Merci à Cracotte et à Minea pour les conseils et Cihanethyste les corrections *gros calins!* Et à Suiyune, YazuSefirosu91, EternalGivrali, Melior Silverdjane, Orellia, Cracotte16, EmoKami et MonaYsa, grand merci pour pour leurs reviews et vos encouragements 3


De l'autre côté du miroir

Le réveil se fit difficile. Il émergea doucement de son sommeil, dérangé par la lumière vive qui pénétrait dans la pièce où il se trouvait. Du regard, il essaya de cerner malgré sa vue voilée par la fatigue l'endroit en question. La chambre était petite et simple, décorée de manière sobre de trois vases garnis de fleurs. Une chaise était installée près du lit et, sur celle-ci, un ensemble en cuir noir était soigneusement plié. Un long katana dans son fourreau y était posé.

Il fronça les sourcils en l'observant. Il avait l'impression de reconnaître cette magnifique lame, mais il ne savait pas d'. Il tendit sa main pour la toucher du bout des doigts, mais fut arrêté dans son geste quand la porte de la chambre s'ouvrit avec lenteur. Une jeune femme en robe rose entra tout en tenant un plateau de nourriture.

- Oh, vous êtes enfin réveillé, fit-elle avec un sourire timide.

Elle referma derrière elle et posa son fardeau sur la table de chevet.

- Qui êtes-vous? Où suis-je?

- Mon nom est Aerith et vous êtes chez moi.

Aerith l'observa avec un brin d'inquiétude dans le regard, puis brisa le silence qui s'était installé.

- Je suppose que vous ne vous souvenez pas de qui vous êtes?

La question lui sembla étrange, puis il se rendit compte qu'effectivement c'était le cas. Il ignorait ce qui s'était passé avant de reprendre connaissance dans cette chambre.

- Parce que vous savez qui je suis?

L'interrogation n'était pas agressive, mais plutôt sombre.

La tristesse imprégna les yeux de la jeune femme.

- Je peux éventuellement vous le dire mais... il faut vous en rappeler tout seul.

Un regard blessé fut ce qu'elle reçut en réponse de l'argenté; ce dernier riva son attention sur le katana.

- Cette lame... était-elle à moi?

- Oui, affirma sombrement Aerith.

Encore un silence pesant. La jeune Cetra le brisa en lui proposant le repas qu'elle lui avait apporté.

- J'ai pensé que vous auriez faim.

Il n'avait pas vraiment d'appétit, il sentait surtout l'étrange nécessité de se lever et courir pendant quelques heures. Après cela, oui, il consentirait à profiter du mets qui lui était gentiment offert.

- J'ai besoin de sortir, fit-il en essayant de se redresser.

À peine avait-il amorcé le mouvement qu'il fut pris d'une violente douleur à la tête. Une série d'images l'assaillit : il entraperçut un village en feu, une femme nue reliée à des câbles plongée dans une sorte de cuve remplie d'un liquide bleuâtre. Il s'ensuivit un autre flash où il vit un grand dragon noir anéantir tout une armée, puis le visage d'un jeune homme aux épais cheveux noirs en bataille.

- Du calme, calmez votre esprit...!, lui demanda Aerith, penchée sur lui, inquiète.

Flash

Séphiroth...!

Flash

Séphiroth: ... Séphiroth... C'est...

Flash

- C'est mon nom..., fit-il en la regardant.

- Oui..., confirma Aerith avec un geste de la tête tout en soupirant.

Séphiroth observa le katana; un sentiment de culpabilité envahit son cœur. Pourquoi avait-il l'impression que cette arme inspirait plus la mort que proprement la protection?

La vendeuse de fleurs se sentait peinée pour l'homme devant elle. La tâche que lui avait confiée sa mère s'avérait bien plus difficile qu'elle ne l'avait cru. Comment soigner une âme aussi meurtrie sans la blesser davantage?

- Aerith, je suis rentrée! fit la voix d'Elmyra depuis le rez-de-chaussée, tirant la jeune femme de ses pensées.

- J'arrive maman!

Elle se tourna vers l'ancien général avant de lui remplir un verre d'eau.

- Je vais voir ma mère. Je reviens d'accord? Mangez un peu, vous vous sentirez mieux.

Sur ces mots, elle se leva et quitta la chambre en refermant la porte.

L'argenté lâcha un soupir de défaite et goûta le simple repas que la jeune femme lui avait apporté. Cela ressemblait à du ragoût, l'odeur était agréable et ouvrait l'appétit.

~oOo~

Zack avait fini sa journée de travail et salua son patron avant de quitter le magasin. Mine de rien, le propriétaire était quelqu'un de très bavard et sympathique malgré son air grincheux.

Il s'attarda un peu sur la boutique de Matérias et y acheta une de Feu et une de Glace. Il en avait même profité pour réparer un bâton métallique qui traînait dans un coin de l'établissement de son chef et en faire cadeau à Aerith.

