Notes de l'auteur : Excusez-moi pour le retard. Je vous avais annoncé un chapitre chaque semaine, mais je viens de me rendre compte que c'est assez dur à tenir. Donc ce sera plutôt un chapitre toutes les 2-3 semaines. J'ai compensé ce retard par un chapitre plus long que les deux précédents. Bonne lecture !
Rappel : Les personnages que j'utilise sont issus de Harry Potter, l'œuvre merveilleuse de Joanne K. Rowling.
Harry, Neville et Hermione couraient désespérément afin de fuir les deux Mangemorts à leurs trousses. Voyant une échappatoire, ils tournèrent à gauche et entrèrent dans un petit bureau dont ils fermèrent la porte derrière eux. Elle s'ouvrit brutalement quelques secondes plus tard et les Mangemorts firent leur éruption. Harry s'écria : "PETRIFICUS TOTALUS " et élimina le premier Mangemort, mais avant qu'il ne puisse réagir, le second mangemort lança un sortilège informulé dont la lueur violette percuta la poitrine d'Hermione de plein fouet.
Harry s'agenouilla et posa sa main sur son épaule en se répétant indéfiniment : « Faites qu'elle ne soit pas morte, faites qu'elle ne soit pas morte, c'est ma faute si elle est morte… ». Tremblant de rage, Harry lança un autre Petrificus Totalus à l'attention du second Mangemort qui atteignit sa cible avant de s'occuper d'Hermione.
"Hermione" dît Harry.
Hermione ne bougeait plus.
"Hermione, je t'en prie..." supplia Harry.
Neville s'approcha et prit le poignet d'Hermione : "Harry, elle est morte..."
"HARRY, MON VIEUX, REVEILLES-TOI !", entendit Harry. Il ouvra les yeux et vît Ron dans son pyjama qui lui secouait l'épaule énergiquement. "Ça va ?", s'inquiéta le rouquin.
"Oui, oui..." répondit Harry qui remarqua les larmes qui coulaient sur ses joues.
"Tu veux en parler ?"
Harry regarda sa montre qui était posé sur sa table de nuit et y lut 5h47. "Non, c'est bon. Tu peux te recoucher, désolé de t'avoir réveillé" dit Harry en reposant sa tête sur son oreiller.
Harry essaya de se rendormir, mais il n'y arriva pas. Il était beaucoup trop choqué par ce qu'il venait de voir. Il avait revécu la bataille au Ministère et l'affrontement avec Dolohov sauf que cette fois-ci, l'issue était toute autre : il avait perdu Hermione. Harry se demanda pourquoi il avait fait ce rêve. Après tout, il avait vécu bien d'autres expériences traumatisantes au cours des années passées. Il aurait pu revivre la mort de Sirius, cette nuit au cimetière de Little Hangleton ou encore dans la grotte lorsqu'il était à la recherche du Médaillon aux côtés de son mentor. Mais non, c'était cet épisode de sa vie qu'il venait de revivre, cette peur d'avoir perdu sa meilleure amie lors de cette soirée au Ministère.
Harry, bien trop occupé à se poser des questions sur l'origine de ce cauchemar, resta éveillé jusqu'à ce que Mrs Weasley vînt les chercher. La veille avait eu lieu la cérémonie en hommage aux victimes à Poudlard, aujourd'hui était donc le jour d'enterrer les morts. Harry se leva donc rapidement et alla directement faire sa toilette à la salle de bains tandis que Ron était en train de parlementer avec sa mère afin d'obtenir quelques minutes de sommeil en plus.
Quelques minutes plus tard, Harry descendit et arriva à la table des Weasley. Tout le monde était réuni avant d'aller aux enterrements de Fred, Remus et Tonks. C'est ainsi que se trouvaient à la table : Mr et Mrs Weasley, Bill et Fleur, Ginny, Hermione, les Delacour, Georges (qui semblait avoir repris un peu de vie), Ron, Charlie et Percy. Harry salua l'assemblée d'un signe de tête, s'assit entre Fleur et Hermione et commença à manger.
