Autrice : Shin' !
Base : A votre avis ?
Genre : POV d'Heero, OOC d'Heero ( faut le pardonner, il s'est shooté à l'extrait de Duo sous intraveineuse hihihi ! )
Kasufu :
Et vouip ! C'est pas svt qu'on a droit de voir un Hee-chan tout doux, qui dit tout fort ce qu'il pense fort ms tt bas ! Voilà une chose de faite !
¤regard de sadik folle malade cinglée¤ J'aime mon H-c bête et idiot ! En fait, c'est pas vmt qu'il est idiot, c'est qu'il est très innocent ! Je le fais un peu handicapé sentimental, je sais… Ms j'aime cette facette de lui ! Celui ki apprend tout, ki doit gérer et a des réactions spontanés sous l'emprise de ces émotions et sensations qu'il ne connaît pas… Surtout que, shooté, les inhibitions sautent, dc plus de raison de rester la plaque de glace qu'on connaît, niark niark !
Tu m'as dit merci… Ne me remercie pas ! Ça m'a touchée que tu le fasse et je remercie également les autres auteurs, ms mes petits ficlettes sans prétention ne peuvent pas être mises au mê rang que celle d'Asuka, de MimiYuy ou Meanne77, pr n'en citer que quelqu'unes… Ms merci à toi pr ce geste !
De plus, cette volonté de vouloir publier, si on y regarde de + près, c'est de la vantardise et du centralisme sur moi-mê ! Ne me remercie pas pr ça lol
Bssssx et marchi pr la rev' !
Nass :
Merci bcpppppppppppppppppp !
Voilà ta suite, bxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxs !
Didi TENSHI :
Voilou la suite! Merci pr ta review !
Yohina :
Kikou !
Du kawaïsme pur ! Voilà le genre de cette fic ! lol
Finalement, si tu en viens à remercier platement ( et en nature lol ) le bourreau d'H-c, j'vais p-ê arrêter de publier ! BEÛRK !
Merci pr ta review, bisouxxes !
Llianel :
Koukou mon ptit vent! ( moi c'est Coralie )
Ben vouip, H-c est OOC, JE SAIS ! Ms j'aime mon Soldat déphasé et tt kawaï ! Et jpx te dire que sa psychologie va pas s'arranger tt au long de cette fic ! Câlins et bisous à gogo au programme !
Je martyrise Dudule, je sais, ms crois-mwouâ, l'a pas l'air de s'en plaindre le p'tit ( jte passerai les vidéos-preuves, tkt ! )
Et j'ai écris Talc après cette fic… cette fanfic est ma… troisième ! Als bon, y a des ratés et des erreurs d'histoire paske je connaissais pas les évènements de la série, ms j'ai décidé de laisser tels quels ! C'est ce qui fait l'âme de cette histoire ! Dc, oui, au mmt de l'écriture de ce chap, Heero était tjrs celui que je torturais !
Bssssssxxxxx !
Moonfree :
J'interprète tes reproches doux comme des compliments… ? Merci bcp d'écrire !
Heero est OOC, je sais, ms bon… Être shooté, ça laisse pas indemne, hein, mê le Soldat parfait ! Ms il est mimi, le H-c, format J'vx-du-Câlin XD ? Hein ? Moi je crakouille complètmt !
Duo va bien sûr continuer ses avancés ds son rôles d'infirmier… ms cmt as-tu su ? lol Et pr la blouse… Ceux ki sont pr le sous-vêtement lève la main ! ¤main ki se lève, Shin foudroie Duo du regard Duo : Et les mecs, soutenez-moi, koi ! Les autres : … ( ils sont occupés à autre chose, faut les comprendre ! )¤ Shin : Qui est contre le sous-vêtement ! ¤Moonfree et Shin lèvent la main¤ Shin : La majorité a parlé, Duo ! Tu n'as pas le droit aux boxers… Moonfree : ¤tendant innocemment une blouse très courte¤ Tiens, vas t'habiller ! ¤grands sourires innocents des deux sadik perverses¤ Dc voilà, la question est réglée, il 'y aura rien sous la blouse ! Heureuse ?
Voilà la suite attendue, et merci pr cette review !
Hlo :
"Je découvre un nouvel auteur et... la lumière fut! » J'imagine trop les chœurs ac Duo, Heero, Wufei, Quatre, Trowa, Zechs, Treize, Otto, J, G, H O, S, Howard, les Sweepers tous en tenues de prêtre ( Y en aauxquels ça va comme un gant... ptdr!) Merci pr ce compliment ! ¤format tomate SD¤
J''ai updaté bcp de choses en mê tps paske je n'ai pas la possibilité de poster svt, dc qd je px, j'en mets le + possible !
Bssssssssssssssssssxxxxxx et mici ! de la part d'une prof de fçs, ça me touche bcp !
Sailor Sayuri :
Tu aimes un H-c tt doux et format mouton sous LSD ? Ben tu vas être servie ds cette fic ! Pask'il n'y a presk ke ça ! Vive Heero uke !
Bien sûr que ça continuera en 2x1 ! J'vais pas m'arrêter en si bon chemin lol !
Tes petits yeux de chien battu m'ont tellement touché ke je n'ai pu m'empêcher de mettre la suite ! lol
Bonne lecture et merci d'avoir reviewer ! ( le nouveau verbe en vogue lol )
Catirella :
Kikouuuuuuuuuuuuu!
Moi je l'aime bien ce H-c pur et inconscient de ses gestes : faut dire qu'être shooté l'arrange pô, hein ! lol
Es-tu sûre d'avoir mérité la suite… ? Koike oui, t'as fait un lemon 1x2, als finalement, voui ! lol
Voilà la suite, et bjr à la Dounouchette de la mort ki tue !
Bisouxxxxxx
Iria-chan :
( Fan de GW, attention ! Tu voudrais être la grde sœur de Quat-chan… ? )
Tu trouves ça trop guimauve...! Trop mou...? rep-moi sincèrement STP
Bizz !
