce soit près d'un bébé. Comment diable les gens s'occupent-ils de ces choses?
Je poussai un profond soupir, revenant dans la cuisine pour reprendre ma lecture. J'essayais de comprendre ce que ce truc d'enfant avait de si attrayant pour tout le monde. Mes intentions n'avaient toujours pas changé mais je serais peut-être en mesure d'être plus en accord avec Bella si je savais pourquoi elle était prête à tout sacrifier pour ce bébé.
Je ne voulais plus jamais être séparé d'elle à nouveau, parce que cela ne m'avait seulement fait faire des choses stupides. Je ne voulais pas perdre Bella, mais me laisserait-elle choisir? Je pensais que oui et je ne voulais même pas penser à cela là tout de suite. Mon but principal était juste de lui faire entendre raison.
Avant je que puisse ouvrir ce foutu livre de grossesse, il y eut d'autres coups à la porte.
"Edward, ouvre. Je dois te parler." Entendis-je la voix de mon père m'ordonner avec frénésie.
"Que veux-tu?" Criai-je, ne bougeant pas du comptoir.
"Ce n'est pas le moment de jouer. Ouvre cette putain de porte!"
Je levai les yeux au ciel et parcourus le couloir. Il passa devant moi quand j'ouvris la porte et je pouvais dire qu'il était inquiet à propos de quelque chose. Carlisle montrait rarement des signes d'agitation ou de stress, alors c'était un peu déconcertant.
"Qu'est-ce qui ne va pas?" Demandai-je.
"Assieds-toi." Il alla vers mon placard à alcool qui venait d'être regarni et il en sortit une grande bouteille de scotch.
"Dois-je être inquiet?" Je m'assis dans le canapé.
"Je suis sur le point de te dire quelque chose, mais je veux que tu prennes de profondes respirations et que tu réfléchisses avant d'agir."
"Qu'est-ce qu'il se passe?" Dis-je septique, "je n'aime pas la façon dont tu parles."
Il descendit son verre et commença à s'en servir un autre. "Bella a été arrêtée."
Il me fallut un instant pour digérer ses paroles. "Je ne suis pas sûr de t'avoir compris. Qu'est-ce que tu as dit?"
"Bella vient d'être arrêtée."
"Non... Quoi? C'est impossible. Je l'ai vue il y a juste une heure environ. Elle est sortie... pour se promener. Je pense que tu as mal compris."
"Edward, écoute-moi, c'est sérieux. Je viens d'avoir un appel du commissaire: ils la détiennent au centre-ville."
Je clignai des yeux deux ou trois fois, essayant de comprendre de quoi diable il parlait. "Elle a été arrêtée?"
"Je n'aime pas me répéter et je l'ai déjà fait deux fois." Carlisle soupira. "Je travaille dessus."
"Quelles sont les charges putain?" Je bondis du canapé, mes jambes voulant courir hors de la pièce.
"Tout un tas de merdes monté de toutes pièces. Ils essaient d'obtenir d'elle qu'elle parle de ton récent voyage dans le Maine."
"Qu'est-ce que cela à voir avec elle?" Je réalisai que je criais à ce stade, mais je m'en foutais.
"Racket, hébergement d'un suspect, blanchiment d'argent, trafic de drogue: c'est un gâchis, Edward et ils ne viennent que de commencer. Ils ont même essayé de l'accuser de complicité de meurtre puisqu'ils pensent qu'elle sait quelque chose à propos du Maine."
"Elle n'a rien à voir avec tout ça." Je bouillais.
"Bien sûr et la plupart des accusations ne vont rien valoir mais elle est dans une très mauvaise posture en ce moment."
"Pourquoi? Sors-là simplement de là."
"Je ne peux pas faire ça. Le commissaire me mène en bateau et il commence à poser des questions."
"Fais-la sortir!"
"Ça ne marche pas comme ça, Edward. Tu ne peux pas simplement ignorer tout le système juridique. Bella a été arrêtée et il y a effectivement quelques petites choses qui donnent à penser qu'elle a enfreint la loi, mais ils essaient de t'atteindre. Tu dois te calmer et me laisser gérer ça."
"Je ne la laisserai pas tomber pour mes fautes. Elle n'a rien fait de mal," contestai-je, mon cœur commençant à tambouriner dans ma poitrine.
"Elle sera détenue et j'ai Jenks qui travaille sur l'affaire, mais… c'est une situation délicate."
"Pourquoi? Ça me semble simple. Bella est innocente alors elle va sortir. Comment ne vois-tu pas ça?"