Il n'était pas tranquille, sa petite amie était sans cesse surveillée par les Turks et se déplaçait seule dans les différents secteurs. Les taudis étaient connus pour la racaille des bas fonds qui y vagabondait, prête à s'en prendre à des gens sans défense dès que l'occasion se présentait.

Il quitta le magasin de Matérias pour rentrer directement chez Aerith lorsqu'une voix l'interpella depuis un angle discret de la ruelle.

- Je suis heureuse de te revoir, Zack.

Sur ses gardes, il se retourna et posa son regard sur la jeune Turk qu'il reconnut aussitôt.

Elle le fixait avec un petit sourire. Zack sentit son cœur battre à tout rompre, ne sachant comment réagir devant Cissnei.

On l'aurait crue innocente avec ses traits de demoiselle aux grands yeux noisette et ses cheveux bruns mi-longs ondulés. Cependant, le fait qu'elle soit habillée d'un costar noir, typique des Turks, démentait l'apparence éphémère de naïveté qu'elle dégageait au premier abord.

- Comment ça va, Zack?

L'ex-Soldat se maudit dans un souffle. Quelle idée d'être sorti avec son uniforme de première classe aussi! Il aurait dû savoir que ses vêtements n'étaient pas des plus discrets.

- Qu'est-ce que tu veux?

Sa voix était bien plus agressive qu'il ne l'aurait souhaité, mais il n'avait pas oublié qui elle était et surtout pour qui elle travaillait. Le regard de la jeune femme s'attrista. Elle ne pouvait pas lui en tenir rigueur d'être en colère. N'importe qui réagirait ainsi à sa place.

- Je comprends que tu sois furieux Zack, mais je viens en paix.

Zack croisa les bras et l'observa, méprisant.

- Ah ouais? Alors on nous envoie une bonne centaine de miliciens sur la gueule et tu me sors 'Je viens en paix'? Tu te fous pas de moi, là, quand tu dis ça, non?

- C'est un malentendu, répondit-elle simplement.

Le jeune homme aux cheveux noirs sembla être à la fois surpris et encore plus méfiant. Cependant, Cissnei ne lui donna pas le temps de rétorquer et l'invita à la suivre.

- Allons discuter dans un coin plus discret, d'accord? Je sais que tu veux des explications, en voilà une : si tu as vu Reno et Rude lors du combat c'était pour qu'ils viennent vous sortir de là, pas pour vous tuer.

L'ex-Soldat resta sceptique, mais à bien y repenser, c'était vrai qu'il avait trouvé louche que les deux comparses ne soient pas intervenus lors de l'assaut. Ils paraissaient pris entre les deux camps. Il secoua la tête. C'était incohérent à ses yeux, pourtant Cissnei était l'une des rares personnes à qui il aurait confié sa vie sans hésiter.

- Non, juste nous embarquer et nous ramener dans les labos. Non merci, j'ai eu ma dose avec ces fanatiques de la seringue et de ce fou d'Hojo, rétorqua le mercenaire sans occulter la haine qu'il avait pour ce dernier.

Cissnei sembla déstabilisée, mais se reprit.

- Encore une fois, c'est un malentendu.

Le regard de Zack en disait long sur sa méfiance et la jeune femme soupira.

- Écoute, si vraiment je devais te ramener, penses-tu qu'on serait encore là à discuter, sans qu'un groupe de miliciens te soit déjà tombé dessus? Je veux t'aider Zack.

- Admettons que je te croie.

- C'est le cas... donc tu me fais confiance ?

À contrecœur, le brun acquiesça et la suivit. Il savait que de toute façon il n'avait guère d'autre choix. ''Espérons que je ne vienne pas à le regretter...'' songea-t-il en lui emboitant le pas.

~oOo~

Aerith aidait sa mère à ranger les courses quand le bruit de pas dans les escaliers attira son attention. Séphiroth descendait chaque marche de façon maladroite et elle remarqua qu'il s'était changé. Il portait son trench-coat noir à la place du pyjama du défunt mari d'Elmyra.

Cette dernière sembla au bord de la panique, sans savoir que dire ou même comment réagir devant le général en personne, amnésique ou pas.

- Vous ne devriez pas vous lever! le rabroua Aerith alors qu'Elmyra pâlissait d'avantage devant l'audace de sa fille.

- J'ai besoin de prendre l'air, j'ai l'impression d'étouffer, répondit calmement l'argenté malgré l'intonation froide de sa voix.

- Vous n'êtes pas en état de sortir, vous devez vous reposer.

Il lâcha un soupir puis amorça un geste pour descendre l'ultime marche lorsque son pied la manqua au dernier moment. Il bascula vers l'avant, la tête la première par terre. Aerith eut tout juste le réflexe de le rattraper sous le cri d'effroi d'Elmyra.

Se remettant du choc, la mère d'Aerith vint secourir celle-ci qui tombait presque sous le poids du général.

-Aerith, par ici, aide-le à s'asseoir.

Elle tira une chaise et y installa doucement l'ancien héros du Soldat.