Shuîchi :
( on reconnaît le fan de Gravitation lol Moi j'aime bien qd Hiro va engueuler Eiri après le sacrifice de Su-chan… Pas toi ? Qd il est sur sa moto, ac les chvx au vent, jle trouve vachement « Bad Boy » )
KK!
Merciiiiiiiiiii! Tes louanges me comblent ( en clair, ça fait vachement plaisir! Lol )
Voui, Heero a mal… tant pis pr lui lol J'aime bien mettre mes persos ds des situations difficiles pr montrer tte l'ampleur de leurs sentiments ! Je trouve ça très éloquent qu'ils s'offrent ds des situations dangereuses ou difficiles… D'où la douleur d'Hee-chan et son abandon ds les bras réconfortants de Duo ! lol
Merci pr tes encouragements !
Bsxxxxxx !
BONNE LECTURE !
Sincérité
Douceur.
Délicatesse.
Finesse.
Fraîcheur.
Tiraillements.
Bien-être.
Confort.
Attentions.
Douceur.
Bien-être...
J'ouvre lentement les yeux. Le plafond blanc. Je referme les yeux et me bédouine sous la couette. Sauf que je n'en ai pas. Je rouvre les yeux, étonné. Et je vois un tissu très doux et brillant, fin et souple. C'est quoi ? Remarque, point positif, ça ne me fait pas mal au dos. C'est déjà ça de bien.
Et je remarque du coin de l'œil une pile de ce même tissu sur le bureau. De grandes pièces d'étoffe bleues, rouges, vertes, jaunes... Tout ça dans des tons pâles très frais et joyeux. Sûrement un coup de Duo. Tiens au fait, où est-il ? Il doit certainement dormir. C'est vrai qu'il n'a pas eu le temps de se reposer depuis qu'il m'a sorti de la base. Il est toujours là pour moi mais je ne l'ai pas vu se reposer une seule fois. Peut-être pendant que je dors moi-même ? En tout cas je l'espère, car je m'en voudrais s'il lui arrivait un problème par ma faute, surtout que je ne suis pas en état de m'en occuper... Pourtant il y a du bruit en bas... ... ?
« Duo ? j'appelle doucement.
On ne sait jamais ; il parle en dormant, je ne voudrais pas le réveiller. Lui aussi à bien le droit de dormir. Pas de réponse. Plus de doute, il dort.
Je balance mes jambes en dehors de cet étrange tissu bleu pâle et pose les pieds par terre. Je remarque aussitôt les deux compresses ornant mes cuisses, vers l'intérieur. Je lève les yeux sur mon torse. De grandes bandes de tissu blanc – ou plutôt marron à cause du désinfectant – couvrent mes blessures, plus une compresse plus petite au niveau de l'aine.
Le tissu recouvre presque entièrement mon torse, et contraste étrangement avec ma peau. Jamais je n'aurais cru penser un jour que j'ai la peau tannée. Et pourtant, je m'en rends compte aujourd'hui.
Mes épaules sont aussi décorées de pansements. J'observe que les bandages sont faits de manière pratique, de façon à ce que j'aie quand même une liberté de mouvements, certes plus que réduite à cause de mon état, mais tout de même existante.
« Oui Hee-chan ?
Je sursaute violemment en relevant la tête et vois le dos de mon ami ainsi que sa longue natte battant souplement ses reins tandis qu'il récupère quelque chose en se baissant. Duo ? Je ne l'ai même pas entendu monter ! Il est tout sourire, un plateau-repas en équilibre sur un avant-bras alors qu'il referme la porte derrière lui.
« Tu te sens comment ?
- Mieux, je réponds, étonné que ce soit aussi vrai.
- Je t'ai préparé à manger, dit-il en s'approchant de moi. Et ne me regarde pas comme ça, parce qu'il faut que tu te nourrisses pour récupérer ! Et puis, t'es pas en état de protester alors tu te tais et tu m'obéis !
Il s'assoit à côté de moi sur mon lit et pose le plateau entre nous.
« Alors alors... Tu as le choix entre de la soupe de légumes, des pâtes, du riz ou une espèce de truc dur comme du béton qui, à l'origine, était censé être... tadam... ! de la purée. Tu choisis quoi ?
- Je crois que je vais commencer par la soupe.
- OK !
Duo prend plusieurs petites serviettes, m'en attache une autour du cou en gagatisant ( Où qu'il est le bébé qui va manger de la bonne sou-soupe ? Hein, où qu'il est le bébé, où qu'il est le bébééé ? Où qu'il... ), en place une autre sur mes genoux et une sur ce tissu au nom inconnu.
« Duo ? C'est quoi ce tissu ?
- De la soie. Je me suis dis que comme ton dos est très sensible, il faut quelque chose qui soit très doux pour éviter de te faire mal.
- C'est gentil.
Il me fait un sourire, puis me tend une cuillère à soupe de potage. J'ouvre docilement la bouche et avale le liquide avant de me retenir pour ne pas recracher.
« Heero ? Qu'est-ce qu'il y a ? Ça va pas ?
- De l'eau !
Il me tend un grand verre d'eau que je vide d'un trait.
« Merci... !
- C'est pas bon ?
- C'est brûlant... !
Il me fait un petit sourire coupable.
« Désolé, j'ai pas vérifié la température.
Il reprend un peu de soupe et souffle soigneusement dessus avant de me la présenter. J'avale lentement cette fois-ci, je n'ai pas envie de me cramer les papilles à chaque fois, merci bien !
« Ça va ?
J'acquiesce en silence. Il me tend une autre cuillère après avoir bien soufflé dessus, puis une troisième, une quatrième... J'avale, étonné de ma propre passivité. Depuis quand suis-je aussi obéissant ? Peut-être depuis que je n'ai pas mangé depuis approximativement deux jours et que je me suis rendu compte que j'ai faim...
Je m'interroge depuis quelques minutes en avalant machinalement lorsque je sens mon estomac se contracter. Je repousse la cuillère que me tend Duo.
« Ça va, merci. Je crois que je ne pourrais plus avaler grand-chose.
- D'accord. Tu veux à boire ?
