Bon. Je ne sais plus écrire.

C'est un peu ma grande conclusion vu l'année qui vient de s'écouler. Ou alors, le soleil, c'est vraiment, vraiment pas mon truc pour écrire. A choix, hein. Le pire, c'est que ce n'est même plus un problème d'idée (en ce moment, je déborde d'idées !), c'est juste que ça ne sort pas correctement, que c'est laid, que ça m'énerve et que je me retrouve avec une tonne de fichiers qui ne veulent strictement rien dire. Quand je me relis, j'ai juste envie ricaner.

En attendant donc qu'un miracle se produise... je poste cet OS écrit il y a un sacré bout de temps (mais c'est juste que, euh, j'ai pas remis à jour ce recueil depuis à peu près trois milliards d'années - j'ai l'excuse que j'étais pas là cet été ? Ca compte ? Et que ma rentrée est... chaotique/pourrie ?)

Le plus honteux est que je suis totalement perdue dans mes réponses aux reviews. Je ne sais plus ce que j'ai fait, je suis un scandale. Donc du fond du coeur, un immense merci à : Valouw, Sunday Vanille, Inkfire et Stelladream-x.

Disclaimer : Tout appartient à JKR.

Thème : #08 - L'aveugle qui mène l'aveugle

Rating : K+

Bonne lecture !


Drago n'a pas dit grand-chose, ce jour-là. Il les a envoyé s'asseoir sur la terrasse et quand Vincent a parlé des oiseaux qui lui donnent mal à la tête et de l'odeur nauséeuse des fleurs, il a reçu un regard si froid qu'il a fini par murmurer qu'en fait, c'était une excellente idée, le jardin.

Ils se sont observés. Ils ont attendu, un grand vide au ventre. Alors très lentement, Drago a relevé sa manche.

« Voilà. »

Et c'est le seul mot, pense-t-il, qui convienne à la situation. D'une banalité à crever, d'un ridicule qui lui donne envie de se gifler. Voilà. Eh regarde ! Regarde juste là, t'en penses quoi, c'est sympa ? C'est la nouvelle idée, dans ma famille. On s'est dit qu'un Malefoy seulement, ce n'était pas suffisant. Faut transmettre, tu comprends ? Il pensait qu'ils reculeraient, mais personne n'a bougé. Pourtant, ce n'est qu'un trait noir qu'il leur offre. Un trait brut et ils restent les deux comme des imbéciles, un peu mal à l'aise sur leur chaise. Ils n'ont jamais rien vu de plus fascinant.

L'été, on dirait qu'il n'en finit pas. Avant de les laisser, la mère de Gregory leur a servi trois limonades avec tellement de glaçons qu'ils ont tous l'impression d'avaler des lames.

« Le Seigneur est prêt à vous prendre. »

Drago semble calme.

« Vous m'aiderez. Dans Poudlard et… dans le reste. »

Il ne les regarde pas tellement.

Vincent tente d'avaler une gorgée mais elle reste bloquée. Il remue le liquide dans sa bouche, devant, derrière, entre ses dents, jusqu'à le sentir tiède sur sa langue. Alors lentement, il se penche en avant et recrache tout sur l'herbe.

« C'est quoi, le reste ? » demande Gregory.

Il se reçoit un ricanement affreux en plein visage.

« A ton avis ? La pêche pendant les vacances ? Un peu de vin gratuit qu'on partagera autours d'un bon feu de bois ? Oh, et puis quelques cartes de vœux pour la nouvelle année, aussi. »

Mais comme on ne rétorque rien, Drago rajoute :

« Le Seigneur veut se débarrasser des moldus, des Sang-de-Bourge et de tout ce qui y ressemble. C'est ça le reste. »

Et puis :

« Merde, tu as raison, ces putains d'oiseaux vont me rendre fou.

– Il les tuera peut-être si on lui demande gentiment, grince Vincent.

– Ce que tu peux être con. »

Il a envie de répondre : Non, Malefoy, c'est toi qui joue aux cons aujourd'hui. Que tu sauves tes parents, on l'a bien compris, mais le reste ? Eh, le reste, tu l'as choisi comme un grand.

Sa grosse main tremble. Il la cache sous la table et fronce les sourcils.

Sans le vouloir, Vincent fait tomber un glaçon.