Séphiroth semblait sonné et ne réalisait qu'à cet instant ce qu'il venait de se passer.

- Vous voyez? Vous tenez à peine sur vos jambes, pourquoi vous obstiner?

L'argenté la regarda, perdu et aussi un peu froissé.

- Je ne suis pas un prisonnier, à moins que cela soit le cas?

- Non, je vous rassure, vous n'êtes pas séquestré par qui que ce soit, le tranquillisa Aerith en levant les yeux au plafond.

L'ancien général l'observa, puis fixa ses paumes.

-Pourquoi faites-vous cela?

La principale concernée posa les mains sur ses hanches, un faible sourire en coin.

- Parce que vous n'êtes pas en état de faire quoi que soit. Alors soyez sage.

Elmyra eut malgré elle un petit rire nerveux, qu'elle s'empressa d'étouffer. Voyant sa fille adoptive réagir ainsi avec le grand général, on aurait cru assister à la scène d'une mère qui sermonne son enfant capricieux.

Séphiroth la dévisagea froidement puis réalisa combien son attitude était idiote au fond. Que cherchait-il à se prouver en risquant de se tuer d'une chute dans les escaliers? Cette jeune femme et sa mère l'avaient accueilli et prenaient soin de lui. Il ignorait dans quelles circonstances il s'était retrouvé ici, mais une chose était sûre: elles semblaient le connaître. Il n'aurait pas eu ce traitement de faveur s'il avait terminé entre les mains d'individus douteux comme...

(Flash)

Quelqu'un en blouse blanche l'observait alors qu'il était plongé dans une sorte de cuve à l'eau verte. Sa vision était trouble, mais il discernait bien le visage méprisant de l'homme à la queue de cheval qui l'étudiait derrière ses lunettes et son calepin.

(Flash)

Il eut une sensation de vertige et appuya une de ses mains sur sa tête.

- Je vais lui servir un verre d'eau, proposa Elmyra, un peu inquiète

Aerith acquiesça et prit place près de Séphiroth, l'air grave.

- Ça passera, Séphiroth.

Il la regarda de façon énigmatique, puis remercia la femme qui lui amena l'eau d'un geste de la tête.

- Vous semblez savoir beaucoup de choses me concernant.

La jeune femme devant lui eut un frêle sourire.

- Un peu.

Elle pencha sa tête un peu de côté, toujours aussi joyeuse.

- Je ne vous ai pas encore présenté ma mère, Elmyra.

Son regard félin se posa sur elle et l'observa en silence. Il ne discernait rien de particulier chez celle-ci, ce qu'il ne pouvait pas dire concernant sa fille. Elle dégageait quelque chose d'étrange et aussi de... dérangeant. Un je ne sais quoi qui mettait tous ses sens à l'affût, comme s'il y avait un danger à proximité.

- Je... Enchanté... je crois.

Il fronça les sourcils, confus.

- Oh, c'est un honneur pour moi de vous accueillir dans mon humble maison, gén-, euh monsieur Séphiroth, se corrigea à la hâte Elmyra au regard sous-entendu d'Aerith.

La bafouille ne passa pas inaperçue de l'argenté; en attente d'explications, il dévisagea Aerith.

Elle fit mine de l'ignorer et se leva.

- Maman, tu as besoin d'aide pour préparer le dîner?

Elmyra se tourna vers sa fille.

- Non Aerith, ça ira. Pourquoi n'emmènes-tu pas notre invité dehors?

La jeune femme eut un petit rire et s'adressa à Séphiroth, qui avait l'impression d'être tombé dans la quatrième dimension.

- Je vais vous soutenir à marcher un peu à l'extérieur, d'accord?

L'argenté accepta d'un signe concis de la tête et se mit debout sans trop de mal. Il commençait à avoir la migraine à cause du raffut des casseroles. Il était surtout ébahi par les contradictions auxquelles il venait d'assister: un coup on le réprimandait parce qu'il voulait sortir, et là on l'invitait à le faire. Il ne chercha pas à comprendre. Il était trop fatigué, trop perturbé par ces images qui assaillaient son esprit pour raisonner.

La jeune femme l'amena vers ce qui ressemblait à un gigantesque jardin de fleurs, bien en contraste avec la pauvreté des taudis où il se trouvait. Il pouvait peut-être ne pas savoir vraiment qui il était, mais il reconnaissait néanmoins l'endroit. Il était dans un des secteurs défavorisés en dessous de la plateforme supérieure de Midgar. Son regard alla des maisons à la Plaque, sentant une sorte d'amertume dans son âme.

Aerith sembla percevoir ses pensées, et son cœur se serra.

- Vous vous souvenez de quelque chose?

Séphiroth émergea de sa contemplation silencieuse et acquiesça.

- Étrange jardin paradisiaque au milieu de cet enfer...

Ces mots troublèrent Aerith, qui suivit le mouvement des yeux de Séphiroth. Ce dernier prit place sur un des bancs. Il observa la petite cascade qui coulait malgré le barrage de roche et de béton qui séparait ce secteur des autres.

