Disclaimer : Comme d'hab' rien ne m'appartient, ni les personnages, ni la chanson qui encore une fois appartient au groupe Evanescence.

Note de l'auteur : Alors, me revoilà ! Je suis vraiment désolé pour ceux qui attendaient la suite beaucoup plus rapidement, mais je pensais vraiment la poster bien avant ! J'ai eu quelques petits soucis de pc, alors je n'ai pu terminer mon chapitre, et ensuite je suis partie en vacances… Bon mais bref, me voila avec ce troisième chapitre ! Tadam !Alors encore je suis plus ou moins une chanson de Evanescence, bon mais la chanson n'est pas indispensable pour la compréhension.
Ah, et je voulais dire aussi que je suis désolée pour ceux qui aiment Ginny, mais je l'ai un peu fait passer au second plan, enfin vous verrez… Bon, et bien je vous laisse avec ce chapitre, j'en suis un peu moins satisfaite que du deuxième, mais bonne lecture quand même.


Chapitre 3: Quelle est ma place?

Draco était allongé sur son lit. Sa chambre était plongée dans la pénombre : volets fermés, rideaux tirés. Depuis qu'il avait quitté la chambre de Harry, presque 36 heures plus tôt, il n'avait pas quitté cette pièce, à part pour aller se chercher à manger. Il se sentait mal, et il savait pourquoi. Le sort qu'il avait jeté sur Harry ne semblait pas vouloir prendre fin, sans cesse, il sentait monter en lui des vagues de paniques, de douleurs, de peines qui n'étaient pas les siennes. Il avait tout essayé pour stopper ça, mais il n'avait pas réussi et ça le rendait malade. Il avait l'impression qu'une pierre pesait sur son estomac sans interruption, il avait l'impression que l'on broyait son cœur dans un étau. Et pour couronner le tout, une épouvantable migraine lui comprimait la tête sans qu'aucune des potions qu'il ait pu prendre n'ait arrangé ce problème. En plus de cela, il devait aussi gérer ses propres sentiments, le dégoût de lui-même qu'il ne pouvait éviter de ressentir après avoir abandonné Harry de cette façon. Mais quoi ! Il était lâche, il l'avait toujours été, tout le monde s'accordait sur ce point, alors pourquoi aurait-il agit autrement, pourquoi Harry aurait-il attendu autre chose de lui ?

Il entendit frapper à sa porte. Une fois, puis deux. Il ne voulait pas répondre.

-Draco ?

C'était Severus qui venait aux nouvelles. Depuis 36 heures que Draco était enfermé dans le noir dans sa chambre, son parrain devait en effet commencer à s'inquiéter sérieusement pour sa santé. Mais le jeune homme ne voulait pas lui parler, il ne voulait voir personne.

-Draco, si tu ne réponds pas tout de suite, je te jure que je force la porte.

Le blond étouffa un grognement, pourquoi ne pouvait-il pas le laisser en paix ?

-Laisse-moi tranquille ! répondit-il seulement.

-Enfin Draco, qu'est ce qu'il se passe ? Ca fait plus de 24 heures que tu es enfermé dans le noir, on dirait un ado attardé en pleine crise !

A nouveau, Draco ne répondit rien, il ne comprenait rien, il ne pouvait pas comprendre !

-Répond Draco !

-Mais fous moi la paix bordel !

-Non !

-Et pourquoi pas ? Franchement, qu'est ce que ça peut te foutre que je sorte ou pas ? Au moins ici, je n'attire de problèmes à personne, alors qu'est ce ça peut faire que je reste dans le noir ?

-Parce que toi tu n'es pas dans le coma !

Un silence assourdissant suivit la déclaration que Severus avait faite sous l'effet de la colère. Le professeur de potions lui-même semblait étonné de ce qu'il venait de dire. Draco se demanda comment son parrain avait pu ainsi passer de la haine à l'affection pour Potter, au point d'en être totalement perturbé maintenant que celui-ci était malade. Et finalement, il se dit qu'il ne comprenait pas si mal que ça, car lui-même ne détestait plus vraiment Potter depuis quelques temps. La voix de Severus se fit à nouveau entendre de l'autre coté de la porte, plus mesurée, et plus froide aussi :

-Très bien Draco, fait comme tu veux finalement. Si tu veux t'enterrer comme un putain de comateux alors que d'autres n'ont pas autant de chance que toi, alors fais-le.

Draco entendit son parrain tourner les talons et s'éloigner. Il se retourna sur son lit en repensant à ce que Severus venait de dire. C'est vrai, Harry était dans le coma, mais c'était parce qu'il ne voulait plus vivre, et avec tout ce qu'il s'était passé deux nuits plus tôt, Draco pouvait bien le comprendre. Mais il était inutile de s'inquiéter pour cela, car bientôt, les médicomages trouveraient le moyens de forcer Harry à se réveiller, et alors les bonnes personnes seraient là pour le persuader qu'il avait encore des choses à vivre. Lui, il ne pouvait rien faire, il n'était pas une bonne personne. Il entendit soudain son ventre grogner, il ne s'était même pas aperçu qu'il avait faim. Doucement, il sortit de sa chambre. Il avait un peu honte de se comporter ainsi comme un voleur, mais il n'avait vraiment pas envie de se retrouver face à Severus maintenant. Il descendit l'escalier menant à la cuisine sur la pointe des pieds. Mais juste avant de rentrer dedans, il entendit des voix venant du salon, de l'autre coté du couloir. Severus n'étais pas seul. Draco s'approcha silencieusement, curieux.

-Voilà, j'ai juste pensé que vous voudriez le savoir, couina une toute petite voix qui semblait familière à Draco.

-Oui, merci. Je passerais dès que possible, répondit Severus.