Une heure plus tard la grande famille était réunie et sortit pour se diriger vers le cimetière de Loutry Sainte Chaspoule. Ils arrivèrent les premiers et s'installèrent tous à part Mr Weasley et Georges dont il avait été convenu qu'ils apporteraient le cercueil. Au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient, les invités arrivaient. La plupart d'entre eux étaient des élèves qui avaient connu, qui avaient profité de l'humour Weasley, de leurs farces, de leur joie de vivre. L'ensemble des membres de l'AD ainsi que ceux de l'Ordre qui avaient survécu étaient également venus dire au revoir à l'un des leurs.
La cérémonie commença et Harry ne fit pas attention à ce qui était dit. C'était Mr Weasley qui faisait l'éloge funèbre de son fils défunt. A la gauche d'Harry était assise Hermione qui tentait tant bien que mal de consoler Ron, à sa droite se tenait Ginny qui pleurait sur son épaule. Harry se forçait à ne pas craquer, Ginny avait besoin de lui, il devait rester fort. C'est donc les yeux embués de larmes qu'il passa la cérémonie en regardant vers le ciel, ou parfois à sa gauche pour trouver du réconfort.
Une fois la cérémonie de Fred terminée, ceux qui le souhaitaient se dirigèrent vers celle de Remus et Tonks qui devaient être enterrés ensemble. En arrivant, Harry aperçut Mrs Tonks avec le petit Teddy dans ses bras.
"Bonjour Mrs Tonks" dit Harry en s'avançant vers elle.
"Bonjour Harry. Et appelles-moi par mon prénom désormais, nous faisons partie de la même famille maintenant" répondit Andromeda avec un sourire réconfortant, alors qu'Hermione les rejoignait. "Tu veux prendre Teddy ?" demanda Andromeda en tendant le bambin à Harry.
"Bien sûr".
"La cérémonie va commencer" intervint Hermione. Ils allèrent donc prendre leur place au premier rang. Harry conserva Teddy dans ses bras, alors que Andromeda s'installa à sa gauche et Hermione à sa droite. Les autres invités (bien moins nombreux que pour la cérémonie en hommage à Fred) s'assirent à leur tour. Parmi eux se trouvaient surtout des membres de l'Ordre qui venaient saluer une dernière fois leurs compères. Kingsley se leva, se plaça devant l'audience et prît la parole :
"Bonjour à tous et merci d'être venus. Nous sommes aujourd'hui réunis pour dire au revoir à deux des personnes les plus courageuses qu'il m'ait été donné de rencontrer. Aujourd'hui, je ne vais pas m'exprimer en tant que Ministre de la Magie mais simplement tel un homme qui vient de perdre deux amis. Pour commencer, Nymphadora qui doit être en ce moment même là-haut en train de m'insulter de l'appeler comme ça". L'assemblée sourit avec retenue. "Elle était si particulière... Métamorphomage, Auror, mère et femme d'un homme touchée par la lycanthropie. Je pense que cette phrase résume ce qu'elle était : une femme aux multiples facettes, ouverte d'esprit et pleine d'amour et d'humour. Je me souviendrai toujours du jour où je l'ai vue entrer pour la première fois dans le Bureau des Aurors je me suis sincèrement demandé comment elle avait pu arriver jusque-là". Il s'arrêta avant de regarder vers le ciel et d'ajouter :
"Bah excuses-moi mais avec tes cheveux roses...". Cette fois-ci, l'audience rit de bon cœur. "N'ayez pas honte de rire, je pense que Tonks aurait aimé que l'on conserve notre joie de vivre, notre humour et qu'on le transmette à son fils. Car oui, je me suis demandé ce que notre vieil ami Fol Œil pouvait trouver à cette jeune femme qui était sa protégée. En apprenant à la connaître, j'ai découvert une femme qui derrière son apparence maladroite et innocente était quelqu'un de fort, capable de faire ce travail qui demande tant de sacrifices et de courage."