Aerith eut un sourire malgré l'impression insolite que le général lui donna par ces paroles. ''Il n'est peut-être pas si insensible qu'il voudrait le faire croire.'' Conclut-elle, soulagée.

~oOo~

Zack prit place à une table et observa autour de lui. Cissnei l'avait amené dans un bar de fortune et les deux s'étaient installés dans un coin éloigné, bien à l'abri des oreilles trop indiscrètes. Le tenancier arriva vers eux et nota le rafraîchissement que le Soldat avait commandé, alors que Cissnei saisissait son verre d'eau.

- Bon, je t'ai suivie. Jusque-là, OK. Maintenant, crache le morceau pour que je puisse rentrer le plus vite possible.

Cissnei le regarda avec un sourire amusé.

-Je ne crois pas qu'il puisse aller loin dans l'état où il est.

Le mercenaire sembla à la fois surpris, horrifié et en colère.

- Parce qu'en plus vous savez que Séph-

Il se tut, ferma les yeux et se pinça l'arrête du nez pour reprendre son calme et raisonner. ''Une nouveauté: réfléchir avant de débiter des conneries. Angeal en serait fier, tiens...'', pensa-t-il avec ironie.

- Oui, je suis au courant.

Elle observa Zack quelques instants avant de sortir quelque chose d'une des poches intérieures de sa veste.

- Pour toi.

L'ex-Soldat rouvrit les paupières et fut pris devant le paquet de lettres qu'elle lui tendait. D'une main hésitante, il les saisit et sentit l'émotion déborder de ses yeux. C'était les courriers d'Aerith. D'un geste tremblant, il en déplia un et ne put retenir des larmes de joie et de tristesse.

- Reno et Rude avaient pour mission de te les rapporter après être parvenus à vous trouver... mais la milice a été plus rapide. Ils ne pouvaient rien faire sinon regarder.

Zack remit la lettre dans son enveloppe et la posa avec les autres. Il cacha son visage derrière ses mains, le temps de reprendre contenance, puis fixa Cissnei.

- Dans quel but?

- Vous ramener tous les deux. Tseng avait donné des ordres précis à ce sujet.

L'ex-Soldat fronça les sourcils: pourquoi le chef des Turks...

La jeune femme sembla deviner ses pensées et répondit:

- Je ne connais pas les détails Zack. Ma mission était de vous retrouver avant la milice.

- Tu parles de Séphiroth et moi, mais... qu'en est-il de Cloud?

Pour la première fois depuis cette entrevue, elle fuit le contact visuel.

- Il a été moins chanceux que vous, on va dire.

Cette nouvelle atterra le jeune homme.

Zack fixait les lettres d'un regard vide au souvenir de Cloud. À leur première mission ensemble, il s'était lié d'amitié avec le blond. Un an s'était écoulé et ce sentiment envers ce dernier n'avait cessé de croître. Ils se revirent encore au moment de l'assignation à Nibelheim. Malgré le peu de temps qu'ils y étaient restés, Cloud était devenu comme un frère pour lui.

Malheureusement, cela ne s'était pas passé comme il l'aurait souhaité... Si seulement Genesis n'avait pas empoisonné l'esprit de Séphiroth avec son venin... Les choses n'auraient pas tant mal tourné... Séphiroth ne se serait pas enfermé dans le sous-sol du Manoir Shinra pendant sept jours... et... il n'y aurait pas eu l'incendie...

Au début, il croyait que Séphiroth était le fautif... mais quand il l'avait aperçu à la poursuite de Genesis en direction du Mt. Nibel, il avait su que c'était le Banoran le responsable d'une telle horreur.

Il avait aidé les survivants du mieux qu'il put, puis avait pourchassé à son tour Genesis. Il avait trouvé d'abord Tifa, blessée avec quelques brûlures sur les escaliers près des cuves métalliques, tandis que Séphiroth affrontait Genesis au cœur même du réacteur, dans l'intention de le ramener de force et de l'obliger à répondre de ses actions devant la cour martiale. Trop aveuglé dans le feu de l'action, il ne s'était pas rendu compte que le Banoran le provoquait délibérément.

Tout ça pour quoi? Juste pour remuer le couteau dans la plaie et le faire sortir de ses gonds. Cloud et lui avaient essayé d'intervenir, mais les choses s'étaient compliquées: quelque chose était venu troubler l'argenté et il avait perdu l'esprit.

Au final, ils avaient dû le combattre alors que Genesis avait profité de cette brèche pour s'échapper. Son dernier souvenir fut de voir Séphiroth inconscient assis sur le sol, appuyé contre une cuve métallique, et Cloud agoniser sur les escaliers non loin de lui.

Lors de sa fuite des laboratoires, il n'y avait personne d'autre à part Séphiroth et lui-même... Il ignorait ce qu'était devenu Cloud, mais refusait de le croire mort.

Cissnei observa longuement Zack en silence, lui laissant le temps de digérer l'information, puis reprit la parole :

- Je suppose que tu vas rester un moment dans le coin?

