Titre : Cible Verrouillée !
Source : Gundam Wing AC.
Auteur(e) : Lysanea
Genre : yaoi, romance, UA.
Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient
Pairing : 1x2, 3x4
Personnages : Heero Yuy, Duo Maxwell, Trowa Barton, Quatre Raberba Winner.
Résumé : Le chasseur face à sa proie, la proie face au chasseur... Un seul chasseur, une seule proie ou... ?
Notes : Bonjour ! Merci beaucoup d'être là, prêts à lire ce nouveau chapitre ! Merci pour tous vos messages, ils m'ont tous fait très plaisir ! Je n'ai pas répondu à tout le monde mais ce n'est pas un oubli, je vais le faire rapidement.
ATTENTION : Pas de lemon dans ce chapitre mais ça s'en rapproche un peu, c'est rien de descriptif ni de visuel, mais ça n'a rien d'innocent non plus.
Réponse aux Rewiews anonymes :
Fanny : merci pour ta review ! j'ai coupé mon 2ième chapitre à ce niveau parce qu'il faut maintenir le suspense... mais du coup, je sens que tu vas me maudire à la fin de ce chapitre-ci XD
Dédicace : Je dédie cette fic à ma très chère Claire.
A tous, je vous souhaite une bonne lecture !
Trame :
Chapitre Un : L'approche du Chasseur
Chapitre Deux : Cible verrouillée
Chapitre Trois : L'étreinte mortelle du Chasseur
Chapitre Quatre : l'agonie de la Proie
Chapitre Cinq : l'Eveil du Chasseur
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Chapitre trois : l'étreinte mortelle du Chasseur.
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Après un magnifique spectacle longuement applaudi et hautement apprécié, la troupe du cirque s'est vue servir un délicieux buffet pour les remercier de leur prestation.
Le temps pour les artistes de démonter le chapiteau mobile, les tables dressées dans le jardin sont de nouveau couvertes de mets plus alléchants les uns que les autres, ainsi que des rafraîchissements plus que bienvenus et mérités.
Quatre va d'une personne ou d'un groupe à un autre, accompagné de Rashid et d'Auda, parfois de Duo, pour féliciter les artistes personnellement.
Constatant que son verre est vide et que les serveurs passant à proximité ne lui présentent rien d'intéressant sur leur plateau, Duo le laisse un moment pour aller chercher ce dont il a envie directement sur l'une des tables.
Il jette un oeil circulaire sur les jardins avec un léger sourire, comme s'il appréciait seulement la soirée et non comme s'il cherchait à piéger quelqu'un...
Depuis l'ouverture du buffet, il sent le regard d'Heero sur lui, lourd, pesant, mais toujours de loin.
Il sait d'où il le regarde, mais il ne le voit pas, et ça le met sous pression, même s'il n'en montre rien.
C'est comme s'il était traqué et il déteste cette impression.
Manquerait plus qu'on leur passe "moi vouloir être chat" en musique d'ambiance...
Il aperçoit Quatre discutant avec Trowa et Catherine, près de la fontaine, mais nulle trace d'Heero, alors qu'il sait, qu'il sent sa présence...
Au moins Quatre à l'air de passer un bon moment, c'est le principal...
Il soupire discrètement en portant son jus de fruits à ses lèvres, les yeux clos pour en savourer la fraîcheur.
Lorsqu'il les rouvre, l'objet de toutes ses préoccupation se trouve devant lui, s'avançant avec assurance dans sa direction.
Duo ne fait pas un mouvement, il ne veut pas lui donner cette satisfaction, même s'il n'en mène pas large ; son coeur bat tellement fort qu'il songe même à y jeter un oeil pour s'assurer que c'est pas visible.
Mais il reste immobile et rend son regard à Heero, le défiant de la même façon, répondant par un "N'approche pas davantage" au "Arrêtes-moi si tu peux" qu'il peut lire dans ses yeux.
Des yeux de plus en plus visibles, de plus en plus proches...
C'est comme si Heero ne voulait pas s'arrêter d'avancer, comme si sa route était complètement dégagée, comme si Duo était immatériel et qu'il pouvait le traverser...
Et effectivement, il ne s'arrête pas.
Il avance jusqu'à se coller à Duo, tendant la main derrière lui pour attraper quelque chose, et Duo n'en revient pas de son audace.
- Ce canapé me fait de l'oeil depuis tout à l'heure, murmure-t-il, les lèvres à un souffle de son oreille, sa joue à un souffle de la sienne.