- Euh... Oui, merci.
Il me tend un grand verre d'eau et me regarde l'avaler lentement.
Une idée traverse soudain mon esprit.
« Duo ?
- Hum, oui ?
- Cela a dû te coûter bonbon, tous ces draps en soie, non ?
- A vrai dire, je n'ai pas encore payé. J'ai mis à crédit, parce que je ne sais pas comment régler. En liquide, ça paraîtrait suspect, en chèque on peut pas, en carte bleue non plus. Donc...
Je lui fais un sourire.
« Moi j'aurais bien une solution...
Un fin sourcil châtain se hausse.
« Je t'écoute.
Je souris et prends quelque chose dans le tiroir de ma petite table de nuit. Je lui montre ensuite ; il fixe l'objet avec incompréhension.
« Et bin ? C'est une carte bleue, et alors.
- Tt tt tt. C'est un petit bijou technologique. La puce de cette petite merveille est capable de prendre le code bancaire de n'importe quel compte pourvu que ledit code soit exact. Et j'ai bien envie de m'amuser un peu. Tu te rappelles, à Noël tu nous as demandé de jouer à La Bonne Paye et j'ai refusé ?
- Très bien, oui.
- Et bien aujourd'hui je vais te faire plaisir, je vais faire le banquier. Pour une fois, le Soldat Parfait va faire joujou à La Bonne Paye.
Duo me regarde un moment, puis un sourire en coin étire ses lèvres en un air entendu et complice.
« Que dois-je faire, Môssieur le Banquier ?
Je lui fais un sourire carnassier, et lui tends la carte bleue. Il la prend d'un geste vif et détaille attentivement la puce électronique.
« Tu ne trouveras rien, elle est parfaitement normale. Seulement protéiforme.
- Protéicode, je dirais, plutôt ;;;
- Comme tu veux. Il me faudrait Laptop, si to plé, je lui demande avec une moue d'enfant boudeur.
- Je passe toujours après lui, c'est pas juste... !
- Meuh non, tu sais bien que tu es mon grand Baka d'Américain à natte préféré !
- Mais je veux, mon neveu !
Je lui adresse un sourire, et il me passe mon ordinateur portable.
« Au fait, qui t'a passé cette petite merveille ?
- Celui que tu nomme, je te cite le grand con siphonné du bocal qui file les chtouilles rien qu'avec ses yeux de cinglé et sa pince de malade.
- Ton Pépé J ?
- Banco. Sauf que mon Pépé J, comme tu dis si bien, n'a sûrement pas prévu que moi, machine à tuer innocente et sans ambitions, puisse cracker sa banque de données et même son compte en banque quand – je – veux... :;
- Sans dec', t'as fait ça ?
- Yes !
- Alors là, mes respects !
- Je pense aller lui rendre une petite visite pour voir à combien s'élève son compte, histoire de savoir combien on peut lui piquer au max., ne ?
- Ah yes... ! Je ne te croyais pas comme ça, Hee-chan.
- L'opium, ça fait des miracles sur moi, crois-moi, j'en sais quelque chose.
- Pourquoi ?
- Parce qu'une fois J m'en a filé une très grosse dose ( genre qui assommerait un éléphant, tu vois le genre ? ) et je me suis euh... « réveillé » deux heures après, juste au moment où... hum... où je commençais à...
- A quoi Hee-chaaaan ? me demande-t-il avec un sourire d'enfant sage qui ne lui va absolument pas.
- Bon d'accord ! Au moment où je commençais à enlever mon pantalon dans le réfectoire après être monté sur la table la plus grande et la plus haute qui se trouvait en plein milieu de la salle... ? ( lol )
Silence. Puis :
« WA-HA-HA ! Han j'y crois pas ! WA-HA-HA-HAHA !
Conséquence évidente et inévitable de ma révélation : Duo est irrémédiablement mort de rire.
« HAHAAAAHAHAHAHAÔÔÔAAAHAHAHAHIHAAHIIIHIHIHI... ... ...
J'attends patiemment qu'il se calme, le regardant stoïquement se tordre de rire sur mon lit à s'en faire péter les zygomatiques. En vain, puisque son fou rire, loin de se calmer, augmente sous ses extrapolations évidentes qui, je suis sûr, ne portent pas avantage à ma dignité ou à mon honneur.
Bref, vu qu'il n'arrête pas de rire, je retourne à mon piratage informatique et tente de m'introduire une nouvelle fois dans les fichiers personnels de J. J'y parviens rapidement et sans grande difficulté. Il a même pas changé ses codes ! Le compte de J et ses dernières opérations s'étalent alors devant mes yeux.
« Oh kuso l'enfoiré... ! je lâche, sidéré et incrédule.
Duo se calme instantanément et se tourne vers moi.
« Qu'est-ce qu'il y a ?
Je tourne l'écran vers lui. Il glisse brusquement du lit et s'étale par terre avant que j'aie pu le rattraper, mais ne semble pas le remarquer, le regard fixé sur l'écran de mon portable. Sa mâchoire s'affaisse de plusieurs centimètres et ses yeux font du saut à l'élastique dans ses orbites.
« Putain l'enfoiré... ! C'est pas croyable avoir un compte en banque comme ça ! C'est pas un compte en banque c'est le budget du mariage de Réléchose du Royaume de Sank !
- A peu de chose près, je pense bien que oui.
- Mais comment il fait pour avoir autant de pognon !
- 'sais pas.
- ... !
Nous restons silencieux un moment, tous deux incapables de parler intelligemment. Je me reprends finalement.
« Bah je crois qu'on peut à l'aise lui piquer 5000, hein...
- Bah tu m'étonnes ! Il s'apercevrait même pas de 200.000 !
- Pari tenu ? je lui demande, malicieux, avec un petit sourire.
- Quoi, 200.000 ?
- Bah vi.
Il me regarde un moment, sourcils levés, puis me fait un sourire et me tend la main. On se donne une poignée de main façon accolade, puis je le tire à moi pour l'aider à se relever. Il se place à côté de moi, près de mon épaule, son menton presque posé sur mon épaule.