Zack la regarda, l'air un peu absent, mais il acquiesça à sa question.

La jeune femme lui passa un téléphone portable qu'il examina avec méfiance.

- Il est sécurisé, ne t'inquiète pas.

Elle soupira et riva ses yeux à ceux de Zack.

- Tu ne me reverras plus prochainement, considère ça comme un cadeau d'au revoir.

Elle se leva.

- Quoi? Comment ça?, lui demanda Zack, sortant de sa torpeur.

- Tu as parfaitement entendu.

- Je fais comment pour te joindre?

Un sourire triste s'étira sur les lèvres de la jeune Turk.

- Qui te dit que je ne t'appellerai pas de temps en temps?

Elle redevint sérieuse.

- Je dois me faire discrète dans un premier temps Zack, du moins le temps pour faire disparaître vos traces.

- Tseng est au courant de ce que tu fais? la questionna-t-il, sans rompre leur contact visuel.

Elle se contenta de hausser les épaules sans perdre cet air mélancolique. Si elle le faisait pour les aider ou sous les ordres de son supérieur, le geste était noble. Cependant, il ne voulait pas qu'elle soit traquée à son tour pour trahison...

- On va dire que concernant certaines choses, il fermera les yeux. Tant que toi et Séphiroth ne faites pas trop de grabuge, il n'agira pas de son côté.

Zack fronça les sourcils et pencha légèrement la tête de côté.

- J'avoue que par moment, je trouve les méthodes des Turks bizarres.

Cela valut un petit rire de la jeune femme.

- Bien plus discrètes que la méthode Soldat.

Pour la première fois depuis cette entrevue Zack lui rendit le sourire. Il se sentait heureux. Heureux de reparler avec son amie sans cette désagréable amertume et colère qui lui nouait le cœur.

- Je dois partir maintenant.

Elle sortit de sa poche de quoi payer les boissons et posa le tout sur la table avant de s'éloigner. Néanmoins, elle se retourna une dernière fois vers Zack :

- Ah oui, un petit conseil: surveille de près Aerith.

Sur ces mots, Cissnei quitta la taverne.

L'ex-Soldat voulut l'interpeller pour connaître la raison de cet avertissement, mais elle avait déjà disparu de son champ de vision. Il soupira et prit les lettres avant de rentrer chez la mère d'Aerith.

~oOo~

L'air frais lui fit du bien; Séphiroth se sentait revigoré. L'endroit en lui-même suscitait la tranquillité. Son regard se posa un moment sur le ruisseau qui coulait non loin de lui, avant de fixer la jeune femme qui s'occupait d'un parterre de fleurs. Elle semblait concentrée sur ce qu'elle faisait.

Séphiroth: Je suppose que vous ne me direz rien sur moi?

- Ça dépend de ce que vous savez, lui répondit simplement Aerith.

Séphiroth se mit debout et se tourna vers elle, las de tous ces mystères.

- J'ignore tout de moi à part mon nom, le fait que l'arme qui se trouve dans la chambre m'appartient, que ces vêtements sont d'ordre militaire et que votre mère m'a appelé Général.

Il la regarda se lever et dépoussiérer sa robe. À l'expression grave de son visage, il comprit qu'il avait énoncé des propos évidents qui l'obligeraient à dévoiler son identité.

Aerith fit face à Séphiroth, la mine plus sérieuse que jamais.

- Oui, vous êtes Général, du moins vous l'étiez. Cela fait quatre ans que vous êtes porté disparu lors d'une mission.

L'argenté sembla choqué au point de reculer d'un pas incertain.

- Je vous en aurais dit bien plus, mais il faudra attendre Zack.

- Zack...?

(Flash)

Il vit le visage insouciant et joyeux d'un jeune homme aux longs cheveux noirs en bataille. Ses yeux bleus brillaient d'une lueur étrange et il lui adressait un sourire fraternel.

- On est amis, pas vrai ?

(Flash)

Une douleur violente l'assaillit, le fit légèrement vaciller et l'obligea à s'asseoir, une main sur son front.

(Flash)

Il faisait face à toute une armée de miliciens, katana à la main. Certains frémissaient et reculaient au fur et à mesure qu'il s'avançait vers eux.

(Flash)

Il tremblait et sa tête le lançait affreusement, donnant l'impression qu'elle allait se fendre en deux. Avec une voix paniquée, il demanda à Aerith :

- Zack... où est... Zack? La Shinra...

Aerith s'agenouilla en face de lui, inquiète. Elle prit quelque chose entre ses mains, une lumière verte en jaillit et l'enveloppa. Il sentit une chaleur agréable l'entourer; sans en comprendre la raison, il observa anxieusement Aerith.

- Qui êtes-vous vraiment?

Elle se contenta de cacher à nouveau sa Matéria dans son ruban et s'installa à ses côtés.

Il y eut un silence avant qu'elle ne se décide à lui répondre.

- Je suis une Cetra.