- Il y en a à chaque table, répond Duo, d'une voix plus ferme qu'il ne s'en serait cru capable. Tu pourrais te tenir, quand même...
- C'est celui-là que je voulais, réplique Heero en reculant légèrement, plongeant son regard dans le sien.
Il mord dedans, puis le présente à la bouche de Duo.
- Ouvre la bouche, Duo...
Duo s'exécute, complètement envoûté par sa présence, soumis à son regard électrique et à sa voix rauque qui commande aux sens, ainsi qu'à ces mots si évocateurs, que son cerveau a transposé dans un tout autre contexte.
Heero sourit et glisse le reste du canapé dans sa bouche, retirant lentement son index en une provocante caresse, avant de passer son pouce sous sa lèvre où une miette s'est posée.
- J'espère que tu seras aussi obéissant, cette nuit, koi...
Ces mots ramènent brusquement Duo à la réalité.
Il fronce les sourcils et repousse Heero de sa main plaquée sur son torse.
Enfin, il essaie...
- Je...
- Chuuut, le coupe Heero en posant son index en travers de ses lèvres, son autre main s'enroulant autour de la sienne qu'il a crispé sur son verre. On ne parle pas la bouche pleine, Duo, ajoute-t-il en portant leurs mains et le verre qu'elles tiennent à ses lèvres pour lécher le bord, avant d'en boire une gorgée. A tout à l'heure, que tu viennes de toi-même... ou non.
Il fait demi-tour, laissant un Duo enrager, la bouche pleine.
C'est ainsi que le trouve Quatre en le rejoignant.
- Eh bien, mon Duo, tu n'as pas pour habitude de te donner ainsi en spectacle...
- Je vais le tuer... répond Duo après avoir avalé sa bouchée.
- Vraiment... ? C'est pas ce qu'on aurait cru, à l'instant...
- Non, continue Duo en ne lui prêtant pas attention, perdu dans ses ruminations et sa frustration, je ne vais pas le tuer, je vais l'émasculer et lui faire rôtir soin engin que je lui servirai en sauce, je l'obligerai à lécher l'assiette !
- Duo !
Cette fois, le jeune homme regarde son ami.
- Quoi ? Certains toreros mangent bien les testicules du taureau qu'ils ont abattu, non ?
- Oui, mais tu n'es pas un torero et Heero n'est pas un taureau, alors tu te calmes. Il y a d'autres moyens de régler vos différents, tu ne crois pas ?
- Il me grille les neurones, j'arrive pas à réfléchir... soupire-t-il en portant son verre à ses lèvres.
Mais se souvenant du geste d'Heero, il le repose rageusement sur la table.
- Duo... s'inquiète Quatre en lui prenant la main entre les siennes.
- Laisse tomber, t'en fais pas. Je suis sûr qu'il nous regarde et je ne veux pas lui offrir la satisfaction de me voir dans cet état. Alors dis-moi, reprend-il en souriant, ça va, toi ? Je t'ai vu discuter avec Trowa, avant que je ne me fasse stupidement piégé par cet abruti congelé de cavalier de...
- Duo !
- Désolé... Alors ? Avec Trowa ?
- On a juste échangé quelques mots, je l'ai félicité, comme tous les autres.
- Et ? demande Duo, le coeur réchauffé par la lueur dans le regard de son ami.
- Et je vais prendre congé, donc si tu pouvais...
- Attirer l'attention de tout le monde pour que tu puisses les saluer...
- Dans un premier temps, oui, et...
- Et conduire Trowa dans tes appartements, ensuite... Mission acceptée !
- Et dans un troisième et dernier temps, Duo, je voudrais que tu t'amuses.
Le sourire de Duo perd de son éclat.
- Tu sais, je crois vraiment que c'est trop dangereux pour moi. Il vaut mieux que je rentre.
Quatre pose sa main sur la joue de Duo et la caresse avec son pouce.
- Il t'a complètement envoûté, je t'avais jamais vu si troublé.
- C'est pour ça que je vais gentiment retourné à l'orphelinat, une fois que je t'aurais amené Trowa. Mais si ça va pas, t'hésite pas à m'appeler, ok ?
- Ca ira pour moi. Mais tu es sûr... ?
- Oui, Little Angel, assure-t-il en retirant sa main de sa joue pour la serrer entre les siennes. Si je consomme pas, je risque pas de devenir dépendant. Je dis pas ça pour toi, hein ?