Entre ces trois-là, il y a une drôle d'attente qui s'installe alors. Si lourde qu'ils la tournent dans leur tête en tentant une reformulation discrète : le reste, tout le reste. Tout le monde, ou juste... certains restes ? En vérité, c'est un petit nom qui leur traverse les côtes, et ils se regardent, et ils relèvent la tête, mais quelque part dans ce jardin, c'est comme si quelqu'un criait Tracey Davis à s'en arracher la voix.

Bien sûr, ce n'est pas qu'ils tiennent à elle. C'est juste que quand on a passé six ans avec quelqu'un, on se sent un peu étrange avec l'idée de le faire disparaître. Bien sûr, ce n'est pas qu'ils s'attachent à la saleté. C'est juste qu'à force de la côtoyer, on finit par oublier qu'il faut la nettoyer.

Finalement, Drago se lève.

Il est un peu plus pâle, sa manche retombe.

« Voilà. », répète-t-il.

Quand ils étaient petits, c'était pareil le silence qui régnait au départ du blond. Vincent et Gregory en restaient comme désespérés et lui-même ne savait plus précisément ce qu'il allait pouvoir faire, seul, dans son manoir, seul, sans eux à diriger. Ce n'était pas un moment où ils s'accrochaient les uns aux autres comme certains enfants. Ce n'était pas celui des larmes et des déclarations, l'instant des grandes émotions. Il y avait autre chose dans ce silence. Un vide incertain qui sortait du flou pour se nourrir de l'absence.

L'été, dès les premières heures de la journée, on les posait dans ce jardin, on leur servait une boisson glacée, parfois de la limonade parfois du thé, et puis plus rien. Ils restaient les trois. Ils se connaissent depuis toujours et à cette époque encore, Drago si devenait si puissant en les voyant, qu'il semblait s'éclairer. Un parfait petit prince, et eux, ils attendaient qu'il parle. Ses ordres secs, son assurance, c'était apaisant. Ils savaient toujours exactement ce qu'il fallait faire, pourquoi, comment, quand, et on ne posait pas de questions. Parfois, il leur bandait les yeux et il courait en hurlant que jamais ils ne l'attraperaient. Les deux autres glissaient dans l'herbe, ils se cognaient aux pierres.

D'autres fois, quand on ne les observait pas, tous trois allaient jusqu'à la rivière en bas. C'était toujours son idée à lui, à Drago, qui se fascinait pour son reflet. Alors il partait devant. Il cassait des branches qu'il leur tendait ensuite et déclarait : maintenant, battez-vous en duel ; puis il les observait avec son air si fier.

Mais quand il tombait le nez dans l'eau, quand sa robe se tachait de boue, que ses cheveux se mouillaient, que sa main saignait – oui, toutes ces fois où il se perdait, où sa faiblesse explosait – son visage devenait si pâle que c'était de justesse qu'il ne s'évanouissait. Et les deux autres se regardaient, penaud, mais entre eux il n'y avait rien à faire, ils ne trouvaient jamais aucune solution.

Alors Vincent demande :

« Et si on n'y arrive pas, le Seigneur nous tuera ? »

Mais Drago fait comme si de rien.

« Je reviendrai demain. Pour votre réponse. », lance-t-il.

A la porte, Mrs Goyle est tout en sourires.


Les deux retournent au jardin. Vincent ramène du tabac, du papier et un filtre qu'il dispose sur la table, et il assemble le tout comme si c'était soudain la seule chose qui comptait au monde.

La fumée console la terre. Elle la parfume un peu, colore le ciel et puis surtout elle éloigne les bestioles. C'est important, par ces temps. Les insectes. Les papillons. Toutes ces choses affreuses qui trainent leurs belles couleurs dans l'herbe et qui crèvent sans rien demander, sans même avoir eu le temps de s'affoler.

« On va le suivre, hein ? »

Vincent hausse les épaules. Il roule sa cigarette entre ses doigts et puis il s'arrête. Pendant quelques secondes, il ne dit plus rien, on dirait qu'il cherche dans le tabac une vraie réponse, une de celle qu'on ne contredit pas.

« Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse d'autre ? »

Gregory aussi se tait. Il croise les bras.

« Je ne sais pas. »


Hm. Je pense que le prochain chapitre sera sur Tracey. Il est temps que je la présente un peu plus sérieusement. Mais pour l'instant, je vais continuer à m'acharner sur mes pages blanches avec le vain espoir d'avoir quelque chose de nouveau à poster d'ici Noël - on y croit !

Une review pour m'aider à réapprendre comment écrire ? ;)

Bisous,

Ana'