Son regard se dirigea vers le parterre de fleurs avant de poursuivre.

- La dernière selon certains...

Séphiroth fronça les sourcils, intrigué. Il se souvint des écrits qu'il avait lus dans le manoir Shinra et un nom fit écho dans son esprit : «Jénova».

Encore un flash.

Il vit une femme plongée dans une cuve mako, elle avait de longs cheveux à la teinte aussi argentée que le mercure et ses yeux...

(Flash)

Il grogna alors qu'une violente douleur à la tête l'assaillait. Aerith baissa le menton.

- Vous n'êtes pas comme moi.

Séphiroth l'observa, intrigué.

- Et votre mère?

La douceur qui imprégnait ses prunelles laissa place à une étrange mélancolie.

- Ma vraie mère est morte il y a quelques années. Elmyra m'a recueilli après qu'elle lui eut demandé de prendre soin de moi... c'était avant qu'elle ne décède suite à ses blessures...

Séphiroth suivit son regard.

- Mes... sincères condoléances...

Un silence troublant s'installa même si le bruit du cours d'eau allégeait l'atmosphère.

- Vous avez dit que..., commença Séphiroth. Je ne suis pas comme vous... pourtant...

Il chercha bien ses mots, mais surtout à se souvenir de certaines choses qu'il avait apprises sur Jénova au cours de sa dernière mission.

- On m'a dit que ma mère s'appelait Jénova... Je retrouve ce nom dans des écrits à Nibelheim, relatant le fait que 'Jénova' fait partie des Anciens, ou les Cetras. Et je la rencontre dans une cuve remplie de Mako dans un réacteur dans ce même village. Vous m'excuserez la confusion, mais logiquement je serais...

Aerith soupira.

- On vous a menti. J'ignore le comment du pourquoi, mais on vous a menti depuis le début. Jénova n'est pas une Cetra.

- Pourtant ces rapports... le projet Jénova...

La jeune Cetra se tourna vers lui.

- Je ne dis pas qu'ils sont faussés, mais la personne qui les a écrits s'était trompée sur la vraie nature de Jénova.

- Et quelle est-elle? J'aimerais comprendre. J'aimerais savoir qui je suis et qui sont mes parents.

Aerith sembla saisir son désespoir, mais elle-même n'avait pas les réponses à ses questions.

- Jénova est... différente... c'est tout ce que je sais.

Séphiroth parut déçu de sa réaction, mais quelque part il ne s'attendait pas vraiment à ce qu'elle lui donne des explications. Il sentait qu'elle ne lui révélait pas tout, mais le peu qu'elle voulait bien lui dire était la vérité.

- Êtes-vous... mon ennemie...?, l'interrogea-t-il, prenant Aerith par surprise.

La jeune Cetra considéra sa demande et eut un frêle sourire.

- Je ne vois aucune raison de l'être. Et vous?

L'argenté la regarda et secoua doucement la tête.

- Non, mais... je ne me sens pas à l'aise en votre présence. C'est troublant à vrai dire.

La jeune femme se contenta de hausser les épaules.

- Je suppose que c'est comme ça.

Elle l'examina d'un air très sérieux.

- Contrairement à vous, je n'aurai pas à choisir dans quel camp j'irai me battre.

L'ancien General fronça les sourcils, pas sûr de comprendre.

- Comment ça?

Aerith se leva et joignit ses mains derrière le dos, le regard énigmatique.

- Le moment venu, vous le saurez de toute façon.

Séphiroth voulut lui demander d'autres précisions, mais il n'en eut guère le temps. Il fut interrompu par le bruit de pas qui s'approchaient d'eux et mit fin à leur conversation.

Zack s'avançait dans leur direction et eut un sourire ravi. Il était soulagé de voir que Séphiroth allait mieux et semblait s'entendre avec Aerith.

- Hey! Content de te revoir réveillé!

Aerith fit volte-face et lui en adressa un en retour.

- Oui, mais il a voulu nous fausser compagnie.

Cette remarque lui valut un regard acerbe du concerné, mais sans plus. Il fit mine d'ignorer la jeune femme et riva les yeux sur le ruisseau.

- Ah... euh ouais. Il est assez doué pour ça..., répondit Zack en grattant derrière la tête, un peu embarrassé. Comment ça va, au fait?

- En comparaison? J'aurais préféré ne pas me souvenir du tout de qui j'étais ou de ce que j'ai fait. Ça te convient comme réponse, le chiot?

Cette répartie laissa Zack bouche bée et Aerith ne put s'empêcher de rire. Réaction qui fit sourire Séphiroth malgré lui.

- Euh... donc tu as retrouvé la mémoire?

Séphiroth soupira et ferma les yeux en se pinçant l'arête de son nez.

- Zack... par la déesse... Oui. Je me rappelle de tout et j'ai un début de migraine.

Aerith se tourna vers l'argenté et le rabroua gentiment:

- Pour le coup, vous n'avez qu'à vous en prendre à vous-même.

L'ancien Général se leva, las, et s'adressa à Zack.

