Concerto Chapitre 3
Merci infiniment pour tous vos commentaires !
J'ai écrit ces lignes alors que je sortais de l'opéra donc la tête pleine de musique !
J'ai effectivement remarqué (trop tard!) que lors du transfert sur le site, les tirets pour les dialogues étaient effacés, du coup pour les prochains chapitres, je corrige et je corrigerai le chap 1.
Attention l'histoire s'accélère !
Sherlock rentra dans le petit appartement qui lui servait de cachette et se regarda dans le miroir. Méconnaissable. Jouer le musicien sans le sou dans Hyde Park lui convenait à merveille, quelle position privilégiée il avait pour observer la vie, lui qui avait mis la sienne entre parenthèses! Ici, un londonien qui faisait son jogging en pensant à la nuit merveilleuse il avait eu avec sa maitresse pendant que sa femme était en voyage d'affaires, là, un touriste, émerveillé de trouver un si grand espace vert dans une ville où tout lui semblait bruit, lumière et pollution.
Tous ces clichés de la vraie vie, tout ce qu'il ne connaitrait jamais. Ces êtres à l'intellect si réduit, à l'esprit si fermé pensant sans doute tout connaitre du monde mais n'en voyant que la partie immergée de l'iceberg.
Ces êtres à qui, parfois, il aurait aimé ressembler. Être étonné, ne plus remarquer les moindres détails, avoir un cerveau à la place d'un disque dur, ne plus blesser les gens lors de diners entre «amis», avoir une personne sur qui compter, aimer.
Aimer.
Sherlock sourit. Un sentiment. 18 mois auparavant il se serait moqué de lui même. Mais savait il au moins ce qu'était l'amour ?
Aujourd'hui, pour lui, aimer signifiait protéger, protéger quoi qu'il arrive, même si cela impliquait de devoir vivre dans l'ombre. Et le regarder souffrir. Voir les larmes de John sans cesse couler de ses yeux lui donnait envie de crier, d'arracher sa carapace et de courir le prendre dans ses bras. Une envie irrépressible de le toucher, de le sentir, de le serrer tellement fort pour lui prouver qu'il était bien vivant.
Tout cela était bien misérable, une telle faiblesse d'esprit ne correspondait pas du tout au génie surdoué qu'il était. Tout cela était tellement nouveau pour lui.
Il songea à l'avenir, les hommes de Mycroft devaient impérativement s'assurer qu'aucune instruction de Moriarty ne lui survivrait avant qu'il puisse réapparaitre. Pour une fois dans sa vie, il devait faire confiance à son frère et ses «agents». Difficile. Bien sûr, il menait en parallèle sa petite enquête afin d'être absolument sûr que John, Miss Hudson et même Lestrade seraient en sécurité s'il devait refaire surface.
En outre, le défi consistant à garder John en alerte, lui glissant des indices visant à le maintenir occupé pendant son absence le délectait. Sherlock espérait inconsciemment que John soit assez malin pour comprendre que son corps ne reposait pas sous la pierre de marbre noir à qui il parlait très souvent.
De l'autre coté de la ville, un homme brisé sirotait une tasse de thé brulant en fixant le mur de son petit appartement. Plus particulièrement en fixant un smiley jaune, criblé de balles, qui semblait se moquer de lui. Quelque chose clochait et John le sentait. C'était une sensation qu'il connaissait bien. Au front, lorsque tout était trop calme dans l'hôpital de campagne, ce sentiment s'insinuait en lui, lui prédisant presque toujours à raison, une arrivée de soldats blessés. Quelque chose clochait. Ses yeux se posèrent sur le pupitre de son colocataire. Il aurait tellement voulu l'écouter jouer encore quelques instants. Cette foutue histoire de violon l'avait perturbé. Il comprenait aujourd'hui pourquoi Sherlock se tenait aussi loin de son frère ainé. Enfoiré. Il lui en voulait. Oui, il en voulait tellement à Mycroft Holmes de l'avoir privé d'une quête menant à un inconnu sur lequel il aurait pu se défouler.
John se leva et s'approcha du pupitre. Auparavant, jamais il ne serait permis de fouiller dans les affaires de Sherlock mais aujourd'hui il avait envie de toucher ce qui lui avait appartenu. Une envie irrépressible de sentir le papier à partition glisser sous ses doigts, caressant les notes inscrites par son ami lorsqu'il composait. Lorsqu'il arriva assez prés du pupitre pour pouvoir déchiffrer l'écriture de Sherlock, il émit un hoquet de surprise. Impossible. Il s'empara de la partition et faillit se pincer. Comment avait il pu passer à côté sans la voir ?
'Concerto pour JW'
John sentit son coeur s'emballer. Il sorti en courant du 221B, longea Baker Street et tourna à gauche sur Marylebone Road. Plus que quelques mètres à parcourir. En moins de cinq minutes il arriva devant le bâtiment imposant. Il se présenta à l'entrée.
- Bonjour, bienvenue à la Royal Academy of Music, Monsieur.
- Bonjour, je voudrais voir Isabella Fischer s'il vous plait.
- Qui dois je annoncer ?
- Un vieil ami, le Docteur John Watson.
- Bien Monsieur, un instant s'il vous plait.
Isabella arriva quelques minutes plus tard.
- John ! Quelle belle surprise ! Qu'est ce qui t'amène à l'académie, dans mon souvenir, la musique n'était pas ta spécialité à l'école !
Il sourit.
- Isabella, je n'ai pas le temps de t'expliquer en détail mais j'ai besoin d'un service.
Il lui tendit les partitions de Sherlock.
- Pourrais tu me jouer ces quelques notes ?
Arrivés dans le bureau d'étude d'Isabella, John était nerveux. Qu'est ce que c'était que ce bordel ? Un concerto à son nom. Lui avait il laissé un message ?
- En tout cas, elle doit être très amoureuse !
- Je te demande pardon ?
- Je dis, la personne qui a composé ce morceau doit être très amoureuse. A première vue et au déchiffrage, c'est une pièce plutôt romantique !
- Oh... fut tout ce que pu dire John. Il rougit. Il rougit ? «Nous ne sommes pas un couple !» Le refrain si souvent prononcé dans une ancienne vie reprenait.
Isabella pris son violon et posa l'archet sur les cordes. Apres les quatre première mesures, John se remettait à pleurer. Il ferma les yeux et se laissa bercer par la musique qu'il entendait aujourd'hui pour la seconde fois. Il ne savait pas comment cela était possible mais Sherlock était vivant, maintenant il en était sûr. Son miracle s'était produit.
La suite au Chapitre 4 !
Alors ? Petit commentaire ? Au départ, je voulais laisser John mariner un peu plus longtemps...