- T'en fais pas, je suis bien décidé à profiter de cette nuit. Mais tu as raison, c'est peut-être mieux que tu rentres, si tu le ressens comme ça.
Duo regarde longuement son meilleur ami.
- Hey, t'es sûr que ça va ?
- Oui, t'en fais pas. J'ai passé l'une des meilleures soirée de ma vie et je te le dois, encore une fois. Je t'aime, mon Duo, tu sais.
- Moi aussi, my Little Angel, répond-il en le serrant fort dans ses bras. T'es prêt pour ton petit discours ?
- Oui.
- Ok.
Les couverts étant interdits, le verre également, Duo attrape deux coupes en argent et les entrechoque pour attirer l'attention, afin que Quatre puisse saluer et remercier une dernière fois les artistes.
Après quelques mots, il prend congé sous les applaudissements applaudissant lui aussi les artistes une dernière fois.
Duo fait un dernier petit tour rapide des jardins, puis conduit Trowa à des appartements secondaires pour qu'il puisse se doucher et se changer
Ceci fait, il l'escorte jusqu'aux appartements de Quatre.
La fouille réglementaire effectuée, Auda, l'agent de sécurité en poste devant les quartiers princiers, s'éloigne autant que la prudence le permet.
Il sait pertinemment ce qui va se passer derrière les portes de l'appartement et il ne tient pas à en avoir une démonstration sonore.
Duo lui fait un signe de tête, puis frappe et entre.
- Angel ?
- Oui mon Duo, répond-il en se levant, reposant son violon sur le petit fauteuil. Entrez.
Duo lui sourit, appréciant son choix vestimentaire.
Quatre a troqué son kami pour un pantalon de toile beige et une chemisette blanche. Une tenue simple et légère, mais qui n'enlève rien à sa beauté, bien au contraire.
Duo s'avance jusqu'à lui, alors que Trowa ne fait que quelques pas dans la pièce, et lui plante un énorme baiser sur la joue.
- T'es à tomber, murmure-t-il discrètement à son oreille, avant de reprendre normalement. Je te laisse avec Trowa. Bonne soirée et à demain.
- Merci, mon Duo, à plus tard.
Duo sort sur un dernier sourire aux deux hommes.
Il salue Auda, et les différents gardes en faction, alors qu'il traverse les quartiers réservés à Quatre.
A peine les a-t-il quitté, prenant la direction de la sortie du Palais, que deux bras l'enserrent par derrière, doucement, mais fermement.
- Tu croyais vraiment pouvoir m'échapper ?
- Je me suis bêtement imaginé que tu serais retourné directement d'où tu viens...
Heero le retourne et le plaque contre le mur du couloir vide, toujours avec cette fermeté sans violence.
- J'ai une affaire en cours, répond-il en pressant son corps contre le sien.
- Obsédé.
- Par toi, complètement. Tu connais sûrement un endroit plus tranquille ? ajoute-t-il avant de lécher son oreille.
- Pour t'y enfermer et que tu te calmes jusqu'à ce que Trowa vienne te récupérer ? demande-t-il, décidé à réagir, cette fois-ci. Bien sûr ! T'as une préférence pour la couleur des murs ?
Heero resserre ses mains autour des poignets de Duo, lui relevant les bras au-dessus de la tête, et glisse sa jambe entre les siennes, comme à l'atelier.
Duo tente de résister, mais il n'y arrive pas ; il sait qu'il possède la force de lutter, mais c'est la volonté qui lui pose problème.
Heero lui prend toute son énergie, comme un aimant, il aspire sa volonté et sa résistance...
- Crois-moi Duo, tu n'as pas envie que je me calme, réplique Heero en commençant à se frotter de manière suggestive contre lui. Et si tu veux connaître ma couleur préférée, c'est celle de tes yeux.
Duo, à l'agonie, se mord la lèvre pour ne pas gémir et se fait violence pour ne pas céder.
Mais son corps ne lui répond presque plus, il a déjà commencé à répondre aux sollicitation de celui d'Heero en se frottant à son tour contre lui.
- Heero, arrête ça... y a des caméras... partout...
Heero sourit contre la peau de son cou auquel il a décidé de s'attaquer.
- A moins que tu ne veuilles offrir à la sécurité leur soirée coquine de la semaine, amène-moi ailleurs...
- J'ai pas enviiiiiiiiiiiiiie !