- J'attends que tu m'expliques comment j'ai atterri ici.

- Bah pour faire court, t'es tombé dans les pommes suite au combat. Comme je ne voulais pas prendre le risque de croiser d'autres soldats, bah, je suis venu chez elle pour te soigner.

Séphiroth resta stoïque l'espace de quelques instants jusqu'à avoir une réaction.

- Qu'en est-il de la Shinra?

''Toujours aussi direct...'', pensa Zack ayant un rire nerveux.

- Les Turks savent que nous sommes ici.

Cette nouvelle ne parut surprendre ni Aerith, ni Séphiroth. Ce dernier fronça les sourcils et sembla en pleine réflexion.

- On a rien à craindre du moment qu'on attire pas trop leur attention, précisa le mercenaire.

- Et qu'est-ce qui te garantit cela, le chiot? Ton amie Turk? demanda Séphiroth avec une légère agressivité dans sa voix.

Aerith observait Zack, en attente d'une réponse de sa part.

- Oui. Cissnei m'a expliqué la situation et elle n'est pas le genre à mentir.

- Pas le genre à mentir, peut-être, mais manipuler les autres pour le compte de ses supérieurs, oui. Sache qu'un Turk n'agit jamais contre la compagnie, sauf si ce dernier cache bien son jeu, rétorqua Séphiroth, le regard sur Aerith.

- Je trouve que c'est une étrange coïncidence que ton amie connaisse déjà notre position.

Zack se frotta le visage de ses mains avant de répondre.

- Ils le savent parce qu'Aerith est toujours surveillée par eux.

La jeune femme affronta l'expression glaciale de Séphiroth.

- Ils le font depuis la mort de ma vraie mère.

- Elle n'y est pour rien dans cette histoire, et Cissnei fait beaucoup en effaçant nos traces, au cœur même de la compagnie, voulut la protéger Zack.

Séphiroth se tourna vers « le chiot ». Il était sceptique quant aux actes de la jeune Turk, mais ne posa pas de questions pour le moment.

- Alors que faisons-nous?

- Là, maintenant ? On reste tranquille le temps que tu récupères et on se casse loin de Midgar.

Aerith s'avança vers Zack.

- Si tu pars, je viens avec toi.

Zack la fixa et quand il ouvrit la bouche pour parler, Séphiroth le devança.

- Pas encore. J'ai des comptes à régler avec la Shinra. Je veux avoir des réponses me concernant.

Zack se prit la tête en jurant entre les dents. Qu'il essaye de l'en dissuader ou non, Séphiroth ne changerait pas d'avis.

- Tu peux pas oublier cette histoire, non?! Faut toujours que t'aies le dernier mot, ma parole!

L'argenté lui adressa un regard aussi tranchant que de la glace qui fit frémir l'ancien élève d'Angeal.

- Ce n'est pas qu'une simple histoire de vengeance. La Shinra m'a menti toute ma vie, j'exige la vérité concernant ma mère.

Aerith se tourna vers Zack.

- Zack, il faut le comprendre. Comment aurais-tu réagi si tu étais à sa place ?

Zack observa sa petite amie, incrédule.

- J'y crois pas... Aerith, ils vont nous tuer sitôt aperçus!

Légèrement surpris qu'elle soutienne sa cause, Sephiroth dévisagea Aerith.

- Pourquoi ne pas demander de l'aide à cette Cissnei?

L'ex-Soldat secoua la tête, le regard triste.

- Aucune chance. Elle m'a fait clairement comprendre que je ne la reverrais pas avant un bon moment.

Séphiroth eut un rire sans joie.

- C'est bien les Turks ça : dans le groupe quand ça les arrange, et au premier tournant ils réclament haut et fort leur indépendance.

Il se plongea dans une courte réflexion et un sourire mauvais s'étira sur ses lèvres.

- Je connais des passages secrets dans l'immeuble dont peu de gens sont au courant de leur existence. Ils nous permettront d'arriver aux archives qui m'intéressent.

Zack se frotta le visage, suppliant Aerith du regard.

- Pourquoi je la sens mal, hein?

- Tu ne devrais pas, fit Séphiroth, toujours avec cette expression qui n'augurait rien de bon.

Il ajouta en observant Aerith:

- En attendant que je récupère, comme tu dis, tu devrais entraîner ta petite amie à se défendre. Je doute que notre infiltration au QG se fasse sans mauvaises rencontres.

Sur ces mots, il se dirigea vers la maison.

Complément dépité, Zack se laissa choir sur le sol.

- Rohhhh, Je le préférais amnésique tiens!

- Zack..., fit Aerith s'agenouillant face à lui.

Il la regarda, inquiet.

- Il a besoin d'avoir ses réponses, sinon il est perdu.

Z- Aerith, c'est trop dangereux. Les Turks sont là-bas, et ça pour ne pas parler du corps d'élite de l'armée! Je ne doute pas de sa capacité à les affronter, mais...

La jeune Cetra caressa son visage.