Draco, poussé par la curiosité, entra dans la pièce. Et en effet, la personne à qui appartenait la voix ne lui était pas inconnue, il s'agissait de Hermione Granger. Quand elle tourna la tête vers Draco, celui-ci eut un choc. Il n'avait jamais vu la jeune Gryffondor ainsi, aussi… anéantie. Elle avait les yeux rouges et gonflés, signe qu'elle avait beaucoup pleuré dans les dernières heures. Sous ses yeux se dessinaient, sur un visage cireux et émacié, de larges cernes noirs qui montraient facilement l'immense fatigue dont elle était la victime.

-Malfoy, le salua t'elle, alors qu'une larme qu'elle n'avait pu retenir coulait le long de sa joue.

-Granger.

La jeune fille ne fit pas plus attention à lui. Pressée, elle se retourna seulement vers Severus :

-J'y retourne, venez s'il vous plait. Vite.

Severus hocha la tête gravement avant de regarder son ancienne élève partir par la cheminée. Draco le regarda silencieusement durant un moment. Son parrain avait maintenant l'air presque aussi accablé que Granger ne l'était quelques secondes plus tôt. Et cela frappa Draco en une seconde, le seul sujet qui pouvait autant les attrister l'un et l'autre, c'était Harry. Draco essaya cependant de contenir ses émotions quand il s'adressa à Severus :

-Que venait faire Granger ici ?

Severus sembla reprendre conscience qu'il n'était pas seul. Il regarda un instant Draco, réfléchissant probablement à ce qu'il allait lui dire.

-Miss Granger pensait que je voudrais savoir que l'état de Harry Potter s'était sérieusement aggravé.

Draco ferma les yeux une seconde, essayant de garder son sang-froid.

-Dis moi tout, s'il te plait.

A nouveau, Severus marqua un temps de silence.

-Depuis hier matin, l'état de Harry s'est aggravé de façon plus rapide que durant ces dernières semaines, beaucoup plus rapide. Les médicomages ont fait leur possible pour tenter d'enrayer cet affaiblissement brutal, mais ils n'ont rien pu faire, Harry rejette tout les traitement et tous les sorts qui pourraient aider ses organes à continuer de fonctionner. Ils sont maintenant à cours d'idée et ne pensent pas pouvoir le sauver.

-Co…Combien de temps ? Bégaya Draco.

-Au mieux une heure ou deux, probablement beaucoup moins. Miss Granger est venu me voir pour que je puisse venir lui dire… lui dire adieu si je le souhaitais.

Draco se sentit vaciller. L'état de Harry s'était aggravé depuis hier matin, c'était de sa faute, tout était de sa faute. Il l'avait tué. Ses jambes se dérobèrent soudain sous lui.

-Draco ! Qu'est ce qu'il t'arrives ? s'écria Severus en tentant d'adoucir sa chute.

-C'est de ma faute, tout est de ma faute.

-Enfin Draco, c'est ridicule, tu ne peux rien faire pour lui, personne ne sait ce qu'il a.

-Moi je sais.

Severus lâcha son filleul, estomaqué.

-Pardon ?

-Harry, il…il m'obsédait depuis la fin de la guerre, tu l'avais remarqué n'est ce pas ? Alors j'ai cherché un sort pour essayer de communiquer avec lui…

-Quel sort ?

-Le sort du partage de l'âme.

-Ca ne peut pas fonctionner sur une personne inconsciente !

-Pourtant, ça a fonctionné. Je me suis littéralement retrouvé dans sa tête.

-Mais alors qu'est ce qu'il a ?

-Rien, il n'a rien. Il veut juste mourir, il est fatigué de se battre. Et je l'ai laissé, et maintenant, au lieu de laisser la mort venir vers lui, il court vers elle. Tout est de ma faute !

Severus ne répondit pas tout de suite. Il regardait son filleul d'un air sévère, apparemment, il n'était pas innocent à la soudaine aggravation de l'état de Harry. Cependant, il était clair que Draco s'en voulait réellement.

-Je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre vous quand tu l'as vu, Draco, mais il semblerait que cela ait renforcé l'idée de mourir de Harry…

-Je sais… répondit Draco, la voix brisée.

-Alors maintenant, qu'est ce tu vas faire ?

Draco releva la tête vers Severus, surpris. Faire ? Il n'avait même pas pensé qu'il pouvait encore y'avoir quelque chose à faire. Il baissa à nouveau les yeux en réfléchissant. Quand il avait embrassé Harry, il l'avait détruit au point qu'il faisait désormais tout pour mourir plus vite. Il n'était certes pas la personne la mieux placée pour le rassurer maintenant, pour le convaincre de vivre, mais il était la seule personne avec qui Harry avait accepté de communiquer alors il fallait que ce soit lui. Il devait essayer de le faire changer d'avis, parce que personne d'autre ne le pouvait. A nouveau, il releva la tête, l'air plus déterminé.

-Je dois le voir.

Severus esquissa un petit sourire, espérant cette réponse.

-Allons-y.

oOo

Une minute plus tard, les deux hommes arrivaient par cheminette dans le grand Hall de Sainte-Mangouste. Sans hésitations, Severus se dirigea d'un pas rapide vers un ascenseur, suivit de près par Draco. Enfin, après avoir emprunté cet ascenseur, puis différents couloirs, les deux hommes arrivèrent dans une petite salle d'attente qui ressemblait à un véritable rassemblement de Gryffondor. Mais Draco y prêta à peine attention, il devait voir Harry, il n'avait pas de temps à perdre. C'était sans compter sur les trois grandes silhouettes qui lui barrèrent soudain le chemin. Draco ne put réprimer un mouvement de recul. D'un coup d'œil, il reconnut Ron Weasley, celui des jumeaux qui était encore vivant, et le désormais courageux Neville Londubat.

-Laissez-moi passer, ordonna-t-il.

-Casse-toi Malfoy ! Tu n'as rien à faire ici ! Lui répondit Ron.