"Edward, ils ne la laisseront pas sortir sans t'avoir eu d'abord. Bella est juste un avantage et ils essaient de nous faire peur."
"Donc tu ne vas rien faire?"
"Je fais tout ce que je peux. Tu dois laisser ça s'arranger."
"Es-tu foutrement sérieux? Est-ce cela que tu as à me dire?"
"Edward, ça va devenir très sale parce que Jacob ne lâchera pas Bella. Il va s'en servir contre nous."
"Ils n'ont rien sur elle." Je tirais si fort sur mes cheveux que cela me faisait mal. "Pourquoi pas Alice ou Rose?"
"Je ne sais pas," Carlisle soupira. "J'anticipe quant à tout ça, néanmoins, je ne peux pas bloquer plus longtemps et une fois que les choses sortiront à propos de ça, ils ne s'arrêteront pas. Les gens vont poser des questions et commencer à chercher des réponses."
"Ça ne devrait pas être aussi mauvais que cela paraît. Je ne comprends toujours pas les accusations. N'avons-nous pas un plan en place pour ça?"
"Ils peuvent la maintenir en prison pour une infraction à la circulation et renforcer ça jusqu'à dix ans s'il le veulent. Ça n'a pas d'importance. Ils essaient de t'humilier et ça marche. Notre plan est de toujours anticiper. Nous allons étouffer cette affaire dans l'œuf avant même qu'elle démarre."
Avant même de pouvoir y penser, je sautai par-dessus le dossier du canapé et allai à la cuisine récupérer mes clés sur le comptoir. Je lançai le livre sur la grossesse à la poubelle. Je m'en inquièterai plus tard.
"Edward, où vas-tu?"
"Ramener Bella." Je claquai la porte et étais dans l'ascenseur en une seconde.
J'entendis Carlisle me hurler après alors que les portes se fermaient, mais je m'en balançais.
C'était ma plus grande peur devenue réalité. Je ne savais même pas vraiment quelle était toute la situation, mais après que les mots "Bella a été arrêtée" aient été prononcés, je n'avais pas vraiment besoin de savoir. A cause de moi, elle s'était fait avoir, et je penserai au reste après que je l'aie libérée. Cela se transformait en une énorme tempête de merdes qu'aucun de nous n'avions besoin de gérer là maintenant et j'allais m'assurer que les bonnes personnes paient pour m'avoir mis en colère.
Pourquoi était-ce toujours Bella? Alice et Rosalie étaient vulnérables et des candidates parfaites pour une prise. Pas que je leur souhaite même du mal, mais Bella avait besoin d'une putain de pause. Je savais pourquoi Black faisait ça. Il voulait me faire faire quelque chose d'irréfléchi et que je creuse moi-même mon trou. Carlisle avait raison; ils pouvaient la détenir pour de fausses accusations et planter toutes les preuves qu'ils voulaient juste pour me faire enrager. Ce n'était pas un secret que j'agissais avant de penser et c'était juste le cas quand j'aurais voulu pouvoir contrôler la bête à l'intérieur de moi. Ça n'allait pas se produire.
Je me chargerai de tous les autres après que Bella soit relâchée.
Heureusement, la Saleen attendait dans le garage et j'étais plus que prêt pour lui dégourdir les jantes. Je sortis à toute vitesse du parking et fonçai dans les rues, ne m'embarrassant pas de regarder les feux ou les stops. Je ne savais pas ce que je prévoyais de faire quand je serais là-bas, mais je trouverai plus tard.
Au moment où j'arrivais au poste du centre-ville, mon sang faisait rage dans mon corps et j'essayais de me convaincre que je n'avais pas besoin d'exploser. A bon escient cependant, j'avais apporté mon Eagle. Je ne jouais plus. Je bondis hors de la voiture et commençai à courir.
"Edward, où vas-tu?" La Mercedes d'Emmett s'arrêta en faisant crisser les pneus devant moi, me bloquant en fait le passage.
"A quoi ça ressemble?" J'essayai de contourner la voiture par l'avant mais il accéléra et me bloqua à nouveau.
"Tu ne peux entrer là-dedans. Papa m'a dit ce qui était arrivé."
"Ôte-toi de mon chemin." Je fermai les yeux pour me calmer. La dernière chose que je devais faire était de tirer sur mon frère dans le parking du commissariat.
"Edward, laisse-les gérer ça."
"Elle n'a rien fait de mal!" lui hurlai-je.
"Je sais ça, mais tu ne peux pas juste débarquer là-dedans et t'attendre à ce que les choses soient résolues."