- Tout se passera bien, Zack.

Elle se mit debout, toujours souriante.

- J'ai pas le choix, hein? geignit Zack avec des yeux de chiot battu qui lui avaient valu son surnom.

Aerith lui fit non de la tête en ayant un petit rire.

Il se ressaisit vite, se leva, et ramassa le bâton métallique qu'il avait rafistolé quelques heures plus tôt.

- Tiens, un cadeau.

Aerith prit l'arme et l'interrogea du regard. Elle s'était attendu à un bouquet de fleurs ou même une boîte de chocolats, comme tout présent d'un amoureux à sa petite amie, mais non, il fallait croire que Zack faisait dans l'originalité. Elle l'inspecta de plus près en passant une main dessus.. La surface était lisse et il était léger contrairement à son apparence. Sur la garde, il y avait un orifice, sans doute pour y placer la Matéria.

Zack était maladroit pour montrer ses sentiments, mais son cadeau prouvait qu'il tenait à elle plus qu'elle ne le pensait.

- Je t'apprendrais à te défendre avec. J'ai aussi des Matérias, mais on verra ça plus tard.

- Zack, tu n'étais pas obli-

- On commence dès ce soir, si tu le désires, la coupa Zack dans son élan.

Il se dirigea vers la maison.

- Tu viens? On va rejoindre Séph et on en reparlera, d'accord?

Aerith le suivit du regard, pensive et émue. Elle savait à quoi elle s'engageait en les aidant, mais quelle importance au fond quand elle avait déjà la Shinra sur ses traces? Elle-même voulait avoir ses propres réponses. Elle contempla le bâton métallique et rentra aussi à l'intérieur.

~oOo~

Zack salua Elmyra avec son éternel sourire, mais le perdit légèrement quand il vit cette dernière jeter des regards nerveux en direction des escaliers.

- Quoi encore? Qu'est-ce qu'il a fait? soupira le mercenaire, dépité.

Elle riva ses yeux sur lui, légèrement pâle.

- Rien, il... Il m'a juste remercié pour le verre d'eau et aussi de lui avoir permis de retrouver sa mémoire.

Il fronça les sourcils.

- C'est tout? demanda-t-il, surpris.

Vu comme la femme semblait au bord de la syncope, il avait cru que Séphiroth l'avait menacée avec Masamune ou quelque chose de ce genre. Il devait avouer aussi qu'avec ou sans son arme, il était impressionnant rien que par sa présence.

Aerith rentra derrière lui et le dévisagea, intriguée par l'expression de sa mère. Zack se tourna vers elle.

- Laisse, c'est Séphiroth qui lui a fait de l'effet en la remerciant pour l'eau.

- Tu devrais lui conseiller d'être un peu plus social.

Zack grimaça malgré lui.

- Euh... lui et le mot 'social' ça ne va pas dans la même phrase Aerith, désolé de te décevoir.

La jeune femme le fixait d'un air sérieux.

- Tu sous-entends qu'il est quelqu'un de froid et sans attache?

- Non, non! Disons que... rahhh c'est compliqué! 'IL' est compliqué!

Aerith eut un petit rire malgré elle.

- Bon je vais lui parler, d'accord? Je reviens après pour te raconter comment s'est passé la journée chez le tenancier du magasin.

Il salua Elmyra et monta les escaliers pour les laisser seules.

Aerith se tourna vers sa mère qui semblait perdue dans cette histoire.

- Je crois qu'il ne faut pas s'étonner de voir Séphiroth avoir des crises de nerfs dans les prochains jours.

Elmyra jeta un coup d'œil anxieux en direction de l'étage.

- Je ne veux pas être méchante, ma chérie, mais il m'effraie.

La jeune Cetra suivit son regard.

- Il n'y a rien à craindre maman. Il a eu une vie très difficile, c'est normal qu'il réagisse comme ça.

La mère adoptive d'Aerith observa longuement Aerith, puis secoua la tête.

- Tu sembles avoir pris ta décision le concernant, n'est-ce pas?

- Je suis la seule à pouvoir l'aider pour certaines choses.

- Et tu n'as pas peur? Aerith, tu ne connais rien de cet homme!

L'expression déterminée de sa fille en disait beaucoup et Elmyra soupira de dépit.

- Promets-moi de ne pas te mettre en danger inutilement, d'accord?

Aerith lui adressa un doux sourire.

- Je crois qu'il serait même prêt à me sauver si la situation l'exigeait, maman. Séphiroth est quelqu'un de bien, il a juste besoin qu'on le guide.

Elmyra prit sa fille dans ses bras. Des paroles si sages pour quelqu'un de si jeune... mais elle n'était pas tranquille. Elle ne doutait pas de l'amour de Zack envers son enfant, mais la présence du Général la mettait mal à l'aise. Il était clair qu'il avait du mal à tolérer la façon dont il se faisait rabrouer par Aerith pour son comportement. Elle espérait que rien de méchant ne lui arrive. Elle n'avait qu'elle au monde...

À suivre...