Draco se sentit perdre son sang-froid. Il n'avait pas le temps pour ça. Une main se posa alors sur son épaule.

-Du calme, leur ordonna Severus. Ecoutez les garçons, je sais que vous voulez protéger votre ami, mais il se trouve que Draco est peut-être encore le seul à pouvoir quelque chose pour lui. Je vais vous expliquer, mais laissez-le passer d'abord.

Les trois garçons le regardèrent, visiblement réticents.

-Vous savez bien que vous pouvez me faire confiance, non ?

Finalement, Ron s'écarta, à contre cœur. Une légère pression de la main de son parrain sur son épaule fit comprendre à Draco que le champ était libre. Sans accorder un regard de plus aux autres, Draco fonça jusqu'à la chambre de quand il y arriva, ce qu'il vit lui glaça le cœur. Un nombre impressionnant de médicomages et d'infirmières fourmillaient, essayant tant bien que mal de maintenir Harry en vie. Les petites bulles de magie liés à ses organes étaient maintenant toutes d'un rouge soutenu, et même celle de son cerveau qu'il avait toujours vu verte, était passée au bleu. Il ouvrit la porte sous le coup de l'émotion, sans faire attention aux nombreuses personnes qui travaillaient dans la salle. Une infirmière l'intercepta aussitôt :

-Excusez-moi monsieur, mais vous ne pouvez pas rester là.

-Non, je dois lui parler, c'est très important !

-Monsieur, vous devez sortir, repris l'infirmière en commençant à le pousser vers la sortie.

-Non ! Harry ! Harry ! Appela désespérément Draco.

Et comme deux jours plus tôt, Draco sombra dans l'inconscience.

oOo

(Wake me up)
Wake me up inside
(I can't wake up)
Wake me up inside
(Save me)
Call my name and save me from the dark
(Wake me up)
Bid my blood to run
(I can't wake up)
Before I come undone
(Save me)
Save me from the nothing I've become

Draco se trouva à nouveau dans le noir, mais cette fois, il ne pris pas la peine de faire l'examen de sa personne. Il savait ou il était et ce qu'il devait faire. Il chercha rapidement autour de lui et vit une petite lueur au loin, vers laquelle il s'empressa de courir. En un instant, il se trouva auprès de Harry, et comme la dernière fois, celui-ci était plongé dans ses souvenirs, ne voyant pas le jeune garçon blond qui désespérait à ses cotés. Draco se mit alors à lui hurler dessus :

-Harry ! Harry ! Bordel, réveille-toi ! Laisse moi te parler !

Et Draco mit tant d'intensité dans ses supplications que Harry l'entendit. En le reconnaissant, il fronça les sourcils.

-Draco, qu'est ce tu fais là ? demanda-t-il froidement.

-Je suis revenu pour te parler.

-Je n'ai pas envie de te parler. Je ne veux plus parler à personne.

-Et bien tu vas m'écouter alors ! S'énerva Draco soudainement. Putain Harry, mais pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu fais tout pour mourir ?

Bien qu'il aie dit qu'il ne voulait plus parler, Harry se sentit piqué par cette remarque.

How can you see into my eyes like open door
Leading you down into my core
Where I've become so numb

Without a soul

My spirit sleeping somewhere cold
Until you find it there and lead it back home

-Ecoute Draco, commença Harry, calmement, je ne sais pas comment tu as fait pour entrer en moi de cette façon exactement, mais tu as pu lire en moi, et tu as pu voir tout ce que je sais, tout ce dont je me souviens, tout ce que je ressens. Je ne sais pas comment, mais je suis sur d'avoir tout partagé avec toi. Alors, tu ne peux pas me demander de vivre, tu es tout à fait conscience que je n'en ai plus la force. Je ne suis plus rien Draco, je ne suis plus celui que tu as connu à l'école, pas même celui qui a recherché les Horcruxes. Tout est gelé en moi, je ne suis même pas sur que je si je revenais, je serais à nouveau capable d'aimer ceux que j'ai toujours aimé…

-Ne raconte pas n'importe quoi Harry !

-Je sais ce que je dis. Regarde autour de toi Draco ! Mon âme est brisée, et mon esprit ne réussit plus qu'à vivre dans un monde de douleur et de haine ! Comment voudrais tu que je me batte pour ça ?

-Il y'a des gens qui t'aiment Harry, et malgré ce que tu dis, je sais que tu les aimes encore, et que si tu revenais vers eux, tu te rendrais compte à quel point tu serais passé à coté de tout en décidant de mourir maintenant.

-Et comment peux-tu savoir ça ?

-Je le sais parce que tu es quelqu'un de bien ! Tu as vécu tellement de choses horribles, il n'est pas possible que tu n'aies pas le droit au bonheur Harry !

Pendant un instant, Harry regarda Draco, et celui-ci eut l'impression que Harry commençait à changer d'avis. Mais Harry baissa les yeux.

-Je regrette, ce n'est pas suffisant. J'ai parfaitement conscience de ce que j'avais, et je sais que ce n'est pas suffisant. Même si j'aime mes amis au-delà du raisonnable, tout les reste, c'est trop dur pour que je puisse vivre avec. Les poids ne sont pas égaux.

Now that I know what I'm without
You can't just leave me
Breathe into me and make me real
Bring me to life

-Je ne sais pas quoi te dire Harry. Je ne sais pas ce que je pourrais te donner de plus pour que tu retrouves espoir, pour que le bonheur devienne plus fort que les malheurs.

Harry lui jeta un regard perçant :

-Tu ne sais pas, vraiment ?

Draco eut soudain un flash de la dernière fois ou il était venu voir Harry, de cet espoir qui était né en lui après… Après qu'il l'ait embrassé. Il baissa la tête : mais non, il devait trouver un autre moyen de ramener Harry à la vie, parce que lui, Draco Malfoy, il ne pouvait pas être bon pour lui.

-Je ne comprends pas, mentit-il.