Heero vient tout simplement de mordiller cette petite parcelle de peau exactement entre l'oreille et la mâchoire...
Autrement dit, le point faible de Duo, l'une des zones les plus sensibles et érogène de son anatomie.
- T'es sûr ? reprend Heero avant de passer sa langue sur la légère morsure puis de souffler dessus.
- Connard... halète Duo, les larmes perlant au coin des yeux, son bassin cherchant malgré lui plus de contact avec celui d'Heero, ses mains libérées se crispant sur ses épaules.
- J'ai promis de te faire crier autre chose...
Duo le repousse brutalement, et durant une petite seconde ils se défient du regard.
Puis Duo attrape le poignet d'Heero et l'entraîne à sa suite jusqu'aux appartements qu'il occupe, lorsqu'il reste dormir au palais.
Il pousse Heero à l'intérieur et referme la porte.
Heero embrasse la pièce du regard et s'arrête sur l'immense lit à baldaquin.
- Voilà qui est beaucoup mieux.
- Hey !
Le cavalier se retourne vers Duo, qui s'est appuyé contre la porte, après l'avoir refermée.
- Hn ?
- Tu as promis quelque chose, non ? demande-t-il en faisant sauter les trois premiers boutons de sa chemise.
Ravi de cet appel, de ce qu'il lit dans le regard assombri de Duo, autant que par ses mots, Heero s'avance, un sourire carnassier aux lèvres, sur lesquelles il passe sensuellement la langue...
- Exact.
- Alors la visite guidée, ce sera pour plus tard, décide-t-il en agrippant Heero par son t-shirt pour le plaquer contre lui.
- Content de voir que t'es devenu raisonnable, sourit Heero contre ses lèvres, ses mains sur ses hanches.
- T'as appuyé sur le bon bouton, faut croire...
- Oh non, je ne l'ai même pas encore trouvé... réplique Heero en essayant de prendre ses lèvres plus franchement.
Mais Duo se dérobe et glisse un index entre leurs deux bouches pour les séparer.
- Fini de jouer, cavalier, t'as plutôt intérêt à assurer et être à la hauteur de ce que tu m'as fait miroiter avec tellement de prétention... l'avertit-il tout en retirant son doigt.
Et avant même de pouvoir penser à répondre, Heero est bâillonné par la bouche gourmande et avide de Duo.
La première nanoseconde de surprise passée, durant laquelle il se demande furtivement quelle bête il vient de lâcher, Heero répond à son baiser, dévorant sa bouche avec une virtuosité étourdissante.
Une dernière question flotte encore à la surface du cerveau noyé de désir de Duo : comment a-t-il pu vouloir essayer d'échapper à ça ?
Une question vite balayée, aussi vite que celle que s'est posée Heero, sans que l'une ou l'autre aient laissé entrapercevoir ne serait-ce qu'un début de réponse...
oOo
-
Pendant ce temps là, dans les appartements de Quatre Raberba Winner.
-
Après le départ de Duo, les deux hommes sont restés un moment face à face, à se regarder en silence.
Plutôt à se dévorer des yeux, le désir visible et sensible entre eux, sans que ni l'un, ni l'autre ne cherche à le cacher.
Quatre s'avance enfin pour lui tendre une coupe de vin qu'il lui a servi, après avoir consenti à le quitter des yeux un court moment.
- Merci, répond Trowa en la saisissant, frôlant délicieusement ses doigts au passage.
- Je vous en prie, répond-il avant de se reculer, remettant volontairement une certaine distance entre eux.
Ils portent tous les deux leurs coupes à leurs lèvres, leurs yeux de nouveau plongés dans ceux de l'autre.
Trowa tend sa main pour déposer sa coupe sur la desserte, à proximité, mais ne fait pas un mouvement de plus.
Il ne sait pas ce que cet homme attend de lui.
Bien sûr, la raison de sa présence est claire...
Mais il n'est pas du genre à sauter sur quelqu'un.
Même si, à cet instant, il en meure d'envie.
Pourtant, il n'oublie pas le contrat qu'il doit honorer.
C'est sa seule chance de le remplir.
Pour la première fois de sa vie de mercenaire - mais a-t-il seulement connu autre chose, un jour ? - il se dit qu'il ne sortira probablement pas vivant de cette mission.
Et ce n'est pas cette idée qui le met mal à l'aise, en cet instant.