"Quant à Remus, sa vie fut une épreuve... Attaqué par Fenrir Greyback à l'âge de quatre ans, il devient lycanthrope et sa vie change à jamais : il se fait peu d'amis, déménage souvent avant que d'autres ne découvrent sa nature de loup-garou. Le tournant vient pour lui lorsque notre regretté Dumbledore se présente un jour chez ses parents et leur assurent que malgré sa condition, Remus pourra bien intégrer Poudlard alors que ses parents avaient déjà fait une croix dessus. A Poudlard, Remus se fait ses premiers amis et fait partie d'un dur noyau de quatre dont il est la voix de la raison. A la fin de ses études, comme ses amis, il rejoint l'Ordre du Phénix et sa vie bascule le soir d'Halloween 1981 lorsque James et Lily sont tués. Dans les jours qui suivent Sirius Black tente de venger ses amis en attaquant celui qui les a trahis : Peter Pettigrow. Ce dernier simule sa mort, ce qui vaut un aller simple pour Azkaban à Sirius." Harry sentit les larmes lui montaient aux yeux et Hermione prit sa main et le regarda avec tendresse avant que Kingsley ne reprenne.
"Cette nuit-là, Remus avait tout perdu : en l'espace de quelques jours il avait perdu l'intégralité de ceux qu'il aimait et qui l'aimaient. Après ce soir d'Halloween, Voldemort a disparu et l'Ordre du Phénix commence à se disperser car chacun revient à une vie plus normale. Il se retrouve donc désœuvré et vit 12 ans de malheur durant lesquels il trouve des emplois bien médiocres en comparaison avec son talent et qu'il ne peut garder plus de quelques mois de peur que l'on découvre sa condition. Mais après ces 12 ans, Dumbledore lui tend une nouvelle fois la main en lui proposant le poste de Professeur de Défense contre les Forces du Mal. Il ne conservera son poste qu'un an, après que des rumeurs sur sa condition de loup-garou soient révélées. Un an plus tard, Voldemort revient et les membres de l'Ordre du Phénix doivent se réunir de nouveau. Il y rencontre Tonks avec qui il commence par ignorer leur attirance mutuelle afin d'éviter de lui faire du mal. Il finit finalement par céder pour ensuite se marier et mettre le petit Teddy au monde". A ce moment-là, Harry baissa ses yeux sur le petit bambin qu'il tenait dans ses bras et sourit malgré les larmes qui embuaient ses yeux.
"Le soir de la bataille de Poudlard, Remus se précipite pour apporter son aide. Tonks, elle, ne peut se contraindre à rester à l'arrière sachant que son mari est au front et va rejoindre Remus en laissant Teddy derrière elle. Eux deux se battent vaillamment comme ils l'ont toujours fait mais finissent par tomber." Kingsley marqua une pause et essuya les larmes qui descendaient de ses yeux.
"Je conclurai en ajoutant que ce couple est à l'image de ce que je souhaite voir dans le monde sorcier. Un monde sorcier dénué de discrimination, de jugements de valeurs et empli d'acceptation, de tolérance et d'amour. Merci et continuez à vivre, profitez de votre liberté. Après tout, tel était le but de cette guerre, non ?". Et sur ceux, Kingsley quitta l'estrade, salua les personnes qu'il rencontrait avant de tomber sur Harry qui avait toujours Teddy dans ses bras, Hermione et Ron et Ginny qui les avaient rejoints.
"C'était un très beau discours Monsieur le Ministre" commença par dire Harry.
"Voyons Harry, ne m'appelle pas comme ça. Je pense que notre relation est assez évoluée pour que tu n'aies pas à m'appeler comme cela. Je souhaitais te demander si ça te dérangeait si je venais au Terrier cet après-midi. J'ai des questions à poser à chacun de vous trois", dit-il en regardant Harry, Hermione et Ron successivement.
"Bien sûr" répondît Harry. Kingsley se contenta d'acquiescer avant de s'excuser et de s'éloigner.
"Tu penses qu'il veut te poser des questions sur ce que t'as fait lors des derniers mois ?" demanda Ginny en suivant Kingsley du regard.
"Certainement" répondit Harry.