"Tu peux dire ça parce que Rosalie ne se trouve pas dans une putain de cellule de prison."
"Je sais que tu es en colère mais on va la faire sortir. Ils ne seront pas en mesure de lui faire du mal." Emmett sortit de la voiture, laissant le moteur tourner. "Calme-toi avant de te provoquer une attaque."
Je respirai profondément, serrant mon arme dans ma main. "Ils l'ont arrêtée. C'était de ma faute…"
"Ce n'est pas ta faute, Edward. Monte dans la voiture et je vais te reconduire à la maison."
"Je ne peux pas la laisser là-dedans."
Je le repoussai et sautai sur le capot de sa voiture, glissant au sol et m'élançant sur le trottoir. Je montai les escaliers trois par trois et juste quand j'atteignais la porte, je sentis des bras s'enrouler autour de mon torse par derrière.
J'avais du mal à me libérer. "Dégage bordel."
"Je ne peux pas te laisser avoir plus de problèmes." Emmett était trop fort alors je me débattais en vain mais essayais toujours de me libérer.
"Lâche-moi!" Je lançai ma tête en arrière et entendis un craquement comme si je lui avais cassé le nez, mais Emmett ne relâchait toujours pas son emprise. Il me porta jusqu'à la voiture et de la façon dont mes mains étaient tenues, je ne pouvais pas les bouger ni utiliser mon Eagle.
"J'ai eu l'ordre de te ramener à la maison." Il lui fallut un bon moment pour me mettre dans la voiture mais il m'avait finalement poussé par la porte et pris mon arme.
Il roula vite loin du poste de police et bien que je proteste, il ne voulait pas écouter mes arguments.
"Laisse-moi gérer mes affaires." Je me demandais si je devais ou pas le tuer maintenant et prendre la contrôle de la voiture
"Laisse Papa s'occuper de ça. Il sait ce qu'il fait mais tu dois te faire oublier. Sais-tu qu'Aro a lancé un contrat sur toi ce matin? Il réclame foutrement notre sang, mec."
"Laisse-le essayer. Je l'attends."
"Tu dois juste la fermer et faire une pause pendant deux ou trois jours. Tu ne peux pas renverser tout le monde et espérer t'en sortir sans conséquences. Tu sais que je suis avec toi mais calme-toi."
"Elle est en prison putain. Est-ce que personne ne comprend ça?" Je tirai sur mes cheveux.
"Bella ne va pas avoir d'ennuis et tu le sais. Black veux juste te faire sortir de ta planque."
"Pourquoi ne s'en est-il pas juste pris à moi?"
"Parce qu'il a besoin de te rendre fou de rage. Nous devons te garder en sécurité, avant toute chose."
"Je ne peux pas croire que nous allons juste la laisser en prison!"
"Papa s'en occupe," hurla Emmett. "Boucle-la. Je ne veux que tu te fasses enfermer toi aussi. Ensuite ça ne nous mènera nulle part."
Je fis la gueule dans mon siège, essayant de contrôler mon cœur car il était sur le point d'exploser dans ma poitrine.
Il n'était pas important dans quelle "condition" était Bella, je devais faire passer mes opinons sur notre bébé et juste la faire sortir de prison. Je suffoquai presque en pensant à ce que je venais de dire : notre bébé.
Ce n'était pas bon du tout. Je devais constamment me rappeler que mon père avait promis de s'en occuper. Si je n'avais pas eu cette promesse, j'aurais fait faire demi-tour à cette voiture et serais retourné directement dans les locaux de la police. Bella était ma principale priorité là maintenant. Pas le bébé, pas moi, et pas ce putain de Jacob Black – seulement Bella.
Au moment où nous arrivâmes à la maison de mes parents, j'étais encore furax, mais essayant de me calmer pour que je puisse en toute logique avoir quelques réponses.
Je sautai de la voiture et me précipitai à l'intérieur.
"Edward, calme-toi ou tu vas te provoquer une autre crise cardiaque." Esmé m'étreignit. "Carlisle va la faire sortir."
"Où est-il?" Je la repoussai.
"Dans son bureau." Sa voix était faible et je pouvais dire que nous étions dans une situation pire que les gens me le disaient.
Je bondis dans les escaliers et enfonçai la porte du bureau de Carlisle. Il était au téléphone et criait, le visage rouge. Nicola était dans son fauteuil roulant et regardait son petit-fils travailler.
"Comment diable es-tu monté ici?" Lui demandai-je.
"Ça importe peu; comme va Bella?"