« Tu peux poser ta tête si tu veux, ça ne me gêne pas.
- Je ne veux pas te faire mal.
- Ce n'est pas là que j'ai mal, c'est dans le muscle.
Je le sens poser lentement son menton dans le creux de mon épaule, doucement.
« Ça va, je ne te fais pas mal ?
- Iee.
Sa tête pèse un peu plus sur mon épaule, sa joue se pose contre la mienne, et je vois du coin de l'œil un très léger sourire relever les coins de sa bouche.
« Alors voilà... Combien pour les draps ?
- 550.
- Hein ! Mais fallait pas dépenser autant !
- Heero tu es blessé, ton dos est à vif ! Pourquoi pas de la toile de jute, aussi pendant qu'on y est ? Nan Heero, je suis prêt à dépenser beaucoup plus pour que tu guérisses.
- ... Merci... lui dis-je sincèrement. Hum, bon alors... On va dire 600 pour les draps. Et puis je trouve qu'il nous faudrait une nouvelle lampe dans le salon, ou un joli petit abat-jour ...
- Moi je verrai bien des plaques de cuivre sur les portes, avec les noms des occupants dessus, ça rendrait bien... Portatives, les plaques, bien sûr, qu'on puisse les emporter dans toutes nos planques...
- En cuivre poli ? Avec les inscriptions en plaqué or, ne ?
- Ah ouais, pas mal...
- Donc on dit...
- 1.500 ?
- Kss kss... Tu n'apprendras jamais rien... Les honoraires des joailliers ou des mecs comme ça sont beaucoup élevés ! Alors on va dire plutôt... 5.000 ?
- T'es dur, là...
- Eh, faut qu'on arrive à 200.000, hein !
Il rigole doucement dans mon oreille, puis dépose un baiser sur ma joue.
« Hee-chan ?
- Hum oui ?
- Je t'adore tout plein quand tu es comme ça !
Je lui adresse un sourire, puis nous recommençons nos petites folies, personnelles ou pour nos amis, souvent farfelues, parfois pratique.
« Nous arrivons donc à un total de 201.850 avec un abat-jour, des plaques en cuivre frappées à nos noms en plaqué or, un meuble pour le salon en chêne massif sculpté où poser une jolie petite statue, un lot de cinquante slips et caleçons avec un petit nounours tout kawaï qui dit Peace and love juste à l'emplacement du « chose » des garçons, une gamme de brosses, de chouchous, de shampooings, de gels douche, etc... aux couleurs et aux odeurs diverses et variées, plus l'éternelle collection de mangas et de DVD de Myazaki, et également le fameux nouveau four high-tech éléctronico rapido et j'en passe et des meilleurs qui fait centrale nucléaire, TGV, Concorde, machine à beurre et à café, ajouté à l'inévitable j...
ARGH ! J'ai mal... ! Je me plie brutalement en deux sous le coup de la douleur soudainement revenue dans mon dos, renversant mon ordinateur, rattrapé de justesse par Duo.
« Pas maintenant, kuso...
Je sens Duo s'écarter vivement de moi, et son bras entoure mes épaules, me tirant doucement. Je noue mes propres bras autour de ses reins et m'accroche à lui pour me relever. Je hais cette douleur qui me rend impuissant. Elle paralyse mon corps tout entier, et dans ces moments-là je suis incapable même seulement de tendre le bras. Je serre les dents pour tenter de contrôler la douleur et suis docilement Duo qui m'entraîne je ne sais où, sûrement dans la salle de bain adjacente.
« Attention, carrelage.
Il m'appuie un instant contre le mur, puis revient rapidement et m'attire doucement à lui. Ma tête se cale dans son cou et je noue mes mains autour de son épaule, un bras sous son aisselle. L'eau commence à couler doucement sur mon dos. Il faut quelques secondes pour que la douleur s'apaise. Je soupire enfin en sentant la vague de douleur refluer et m'appuie un peu plus contre Duo. Il ne bronche pas et me laisse faire, continuant à asperger mon dos consciencieusement.
J'entends soudain un bruit sourd et rapide. Comme un rythme. Lent et régulier, puissant. Je descends mon oreille jusqu'à être sur la source de ce bruit. Je ferme les yeux et écoute attentivement ce bruit.
C'est lent et constant, régulier. Pas de chance que ça utilise un fouet ou des chaînes. Pas de chance que ça soit méchant avec moi. Pas de chance que ça me fasse mal. Pas de chance que ça s'amuse à me torturer. C'est quelque chose de gentil, qui ne me fera pas mal et qui sera tout attentionné avec moi. Quelque chose qui ne me laissera pas tomber, qui m'aime bien, quelque chose pour qui je compte un peu. C'est rassurant, tout ce calme et cette douceur.
« Duo ? je demande doucement.
- Oui Hee-chan ?
- C'est ton cœur ?
- Oui.
- Tu as un joli cœur.
- ... Merci.
Mes paroles doivent lui paraître insensées mais c'est vrai qu'il a un joli cœur. Il bat bien, il est puissant et calme, très rassurant et si apaisant... ! J'aime bien son cœur. Demain j'irai en acheter un pareil au supermarché...
Je me cale dans les bras de Duo pour écouter à loisir son cœur. Il est là, lui. Je sais qu'il ne me laissera pas tomber. Mais il a déjà pris beaucoup de risques pour moi, je ne veux pas qu'il en prenne de trop. Une vie c'est fragile, je viens de l'apprendre. Il faut y faire très attention. Et la vie de Duo est beaucoup plus précieuse que la mienne. Lui au moins, il sait être gentil. Si moi je meurs, on ne regrettera qu'une machine. Si Duo meurt, on regrettera un jeune garçon beau comme un dieu avec un cœur gros comme L1.