Frozen inside without your touch
Without your love darling
Only you are the life among the dead

Harry prit soudain une profonde inspiration :

-Tu sais quoi Draco ? Je vais te dire toute la vérité maintenant. Peu importe que tu saches cela, il me reste très peu de temps. Je ne tiens pas à mourir, en fait, je ne veux vraiment pas mourir. Seulement, je sais que je ne serais pas capable de vivre maintenant, avec tout ce qu'il s'est passé. Mais il y'a une chose que je regretterais toujours de n'avoir pas connu, tu sais ce que c'est ?

Draco ne répondit pas.

-L'amour. J'ai déjà eut beaucoup d'affection pour certaines personnes bien sur, mais je n'ai jamais véritablement aimé, tu sais, de cet amour qu'on ne voit que dans les contes de fées, de cet amour qui n'arrive qu'une fois dans une vie. Du moins, je pensais que je n'avais jamais aimé, mais je me suis aperçu il y'a peu que ce n'était peut-être pas vrai, que peut-être, il existait une personne dans ma vie pour qui je serais capable de vivre, de survivre du moins. Tu comprends maintenant ?

Draco comprenait très bien, Harry venait plus ou moins clairement de lui dire qu'il l'aimait, que pour lui, il pouvait se battre.

-Non, mentit-il à nouveau d'une voix un peu rauque.

L'ancien Serpentard baissa les yeux. Ce n'était pas comme ça que les choses devaient se passer, il ne pouvait pas être le dernier espoir du sauveur du monde sorcier, il ne le voulait pas. Pour se rassurer, il se dit que c'était vraiment moche de la part de Harry de faire ce genre de chantage : « aime moi, et je ne mourrais pas ». Il ne pouvait pas prendre cette responsabilité. Il releva les yeux timidement, et vit les deux émeraudes de Harry le fixer d'un air triste.

-Et tu sais quoi ? Je pense que si cette personne se donnait la peine d'essayer, elle pourrait m'aimer en retour. D'ailleurs, je suis sur qu'elle a déjà de l'affection pour moi, même si elle a peur de se l'avouer. C'est malheureux, mais cette personne n'est pas habituée à faire preuve de courage, alors, elle refuse de s'engager, elle préfère être lâche et ne pas prendre de risque.

Draco baissa à nouveau les yeux. Vaincu par la force de caractère de Harry. Pourquoi ne pouvait-il rien dire ? Allait-il laisser le survivant mourir ainsi alors qu'il savait très bien quoi faire pour le sauver ? Il se dégouttait, il était l'être le plus pourri qu'il ait jamais connu. Il était un monstre, il était… Harry l'interrompit :

-Mais je ne lui demande rien. Ceci n'est pas un chantage. De toute façon, c'est bien trop tard pour moi, il n'y a plus rien à faire.

Draco releva la tête, paniqué :

-Quoi ?

Harry le regarda avec douceur.

-Adieu, Draco Malfoy.

Et soudain, Draco se sentit projeté en dehors de l'esprit.

Il se réveilla totalement alerte, comme si il avait juste cligné des yeux. Il était assis sur une chaise dans la chambre de Harry et une infirmière le regardait, soucieuse.

-Monsieur, vous vous sentez bien ?

Mais Draco ne fit pas attention à elle. Il regarda par dessus son épaule pour voir Harry, toujours entouré de nombreux médecins. Et en plus de tout à l'heure, un bruit strident se faisait entendre dans la pièce. Il mit à peine quelques secondes pour en identifier la source qui n'était autre que la bulle de magie liée au cœur de Harry. Et cela ne pouvait vouloir dire qu'une seule chose, ce cœur s'était arrêté de battre.

oOo

All this time I can't believe I couldn't see
Kept in the dark but you were there in front of me

Et en une seconde, tout devint clair pour Draco. Voir Harry mourir sous ses yeux de cette façon, au lieu de la fausse réplique créée par son esprit qui paraissait en parfaite santé lui fit prendre conscience de la vérité. Et aussitôt, son regard s'embua de larmes, parce que désormais, il était devenu impensable pour Draco de perdre Harry. Il se leva violemment de sa chaise, bousculant sans ménagement l'infirmière qui s'occupait de lui, et s'approcha du lit de Harry, tout en se maudissant de n'avoir pas vu plus tôt ce qui se trouvait pourtant juste sous ses yeux. Et soudain, il vit l'un des médicomages hocher la tête en signe d'abandon, et la panique le submergea, plus rien d'autre que Harry n'avait d'importance, au diable les convenances. Il se mit à crier tout en se rapprochant du lit du Gryffondor.

-Harry ! Harry, écoutes moi je t'en supplie ! Je t'aime ! Je t'aime… répéta Draco, d'une voix brisée.

Un silence absolument assourdissant suivit sa déclaration. La bulle de magie liée au cœur de Harry ne faisait plus de bruit. Pendant un instant, le temps sembla se figer, comme si tout le monde s'était arrêté de respirer. Ce silence sembla durer une éternité à Draco. Et soudain, un son se fit entendre. Draco ne comprit pas tout de suite ce que c'était, jusqu'à ce qu'il entende, un long moment après, un deuxième son semblable au premier. Ces bruits n'étaient autres que les battements du cœur du survivant. Draco écouta plus attentivement : le battement suivant, encore plus éloigné, était beaucoup plus faible. Et parce que le sort du partage de l'âme n'avait cessé de fonctionner, Draco put lire en ce son étouffé toute l'incertitude de Harry. Le Gryffondor l'avait entendu dire « je t'aime », mais il avait du mal à croire à ses paroles, il n'avait pas confiance. Et Draco savait qu'il devait en faire plus, en dire plus.
Alors, doucement, le jeune garçon s'approcha du lit de Harry. Il prit la main du survivant, et, la voix brisée par ses pleurs, il reprit :