"Je ne sais pas. Personne ne me dit rien et Emmett n'a pas voulu me laisser entrer pour la voir."
"Bien. Qui sait ce que tu aurais fait." Nicola roula vers le bureau et appuya sur le bouton de réception du téléphone, le coupant.
"Pourquoi diable?" Carlisle raccrocha vivement.
"Tu ne vas rien obtenir avec la bureaucratie normale. Que dit le commissaire?"
"Il veut savoir qui est Bella et pourquoi il y a des accusations de racket contre elle. Jacob l'a enfermée pour paris illégaux." Il s'assit dans son grand fauteuil.
"Es-tu foutrement sérieux?"
"Il a une vidéo d'elle sur les pistes il y a quelques jours et il dit qu'elle fréquente beaucoup ton casino."
"Elle n'y a été qu'une fois et elle n'a jamais payé pour quoi que ce soit aux courses," protestai-je, "L'âge légal pour le jeu n'est-il pas de dix-huit ans?"
"Les paris sur les chevaux c'est différent : vingt-et-un ans."
"C'est des conneries." Criai-je, "Elle n'a rien fait de mal."
"Ça n'a pas d'importance; en attendant qu'ils fassent une enquête nous ne pouvons pas la faire sortir. Au moins, jusqu'à sa comparution demain. Ils fixeront une caution et nous la déposerons, mais jusque-là, elle reste au central. De plus, tu es revenu hier soir après ce massacre et ils essaient de raconter qu'elle a hébergé un fugitif."
"Je suis revenu dans ma propre maison. Ils ne peuvent pas l'accuser pour ça."
"Ils peuvent faire ce qu'ils veulent s'ils le tournent de la bonne façon. Ne sous-estime pas ça, Edward. Le commissaire ne s'est jamais penché sur notre côté violent, mais ça pourrait malheureusement venir."
"Et que dire de cette merde sur le jeu? Alec est bien plus jeune qu'elle et il a parié aussi."
"Je sais, je sais. Personne ne s'en soucie, néanmoins, et maintenant j'ai des gens qui te recherchent sous le coup de la loi RICO*. Ils veulent savoir d'où vient le moindre cent de ton argent."
*Racketeer Influenced and Corrupt Organizations En vertu de la loi RICO, une personne peut être accusée de racket – qui inclut la corruption, l'extorsion, les ventes de drogues illicites, les prêts usuraires, assassiner et de la prostitution – si il ou elle a commis deux des crimes fédéraux ou crimes d'État en vertu de la législation des États-Unis dans une période de 10 ans. La loi donne au gouvernement le pouvoir de poursuivre et emprisonner les criminels, un chef de file Mafia même si il ou elle n'a jamais personnellement commis l'un des composants de racket. C'est parce qu'il fait partie d'une entreprise criminelle.
"Et qu'en est-il de toi?" Ma question était dure et délibérée.
"Il ne toucheront jamais ton père. Il paie tous leurs salaires et il rendrait coup pour coup, provoquant un scandale." Nicola pensait tout haut. "Bella ne peut se battre avec brio. Elle n'a rien."
"Alors que vas-tu faire?" Demandai-je à mon père. "Elle n'a rien fait. Je ne la laisserai pas tomber pour moi."
"Tout d'abord, nous devons te faire sortir du pays, et ensuite nous déposerons sa caution demain. Après cela, j'aurai Jenks pour gérer son cas parce qu'il est certain que ça finira devant un tribunal. Black ne lâchera pas maintenant qu'il t'a dans le creux de sa main." Carlisle tapait rapidement sur son ordinateur, ses doigts volaient sur les touches.
"Je n'irai nulle part avant d'avoir vu Bella."
"Edward, je n'ai pas le temps de débattre de ça avec toi. Tu pars et tu n'attires pas l'attention. Une fois qu'ils commenceront avec cette investigation, je ne serai plus en mesure de te cacher. Les charges RICO ne sont qu'un début. Tu ferais mieux de croire qu'ils ont des choses sur ton coup d'éclat dans le Maine, surtout si Aro est impliqué."
"Et alors cette merde de Shinobu va être de la partie." Nicola leva les yeux au ciel. "Je suggère que nous déposions la caution de Bella demain, et qu'ensuite nous l'expédiions là où tu envoies Edward."
"Tu veux faire d'eux deux des fugitifs?" Carlisle soupira. "Je ne peux pas faire ça. Si Edward part maintenant, il peut revenir sans aucune retombée. Si Bella viole sa liberté sous caution, elle pourrait se mettre dans de sales draps."