Mais d'un autre côté, j'ai un peu envie d'être égoïste et de le retenir près de moi, parce que c'est la seule personne à être vraiment gentille avec moi et à chercher le vrai Heero. Le Hee-chan, comme il m'appelle. Je ne permets qu'à lui de m'appeler comme ça, parce que lui sait ce que ça veut dire. Il ne le dit pas comme ça, uniquement parce que ça sonne bien. Il le dit parce qu'il le pense vraiment. Parce que lui, il cherche à me connaître réellement. Pas comme Réléna qui croit savoir de moi ce dont elle veut bien me coller à la peau. Qui est souvent très faux, soit dit en passant.
Alors, lui demander de partir pour le protéger ou le garder près de moi ?
Je me décide finalement à lui dire. Il est si gentil avec moi que je ne me sens pas le droit de lui cacher ce que je pense.
« Duo ?
- Oui ?
- Je ne sais pas quoi faire avec toi. Laisse-moi finir, s'il te plaît. Je voudrais te garder près de moi, parce que j'aime être avec toi et que tu es très gentil. Tu t'occupes de moi comme personne avant et je t'en suis très reconnaissant. Mais j'ai peur que tu prennes trop de risques, comme à la base, pour m'aider, ce dont tu es très bien capable, tu ne peux pas nier. J'hésite entre te demander de partir rejoindre les autres pour te protéger de moi, et être un peu égoïste et te demander de rester avec moi parce que je me sens bien quand tu es comme ça avec moi. Je ne sais pas quoi faire...
Il reste un moment silencieux. J'attends sa réaction. Je n'ai jamais confié ça à qui que ce soit, j'attends maintenant de voir ce qu'il va faire de mes aveux.
« Tu es gentil Hee-chan, mais tu as oublié quelques petites choses, je crois. D'un, j'ai ma volonté propre et mon choix c'est de rester avec toi tout le temps que tu auras besoin de moi, et même peut-être plus encore si tu me le demande. De deux, Shinigami lives. Ce n'est pas pour rien que je me suis surnommé Shinigami, Heero. J'échappe toujours à tout. Epidémie, explosion, incendie, blessure par balle... La Mort ne voudra de moi que lorsque je le voudrais. Et en l'occurrence, uniquement peut-être après t'avoir soigné. Donc ne te préoccupe pas de savoir ce que tu dois faire avec moi. Il n'y a que moi qui puisse en décider. Mais c'est gentil de m'avoir parlé aussi librement. Je te remercie Hee-chan, ça me fait vraiment plaisir que tu me parles aussi sincèrement.
- Après tout ce que tu fais pour moi, j'ai pas le droit de te cacher ça. Et puis j'ai encore ma dette envers toi.
- Amitié leçon 1 : Des amis ne sont jamais redevables l'un envers l'autre. C'est la base de l'amitié. Chacun rend service à l'autre naturellement, aucun compte.
- Duo ?
- Oui ?
- Je peux être ton ami ?
- Mais tu l'es déjà Hee-chan. Depuis longtemps.
- Tu veux bien être le mien ?
- Avec plaisir.
- Mais ça n'efface pas le fait que tu as vidé tous mes dossiers personnels, je préviens.
- Qui, moi ? J'ai fais ça ? Moi, être pur et innocent dénué de toute souillure ?
- Oui, toi, petit diable à natte farceur et toujours à l'affût d'un bon coup à jouer aux autres.
- On se refait pas Hee-chan.
- Mais je n'ai pas envie que tu changes. Je t'aime très bien comme ça. Ne change surtout pas, mon petit Diable Ange Gardien rien qu'à moi.
Je souris et me cale dans ses bras. Etrange comme je me sens si bien dans ses étreintes, je me sens... en sécurité. Pourtant, Duo est plus léger que moi, et un peu moins fort physiquement. Mais c'est vrai aussi que c'est le seul à m'avoir blessé, deux fois – en plus – dans la même heure – ! –, et à m'avoir étalé sur la moquette du salon à mains nues. Certes au bout de deux ou trois heures de combat, mais étalé quand même.
Et puis, Duo est Duo. Il est farceur, rieur, toujours joyeux. Il peut paraître inconscient, indiscipliné – et l'est sûrement – volubile, distrait et plein d'autres choses encore, mais il peut aussi être très sérieux, attentionné et doux comme avec moi, il peut couver quelqu'un comme il me dorlote. C'est ce qui fait tout son charme, à notre Baka national. Olà ! Je commence à parler comme lui, faut que je reprenne ! Ca va plus, ça !
« C'est toi l'ange Hee-chan. Tellement innocent.
- Je ne suis pas innocent, Duo. Je ne l'ai plus été à partir de trois ans.
- Je ne parle pas de ça. Je veux dire que quand tu parles, tu dis tout ce qui te passe par la tête.
- Tu m'influences.
- Oh que non ! Moi je réfléchis toujours aux sens de mes phrases avant de les dires, même si c'est pas toujours vu. Toi par contre, certaines de tes phrases peuvent te porter préjudice.
- Bah pourquoi ? J'ai rien dit de mal. Si ?
- Je t'explique. Par exemple : ... je n'ai pas envie que tu changes. Je t'aime très bien comme ça. Pour certaines personnes du genre Réléna, tu la demandes en mariage. Elle te saute au cou en te roulant une pelle puissance méga pelleteuse en répétant la nuit de noces.
- Buêrk !
- Comme tu dis. Et ensuite : Ne change surtout pas, mon petit Diable Ange Gardien rien qu'à moi. Quand on utilise la possession pour une personne, c'est qu'elle t'appartient, de manière sentimentale. Ça veut dire que tu l'aimes et qu'elle t'aime en retour.
- Bah c'est pas ça l'amitié ? je demande, complètement perdu.
- Si, mais la possession, ça marque l'amour. La possession des cœurs. Par exemple, avec un autre garçon, tu lui dis ça, soit tu tombe sur un homophobe qui te colle un pain en traitant de tous les noms, soit tu tombe sur un gay qui te roule un patin façon patinage artistique en te repoussant dans un hôtel, il te jette sur le lit, il te déshabille et te viole en croyant que tu es consentant. Soit tu tombe sur un type comme moi qui t'explique gentiment que tu ne l'intéresses pas ou te dit quoi faire pour qu'il ne t'arrive pas de tuile comme je viens de te les décrire.