Non, ce qui fissure le masque légendaire d'impassibilité qu'on attribue à l'Agent 03, dans son métier, c'est cet ange qui se trouve face à lui.
Il n'a jamais eu d'états d'âmes ou de cas de conscience.
Il a toujours refusé les contrats visant les enfants pour que ça ne change pas.
Une fois, une seule, Heero et lui se sont retrouvés à devoir neutraliser une enfant de huit ans ; elle s'appelait Mariemeia, et n'était en fait qu'une marionnette aux mains de son grand-père, qui s'est servi de son nom pour fomenter une rébellion. Cette crise a conduit leur pays au bord de la guerre civile, mais heureusement, l'évolution de la situation les a dispenser de la tuer.
Aujourd'hui, Mariemeia est une enfant presque comme tous les autres...
Mais la personne qui se trouve face à lui, ce soir, est bel et bien un homme, malgré la douceur et l'innocence presque enfantine qui l'enveloppe.
Ses traits, son corps, le désir qui brille dans son regard sont ceux d'un homme qui trouble profondément le mercenaire.
- Mr Raberba Winner, je suis très honoré par votre invitation et je vous en remercie.
- Merci d'y avoir répondu favorablement, Mr Barton. Je tenais à vous féliciter une nouvelle fois pour la qualité de votre spectacle. J'ai réellement passé une excellente soirée.
- Vous m'en voyez ravi.
Quatre sourit et repose sa coupe sur la table, à côté de la bouteille.
- Trowa, pourrions-nous laisser tomber le "vous" et les "monsieur" et toutes ces politesses qui n'ont plus lieu d'être ? Nous devons avoir sensiblement le même âge, bien que votre amnésie empêche de le confirmer.
- Je n'y vois aucun inconvénient. D'après les analyses des médecins qui m'ont soigné, à l'époque, je devrais avoir aujourd'hui 24 ou 25 ans. Je sais que vous en avez 23, tout comme Duo.
- Effectivement. Je ne m'étais donc pas trompé.
Le sourire de Quatre s'élargit et le coeur de Trowa s'emballe.
Il doit tuer Quatre Raberba Winner.
Il sait qu'il ira au bout.
Il espère ne pas en réchapper, parce qu'il est certain de ne jamais pouvoir continuer à vivre en sachant qu'il a tué un ange.
Il est vrai que les apparences peuvent être trompeuses, Quatre a peut-être fait de mauvaises choses...
Trowa n'y croit pas vraiment.
Il a toujours refusé de savoir pourquoi on lui indiquait telle cible ou telle autre, l'un de ses principes et de ne rien savoir sur sa future victime.
Pour la première fois, il le regretterait presque.
Mais en a-t-il besoin ?
Duo ne lui en a-t-il pas suffisamment dit ?
Duo...
Même quand il pense à lui, Trowa a un serrement au coeur : jamais il ne s'était attaché si vite à quelqu'un.
Et jamais Heero n'avait craqué si vite sur quelqu'un, au-delà du physique.
- Veux-tu boire ou manger quelque chose, Trowa ?
- Merci, j'ai bien profité du buffet. C'était délicieux.
- Je te remercie, je transmettrai ton compliment au personnel en cuisine. Mais n'hésite pas à te servir, si tu veux quelque chose de plus léger, surtout. Il y a le panier à fruits, et s'ils sont trop gros, tu peux utiliser le couteau à fruits.
Trowa suit le geste de Quatre, qui passe sa main sur les fruits... et le couteau, en argent, certainement.
- Merci, Quatre.
- Mais de rien.
Quelque chose passe dans le regard de l'héritier et Trowa a l'impression d'être mis à nu.
Serait-il possible... qu'il sache ?
Trowa ne montre rien de son trouble, il reste impassible.
Sans le quitter des yeux, Quatre referme sa main autour du manche du couteau et s'en saisit, avant de se rapprocher de lui.
Trowa ne fait toujours aucun mouvement, même lorsque Quatre, arrivé à sa hauteur, se met lentement à tourner autour de lui, le frôlant d'une main, lui faisant sentir la pointe du couteau de l'autre.
- Je vois. Tu aimes donc ce genre de jeu, murmure Trowa, décidé à le suivre.
Il sent le souffle chaud de Quatre sur sa nuque, qui se couvre de chaire de poule, puis sa main glisser le couteau dans la sienne, allant même jusqu'à lui faire refermer ses doigts dessus.