"Oh, s'il te plait," se moqua Nicola. "Je suis un fugitif depuis 1972. Ils n'ont pas assez de ressources pour la pourchasser. Fais partir Edward maintenant, et ensuite Bella peut suivre demain."
"J'ai dit que je ne partirai pas avant d'être sûr qu'elle est en sécurité," répétai-je.
"Tu n'as vraiment plus ton mot à dire, fils." Carlisle me regarda. "Si tu veux que Bella soit en sécurité alors tu feras comme je le dis. Laisse-moi gérer ça."
"Tu n'arrêtes pas de dire ça, mais rien n'a été fait. J'ai besoin de Bella sortie de prison et que son nom soit lavé." Je claquai mon poing sur le bureau, faisant s'entrechoquer les choses qui y étaient dessus.
"Tout d'abord, n'élève plus jamais la voix contre moi. N'oublie pas qui dirige cette famille. Tu penses peut-être que tu as du poids, mais je peux écraser ton cul en une seconde s'il le faut. Personne n'est au-dessus de moi et je ferai ce que je pense nécessaire."
"Et si ta façon n'est pas bonne?" Je serrai les dents.
Nicola me mit une claque à l'arrière de la tête si fort que je crus que ma colonne vertébrale était brisée. "Mords ta langue. Nous savons ce que nous faisons. Vous les jeunes pensez que vous pouvez faire tout et n'importe quoi, mais il y a un système."
"Le système ne fonctionne pas." Protestai-je.
"Edward, tu es à deux doigts d'avoir mon arme dans ta bouche. Ne me teste pas là tout de suite." Carlisle me lança un regard noir avec une telle autorité que je dus m'empêcher de battre en retraite.
"Bella est une civile. Je ne peux pas juste claquer des doigts et la faire sortir de prison. Ce n'est pas comme ça que ça marche dans ce cas." Il se calma.
Bien que j'aurais voulu protester, je ne pus pas. Je n'étais pas en position de dire un mot parce que les choses allaient trop vite. Il y avait des moments comme ceux-là où je réalisais combien j'étais inexpérimenté. Je n'avais aucune idée de ce que je ferais dans cette situation. J'avais besoin d'être plus comme mon père et de réfléchir. Malheureusement, tout raisonnement pour moi partait en quelque sorte par la fenêtre quand Bella était mise en danger.
"J'expédie Edward dans une heure. Quant à Bella, je pense que nous allons tenter notre chance. Je ne veux pas qu'elle devienne un fuyard international. Elle n'a pas besoin de ça," dit Carlisle.
"Et où est-ce que je vais exactement?" Je me pinçai l'arête du nez.
"En Suisse." Nicola s'éloigna de nous et roula vers le placard à alcool. "Tu y resteras jusqu'à ce que les choses se calment."
"Combien de temps cela va-t-il prendre?"
"Peut-être un an, ça peut être plus long." Répondit Carlisle. "Et les contacts seront limités. Je ne veux pas prendre de risque. Ils vont essayer de te retrouver."
"Comment saurai-je si Bella est en sécurité?"
"Elle le sera. Tu dois me faire confiance Edward."
J'entendis la porte s'ouvrir derrière moi et ensuite de petits bras s'enroulèrent autour de mon corps. "Je ne veux pas qu'il s'en aille, Carlisle," dit Esmé.
"Nous sommes déjà passés par là, ma chérie. Il doit partit. Nous avons déjà vécu cela avec Emmett et nous y arriverons."
"Pourquoi doit-il partir?"
"S'ils engagent une enquête contre lui, ils trouveront quelque chose; peut-être pas tout de suite, mais ils trouveront. Une fois qu'il est hors du pays, tout ce qu'il a sera effacé. Pas de relevé bancaire, informations de comptes, identité. Je peux l'aider à distance, mais pas tant qu'il reste ici.
"Pourquoi maintenant?"
"Parce qu'il sont prêts à te faire plonger. Ils ont assez. D'abord Bella, puis toi, et ensuite ils essayeront de remonter à moi. C'est comme cela que ça fonctionne. Si nous brisons la chaine, ils perdront tout."
"Nous sortirons Bella de là et ferons en sorte que tu puisses revenir à la maison rapidement." Elle embrassa le dessus de ma tête. "Fais attention à toi."
"Et les autres?" Demandai-je.
"Personne d'autre n'est sur le point d'être jusqu'aux genoux au centre d'une perquisition des fédéraux."