- Et c'est quoi ta réaction, à toi ? je demande timidement.
- Je vais rien te faire, t'inquiète pas. Ma réaction à moi, c'est que, comme je te connais, je sais ce que tu veux dire, en l'occurrence que ta phrase n'avait pas pour but une consonance érotique,...
- Euff non...
- ... et je t'explique en quoi elle peut troubler.
- Merci. ... ... Si ça te gêne ma question, tu n'es pas obligé de répondre. Mais par exemple, quelqu'un dans la rue t'aborde en te disant un truc du genre que je viens de dire, il se passe quoi ? Enfin, je veux dire...
- Je le cogne ou je le viole, c'est ça ?
- Euh...oui... ?
- Je refuse poliment. Du moins j'essaie, parce qu'il y en pour les faire lâcher prise... Woff... !
- Cela t'est déjà arrivé ?
- Bah euh... oui...
- Naan ?
- Huhu.
- Oh j'y crois pas... !
- Bah si...
- Fille ou garçon ?
- Fille. Mais elle était... disons plutôt bizarre. Elle était assez masculine, et elle... hum... elle voulait que je fasse la fille. Chose plutôt étrange, en sachant que je suis un garçon, elle, normalement, une fille, donc qu'elle ne peut pas faire ce que je peux faire et que moi je ne peux pas jouer son rôle. A moins qu'elle ne soit moitié-moitié...
- Comment ça, moitié moitié ?
- Bah tu sais, qu'elle ait le haut d'une fille et le bas d'un garçon. Un transsexuel, si tu préfère.
- Ah... Et qu'est-ce qu'il y de mal à être transsexuel ?
- Ce n'est pas mal, c'est juste un peu embêtant, je pense, parce la copine n'est peut-être pas d'accord de voir son petit ami avec plus de poitrine qu'elle
- Vu comme ça... je fais en rigolant.
Je me coule dans ses bras, me collant contre lui, profondément blottit entre ses bras. Qu'ils sont chauds et accueillants !
« Dis-moi Duo...
- Oui ?
- Tu n'as jamais pensé à faire baby-sitter ?
- Euh non pas vraiment, pourquoi ?
- Tu calmerais les gamins en un rien de temps, si tu les prenais comme ça dans tes bras...
- Ça fait partie des choses à éviter de dire, ça, Hee-chan… Mais c'est gentil quand même.
- Désolé.
- Pas grave. J'aime bien être pris pour une grosse peluche géante.
Il fait une grimace qui me fait sourire. Je secoue la tête avant de l'enfouir dans son giron. Je suis fatigué, tout d'un coup... Je bâille à m'en décrocher la mâchoire dans son cou.
« Je te ramène au lit. Purée t'es glacé !
Il fait couler un peu d'eau chaude sur mon dos puis m'enveloppe ans une grande serviette neuve jaune pâle toute douce. De la soie ?
« Tu en as mis partout, dis donc...
- Rien n'est de trop pour guérir le petit enfant que j'ai à garder... me répond-il avec malice, mais je sens bien qu'il a sciemment éludé ma remarque.
Il s'inquiète beaucoup pour moi. Peut-être un peu trop, du reste.
Il me ramène jusqu'à mon lit où je m'effondre sur le ventre en soupirant. Un lit... Il me recouvre doucement de plusieurs voiles de soie.
« J'aimerais que tu mange un petit peu avant de te rendormir. Du moins que tu essaies.
Je me redresse sur un coude. Il me tend un bâtonnet de surimi.
« Tu veux de la mayo ?
- Ça ira merci.
Je mange doucement mon Petit Coraya tout en regardant Duo s'affairer sur le plateau-repas en râlant.
« J'ai tout laissé refroidir mais quel imbécile je suis vraiment pas doué et
- C'est pas vrai.
- De quoi ? me demande-t-il en relevant la tête vers moi.
- Que tu n'es pas doué. Tu t'occupes très bien de moi.
Il me sourit.
« Merci Hee-chan.
- De rien.
Je bâille à nouveau.
« Je crois que je vais pas ten'-bâille-ir longtemps, alors si tu veux me faire manger, faudrait que tu te dépêche...
- Nan, c'est pas grave. Il vaut mieux que tu dormes, tu mangeras après.
J'acquiesce et me blottis bien au fond sous ma couette de soie bleue, jaune, verte et rouge. Je l'entends se lever. Je relève la tête hors de mon enveloppe. J'aurais voulu qu'il reste un peu avec moi...
« Tu pars ?
- Nan, je reste avec toi, ne t'inquiète pas.
- Merci...
- De rien, Hee-chan, de rien.
J'entends un claquement sec puis quelque chose comme une toute petite chaînette qui descend tli-tli-tli-tli-tli-tli-tli-tli-tli... La luminosité baisse graduellement à travers mes paupières closes. Duo revient s'asseoir sur la chaise à côté de mon lit. Sa main s'échappe dans mes cheveux, faisant naître un léger sourire sur mes lèvres. J'aime bien quand il me caresse la tête. Il est doux et affectueux, et puis ça m'apaise, ce petit geste tout tendre.
Je me pousse un peu vers le mur.
« Tu viens ?
- Si tu veux.
Je sens le lit s'affaisser un peu sur le côté et Duo vient s'asseoir dans l'angle de mur, les jambes ramenées contre sa poitrine. Je me déplace vers lui et viens tout près de lui afin de me blottir tout contre lui. Il me regarde de son air doux sans rien dire. Je m'arrête à quelques centimètres de lui.
« Je peux ? je demande.
- J'adore avoir une petite bouillotte le soir. Une bouillotte, un bon livre : soirée réussie !
- Mais je sais pas très bien faire la bouillotte, faudra m'aider.
- Première leçon : Toute bonne bouillotte qui se respecte dort beaucoup pour récupérer très vite. Deuxième leçon : Toute bouillotte se doit de s'appeler Heero Yuy car sinon ce n'est pas une bonne bouillotte ! Vilà ! Tu sais tout maintenant !