Le petit groupe s'approcha de Mrs Weasley et d'Andromeda qui échangeaient leurs condoléances. Mme Weasley décida qu'il était temps de rentrer au Terrier et dirent donc au revoir à Mrs Tonks, tandis qu'Harry lui rendit le petit Teddy à contrecœur. Sur le chemin du retour, la famille Weasley marchait devant alors que Harry et Hermione étaient derrière.
"Ça va ? Tu tiens le coup ?" demanda Hermione, inquiète pour son meilleur ami qu'elle avait rarement vu aussi bouleversé.
"Ouais" répondit Harry en soupirant avant de feindre un sourire.
"On part quand en Australie ? Et quand va-t-on les prévenir ?" poursuivit Hermione.
"On peut partir après-demain et demander à Kingsley de nous préparer un Portoloin cet après-midi quand il viendra nous voir".
"Il va certainement nous poser des questions sur ce qu'on a fait ces derniers mois. On évite quels sujets ?"
"Aucun. On peut lui faire confiance, on n'a rien à lui cacher. En revanche, on évitera de parler des Horcruxes et des Reliques à n'importe qui".
"D'accord. Harry, j'ai une question mais si tu ne veux pas y répondre, ce n'est pas grave". Harry l'encouragea à poursuivre d'un signe de tête. "T'en es où avec Ginny ?". Harry s'arrêta brutalement avant de reprendre sa marche :
"Je ne sais pas. J'ai l'impression qu'on a plus la même... étincelle. Après, je me dis que le contexte n'est certainement pas favorable pour raviver la flamme qui existait avant que l'on parte. Et toi, avec Ron ?"
"C'est pareil, j'essaye juste d'être là pour lui, lui montrer que je compatis, que je le soutiens". Harry se contenta d'acquiescer alors qu'ils arrivaient au Terrier.
Ils mangèrent rapidement dans le plus grand calme. Une fois restaurés, Harry et Ron restèrent dans le salon pour faire une partie d'échec tandis que les deux filles montèrent dans leur chambre commune.
Pendant que Ron battait Harry avec une facilité déconcertante, les deux jeunes filles discutaient beaucoup plus sérieusement.
"Quels sont tes projets Ginny ?" demanda Hermione pour lancer la conversation.
"Normalement, je vais retourner à Poudlard pour faire ma septième année. Par contre, je ne sais pas encore ce que je ferai ensuite. Et toi ? Tu vas aussi retourner à l'école ?"
"Probablement, je n'en suis pas encore sûr. Il faut encore que j'en parle avec les garçons."
"Comment va Harry ?" demanda Ginny de but en blanc, ce qui surprît Hermione. Elle regarda donc Ginny avec un air hésitant, ne sachant pas ce que la rouquine entendait par là. "Je te demande car il est assez distant avec moi et j'ai vu qu'il partait parfois de la maison et que tu allais le rejoindre". Hermione n'apprécia pas vraiment ce que sous-entendait Ginny et répondît énervée :
"Figures-toi qu'il ne va pas si bien. Tu sais pourquoi ? Car lui aussi a perdu des personnes qui l'aimaient et qu'il aimait. Car pendant que vous faîtes votre deuil, ce qui est tout à fait normal, il n'ose pas montrer ses vrais sentiments pour ne pas être un poids supplémentaire pour vous. Car comme tu devrais savoir, dès qu'il perd quelqu'un il prend la responsabilité de sa mort et a besoin de s'isoler".
"C'est juste que j'imaginais qu'une fois la guerre terminée, nous serions une nouvelle fois ensemble. Comme il est distant, je me posais des questions" tenta d'apaiser Ginny.
"Pour ce qui est de ses sentiments envers toi, je ne peux pas parler pour lui. Mais il faut que tu saches que ce n'est plus la même personne, qu'il est beaucoup plus marqué. Il était déjà marqué par tous les malheurs qui l'ont touché mais là c'est encore un seuil au-dessus. Ce qu'on a traversé, des mois dans une tente à se cacher... Il te racontera s'il le veut. S'il le fait, alors c'est qu'il voit son futur avec toi. Sinon..."