"Je ne peux pas faire ça. Je ne me sens pas le droit de quitter Bella."
"Tu n'as pas le choix. Il y a une voiture qui t'attend en bas et tu seras à l'aéroport dans une heure."
Carlisle se leva et sortit son énorme Eagle de son étui. C'était le même que celui qu'il avait pointé sur moi lors de notre voyage en Russie, et celui qu'il m'aurait certainement collé dans la gorge si je ne l'avais pas fermé quelques minutes plus tôt. J'avais encore foutrement peur de ce truc. Il y inséra le chargeur et ensuite me le tendit.
Je le lui pris et le mis dans ma ceinture, ne sachant pas pourquoi il me l'avait donné, mais je ne lui posai pas la question. Au lieu d'adieux larmoyants, c'était sa façon de me dire de faire attention à moi. Des choses comme ça étaient toujours difficile car la communication était totalement inexistante. Je ne serais pas en mesure de parler à quelqu'un de ma famille pendant au moins un an? Je ne serais pas de retour aux States avant un très long moment – même si mon nom était effacé. Je n'aurais pas besoin d'emballer quoi que ce soit car au moment où j'arriverai en Suisse, mon logement serait installé.
"Tu dois partir maintenant." Nicola commença à me pousser vers la porte. "Tu n'auras seulement qu'une chance là et s'ils sont au parfum, tu ne seras pas en mesure de sortir du pays."
Je ne savais pas quoi dire ou quoi faire.
Je me tenais debout à la porte, ouvrant la bouche deux ou trois fois pour parler, mais aucune parole ne sortit.
"Nous ferons en sorte que Bella te rejoigne bientôt. Jenks va la faire sortir et après que je sois sûr qu'elle est blanchie, je te l'enverrai," dit mon père et il sourit timidement. "Je te le promets."
"Pars, Edward." Esmé pleurait sur son épaule, et je voulais lui faire un énorme câlin. Je ne le fis pas, cependant.
Je fermai la porte derrière moi et descendis vivement les escaliers.
"Où t'envoie-t-on?" Jasper sortit la tête d'un coin alors que j'étais sur le point de quitter la maison.
"En Suisse," répondis-je, la main sur la poignée de la porte.
"Oh." Il vint dans le vestibule, suivi par Emmett et Alec.
"Amuse-toi bien." Emmett hocha la tête. Il avait vécu cela il y avait environ cinq ans, alors il savait combien c'était difficile de tout quitter au pied levé. Son éloignement fut bref cependant. "La Suisse est sympa."
"Je..." Je voulais dire quelque chose de profond mais rien ne me vint à l'esprit. Toutes ces conneries d'émotions rendaient mon cœur douloureux.
"Prends juste soin de toi." Jasper m'étreignit de manière virile. Je gardai mes bras à mes côtés.
"Nous garderons Bella en sécurité," m'assura Alec. "Ne t'inquiète de rien."
"Devrais-je lui écrire une lettre?" leur demandai-je quand il me lâcha.
"Pourquoi n'es-tu pas parti, Edward?" Hurla Carlisle du haut des escaliers. "L'avion est en marche et attend."
"Nous prendrons soin de tout." Emmett se mit à me pousser par la porte. "J'appellerai si on peut."
"Très bien." Je leur fis un dernier signe de la main et m'engageai dans l'allée où une voiture m'attendait à la grille.
"Te voilà. Enfin." L'associé de mon père le plus sûr sortit de l'arrière côté conducteur.
"Seth Clearwater. Je ne savais pas que tu étais encore en vie. Je n'ai pas entendu parler de toi depuis une éternité."
"Tu sais, en restant simplement là-bas au poste de police. Je dois me tenir informer pour toi tout ce putain de temps. Ils ont failli m'attraper à un moment."
"Est-ce grave?" demandai-je.
"A vrai dire, tu es dans un tas d'emmerdes. Black devient fou et il ressort tout ce qu'il a réuni depuis ces deux ou trois dernières années. Ils ont en fait une bonne affaire contre Bella mais ils la laisseront partir si tu te rends."
"Eh bien alors, laissons-les faire ça. Emmène-moi au poste."
"Je ne peux pas faire ça, Edward." Seth croisa les bras. "Je suis là pour t'amener à l'aéroport et tu ne discutes pas avec moi. Monte dans la voiture."
"Non, à moins que nous allions au centre-ville. Au diable l'aéroport."
Seth sortit son arme, me visant droit au genou. "Je te l'explose."