Je souris et lui fais un bisou sur la joue avant d'enfouir mon nez dans son cou et de me coller à lui.
« Mais tu es trempé ! Retire-moi ça tout de suite ! Duo c'est pas sérieux ! Tu vas attraper la crève si tu continue comme ça !
- J'ai connu pire.
- C'est pas une raison ! Tu m'enlève ça tout de suite !
Voyant qu'il n'obtempère pas, ou pas assez vite à mon goût, je commence à le déshabiller. Ma douleur aux épaules se réveille, s'étendant jusqu'au milieu de mon dos, et même un peu sur la poitrine. Je ne peux retenir une grimace de douleur, ce qui n'échappe pas à son regard observateur.
« Arrête de bouger les bras ! Tu es blessé aux épaules, je te rappelle !
- C'est ça ou tu te déshabille plus vite que ça !
Je le regarde dans les yeux, d'un air déterminé. Je suis tout à fait prêt à le faire, même si cela doit me coûter un peu plus de souffrance encore.
« Je t'ai dit que je ne voulais pas que tu prennes trop de risques pour moi ! Tu ne dors déjà pas beaucoup, alors si en plus tu vis dans des fringues trempées ! Tu m'enlèves ça et te sèches et tu reviens que je vérifie ! Allez !
Je le pousse hors du lit. Il se dirige vers la salle de bain tout en enlevant son pull en me lançant un drôle de regard, à mi-chemin entre l'amusement, l'inquiétude et autre chose que je ne connais pas. Il revient rapidement armé d'une grande serviette et entreprend de se sécher devant moi sans me quitter du regard. Je l'observe attentivement. Je le rappelle lorsqu'il va reposer la serviette dans la salle d'eau.
« Viens là que je vérifie.
Je m'agenouille sur le lit et passe la main sur son torse. Je note mentalement qu'il la peau douce, très douce, même, agréable au toucher, et me reconcentre sur mon examen. Le cou, les épaules, les bras, les côtés de la cage thoracique, la ligne un peu creuse soulignant les pectoraux, les côtes, les abdominaux, tout y passe.
« Tourne-toi.
Il s'exécute et je recommence mon inspection. La nuque, les omoplates, les creux des muscles – il a un joli dos, du reste. Bien musclé mais pas trop, ou tout en finesse, juste de quoi attirer le regard – qui peuvent cacher de l'humidité, puis je glisse mon doigt dans le creux de la colonne vertébrale. Je fronce les sourcils arrivé au niveau de la ceinture du pantalon. Mon doigt est mouillé. Je touche la ceinture de Duo : le jean est trempé. Pas étonnant qu'il soit aussi moulant. Je tire un peu sur le côté de la ceinture et glisse la main dedans. Duo frémit, et tente de s'écarter.
« Iie ! Tu ne bouges pas !
- Mais Hee-chan ! Tu te rends pas compte de ce que tu fais, là ! Tu mets la main dans mon pantalon ! C'est très gênant !
- Tu sais très bien pourquoi je le fais. Tu n'avais qu'à le faire avant que je t'y oblige, je ne mettrai pas « la main dans ton pantalon ». La prochaine fois, tu le feras sans que j'aie à le dire. Parce que je recommencerais, je te préviens. Je le ferais autant de fois pour que tu comprennes le message. Maintenant tu me laisses faire.
Je glisse donc ma main dans le jean de Duo. Résultat : son caleçon est trempé, lui aussi. Je passe deux doigts entre le sous-vêtement et sa peau. Il frémit et a un petit écart.
« Duo.
Mes doigts touchent sa peau, et un frisson frigorifiant me parcourt, me faisant trembler. Son bassin est gelé. Rien que toucher sa peau froide me fait avoir des frissons glacés. Je retire ma main puis tâte ses jambes : trempées, sans surprise.
« Alors toi, maintenant, tu m'enlève aussi le bas, tu vas te sécher, tu remets un caleçon et tu reviens, que je re-vérifie. Tout de suite !
Il part en grommelant, pioche un caleçon au hasard dans son tiroir qu'il referme d'un coup de hanche avant de me jeter un rapide regard, de récupérer sa serviette et d'entrer dans la salle de bains. Il en ressort quelques instants plus tard, habillé d'un de ses « magnifiques » caleçon Peace and Love. Il s'arrête devant moi silencieux. Au moins il apprend vite, me dis-je en me baissant pour attraper sa jambe. Je passe ma main sur sa cuisse, son genou, son tibia, sa cheville, son pied. Secs. Bien. L'autre jambe. Sèche.
« Tourne.
Il me présente son dos. Je laisse glisser la main sur sa cuisse, son creux poplité ( les genoux ), son mollet et son talon. RAS. La deuxième jambe, pareille. Mais je vois une légère brillance au niveau de ses reins. J'attrape sa serviette en entreprend de lui sécher doucement le bas du dos. Il arrête mes bras à l'aveuglette et me prend doucement la serviette des mains.
« Ne force pas trop sur tes bras, Hee-chan. Laisse à tes muscles le temps de guérir. Et ça va prendre longtemps, tu sais.
- Je sais, oui. Et pendant ce temps-là, je prive l'équipe de deux membres au lieu d'un...
- N'y pense pas, ce n'est pas grave.
- Hn.
Il a finit de se sécher le bas du dos. Je passe le dos de ma main sur ses reins. Bien secs.
« C'est bon.
Il se relève et va rapidement ranger la serviette pendant que je bâille longuement. Je me roule sous mes couches de soie. J'ai tellement sommeil... La main de Duo se glisse doucement dans mes cheveux et commence à caresser ma tête en ce geste affectueux que j'aime tant. Je souris dans mes épaisseurs de tissu. J'ai peut-être été un peu dur avec lui. Après tout, il croyait bien faire...
« Duo ?
- Oui ?
- Je te demande pardon.
- Pourquoi ?
- J'aurais pas du m'énerver autant contre toi. Je suis désolé.
- C'est pas grave. C'est le geste qui compte.
- Tu m'en veux pas ?
- Nan.
Je relève la tête pour voir son air doux et son petit sourire.