Pendant ce temps, Harry venait de perdre sa cinquième partie consécutive quand le Ministre fit son arrivée dans le salon des Weasley en sortant de l'âtre de la cheminée.
"Bonjour vous deux" commença-t-il en s'adressant à Ron et Harry. "Où sont les autres ?".
"Les filles sont en haut, Georges dans sa chambre et mes parents dans la cuisine" répondît Ron.
"Tu peux aller chercher Hermione ? Je dois parler à chacun de vous trois" et Ron s'exécuta, tandis que Harry resta seul dans le salon avec Kingsley. "Ce que tu vas me dire, tu veux le partager avec le reste de la famille Weasley ou bien qu'à moi ?"
"Qu'à vous pour aujourd'hui, ils sont en deuil et je ne vais pas leur raconter mes malheurs des derniers mois maintenant". Pour toute réponse, Kingsey se contenta d'acquiescer alors que Ron revenait accompagné d'Hermione qui salua le Ministre d'un simple sourire.
"Je voulais vous parler à tous les trois. Où pouvons-nous nous installer ?" interrogea le Ministre.
"Allons dans ma chambre" proposa Ron. Ils montèrent donc tous, alors que Harry allait refermer la porte derrière lui Ginny passa et l'interrogea du regard. Harry lui montra d'un simple signe de tête qu'il expliquerait plus tard puis referma la porte et s'assît à côté de ses deux amis et face au Ministre. Une fois installés, Kingsley commença :
" Alors, dites-moi. Commençons par le mariage…". Sur ce Harry, Ron et Hermione se succédèrent en racontant les faits marquants de leur aventure. De la fuite au Square Grimmaurd jusqu'à l'intrusion au ministère, puis à Gringotts. Tout en détaillant la quête que leur avait confiée Dumbledore, l'existence des Reliques. Le trio avait une sorte d'accord tacite et décida d'omettre la fuite du jeune Weasley. Une fois le récit terminé, le silence s'installa avant que Kingsley ne prenne la parole :
"Incroyable... Dumbledore qui décide de confier cette mission impossible à trois mômes de 17 ans... Et ça marche... Quel cran..." dît un Kingsley admiratif. Il subsistait malgré tout une question dans l'esprit du Ministre qui eut la décence de ne pas la poser : "Où sont les Reliques désormais ?". "Je veux vous remercier pour tout ce que vous avez fait, tous vos sacrifices, votre courage, votre abnégation. Merci. J'imagine que je dois garder toutes ces informations pour moi ?"
"Oui, il serait préférable que l'existence des Reliques et que les Horcruxes restent inconnus du grand public. Pour éviter des ennuis dans le futur..." répondît Harry.
"Il vous faudra quand même faire une déclaration publique prochainement. Les médias sont avides de savoir ce que vous avez fait l'année passée. Que vous le vouliez ou non, c'est l'unique moyen pour qu'ils vous laissent tranquilles". Le trio se contenta d'acquiescer, même si aucun d'entre eux n'avait envie de se plier à cet exercice.
"Sinon, quels sont vos projets ?" demanda Kingsley.
"Nous n'y avons pas vraiment réfléchi" répondit Hermione.
"Ah bon ? Dans ce cas-là, ma proposition devrait pouvoir vous éclaircir l'esprit. A vous, Harry et Ron, je vous offre une place en tant qu'aspirant Auror. Quant à toi, Hermione, je t'offre un poste au Ministère dans le département de ton choix. Qu'en dîtes-vous ?"
"Je pense qu'on va prendre le temps de réfléchir avant de s'engager" s'avança Harry.
"Parfait, c'est exactement ce que je voulais. Maintenant j'ai quelque chose pour toi Hermione" dit le Ministre avant d'extraire une baguette de la poche intérieure de son manteau. "On a retrouvé ta baguette lors de la perquisition au Manoir des Malefoy".
Hermione la prit avec lenteur et délicatesse, comme si on venait de lui rendre une partie d'elle et remercia chaleureusement le Ministre. Harry sentit une vague de réconfort pour son amie. Lui qui était encore horrifié par les souvenirs de Hermione hurlant lors de son interrogatoire par Bellatrix Lestrange se sentit rassuré : c'était un signe qu'ils étaient bien en train de tourner la page.