"Ne me menace pas à moins que tu prévois vraiment d'utiliser cette chose." Dis-je menaçant. Je savais qu'il n'hésiterait pas à me foutre en l'air parce que Carlisle l'avait bien préparé. Seth ne faisait pas partie de la famille mais il aurait pu en être vu que mon père l'avait entrainé depuis qu'il était jeune.
"Tu sais que je le ferai," répliqua Seth, aussi sombrement que moi. "Monte dans la voiture, Edward."
Je grinçai des dents et arrachai la portière arrière, me laissant tomber dans mon siège. Benny monta du côté passager et semblait incroyablement létal avec sa corpulence énorme cachée derrière des lunettes de soleil.
Une fois Seth dans la voiture, il fila à travers les rues, ne se préoccupant même pas de la limitation de vitesse.
Seth était un disciple de mon père. A côté de ses fils, Carlisle pensait qu'il était prudent d'avoir des informateurs à l'intérieur des camps de nos ennemis. Il avait des gens infiltrés partout dans cette ville, surtout au commissariat. En pensant à cela, quelqu'un aurait dû nous dire que ceci allait arriver. Seth était tout simplement le meilleur dans ce qu'il faisait, et il était celui qui m'avait donné tous les fonctionnements internes tout au long de l'année écoulée.
Le trajet jusqu'à l'aéroport se faisait en silence. Je voulais sortir mon téléphone et appeler Bella, mais je ne pouvais pas. Il n'y avait aucun moyen pour moi d'entrer en contact avec elle. Comment allait-elle? Comment allait le bébé?
Merde, elle était enceinte. Je continuais à oublier cela. Autant je détestais ce qu'elle portait, autant la santé de Bella était importante pour moi et là maintenant, ça incluait le bébé. Devrais-je dire à quelqu'un qu'elle était enceinte? Alors je réalisai que quelqu'un savait déjà.
"Quand allais-tu m'en parler?" demandai-je à Benny. Je pensais qu'il savait de quoi je parlais.
"Elle m'a supplié de ne rien dire." Répondit-il. "Je lui faisais confiance pour en parler."
"Tu n'as pas pensé à me prévenir?"
"Je ne pensais pas qu'il serait approprié de m'impliquer dans des affaires personnelles, monsieur."
"Qu'est-ce qu'il se passe?" Intervint Seth.
"Bella est enceinte," soupirai-je.
"Putain de merde," la voiture fit une brusque embardée, et puis se rétablit d'elle-même, "es-tu sérieux?"
"Ouais."
"Comment diable cette conversation s'est passée?"
"Nous n'avons même pas vraiment discuté de ça. Il y avait beaucoup trop de cris." Je coiffai mes cheveux avec ma main et essayai de ne pas penser à quel connard j'avais été hier soir avec Bella. La dernière vraie conversation que nous avions eue l'un avec l'autre était une avec des éclats de voix.
"Je pense que je peux deviner pour quel côté tu penchais."
"Je n'ai même pas eu la chance de vraiment penser à ça."
Maintenant que j'étais envoyé ailleurs, comment cela allait-il nous affecter? Je ne pourrais pas voir Bella pendant deux ou trois mois, au moins. A ce moment-là, le bébé serait certainement là pour rester. Bella ne le ferait jamais adopter. Je n'avais plus vraiment le choix. Peu importe ce que je pensais maintenant. J'allais avoir un enfant.
Cette pensée me frappa profondément, mais je n'eus pas l'opportunité de m'y attarder car la voiture vint à s'arrêter une seconde plus tard.
Nous étions déjà sur le tarmac et un avion privé était prêt à décoller. Il était plus petit que celui je prenais habituellement parce que je savais que les avions de Carlisle étaient surveillés. Celui-ci appartenait probablement à l'un de ses amis.
"Sors." Seth ouvrit sa portière.
Aussitôt que mes pieds touchèrent le sol, des coups de feu retirent et résonnèrent autour de nous.
Je me réfugiai derrière la portière de la voiture et sortit l'arme de mon père, essayant d'inspecter le coin. Je restai baissé et au sol alors que les balles bombardaient la voiture, mais elles ricochaient.
"C'est quoi ce bordel!" Seth était à côté de moi, arborant sa propre arme. "Ce n'est pas vraiment cool."
"Qui sont-ils?" Demandai-je et je jetai un coup d'œil par-dessus la capot vers les trois hommes sur le toit du hangar.
"Des gars d'Aro. Je parierais ma vie là-dessus." Seth fit feu sur eux et je fis de même.