- Il est pour toi, murmure-t-il à son oreille, avant de se détacher et de revenir devant lui pour lui faire face.
Leurs regards s'accrochent de nouveau.
- Qu'aimerais-tu que je te fasse avec ?
Les mains du Prince glissent sous la chemise de l'Artiste, au tissu du même vert trouble et indéfini que ses yeux.
Il caresse son ventre aux abdos parfaitement dessinés, puis remonte sur son torse tout aussi finement musclé, sans le quitter du regard, avec cette même lueur indéfinissable qui parle aux sens.
- Remplis ta mission, Trowa Barton, Agent 03, répond-il avant de passer sa langue sur ses lèvres un peu sèches. Tues-moi... mais avant, ajoute-t-il en écartant brusquement les bras , toujours sous la chemise de Trowa, la déchirant inévitablement, avant de me donner une mort définitive, apporte-moi une dernière petite mort.
Trowa le regarde longuement : ce n'est pas un jeu, Quatre est sérieux et déterminé.
Si ça n'avait pas été le cas, l'ayant percé à jour, Trowa n'aurait jamais pu se retrouver face à lui.
Il a aussi déchiré sa chemise de cette façon particulière pour lui montrer la force qu'il possède, déjà dans les bras, celle de se défendre, si besoin est.
Au moins le temps d'alerter sa garde, toujours en alerte.
Trowa sait pertinemment qu'il n'est là que parce que Quatre le veut.
Parce qu'il veut... mourir ?
Vraiment ?
- Tu es prêt à mourir... pourquoi ? demande-t-il sans laisser passer la moindre émotion dans sa voix, alors qu'il est profondément troublé par la tournure prise par les évènements.
- Tu ne me croirais pas.
Aussi vif que l'éclair, Trowa le saisit par le bras et reprend le contrôle de la situation.
Avant même de comprendre ce qui lui arrive, Quatre se retrouve dos contre le torse de Trowa, le couteau à fruits sous sa gorge.
- Pourquoi ? répète Trowa.
Quatre se détend, s'abandonne entre ses bras, sans même frissonner sous la morsure du couteau sur sa peau fine.
- Je pourrais te sortir le discours du riche héritier qui ne trouve aucun intérêt à sa vie, à part son meilleur ami, qu'il enchaîne à son triste sort, bien malgré lui. J'ai tout ce que je peux rêver d'avoir, il ne me manquait que l'Amour, ce sentiment qui nous fait nous sentir si vivant. Je l'ai ressenti, lorsque nos regards se sont croisés, et les quelques instants passés avec toi l'ont confirmé. Je peux mourir, à présent, et plus encore si tu m'offres ce cadeau de m'aimer, pour quelques minutes ou quelques heures. Mourir de plaisir entre tes bras, mourir ensuite de la main de celui qui a fait naître un tel sentiment en moi, si vite, si fort. Je ne désire rien d'autre.
Trowa ne répond rien toujours aussi immobile, sans desserrer son étreinte mortelle ; d'un geste, il peut faire jaillir le sang et la vie de la gorge de Quatre.
Ils en ont tous les deux douloureusement conscience.
Quatre choisit de se concentrer sur le souffle chaud de Trowa, qu'il sent glisser sur sa nuque, sous l'oreille et jusqu'à son cou.
Il sent également les battements de son coeur contre son dos, dans sa poitrine mise à nue, à peine couverte par des lambeau de tissu, vestige d'une chemise qui lui allait si bien, pourtant.
Quatre laisse aller sa tête contre l'épaule de Trowa et remonte une de ses mains pour caresser sa joue, enroulant doucement l'autre autour de son poignet.
- Je suis empathe, Trowa. Je sens ton trouble, et sache qu'il n'a pas lieu d'être. Tu en as envie, toi aussi. Alors aimes-moi, prends-moi tant que tu le souhaites. Et à notre dernière communion... tues-moi.
Trowa lâche le couteau, qui heurte le tapis sans un bruit et retourne Quatre pour l'embrasser presque violemment, mais sans le blesser.
Face à cet élan passionné, Quatre n'a d'autre choix que de s'accrocher à lui, tout en lui rendant son baiser, alors que Trowa l'entraîne jusqu'à la table, sur laquelle il le renverse.
La corbeille de fruits, le vase de fleurs, la bouteille de vin et la coupe à peine entamée, ainsi que deux livres qui s'y trouvaient, atterrissent sans casse sur le tapis, mais avec un incroyable désordre.