-Je suis désolé Harry, tellement désolé. Je ne suis qu'un crétin, un abominable crétin, et je comprendrais que tu ne veuilles plus avoir à faire à moi, mais accroche toi, juste le temps de m'écouter d'accord ? Quand je t'ai embrassé l'autre jour, je ne sais pas trop ce qu'il m'a pris, et maintenant, je me dis que c'est peut-être mon inconscient qui a parlé, mais ce n'est pas la question. Je suis parti après ce baiser parce que j'ai eu peur. Tu as parfaitement raison Harry, je suis un lâche, et j'ai eu peur de tomber amoureux de toi et de m'engager auprès de toi. Au lieu de ça, j'ai préféré prendre la fuite comme je l'ai toujours fait. Mais il faut que tu comprennes Harry que j'avais aussi peur de tomber amoureux de toi pour une autre raison. Tu… Tu es tellement merveilleux Harry, je veux dire, regarde tout ce que tu as accompli dans ta vie, regarde comment tu t'es battu pour ceux que tu aimes. Tu as vaincu Voldemort presque à toi tout seul, et ensuite, quand il a fallu que tu te sacrifies pour le monde, alors que tu t'étais tellement battu pour survivre, tu l'as fait sans hésitation. Je ne sais pas si tu te rends compte à quel point je t'admire, à quel point tu es pur et magnifique. Alors j'ai eu peur de t'aimer, non seulement parce que j'avais peur que l'amour d'un être aussi vil que moi entache une personne aussi pure, mais en plus parce que j'étais totalement persuadé qu'une personne aussi merveilleuse ne pourrait jamais m'aimer en retour, moi, le lâche.

Draco dut s'arrêter un instant, étranglé par les sanglots qu'il avait bien du mal à retenir.

-Je ne suis pas la bonne personne pour toi Harry, j'en suis certain, je ne peut pas être assez bien pour toi. Mais aujourd'hui, je décide d'être égoïste, et je décide de t'aimer. Peu importe à quel point mon impureté peut t'entacher, peu importe si je me brûle les ailes à voler trop près du soleil, mais je veux que tu te réveilles, uniquement pour moi.

A nouveau, le jeune homme s'arrêta, ne trouvant pas les mots pour continuer. En larmes, il appuya sa tête sur la main de Harry :

-Harry, je t'en supplie, réveilles-toi ! L'autre jour, quand je suis venu, tu m'as dit que tu n'avais pas besoin de revenir parce que plus personne n'avait besoin de toi, mais tu te trompais. Moi j'ai besoin de toi, je ne sais pas si aujourd'hui je pourrais réussir à vivre sans toi tu comprends ? Alors Harry, réveilles-toi pour moi, et je te jure que je resterais à tes cotés jusqu'à ce que tu ne veuilles plus de moi, et je te jure que je ferais tout pour devenir un homme meilleur qui pourrait enfin être digne d'une personne comme toi. Alors réveilles-toi Harry, je t'en prie ! Je t'aime tellement !

Draco sentit subitement un grand vide en lui. La partie de Harry qui vivait en lui, cette sombre partie, pleine de douleur, avait disparue. L'espace d'un instant, le jeune homme paniqua. Il cru que cette partie avait disparue parce que Harry était mort, mais en relevant la tête, il put s'apercevoir que la bulle liée au cœur de Harry n'avait pas recommencé à briller, pas plus qu'elle n'avait recommencer à émettre un son d'ailleurs. Draco comprit alors que Harry avait rompu leur connexion, tout simplement. Il se redressa alors tout en s'essuyant les yeux. Il n'y avait plus rien à dire, Harry avait fait son choix, c'était pour cela qu'il avait rompu leur lien. Harry allait vivre ou mourir, mais dans tous les cas, il ne pouvait plus rien y faire. Une infirmière se pencha alors sur Draco, elle avait l'air émue et lui parla tout doucement.

-Allez dans la salle d'attente maintenant s'il vous plait monsieur. Nous allons nous occuper de votre…ami.

Draco se leva, sans protester. Si Harry décidait de mourir, il préférait ne pas être là pour voir ça. Quand il se retourna vers la porte, il eut la stupéfaction d'y voir ameutée la famille Weasley au grand complet, à laquelle il fallait bien sur ajouter Granger, Londubat, Lovegood… Tous avaient l'air choqués, et Draco eut presque envie de rougir en comprenant qu'ils avaient tous dû entendre sa déclaration. Il décida alors de jouer l'indifférence, il avança vers eux, et les bouscula sans ménagements afin de sortir de la pièce. Alors qu'il se dirigeait vers les toilettes, il entendit toute les autres bouger à leur tour.
Draco entra dans les toilettes, soulagé d'être enfin seul. Il alla directement au robinet afin de se passer de l'eau sur le visage. Et en se regardant dans le miroir, il eut presque du mal à se reconnaître. Bien sur, c'était bien son visage, mais ce qu'il venait de faire dans la chambre de Harry, se déclarer devant tous le monde, et surtout pleurer devant tous le monde, ça ne lui ressemblait vraiment pas. Avec surprise, il se rendit compte qu'il s'en foutait après tout. Que tous aient pu voir ses faiblesses, il n'en avait rien à afire, du moment que Harry avait pu l'entendre. Il songea avec un petit sourire que la promesse qu'il avait faite à Harry ne serait peut être pas si difficile à tenir finalement, que déjà grâce à lui, il devenait meilleur.