Nous ne faisions pas le poids en étant si loin et n'ayant pas les armes appropriées. Je pouvais voir les marches de l'avion d'où j'étais recroquevillé et estimai la distance à environ quelques mètres. Je pouvais facilement les faire si je courais, mais je ne voulais pas. Je n'avais jamais reculé devant un combat. Aujourd'hui n'était apparemment pas mon jour. D'abord, j'avais dû partir comme une mauviette et laisser Bella derrière – ce qu'indéniablement je ne voulais pas, et maintenant des balles me pleuvaient dessus. Je n'allais pas les laisser gagner.
J'avais commencé à tirer et manquer quelques fois avant de voir un des gars se replier. Je pensai l'avoir eu, mais je ne pouvais pas en être sûr.
"Où est Benny?" me demanda Seth et il rechargea.
Un faible gémissement vint de de l'autre côté de la voiture et je regardai par en-dessous pour voir Benny allongé dans une marre de son propre sang. Ses yeux étaient ouverts, mais sans réaction, et sa respiration était trop faible pour tenir très longtemps.
"Putain de merde," dis-je avec stupéfaction. Je n'avais jamais pensé pouvoir le voir en position de faiblesse comme ça.
Il essayait de pousser son arme vers moi sous la voiture, et je tendis de bras pour la prendre de sa main ensanglantée. Il crachota encore du sang avant de lâcher complètement. Sa poitrine cessa de bouger quand ses respirations furent épuisées.
"Tu dois le prendre," me cria Seth et il me désigna l'avion, qui avait encore monté en régime et était prêt. Je pus voir le pilote qui me faisait signe de venir.
"Je ne vais pas te laisser ici." Je fis feu encore et me rendis compte que je n'avais plus de balles. J'essayai d'utiliser l'arme de Benny, mais elle était vide aussi.
"Vas-y. Je peux arriver à repartir. Une fois que je saurais que tu es en sécurité, je mets les voiles."
"Es-tu sûr?" J'étais à court d'options. "Je déteste perdre à cette merde."
"Tu ne perds pas. Bella a besoin de toi vivant et en bonne santé. Dépêche-toi et vas-y."
"Je ne peux pas te laisser seul ici. Tu ne t'en sortiras pas."
"Si. J'ai eu-" Ses paroles furent interrompu par la balle qui passa à travers le côté de sa tête. Il s'écroula en avant et tomba sur moi, mais je le soutins. Tout le côté droit de sa tête avait été arraché et du sang coulait sur mes mains tout en s'infiltrant dans mes vêtements.
Il semblait que j'étais à court de mots aujourd'hui, car encore une fois, je n'arrivais pas à penser à quelque chose à dire.
Je suppose que maintenant je n'avais pas le choix.
Je laissai le corps mort de Seth s'effondrer au sol et évaluai à nouveau la distance jusqu'à l'avion. Je pouvais réussir. J'enlevai ma veste pour ne pas être gêné par un supplément de toile et jetai un regard par-dessus la voiture pour voir si les hommes étaient encore là. C'était silencieux.
Je m'élançai sur le tarmac, gardant le corps baissé et fis environ la moitié du chemin avant qu'une douleur fasse éruption dans ma jambe. La balle avait traversé ma cuisse gauche et était ressortie de l'autre côté.
Je n'émis pas une plainte, endurant mon châtiment en silence et tins ma plaie alors que je faisais le reste de la distance jusqu'à l'avion avec une claudication prononcée. Les escaliers se replièrent rapidement derrière moi.
"Nous allons te sortir de là." Un homme commença à me soigner. "Je suis l'un des pilotes. Ne t'inquiète pas, je sais ce que je fais. C'est juste une blessure superficielle."
"Comment sais-je que tu n'es pas l'un des leurs?"
"Parce que je suis ton putain de cousin, Edward."
"Oh." Je le reconnus vaguement. Je pensais reconnaitre ce visage des diners du dimanche, mais ma tête me faisait trop mal pour en être sûr.
"Reste assis et tais-toi. Nous arriverons en Suisse dans dix heures."
J'avais perdu beaucoup trop de sang pour répliquer. L'obscurité se fit rapidement et je ne pouvais pas résister.
"Qui est Bella, Monsieur? Pourquoi n'arrêtez-vous pas de dire son nom?" demanda le pilote.
Ma tête heurta le sol avec un bruit sourd alors que mon esprit devenait embrumé et l'obscurité m'engloutit.
~ TWBB ~
En même temps comment tout cela pouvait-il se terminer?
Je vous retrouve pour l'épilogue (deux parties).
LyraParleOr