La nappe de tissu ne résiste pas non plus, lorsque Quatre referme ses mains et ses doigts dessus, son corps soumit à la fougueuse possession de Trowa.
Leurs vêtements arrachés n'ont pas meilleure allure...
Leur étreinte a quelque chose d'animale, mais sans être brutale.
C'est une union, une communion passionnée, à la lenteur imposée, pour savourer chaque seconde de ce moment qu'ils savent unique, parce qu'ils s'aiment au-delà de toute raison, et également désespérée, car c'est leur première et unique fois.
Contre toute logique, ils voudraient que cette torture cesse autant qu'ils voudraient qu'elle ne s'arrête jamais.
Les larmes qui coulent sur le visage de Quatre sont dues essentiellement au plaisir violent qu'il éprouve.
Trowa, lui, se répète qu'en souillant le corps de son ange, il parviendra ensuite plus facilement à le tuer...
Se répétant cela au rythme de ses coups de boutoir, il caresse Quatre plus vivement pour le conduire à une jouissance telle celle qu'il sent arriver en lui.
Il est prêt lui-même à se retenir le plus possible, pour qu'ils puissent se libérer tous les deux, ensemble.
Ce qui arrive sans qu'il ait vraiment eu à faire grand chose, tant leur fusion est parfaite.
Et leur libération est si violente et longue, qu'elle les mène au bord de l'évanouissement, Quatre plus sûrement que Trowa.
Avant qu'il ne se laisse aller, le prince du désert sent les mains de Trowa caresser son visage, puis ses mains glisser autour de son cou, alors qu'il est toujours en lui.
Et doucement, les mains se resserrent.
Les yeux de Trowa sont tellement tristes, Quatre aimerait le rassurer...
Alors il fait un dernier effort et tend sa main pour caresser sa joue.
- Mon amour... mon seul amour... Embrasse-moi... pour recueillir... mon dernier souffle...
Trowa resserre encore ses mains, tout en se penchant sur lui pour emprisonner ses lèvres entre les siennes, avec une douceur et une tendresse à l'opposé du geste horrible qu'il s'apprête à commettre.
Quatre sent confusément quelque chose glisser sur sa joue
Sans chercher à déterminer si cette larme provient de ses yeux ou de ceux de Trowa, il se laisse enfin sombrer, gagné par une paix qu'il n'avait encore jamais connu et à laquelle il n'a jamais cessé d'aspirer...
-
A suivre...
Notes de l'auteure :
¤ se cache derrière sa pancarte PAS TAPER ! ¤
Avant toute chose, merci d'avoir lu ce chapitre
Je l'écris noir sur blanc, cette fic N'EST PAS une de deathfic, je ne fais pas partie de ces auteurs sadiques qui n'avertissent pas les lecteurs, qui tuent les personnages et en note de fin, qui écrivent "oh zut, j'ai oublié de vous dire que c'était une deathfic" !
Mon avis là-dessus est que c'est un manque de respect, alors sans juger ceux qui le font, je précise juste que ce n'est et ce ne sera jamais mon cas.
Faudrait déjà que j'ai l'idée de faire une deathfic un jour... c'est carrément pas mon truc, et c'est pas parce que je suis heureuse dans ma vie, mon moral est digne d'un grand huit comme beaucoup XD
J'avoue qu'à un moment je n'allais pas très bien, et j'en étais là de ma fic et furtivement j'ai pensé l'arrêter ici ; j'ai compris qu'il fallait que je me ressaisisse très rapidement MDR !
Qu'est-ce que je suis bavarde aujourd'hui...
Bon, d'accord, c'est pour vous faire oublier la fin du chapitre, j'avoue !
Bref, tout ça pour dire qu'il y a une suite, comme indiquée dans la trame, il reste deux chapitres ou trois, pour que ce soit équilibré, mais comme c'est écrit mais pas tapé, je sais pas la place que ça prend en format word.
Je promets de faire le plus vite possible étant donné que j'ai été très sadique en arrêtant là !
Malgré la perfidie dont j'ai fait preuve avec cette fin, j'espère que vous avez aimé ce chapitre et que vous serez là au prochain XD, "L'agonie de la proie" : c'est une preuve supplémentaire que ce n'est pas une deathfic, une proie qui agonise n'est pas morte... pas encore, vous me direz, mais ce n'est pas obligé qu'elle meure...
A dès que possible et bonne fin de semaine à tous !
Lysa
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