oOo

Draco revint dans la salle d'attente, fidèle à lui-même. Sur son visage, rien ne laissait paraître qu'il avait pu se montrer si faible devant tous ces gens. Il avisa le dernier siège de libre, entre Rogue et l'un des jumeaux Weasley. Il s'y affala sans ménagement. En regardant autour de lui, il se dit que au moins les autres avaient la délicatesse de ne pas le fixer. En les observant plus attentivement, il put retrouver chez chacun d'eux les mêmes traits de fatigue et de tristesse qu'il avait remarqué chez Hermione plus tôt dans la journée. Et il se rendit compte que finalement, les autres ne devaient vraiment pas en avoir grand-chose à faire de ses états d'âme, que tous ce qui devaient leur importer, c'était l'état de Harry. Finalement, il tourna la tête vers son voisin de droite, George Weasley. Il se rendit compte que c'était peut être lui qui avait l'air le plus mal en point. Son visage était plus émacié, il semblait presque malade… Draco repensa à ce qu'il avait vu dans l'esprit de Harry, à la façon dont était mort Fred, et à quel point lui et George étaient proches. Soudain, il se rendit compte qu'il éprouvait de la compassion pour lui. Discrètement, il se racla la gorge, et se pencha vers lui :

-Au fait Weasley, je suis désolé pour ton frère, pour Fred…

Le rouquin le regarda en ouvrant de grands yeux surpris, mais Draco ne détourna pas le regard, il voulait lui montrer qu'il était totalement sincère. Et il sembla que George avait compris :

-Merci.

Un moment de silence passa entre les deux jeunes hommes.

-Malfoy ?

-Hmm ?

-Ce que tu as dit tout à l'heure à Harry, c'était la vérité n'est ce pas ?

-J'ai pensé chaque mot.

-Ok.

Le silence s'abattit à nouveau sur la petite pièce. Et Draco se sentit un peu mieux après cet échange, car il savait dorénavant que même après tout ce qu'il avait fait au cours des années, les choses étaient encore rattrapable pour lui, il pouvait encore réparer.

oOo

Les minutes passèrent, pour tous, elles s'égrenaient comme des heures, lentes et douloureuses. Draco eut l'impression qu'il allait devenir fou à force d'attendre comme cela, sans jamais avoir de nouvelle. Mais au moins, Harry n'était pas mort, son cœur n'avait pas cessé de battre. Soudain, un jeune médicomage entra dans la pièce. L'assemblée entière se leva d'un seul bond. Tous s'empressèrent autour du médecin, seuls Draco et Severus restèrent légèrement à l'écart. C'est Molly Weasley qui prit la parole :

-Comment va-t-il Docteur ?

-Et bien, c'est assez difficile à dire. Evidemment, nous ne savons toujours pas de quoi souffre Monsieur Potter, mais son état est en constante amélioration depuis son arrêt cardiaque de tout à l'heure. Bien sur, je ne peux rien affirmer de façon totalement certaine, mais si son état s'améliore de la même façon qu'il s'était détérioré, alors il a toutes les chances de s'en sortir.

Une onde de soulagement se propagea dans toute la pièce. Ginny Weasley sauta dans les bras de sa mère, Ron et Hermione s'enlacèrent en pleurant. Draco se retourna vers son parrain, tous deux étaient aussi très soulagés.

-Quoi Draco, tu vas me sauter dans les bras toi aussi ? Ironisa l'adulte avec un petit sourire.

Draco esquissa un sourire à son tour. Il senti quelqu'un lui poser la main sur le bras. Il se retournait à ce contact quand Granger l'enlaça, sans vraiment lui demander sa permission.

-Merci Draco, si Harry s'en sort, ce sera entièrement grâce à toi, alors merci infiniment !

La jeune fille pleurait. Draco quand a lui la regardait avec de grands yeux effarés, ne sachant quoi faire. Du coin de l'œil, il pouvait voir son parrain s'empêcher de rire, ce qui semblait très difficile. Finalement, la jeune fille se détacha de lui, toujours sanglotant, et avec un regard d'excuse pour ce geste, elle retourna vers Ron.
Après ce moment d'effervescence, tout le monde se rassit. La tension reprit le dessus, car même si ils pensaient maintenant que Harry allait bien, ils auraient tous voulus en avoir une preuve plus tangible.

Près de trois heures plus tard, le même médecin revint les voir et fut accueilli par le même mouvement. Tous le monde se leva pour l'entourer, Draco et Severus toujours un peu à l'écart.

-Il s'est réveillé, leur annonça seulement le médicomage.

Un nouveau soupir de soulagement passa à travers l'assemblée.

-On peut le voir ? demanda Hermione, d'une petite voix.

-Euh, oui, mais pas tous à la fois. Je pense que trois personnes au maximum, se serait bien.

D'un commun accord, tous semblèrent penser que Ron et Hermione devait aller le voir. Mais la dispute faisait rage entre Ginny et Neville pour la troisième place. Hermione chuchota alors quelque chose à l'oreille de Ron qui hocha la tête. Sans accorder un regard de plus à sa famille, celui-ci s'approcha alors de Draco. Un grand silence se fit dans la pièce alors que les deux ennemis se retrouvaient face à face. Semblant chercher ses mots, Ron prit enfin la parole :

-Je suis le meilleur ami de Harry. Pourtant, je l'ai abandonné plus d'une fois, tu sais. J'ai vraiment été un sale con avec lui parfois, alors qu'il a toujours été juste génial. Bien sur, la plupart du temps, je me suis rattrapé, mais le plus important, c'est qu'il m'a toujours pardonné dès le moment ou je me mettais à regretter mes actes. Ce que j'essaie de te dire Malfoy, c'est qu'on fait tous des erreurs, et que même si ce n'est pas toujours facile, il est toujours temps de se faire pardonner.

Draco n'en croyait pas ses oreilles, Ron Weasley lui proposait…une trêve ?

-Merci, réussit-il seulement à répondre.

-Bien, maintenant que c'est fait, tu viens voir Harry avec nous ?

Le blond hocha la tête et emboîta le pas au rouquin.

oOo

Les trois jeunes gens se tinrent un moment immobile devant la porte de la chambre de Harry. Draco se tenait derrière Ron et Hermione qui se tenait la main.

-Près les garçons ? demanda Hermione.