"En revanche, j'aurai besoin de vous pour témoigner lors du procès des Malefoy qui s'ouvrira dans 3 semaines. Je peux compter sur vous ?" demanda le Ministre.
L'idée de devoir témoigner à ce procès n'enchantait guère Harry, loin de là. Ce procès allait déchaîner les passions et la présence de Harry au cœur de celui-ci ne ferait que renforcer la pression médiatique. Malgré cela, sa conscience l'ordonnait de témoigner en leur faveur afin de limiter la peine qui leur serait infligée. Après tout, Drago et sa mère les avait bien aidés durant cette guerre.
"On sera là" répondît Harry.
"Très bien, dans ce cas-là je ne vais pas vous déranger plus longtemps". Ron sortit immédiatement de la chambre, suivie par Hermione qui avant de sortir fit un signe de tête à Harry qui resta donc avec le Ministre. "Tu voulais me demander quelque chose ?" demanda Kingsley.
"Oui, je voulais savoir si vous pouviez nous préparer un Portoloin en direction de Sydney pour après-demain".
"Oui bien sûr, mais pourquoi si je peux te demander ?"
"Avant de se lancer dans notre chasse aux Horcruxes, Hermione a modifié les souvenirs de ses parents et les a envoyés en Australie pour les protéger des Mangemorts qui auraient pu les utiliser pour faire pression sur nous".
"D'accord pas de soucis, passez au Ministère après-demain et vous pourrez partir. C'était tout ?"
"Oui, merci Kingsley"
"Très bien, au revoir" salua Kingsley avant de transplaner. Harry resta seul dans la chambre de son ami quelques minutes et pensa à la discussion qu'il venait d'avoir avec le Ministre.
La grande question que tout le monde allait poser désormais lui trottait dans la tête : qu'allait-il faire maintenant qu'il avait obtenu le droit de vivre librement ? A quoi ressemblait une vie sans Dumbledore ? A quoi ressemblait une vie sans la menace permanente d'un Mage Noir ? Comment Harry était censé avoir une vie normale, chose qu'il n'avait jamais connu ? Le monde sorcier sera capable de revenir à sa routine, de célébrer ses héros, de fêter le retour de leur liberté. Mais lui, sera-t-il capable de le faire ? Cette nouvelle perspective le terrifiait.
Une autre question se posait également dans son esprit : qu'en était-il de sa relation avec Ginny ? Harry se doutait bien qu'elle souhaitait reprendre là où ils s'étaient arrêtés. Ginny l'avait certainement attendu une fois parti dans sa chasse aux Horcruxes. Mais Harry était-il prêt, lui, à reprendre cette relation comme il l'avait abandonné. Il n'en était pas certain. Cette guerre l'avait changé, il avait mûri plus rapidement que n'importe quel adolescent de son âge. C'est surtout cette dernière année passée à se cacher qui l'avait changé. Il était sorti de la protection que Poudlard et son directeur lui offraient. Il avait appris à ne compter que sur lui-même : "et sur Hermione, comme toujours" rajouta Harry intérieurement.
Ses pensées furent interrompues par Hermione qui entra dans la chambre et prévint Harry :
"J'ai prévenu Ron que je partais chercher mes parents après-demain. Je lui ai proposé de venir mais comme je le pensais il doit rester avec sa famille pour le moment. Par contre, je ne lui ai pas dit que tu venais avec moi".
"Ce n'est pas grave. J'ai demandé à Kingsley de nous préparer un Portoloin pour après-demain, il a dit qu'il serait prêt d'ici là et qu'on le prendrait directement au Ministère".
"Il faudra passer par Gringotts demain et nous devrons préparer nos affaires. Ce que nous allons leur annoncer risque de ne pas leur plaire, t'as une idée d'un endroit où nous pourrions passer la nuit ?"
"On n'a qu'à aller..." commença Harry avant d'être interrompu par Ginny qui entrait dans la chambre.