« Tu n'es vraiment pas rancunier, je remarque à voix basse.
- La vie est courte, autant en profiter sans se la pourrir avec des broutilles comme ça.
- C'est vrai... je reconnais après un temps de réflexion.
Nous plus que n'importe qui pouvons mourir à tout moment, alors autant profiter du temps qui nous est offert sans se prendre la tête. Bonne philosophie que la sienne.
« Duo ?
- Hm ?
- C'est pour ça que tu rigoles tout le temps ?
Il reste un moment silencieux, hésitant visiblement à me répondre, en me regardant, moi, masse informe enfouie sous un tas de couverture. Je remarque alors qu'il n'est vêtu que d'un caleçon et qu'il doit se les geler royalement. J'ouvre mes couvertures et lui fais de la place pour qu'il vienne me rejoindre dans le lit.
« Viens, tu vas attraper froid.
J'ai bien fait attention à employer une voix plus demandeuse qu'autoritaire, pour bien qu'il sache qu'il n'est pas obligé, même si ça vaudrait mieux pour lui. Il me rejoint et je le recouvre de la « couette ». Il se réinstalle dans l'angle de mur et je viens me blottir tout contre lui. Sa main s'enfuit une nouvelle fois vers ma tête et commence à passer et à repasser doucement dans mes cheveux. J'aime bien quand il me fait des câlins, je trouve ça... agréable.
Je pose ma tête lourde de fatigue sur son épaule. Il me laisse faire, et sa main vient grattouiller gentiment ma nuque, comme une autorisation ou une acceptation. C'est bizarre, d'ailleurs, il me laisse lui faire plein de câlins. Pas que je m'en plaigne, mais bon… Quoiqu'en fait, il adore les contacts. Comme je ne le laisse presque jamais me toucher, il en profite peut-être simplement en se disant qu'une fois que je serais remis sur pieds, je redeviendrais Iceberg-man…
Sauf que cette fois-ci, je ne le laisserais pas repartir comme je le repousse à chaque fois. Je suis bien décidé à vivre, maintenant.
Et je pense qu'avec un peu de temps et d'efforts, Duo arrivera très bien à me faire rire.
« Je rigole souvent parce que je suis comme ça, mais aussi parce qu'il en faut un pour remonter le moral des troupes. Tu ne parles pas beaucoup et rigole encore moins, Trowa laisse tout passer par ses sourcils ou ses yeux, du moins par celui qu'on voit, Quatre a son empathie qui lui transmet toutes les pensées sombres de nous quatre, et Wufei est aussi coincé que ce cinglé de J est malade. Dans ces cas-là, il reste que moi pour remettre tout le monde d'aplomb.
- Mais pourtant tu parles beaucoup, même quand ce n'est pas nécessaire de redonner la pêche à tout le monde.
- Je n'aime pas le silence. Il y a trop de non-dit pour qu'on se cache derrière le silence.
- Pourtant entre nous, on se dit tout. Il n'y a pas de secret entre nous cinq.
Ma phrase est quand même un peu beaucoup ironique vu l'importance de ce qu'il croit que l'on ignore tous et que pourtant je sais depuis bien longtemps.
Duo a un sourire désabusé, peut-être même un peu triste.
« Tu es si enfantin, Hee-chan... Tu crois qu'on se dit tout ? Tu es bien loin du compte. Exemples tous simples : Quatre, son père et ses sœurs ; Wufei, Meiran ; Trowa, Catherine et le cirque ; toi, ta formation ; moi mon passé dans les rues de L2. Personne n'avoue tout, Hee-chan. On a tous des souvenirs auxquels on tient et qui sont trop intimes pour les dévoiler à tout le monde.
- Mais moi je n'ai pas de souvenirs, je dis.
- Bien sûr que si Hee-chan.
- Nan Duo. Mes seuls souvenirs sont mon conditionnement de Soldat Parfait. Et si je n'en parle pas, c'est parce qui pourrait être intéressé par des heures de travail, de torture physique ou morale, de modifications corporelles à coups de combats, de blessures ou d'expériences chimiques ?
- Moi.
- Hein ?
Je relève les yeux vers Duo. Sa main appui légèrement sur le haut de mon crâne, m'invitant à reposer ma tête sur son épaule, ce que je fais de bonne grâce.
« Mes amis, j'aime bien en savoir un maximum sur eux, pour savoir ensuite ce qui les blesse ou les met mal à l'aise, comme ça je peux éviter de leur faire mal en abordant un sujet délicat. Pour Wufei, c'est facile, c'est Meiran, tout le monde sait ça. Toi, je pense que c'est ta formation, mais pour Quatre et Trowa...
- Toi c'est...
J'hésite à continuer. Si c'est un sujet délicat, mieux vaut ne pas en parler, non ? Mais d'un autre côté, si ce n'est pas ce que je pense, je peux peut-être le blesser sur un autre sujet...
« Solo et l'orphelinat, oui.
Je reste silencieux. Lui aussi. J'aurais voulu continuer la conversation, peut-être aborder ce sujet-là, mais je ne sais pas comment. Je n'ai jamais été très bavard...
Je sens mes yeux piquer. Je ne peux pas nier que je n'accompagne pas le mouvement. Je niche mon nez dans son cou, comme un enfant. Je rattrape en quelques jours ces dix-sept dernières années. Je me blottis un peu plus contre Duo.
« Oyasumi, Hee-chan.
- Arigato, Duo-chan, je fais doucement avec un sourire distrait, arigato...
Je me musse contre lui, tout contre lui, contre sa chaleur et sa douceur. Je peux m'endormir tranquille. Il est là. Duo est là. Je suis en sécurité. Je frotte un peu ma tête contre l'angle de sa mâchoire en cherchant une position confortable, puis me laisse envahir par le sommeil, attendant les profondeurs sans rêves.
Une question me revient soudain.
« Duo, ...
Je m'endors.
( à suivre… ! )
Pr une fois je ne suis pas trop sadique car, de suite, un second chapitre ! Vs saurez pk à la fin de celui-ci !
Shin' 1x2