Tous deux hochèrent la tête. La jeune fille ouvrit alors la porte. Draco fut tout de suite happé par les deux émeraudes de Harry, qui semblaient briller tellement fort sur son visage émacié. Alors que les deux autres s'approchaient du lit, il préféra rester à l'écart : il avait besoin de parler à Harry, mais en privé. Quand Ron et Hermione vinrent se poster des deux cotés du lit du survivant, celui-ci lâcha le blond des yeux pour reporter son attention sur eux.

-Salut…dit-il seulement, d'une voix assez faible.

Et Hermione se remit à pleurer.

-Hermione, qu'est ce que tu as ? Lui demanda Harry, surpris.

-Oh Harry, je suis désolée, mais j'ai eut tellement peur tu comprends ?

Le jeune homme eut un petit sourire.

-Oui, je suis désolé pour ça, mais cesse de t'en faire, je suis là maintenant, et je compte bien rester.

Alors que Hermione tentait d'assécher ses larmes, Draco observa Harry un peu surpris. L'espace d'un instant, il se demanda si tout ce qu'il avait vécu ces deux derniers jours n'était pas un effet de son imagination. Parce que Harry, tel qu'il se trouvait devant lui maintenant, n'avait rien à voir avec celui qu'il avait rencontré dans son esprit. Draco ne pouvait déceler aucune trace de peur, de douleur dans son regard. Mais alors que le brun tentait de consoler sa meilleure amie, il comprit pourquoi. Harry restait fidèle à lui-même, devant ses plus proches amis, même si il se sentait complètement détruit au fond, il essayait de se montrer fort, juste pour qu'ils ne s'inquiètent pas trop.

-Harry, tu vas vite guérir, tu verras. Ensuite, tout ira mieux.

-Mmhh, répondit seulement Harry à son meilleur ami.

-La guerre est finie, grâce à toi ! s'exclama Hermione.

Harry ne répondit pas. Et Draco s'aperçut alors de quelque chose qu'il n'avait jamais vu entre ces trois-là. A l'évocation de la guerre, il put voir que de nouveaux sentiments étaient nés chez Ron et Hermione, un respect infini, ainsi que beaucoup de gratitude, et cela ne plaisait manifestement pas à Harry.

-Ron, je voulais te dire, je… je suis vraiment désolé pour Fred.

Le rouquin ne répondit rien, il n'y avait rien à répondre à cela. Il lui prit simplement la main, et Hermione en fit de même. Beaucoup de chaleur se dégageait à cet instant entre les trois meilleurs amis, et Draco se sentit un peu gêné.

-Et Teddy ?

-Il va bien Harry, c'est Andromeda qui va s'occuper de lui, mais elle a vraiment hâte que tu te réveilles, cet enfant aura besoin de son parrain.

Harry ne répondit pas. Bien sur, il s'occuperait de Teddy, mais il avait du mal à supporter que cet enfant devrait grandir sans ses deux parents, comme lui. Hermione sembla remarquer sa tristesse.

-Harry, il ne sera pas seul cet enfant, tu le sais n'est ce pas ? On sera tous là pour lui, il ne grandira pas comme toi…

Harry lui fit un petit sourire, reconnaissant pour ces paroles qui le réconfortaient, un peu.

-Ron, Hermione, je voulais vous dire… Merci, merci pour tout. Je ne sais pas ce que je serais devenu sans vous, jamais je n'aurais pu aller au bout. Je… Merci.

Les deux autres se regardèrent et Hermione reprit :

-Harry, je ne sais pas si l'on t'a servi autant que tu le dis, tu sembles oublier trop souvent à quel point tu es exceptionnel, ce que tu as accompli cette année, et même avant cela, personne d'autre que toi n'aurait pu le faire. On resté avec toi parce que nous aussi on voulait combattre, mais surtout parce qu'on t'aime et que ça n'a jamais été juste que tu aies à faire tout ça tout seul.

-Je ne sais pas si je suis aussi fort que tu le dis, mais je suis heureux de vous avoir eut tous les deux auprès de moi.

C'est Ron qui lui répondit.

-Harry, on a commencé tous les trois. En première année, on est allée dans le couloir interdit ensemble, en seconde année, c'est pour sauver ma sœur que l'on s'est battu ensemble, en troisième année, on a sauvé Sirius et découvert la vérité à propos de Pettigrow tous les trois. En cinquième année, on était encore ensemble dans le département des secrets. Et cette année, on a accompli ce long voyage tous les trois. C'est tous les trois que l'on a tout commencés, et c'est tous les trois que tout ce finira, compris ? Ensemble jusqu'au bout.

Harry lui répondit par un sourire ému.

-Bon, on va te laisser maintenant, repose toi. On repassera te voir très bientôt, lui dit Hermione en l'embrassant sur la joue.

En regardant les deux autres sortir, Draco ne put s'empêcher de se sentir jaloux d'eux, de tous les trois à vrai dire. Parce qu'il n'avait pas eu besoin d'être particulièrement ouvert sur les sentiments pour comprendre à quel point ces trois là étaient liés, à quel point leur amitié était forte. Et lui, des amis comme ça, il n'en possédait pas. Harry suivit ses amis du regard jusqu'à ce qu'ils quittent la pièce, et à l'instant ou ils sortirent, il reporta ses yeux dans ceux de Draco. Le blond se sentit troublé, le regard de Harry était d'une intensité rare. Le silence dura un long moment, et il eut l'impression désagréable que le Gryffondor arrivait à lire en lui.

-On partage quelque chose de particulier tous les trois.