"Vous venez manger ?" demanda la rouquine tout en regardant les deux amis avec un regard indéchiffrable. Ces derniers acquiescèrent simplement avant de sortir de la chambre et de descendre les escaliers afin de rejoindre la table des Weasley.
Le repas commença comme tous ceux depuis la Bataille de Poudlard et la mort de Fred : des petites discussions futiles pour éviter que le silence ne s'instaure, Georges qui faisait de la peine à voir, personne qui n'osait prendre la parole. A un moment donné, Hermione et Harry se croisèrent du regard avant qu'Hermione ne prenne la parole :
"Je vais aller chercher mes parents en Australie après-demain" lâcha-t-elle directement. Mme Weasley commença à protester :
"Attends un peu, ce n'est pas sûr il y a encore des Mangemorts dans la nature. Il faut que quelqu'un t'accompagne..." démarra-t-elle avant d'être arrêté par Harry.
"Je vais avec elle, elle a suffisamment attendu" intervint Harry en regardant Hermione avec tendresse. Le silence tomba à la table des Weasley. Même Georges s'arrêta de manger machinalement. Personne n'était dupe, l'orage n'était pas loin et celui-ci ne tarda pas à arriver.
"Je peux vous parler à tous les deux" dit froidement Ginny. Cette réaction ne surprit ni Harry ni Hermione qui suivirent la jeune Weasley, accompagnés par Ron. Une fois entrés dans la chambre de Ginny, cette dernière fit face aux voyageurs.
"Quand avez-vous décider de partir ?" demanda-t-elle en prenant sur elle.
"Hier" répondit calmement Harry.
"Quand tu es venu me parler, c'était déjà prévu que Harry t'accompagnes ?" demanda Ron à Hermione. Pour toute réponse, cette dernière lui offrit un léger hochement de tête. "Pourquoi tu ne m'as rien dit ?"
"Pour voir quelle serait ta réponse sans le paramètre Harry entrant dans l'équation et pour éviter la réaction que vous avez actuellement". Ron s'apprêtait à rétorquer quelque chose lorsque Harry le devança :
"Tu devrais plutôt être content que je sois avec elle et qu'elle n'ait pas à aller en Australie seule, car franchement...". Mais Harry ne put aller plus loin car Ginny l'arrêta avec un calme à toute épreuve :
"Pouvez-vous nous laisser Harry et moi ?" demanda Ginny en s'adressant à Ron et Hermione. Ces derniers quittèrent la chambre laissant le silence entre Ginny et Harry s'installer.
"Je veux que tu restes Harry, j'ai besoin de toi..." implora la jeune femme.
"Désolé mais je dois absolument y aller. Rien que pour ma conscience, Hermione a tout sacrifié pour moi durant cette guerre. Elle a été jusqu'à envoyer ses parents dans un autre pays, modifier leurs souvenirs pour pouvoir m'accompagner et m'aider à vaincre Voldemort. C'est la moindre des choses que je puisse faire Ginny...". Ginny hocha de la tête, impuissante. Elle se doutait bien qu'il répondrait quelque chose comme cela. Elle posa donc la question qui l'importait vraiment :
"Les choses entre nous, elles en sont où pour toi ?"
"Je ne sais pas Ginny. Il faut que je réfléchisse, je ne suis plus la même personne et j'ai besoin d'y réfléchir. Je ne veux pas te faire espérer pour te blesser ensuite. Mon séjour en Australie me permettra de faire un point avec moi-même...". Ginny avait les larmes aux yeux mais essayait de garder bonne figure. Elle ne lui en voulait pas, après ce qu'il avait traversé il était naturel qu'il ait des doutes.
Sur ces paroles, Harry se dirigea vers la sortie et posa sa main sur l'épaule de Ginny avant de sortir de la chambre. Il retrouva dans le couloir Hermione et ils descendirent ensemble dans le salon où ils saluèrent le reste de la famille Weasley d'un simple hochement de la tête, sortirent de la maison, avancèrent de quelques pas, prirent la main de l'autre et transplanèrent...