Draco réprima une exclamation de surprise, Harry lisait-il donc dans ses pensées ? Celui-ci reprit :

-On est lié à vie parce qu'on a vécu des choses que personne ne peut comprendre. On était que tous les trois l'année dernière, et il n'y a qu'eux qui savent à quel point cela a été dur, à quel point on a pataugé, le nombre de fois ou on a failli mourir… Le chemin que j'ai parcouru, durant toute ma vie, a été solitaire. C'est comme si j'avais marché sur un chemin escarpé, et dans le noir. De temps en temps, il y'avait une lueur sur le bord de ce chemin qui m'indiquait la direction à prendre et qui me soufflait de continuer, de ne pas abandonner. Cette lumière, c'était Ron ou Hermione. Ils peuvent dire ce qu'ils veulent, mais sans eux, je n'aurais jamais réussi, et je serais mort bien avant. Ils comptent pour moi bien plus que tu ne peux te l'imaginer, et bien plus que je ne saurais le dire. Je ne saurais pas vivre sans eux, ils sont ce qu'il y'a de plus important pour moi.

Draco détourna les yeux, encore plus jaloux.

-Mais tu sais Draco, ce n'est pas pour eux que je suis revenu.

Et soudain, Draco se rappela que Harry n'était pas heureux, et qu'il avait besoin de lui, bien plus qu'il ne le montrait à cet instant. Alors, à son tour, il s'approcha de Harry, en cherchant ce qu'il allait lui dire, en essayant de trouver les bons mots :

-Harry, je…

Soudain, un éclair de panique passa sur le visage de Harry. Draco ne savait pas très bien ce que le garçon avait lu dans l'incertitude de sa voix, mais cela le terrifiait très clairement.

-Draco, Draco je t'en supplie, ne reprends pas ce que tu m'as dit tout à l'heure, tu ne peux pas faire ça !

Le jeune homme suffoquait, en proie à une véritable crise de panique.

-Ton aveu, c'est la seule chose qui m'a fait revenir, je ne peux pas être revenu pour être sans toi Draco. Je ne peux pas faire ça, je ne peux pas…

Draco le regarda, estomaqué. Harry avait besoin de lui, Harry ne pouvait pas vivre sans lui. Et alors que jusqu'à maintenant, il s'était senti paniqué à l'idée que le garçon soit ainsi dépendant de lui, ce n'était désormais plus le cas. Pour la première fois de sa vie, il se sentait courageux, il n'avait plus peur, il n'avait même pas envie de fuir. Il avait toujours été un lâche, mais pour Harry, il savait qu'il pouvait se montrer fort. Il prit la main de l'homme qu'il aimait :

-Harry, Harry calme toi. Je ne vais pas reprendre ma parole. Je t'ais dit toute la vérité, et je compte bien tenir les promesses que je t'ai faites.

Harry le regarda, cherchant à savoir si il était vraiment sincère.

-C'est vrai ?

-Bien sur ! dit-il en riant. Je t'aime Harry, je veux être avec toi, et je t'aiderais à t'en sortir, c'est promis.

-Draco… Moi aussi je t'aime.

En attendant cet aveu pour la première fois prononcé à voix haute, et même si il l'avait compris depuis bien longtemps, Draco se sentit ému, et incroyablement heureux.

-A quoi tu penses ?

-Je me demandais comment, après toute les mauvaises choses que j'ai pu faire, je pouvais encore être assez chanceux pour qu'un garçon comme toi puisse tomber amoureux de moi.

-Tu te sous-estime Draco, tu n'as pas eu de chance, mais si on t'en donne l'occasion, je suis sur que tu peux être quelqu'un de bien.

Draco ne répondit rien, toujours aussi ému. Comment Harry pouvait-il être aussi bon avec lui ? C'était lui qui n'avait pas eu de chance et pourtant, il avait toujours été quelqu'un de merveilleux, de fort et de courageux. Draco vit soudain un élan de tristesse passer sur le visage du survivant :

-Harry, qu'est ce qu'il y'a ?

-Comment je vais faire Draco ? demanda-t-il d'une voix suppliante. Comment … ?

Et Draco comprit tous de suite toute les interrogations que ce "comment" impliquait : comment je vais faire pour vivre avec tout ça, comment je pourrais oublier, comment pourrais-je être à nouveau heureux ? Doucement il s'approcha de Harry et l'embrassa, calmement, sans le brusquer cette fois. Puis il le prit dans ses bras.

-Je ne sais pas Harry, mais je te promets qu'ensemble, on trouvera.

Draco ferma les yeux, heureux, pour la première fois, il se sentait entier.


Voilà, voilà !

Alors, pour commencer, la traduction de la chanson, pour ceux qui ne parlent pas l'anglais :

(Réveille-moi)
Réveille-moi de l'intérieur
(Je ne peux pas me réveiller)
Réveille-moi de l'intérieur
(Sauve-moi)
Crie mon nom et sauve-moi des ténèbres
(Réveille-moi)
Ordonne à mon sang de couler
(Je ne peux pas me réveiller)
Avant que je sois détruit
(Sauve-moi)
Sauve-moi du rien que je suis devenu

Comment peux-tu lire en moi comme dans un livre ouvert
Te menant au plus profond de moi
Où je suis devenue si engourdi
Sans âme
Mon esprit dort dans un endroit froid
Jusqu'à ce que tu le trouves là-bas
Et que tu le ramènes à la maison

Maintenant que je sais ce qui me manque
Tu ne peux pas me quitter
Insuffle la vie en moi et rend-moi réelle
Ramène-moi à la vie

Gelée à l'intérieur sans ton contact
Sans ton amour, chéri
Seul toi représentes la vie parmi les morts

Tout ce temps, je ne peux pas croire que je ne pouvais pas voir
Tenu dans l'obscurité, mais tu étais là devant moi.

Alors, voilà. Je ne sais pas trop ce que je fais maintenant. Je peux laisser ma fanfic comme ça, parce que c'est pas si mal comme fin, après tout. Ou alors, j'avais pensé à faire un épilogue, mais très court, ou j'expliquerais un peu comment ça se passe après.

Donc, ben, dites moi ce que vous en pensez…